- il y a 5 mois
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00:00Bonjour Aurore Berger. Bonjour. Bienvenue, c'est votre grande interview sur CNUS et Européens.
00:05Vous êtes la ministre en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes,
00:08également en charge de la lutte contre les discriminations.
00:11Beaucoup de sujets à vous soumettre ce matin. On va bien sûr parler de la rentrée qui s'annonce explosive pour le gouvernement.
00:16Mais tout d'abord, évoquons cette lettre, ce brûlot de l'ambassadeur américain en France
00:20qui accuse ni plus ni moins Emmanuel Macron d'inaction face à l'antisémitisme.
00:25Et je voudrais vous citer les mots de l'ambassadeur car ils sont forts.
00:28Il dit qu'aujourd'hui, les Juifs de France sont bien trop nombreux à craindre que l'histoire se répète.
00:33L'ambassadeur Charles Kirchner qui est convoqué par le Quai d'Orsay.
00:37En quoi il a tort, Aurore Berger ?
00:39Déjà, ce n'est pas le rôle d'un ambassadeur que de faire de la politique intérieure.
00:43Quel que soit l'ambassadeur et quel que soit le pays qui est concerné,
00:46au-delà de ça, toutes les démocraties ont connu un regain massif d'antisémitisme après le 7 octobre.
00:52D'ailleurs, parfois dès le 7 octobre. Les Etats-Unis aussi ont connu un regain massif d'antisémitisme.
00:57Les Etats-Unis ont une volonté politique justement de faire face à cet antisémitisme.
01:01Et j'en sais quelque chose pour la porter au quotidien.
01:04Quand on relance les assises de lutte contre l'antisémitisme,
01:08quand on prend une loi spécifique sur la lutte contre l'antisémitisme à l'université,
01:12quand dès le 7 octobre, on a pris des circulaires extrêmement clairs
01:15sur la lutte contre l'antisémitisme, sur la protection de l'ensemble des lieux de culte
01:19et des lieux de vie juive, ça, ce sont des mesures extrêmement concrètes, extrêmement fermes.
01:25En France d'ailleurs, on ne s'abrite pas derrière une prétendue liberté d'expression
01:28pour remettre en cause par exemple la Shoah, comme ça peut être le cas aux Etats-Unis,
01:32où on a le droit finalement d'assumer une forme de négationnisme au nom de la liberté d'expression.
01:36Donc le sujet, il est trop grave, il est trop important à mon avis,
01:40pour être pris à partie dans des enjeux diplomatiques.
01:43On a un combat déterminé à mener en France, en Europe, à travers le monde.
01:47Mais d'abord la France, vous contestez qu'il y a un climat anti-juif en particulier,
01:51plus enquisté, ancré en France qu'ailleurs ?
01:53Alors, moi je suis lucide.
01:54Je suis lucide parce que tous les jours, il y a des remontées de faits antisémites.
01:58Et que cet été, notamment, je trouve qu'on a atteint des seuils qui sont absolument intolérables,
02:02comme si on s'habituait à l'idée qu'il puisse y avoir une forme d'antisémitisme d'atmosphère.
02:08Parce qu'ici, on interdit à des vacanciers, parce qu'ils sont israéliens,
02:12de pouvoir entrer dans un lieu, parce que là, on exclut des Français,
02:17des jeunes Français d'un vol commercial, c'était en Espagne,
02:21mais c'était des Français, juifs, mais d'abord des Français qui ont été exclus.
02:25Donc il y a une forme d'antisémitisme d'atmosphère qui s'installe,
02:28et qui s'installe dans toutes nos démocraties, et que nous combattons.
02:31Il n'y a pas d'anguilité sur le combat de l'État français et du gouvernement.
02:35Elle est nourrie, elle est mise en place, l'accusation est grave, par le président français.
02:39Je vous dis encore ce que dit cet ambassadeur, puisqu'il dit que le président français
02:45n'assure pas la sécurité de la communauté juive,
02:48parce qu'il sacrifie la vérité historique sur l'autel d'une reconnaissance,
02:51dit-il, fantasmée de l'État de Palestine.
02:53Le combat de la France, le combat du gouvernement français,
02:59il est sans ambiguïté face à l'antisémitisme.
03:02Sans ambiguïté, il n'y a pas un propos, il n'y a pas une attitude,
03:05il n'y a pas une action ambiguë de notre part, de celle du ministre de l'Intérieur,
03:08du ministre de la Justice, de moi-même, du président de la République,
03:11sur la question de la lutte contre l'antisémitisme.
03:13Et d'ailleurs, c'est une constance constante, et tant mieux,
03:16des différents présidents de la République qui se sont succédés,
03:18ou des premiers ministres et des membres du gouvernement.
03:20Et ça, c'est extrêmement important.
03:21Vous dites aujourd'hui que la France, Emmanuel Macron,
03:23est une nation protectrice des Français.
03:25Je dis que les lieux de culture sont protégés,
03:28que les écoles sont protégées.
03:29Je dis que ce qui est intolérable...
03:31On ne parle pas de sécurité seulement,
03:32on parle, comme vous l'avez dit, d'une atmosphère d'un climat.
03:34Je dis que ce qui est intolérable, c'est que nous, en tant que citoyens,
03:37nous puissions aujourd'hui ou demain nous habituer au fait
03:41que l'antisémitisme redevienne une donnée.
03:44Comme si l'antisémitisme pouvait être tendance,
03:46comme si l'antisémitisme pouvait être cool,
03:47comme si l'antisémitisme pouvait être acceptable.
03:50Il est intolérable.
03:51J'espère surtout que de cet échange,
03:54qui peut-être va se nourrir,
03:56eh bien, il y aura des actions et des actions concertées.
03:58Je pense à la lutte contre la haine en ligne,
04:03qui alimente aussi massivement l'antisémitisme.
04:05La plupart des grandes plateformes sont des plateformes américaines.
04:08Là, c'est le président français qui est visé en premier.
04:10Je ne vois pas le poisson.
04:12Est-ce que l'antisémitisme a augmenté de manière insupportable et inacceptable
04:17depuis le 7 octobre ?
04:19Vous connaissez les chiffres récents ?
04:20Dès le 7 octobre, oui, l'antisémitisme a explosé.
04:23Aujourd'hui, dans les chiffres récents, il est moins élevé qu'en 2024,
04:27mais il est bien plus élevé qu'avant le 7 octobre.
04:30Et ça, c'est insupportable.
04:32Et ça suppose qu'il y a un réveil collectif,
04:34une action collective,
04:36qui n'est pas l'action d'ailleurs du seul gouvernement,
04:38qui est l'action de la société tout entière.
04:40Parce que quand c'est, encore une fois, dans un lieu de vacances,
04:43parce que quand c'est dans une école,
04:44parce que quand c'est sur un lieu de travail,
04:47ça veut dire que ça concerne toute la société.
04:50Et ça veut dire qu'il faut accepter
04:52qu'il y a des formes renouvelées d'antisémitisme,
04:54que l'antisionisme est bien une forme renouvelée d'antisémitisme
04:58et qu'il y a des agitateurs de haine.
05:00La France Insoumise, en premier lieu,
05:02sur la question de l'antisémitisme,
05:03puisqu'ils en ont fait, de facto, un argument électorale.
05:06On va en parler de la France Insoumise,
05:07parce qu'il y a une rentrée sociale explosive qui s'annonce,
05:11avec des appels à tout bloquer.
05:13Aurore Berger, le 10 septembre,
05:14le Premier ministre François Bayrou tiendra une conférence de presse,
05:17sans doute parlera-t-il de cet appel.
05:19Il l'a déjà fait, d'ailleurs, pour condamner.
05:21Il dit qu'il est légitime de manifester,
05:23mais pas de tout bloquer.
05:24On sent beaucoup de fébrilité au sein du gouvernement.
05:27De quoi avez-vous peur ?
05:28Je n'ai pas peur.
05:29Je ne crois pas que le gouvernement ait peur.
05:30En tout cas, je n'ai pas l'impression d'avoir peur.
05:33Je pense qu'il ne faut ni excès de fébrilité,
05:35ni excès de confiance, en fait.
05:36Quand on aborde une rentrée dont on sait
05:38qu'elle est politiquement par principe tendu,
05:40il n'y a plus de majorité absolue
05:42ni même relative au Parlement,
05:44et on voit qu'il y a de l'agitation,
05:46ou en tout cas des agitateurs.
05:47Par rapport au mouvement du 17 ans...
05:49Il y a quand même la colère des Français,
05:50elle est légitime.
05:50Ça, je l'entends, et elle est légitime.
05:52Elle est légitime.
05:53Le mouvement du 17 ans n'est pas légitime ?
05:55Le mouvement du 17 ans, il y a deux choses.
05:56Il y a une part de sincérité,
05:58de sincérité de Françaises et de Français
06:00qui sont en colère,
06:01qui sont angoissés,
06:03qui sont anxieux par rapport à la rentrée.
06:04Ce sont les fameux Nicolas qui paient,
06:06qui n'en peuvent plus.
06:06Les classes sont vides
06:07et l'en demandent toujours encore plus.
06:09C'est à la fois celles et ceux
06:10qui ont l'impression de participer
06:11plus que d'autres à l'effort collectif,
06:13et c'est pour ça aussi
06:14qu'il ne faut pas qu'on se trompe
06:15sur la question du budget, justement.
06:17Qu'il faut que l'effort soit partagé,
06:19qu'il faut que l'effort soit bien ciblé,
06:21et c'est la raison pour laquelle...
06:22Il ne l'est pas suffisamment
06:23dans le plan de François Bayrou.
06:24Si, parce que justement,
06:25on a assumé que l'effort,
06:26le premier des efforts,
06:27ce soit sur l'État
06:28et non pas d'abord
06:29sur de l'impôt supplémentaire.
06:31Parce qu'aujourd'hui,
06:32qu'est-ce que beaucoup nous demandent,
06:33notamment à gauche ?
06:34De l'impôt, de l'impôt,
06:36de l'impôt en plus.
06:37Ce n'est pas le choix qu'on a fait,
06:38et d'autre part,
06:39on n'a pas fait un autre choix
06:40qui, à mon avis, serait délétère,
06:41qui est de la dépense publique supplémentaire
06:43et de la dette publique supplémentaire.
06:45Il y a un point, vous le savez,
06:46qui provoque une très grande crispation
06:47chez les Français,
06:48c'est la suppression des jours fériés.
06:50Est-ce que vous êtes, vous,
06:50personnellement, favorable,
06:52Aurore Berger ?
06:52Moi, je pense qu'augmenter
06:54le temps de travail dans notre pays
06:56est une bonne chose,
06:57et même est une nécessité.
06:59On peut le faire de différentes manières.
07:02On a ouvert cette voie-là
07:03sur la question des deux jours fériés.
07:04Est-ce que c'est la bonne piste ?
07:05Ce sera, en tout cas,
07:06mis dans le débat parlementaire
07:08et dans la concertation.
07:09Est-ce que vous, personnellement,
07:09vous êtes favorable ?
07:09Moi, je soutiens par principe
07:11le plan qui a été présenté.
07:13Vous n'y croyez pas,
07:14mais vous soutenez.
07:15Si, parce que moi, je crois
07:16à la capacité qu'on a
07:18à travailler plus,
07:19parce que c'est une nécessité
07:21de continuer à travailler plus,
07:23à travailler tous.
07:24C'est ce qu'on a fait,
07:25parce que le chômage de masse,
07:26aujourd'hui,
07:27on a démontré
07:27que ce n'était pas une fatalité,
07:28donc on est plus nombreux à travailler.
07:30Non seulement,
07:30on est plus nombreux à travailler,
07:31mais il faut que chacun
07:32réussisse à travailler plus
07:33et surtout réussisse
07:35à vivre de son travail.
07:37C'est ça qui est dit
07:38par un certain nombre de ceux,
07:39peut-être qui seront dans la rue
07:40le 17 ans.
07:41Ce que je condamne
07:42sur le moment du 10 septembre,
07:43c'est la tentative
07:44et hontée de récupération politique
07:46manifeste de la part
07:48de la France insoumise
07:49et cette volonté de blocage.
07:50Je ne crois pas
07:50que les Français
07:51veulent tout bloquer.
07:51C'est un blocage.
07:52Enlève Mélenchon parle
07:52de grève générale,
07:54le dit le 17.
07:55Ce qui revient à peu près même,
07:56c'est-à-dire on bloque tout,
07:57on arrête tout,
07:58on met le pays à l'arrêt.
07:59Est-ce que les Français
07:59veulent que le pays soit à l'arrêt
08:00ou est-ce que les Français
08:01veulent que le pays soit en mouvement ?
08:02Apparemment,
08:03deux Français sur trois
08:04dans les différents sondages
08:05sont plutôt en soutien
08:07de ce mouvement du 17 septembre.
08:08Ils peuvent être en soutien
08:09parce qu'il y a des interrogations
08:10aujourd'hui sur le budget,
08:12sur le débat
08:12qui va avoir lieu au Parlement,
08:13sur les conséquences concrètes
08:15qui seront celles
08:15pour leur vie à eux.
08:17Je ne suis pas certaine,
08:18en tout cas dans les Français
08:19que je rencontre
08:20partout en France,
08:21ils ont plutôt envie
08:22que la France continue
08:23à aller bien,
08:24à aller mieux.
08:26Qui vous écoute encore ?
08:27Qui écoute encore le gouvernement ?
08:28En tout cas,
08:29moi je suis à l'écoute.
08:30C'est déjà ça le travail
08:31qu'on doit faire
08:31quand on est membre du gouvernement.
08:32C'est d'abord être
08:33à l'écoute des Français
08:34et en étant à l'écoute
08:35des Français,
08:36prendre les décisions
08:36qui sont les plus appropriées.
08:38Et puis,
08:38c'est aussi le temps
08:39du débat parlementaire.
08:40On a présenté
08:41le plan gouvernemental
08:42mi-juillet.
08:43C'est quoi les alternatives ?
08:45C'est déjà le spectre
08:46d'une menace
08:48de motion de censure
08:49brandie par LFI.
08:50Les autres partis de gauche
08:51d'ailleurs disent que
08:52si François Bayrou
08:53ne change pas ses propositions,
08:54ils vont également voter
08:55cette motion de censure.
08:56En fait,
08:57dites-nous,
08:57Aurore Berger,
08:58l'équipe Bayrou,
08:59par quel miracle
09:00est-ce qu'elle ne connaîtrait pas
09:01un auton meurtrier ?
09:02Meurtrier,
09:03je ne suis pas sûre
09:04que ce soit quand même
09:04le terme.
09:05J'espère en tout cas
09:06que ce ne sera pas le cas.
09:07Même si j'ai une tenue rouge,
09:08je ne crois pas à ça.
09:09Je crois à la détermination
09:10en tout cas.
09:11On a un débat au Parlement
09:12qui va s'ouvrir.
09:13On a fait le choix
09:14de la transparence totale.
09:15On a tout mis sur la table
09:16dès mi-juillet.
09:17Ça n'avait jamais été
09:18présenté aussitôt.
09:19Donc maintenant,
09:19c'est quoi les alternatives ?
09:21C'est le point de personne
09:21au pas grand monde ?
09:22Attendez.
09:22Soit par principe,
09:23ils disent que de toute façon,
09:24ils veulent faire tomber
09:25le gouvernement
09:25quel que soit le plan proposé.
09:27Et alors, en effet,
09:28il y aura une censure.
09:29Soit on est face
09:31à des hommes
09:31et des femmes politiques
09:32qui voient bien
09:33qu'on a quand même
09:33une nécessité de stabilité
09:35dans le pays,
09:35que les entreprises,
09:37elles ont besoin
09:37de stabilité
09:38pour recruter,
09:40pour avancer,
09:41pour continuer
09:41à être performantes
09:42dans notre pays
09:43et pas de bordélisation
09:44supplémentaire.
09:45Mais qui a mis
09:46la bordélisation
09:46de la dissolution ?
09:47Qu'ils mettent leurs propositions
09:48aussi sur la table
09:49pour qu'on en débatte ?
09:50Probablement.
09:51Peut-être qu'il y aura
09:51des contre-budgets.
09:52Le Rassemblement national
09:53l'annonce.
09:54Mais regardons
09:55le gouvernement,
09:56quasiment tous
09:57ont un agenda spécifique
09:58et un oeil sur 2027
09:59ou même les deux yeux.
10:00D'ailleurs, même vous,
10:01vous regardez
10:02la direction de 2027.
10:03Je regarde d'abord
10:03les accords des engagés,
10:05des ambitions.
10:06En quoi c'est
10:07l'intérêt général du pays ?
10:08On a l'intérêt général du pays
10:09à partir du moment
10:10où on a accepté
10:10d'être en coalition ensemble.
10:12Il ne vous a pas échappé
10:12qu'en effet,
10:13il y avait peut-être
10:13des agendas différents,
10:14il y avait peut-être
10:15des nuances.
10:16Par contre,
10:16on a fait un choix
10:17très clair,
10:18que ce soit Renaissance,
10:19le Modem,
10:20Horizon,
10:21les Républicains,
10:21de dire face justement
10:23aux dangers qui existent
10:24dans notre pays,
10:25à une situation internationale
10:26qui n'a jamais été
10:27aussi périlleuse et risquée,
10:29à la nécessité
10:30de l'unité du continent européen,
10:31aux enjeux budgétaires
10:33dans notre pays
10:33ou sécuritaires
10:34dans notre pays.
10:35Ça n'appelle
10:35une forme de chantage.
10:36Non, on a fait le choix
10:37d'une coalition.
10:38On aurait pu ne pas s'entendre.
10:40Il se serait passé quoi ?
10:41Qui aurait été au pouvoir
10:42dans notre pays
10:42dans le moment présent,
10:44justement particulièrement
10:45dangereux et risqué
10:46en France
10:47et à l'international ?
10:48Qui, selon vous ?
10:48On avait envie
10:49d'une coalition de gauche
10:50présidée
10:51par la France Insoumise.
10:52C'est ça
10:52qu'on voulait mettre au pouvoir
10:53parce que la coalition de gauche
10:54ne pouvait pas exister
10:55sans la France Insoumise.
10:57C'était le RN au pouvoir.
10:58Non.
10:59C'est vous ou le chaos ?
11:00Parce qu'on a l'impression
11:00que le chaos
11:01y est quand même
11:01dans le pays.
11:02On avait trois options
11:03qui étaient sur la table
11:04à l'issue de la dissolution.
11:05Il n'y en avait pas quatre,
11:06cinq ou dix.
11:07Il y en avait trois
11:07qui étaient sur la table.
11:09Il y en a deux
11:09qui me paraissent dangereuses,
11:10déraisonnables
11:11et synonymes d'impuissance
11:12pour le pays.
11:13Donc on a fait un choix
11:13qui est difficile,
11:14qui est d'arriver
11:15à créer une coalition gouvernementale
11:17avec parfois des nuances.
11:19C'est vrai qu'il s'exprime
11:19et c'est parfois
11:20toutes les difficultés
11:21de l'exercice.
11:22Ce n'est pas faux.
11:23Ça peut être parfois
11:23un euphémisme
11:24mais à la fin,
11:25on est tous au travail.
11:26Alors pour éviter,
11:27dites-vous,
11:27les menaces que vous qualifiez,
11:29j'imagine,
11:29que vous mettez sur le même plan
11:30selon vous,
11:31LFI et RN
11:32et c'est pour ça
11:32que vous avez appelé,
11:33votre proposition a fait grand bruit
11:34à une primaire
11:36du bloc central
11:37donc Modem,
11:38Horizon,
11:38Renaissance,
11:40UDI.
11:40Est-ce que quelqu'un
11:42vous a répondu ?
11:44Alors moi,
11:44je mets la proposition
11:45en termes.
11:45Non mais on peut faire
11:46comme si on ne parlait jamais
11:48des sujets qui fâchent
11:49mais moi,
11:50je pense qu'il faut en parler.
11:51Déjà parce que dès le lendemain
11:52de l'élection présidentielle,
11:53on nous interrogeait déjà
11:53sur la prochaine élection présidentielle,
11:56vous les premiers quand même.
11:57Parce que les Français
11:58s'y intéressent un petit peu aussi
12:00à ce qui peut se passer.
12:01Donc moi,
12:01je dis plusieurs choses.
12:02Un, il reste deux ans
12:02et moi,
12:03je ne veux pas enjamber
12:04les deux ans qui restent.
12:05Je veux qu'on soit au travail,
12:06je veux qu'on obtienne
12:06des résultats
12:07dans les deux ans qui viennent
12:08parce qu'on a des enjeux
12:09qui sont majeurs.
12:10On a les élections municipales
12:11dans quelques mois
12:12sur lesquels j'espère
12:13qu'on pourra faire oeuvre
12:14de rassemblement
12:15parce qu'on a des villes
12:16qui méritent d'être reconquises,
12:18Paris notamment,
12:19mais pas que Paris.
12:20Et puis,
12:20on aura la question
12:21de la présidentielle.
12:22Si on n'est pas en capacité
12:23de se rassembler...
12:25La question n'est pas là.
12:25C'est qui veut une primaire
12:26du bloc central aujourd'hui ?
12:28Mais qui veut qu'on continue à exister ?
12:29Ni Edouard Philippe,
12:29ni Gabriel Attal,
12:30ni Nini.
12:31Ben oui, Nini,
12:32très bien.
12:33Mais ça fait beaucoup
12:37et ça fait pas une qualification
12:38au second tour
12:39d'une élection présidentielle.
12:39Quel est le risque pour vous ?
12:40Vous savez très bien
12:41que l'émiettement des candidatures
12:43ne favorisera pas
12:44la capacité qu'on a
12:45à être au second tour
12:45de l'élection présidentielle.
12:47Donc, c'est pas pronostiquer le pire,
12:49c'est juste être lucide
12:50sur les forces en présence
12:51et sur le fait
12:52qu'une gauche
12:53qui est aujourd'hui
12:54caporalisée encore
12:55par la France insoumise,
12:56on verra si vote
12:57la motion de censure,
12:58on verra si au moment
12:59des élections municipales,
13:00il rompt définitivement
13:01et partout
13:02avec la France insoumise
13:03et le pôle
13:04du Rassemblement national
13:06et de l'extrême droite.
13:07Si on veut être fort,
13:08il faut être rassemblé
13:09et unif.
13:10LFI et RN ?
13:11Oui, pour des raisons différentes,
13:12à la fois historiques
13:13et contemporaines.
13:15Mais oui,
13:15je les mets sur le même plan
13:16et en tout cas,
13:17je me battrai
13:18pour qu'on ait une alternative
13:19à ça.
13:20Et une alternative
13:20qui doit être crédible
13:22et qui doit exister,
13:22c'est d'abord
13:23la capacité aujourd'hui
13:24à obtenir des résultats,
13:25à se rassembler au municipal
13:26mais avoir une candidature unique.
13:28C'est pas gagné,
13:29vous le savez.
13:29Alors, si jamais une telle primaire
13:30venait à se tenir une question
13:31parce qu'il y aurait sans doute
13:32un débat
13:32sur la proposition
13:36légaliser la gestation
13:37pour autrui,
13:38il parle d'une GPA éthique
13:40et il veut que ce débat
13:41soit lancé au sein
13:42de son parti Renaissance.
13:43Vous êtes en accord
13:44avec une telle idée ?
13:45Non.
13:46Non, mais j'ai toujours
13:47une position absolument constante
13:49sur la question
13:49de la gestation pour autrui.
13:51Je considère
13:52que le corps des femmes,
13:54la dignité des femmes
13:55et la dignité humaine
13:56est totalement contraire
13:58à la question
13:58de la gestation pour autrui.
13:59Je ne nie pas
14:00le désir puissant
14:01d'enfant
14:02qui peut exister.
14:03J'ai désiré puissamment
14:04devenir mère.
14:05je suis devenue mère
14:06et je peux totalement
14:07comprendre la douleur
14:08de celles et ceux
14:08qui n'arrivent pas
14:09à être parents.
14:10Donc jamais je ne remettrai
14:11ça en cause.
14:12Par contre,
14:12je ne souhaite pas
14:13que pour répondre
14:14à ce désir d'enfant
14:15sincère qui peut exister,
14:17on mette en balance
14:18la question du corps
14:19des femmes
14:19et de la dignité humaine.
14:21C'est une transition
14:22un peu particulière
14:23d'un désir d'enfant
14:24et puis avoir un désir d'avenir.
14:25On va parler de 2027
14:26pour conclure.
14:27Alors, le melon
14:28est comme ça,
14:29il n'y a pas de problème
14:30à évoquer ses ambitions.
14:312027,
14:32ça vous tente,
14:32je pense que des hommes
14:34et des femmes politiques
14:35qui viennent sur votre plateau
14:36et qui vous disent
14:36qu'ils n'ont pas d'ambition,
14:37soit ils vous mentent,
14:38soit il faut qu'ils fassent
14:38autre chose que de la politique.
14:40Par eux,
14:41dans ces cas-là,
14:41ils vous mentent
14:42ou alors il faut qu'ils fassent
14:43autre chose que de la politique.
14:44Quand on fait de la politique,
14:45on a de l'ambition.
14:46La question,
14:46c'est au service de quoi
14:47on la place
14:47et à quel moment on l'exprime.
14:49Et je pense que
14:49ce n'est pas le moment
14:50aujourd'hui d'exprimer
14:51des ambitions,
14:52des candidatures
14:53parce que,
14:53et on l'a vu,
14:54regardez dans les questions
14:55que vous m'avez posées.
14:55Je crois qu'on a des enjeux
14:56qui sont plus importants
14:57que nos petites personnes.
14:58Donc vous êtes candidate ?
14:59Je ne suis pas candidate,
15:00je ne dis pas que je suis candidate,
15:02je dis que je veux
15:03qu'on travaille
15:03à un rassemblement,
15:05je dis que je travaille
15:06parce que je suis ministre
15:07aujourd'hui
15:08et que je veux
15:08obtenir des résultats.
15:09Quand je vois
15:10les sujets qu'on a abordés,
15:11notamment la question
15:12de l'antisémitisme,
15:13je pense que mon rôle,
15:14il est d'abord là,
15:15il est d'abord
15:16d'obtenir des résultats.
15:17Merci Aurore Berger,
15:18c'était votre grande interview
15:19ce matin sur CNews Européens,
15:20je vous souhaite une bonne journée,
15:25avec nous sur Europe 1
15:26dans un instant.
15:27Vos signatures du lundi,
15:28à tout de suite.
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