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  • il y a 4 mois

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00:00L'événement médiatique d'hier pour la première fois, les quatre chaînes Info de France se sont réunis pour interroger le Premier ministre François Bayrou.
00:08Les quatre chaînes diffusaient cet entretien, ainsi qu'Europe 1, qui était la seule radio à le faire.
00:13C'est Matignon qui est à l'initiative de cette émission, Sonia Mabrou ?
00:16Non, c'est l'un de nos patrons, c'est le directeur et le directeur général des programmes de Canal, Gérald Brice-Viré, que je salue,
00:23qui était avec nous hier à Matignon, qui a proposé l'idée il y a déjà quelques semaines, avant l'été me semble-t-il,
00:28qui a proposé l'idée à Matignon, et à l'un des conseillers de François Bayrou, qui a dit
00:33« Banco, c'est une très bonne idée, les quatre chaînes Info, c'est un format inédit, le Premier ministre est prêt à y répondre, et ça s'est fait ainsi. »
00:38Et ça s'est décidé là, dans les derniers jours ?
00:41Je peux vous dire que je l'ai appris, je crois, vendredi, ou jeudi soir, donc ça s'est vraiment confirmé au dernier moment.
00:49Et ce qui est très bien comme ça.
00:50Et le casting, comment est-ce que vous avez été choisi ? Est-ce que Matignon, là aussi, a eu son mot à dire,
00:55ou est-ce que c'était chaque chaîne, finalement, qui décidait ?
00:58Peut-être que vous avez trouvé que c'est prétentieux, honnêtement, je n'ai pas demandé.
01:03Je présente l'interview, donc évidemment, il y a beaucoup, beaucoup de journalistes, vraiment, et je ne le dis pas comme ça,
01:09ce n'est pas galvaudés, qui ont la compétence, qui ont l'envie, l'appétence pour mener des interviews.
01:15Ils ont choisi des journalistes politiques dans chaque groupe, il pouvait y avoir d'autres pistes, à BFM ou ailleurs,
01:22bon, voilà, écoutez, j'en suis ravie, je peux vous dire l'inverse.
01:25En tout cas, vous avez été désignée, donc, pour représenter CNews, aux côtés de Darius Rochebin, Myriam Henkawa et Marc Fauvel.
01:32Et alors, après, comment est-ce que ça se passe ? Comment est-ce que vous vous coordonnez entre vous quatre ?
01:37Est-ce qu'il y a une réunion ? Est-ce qu'il y a une boucle WhatsApp ? Qu'est-ce qui se passe ?
01:40Alors oui, il y a une réunion, effectivement, bon, à quatre, c'est quand même, c'est, c'est, d'habitude, j'ai la dernière interview avec François Bayrou,
01:49je l'ai menée avec ma consoeur et amie Laurence Ferrari, et véritablement, là, il n'y a même pas besoin, on s'entend parfaitement, on se connaît parfaitement.
01:57Donc, on a même, et en plus, on a des musiques, des musicalités différentes, des, comment dire, des points différents dans la manière d'aborder l'entretien,
02:05donc là, ça roule. Là, on se connaît peu, on se connaît pas, pour certains, ils venaient de se rencontrer,
02:09moi, je les connais parce que je les ai côtoyés dans d'autres médias, j'avoue que la mise au point, c'est pas fluide, tout de suite, évidemment,
02:18donc on s'est mis d'accord sur un conducteur.
02:20Mais vous vous répartissez des questions ? Comment ça marche exactement ?
02:23Alors, il y a eu une règle, je ne sais pas par qui elle a été édictée, il fallait poser une question, évidemment, avec un droit de relance,
02:30et puis ensuite, passer à une autre chaîne.
02:33C'est ça, c'était à tour de rôle.
02:35À tour de rôle.
02:35Mais sans que vous sachiez, quelle est la question qui va arriver derrière ?
02:40Ah non, non, non.
02:41Vous n'avez pas soumis vos questions ?
02:43À qui ?
02:44Aux autres interviewers, pour éviter les réduites ?
02:47Honnêtement, je prépare, en fait, quand vous préparez des interviews comme celle-là,
02:51que ce soit le Premier ministre ou le Premier ministre, c'est au long cours.
02:54J'ai mes questions depuis très longtemps dans la tête, ça ne tombe pas par hasard, la question de la responsabilité.
02:59Donc, vraiment, je la pose au moment où le direct est en marche.
03:03Je ne l'ai pas avant, je ne la surprépare pas avant.
03:06Donc, peut-être qu'il y a eu des surprises en direct.
03:07On va l'écouter, justement, cette question sur la responsabilité, parce que c'est vrai qu'elle a fait beaucoup parler.
03:13Vous êtes montée au créneau, Sonia Mabrouk, face au Premier ministre.
03:17Écoutez ce que ça donne.
03:18François Bayrou.
03:18Mais moi, je m'en rends compte.
03:20Au-delà des chiffres, est-ce qu'on peut parler ?
03:21Non, non, franchement.
03:22Il y a une question importante que vous évitez depuis le début de cet entretien, c'est celle, pardonnez-moi, j'insiste, c'est celle de la responsabilité.
03:28Vous avez parlé des députés.
03:29Vos députés modem, M. Bayrou, ont voté tous les budgets déficitaires depuis 2017.
03:35Eh bien...
03:35Vous-même, vous avez porté au pouvoir et accompagné, et vous avez été, vous avez un rôle actif, un président de la République qui a aujourd'hui précipité la dette.
03:431300 milliards depuis 7 ans.
03:46Ma question est simple. Vous nous dites aujourd'hui en sincérité et en vérité que vous avez lutté contre la dette, mais vous avez voté pour la dette.
03:52Alors, n'êtes-vous pas responsable de la situation en tant que les autres ?
03:56Voilà, et quand on voit l'image, on voit que le Premier ministre, il finit par se caler un peu au fond de son siège, en cours de questions.
04:02Il a l'air physiquement un peu dans les cordes, mais il va finir par trouver quand même un moyen de ne pas répondre à votre question.
04:08Oui, effectivement. Et comme la relance... Ma relance était déjà grillée, si je puis dire.
04:13C'était terminé pour vous.
04:14Honnêtement...
04:15Et c'est toute la difficulté de l'exercice, là ?
04:17C'est presque... Ce n'est pas la plus grosse difficulté, mais véritablement, je pense que c'était le point central.
04:22C'est la responsabilité. Vous venez, vous dites qu'il y a un énorme problème en France, et vous dites que c'est la faute des Français qui, pour beaucoup, savent parfaitement, c'est ce que je lui ai dit en introduction, ce qu'est une dette, parce qu'ils le vivent, ils l'éprouvent, et peut-être certains d'entre nous et ceux qui nous écoutent dans notre foyer, on sait ce que c'est.
04:38On sait qu'un foyer sur-endetté, eh bien, n'est pas vraiment libre de ses choix. Et un pays sur-endetté n'est pas souverain. Je pense que sur le diagnostic, beaucoup de Français savent ce qu'il en est. Par contre, sur la responsabilité, c'était un peu courage-fuyon, hier.
04:51Et alors, sur les solutions aussi, derrière, c'est là la grande question, évidemment. Mais alors, il y a une vraie difficulté, quand même, en interview avec François Bayrou, on a pu le mesurer en regardant hier cette émission, c'est qu'il a quand même des développements assez longs, il a un rythme assez posé, pour ne pas dire lent, et vous, vous étiez quatre à vouloir parler, à vouloir poser des questions, donc il faut forcément un petit peu jouer des coudes.
05:13Avec tout le respect que je dois au Premier ministre, moi, j'ai l'impression parfois que c'est un, comment dire, c'est un politique actuel, mais coincé, vous savez, dans la Quatrième République.
05:21Un peu avec cette manière de parler, surannée, etc., je ne la critique pas. Mais c'est très difficile, quand même, de trouver des portes, voilà, un échappatoire pour l'interrompre, tout en respectant ses confrères, tout en respectant la fonction, l'homme, très bien, mais surtout, moi, ce qui m'importe, c'est la fonction, et puis en posant les questions que, vraiment, les Français se posent.
05:40Mais vous savez, Thomas, c'est assez simple, parce que c'est vraiment en écoutant Europe 1 et ces news qu'on se rend compte de la tonalité, de ce que, vraiment, les gens veulent savoir.
05:50Pour moi, une question, ce n'est pas, vraiment, ce n'est pas se mettre en avant et se mettre en scène, ce n'est pas le journaliste qui la pose.
05:55Moi, je suis concernée par ce que disait le Premier ministre, je m'inquiète pour ma fille, je m'inquiète pour mon propre foyer, pour mon propre ménage, avec, malgré tout, comment dire, une situation aisée.
06:05Donc, je me mets à la place de ceux qui ne peuvent pas véritablement joindre les deux bouts, et je me dis, est-ce que le discours de ce Premier ministre passe le mur du son ?
06:12Et alors, votre réponse, vous n'avez pas eu l'impression hier ? Vous n'avez pas l'impression que cette interview va faire bouger les lignes, finalement ?
06:17Non, ce qui m'a beaucoup interpellée, c'est l'avalanche, l'énumération des chiffres. À un moment, je vous assure, pourtant, je les connais, je les ai révisés.
06:25C'était technique, oui.
06:26C'était extrêmement technique. Moi, j'ai envie de charnel, j'ai envie de savoir pourquoi mon pays, pourquoi ce pays que j'admire, pourquoi il est arrivé là ? Pourquoi une telle puissance n'a pas la maîtrise de son destin ?
06:37Qu'est-ce qui s'est passé, quand même, en 40 ans ? Je me suis permis de lui rappeler ce que l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, il avait bataillé pour le non-remplacement, quand même, d'un fonctionnement.
06:45Vous vous souvenez ? Ce que ça avait provoqué comme débat. Et lui, il avait dit à ce moment-là, non, non, non, non, non, pas des économies comme ça. Et vous venez aujourd'hui dire qu'il faut faire des économies ? Bon.
06:54À votre avis, pourquoi est-ce qu'il se donne autant de mal, François Bayrou, pour communiquer en ce moment, alors que tout le monde lui dit que c'est plié ?
07:01Est-ce que, pour vous, il essaye un peu de soigner sa sortie, peut-être son avenir aussi, ou il croit encore au trou de fourmis dont vous lui avez parlé hier soir ?
07:11Je crois qu'il sait que ses jours sont comptés. C'est un politique madré, habile, expérimenté. Il sait que dans une semaine, c'est terminé.
07:17Il sait, et probablement, que pour une partie des Français, il va sortir en lanceur d'alerte, véritablement, comme quelqu'un qui, depuis des années, a évoqué ce sujet.
07:25Il est vrai, je me souviens, il y a quelque temps, quand on l'interviewait, mais je vous parle d'un temps que, voilà, que les boomers connaissent, c'est comme ça qu'il faut le dire.
07:33Il était l'un des seuls, en interview, à parler de la dette.
07:36C'est vrai.
07:37Et, voilà, l'ancien Premier ministre, François Fillon, quand même l'a fait.
07:41Et il se dit, aujourd'hui, ça peut être ma carte maîtresse pour 2027, je suis le chevalier blanc, je suis celui qui va tomber sur le champ d'honneur de la dette.
07:48Vous croyez qu'il sera candidat en 2027 ?
07:50Je ne sais pas si il a remarqué cette petite phrase hier, encore une fois, on n'a pas pu relancer.
07:53Tu sais, il a dit, je vais aller à la rencontre des Français maintenant.
07:56Cette phrase, on la connaît.
07:57Quand quelqu'un va à la rencontre des Français, c'est qu'il est en campagne.
08:00En tout cas, ce serait intéressant, évidemment, d'avoir les audiences de cette interview.
08:04Tout à l'heure, là, vers 11h, ce serait intéressant de voir aussi quelle chaîne est devant, parce que, pour une fois, vous diffusiez tous la même chose.
08:10Et puis, à rappeler qu'Europe 1 a été la seule radio à diffuser cette interview.
08:13Vous le rappelez juste avant qu'on prenne ce direct, c'est vrai qu'à 18h, un dimanche, la plupart d'entre nous, nous sommes en voiture, on rentre d'activité, on se prépare pour la rentrée.
08:23Donc, merci à Europe 1 et à Dona Vidal-Revel, qui a eu la bonne idée.
08:27Donc, on va regarder les audiences de près.
08:29C'est vrai que vous êtes largement devant vos concurrentes.
08:31En tout cas, pour l'instant, CNews en cette rentrée depuis le début de l'année.
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