00:00On va évoquer l'actualité internationale à présent avec vous, avec ce conseil, François Clémenceau,
00:05ce conseil des ministres franco-allemands qui se déroule aujourd'hui à Toulon.
00:08Le nouveau chancelier, Friedrich Mer, s'est arrivé hier soir à Brégançon.
00:12Alors les images sont belles de ce couple franco-allemand.
00:14Pourtant, ce matin, vous nous le dites, ça ne garantit pas le redémarrage du moteur.
00:19Non, il y a souvent un problème de calendrier, en fait, entre la France et l'Allemagne.
00:22C'est-à-dire que, là, vous prenez le gouvernement de François Bayrou,
00:25il est là depuis le mois de décembre, il risque de partir dans 15 jours.
00:28Et vous avez le gouvernement de Friedrich Merz qui a été mis en place au mois de mai seulement,
00:34après trois mois de négociations pour former une coalition.
00:37Et donc, le temps que la France et l'Allemagne se mettent d'accord sur des positions communes,
00:43les traduisent ensuite devant le Conseil européen, Aïvoir, Donald Trump, etc.,
00:47ce temps, effectivement, il est très court et il risque, effectivement, de retourner au mode pause
00:52si jamais le gouvernement de François Bayrou disparaît.
00:55Après, il y a quand même des sujets sur lesquels ça marche plutôt bien.
00:59On parle, évidemment, ensemble de l'Ukraine.
01:02Sur l'Ukraine, il y a un accord global sur « il faut résister face à Poutine ».
01:07Il y a un accord sur le rapport par Donald Trump.
01:11En gros, Friedrich Merz met en place ce qu'avait dit Angela Merkel,
01:14« il faut savoir se désaccoutumer des États-Unis » sur le réinvestissement en Europe aussi.
01:19Mais il y a des sujets qui fâchent et eux, ils sont persistants.
01:22Par exemple, sur l'énergie, évidemment, la question du nucléaire,
01:25sur le commerce, le Mercosur, sur l'industrie de défense,
01:28l'Allemagne et la France ne produiront peut-être jamais le futur avion de combat européen.
01:34Et ce qui complique tout, ce sont aussi les enjeux de politique intérieure ?
01:38Vous savez ce qu'on dit ? On dit souvent que, on le dit de façon caricaturale,
01:42les Français admirent l'Allemagne mais ne l'aiment pas.
01:45Et les Allemands aiment la France mais ne la respectent pas.
01:49Et c'est vrai qu'en Allemagne, on se dit souvent, la France n'est jamais dans les clous.
01:55La France n'arrive jamais à avoir une harmonisation de ses politiques économiques avec les autres.
02:01Et donc, ça donne souvent la tentation à l'Allemagne de faire sans la France.
02:04Elle va voir les pays nordiques, elle va voir les pays d'Europe centrale
02:07qui sont indispensables pour son économie.
02:09En France, on trouve que l'Allemagne n'a pas d'idée,
02:12qu'elle n'est jamais en tête et qu'elle n'est jamais finalement leader dans ses positions
02:18et qu'elle est indécise.
02:20Et que résultat, de temps en temps, pour nous Français,
02:22il faut savoir faire sans l'Allemagne.
02:24Alors, on va voir les pays du Sud, on va voir les pays du Benelux
02:27pour essayer de pousser l'Europe.
02:28Il y a une économie allemande qui est à la peine,
02:31elle est en quasi-récession depuis deux ans.
02:33Il y a une instabilité politique en France qui est dramatique.
02:36Et donc, il ne faudrait pas que ça donne l'idée,
02:39je pense qu'ils l'ont déjà,
02:40aux grands fauves, je cite Donald Trump, je cite Vladimir Poutine,
02:44de faire sans la France et sans l'Allemagne, c'est-à-dire sans l'Europe.
02:48François, est-ce qu'il y a une chance que ce couple franco-allemand
02:50que vous décrivez à la peine devienne un trouble avec l'Italie,
02:54puisqu'on parle beaucoup de Giorgia Meloni ?
02:57Le polyamour.
02:58C'est vrai que les Français et les Italiens,
03:01malgré quelques petits problèmes souvent de...
03:04Ce n'est pas de connivence, mais on le voit,
03:06il y a des troubles entre la France et l'Italie
03:08à cause de Matteo Salvini notamment, mais pas que.
03:11Et il y a la tentation chez les Allemands,
03:14eh bien oui, d'aller fréquenter Mme Meloni,
03:16parce qu'il se trouve qu'elle est indispensable
03:18pour pouvoir faire en sorte qu'au Parlement européen,
03:20ça fonctionne, la droite européenne fonctionne.
03:22Mais le triangle France-Allemagne-Italie, on s'assure.
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