- il y a 1 an
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00La parole dans le studio est arrivée il y a quelques instants à Morebucco,
00:03journaliste Valeurs Actuelles, qui vient nous présenter cette histoire d'un policier
00:09qui était en civil et qui a été victime d'une violence somme toute ordinaire.
00:15Que s'est-il passé concrètement à Morebucco ?
00:17Oui, Christine, c'est un policier hors service qui a été pris en chasse,
00:20victime d'un guet-apens dans la nuit de lundi à mardi sur l'autoroute 104
00:24à proximité de Mitrimori, c'est en Seine-et-Marne.
00:27L'effet se passe aux alentours de minuit, ce policier rentre d'un dîner à Paris
00:32où il a dîné avec des collègues, il n'est donc pas en service, il n'est pas là pour travailler.
00:37Et sur l'autoroute, il roule sur la voie de gauche et il a le malheur de freiner à la vue d'un radar.
00:44Mais quelle idée de freiner à la vue d'un radar ?
00:46Non, je veux taquer, il fait comme tout le monde.
00:50Voilà, il a eu une frayeur, il ralentit un peu, et sauf que derrière lui,
00:54il a un véhicule dans lequel se trouvent cinq jeunes gens, probablement cinq délinquants,
00:58on verra leur profil plus tard.
00:59Et qui n'en ont rien à faire, si vous permettez l'expression, du radar en l'occurrence.
01:02Et qui n'ont rien à faire du radar, et surtout qu'ils n'apprécient pas que le policier freine,
01:06que le conducteur devant eux freine à ce moment-là.
01:08Et donc, ils ont une réaction tout à fait incroyable, de fureur absolue,
01:14c'est-à-dire qu'ils vont tout faire pour intimider ce policier hors service qui se trouve devant lui.
01:17Alors ça commence, j'allais le dire, simplement par des appels de phare, des zigzags.
01:21Il y en aura le policier en ligne, dans un instant, il nous attend.
01:23Voilà exactement, mais il finit ensuite par jeter une bouteille pleine, en pleine autoroute,
01:26sur la voiture du policier, il gaze son habitacle de gaz lacrymogène.
01:31Tout ça en conduisant ?
01:33Tout ça en conduisant au beau milieu de l'autoroute, donc c'est extrêmement dangereux.
01:35Le policier de son côté, on va l'entendre effectivement,
01:38mais lui ne préfère pas faire mention de sa qualité de policier.
01:42On sait qu'aujourd'hui, être policier n'est plus un rempart,
01:44mais parfois fait de vous une cible et il est tout seul dans sa voiture,
01:47il n'a pas son arme de service, donc il ne précise pas qu'il est policier.
01:50En revanche, il fait appel à ses collègues par une boucle de télégramme
01:52qui réunit les policiers d'Ile-de-France pour leur dire
01:55« aidez-moi, j'ai des problèmes ».
01:58Et donc à ce moment-là, finalement, la voiture des cinq agresseurs
02:02va sortir de l'autoroute, aux alentours de Mitrimori donc.
02:05Le policier hors service décide de lui suivre pour ne pas perdre leur trace
02:08et à ce moment-là, les cinq personnes dans la voiture devant,
02:12luttant d'un guet-apensure en point,
02:13finalement, les renforts de police arrivent
02:15et là, les cinq agresseurs prennent la fuite,
02:18refusent d'opérer, délient de fuite.
02:19Et j'allais dire, le sort les rattrape
02:20puisque le conducteur de leur voiture va perdre le contrôle.
02:26La voiture fait un tonneau, elle se retrouve sur le toit.
02:31Trois d'entre eux vont réussir à s'échapper de la voiture,
02:34deux sont bloqués à l'intérieur puisqu'il est accidenté.
02:36Et donc, au final, il y a quatre interpellations parmi ces personnes.
02:40Et donc, je vous propose d'écouter le témoignage.
02:43Alors, on l'a en ligne, le policier à morrer.
02:45C'est très rare d'avoir un policier qui témoigne.
02:47Ce n'est pas facile pour eux non plus de témoigner.
02:50Il va témoigner donc pour nous sur Europe 1 de façon totalement anonyme.
02:55Allô, mon cher policier, vous êtes bien en ligne avec nous sur Europe 1 ?
02:59C'est ça, je suis bien en ligne.
03:00Alors, je vous appelle Backfund.
03:02On m'a dit que de vous appeler comme ça, c'est le nom de votre compte Instagram, c'est ça ?
03:05C'est ça.
03:06Et où vous documentez votre vie de policier ?
03:09Pardon ?
03:10C'est le nom de votre... Backfund, c'est le nom de votre compte Instagram,
03:13où vous documentez un peu votre vie...
03:14Voilà.
03:15Quel âge avez-vous ?
03:16Depuis combien de temps vous êtes dans la police déjà,
03:17pour qu'on puisse un peu planter le décor ?
03:19Donc, moi, là, j'ai actuellement 28 ans et ça va faire du coup 10 ans que je suis dans la police.
03:23J'ai commencé à 18 ans.
03:25D'accord. Et où est-ce que vous êtes précisément dans la police ?
03:28Actuellement, je suis en Bac en Ile-de-France.
03:31Bac en Ile-de-France.
03:32Alors, racontez-nous ce qui s'est passé ce soir-là,
03:35même si Amboré Boukou a planté le décor.
03:37Racontez-nous votre regard de policier civil.
03:40Vous êtes sur l'autoroute. Que se passe-t-il ?
03:42C'est ça. Donc, Amboré a bien résumé les faits.
03:44Donc, je rentrais du restaurant avec mes amis.
03:46Donc, arrivé sur l'A4 à hauteur de Champigny,
03:49donc je sais qu'il y a un radar, forcément, je passe pratiquement tous les jours ici.
03:52J'ai décidé de ralentir pour ne pas me faire flasher comme tout le monde.
03:56Et j'avais vu qu'une voiture me collait derrière.
03:58Donc, forcément, elle était vraiment collée à mon pare-choc.
04:01Donc, j'étais obligé de freiner progressivement.
04:03Et au final, à la vue du radar, j'ai dû freiner un peu plus brusquement
04:05pour éviter d'être flasher.
04:07Ce qui n'a pas plu à ses individus, a priori.
04:11Donc, à la suite de mon dépassement,
04:12je me suis rabattu sur ma boîte de droite
04:14pour pouvoir laisser passer les véhicules qui me faisaient des appels de phare.
04:18Ils sont donc arrivés à mon niveau.
04:20Ils ont commencé à m'insulter.
04:21Donc, voilà, les provocations habituelles.
04:23Ils n'ont pas de répondre.
04:24Ça les a encore plus énervés.
04:25Ils m'ont jeté une bouteille d'eau.
04:27Et à ce moment-là,
04:28Backfand,
04:30à ce moment-là,
04:31les voyous, si vous permettez,
04:33dans la voiture,
04:34ne savent pas du tout que vous êtes un policier en civil.
04:36Non, pas du tout.
04:37Pas du tout.
04:37Ils n'ont jamais su.
04:38Ça peut arriver à une mère de famille au volant,
04:41à n'importe qui au volant.
04:42Que se passe-t-il ?
04:43Donc, ils vous insultent
04:44et ils vous envoient une bouteille d'eau.
04:46C'est ça.
04:47Mais là, la fenêtre, elle est baissée ?
04:49La vitre, elle est baissée ?
04:50La fenêtre est fermée.
04:52Donc, je prends la bouteille d'eau sur la fenêtre.
04:54Oui.
04:54Et tout ça en conduisant sur l'autoroute ?
04:56Tout ça en conduisant, évidemment.
04:58Donc là, je me dis,
04:59bon, ça ne sert à rien de répondre à ces provocations.
05:01De toute façon, ils sont cinq.
05:02Je suis tout seul.
05:03Je ne vais pas faire grand-chose de plus que ça.
05:06Donc, je continue ma route pour rentrer chez moi.
05:09Et je vois que les individus reviennent à la charge,
05:11se mettent à côté de moi
05:12et essaient de me faire ralentir
05:13en bloquant un peu la route,
05:15continuent à m'insulter.
05:17Donc là, je me retourne,
05:17je regarde les personnes dans le véhicule.
05:21C'est à ce moment-là que je me rends compte
05:22vraiment qu'ils sont cinq
05:23et qu'ils sont un peu énervés.
05:24Avez-vous eu peur à ce moment-là ?
05:27Pour l'instant, je n'avais pas encore peur.
05:28C'est l'effet habituel,
05:30les différences sur la route.
05:31Ça peut arriver à tout le monde.
05:33On va dire que ça peut se régler comme ça.
05:35Vous n'avez pas eu peur à ce moment-là,
05:36mais vous avez eu peur après.
05:38On marque une pause.
05:40On revient dans un instant sur ce témoignage poignant.
05:42Un policier qui a peur,
05:44qui témoigne anonymement sur Europe 1.
05:47Restez avec nous.
05:48Appelez-nous au 01-80-20-39-21.
05:50A la suite des Christine Kili et vous,
05:51c'est dans un instant sur Europe 1.
05:53Europe 1, votre radio préférée
05:54qui, vous le savez, a fait sa rentrée lundi
05:56avec de 7h à 9h.
05:57Toute l'équipe d'Europe 1 matin,
05:59Dimitri Pavlenko, Anissa Haddadi,
06:01Olivier Delagarde,
06:02Sonia Mabrouk, Vincent Hervouet,
06:03toutes les signatures Europe 1,
06:05Philippe Vall, Charlotte Dornelas,
06:06Olivier Babaut et l'ensemble de la rédaction
06:09Europe 1 matin de 7h à 9h
06:10avec Dimitri Pavlenko
06:12et Anissa Haddadi.
06:13Le rendez-vous, c'est demain.
06:147h à 9h sur Europe 1, la radio libre.
06:18...actuel, puisque nous revenons sur le témoignage anonyme
06:21d'un policier que nous avons en ligne,
06:23un policier victime de la violence banale
06:24du quotidien sur une route de Seine-Saint-Denis.
06:26Il est en ligne avec nous,
06:28il nous explique qu'il est sur l'autoroute,
06:31il est à Mitrimori,
06:32on sait à Neymar,
06:33il voit un radar.
06:34Alors, Fabrice, vous m'avez dit
06:35qu'il faut passer là tous les jours ?
06:37Absolument, absolument, sur la carte.
06:38Oui, je connais bien ce radar.
06:39Et vous vous freinez quand il y a un radar ou pas, vous ?
06:41J'accélère après l'avoir passé, en général.
06:44De toute façon, on freine toujours qu'il y a un radar.
06:46Non, mais entre nous, effectivement,
06:48quand on sait que le radar est là,
06:49on ralentit.
06:51Donc, c'est ce que vous avez fait,
06:52Backfund, je rappelle que vous êtes policier,
06:54vous témoignez anonymement,
06:55vous avez 28 ans,
06:56vous vous freinez,
06:57vous ralentissez,
06:58vous avez des invectives d'une voiture
07:00qui vous poursuit,
07:015 jeunes à bord,
07:03vous n'avez pas encore peur,
07:04mais que s'est-il passé
07:05après vous avoir insulté,
07:07envoyé de bouteilles d'eau
07:08et aussi de lacrymogènes ?
07:12Donc, suite à ça,
07:12vous avez reçu la bouteille d'eau pour l'instant.
07:14Oui, d'accord, racontez-nous.
07:16Donc, au final,
07:16le bouteille revient à la charge
07:18et donc, vous meurez insulte, etc.
07:21Et le passager, du coup,
07:23qui est côté droit,
07:24du coup, à l'avant du véhicule,
07:25me demande de nourrir ma fenêtre.
07:26Donc, à ce moment-là,
07:27moi, je décide d'ouvrir ma fenêtre.
07:28Donc, j'ai mon bouton pour ouvrir la fenêtre
07:30au niveau du jet de vitesse.
07:31Tout ça en roulant ?
07:32C'est ça, oui.
07:33Donc, je baisse ma tête
07:34pour pouvoir trouver mon bouton
07:36pour ouvrir la fenêtre.
07:37J'ouvre ma fenêtre
07:38et au moment où je regarde,
07:39du coup,
07:40un individu qui est à ma gauche,
07:42je vois qu'il lève sa main
07:44et je reçois un jet de gaz lacrymogènes
07:46directement au niveau des yeux.
07:48Incroyable.
07:49Tout ça en roulant
07:50et rappelons que vous êtes encore
07:51de façon...
07:52Vous êtes en civil.
07:53C'est ça.
07:54Personne ne sait que vous êtes policier.
07:56Exactement.
07:57Donc, à ce moment-là,
07:58je me retrouve complètement désorienté.
08:00Je ne voyais plus rien.
08:01J'étais sur l'autoroute
08:02et je ne savais même pas
08:02où j'allais.
08:04Et je vois juste le véhicule
08:05qui continue sa progression,
08:07qui continue sur la 4
08:08en direction de la province.
08:10Donc, à ce moment-là,
08:11moi, j'essaie de reprendre mes esprits.
08:13J'arrive à suivre à peu près
08:14les véhicules un petit moment,
08:15le temps de reprendre ma vision
08:17et de reprendre mes esprits.
08:19Et à ce moment-là,
08:19je décide d'appeler mes collègues
08:20via des réseaux sociaux,
08:22etc.,
08:23pour pouvoir essayer
08:24d'interpeller les individus.
08:26À quel moment avez-vous eu peur ?
08:28Au moment où j'ai pris
08:29le gaz acrymogène.
08:29Là, je me suis dit
08:30que c'était compliqué.
08:32Surtout de conduire
08:33avec la vision,
08:35en moi,
08:35c'est compliqué.
08:37Alors là,
08:37comme nous expliquait
08:39Amoré Bucco
08:40sur Europe 1,
08:41Amoré Bucco
08:41de Valeurs Actuelles,
08:42vous appelez
08:43des renforts
08:44sur les réseaux sociaux,
08:46des policiers arrivent.
08:47Et là,
08:48qu'est-ce qui s'est passé
08:49concrètement ?
08:50Au début,
08:51les policiers arrivent,
08:52mais ils passent devant moi
08:53sans voir que c'est moi,
08:55sans reconnaître mon véhicule.
08:57Je les vois au loin,
08:59en fait,
09:00arriver au bleu,
09:01enfin,
09:01au giro de ton.
09:02Ils me dépassent.
09:03Et en fait,
09:04j'étais au téléphone avec eux,
09:05je leur dis
09:05vous m'avez dépassé.
09:07J'étais derrière vous.
09:08Donc à ce moment-là,
09:08ils me disent
09:09OK, pas de souci,
09:09mais on enlève le bleu,
09:10on va se mettre
09:10sur la voie droite
09:11et on va attendre
09:12que tu repasses
09:12pour pouvoir interpeller
09:14le véhicule.
09:15Sauf qu'à ce moment-là,
09:16je pense que les amis
09:16ont compris
09:17que la police
09:18venait pour eux
09:18et ils sont brutalement
09:20sortis de l'autoroute
09:21et ils ont compris,
09:23je les suivais
09:23depuis le début.
09:25Donc ils sont sortis
09:25de l'autoroute
09:26et se sont arrêtés
09:27au rond-point,
09:28ont mis la voiture
09:28en travers
09:29et m'ont attendu.
09:30Appelez-nous au 01-80-20-39-21
09:33si vous avez déjà été victime
09:34de violences comme ça
09:36sur l'autoroute.
09:36Ils se sont mis à côté
09:37et que s'est-il passé
09:39après cette prise en chasse
09:41de la part des cinq jeunes
09:42en ce qui vous concerne ?
09:44Donc sur le rond-point,
09:45au final,
09:46ils m'ont attendu.
09:47Je suis passé,
09:48je n'allais pas m'arrêter
09:49forcément,
09:50ils étaient cinq
09:50avec potentiellement des armes
09:52qui m'étaient déjà gazés.
09:54J'ai décidé de partir
09:55faire semblant
09:57et au final,
09:58ils ont commencé
09:59à me suivre.
10:00J'en ai fait deux tours
10:01de rond-point.
10:02J'ai appelé les collègues
10:03en leur expliquant
10:03que ça a commencé
10:04à devenir compliqué.
10:05Là,
10:06ce n'est plus moi
10:06qui suis derrière,
10:07c'est eux
10:07qui sont derrière moi.
10:08Donc là,
10:10les enfants ont commencé
10:10vraiment à arriver.
10:12Sauf qu'au bout
10:13du deuxième tour
10:14de rond-point,
10:15la voiture s'est arrêtée
10:16au milieu du rond-point,
10:17saignée en travers.
10:18Et moi,
10:19au moment où j'arrive,
10:20je vois que les portes
10:20sont ouvertes,
10:21mais je ne comprends pas
10:21trop ce qui se passe.
10:23Tant que je dépasse
10:24le véhicule,
10:24il y a un individu
10:25qui a surgi du rond-point
10:26en plein milieu,
10:27en courant,
10:28et qui m'a jeté
10:28une bouteille
10:28de protocytes d'azote
10:29sur le barbouille.
10:31Incroyable !
10:32Il ne sait toujours pas
10:33que vous êtes policiste ?
10:34Incroyable !
10:34Toujours pas !
10:35Oui, oui, oui !
10:36Une bouteille de protocytes
10:36d'azote,
10:37c'est une bouteille
10:37à peu près l'équivalent
10:39d'une cristalline
10:39d'un litre et demi,
10:41mais en fer.
10:42Voilà,
10:42ça a pisé le pare-brise,
10:43ça m'a fait un trou
10:43dans le pare-brise.
10:45Donc à ce moment-là,
10:46moi, je prends la fuite,
10:47je refais un tour
10:48de rond-point,
10:48et à ce moment-là,
10:49mes collègues arrivent
10:50et arrivent à se mettre
10:51devant ce véhicule-là
10:53pour le bloquer.
10:54Donc je me dis,
10:54c'est bon,
10:55l'histoire va être réglée.
10:56Sauf que les policiers
10:57mettent pied à terre,
10:58essayent de faire sortir
10:59les individus du véhicule
11:00qui rentrent en cours
11:00dedans pour prendre la fuite.
11:02ils verrouillent les portes
11:03et à ce moment-là,
11:05le véhicule fait une marche arrière
11:06et repart en trombe
11:07en marche avant,
11:08limite en écrasant les policiers.
11:10Il y a même un policier
11:10qui a dû se décaler
11:11et sauter sur le rond-point
11:12pour éviter d'être écrasé.
11:14Oui, un peu à la gendarme commune,
11:16refus d'obtempérer là ensuite.
11:17C'est ça.
11:17Et du coup,
11:18il a carrément pris la fuite.
11:19Donc moi,
11:20me retrouvant derrière,
11:21mais les policiers
11:21qui étaient dans le mauvais sens,
11:23du coup,
11:23c'est moi qui me retrouve
11:24en première ligne,
11:24du coup,
11:25à chasser le véhicule.
11:28Donc je suis ce véhicule au loin,
11:30sauf que le premier rond-point
11:31qu'ils ont trouvé,
11:33ils ont réussi à rater la sortie
11:35et ils ont fait un tonneau.
11:37Ils ont fait un tonneau,
11:38ils ont été interpellés.
11:39Rectégner a une question à vous poser,
11:40ensuite Gabriel Cluzel
11:41et ensuite,
11:42avec Amoré et Abucon,
11:43on fera un point sur le profil
11:45des personnes
11:46qui ont été interpellées.
11:47Merci de votre témoignage
11:49qui est absolument sidérant.
11:51Est-ce que vous vous attendiez un jour
11:52à ce que ce type de choses vous arrive ?
11:55Est-ce que vous n'êtes pas dit
11:56à un moment,
11:56quand même,
11:56ils sont cinq dans la voiture
11:58et ils s'en prennent
11:59à une personne seule ?
12:01C'est ça, moi,
12:01qui me surprend le plus ?
12:03Ça aurait pu être un gain de famille
12:04à n'importe qui.
12:05C'est ça.
12:05Je pense que ça peut arriver
12:06à tout le monde.
12:06C'est dans une situation
12:07que si on me voit maintenant
12:08sur la route,
12:08il y a des gens qui sont
12:09à peu près à tout.
12:11Le moindre différent,
12:12l'escalade de la violence,
12:13maintenant,
12:14c'est un peu compliqué.
12:16Donc moi,
12:17je ne m'étais jamais mis en tête,
12:17moi,
12:18d'être dans une situation comme ça.
12:20Mais moi,
12:20ce qui m'a le plus choqué,
12:21c'est de...
12:22Enfin,
12:22choquer oui et non,
12:23dans le sens où les amis
12:24sont cinq,
12:25je suis tout seul.
12:26Voilà,
12:26ça aurait pu s'arrêter là,
12:27dire voilà,
12:28fais attention,
12:29ne freine pas.
12:31A aucun instant,
12:31ils se disent justement
12:32qu'on est cinq,
12:33il est tout seul,
12:33laissons-le faire sa vie,
12:35on y va.
12:36Gabriel Pézala,
12:37une question.
12:38Oui,
12:38vous n'avez pas été tenté
12:39à un moment
12:41de leur montrer
12:42votre carte professionnelle ?
12:44Peut-être en vous disant
12:45bon,
12:45ça va les calmer
12:47quand ils ont commencé
12:47à vous agresser
12:48sur l'autoroute.
12:49Vous avez pensé au contraire
12:50que c'était peut-être
12:51une circonstance aggravante
12:53si j'ose dire,
12:53si ça a suscité
12:54d'autres violences ?
12:56J'ai préféré garder
12:57ma carte dans ma poche
12:58parce que des fois,
12:59ça peut être pire.
13:01Cette situation
13:01m'aurait pu...
13:02C'est incroyable.
13:03Avant sa carte de policier,
13:05c'était un atout,
13:06maintenant on cache sa carte.
13:08C'est incroyable.
13:08Qu'est-il arrivé ?
13:09Restez en lien avec nous,
13:10Backfund.
13:12Je rappelle que vous êtes
13:13un policier,
13:13vous témoignez pour Europe 1
13:14de façon totalement anonyme
13:16sur ce qui vous est arrivé.
13:17Qu'est-il arrivé
13:18aux cinq personnes
13:18qui ont été interpellées
13:19à Moré Bucco,
13:20journalistes Valeurs Actuelles ?
13:21Sur les cinq,
13:22il y en a en fait
13:22que quatre,
13:23il y en a un qui a réussi
13:23à prendre la fuite
13:24en résistant à son interpellation.
13:26Je vous disais
13:26qu'il y en avait deux.
13:27En courant ?
13:27En courant, oui, tout à fait.
13:28Il y en a deux
13:29qui ont été bloqués
13:30dans la voiture
13:30puisqu'elle était sur le toit.
13:33Deux autres qui ont pu
13:33être interpellés
13:34à l'extérieur de la voiture
13:35qui partaient en courant.
13:37Leur profil est assez similaire.
13:39Ils ont entre 21 et 23 ans.
13:40Ils sont tous originaires
13:41de Seine-Saint-Denis
13:42mais ils habitent
13:42en Seine-et-Marne.
13:44Et alors,
13:45ce qui est intéressant aussi,
13:46c'est leur passif judiciaire
13:47ou du moins leur tâche,
13:49leur traitement des antécédents judiciaires.
13:50Donc, comme ça,
13:50par hasard,
13:51un policier
13:52hors service
13:54de façon tout à fait
13:56banale, anonyme
13:57se fait agresser
13:58sur l'autoroute,
13:59cinq personnes
14:00qui le poursuivent
14:02et les cinq personnes
14:03à un casier
14:04sont connues
14:07des services de police.
14:08En général,
14:08c'est ce genre de profil
14:09qui commettent ce genre de faits.
14:10Donc, ce n'est pas si surprenant.
14:11Vous avez Redouane D,
14:12par exemple, 22 ans
14:13qui lui est déjà connu
14:14à dix reprises
14:15au traitement
14:17des antécédents judiciaires.
14:18Ça veut dire qu'à dix reprises,
14:19la police a eu déjà affaire à lui.
14:21Vous avez aussi
14:21Harris B, 23 ans.
14:23Lui, aucune mention à son tâche.
14:24C'est le seul.
14:25Sinon, il y a aussi
14:26Soyab H, 21 ans.
14:28Lui, déjà connu à trois reprises.
14:29Et enfin, le profil le plus chargé,
14:31c'est Idriss L, 22 ans.
14:33Lui, connu à 23 reprises
14:34au traitement des antécédents judiciaires.
14:36Ça veut dire que là,
14:36on peut parler, a priori,
14:37d'un délinquant chevronné
14:38puisque c'est quelqu'un
14:39qui régulièrement
14:40a affaire à la police.
14:41Vous êtes sur l'autoroute
14:42en pleine semaine.
14:43Il est minuit.
14:44Vous rentrez d'un dîner.
14:45Vous vous faites comme ça.
14:46Vous trouvez une voiture
14:47avec cinq personnes
14:48qui ont un casier judiciaire.
14:51Enfin, qui sont connus
14:52des services de police.
14:53On va prendre en ligne
14:53Franck, 35 ans, ancien policier.
14:56Ensuite, je vous redonne
14:57la parole à Maury Bucco.
14:59Mais vous nous avez appelé
15:00sur Europe 1.
15:02Vous dites...
15:02Qu'est-ce que vous dites
15:03lorsque vous réagissez,
15:05lorsque vous entendez cela,
15:06Franck, 35 ans ?
15:07Déjà, vous avez dit 35 ans
15:08que vous êtes ancien policier.
15:09Ça veut dire quoi, ça ?
15:10Déjà à la retraite ?
15:11Non, non, du tout,
15:13j'aurais bien voulu être
15:13à la retraite.
15:14Mais je suis rentré très tôt
15:15dans la police.
15:17Et en fait, j'ai été confronté
15:18à cette insécurité,
15:21misère sociale, etc.,
15:22auxquelles on n'est pas préparé
15:23lorsqu'on est en école de police.
15:25Et lorsqu'on est lâché
15:27dans la nature,
15:28c'est exactement ce qui se passe.
15:29On est confronté à tout ça.
15:31Et on n'est pas prêt.
15:32On n'est pas prêt.
15:32On n'est pas préparé.
15:33Et alors ?
15:34Et vous n'êtes plus policier ?
15:35Pourquoi ?
15:36Non.
15:37Pour plusieurs raisons personnelles.
15:39Parce qu'en fait, c'est vrai,
15:40quand on voit ce que la France
15:43est devenue aujourd'hui,
15:44je me dis,
15:44malheureusement que j'ai quitté la police.
15:45Parce qu'à l'époque,
15:46je n'étais pas papa.
15:48Donc je prenais des risques inconsidérés
15:50et très peu remerciés
15:52à part mes officiers
15:54de temps en temps.
15:55Oui, oui.
15:55Et là,
15:56comment vous réagissez ?
15:57Lorsque vous entendez
15:57ce policier
15:58qui témoigne de façon anonyme,
16:00il a 28 ans,
16:01bac fan,
16:01comment vous réagissez ?
16:02Qu'est-ce que vous dites ?
16:04que malheureusement,
16:06ce qui se passe en France
16:09et ce qui s'est passé
16:09va se reproduire encore et toujours
16:11parce que des refus obtempérés,
16:13moi qui étais spécialiste
16:14de la route,
16:16des refus obtempérés,
16:17j'en ai subi.
16:18Et on en a rattrapé
16:20quelques-uns.
16:22Et le problème,
16:23c'est toujours le même,
16:24c'est que dès qu'on les attrape,
16:25c'est souvent pour un défaut de permis,
16:27c'est pour un truc...
16:28Et après,
16:28qu'est-ce qui se passe ?
16:30Rien,
16:30parce qu'on appelle le procureur
16:32et le procureur dit
16:33rappel à la loi
16:34et en fait,
16:35de toute façon,
16:36le premier coupable,
16:37au-delà de l'auteur,
16:39c'est le ministère de la Justice.
16:40Ce sont les juges
16:41qui ne mettent pas
16:42des peines exécutées.
16:43Ce sont des peines
16:44qui sont tellement dérisoires
16:45qu'aujourd'hui,
16:46pour les délinquants,
16:46c'est un jeu.
16:47C'est un jeu de narguer la police,
16:49c'est un jeu
16:50de faire des refus obtempérés,
16:51c'est le jeu du chat et de la souris.
16:53Mais aujourd'hui,
16:54ils savent très bien
16:54que le chat ne va plus les rattraper.
16:56C'est ça,
16:56et la preuve,
16:57là,
16:57ils s'en prennent à quelqu'un
16:58seul sur l'autoroute
16:59à Moribuco.
17:00Alors oui,
17:00ce qui est intéressant aussi
17:01dans cette affaire,
17:02c'est que,
17:03d'après mes informations,
17:04la voiture n'était pas volée,
17:06mais la plaque ramenait
17:07un garage fantôme.
17:08Et c'est un dispositif
17:09qui est très utilisé
17:10par les délinquants
17:10et les criminels.
17:11Ça veut dire qu'en fait,
17:12vous avez un garage
17:13qui n'a plus d'activité,
17:14qui n'a pas de siège,
17:14mais qui peut encore émettre
17:15des plaques d'immatriculation.
17:17Et derrière,
17:17on n'arrive pas à retrouver
17:18qui est au volant
17:19et qui est responsable
17:20de ce véhicule.
17:21Et ça leur permet
17:22de faire n'importe quoi
17:24sur les routes,
17:24de ne pas avoir d'amende,
17:25de ne pas être retracés
17:26en cas d'enquête
17:27s'il y a un braquage,
17:27etc.
17:28Et donc,
17:29d'avoir une espèce
17:29de sentiment d'impunité
17:30qui explique sans doute
17:31pourquoi ils se sont permis
17:32d'avoir ça.
17:32Et donc,
17:33s'ils n'avaient pas été attrapés
17:34sur le fait,
17:34on n'aurait probablement
17:35jamais pu retrouver
17:36leur trace.
17:37Je vous rappelle que Naël,
17:38de la même manière,
17:39conduisait une voiture
17:39immatriquée en Pologne
17:41et que c'est probablement
17:42pour ça aussi
17:42qu'ils se permettaient
17:43ce genre de choses
17:44sur la route
17:44en se disant
17:45si je ne me fais pas attraper,
17:46on n'arrivera pas
17:47à me retrouver
17:47et donc,
17:48il vaut mieux
17:48que je prenne
17:48tous les risques
17:49pour échapper à la police
17:50que de me faire attraper
17:51une finie
17:51et de devoir payer
17:52pour mes actes.
17:53C'est sûr que Nicolas
17:54qui paie,
17:54il n'a pas de fausses plaques
17:57à Gabrielle Cluziel.
17:58Vous avez dit, Christine,
17:59quelque chose de très juste,
17:59c'est que vous avez dit
18:00que ça aurait pu arriver
18:00à n'importe qui,
18:01par exemple à une mère de famille.
18:02La mère de famille
18:03que je suis me dit
18:04mais comment on réagit
18:05dans ces cas-là
18:05quand il vous arrive
18:06ce genre d'affaires
18:14à qui ce drame est arrivé ?
18:20Qu'est-ce que vous conseillez ?
18:21Par exemple,
18:21vous êtes une mère de famille,
18:22il est minuit,
18:23on rentre d'un dîner
18:23et on se fait agresser comme vous.
18:26Dans ce cas-là,
18:28après moi,
18:28c'est plus mon enfant policier
18:29qui m'a poussé
18:31à vouloir interpeller
18:31ces individus,
18:32à vouloir les suivre,
18:33à vouloir vraiment
18:33aller jusqu'au bout
18:34pour les interpeller.
18:36Après, on va dire
18:37en tant que famille,
18:38il n'y a pas grand chose à faire
18:39à part appeler le 17
18:40d'essayer de récupérer
18:40la plaque d'immatriculation
18:41du véhicule,
18:42appeler le 17
18:43et essayer de passer
18:44l'information du coup
18:45aux police secours
18:46qui sont dans notre secteur
18:46pour essayer de retrouver
18:48les individus.
18:49En tout cas,
18:50je suis assez touchée
18:51parce que je vois
18:51un policier
18:52qui témoigne de façon anonyme
18:54et qui se fait agresser.
18:56J'ai un autre policier,
18:57donc Franck,
18:57qui est toujours en ligne
18:58avec nous
18:58et qui nous laisse comprendre
18:59qu'il a laissé son métier
19:01parce qu'il a eu un enfant,
19:02il a tellement peur
19:03pour son enfant
19:04de ne pas rentrer
19:05vivant chez lui
19:06qu'il laisse,
19:07qu'il est déjà
19:08ancien policier
19:09à 35 ans,
19:10tout ça,
19:10tout ça,
19:11ça interpelle
19:12beaucoup,
19:13mon cher Franck.
19:14Comment vous,
19:15vous auriez réagi
19:16si vous êtes,
19:17vous,
19:17ancien policier
19:18comme Bacfand
19:19et que vous vous retrouvez
19:20sur l'autoroute
19:21ainsi agressé
19:22par cinq délinquants ?
19:24Vous savez,
19:24ça m'est déjà arrivé
19:26hors travail,
19:28hors service
19:29d'être reconnu.
19:32Mais bon,
19:33c'est vrai que j'arrivais
19:34toujours à me sortir
19:34de ces pétrins-là,
19:36mais c'est vrai
19:36qu'aujourd'hui,
19:37je dis aux gens
19:38de surtout ne pas intervenir.
19:40Franchement,
19:40comme il dit,
19:41prendre éventuellement
19:42la plaque d'immatriculation,
19:43mais de ne pas prendre
19:44le moindre risque
19:45parce que ces personnes...
19:46On en est là,
19:47ne prendre aucun risque.
19:48Merci Franck
19:49de nous avoir témoigné.
19:50Merci Bacfand
19:51d'avoir témoigné.
19:52Merci à Maurice Bucot
19:53d'avoir témoigné.
19:53Merci Gabriel Cusel.
19:54Merci Eric Tegner.
19:55Merci Gérardine.
19:56Merci Christine.
19:57Bonjour Clélie.
20:00Bonjour Clélie.
20:01Bonjour Christine.
20:02Alors,
20:02quel est le programme
20:03tout à l'heure,
20:04ma chère Clélie ?
20:05Évidemment,
20:06on va parler de politique,
20:07forcément.
20:08On va parler
20:08de la rentrée économique aussi.
20:09Vous savez que
20:10les universités d'été
20:11du MEDEF,
20:12qu'on appelle la REF,
20:13maintenant ouvrent aujourd'hui.
20:15Les patrons sont très inquiets,
20:16vous les entendrez.
20:17On parlera également
20:17de la rentrée des classes
20:18puisque...
20:19C'est lundi.
20:20Exactement,
20:20c'est lundi déjà.
20:21On est là,
20:21je file acheter des fournitures.
20:23Voilà,
20:23Elisabeth Bond
20:24a dévoilé ses priorités.
20:25Ça fait polémique,
20:27forcément,
20:28vous verrez.
20:28Voilà,
20:29plein de surprises aussi
20:30dans ce 13-15
20:32Europe 1 Info.
20:33Restez sur Europe 1
20:35avec Clélie Mathias.
20:36On se retrouve demain
20:3711h30, 13h.
20:38N'hésitez pas à appeler
20:39au 08-89-29-21.
20:42Merci M. Jéradine.
20:42Merci Christine.
20:43Merci infiniment à tous.
20:44Excellente fin de journée.
20:45Restez sur Europe 1.
Commentaires