- il y a 10 mois
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00:00Dossier exclusif pour Europe 1, effectivement sur l'école, Géraldine.
00:05Appelez-nous au 01 80 20 39 21, êtes-vous privé au public ?
00:09Que pensez-vous de l'école aujourd'hui ?
00:11Alors, vous êtes, je reçois aujourd'hui Augustin Yvan,
00:15responsable du développement de la Fondation pour l'école.
00:18Vous sortez pour la Fondation pour l'école, donc ce dossier exclusif,
00:22intitulé « Délitement du public ou essor du privé ».
00:25De quoi s'agit-il ?
00:27De quoi s'agit-il ? Il s'agit d'un constat que tout le monde fait,
00:30mais auquel nous essayons d'apporter des solutions,
00:32ce qui est moins fréquent, et non seulement nous ne nous contentons pas de les proposer,
00:35mais nous les mettons en action depuis plusieurs années,
00:38c'est ce qu'on appelle les écoles hors contrat.
00:40Concrètement, cet essor de la société civile, puisque c'est ça le hors contrat en réalité,
00:45tente de répondre aux constats qui ont été évoqués précédemment,
00:48j'ai écouté l'émission avant de venir,
00:49et je vois bien qu'à l'école, la sécurité notamment est un enjeu majeur,
00:53mais aussi bien sûr le niveau, qui est catastrophique,
00:55PISA, TIMSS, je ne vous refais pas tout ce qu'on a entendu l'année dernière,
00:59mais derrière lequel, en fait, les décideurs politiques changeant tous les six mois,
01:02quand c'est pour le mieux, et les six ministres en trois ans,
01:05je veux dire, on ne peut pas faire mieux,
01:06il est difficile d'avoir un fil rouge et une politique stable.
01:09Donc la société civile s'est érigée en association la plupart du temps
01:12pour gérer des écoles hors contrat.
01:14Elles sont 2612 à la rentrée de 2025,
01:17et ces écoles hors contrat ont pour vocation de proposer des pédagogies diverses
01:22qui répondent aux besoins des parents.
01:24Donc en creux, qu'est-ce qui se dessine ?
01:26Les bonnes recettes dont l'éducation nationale parfois s'inspire,
01:31mais que le plus souvent, malheureusement, elle combat.
01:33Et c'est ce que nous avons voulu sourcer à travers une enquête approfondie
01:36auprès de nos écoles, qui ont répondu évidemment largement,
01:38elles sont très contentes qu'on parle d'elles,
01:40puisque la plupart du temps, le seul écho qu'elles trouvent,
01:43c'est les inspections, parfois agressives,
01:46et puis la méfiance.
01:47Déjà le terme de hors contrat,
01:49qui dit hors contrat dit un peu hors de contrôle,
01:51alors qu'en réalité elles n'ont jamais été autant contrôlées.
01:53Donc je suis très content de pouvoir parler de ce qui marche dans ces écoles-là,
01:57et qui vraiment, c'est ce qu'on a voulu montrer à travers ce dossier,
02:00contribue à un renouveau qui est expérimenté de plus en plus.
02:03Donnez-nous quelques chiffres, mon cher Augustin,
02:06sur la baisse démographique, la crise du recrutement, la crise financière,
02:10les causes du délitement de l'éducation nationale, la chute du niveau.
02:12Avec plaisir, même si malheureusement les chiffres ne sont pas très joyeux,
02:16puisqu'il y a quand même un contexte auquel on n'échappe pas,
02:19c'est la baisse de la démographie, premier point.
02:21On se rend compte que pour cette année, il y a 92 000 élèves de moins,
02:25et en 5 ans, il y a 805 000 élèves qui ont entre guillemets disparu,
02:30dans le sens où ils ne sont pas nés,
02:32puisque les courbes, ça y est, c'est officiel, se sont inversées en juillet,
02:34il y a plus de décès que de naissances en France.
02:37Et puis en plus de ça, forcément, en conséquence de quoi ?
02:40Plus tôt, le ministère a annoncé la fermeture de 5000 classes,
02:43dont certaines, malheureusement, dans des cantons,
02:46où il ne fait pas bon être un élève, je pense notamment...
02:48Des classes publiques.
02:49Des classes publiques, absolument.
02:51Je pense à l'allié.
02:52Il y a un petit village à Autry-Isar qui se bat depuis avril
02:55pour garder sa classe unique, parce qu'il y ait deux enfants ou 30,
02:59il faut quand même les scolariser.
03:01L'éducation nationale a décidé de fermer cette classe,
03:03et la mairie mène un combat courageux.
03:05Et c'est pour pallier ce manque de l'éducation nationale
03:08que les écoles hors contraste développent,
03:09puisqu'elles, elles ne sont pas basées sur les fonds de l'État.
03:12Un chiffre intéressant qui va plus concerner le coût,
03:15c'est un peu la thématique de la rentrée, les finances,
03:17donc c'est intéressant d'en parler.
03:19Il faut savoir que dans le public, dans l'enseignement public,
03:21un élève coûte 9 710 euros à l'État et à ses collectivités.
03:26Un élève du privé sous contrat,
03:28donc les grands établissements qu'on connaît,
03:30coûte 4 200 euros à l'État,
03:33et les parents apportent le complément.
03:34On a beaucoup d'appels, beaucoup de questions.
03:36On continue à en parler avec vous, Augustin Yvan.
03:39Avec plaisir.
03:39Je rappelle que vous êtes sur Europe 1,
03:41et je rappelle que vous êtes secrétaire responsable du développement
03:44de la Fondation pour l'école.
03:46On a Adeline, on a Annie,
03:47beaucoup de personnes nous appellent sur ce sujet.
03:49Annie, vous dirigez une école indépendante à Paris,
03:53et qu'est-ce que ça vous évoque, cette rentrée scolaire
03:56et ce constat que vient de nous établir,
03:58en tout cas le début du constat déjà que vient de nous établir,
04:01Augustin Yvan de la Fondation pour l'école, Annie ?
04:04Bonjour, je suis entièrement d'accord avec lui,
04:09mais je pense aussi qu'il y a un travail à faire
04:12au niveau des programmes et au niveau de l'organisation des classes.
04:20Je vois, moi, je faisais à Ipecom des prépas,
04:24puis le lycée, et puis je me suis attelée au collège,
04:28et je vois bien que même au collège,
04:30les enfants n'ont pas de base et n'ont pas de méthodologie.
04:35Et donc, on fait beaucoup de contenu,
04:39on fait beaucoup de choses comme ça,
04:41sans passer par les fondamentaux,
04:44c'est-à-dire la méthodologie,
04:46et puis aussi un savoir-faire en collectivité,
04:50c'est-à-dire accepter l'autorité du professeur,
04:54parce que c'est une autorité du savoir.
04:57Et Annie, comment vous expliquez
04:58qu'on n'est pas capable de faire la même chose dans le public ?
05:02Parce qu'il y a eu une sorte d'égalitarisme,
05:04on ne veut plus que les élèves travaillent à la maison, par exemple,
05:09et donc, en fait, les élèves n'apprennent pas justement à être autonomes,
05:14à réfléchir, à travailler par eux-mêmes,
05:17puisque le travail jusqu'en collège,
05:20on fait très, très peu de travail à la maison,
05:25et puis les professeurs sont un peu débordés par le nombre d'élèves,
05:29et donc, ils ont du mal à travailler individuellement dans un groupe.
05:35Ce qui fait la force de nos écoles indépendantes,
05:38c'est ces effectifs réduits
05:40et cet engagement des professeurs vis-à-vis des élèves.
05:45Très intéressant, votre témoignage, chère Annie,
05:48qui dirige l'école indépendante IPCOM à Paris.
05:51On va prendre le témoignage d'Adeline, 45 ans,
05:54parce qu'elle est ancienne professeure des écoles,
05:57et elle dit que vous avez été, Adeline,
05:59vous dites que vous avez été plusieurs fois menacée,
06:01que le niveau n'a fait que baisser,
06:03et que vous ne pouviez pas être exigeante dans le public.
06:07Oui, en effet.
06:09Bonjour Christine.
06:10Je raccroche à ce que disait Annie précédemment.
06:15Et oui, moi j'ai exercé pendant 15 ans,
06:17et dès lors que j'ai exigé,
06:20j'ai exercé principalement en école primaire,
06:23de la maternelle à l'élémentaire.
06:27Et dès que j'étais confrontée,
06:30enfin, dès que je passais à une certaine exigence des élèves,
06:34comme par exemple en CP, pouvoir écrire droit sur une ligne,
06:41dès que je m'acharnais, entre guillemets,
06:45je mets des guillemets au mot acharné,
06:48mais dès que j'avais cette exigence-là,
06:50elle était traduite et interprétée par les familles
06:53comme de la maltraitance.
06:55Et donc on a cessé d'année en année
06:58de minimiser ces exigences-là.
07:02Or, ça a des conséquences à long terme,
07:05parce que ces élèves ne sont plus habitués à l'effort,
07:08à l'exigence.
07:09Ensuite, ils grandissent, deviennent des adultes,
07:12arrivent sur le marché du travail
07:14et sont confrontés parfois pour la première fois
07:16à des exigences.
07:19Et ils le vivent extrêmement mal.
07:23Restez avec nous, Adeline, parce que ce témoignage
07:26nous parle beaucoup, on est stupéfaits par là,
07:29parce que vous êtes en train de nous raconter
07:31ce qui se passe vraiment à l'école.
07:32On marque une pause et on aura aussi
07:34Jean-Philippe qui nous appelle de Toulouse.
07:36Beaucoup d'appels sur ce sujet de l'école.
07:38Et comme Adeline réagissait, 01, 80, 20, 39, 21,
07:41la suite de Christine Kéli et vous,
07:43c'est dans un instant, et vous le savez très bien,
07:44c'est la rentrée pour la grande famille européenne,
07:46avec de nouvelles émissions,
07:47de lundi au vendredi, de 15h à 16h.
07:49La psychologue clinicienne Marie-Estelle Dupont
07:52et Romain Desarbres libèrent la parole
07:54en soumettant les grandes questions d'actualité
07:56à une analyse psychologique.
07:58Et si on en parlait, votre nouvelle émission
08:00sur Europe 1 avec Marie-Estelle Dupont
08:03et Romain Desarbres, c'est tout à l'heure,
08:05de 15h à 16h sur Europe 1.
08:06Adeline était avec nous en ligne
08:08et pendant la petite pause,
08:10Eric Tegner était en train de réagir
08:12au propos d'Adeline.
08:13Qu'est-ce que vous disiez ?
08:14Je trouvais formidable ce qu'elle disait
08:15parce que c'est vrai que souvent,
08:16on a l'impression que les jeunes,
08:18quand ils arrivent sur le marché de l'emploi,
08:19c'est la première fois qu'on leur demande de travailler.
08:22Ils peuvent avoir l'impression de découvrir.
08:24Et c'est vrai qu'il n'y a aucune habitude
08:25à l'engagement et du coup,
08:26pas à la souffrance mais à l'exigence.
08:28Moi, j'étais hors contrat toute mon enfance,
08:31de la 6e à la terminale.
08:32J'étais en pension pendant trois semaines.
08:33Je pense qu'avec le scoutis,
08:35c'est vraiment ce qui m'a formé.
08:36Je ne remercierai jamais autant mes professeurs.
08:38Et je vais vous dire, j'étais un enfant trouble,
08:39je me suis déjà fait renvoyer du collège, etc.
08:41Mais heureusement que c'était très ferme et très dur.
08:44parce qu'en fait, on a besoin d'avoir ce niveau d'exigence,
08:47sinon on n'est pas prêt.
08:48Vous pensez que vous avez réussi là, aujourd'hui ?
08:49Non, mais je sais quand on tente.
08:53Vous me contentez de peu, c'est terrible.
08:54Non, mais je sais que si j'ai chou, je vais me relever.
08:57Excellent réponse.
08:58Et c'est ça qui compte.
08:59Mais vous avez vu, il ne rit pas une seule seconde, ce gars-là.
09:02Quand on parle de mon enfance, non.
09:05C'est comme quand on parle de votre âge, Marc.
09:06Tellement raison.
09:07Et Géraldine Hamon, qui est avec nous,
09:11m'expliquait que vous avez été enseignante.
09:13Pendant deux ans et demi, trois ans.
09:15Pendant deux ans et demi, trois ans,
09:16et dans le privé, sous contrat.
09:18Et alors, comment ça se passait ?
09:20Eh bien, ça se passait très bien.
09:22Moi, j'ai adoré...
09:23Alors, j'étais contractuelle,
09:24donc on m'a embauchée pour être devant une classe de...
09:27plusieurs classes de 38 élèves.
09:29Vous étiez même professeure principale.
09:30Professeure principale, exactement, en troisième.
09:33Ça s'est très bien passé,
09:33mais j'ai constaté quelque chose,
09:34c'est qu'il y a trop de bienveillance.
09:36Malheureusement, maintenant, c'est pas de vagues.
09:38De la sanction, eh bien,
09:40il faut faire exactement attention à ce qu'on fait,
09:42à ce qu'on dit aux élèves.
09:44On ne peut plus mettre de zéro, figurez-vous.
09:46Le zéro sanction n'existe plus.
09:49Il y a des élèves qui ne me rendaient pas leur travail.
09:51Je n'avais pas le droit de mettre de zéro.
09:53Et surtout, les parents aussi.
09:55Dans tous les milieux sociaux,
09:57je pense que c'est la même chose.
09:58C'est que le professeur est décrédibilisé, en fait.
10:02Et en fait, je pense que maintenant,
10:02ce qui est très important,
10:03c'est que les parents doivent travailler main dans la main,
10:06avec les professeurs,
10:07sur les professeurs principaux.
10:08Moi, les parents de mes élèves
10:10avaient mon numéro de téléphone, en fait.
10:12C'est qu'ils m'appelaient s'ils avaient besoin.
10:14Moi, je leur envoyais des messages,
10:15si j'avais besoin.
10:16Il y avait une communication, en fait.
10:18Pour moi, c'est hyper important.
10:19Les professeurs, les professeurs principaux,
10:22et arrêter aussi les parents de critiquer les professeurs.
10:24Arrêter de contester une note,
10:26un travail qu'on a donné, en fait.
10:27J'ai dicté, j'avais des moins 50.
10:29Il nous disait, le jour où vous aurez raison,
10:30zéro, vous serez bon.
10:32Mais quand vous dites bienveillance,
10:34ce n'est pas de la bienveillance.
10:35Ce n'est même pas du laxisme.
10:39C'est une renonciation à l'éducation.
10:41On ne rend pas ce qu'il y a aux enfants.
10:43On va demander à Adeline si elle est d'accord.
10:46Adeline, vous êtes en ligne avec nous ?
10:46C'est la formation à la victimisation.
10:48Vous êtes d'accord avec ce que dit Marc Monon,
10:50ce que dit aussi Géraldine Hamon,
10:52une renonciation à l'éducation ?
10:53En fait, c'est des petits renoncements,
10:56comme l'expliquait Géraldine Hamon.
10:59C'est des petits renoncements
11:00qui forgent au fur et à mesure des années
11:04des cohortes d'élèves
11:05à ne plus être confrontés à la frustration,
11:10confrontés aussi,
11:12pardon de le dire,
11:13c'est vrai que ça ne fait pas plaisir sur le coup,
11:15mais confrontés à l'échec.
11:17Et un échec ne veut pas dire qu'on échoue.
11:19On apprend dans l'échec.
11:20On a besoin des échecs.
11:22On en a besoin pour pouvoir grandir,
11:26pour pouvoir se dire,
11:27ok, là, j'ai mal fait,
11:29mais ce n'est pas grave,
11:30je vais remonter
11:31et je vais reprendre un autre chemin
11:32pour réussir.
11:34En fait, on amalgame des termes
11:38tels que la bienveillance,
11:39tels que l'égalitarisme,
11:42et ça détruit,
11:44pardon de le dire comme ça,
11:45mais ça détruit les efforts,
11:48les exigences,
11:49qui ensuite, ces gamins-là,
11:51ils sont vraiment confrontés à ça
11:53des années après,
11:54ils ne comprennent absolument rien.
11:56Incroyable, votre témoignage, Adeline.
11:57Et ne comprennent pas pourquoi
11:59la société,
12:01ça leur paraît même violente,
12:03si vous voulez.
12:04Ce que je peux entendre,
12:06puisqu'à partir du moment
12:07où on n'a jamais été confrontés
12:09ni à l'échec,
12:11ni à des exigences,
12:13eh bien, on reçoit très très mal.
12:16Oui, exactement.
12:17Merci pour votre témoignage.
12:19Poignant, Adeline,
12:20je rappelle que vous êtes
12:21ancienne professeure des écoles,
12:24que vous avez été plusieurs fois menacée,
12:26que le niveau ne fait que baisser,
12:28et que vous ne pouvez pas être exigeante.
12:30Merci pour votre témoignage.
12:32On a en ligne Jean-Philippe,
12:3364 ans,
12:34qui nous appelle de Toulouse.
12:36Bonjour Jean-Philippe,
12:37votre fils a 32 ans,
12:39il est professeur des écoles,
12:40et vous allez nous témoigner
12:42qu'il a la boule au ventre.
12:44Juste avant,
12:45je voulais entendre Gabriel Cluzel,
12:46parce que Gabriel Cluzel est maire de famille,
12:48elle va nous donner aussi son témoignage
12:50par rapport à cette,
12:52on peut dire,
12:52cette opposition peut-être privée-public.
12:54Par rapport à l'opposition privée-public,
12:56oui, ça c'est intéressant.
12:58C'est vrai que,
12:58moi je voulais revenir sur ce qu'a dit
13:00Augustin Yvan,
13:01parce qu'il faut se rendre compte
13:02que ces écoles hors contrat
13:04sont nées de la volonté de parents,
13:07de parents qui se sont dit
13:09non mais là c'est juste plus possible,
13:10parce qu'il y avait l'école publique,
13:12il y a l'école sous contrat
13:13mais qui est souvent ficelée
13:14par ce fameux contrat
13:15et qui est loin de pouvoir faire
13:17tout ce qu'elle veut.
13:18La volonté de parents.
13:19Et donc il y a des parents
13:20qui se sont dit
13:20il faut absolument qu'on fasse autre chose,
13:22qu'on crée quelque chose
13:23pour nos enfants,
13:24c'est des gros sacrifices.
13:25C'est pas la volonté politique,
13:25c'est pas la volonté du gouvernement.
13:26Non, exactement.
13:28Et il faut se rendre compte
13:29que pour eux ça a été des sacrifices
13:30en temps, en investissement,
13:32mais aussi financiers,
13:33parce qu'ils n'ont pas d'aide.
13:34Alors ces écoles,
13:35on voit bien,
13:36elles se débrouillent
13:36pour que finalement
13:40moi il me semble que
13:41si on avait un gouvernement
13:43pragmatique et humble,
13:45ils se diraient
13:45pourquoi ça fonctionne ?
13:47Pourquoi aujourd'hui
13:48ces écoles sont plébiscitées
13:50par beaucoup de parents ?
13:51Peut-être qu'il y a des recettes,
13:52peut-être que même
13:53sur le plan économique
13:53il y a des recettes
13:54qu'on devrait appliquer
13:55mais ils en sont incapables,
13:56ils n'ont qu'une idée
13:57c'est de les persécuter
13:58pour casser le témoin
13:59qui montre que d'autres recettes
14:00sont possibles.
14:01Excellente analyse
14:02de Gabriel Cluzel
14:03sur Europe 1.
14:05Augustin, Yvan,
14:05dans un instant
14:06vous allez nous dire encore
14:07avec ce dossier
14:09que vous nous révélez
14:10en exclusivité
14:10sur Europe 1
14:11de la Fondation
14:13pour l'école.
14:14D'abord Jean-Philippe,
14:15vous dites que
14:16votre fils a 32 ans,
14:18il est professeur des écoles,
14:19il a la boule au ventre
14:21parce qu'il a peur.
14:25Peur n'est pas bonjour déjà,
14:27peur n'est pas vraiment
14:28le terme,
14:28il a la boule au ventre
14:29parce qu'il me dit
14:31qu'il est dans l'incapacité
14:33d'exercer son métier,
14:34parce qu'il ne peut pas faire
14:36régner l'ordre
14:37et la discipline dans la classe,
14:38il y a toujours un ou deux
14:40ou trois éléments perturbateurs
14:42qui sont incontrôlables,
14:44dont les parents
14:44sont incontrôlables.
14:46La direction,
14:47c'est l'omerta totale
14:50et donc il me dit
14:52je ne peux pas travailler.
14:54Donc aujourd'hui,
14:57c'est un métier,
14:59il a changé
14:59sa carrière professionnelle,
15:01il a un bac plus 4
15:02en mesure physique,
15:03il a passé un concours
15:04pour être prof.
15:05Déjà,
15:06il me disait à l'époque
15:07lors du concours,
15:08il me dit
15:08mais c'est effarant
15:09le niveau
15:10des gens de mandage
15:13qui passent le concours,
15:14ils ne parlent même pas
15:15le français,
15:15ils n'écrivent même pas
15:16le français
15:16et comme il est prof
15:17en place actuellement,
15:19quand il a des directives,
15:20des collègues
15:21qui remplacent,
15:22il me dit
15:22c'est même pas écrit
15:23en français.
15:24Alors quand on parle
15:26du niveau qui baisse,
15:27c'est normal,
15:28plus le niveau baisse
15:29dans l'école,
15:30plus le niveau baisse
15:31à la sortie
15:31parce qu'Albro disait
15:32il y a quelque temps
15:33qu'il était effaré
15:34du niveau des journalistes
15:36dans les écoles actuelles
15:37de journalisme.
15:39Et donc finalement,
15:41le réflexe qu'a mon fils
15:42aujourd'hui,
15:43ça va peut-être vous surprendre,
15:44depuis 3 ou 4 ans,
15:46avec un ami
15:46qui travaille dans l'audiovisuel,
15:48il est en train
15:49de créer sa propre école
15:50avec le bon niveau
15:51sur internet.
15:52C'est ce qu'on voit.
15:53Augustin Yvon,
15:54vous êtes témoin là,
15:55c'est vrai,
15:55voilà ce qu'on entend.
15:56Et ce qu'il espère,
15:57c'est d'ici 3, 4, 5 ans,
16:00avoir terminé
16:00de faire tous ses cours
16:01sur internet
16:02de la maternelle
16:03jusqu'au CM2,
16:07avec les corrigés,
16:08le niveau,
16:09l'adaptation,
16:10etc.,
16:10pour en vivre
16:11et donner sa démission
16:12de l'éducation nationale.
16:13Incroyable,
16:14Jean-Philippe
16:15qui nous a témoigné
16:17sur Europe 1
16:18qui nous appelle de Toulouse.
16:20Augustin Yvon,
16:21je voudrais réagir
16:22parce que je suis moi aussi
16:22ancien instituteur
16:23et je me retrouve complètement
16:24dans ce que vous avez dit,
16:25Jean-Philippe,
16:25merci beaucoup.
16:26Il faut savoir que 52%
16:27des professeurs en France
16:28déclarent ressentir
16:30un sentiment d'insécurité.
16:31C'est notamment ce qu'on recense
16:32dans le dossier.
16:33On comprend,
16:33il y a eu 3 assassinats
16:34sur les 5 dernières années
16:35que je ne reviens pas dessus,
16:36mais ils sont tragiques.
16:37Il y a des incidents graves
16:38à ne savoir qu'en faire.
16:40Et concrètement,
16:41qu'est-ce qu'on propose
16:41pour restaurer l'autorité ?
16:44On ne propose rien
16:44ou très peu de choses.
16:45Il y a eu des assassinats
16:46dans le privé aussi.
16:47Oui, de fait,
16:48c'est quelque chose
16:49qui touche tous les secteurs.
16:50Mais le sentiment d'insécurité
16:52d'un professionnel du public
16:54est très fort.
16:56Là où dans le privé,
16:56et particulièrement dans le privé
16:57hors contrat,
16:58le lien avec les parents
16:59que vous avez décrits
17:00du haut petit effectif,
17:01du fait que les parents
17:02choisissent l'école
17:02et ils la payent.
17:04On parlait d'argent tout à l'heure,
17:051,27 milliard d'économie
17:06grâce aux écoles hors contrat.
17:08Donc, aujourd'hui,
17:09on parle beaucoup d'argent
17:10au niveau étatique,
17:12c'est intéressant d'y penser.
17:13Donc, tout ce qu'on a entendu
17:14est très intéressant
17:15et je pense qu'il faut bien
17:16se rappeler que les professeurs
17:17sont les garants
17:17de l'autorité dans la classe,
17:19que si on les dévalorise,
17:20les parents et les enfants
17:21ne les respecteront pas
17:22et la transmission
17:22ne sera pas possible.
17:24Augustin Yvon,
17:24est-ce que tout ne parle pas
17:25déjà de la cellule familiale ?
17:27Parce qu'on a beau dire,
17:28voilà,
17:29si le rapport
17:30qu'a le parent
17:32avec son enfant,
17:33c'est aussi déterminé
17:34le rapport que le parent
17:35a avec l'enseignant.
17:37Les parents sont
17:37les premiers éducateurs
17:38de leurs enfants
17:38et ils délèguent
17:39cette autorité à l'école.
17:41Alors, ça devrait être
17:42l'instruction,
17:43pas l'éducation.
17:43Exactement, l'instruction
17:44et non l'éducation.
17:45Après, c'est vrai,
17:45il y a un dicton
17:46qui dit qu'il faut
17:46tout un village
17:47pour éduquer un enfant.
17:48Ça, c'est très vrai.
17:49L'instituteur et le professeur
17:50ont des compétences,
17:51même si on parlait
17:51de niveau tout à l'heure.
17:53La note d'admission
17:54dans l'Académie de Versailles,
17:55c'est 6 sur 20
17:56pour les concours d'enseignement.
17:57Pour vous donner
17:57un peu une idée.
17:58Marc Menon,
17:59comment vous avez été
17:59aussi enseignant ?
18:01Il y a longtemps.
18:02Et alors ?
18:03Il y a très longtemps.
18:03C'était une époque
18:04où vous aviez
18:05des classes de 45 élèves.
18:07Rapidement, ensuite.
18:08Mais je crois aussi
18:09qu'il ne faut pas confondre
18:11le désir d'imposer
18:14le silence
18:16avec de l'autoritarisme.
18:18Ce qu'il faut,
18:19ce sont des passionnés.
18:20Or, aujourd'hui,
18:21il y a ce déficit
18:23de culture personnelle
18:25de l'enseignant.
18:26Il arrive en fragilité
18:27face à ses élèves.
18:28Et il n'a pas le goût
18:29de les faire vibrer.
18:31Et regardez la langue.
18:32On épouse tous aujourd'hui
18:33cette foutue langue inclusive.
18:36Personne n'est là
18:36pour veiller au quotidien.
18:38Mais enchantez-vous
18:39avec les mots.
18:40C'est tout cela
18:40qui doit concourir.
18:42Et là,
18:42si on fait une globalité,
18:43nous sommes responsables
18:45de notre avenir
18:45dans tous les domaines.
18:46Ce que vous faites,
18:47vous, dans l'école,
18:48il faut le faire
18:49au niveau politique.
18:50Les partis ne vous conviennent pas.
18:51Créons des partis.
18:52Créons des initiatives.
18:53Géraldine Hamon.
18:54Non, monopolisiste.
18:56Vous avez raison, Marc Menon.
18:57Moi, j'ai le souvenir de mes parents
18:58que quand je critiquais un professeur,
19:03je me faisais gronder
19:04pour être poli.
19:06Or, maintenant,
19:06ce sont les parents
19:07qui insultent les professeurs.
19:08Qui ont grondé le professeur.
19:09Oui, exactement.
19:10Et qui insultent les professeurs
19:11devant leurs enfants.
19:13Mais les gosses,
19:13on leur laisse tout.
19:14On ne va pas s'en sortir.
19:15Comment ?
19:15Tu ne veux pas le vexer ?
19:16Il veut manger un bonbon.
19:17C'est-à-dire qu'à chaque seconde
19:19dans la vie,
19:21on le laisse subir,
19:22enfin, imposer cela, pardon.
19:23Merci, Marc Menon.
19:24Merci, Géraldine Hamon.
19:25Merci, Éric Klingner.
19:26Merci, Augustin Yvan.
19:27Merci, Gabriel Cluzet.
19:28Bonjour, Clélie Mathias.
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