00:00Mais les françaises passent de Lilian pour Guy Camberra-Béraud, drop goal, 14 à 9, la France bat le pays de Galles et remporte en 68 le premier grand chelème de son histoire.
00:1016 novembre 1982, Didier Camberra-Béraud fait ses grands débuts au Parc des Princes. Pour fêter l'événement, il marque un essai entre les poteaux.
00:19Le château médiéval de la Voulte, imperturbable, se contente avec la sagesse du temps de regarder grandir ses héros.
00:25Patiemment, la ville a digéré la gloire des deux frères. Elle accueille avec sérénité aujourd'hui la gloire naissante du nouveau Didier.
00:3222 années séparent le fils du père, 22 ans en fait de complicité avec pour point commun le rugby.
00:39Et pourtant, ce drop historique de 68 a bien failli mal tourner.
00:42Il est immortalisé à l'entête du bureau de tabac que tient aujourd'hui Guy Camberra-Béraud.
00:47Mais la post-retraite internationale n'est pas toujours facile à vivre.
00:51Surtout lorsque le rugby pendant près de 30 ans a occupé le temps à 100%.
00:56Je disais qu'il y a eu un petit ras-de-bol il y a à peu près 4 ans.
01:00J'ai arrêté un homme parce que je n'arrivais plus à supporter même les gamins.
01:04Je ne m'étais jamais arrêté.
01:05Mais j'ai repris il y a 3 ans et j'avoue que c'est un peu le président actuel qui est venu me chercher.
01:11Ma femme qui m'a poussé parce que j'avais mes deux gamins qui étaient là.
01:15Elles préféraient savoir qu'ils soient entre mes mains qu'entre les mains des autres.
01:19Alors on va revoir Guy Camberra-Béraud pendant encore longtemps sur les bords des terrains ?
01:23Je dis toujours qu'un jour si j'en ai un ras-le-bol j'arrête définitivement.
01:27Alors tous les supporters rigolent parce qu'ils savent très bien que quand on est vacciné pour le rugby
01:32on le voit très très longtemps soit à un dirigeant soit à bord de la touche.
01:36Pour le fils, professeur adjoint d'éducation physique, 1982 c'est l'entrée dans la vie.
01:41Dans la vie professionnelle mais aussi dans la vie d'un joueur international.
01:44Des choix maintenant s'imposent à lui, le travail, le club, l'équipe de France.
01:50Mais à 22 ans ce n'est rien.
01:51Le plus important c'est d'abord de s'amuser.
01:53Une fois qu'on s'amuse, on s'amuse partout.
01:55A la voulte c'est un peu plus difficile je pense parce qu'on tombe contre les grosses équipes.
01:59En équipe de France, on est un peu facilité parce qu'on a des bons joueurs à côté de soi.
02:06Le principal c'est de s'amuser.
02:07Lorsque l'on pénètre chez les Canberra-Béros, les deux passions familiales s'en présentent partout.
02:14La chasse mais surtout le rugby.
02:16Du premier maillot d'international au souvenir du Grand Chelem de 68,
02:20sans oublier la tournée en Nouvelle-Zélande, tout rappelle le rugby et ses riches heures passées.
02:25Mais le rugby d'hier n'est peut-être plus tout à fait le même que celui d'aujourd'hui.
02:29Alors, entre le rugby d'avant et de maintenant, puisque moi je suis un peu entre les deux,
02:34les règles ont changé et ces règles, disons, empêchent de jouer les mêmes jeux.
02:39Mais il y a quand même une différence qui est énorme,
02:42c'est que Didier a en plus de ce que j'avais moi, c'est qu'il est physique.
02:47Et le physique, évidemment, lui permet de faire des choses que moi je ne pouvais pas faire.
02:50Didier, on compare toujours le fils à son père.
02:53Est-ce que vous avez envie d'avoir un jeu à vous qu'on dit que c'est la façon de jouer de Didier Canberra-Béros ?
02:57Bien sûr, parce qu'avant, quand on venait me voir jouer, on venait voir l'image de mon père.
03:02On venait voir jouer son jeu à lui, alors j'espère que maintenant on viendra voir jouer le mien.
03:07L'élève dépassera-t-il le maître ? C'est bien sûr la question que tous les nostalgiques se posent.
03:12Car d'élèves, c'est bien de cela dont il s'agit.
03:15Depuis leur plus tendre enfance, les enfants Canberra-Béros ont côtoyé le rugby.
03:19La passe, dit-on, est un geste naturel, le coup de botte aussi.
03:22Si celui du fils est aussi précis que celui du père, l'on pourra alors parler d'hérédité.
03:28Didier Canberra-Béros, en bon élève, a franchi tous les échelons de sélection pour parvenir en équipe de France A.
03:34Pour ce chasseur d'espace, dont le jeu a besoin de champ libre, les débuts ont été parfois difficiles.
03:39D'aucuns l'ont accusé d'être trop personnel, pas assez collectif.
03:43D'autres de ne pas avoir le même rendement qu'avec son équipe de la voûte.
03:47Lui, en garçon réfléchi, analyse match après match ses prestations.
03:51Et il est bien conscient qu'on ne lui donnera pas plus de chance qu'à un autre s'il manque trop souvent la cible.
03:56C'est sûr que s'il y a beaucoup trop de ratés, il y en a un qui prendra ma place.
04:04Bon ben tant pis, j'ai une chance encore à saisir, je la saisisse.
04:08Le principal c'est que je connais ça un petit peu maintenant et j'espère le connaître plus longtemps.
04:12En fait, le rêve chez les Canberra-Béraud, c'est de voir un jour Gilles et son frère Didier
04:20tirer en équipe de France les pénalités que Lilian et Guy bottaient déjà d'une manière fort originale pour l'époque.
04:26Il était une fois, il y a 24 ans.