00:00C'est Laura Domanche !
00:02Bravo !
00:04Hey !
00:08Il faut que tu montes le son !
00:10Ouais mais attendez, on entend très très bien !
00:12Regardez comme c'est incroyable !
00:14La chronique de Laura Domanche !
00:16C'est la chronique !
00:18Bon écoutez, c'était une petite tentative.
00:20J'ai pas la fin mais j'ai décidé d'autoproduire mes jingles
00:22pour faire faire des économies au service public
00:24en ces temps de...
00:26de dizaines !
00:28Je fourche, je fourche !
00:30Alors, vous avez passé
00:32un bel été ? Oui !
00:34Super ! Messieurs
00:36les hétéros célibataires,
00:38vous vous sentez
00:40seuls ?
00:42Oh ! Bonne nouvelle !
00:44Je sais où trouver les filles
00:46les plus chaudes. Elles sont
00:48à Paris en pleine canicule, c'est insoutenable.
00:50La publicité nous a
00:52menti. L'été est censé avoir
00:54un parfum de monoï et d'eau salée.
00:56Que nenni ! Ça sent la motocross,
00:58la friture froide et le déo axe dans le meilleur des cas.
01:00Après, moi je me plains pas, j'ai bien
01:02conscience que les vacances sont un concept de privilégié.
01:04Même si, dans mon cas,
01:06vacances est un joli mot pour dire
01:08chômage.
01:10Lors duquel j'ai régulièrement rendu visite
01:12à mon petit glacier artisanal
01:14France Travail.
01:16Même si, je peux vous dire que
01:18là-bas, tu peux leur lécher le cône tant que tu veux.
01:20C'est pas pour ça qu'ils te fileront des boules en plus.
01:22Et oui, c'est la première fois que pendant deux mois
01:26je n'ai pas travaillé.
01:28Alors, attention, j'ai pas rien foutu non plus.
01:30Je vous rappelle que je suis une femme
01:32et que je suis une femme.
01:34Donc, sur l'échelle fatigue
01:36d'un mec non déconstruit,
01:38ça s'appelle un décès.
01:40C'est pas compliqué.
01:42La seule fois où je me suis assise sur mon pareo,
01:44c'était pour éviter qu'il s'envole,
01:46vous voyez.
01:48Et oui, tel un curé avec une femme.
01:51Moi, mon ordi, je ne l'ai pas touché
01:53et trop coupé par les gosses.
01:55Oh là là, je sais, elle est facile
01:57mais quand même, il fallait.
01:59Alors oui, cet été, tel un scénariste de TF1,
02:01j'ai laissé ma créativité en sommeil.
02:03Enfin, sauf que je me suis remise
02:05sur les traces de...
02:06Sauf, pardon, quand je me suis remise sur les traces
02:08de mes ancêtres, c'est-à-dire en cuisine.
02:10Mes questions existentielles sont donc passées de
02:13« La reconnaissance du public pourra-t-elle un jour combler l'absence d'amour de mon père »
02:17à « Puis-je mettre du cumin dans la piprade ? »
02:20Réponse non, sinon ça s'appelle une choutchouka.
02:23Donc, fous-nous la paix avec ton existence et tes improvisations culinaires
02:27et fais comme tout le monde, rabat-toi sur le sucre.
02:29Et oui, il faut se rendre à l'évidence,
02:31j'ai passé un été, mes amis, non instagrammables.
02:34Et le plus terrible, c'est que mon iPhone me torture
02:36en me ressortant des photos de mon voyage de noces
02:39ce même jour, il y a trois ans, vous étiez beau.
02:42Voilà, on était beau, je vous jure.
02:44On était tellement beau et on a pris tellement cher.
02:47Mon mec a perdu sa masse capillaire et a pris en masse graisseuse.
02:50Finalement, je crois que je préférais quand c'était ses cheveux qui étaient gras.
02:53Et moi, je fais la maligne mais j'ai plus des seins parfaits, je n'ai que des souvenirs.
02:57Ils sont passés de petites pommes à grosses compotes.
03:00Ce n'est plus une taille de bonnet, c'est un Nutri-score rouge.
03:03Alors, je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, quand je regarde les photos d'avant,
03:07je me rappelle qu'à l'époque, je ne m'aimais déjà pas.
03:09Alors qu'aujourd'hui, j'en vis la mois d'avant.
03:12Donc, je me dis, peut-être que dans trois ans, je regarderai les photos d'aujourd'hui
03:18avec la même nostalgie que celle d'hier.
03:20Et bien que dalle, ça ne risque pas.
03:23Vous verriez les photos de moi cette année, c'est pire que moi en vrai.
03:26C'est dire, je voulais que mon mec me prenne en photo face au soleil, cheveux au vent.
03:31Tu parles, la seule fois où il daigne dégainer l'appareil, c'est pour me prendre dans les pires moments
03:35genre bouche ouverte dans la bagnole en train de ronfler.
03:37C'est terrible.
03:38Pour nos auditeurs, si je décrivais les images en sonorité, ça ferait…
03:41Moi, je voulais du « waouh » ou du « mmmh » et là, j'ai du « waouh ».
03:46Il me dit « Non, mais c'est parce que je te trouve belle au naturel. »
03:48C'est donc ça, les yeux de l'amour.
03:50Moi, j'appelle ça des lunettes sales, connard.
03:52Je vous jure, comme si ça ne suffisait pas d'avoir la responsabilité du lieu de vacances,
03:57du menu qui plaît à tout le monde, des fringues de toute la famille, du moindre truc,
04:00ça rase, il faut aussi que j'essaie des souvenirs.
04:02Moi, je comprends, comme dans le film, cette envie de gagner au loto pour changer de vie.
04:06Moi, je ne demande même pas le super jackpot.
04:08Moi, je demande juste 12 euros.
04:10Voilà.
04:11Pour rejouer.
04:12Et je me dis que si je gagne au loto, vous pouvez être sûr que le premier truc que je ferais,
04:17c'est perdre le billet.
04:18Voilà.
04:19Parce que je suis crevée.
04:20Voilà.
04:21Je suis crevée par les vacances.
04:22Donc bon, en résumé, fauché, épuisé, mais bronzé.
04:23Pas de doute, c'est bien la rentrée.
04:24Merci.
04:25Merci.
04:26J'adore.
04:27Merci.
04:29Merci.
04:30Merci.