Le Premier ministre François Bayrou veut croire en ses chances de convaincre les oppositions de lui voter la confiance le 8 septembre prochain. Même si la gauche et le RN voient sa démission comme actée, le chef du gouvernement dit rester ouvert au dialogue sur "tous les sujets".
00:00J'écoute avec beaucoup d'attention, mais effectivement je ne peux m'empêcher quand même d'évaluer un peu ces arguments avec un sourire, une forme d'ironie.
00:07Parce que le président de l'extrait que vous avez passé, il a raison de rappeler que nous sommes le seul pays en Europe à considérer que lorsqu'il y a un problème à l'Assemblée nationale, la solution est en dehors de l'Assemblée nationale.
00:17L'Assemblée nationale, elle ne s'entend pas. On connaît maintenant la mathématique de l'Assemblée depuis les dernières élections, cette tripartition.
00:23Pour moi, il y a une grande clarification lors de cette dissolution et cette réélection de l'Assemblée, c'est qu'il n'y a pas de majorité.
00:31Et donc à partir du moment où vous faites le constat qu'il n'y a pas de majorité, vous êtes dans la contrainte de vous entendre, de discuter, de trouver des compromis.
00:38Nous sommes le seul pays en Europe à être incapable de le faire. Le président parle de l'Allemagne, mais d'autres exemples existent en Europe maintenant et avant.
00:46Vous avez des coalitions, vous avez des coalitions de projets, des majorités qui se font sur des textes, des partis qui se combattent pendant les élections,
00:54mais qui, lorsqu'il s'agit de voter pour l'avenir de leur pays, sont capables de discuter et même mieux de trouver des solutions.
01:00Nous sommes le seul pays qui considérons que lorsqu'il n'y a pas de majorité, on va re-voter.
01:06Donc on peut re-voter à ce rythme tous les ans, tous les six mois.
01:10Et chose quand même assez comique, parce que vous avez comme la France insoumise, vous l'avez rappelé très justement,
01:14vous avez deux forces d'opposition un peu dans la radicalité, mais la France insoumise avait quand même annoncé son projet de motion
01:22avant même que le Premier ministre ne pose sa question de confiance.
01:25Donc avant même la préparation de toute entame de discussion, la France insoumise avait dit, par principe, nous ne serons pas d'accord.
01:31Et puisqu'ils sont jusqu'au boutiste, ils sont allés encore plus loin, ce qu'ils proposent, c'est la destitution du président de la République.
01:37C'est quand même une aberration, c'est quand même une plaisanterie, là aussi un extrait peut-être que vous diffuserez.
01:40En même temps, est-ce que ça vous étonne tant que ça ? Ce n'est pas la première fois que la France insoumise ?
01:43Non, mais c'est vraiment galvauder l'esprit de nos institutions, de considérer que le président de la République est responsable devant l'Assemblée.
01:51C'est une méconnaissance absolue de ce qui fait la force de notre Constitution.
01:55Le président peut être destitué en cas de manquement grave à l'exercice de ses fonctions.
02:00Absolument pas en cas de désaccord entre des partis qui sont incapables même de discuter entre eux.
02:04Le vrai problème, il est là. Et le problème, c'est qu'on parle toujours de l'incarnation qui, après François Bayrou, il fait sa tournée d'adieu, etc.
02:11On peut commenter là-dessus. Mais le vrai sujet, on n'en parle jamais.
02:13Le vrai sujet, c'est que nous sommes dans une situation économique et budgétaire qui est grave, gravissime pour certains.
02:19On va avoir le temps d'en parler, justement.
02:20Il ne faut pas l'évacuer comme cela d'un revers de main. Et on ne parle jamais de ça.
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