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  • il y a 4 mois
À quelques heures de monter sur scène, Johnny Hallyday accorde une interview intime à Philippe Manoeuvre pour MYTF1. Un moment rare où l’artiste se confie sur son état d’esprit, sa tournée, et la passion intacte qui l’anime. Tournée des stades, énergie intacte, et authenticité au rendez-vous.

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Musique
Transcription
00:00Bonjour Johnny.
00:02Comment tu vas ?
00:02Ça va pas mal.
00:04Monsieur le manœuvre.
00:05Monsieur Hallyday, c'est à vous, c'est à toi qu'il faut dire bravo quand même.
00:0970 ans, dont 59 passés sur scène quand même.
00:13J'ai toujours 20 ans.
00:16Non mais ça se fête quoi.
00:17Là on sort un programme de folie avec des copains, des amis, trois soirs à Bercy.
00:24C'est un grand anniversaire.
00:25Bah écoute, au moins comme ça je suis sûr d'avoir des amis qui viennent me voir mon anniversaire.
00:30Est-ce que c'est Elvis qui t'a refilé, qui t'a donné l'envie de faire du rock'n'roll en tout cas, oui.
00:40Les premiers disques de Elvis que j'ai entendu, j'étais tout môme, c'était la famille de Lee Hallyday qui était dans l'Oklama,
00:48qui m'avait envoyé les premiers disques d'Elvis parce que j'avais jamais entendu de rock'n'roll avant.
00:54Et d'ailleurs, comme je le dis sur scène, c'était du rockabilly à l'époque.
00:57Donc il y avait That's All Right, Mama, et à l'époque il y avait les maracas, contrebasses, guitare et batterie au ballet.
01:08Et c'est vrai que ça m'avait marqué moi à l'époque ça.
01:12Mais en fait le déclic c'est au cinéma que tu l'as eu en allant voir Elvis.
01:16Oui, dans Amour frénétique.
01:21Voilà, Loving You.
01:22Loving You, ils avaient traduit ça par Amour frénétique, ce qui n'avait rien du tout à voir avec Loving You.
01:27Mais moi j'avais été, c'était dans un cinéma de quartier, j'avais été pour voir, j'avais vu des photos à l'extérieur du cinéma,
01:36et je vois des cow-boys habillants cow-boys.
01:39Bon, je me dis, putain, je vais aller voir Arvestern.
01:42Et puis après je me dis, je me suis planté, je vois une comédie musicale, quoi, finalement.
01:47Et puis quand même, je vois Elvis quand même, et puis sa façon de bouger, etc.
01:52Et puis c'était une musique qu'on n'avait pas trop l'habitude d'entendre.
01:56Et ça m'a intrigué.
01:58Et je suis revenu le lendemain revoir ça.
02:01Et puis j'avais, alors il y avait très peu de gens dans la salle.
02:05Il y avait quand même quelques filles qui criaient quand ils chantaient.
02:08Et j'ai dit, tiens, ça commençait à m'intéresser.
02:11Et à l'époque je jouais de la guitare classique.
02:13Alors, donc, bon, après j'ai troqué ma guitare classique,
02:17où je me suis fait engueuler d'ailleurs par Lee et Destin.
02:22Et puis je suis devenu un fan de Elvis.
02:24Mais entre-temps, j'avais écouté beaucoup de chanteurs anglais.
02:29Et moi j'ai une version que j'essaye de retrouver,
02:32mais que je n'arrive pas à retrouver,
02:34de Lonnie Donegan au Palladium,
02:37qui chantait Frankie and Johnny.
02:39Ça durait au moins 20 minutes.
02:42C'est A Tomber Par Terre.
02:43Donc tu étais là, tu étais ce jeune qui avait envie de faire du rock,
02:47dans un pays qui n'est pas du tout rock.
02:48Oui, parce qu'en plus on était proche des Anglais.
02:49Alors il y avait Tommy Steele, il y avait Les Shadows,
02:53il y avait Marty Wilde,
02:56il y avait tous ces chanteurs de l'époque.
02:58Et c'est vrai que les Anglais, ils déménageaient bien aussi.
03:01C'est vrai.
03:01Mais en France, ce n'était pas le pays du rock'n'roll du tout.
03:04Non.
03:05Ce qui n'avait plus rock'n'roll, c'était ça chez Distel.
03:07À l'époque, avec Scooby-Doo-Bidoo.
03:09Et puis c'est vrai que quand j'ai commencé, j'étais très controversé.
03:16Les parterres des salles, c'était des gens qui étaient plus bourgeois,
03:21ils ne comprenaient pas très bien ce que je faisais.
03:25Par contre, j'avais les Balkans,
03:26où c'était les baumes qui, eux, me soutenaient à mort.
03:29Et puis voilà, je crois que j'étais le premier à faire ça en France, en tout cas.
03:37Et alors, il fallait adapter.
03:38À l'époque, on voulait adapter le rock.
03:40On ne pouvait pas chanter Bimbo Peboula.
03:42Il fallait que quelqu'un explique, fasse le texte français.
03:45C'est-à-dire qu'on n'a pas chanté des choses très géniales
03:48en tant que paroles quand j'ai commencé.
03:50Mais on ne pouvait pas chanter Bimbo Peboula,
03:52c'est pas un baby en français.
03:53Ou Blue Seat Shoes, ne marche pas sur mes chaussures en train de bleu.
03:56Donc, ce n'était pas facile.
04:00Et puis, la langue française n'était pas la même qu'en anglais.
04:06Dans le sens des pieds.
04:09La métrique, quoi.
04:10Les mots en français sont plus longs qu'en anglais.
04:13Donc, il fallait adapter aussi des paroles qui puissent aller sur la mélodie.
04:16Parce que le rock'n'roll, c'est quand même une musique
04:18où il y a besoin d'un certain nombre de pieds,
04:21pour le tempo, en tout cas.
04:25Pour le phrasé, surtout.
04:26Tu as sorti des 45 tours tout de suite, en 60, 61.
04:30Et le premier n'a pas tellement marché, t'aimé follement.
04:33Mais le deuxième, Souvenir, Souvenir, c'était de la folie.
04:36C'était le raz-de-marée, c'était l'explosion, quoi.
04:40Souvenir, Souvenir est une chanson qui m'a fait démarrer.
04:43Mais le premier disque, il y avait surtout les sliffies,
04:47qui avait marché,
04:50mais uniquement par rapport aux gens de ma génération.
04:52Et d'ailleurs, à l'époque, j'écrivais toutes mes musiques,
04:55parce que je n'arrivais pas vraiment à trouver des...
04:58Les Français n'écrivaient pas ce style de musique.
05:01Oui, c'est vrai.
05:02Est-ce que tu as douté à un moment ?
05:05Est-ce que tu as eu des moments de doute dans une carrière,
05:07de 50 années de carrière comme ça ?
05:09Il y a eu des moments de doute ?
05:10On doute toujours quand on fait ce métier.
05:12Mais, tu sais, moi, au départ,
05:14moi, je pensais chanter à peut-être un été ou deux étés.
05:16Je ne savais pas si ça allait marcher ou pas.
05:18Moi, je me...
05:19Je pensais surtout à être acteur à l'époque.
05:23Donc, si tu veux, je faisais ça par patient.
05:27Le rock'n'roll, c'était plutôt une patient.
05:28Mais je ne pensais pas en faire mon métier à l'époque.
05:31Et il y a eu des phénomènes incroyables autour de toi.
05:35Je souviens-toi, quand il y a eu la fête de la nation,
05:37le général de Gaulle n'était pas content.
05:39Il y avait un million de gamins qui étaient venus voir les toits,
05:43en particulier, sur la place de la nation.
05:45C'était en 1963, autour de la fête de Salut les Copains.
05:49Et le général de Gaulle avait dit
05:50« Ça ne va pas du tout, s'ils n'ont rien à faire,
05:52qu'ils aillent construire des routes. »
05:54Tu avais été touché d'énerver le vieux comme ça ?
05:58Qu'est-ce que tu avais ressenti ?
05:58On a quand même aidé à ce que les routes se construisent.
06:01Ah oui, parce qu'on circulait beaucoup
06:03pour aller d'une ville à l'autre.
06:06Oui.
06:07Mais non, c'était une époque.
06:14Elvis, quand il a commencé,
06:18à l'époque, dans le sud des États-Unis,
06:20les gens étaient très racistes.
06:22Et quand il est passé aux radios,
06:24il y a un disque jockey qui a cassé en direct son disque
06:29en disant « Vous n'entendrez plus jamais ce chanteur
06:33avec sa musique de nègre à l'antenne. »
06:36Et c'était assez dur quand même.
06:38C'était assez violent comme réaction.
06:42Et moi, j'ai eu la même chose avec...
06:44Avec...
06:45Lucien Morris.
06:46Lucien Morris, qui a cassé mon disque à l'antenne.
06:50Mais on est deux.
06:51Mais je ne lui en veux pas, parce qu'on est devenus très amis par la suite.
06:54Et il défendait Dalida.
06:55Bon, il s'était le compagnon de Dalida à l'époque.
06:58Ça peut m'excuser des choses.
06:59Mais je me souviens, quand tu es parti au service militaire,
07:02tout le monde disait, Johnny Hallyday,
07:04« Vous avez bien profité, les gamins.
07:05Il ne reviendra pas. »
07:07Les croulants étaient très contents de ce départ.
07:11D'abord, mon service militaire, je l'ai fait comme tous les Français,
07:14comme tous les jeunes de mon âge.
07:15Et c'est vrai que quand je suis revenu du service militaire,
07:19j'ai eu un peu de mal.
07:21Parce qu'il y avait d'autres gens qui sont arrivés entre-temps.
07:24Et quand j'ai repris mes concerts en sortant de l'armée,
07:29c'est vrai que je me rappelle, il y avait des demi-salles.
07:31Ce n'était pas complet à l'époque.
07:33J'ai changé un peu, j'ai travaillé sur le style musical que je faisais.
07:39Et puis c'est là que j'ai commencé à travailler avec Mick Jones et Tommy Brown.
07:43Et on a commencé à faire des jolies sarades et des choses comme ça.
07:47Et puis tu as trouvé un certain Jimi Hendrix qui faisait ta première partie.
07:50Et puis après, il y a eu Jimmy qui est parti en tournée avec moi.
07:53Ça, c'était gonflé.
07:54Parce que personne en Angleterre ne voulait...
07:56Tout le monde disait, attention, s'il arrive, il fait votre première partie,
07:59plus personne ne passe derrière.
08:00Donc les OU avaient la trouille.
08:02Les Stones n'en voulaient pas.
08:04Et toi, Johnny Hallyday, tu dis, bon, moi je vais le prendre, mon gars.
08:06Mais oui, parce que je trouvais...
08:08D'abord, j'ai trouvé ça formidable, ce qu'il faisait.
08:10Je n'avais jamais attendu un guitariste comme ça.
08:13Moi, j'ai toujours été un grand fan de Guitar Hero.
08:16Pour moi, il en faisait partie.
08:19Et en plus, on était devenu très potes, Jimmy et moi.
08:22Et quand on est parti, il devait partir avec moi 15 jours.
08:25On est resté 6 mois en tournée ensemble.
08:27Et vraisemblablement, s'il n'était pas parti en tournée avec moi,
08:34je n'aurais vraisemblablement jamais enregistré A. Joe.
08:36Qui a été la clé d'un nouveau public aussi.
08:40C'était à chaque 45 tours, on décrochait des nouveaux fans.
08:46Il y a eu des 45 tours un peu scandaleux.
08:49Est-ce que tu pourrais rechanter Jésus-Christ est un hippie ?
08:52Avec le temps, oui, bien sûr.
08:55Parce qu'à l'époque, ça n'avait pas...
08:57Il faut se remettre dans le contexte de l'époque.
09:00À l'époque, les gens étaient beaucoup moins ouverts qu'aujourd'hui.
09:04On parlait de Hendrix.
09:06Quand on parle comme ça, je pense à tous les guitaristes
09:09qui ont accompagné Johnny Hallyday.
09:11Il y a quand même une bande de pointure absolument incroyable.
09:14J'ai toujours aimé les guitaristes.
09:17Puis j'ai eu la chance aussi d'enregistrer énormément à Londres,
09:19d'être reconnus par énormément de musiciens en Angleterre.
09:25Et donc d'avoir eu beaucoup de ces guitaristes
09:28qui sont venus jouer dans mes séances.
09:29Jimmy Page.
09:30Donc Jimmy Page.
09:32Big Jim Sullivan.
09:34Oui, et puis il y avait aussi Clapton.
09:37Et sur scène, tu tournais.
09:39Donc il y avait Mickey Jones qui a été faire Foreigner après.
09:43Après il y a eu Rolling, après il y a eu Nono.
09:45Et aujourd'hui, il y a Harold Poupo.
09:47Aujourd'hui, il y a Harold Poupo.
09:48Et puis Robin Lemesurier.
09:49Et Robin Lemesurier.
09:51Que j'ai connu d'ailleurs à l'époque
09:52quand il jouait avec Andy Stewart.
09:55Comment t'as rencontré Harold ?
09:58Alors Harold, je l'ai rencontré quand j'ai tourné Jean-Philippe, le film.
10:04D'accord.
10:04Le film qui parle de si Johnny Hallyday n'existait pas.
10:08Ce monde où Johnny n'existerait pas.
10:10Et donc le concert du Stade de France à la fin,
10:13où je dois aller sur scène,
10:16où je redeviens Johnny Hallyday.
10:18Ils avaient demandé à de la figuration, à des gens de venir.
10:22Et puis ils avaient demandé à Harold de faire le guitariste.
10:25Et Harold, sur scène, pour le film, a joué le guitariste.
10:30Et c'est comme ça qu'on s'est connus.
10:32Et tu t'es dit...
10:32Parce qu'on attendait beaucoup au cinéma, on attend beaucoup.
10:36Il faut bien le savoir.
10:37Le temps qui change de lumière, etc.
10:39Des fois, on attend 2-3 heures avant de retourner la suite de la scène.
10:44Et alors quand on est toute sur scène et qu'il y avait un public,
10:46parce qu'il y avait un public de Figaro,
10:47mais enfin c'était quand même un public.
10:49Et on a commencé à faire des boeufs.
10:53Et on a commencé à faire des trucs, des chansons comme...
10:56Puis lui, il me suivait toujours...
10:59Puis on a parlé, on a discuté,
11:03on a fait le boeuf comme ça pendant 2-3 heures sur scène.
11:07On est devenus potes.
11:08Et puis voilà, c'est venu naturellement après.
11:11Si on regarde les livres de Johnny,
11:13il y a eu tous ces grands guitaristes.
11:14Puis il y a eu des paroliers.
11:16Il y a eu des garçons, des gens qui sont venus.
11:19Ça commence avec Jill et Jan.
11:20Et puis après, il y a Philippe Labreau,
11:22Michel Mallory, Pierre Billon,
11:24Long Chris, Michel Berger, Goldman.
11:27Tout le monde a écrit...
11:29Enfin, il y a 1000 chansons au répertoire de Johnny Hallyday.
11:32Et maintenant, milieu sec.
11:33Et maintenant, milieu sec.
11:35Comment ils font ces gens-là ?
11:36Ils viennent beaucoup chez toi ?
11:38Ils t'écoutent ?
11:39Ils te regardent ?
11:39Parce qu'ils collent les mots qu'il faut ?
11:42Ils font des ébauches.
11:43Puis après, je leur dis ça va, ça ne va pas.
11:45Et puis après, on travaille ensemble.
11:46Mais souvent, ils me demandent des idées.
11:50Alors, je leur donne des idées.
11:51Et puis, ils écrivent de leur côté.
11:55Et je finalise avec eux.
11:57Là, par exemple, en ce moment,
11:58je travaille avec milieu sec sur un éventuel album
12:02où j'ai envie de refaire un disque
12:04sur les prisonniers, sur les tolards.
12:09Donc, je lui dis, il faut qu'on trouve...
12:12Il faut trouver une histoire.
12:13Vous savez, une chanson, c'est comme un film.
12:17Il faut un début, un milieu, une fin.
12:20Donc, il faut trouver des histoires.
12:21Mais il faut trouver des sujets pour ça.
12:23Donc, moi, les tolards, moi, c'est...
12:26J'ai beaucoup de tendresse pour ces gens qui sont en prison
12:28et qui ne sont pas toujours de leur faute,
12:31qui ont une enfance malheureuse.
12:34Et voilà.
12:35Donc, moi, quand j'ai chanté à Beauchesud,
12:36c'était en Suisse,
12:38j'avais fait un concert pour eux.
12:39Et quand je suis sorti avec mes musiciens
12:42dans la cour,
12:44où il y avait les voitures qui nous attendaient,
12:46pour lui dire au revoir,
12:47avec des gobelets en métal,
12:48contre les barreaux,
12:49il nous disait au revoir en tapant sur les barreaux.
12:51Et moi, dans le noir, en plus,
12:54de la nuit.
12:55Et moi, j'en garde un souvenir très...
12:57Mais il y a beaucoup de chansons qui parlent de ça.
12:59Depuis les portes du pénitencier...
13:00Et d'abord, celui qui m'a donné envie de faire ça,
13:01d'ailleurs, c'est Jolly Cash.
13:03Eh oui.
13:03Qui était allé jouer...
13:04Ah oui, à Saint-Quentin.
13:05À Saint-Quentin.
13:06Mais il y a beaucoup de chansons.
13:07Depuis les portes du pénitencier,
13:09jusqu'à Mirador,
13:11il y en a énormément.
13:12Il t'a joué à Fleury-Mérogis au tout début.
13:15C'est des choses formidables.
13:17Mais c'est des choses...
13:18C'est des histoires d'hommes, quoi.
13:20C'est...
13:22Enfin, moi, je suis content de faire ça.
13:23Je suis content de leur donner un petit peu de mon temps.
13:26Si on parle des albums,
13:27moi, il y a un album que j'ai toujours adoré,
13:29c'est « Rivière, ouvre ton lit ».
13:31C'est un disque incroyable.
13:32Il y a les « Small Faces »,
13:34il y a Steve Marriott,
13:35il y a Peter Frampton,
13:36tout le monde joue...
13:37C'est là que j'ai rencontré Rowling,
13:38sur cet album-là.
13:39Ah, d'accord.
13:40C'est un album prodigieux.
13:42« Voyage au pays des vivants »,
13:44incroyable.
13:45On l'a fait, on l'a fait souvent.
13:47On essaie de changer les chansons.
13:49Quand on fait des spectacles,
13:51on ne peut pas toujours faire les mêmes.
13:52Mais on l'a fait souvent,
13:53« Voyage au pays des vivants ».
13:54Et puis, il y a 3-4 ans,
13:57j'avais refait « Rivière, ouvre ton lit ».
14:01Ça, c'était génial.
14:02Mais est-ce que réclamation
14:03pourrait un de ces 4 revenir ?
14:06Oui, bien sûr.
14:08Oui, je laissais une petite surprise.
14:10Moi, j'adorerais.
14:11Moi, j'aime bien réclamation.
14:12Oh, c'est énorme.
14:13Appelez-moi le chef de rayon.
14:17Pardon.
14:17Et puis,
14:19dis-tu que je ne suis pas d'accord ?
14:22Et puis, il y a eu des plantades.
14:25Il y a eu des disques
14:26qui ont été comme en pleine vague punk.
14:29Qu'est-ce qui t'a pris
14:30d'adapter Hamlet
14:31alors que tout le monde
14:32était en train de faire du Sex Pistols ?
14:34Toi, tu dis,
14:34non, moi, je vais prendre
14:35une section de cuivre
14:36et faire un double album
14:37en adaptant Shakespeare.
14:38Moi, je suis un fan de Shakespeare.
14:42Je n'ai pas l'air comme ça,
14:44mais je lis beaucoup.
14:46Et moi, j'ai toujours été
14:47traumatisé, quelque part,
14:53poursuivi par le personnage de Hamlet.
14:56Et moi, ce que je voulais faire,
14:58c'était faire un disque
14:59hors norme,
15:02de faire un album
15:03de mélangeant le classique
15:04avec du rock'n'roll.
15:05C'est-à-dire des guitares électriques
15:07et tout ça,
15:07avec un orchestre symphonique.
15:09Voilà.
15:09Ce qu'on fait de plus en plus, d'ailleurs.
15:10Mais à l'époque,
15:11on ne le faisait pas, ça.
15:13Et voilà.
15:14Et puis, donc,
15:15Gilles Thibault m'avait présenté
15:17tous les textes
15:17qui me plaisaient.
15:19Et puis, voilà.
15:21Bon, ça n'a pas suivi,
15:21mais ce n'est pas grave.
15:22Moi, je suis content
15:22de l'avoir fait.
15:24Et les modes ?
15:25Parce qu'à un moment,
15:26il faut, quand tu veux durer,
15:28tu es obligé de te coltiner
15:29toutes les modes
15:30qui arrivent des États-Unis,
15:31d'Angleterre.
15:32Ça a été difficile.
15:33À l'époque,
15:33je devançais plutôt les modes.
15:36C'est-à-dire qu'avant
15:37que le twist arrive,
15:38je chantais le twist.
15:40Un petit peu comme Claude François,
15:41d'ailleurs, Claude François,
15:42c'était quand même
15:43le précurseur de la danse-musique.
15:46Oui, oui.
15:46Il était sur les 45 tours motone,
15:49des four tops.
15:50Hop !
15:51Oui.
15:51C'était direct.
15:52Si j'avais un marteau,
15:56il l'avait sorti en France
15:57avant Trélie Lopez.
15:58Et puis après,
15:59il y a un autre disque important,
16:01c'est Rock'n'roll Attitude.
16:02Là, Michel Berger,
16:04comment il a imaginé
16:07le Johnny moderne,
16:09celui qui vit devant nous ?
16:11Michel est arrivé à faire,
16:15à mélanger
16:16un certain style de rock'n'roll
16:20avec des paroles.
16:22Avec des paroles
16:23d'un niveau supérieur
16:24à ce qu'on avait l'habitude
16:26dans l'encarole de faire.
16:28Je crois que c'est ça
16:29au départ qui avait marché.
16:30On n'en a pas vendu
16:31autant que ça avec Michel.
16:32On avait vendu
16:33550 000 albums
16:35à l'époque
16:35qui étaient peu
16:36par rapport
16:37à ce que j'avais vendu
16:38avant et après.
16:40Ce n'est pas mon plus gros score.
16:43Mais c'est le disque tournant.
16:44J'en ai beaucoup plus vendu,
16:45par exemple,
16:45juste après,
16:46avec Goldman,
16:47avec l'envie,
16:48l'aura,
16:49l'envie, etc.
16:50C'est le disque tournant
16:53parce qu'il a défini
16:54le Johnny adulte.
16:57C'était la première fois
16:59qu'il y avait
16:59le chanteur abandonné,
17:01on parlait de tes goûts,
17:02justement.
17:03Il y a toujours Tennessee
17:04qui était pour moi
17:05qui était une chanson
17:06tournée.
17:07On a souvent parlé,
17:08moi j'adore Tennessee Williams,
17:10il m'avait demandé
17:11qui j'aimais.
17:12J'ai dit,
17:12j'adorais les pièces
17:13de Tennessee Williams.
17:14Tous les films
17:15que j'ai aimés
17:15dans ma jeunesse
17:17étaient en général
17:18d'après des pièces
17:20de Tennessee Williams
17:20et l'idée
17:21de quelque chose
17:23de Tennessee
17:23est venue comme ça.
17:24Alors c'est vrai
17:25qu'au début,
17:25les gens ne savaient pas
17:26très bien,
17:27ils croyaient que je parlais
17:28de Tennessee,
17:28le fleuve.
17:29Et je leur expliquais,
17:31non, je parle de l'auteur.
17:33Ça c'est magnifique ça.
17:35Il y a peut-être des gens
17:35qui ont été acheter
17:37des livres de Tennessee Williams
17:38et ça pose le toit.
17:40Et après,
17:41c'est les stades.
17:42Après,
17:42c'est vraiment,
17:43après il y a gang
17:44et puis c'est la porte,
17:46c'est Johnny Hallyday
17:47qui se met à tourner
17:47dans les stades.
17:48Après, oui,
17:49après je voulais faire
17:49des spectacles
17:50pour donner un petit peu
17:52des rêves aux gens,
17:53pour donner un petit peu
17:53de l'immensité,
17:55un petit peu comme
17:55les films,
17:56moi,
17:56que je voyais
17:57où je disais,
18:00bon,
18:01on n'a pas l'habitude
18:01de faire ça sur scène,
18:02pourquoi pas essayer ?
18:04Et moi,
18:05j'essaye toujours
18:06de faire des choses
18:06pour faire rêver les gens,
18:07pour que les gens
18:08passent une soirée
18:09avec,
18:10qu'ils n'en aient plus
18:11à l'émirette.
18:11Ah ben,
18:12ils en ont eu
18:12parce qu'en te voyant
18:14arriver en hélicoptère,
18:15en te voyant descendre
18:16sur scène au bout
18:17d'un filet,
18:17en te voyant traverser.
18:18Moi, pour moi,
18:18faire le métier de chanteur,
18:19ce n'est pas être
18:20derrière un micro
18:20et de chanter ses chansons.
18:22Pour moi,
18:22c'est d'animer les chansons,
18:25c'est un petit peu
18:27comme si on était au cinéma.
18:28Et j'essaie de donner
18:29aux gens ce que moi,
18:31j'aimerais qu'on me donne
18:33si je voyais
18:33un autre artiste sur scène.
18:34J'essaie toujours
18:35de faire des choses comme ça.
18:36Oui,
18:36tu as fait des trucs risqués,
18:37gonflés,
18:38traverser le Parc des Princes
18:40pour monter sur scène.
18:41On a cru que tu ne reviendrais jamais
18:43quand on voyait
18:43les 60 000 personnes
18:45qui essayaient de te toucher
18:46en même temps.
18:47Tu étais là
18:48avec tes trois gardes du corps.
18:49Le premier jour,
18:50c'était surprenant,
18:50mais après,
18:51il a fallu le faire le lendemain.
18:52C'était moins marrant.
18:54Non,
18:54et puis,
18:55tu es arrivé sur scène
18:56en Harley
18:56avec les côtes cassées.
18:57Enfin,
18:58tu nous as tout fait.
18:59Et c'était toujours
18:59cette volonté du spectacle,
19:01du show.
19:01Oui,
19:02mais le spectacle,
19:02c'est important.
19:03C'est ta vie,
19:05non ?
19:06J'aime bien surprendre
19:08et puis j'aime bien faire
19:09des choses que les autres
19:09n'ont pas fait.
19:10Ce n'est pas toujours facile
19:11de trouver des choses
19:12que personne n'a fait.
19:15On y arrive,
19:16mais c'est moins en vrai facile
19:18parce qu'on a fait
19:19beaucoup de choses quand même.
19:20Comment on choisit
19:21quand on a un répertoire
19:22de mille chansons ?
19:26Je ne choisis pas un peu.
19:27Je teste des fois
19:28des chansons
19:29et puis je vois un petit peu
19:30ce que les gens
19:31d'après leur réaction
19:34ce qu'ils aiment
19:34ou ce qu'ils aiment moins.
19:35Alors,
19:36je refais après
19:37un tour d'horizon
19:38par rapport à ceux
19:38qui ont été
19:40le plus applaudis
19:41ou ce qu'ils aiment le mieux.
19:42En général,
19:43c'est comme ça
19:43que je fonctionne.
19:44Là,
19:44samedi soir,
19:45tu vas faire un concert spécial
19:47ce qui va se passer
19:48au Théâtre de Paris.
19:49Ce que je fais à Bercy,
19:50ce n'est rien à voir
19:51avec ce que je vais faire
19:52au Théâtre de Paris.
19:53Tu peux nous donner
19:53quelques idées ?
19:54Au Théâtre de Paris,
19:55je vais refaire des trucs
19:56comme,
19:56je ne sais pas,
19:57je ne peux pas trop dire,
19:58mais je suis un rock'n'rollman
20:01que je n'ai pas fait
20:01depuis longtemps.
20:03Dead or Alive
20:04de Lonnie Donegan,
20:08mais version rock,
20:10pas version skiffle.
20:12Bebop à Lula
20:13avec Brian Selzer.
20:16Pour des blues,
20:16soyez de choses,
20:17des trucs comme ça.
20:18Des trucs qui m'ont donné
20:20envie de faire ce métier.
20:22Ce soir,
20:22ça va être ça.
20:23sur TF1 en 2009,
20:26quand tu es venu dire
20:27j'arrête,
20:28c'est ma dernière tournée,
20:30c'est le Tour 66,
20:31ça sera le dernier.
20:32Qu'est-ce qui s'est passé ?
20:33Tu as changé d'avis depuis ?
20:35Tout le temps,
20:35j'ai eu mon accident
20:36et puis j'ai arrêté forcés.
20:40Et puis ensuite,
20:41j'ai commencé à paniquer
20:43en me disant,
20:44je tournais en rond,
20:45j'ai dit,
20:45mais qu'est-ce que je fais là ?
20:47Ce n'est pas possible,
20:48j'ai besoin de faire le métier
20:51que je fais,
20:51j'ai besoin d'aller sur scène.
20:52Ou alors je m'ennuie à mourir.
20:54Mais rien ne vaut le contact
20:55avec le public.
20:56Est-ce que tu as retrouvé ça
20:57quand tu as fait du théâtre ?
20:58Sur scène, au théâtre ?
20:59Est-ce qu'il y a un contact ?
21:00Oui, mais différemment.
21:02Parce qu'il y a une pièce,
21:03parce qu'il y a une histoire,
21:04parce qu'il y a un texte,
21:06un dialogue à respecter.
21:09Mais c'est vrai que
21:09de jouer devant une caméra
21:10en tant qu'acteur
21:11et puis de jouer devant
21:15un public,
21:18même la même chose,
21:19il y a quand même
21:21le contact avec le public
21:24et les réactions qu'on entend
21:26sur scène du public
21:27qui ne sont pas les mêmes
21:28que quand il y a une caméra
21:29juste avec le caméra
21:31derrière.
21:32C'est sûr.
21:33C'est vrai,
21:34je comprends
21:36qu'il y ait beaucoup
21:36d'acteurs de théâtre
21:37qui préfèrent faire du théâtre
21:38que du cinéma.
21:39Alors là,
21:39moi je suis obligé
21:40un peu de tirer le bilan.
21:4250 ans de carrière,
21:43182 tournées,
21:451000...
21:4550 ans de carrière.
21:47J'ai commencé à 16 ans
21:47et j'en ai 70.
21:49Ouais, ouais, ouais.
21:50Donc, moi j'avais calculé
21:5159 ans de...
21:53Si on calcule
21:54que tu as commencé
21:54à 11 ans
21:55à chanter cette chanson
21:56de David Croquette,
21:57est-ce que tu t'en souviens ?
21:59Oui, David,
21:59David Croquette,
22:00l'homme qui n'a jamais peur.
22:03Donc là,
22:04tu as 11 ans
22:04et qu'est-ce qui te traversait
22:06l'esprit
22:06quand tu jouais ?
22:07Tu étais pétrifié de trac ?
22:08Je ne connaissais pas.
22:09Je ne connaissais pas
22:10le rock'n'roll
22:10encore à cette époque-là.
22:11Et puis moi,
22:12je chantais une ou deux chansons
22:13dans le numéro de dorge
22:15de Desta,
22:17Ellie Hallyday,
22:18pendant qu'ils changeaient
22:19de vêtements.
22:20Mais j'étais pétrifié de peur.
22:22Alors là,
22:23on est là.
22:2359 ans de carrière,
22:24182 tournées,
22:261000 chansons enregistrées,
22:2748 albums studios,
22:29100 millions de disques vendus
22:31et il paraît
22:32que tu vas attaquer l'Amérique ?
22:34Non,
22:34je ne vais pas attaquer l'Amérique.
22:36Je vais faire un album
22:37en anglais.
22:37Je vais faire une tournée
22:38aux Etats-Unis.
22:38Ça ne veut pas dire attaquer.
22:42Mais c'est une super bonne idée.
22:43Et donc,
22:44on va faire des villes mythiques
22:45pour moi,
22:45des villes comme Austin,
22:46Texas,
22:47Nashville,
22:48Tennessee,
22:49Miami,
22:50enfin bon,
22:51toute une série
22:53de concerts aux Etats-Unis.
22:55Pour ça,
22:55je vais faire un album
22:56en anglais avant
22:57et puis ensuite,
23:00de partir en Asie.
23:01Partir en Asie
23:02pour faire des concerts
23:04pour l'école
23:05que Laetitia,
23:08mon épouse,
23:09monte pour les enfants
23:11malades des SIDA
23:12qui ne peuvent pas
23:13aller dans les écoles normales.
23:14Donc,
23:14nous,
23:14on crée des écoles,
23:15je paye des écoles
23:16pour construire des écoles
23:17pour que ces enfants
23:18puissent aller à l'école.
23:19c'est chic,
23:20ça me touche de près.
23:25D'abord,
23:25parce que mes filles
23:26viennent du Vietnam
23:27et que pour moi,
23:28c'est quelque chose
23:29que je leur dois.
23:30Est-ce que les Chinois
23:30auront le droit
23:31à Johnny Hallyday un jour ?
23:32Oui,
23:32on doit chanter en Chine aussi.
23:33Mais donc,
23:35c'est un programme formidable.
23:37Qu'est-ce que Johnny
23:38a appris
23:39toutes ces années
23:40au service du rock'n'roll ?
23:41Ça sera ma question finale.
23:45Écoute,
23:45je suis un bon militaire.
23:48Je suis au service
23:49du rock'n'roll,
23:49j'obéis au rock'n'roll
23:51et le rock'n'roll
23:53qui a fait de Johnny Hallyday
23:54ce qu'il est.
23:56Et donc,
23:56pas besoin de lutter
23:57pour garder en toi
23:58une rock'n'roll attitude.
24:00Non,
24:00je ne lutte pas.
24:01Je laisse aller les choses.
24:03Dans une autre chanson,
24:04tu dis
24:04je ne recommencerai jamais
24:05ce que j'ai fait.
24:07C'est faux,
24:07je recommencerai toujours.
24:09Merci Johnny.
24:10Il ne faut pas croire
24:10ce que je dis.
24:12Merci Johnny.
24:13Merci.
24:16Merci rock'n'roll.
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