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  • il y a 8 mois
Durant le deuxième procès, l'avocat général a estimé que la présence de l'ADN de Sébastien Malinge sur cinq supports différents et pertinents donnait " de la valeur probante". "La Cour n'a pas besoin de déterminer un mobile pour condamner", a lancé l'avocat général, avant de demander aux jurés de confirmer la peine de 30 ans à l'encontre d'un homme "manipulateur, menteur, et chez qui l'expert psychiatre a relevé une anesthésie affective". Ce qu'elle a fait, en 2014. Au plan civil donc, Sébastien Malinge a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle mais aussi à verser 25.000 euros à Marianne, 25.000 euros à la fille de celle-ci et 10.000 euros à son ex-mari. Si ses avocats avaient annoncé se pourvoir en cassation, le meurtrier de Michèle Martinez purge toujours sa peine de prison.

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Personnes
Transcription
00:00:00C'est parti !
00:00:30Sébastien Malinge, le tueur au tournevis.
00:00:46Accusé d'avoir tué une femme en lui plantant un tournevis dans la tempe,
00:00:50l'homme a provoqué l'un des rebondissements les plus inattendus lors d'un procès en cour d'assises.
00:00:55On ne peut pas imaginer comment ça a pu échapper à tout le monde.
00:01:02Papa Poule, serviable, attentif aux autres, pour ses proches, Malinge n'a jamais eu le profil d'un tueur.
00:01:10C'était tellement improbable, on se dit c'est pas possible.
00:01:13Et pourtant, son ADN l'a désigné jusqu'à ce coup de théâtre aux assises,
00:01:20cette révélation grâce à laquelle Malinge a fait vaciller l'accusation.
00:01:25Ça met le doute très sincèrement, même si on a effectivement la soi-disant reine des preuves.
00:01:30Tout commence 16 mois plus tôt, le 28 novembre 2010.
00:01:47Quand j'arrive sur place, donc parking des Italiens,
00:01:51j'ai déjà mes collègues qui ont délimité la scène de crime.
00:01:54Et en fait, la scène de crime est constituée de deux parties.
00:01:57La première qui m'est désignée, c'est celle qui est, on va dire, en bas du talus,
00:02:01où il y a une énorme pierre immaculée de sang, un bloc de trottoir immaculé de sang,
00:02:06et diverses routes de sang.
00:02:09Et ensuite, le corps qui lui se trouve, je dirais, 3 mètres plus loin ou 4 mètres plus loin,
00:02:14en contrebas d'un petit muret.
00:02:15Quand vous venez du centre d'Avignon, que vous passez,
00:02:29vous voyez les pierres ensanglantées, effectivement, mais vous ne voyez pas le corps.
00:02:32C'est quand vous contournez le transformateur qu'à ce moment-là,
00:02:35vous distinguez un corps qui est allongé dans l'herbe.
00:02:39C'est une promeneuse qui a donné l'alerte vers midi.
00:02:49Les journalistes sont arrivés sur les pas des policiers.
00:02:55Il faut s'imaginer qu'on est sur un parking et qu'on est un dimanche d'hiver, du mois de novembre,
00:03:01un ciel bas, du temps gris, du froid.
00:03:04C'est quand même un lieu qui est connu pour être un petit peu glauque,
00:03:08à savoir qu'il y a des vols à la roulotte,
00:03:11et puis il y a quelques bâtiments désaffectés qui sont un petit peu squattés.
00:03:15C'est particulièrement ludubre.
00:03:20Tandis que la presse est maintenue à bonne distance,
00:03:23les policiers et le médecin légiste s'affairent sur la scène de crime.
00:03:27Le corps est allongé sur le dos, entièrement vêtu,
00:03:37avec juste la partie abdominale qui est dénudée.
00:03:42Quand on commence à déshabiller le corps,
00:03:46on commence par le bas,
00:03:47donc les chaussures, les chaussettes, les pantalons,
00:03:50et ensuite on remonte.
00:03:51Et c'est en remontant,
00:03:52et quand on enlève le pan du manteau qui est sur le visage,
00:03:54qu'on s'aperçoit que le visage est entièrement défoncé,
00:03:57toute la partie gauche est totalement écrabouillée.
00:04:01Dans notre langage, on emploie un mot,
00:04:03on dit souvent « ça échappe à toute description anatomique ».
00:04:05C'était vraiment le cas.
00:04:07On ne pouvait plus décrire l'œil gauche,
00:04:09on ne pouvait plus différencier l'œil gauche de l'œil droit.
00:04:12Tout était mélangé, tout était en délabrement.
00:04:15Je n'ai jamais vu personne avec de telles blessures,
00:04:21si ce n'est éventuellement avec des tirs d'arme à feu,
00:04:23et à ce moment-là, un suicide par arme à feu.
00:04:26Mais sinon, un visage dans cet état-là, non.
00:04:31Et on s'aperçoit qu'il y a une tige métallique
00:04:33qui est figée dans le temporal gauche de la victime.
00:04:39Et en fait, il s'agissait d'une tige de tournevis
00:04:41au niveau de la tempe gauche.
00:04:43La particularité, c'est que ce tournevis
00:04:45était parfaitement enfoncé.
00:04:46Donc je procède à son enlèvement
00:04:48avec précision et avec précaution
00:04:52pour pouvoir le mettre sous scellé
00:04:53et le remettre aux enquêteurs immédiatement.
00:04:58Pour ce qui est de la datation de la mort,
00:05:00il y a trois paramètres qui sont importants.
00:05:02Les rigidités cadavériques qui étaient totales,
00:05:05les lividités qui étaient présentes,
00:05:07et enfin la température.
00:05:08La température à la fois ambiante
00:05:09et la température du corps.
00:05:12Ce dimanche 28 novembre,
00:05:13la température ambiante était à 5 degrés
00:05:14pour une température corporelle
00:05:16de 25 degrés à 15 heures de l'après-midi.
00:05:19Et donc, tenant compte de tous ces paramètres,
00:05:22j'avais indiqué que la tranche horaire
00:05:25qui pouvait être retenue
00:05:26était entre 5 heures et 9 heures du matin.
00:05:30Là, on détermine aussi que la victime,
00:05:32c'est une femme type européen
00:05:35qui a 50-60 ans,
00:05:37difficile à dire vu l'état du visage.
00:05:38et on constate aucune autre blessure
00:05:43sur le corps
00:05:45que celles qui sont au niveau du crâne et du visage.
00:05:49Une fois qu'on a terminé avec le corps,
00:05:51on élargit le cercle des recherches
00:05:54et on regarde notamment toute la partie
00:05:56où se trouvaient les pierres.
00:05:59Et là, effectivement,
00:06:00on trouve notamment une casquette
00:06:02qui est maculée de sang aussi
00:06:04et on retrouve un manche de tournevis.
00:06:22C'est vrai que ce n'est pas une arme commune
00:06:23pour tuer quelqu'un.
00:06:24Le mec, il a pris une pierre,
00:06:25il a fracassé sur le crâne de la victime
00:06:29et ensuite, ou peut-être avant,
00:06:31il lui a mis un coup de tournevis
00:06:32au niveau de l'attente.
00:06:34C'est un accès de démence.
00:06:36Moi, je me dis qu'on a à faire un bargeau.
00:06:45Tout de suite, on pense quand même
00:06:47à une attaque soudaine comme ça
00:06:49qui se passerait à cet endroit-là.
00:06:51La personne au mauvais endroit,
00:06:53au mauvais moment,
00:06:53c'est un peu ce qu'on se dit.
00:06:55Et lorsque le vice-procureur s'adresse à nous,
00:06:58il y a quelque chose qui revient immédiatement.
00:07:01Il emploie ce terme
00:07:02qui est l'acharnement.
00:07:13Il n'y a pas eu d'acte sexuel,
00:07:14il n'y a pas eu de viol,
00:07:15il n'y a pas eu,
00:07:15puisque le corps est toujours vêtu,
00:07:18les sous-vêtements sont en place,
00:07:20à vérifier l'autopsie.
00:07:21Mais pour nous,
00:07:22ce n'était pas la première hypothèse.
00:07:24Ce n'était même pas du tout l'hypothèse.
00:07:25De la même manière que l'hypothèse
00:07:27d'un crime pour voler,
00:07:30très rapidement,
00:07:31on l'oublie parce que
00:07:33la victime a son porte-monnaie dans sa poche,
00:07:35avec un peu d'argent dedans,
00:07:36elle a ses bijoux sur elle.
00:07:38Donc, ce n'est pas non plus
00:07:38l'objet du crime.
00:07:41On ne connaît pas la victime,
00:07:43on cherche des papiers,
00:07:44malheureusement, il n'y en a pas.
00:07:45On retrouve un porte-monnaie,
00:07:46on retrouve un trousseau de clé,
00:07:47et sur le trousseau de clé,
00:07:49une clé de véhicule,
00:07:50donc avec un bip.
00:07:56On cherche d'abord sur le parking des italiens,
00:07:58et puis, comme on ne trouve pas,
00:08:00on se rend dans les résidences
00:08:02qui se trouvent un petit peu plus loin.
00:08:04Et en fait, la clé matche avec une voiture
00:08:06qui se trouve garée dans la résidence
00:08:09qui est à 200 ou 300 mètres
00:08:10de l'endroit où le corps a été trouvé.
00:08:12Partant de ça,
00:08:13on fait identifier le véhicule
00:08:15qui correspond à cette clé.
00:08:18On s'aperçoit que ce véhicule
00:08:19est restauré de Mme Martinez,
00:08:20Michel,
00:08:21qui est une dame qui habite
00:08:22à Saint-Rémy-de-Provence,
00:08:24que ce n'est pas un véhicule volé,
00:08:27donc c'est quand même important pour nous,
00:08:30et pas plus.
00:08:36C'est en recherchant
00:08:37aux alentours de l'endroit où il garait le véhicule
00:08:39qu'on trouve une boîte aux lettres
00:08:40avec le nom de Martinez dessus.
00:08:42Donc on fait le rapprochement
00:08:45entre la victime,
00:08:47le véhicule
00:08:47et ce domicile.
00:08:51Cette porte nous est ouverte
00:08:52par une jeune fille
00:08:53à laquelle on se présente.
00:08:55Donc on essaye
00:08:56d'arriver doucement
00:08:57à savoir
00:08:58si Mme Martinez habite là,
00:09:01si elle est là,
00:09:02si c'est bien son véhicule
00:09:03qui est garé devant.
00:09:05Et de fil en aiguille,
00:09:06on détermine sans aucun doute
00:09:08que Mme Martinez
00:09:09est bien la personne
00:09:09qu'on a découverte
00:09:10derrière le transformateur
00:09:12et qui a été tuée là.
00:09:16La petite fille,
00:09:17quand on l'interroge
00:09:18sur sa grand-mère,
00:09:19elle nous dit
00:09:20qu'elle habite effectivement là
00:09:22depuis quelques temps,
00:09:23qu'auparavant,
00:09:24elle habitait à Saint-Rémy,
00:09:25qu'en fait,
00:09:26l'adresse là,
00:09:27c'est l'adresse de sa fille,
00:09:29Mme Di Nicolas,
00:09:31laquelle arrive un petit peu après
00:09:32puisque sa petite fille,
00:09:34la petite fille de la victime
00:09:35va la chercher.
00:09:36Et en fait,
00:09:37on est devant une dame
00:09:38qui est manifestement
00:09:39sous-tranquillisant,
00:09:41avec qui on ne peut pas
00:09:43avoir une discussion normale.
00:09:46Donc on est même obligé
00:09:47d'appeler,
00:09:49je crois que c'est son ex-mari
00:09:50qui va venir
00:09:52pour la prendre en charge
00:09:53et pour s'occuper d'elle.
00:09:55Est-ce que Mme Martinez
00:10:01a été tuée derrière
00:10:02le transformateur
00:10:03ou est-ce que son corps
00:10:04a été déplacé ?
00:10:05Regardez la configuration
00:10:06des lieux.
00:10:07Elle part de chez sa fille,
00:10:08Marianne, ici,
00:10:09pour aller acheter
00:10:09des cigarettes là.
00:10:10Elle passe par
00:10:11le rond-point du parking.
00:10:13On retrouve son corps
00:10:14derrière ce transformateur.
00:10:16Qu'est-ce qu'observe la police ?
00:10:17Les points A et B,
00:10:19ce sont des moellons,
00:10:20des parpaings
00:10:21qui ont servi à la frapper.
00:10:22À la tête,
00:10:22ils sont pleins de sang.
00:10:23C,
00:10:24c'est le moment
00:10:25du tournevis
00:10:26dont on va retrouver
00:10:27la pointe
00:10:28dans la tête
00:10:28de Mme Martinez.
00:10:30Ce sont des endroits
00:10:31où on retrouve
00:10:32des taches de sang
00:10:33le long d'un muret.
00:10:34Le corps de Mme Martinez
00:10:35a été déplacé
00:10:36par quelqu'un
00:10:37qui ne voulait pas
00:10:37qu'il reste au bord de la route
00:10:38et qui est allé le cacher
00:10:39ici, à l'arrière de ce muret.
00:10:41Est-ce que quelqu'un
00:10:42a pu voir quelque chose ?
00:10:44C'est peu probable
00:10:44parce qu'il n'y a pas
00:10:45de vis-à-vis au rond-point,
00:10:46pas d'habitation en face.
00:10:47Alors peut-être
00:10:48un automobiliste
00:10:48ou un passant,
00:10:49mais on est en hiver
00:10:51au mois de novembre
00:10:52et c'est un dimanche
00:10:53et ça se passe
00:10:53entre 5 et 9h du matin.
00:10:55Il n'y a pas
00:10:55beaucoup de monde dehors.
00:11:01Les policiers font quand même
00:11:02du porte-à-porte
00:11:03par acquis de conscience
00:11:04autour du parking
00:11:06des Italiens
00:11:06et dans la résidence
00:11:08des Tourmalines
00:11:09où habitait la victime.
00:11:10C'est un quartier
00:11:15qui est assez paisible,
00:11:16il ne se passe jamais rien.
00:11:17On n'est pas dans
00:11:18les quartiers chauds,
00:11:19les quartiers sud
00:11:19de la ville,
00:11:20c'était des papes
00:11:21où ça a régulièrement
00:11:22avec des voitures brûlées,
00:11:24des incidents,
00:11:24des agressions.
00:11:25On est loin de tout ça.
00:11:27On est plutôt dans
00:11:28le petit quartier pavillonnaire
00:11:29pépère,
00:11:30c'est vraiment très calme.
00:11:35Comble de malchance,
00:11:37la caméra de surveillance
00:11:38du parking des Italiens
00:11:39est en panne.
00:11:41L'enquête de voisinage
00:11:42ne donne rien,
00:11:44les policiers
00:11:44n'ont pas la moindre piste.
00:11:49Le lendemain,
00:11:50le meurtre fait la une
00:11:51des journaux régionaux.
00:11:53Qui est le tueur
00:11:54au tournevis ?
00:12:01On va à la recherche
00:12:02d'éléments qui vont éclairer
00:12:04la personnalité de la victime
00:12:05et voir un petit peu
00:12:06dans quelles conditions
00:12:07ces personnes vivaient
00:12:09parce qu'on est quand même
00:12:10dans un huis clos
00:12:10assez féminin,
00:12:12une espèce de gynécée
00:12:13où on a la grand-mère,
00:12:14la mère,
00:12:15la petite fille.
00:12:15C'est quand même
00:12:16un petit peu particulier
00:12:17ce huis clos.
00:12:18On a envie d'en savoir
00:12:19un petit peu plus.
00:12:20Je crois des amis
00:12:22d'Estelle,
00:12:24qui sont des adolescentes,
00:12:26etc.,
00:12:26et qui dressent
00:12:27un portrait très élogieux
00:12:29de Mme Martinez,
00:12:30qui disent que c'est
00:12:31une grand-mère modèle,
00:12:33qui s'occupait très bien
00:12:34de sa petite fille,
00:12:35qui était très présente,
00:12:36et qui était venue là
00:12:37s'installer justement
00:12:37pour être au quotidien,
00:12:40aux côtés de sa famille.
00:12:41Et donc,
00:12:42moi,
00:12:42je n'ai que des éléments
00:12:44positifs sur Mme Martinez.
00:12:46Mme Martinez,
00:12:50une grand-mère
00:12:50dans la soixantaine,
00:12:52une battante,
00:12:53qui a su affronter
00:12:54les épreuves de la vie.
00:12:56En 84,
00:12:57elle dirige
00:12:58un cabinet d'assurance
00:12:59avec Dino,
00:13:00son mari,
00:13:00le père de ses deux filles.
00:13:03C'est alors
00:13:03qu'elle est frappée
00:13:04par le deuil.
00:13:08Mme Martinez
00:13:09s'est retrouvée veuve
00:13:10à l'âge de 40 ans.
00:13:12Sa vie n'a pas été
00:13:13un long fleuve tranquille.
00:13:14elle a élevé ses enfants
00:13:17correctement,
00:13:19avec des valeurs,
00:13:20des principes.
00:13:21Ensuite,
00:13:21elle a noué une relation
00:13:23avec une personne
00:13:25qu'elle considérait
00:13:26particulièrement,
00:13:29qui a élevé
00:13:30ces deux filles.
00:13:33Ce nouveau compagnon,
00:13:35c'est André,
00:13:36un homme avec qui
00:13:37Michel coule des jours heureux.
00:13:39Mais en 2003,
00:13:40nouveau drame,
00:13:42André meurt
00:13:43des suites d'un cancer.
00:13:45Michel Martinez
00:13:46fait front
00:13:47avec optimisme
00:13:48et énergie
00:13:49pour ses filles,
00:13:51pour sa petite fille.
00:13:53C'était une femme
00:13:54moderne,
00:13:55dynamique.
00:13:56C'était la colonne
00:13:57vertébrale de la famille.
00:13:59Elle aimait la vie,
00:14:00elle sortait,
00:14:01elle avait des amis
00:14:02avec lesquels
00:14:05elle avait renoué
00:14:06ces derniers temps
00:14:07et aimé la vie,
00:14:09tout simplement.
00:14:11Quelques mois
00:14:12avant sa mort,
00:14:13Michel avait vendu
00:14:14sa maison
00:14:14de Saint-Rémy-de-Provence.
00:14:16C'est pourquoi,
00:14:17en attendant
00:14:18de trouver
00:14:18un nouveau logement,
00:14:20elle vivait
00:14:20chez sa fille
00:14:21Marianne.
00:14:21qui perd
00:14:23complètement pied
00:14:24au décès
00:14:25de sa mère.
00:14:26J'ai essayé
00:14:30de me rendre
00:14:31chez la fille
00:14:31de Michel Martinez
00:14:33et quand je sonne
00:14:34à la porte,
00:14:35je vois une dame
00:14:35qui nous fait signe.
00:14:36Je lui explique
00:14:37qu'on est journaliste,
00:14:38qu'on enquête
00:14:39sur la mort
00:14:40de Michel Martinez
00:14:41et qu'on m'a dit
00:14:41que sa fille
00:14:42habitait ici.
00:14:43elle se présente,
00:14:44elle m'a dit
00:14:45que c'est elle
00:14:45et quand on rentre
00:14:46c'est une ambiance
00:14:47un peu particulière
00:14:48parce qu'il y a
00:14:49un nuage
00:14:50de fumée de cigarette,
00:14:51il y a des piles
00:14:52de linge
00:14:53un peu partout
00:14:54posées sur la table
00:14:56et puis cette dame
00:14:58qui était,
00:14:59ça se voyait de suite,
00:14:59elle était
00:15:00en état de choc,
00:15:02elle fumait cigarette
00:15:02sur cigarette,
00:15:04elle tournait en rond
00:15:05dans la pièce.
00:15:06Je me rappelle,
00:15:07il y avait un petit chien
00:15:08aussi qui était
00:15:08totalement encore plus
00:15:10excité,
00:15:11qui tournait aussi,
00:15:12qui n'arrêtait pas
00:15:13d'aboyer
00:15:13et puis bon,
00:15:14avec la photographe
00:15:15au bout de peut-être
00:15:1620 minutes,
00:15:18on n'est pas resté
00:15:18très très longtemps
00:15:19avec elle
00:15:19parce qu'elle ne nous a pas
00:15:20non plus beaucoup parlé
00:15:21au final,
00:15:22on sentait qu'elle n'était pas
00:15:23bien psychologiquement,
00:15:25on a préféré s'en aller.
00:15:33Marianne n'en dit
00:15:34pas beaucoup plus
00:15:35aux policiers.
00:15:36La veille du meurtre,
00:15:38elle a passé la soirée
00:15:39avec sa mère.
00:15:40Il était déjà tard
00:15:41quand Michel Martinez
00:15:42s'est trouvée
00:15:43à court de cigarettes.
00:15:47Marianne lui a alors dit
00:15:49qu'elle pourrait
00:15:49en trouver de bonheur
00:15:51le lendemain
00:15:52au tabac Saint-Lazare
00:15:53à 500 mètres
00:15:54de chez elle.
00:15:54La fille de la victime
00:16:00était déjà mal en point
00:16:01avant les faits
00:16:01et je pense que là,
00:16:02tout s'est effondré
00:16:03et elle s'est peut-être
00:16:05sentie un petit peu
00:16:06responsable
00:16:07d'avoir indiqué
00:16:07à sa mère
00:16:08qu'elle pouvait aller
00:16:08acheter des cigarettes
00:16:09à pied
00:16:10et ce qui a effectivement
00:16:12engendré
00:16:12cette détresse psychologique.
00:16:18Elle ne pouvait pas
00:16:18nous faire avancer,
00:16:19donc il a fallu
00:16:20un peu nous débrouiller
00:16:22sans elle.
00:16:27Marianne en état de choc,
00:16:29les policiers
00:16:29cherchent seuls
00:16:30une piste
00:16:31dans les affaires
00:16:32de sa mère.
00:16:35En cherchant
00:16:35ces dernières relations,
00:16:37on a travaillé
00:16:37sur son téléphone portable,
00:16:39on a également travaillé
00:16:39sur son ordinateur portable
00:16:41et on s'est aperçu
00:16:41qu'effectivement
00:16:42elle avait plusieurs sites
00:16:43de rencontres
00:16:44sur lesquels
00:16:45elle se branchait régulièrement.
00:16:48Ce profil,
00:16:48une personnalité
00:16:49un peu plus contrastée
00:16:50entre la mamie
00:16:51un peu gâteau,
00:16:52on va dire,
00:16:53bien qu'elle soit décrite
00:16:54comme quelqu'un de moderne
00:16:56et quelqu'un
00:16:57qui fréquente
00:16:58des sites de rencontres.
00:17:04Sous le pseudo
00:17:05de Douce Amère,
00:17:07Michel Martinez
00:17:07avait des conversations
00:17:09plutôt crues
00:17:10avec ses correspondants
00:17:11et elle faisait preuve
00:17:15d'un caractère
00:17:15bien trempé,
00:17:16n'hésitant pas
00:17:17à remettre vertement
00:17:18un homme à sa place
00:17:19quand il le fallait.
00:17:22Les policiers
00:17:23remarquent aussi
00:17:24qu'elle n'était pas
00:17:25très prudente,
00:17:26en tout cas
00:17:26pas froussarde.
00:17:29Elle donnait facilement
00:17:30ses coordonnées
00:17:31et fixait des rendez-vous
00:17:33galants à des hommes
00:17:34qu'elle ne connaissait guère.
00:17:40on s'est dit
00:17:44qu'elle aurait pu
00:17:44effectivement
00:17:45faire une mauvaise rencontre.
00:17:46Peut-être
00:17:47s'est penchée
00:17:48sur Internet
00:17:49en donnant
00:17:50une adresse
00:17:50partielle
00:17:51ou au moins un lieu.
00:17:53La personne
00:17:54aurait pu
00:17:54lui tomber dessus
00:17:55au moment
00:17:56où elle ne s'y attendait pas
00:17:57qu'elle allait
00:17:57tout simplement
00:17:58chercher une cigarette.
00:17:58Le meurtre au tournevis,
00:18:08un crime passionnel ?
00:18:10Possible.
00:18:12Dans la vie amoureuse
00:18:13mouvementée
00:18:14de Michel Martinez,
00:18:15les policiers
00:18:16trouvent rapidement
00:18:17un suspect.
00:18:20La sexagénaire
00:18:21venait de rompre
00:18:23avec un certain Albert
00:18:24après quatre mois
00:18:26de vie commune.
00:18:28Ce dernier compagnon
00:18:33l'avait également
00:18:34rencontré sur un site
00:18:35et il semble
00:18:37qu'il s'était aperçu
00:18:38qu'elle continuait
00:18:39à aller sur ce site
00:18:40et ça l'a fortement
00:18:42énervé
00:18:43puisqu'elle vivait
00:18:44chez lui
00:18:45et la rupture
00:18:46a été
00:18:47on va dire
00:18:47assez houleuse.
00:18:49Albert est
00:18:50quelqu'un de très jaloux,
00:18:52très possessif.
00:18:55Il s'énervait
00:18:56facilement.
00:18:57Mme Martinez
00:18:59étant une femme
00:19:00de caractère
00:19:01qui ne se laisse
00:19:02pas piétiner
00:19:02a décidé
00:19:04de partir
00:19:05pour se réfugier
00:19:06chez sa fille.
00:19:11Albert ne supporte
00:19:12pas la rupture.
00:19:14Mme Martinez
00:19:15souhaite
00:19:16récupérer
00:19:17ses effets
00:19:18personnels
00:19:18au domicile
00:19:20d'Albert.
00:19:21Ce dernier
00:19:22refuse
00:19:22refuse
00:19:23et les enquêteurs
00:19:24se sont posé
00:19:25la question
00:19:25de savoir
00:19:27s'il y a pu
00:19:28avoir
00:19:28un contact
00:19:29direct
00:19:30entre
00:19:31Mme Martinez
00:19:32et
00:19:33ce dénommé
00:19:34Albert
00:19:35au moment
00:19:36de récupérer
00:19:37ses objets
00:19:37effets personnels
00:19:38et que finalement
00:19:40la confrontation
00:19:41se serait mal
00:19:42passée.
00:19:42Mais l'homme
00:19:51est cardiaque
00:19:52trop faible
00:19:53pour commettre
00:19:54ce crime
00:19:54et il a
00:19:57un alibi
00:19:58Albert
00:19:59est écarté.
00:20:02Les policiers
00:20:03continuent
00:20:04à chercher
00:20:04parmi les contacts
00:20:05de Michel Martinez
00:20:06mais à vrai dire
00:20:09ils ont toujours
00:20:11en tête
00:20:12la piste
00:20:12d'un déséquilibré.
00:20:20Et quand ils appellent
00:20:21l'hôpital psychiatrique
00:20:22du coin
00:20:23à Montfavet
00:20:23ils ont une raison
00:20:26de plus
00:20:26d'y croire
00:20:27car un des pensionnaires
00:20:30a déserté.
00:20:34Nous avons eu
00:20:35une information
00:20:35concernant
00:20:36M. Boll
00:20:37qui avait eu
00:20:38une permission
00:20:38de sortie
00:20:39pour la journée
00:20:39du samedi
00:20:40donc la veille des faits
00:20:41et le samedi soir
00:20:42il n'a pas réintégré
00:20:43le centre hospitalier.
00:20:45Il devait rentrer
00:20:46le dimanche justement
00:20:47et c'est vrai
00:20:47que cette concomitance
00:20:49on va dire
00:20:49des dates
00:20:50est extrêmement troublante
00:20:52du point de vue
00:20:53des enquêteurs
00:20:53et là
00:20:54j'ai le sentiment
00:20:55qu'ils se disent
00:20:56qu'on a enfin
00:20:57une piste
00:20:58extrêmement intéressante
00:21:00du point de vue
00:21:00également
00:21:01de la personnalité
00:21:02du malade
00:21:03qui est atteint
00:21:04de psychose paranoïaque
00:21:06et qui potentiellement
00:21:07pourrait être dangereux
00:21:10pour autrui.
00:21:15M. Boll
00:21:15avait déjà été
00:21:16arrêté
00:21:17pour des violences
00:21:18et également
00:21:19pour une tentative
00:21:20de meurtre
00:21:20mais comme il avait
00:21:22été reconnu responsable
00:21:23il n'avait pas été
00:21:23condamné par la justice
00:21:24mais il avait eu
00:21:26obligation de soins
00:21:27et donc il avait été
00:21:28hospitalisé
00:21:28dans une partie
00:21:29de l'hôpital
00:21:30qui est pour les malades
00:21:31particulièrement dangereux.
00:21:32Ce monsieur Moll
00:21:37il souffrait
00:21:38d'une forme
00:21:39de psychose
00:21:39qui lui faisait penser
00:21:41que le monde
00:21:43autour de lui
00:21:43était hostile
00:21:44que tout ce qui
00:21:45arrivait autour de lui
00:21:46n'était pas forcément
00:21:48par hasard
00:21:48et avait forcément
00:21:49un lien avec lui.
00:21:51Il disait
00:21:52que les pouvoirs publics
00:21:54lui devaient
00:21:54jusqu'à 400 millions
00:21:56d'euros
00:21:56parce qu'il disait
00:21:57que le paracétamol
00:21:59donc on me doit
00:22:00comme ça
00:22:00400 millions d'euros
00:22:01et il venait régulièrement
00:22:02réclamer son dû
00:22:04que ce soit
00:22:06à l'hôpital
00:22:06de Montfavé
00:22:07ou en faisant
00:22:07des courriers
00:22:08dans différentes institutions
00:22:09pour dire
00:22:10qu'il fallait le dédommager.
00:22:13Un malade psychiatrique
00:22:15dans la nature
00:22:16peut-être
00:22:16le barjot
00:22:18auquel les policiers
00:22:19pensent.
00:22:26Il y a eu
00:22:26une psychose
00:22:27qui s'est un peu
00:22:28installée sur la ville
00:22:28tout le monde se dit
00:22:29à l'époque
00:22:30qu'il y a un tueur
00:22:30en liberté
00:22:31mais un tueur
00:22:32qui peut tuer au hasard.
00:22:37Les gens
00:22:38ont commencé
00:22:39à prendre peur
00:22:40et éviter
00:22:41de traîner
00:22:41sur le parking
00:22:42des Italiens
00:22:43la nuit
00:22:43ou n'y aller pas seul.
00:22:44Les gens
00:22:45se méfient un peu
00:22:46du quartier.
00:22:50Le fugitif
00:22:51est âgé
00:22:51d'une soixantaine
00:22:52d'années.
00:22:53Il circulerait
00:22:54dans Avignon
00:22:55au volant
00:22:56d'une voiture
00:22:56accidentée
00:22:57de couleur jaune.
00:22:58L'alerte
00:23:00est lancée
00:23:00et le jeudi
00:23:012 décembre
00:23:02vers 21h
00:23:03une patrouille
00:23:04repère l'homme
00:23:05dans le centre-ville.
00:23:08Il savait
00:23:09qu'on le recherchait
00:23:10pour l'effet
00:23:10de Mme Martinez
00:23:11et il est assez violent
00:23:13donc il a fait
00:23:13le maîtriser
00:23:14et ensuite
00:23:14il a insulté
00:23:16déjà les policiers
00:23:16municipaux
00:23:17et l'interpellation
00:23:18était un petit peu
00:23:19mouvementée
00:23:19puisque M. Moll
00:23:20était déjà
00:23:21très agité.
00:23:21Dans le véhicule
00:23:25de M. Moll
00:23:26nous avons retrouvé
00:23:27un pistolet
00:23:28qui tire des balles
00:23:28en caoutchouc
00:23:29et également
00:23:30deux couteaux.
00:23:31Nous avons également
00:23:32trouvé une veste
00:23:33avec des tâches
00:23:35suspectes
00:23:35que nous avons
00:23:36envoyées à l'ADN.
00:23:38Éléments
00:23:38encore plus troublants
00:23:39il y a des coupures
00:23:40de presse
00:23:41qui sont relatives
00:23:42au meurtre
00:23:42de Mme Martinez
00:23:43donc là ça commence
00:23:44à quand même
00:23:44faire beaucoup
00:23:45sur les épaules
00:23:47de ce monsieur.
00:23:48Lorsque vous avez
00:23:53un suspect
00:23:53et que vous allez
00:23:54ou en perquisition
00:23:55dans son domicile
00:23:56ou dans son véhicule
00:23:56vous trouvez
00:23:57des articles de journaux
00:23:58sur les faits
00:23:59sur lesquels vous travaillez
00:24:00on pense que là
00:24:01ça sent vraiment bon
00:24:01et qu'on est
00:24:02sur la bonne piste.
00:24:04Les taux se resserrent
00:24:06sur le déséquilibré
00:24:07mais la garde à vue
00:24:08promet d'être épique.
00:24:12On essaie
00:24:12de lui poser
00:24:13plusieurs questions
00:24:14et à chaque fois
00:24:15il répond
00:24:16complètement à côté
00:24:16il chante
00:24:18enfin il est complètement
00:24:19il est très agité
00:24:20et donc
00:24:21il ne veut pas
00:24:22qu'on le réintègre
00:24:23à Montfavé
00:24:24puisqu'il dit
00:24:24qu'il ne veut pas
00:24:25qu'on l'embastille.
00:24:26Il parle de Johnny Hallyday
00:24:27il nous chante la chanson
00:24:29Souvenir, souvenir
00:24:29et il ne veut pas
00:24:30nous donner
00:24:31des explications
00:24:32sur sa journée de dimanche
00:24:33il ne veut pas du tout
00:24:34nous donner son emploi du temps.
00:24:38Au bout de quelques heures
00:24:39de garde à vue
00:24:40on pense qu'il est pas
00:24:41il est agité effectivement
00:24:43mais on ne le voit pas
00:24:44passer à l'acte
00:24:45sur une affaire comme ça
00:24:46et puis bon
00:24:47il n'a pas le gabarit
00:24:48on pense qu'on n'est pas
00:24:50sur le bon
00:24:51sentiment d'enquêteur
00:24:53on n'est pas sur le bon auteur.
00:24:55Pour moi
00:24:55il n'avait pas
00:24:56ce type de dangerosité là
00:24:58il n'avait pas
00:24:59une dangerosité directe
00:25:00contre les personnes
00:25:01en tout cas
00:25:01ce n'était pas son mode opératoire
00:25:03ce n'était pas la façon
00:25:04dont il avait de fonctionner
00:25:05au quotidien.
00:25:06l'analyse ADN
00:25:12des tâches suspectes
00:25:14relevées sur la veste
00:25:15confirme l'impression
00:25:16des policiers
00:25:17molle
00:25:18n'y est pour rien
00:25:19il réintègre
00:25:21le centre hospitalier.
00:25:23une fois qu'on ferme
00:25:29la porte
00:25:30du malade psychiatrique
00:25:31les enquêteurs se disent
00:25:32à ce moment-là
00:25:33ça va être compliqué
00:25:34puisqu'on a écarté
00:25:35tout ce qui était
00:25:37finalement
00:25:37dans l'entourage
00:25:38plus ou moins proche
00:25:39ils n'ont rien
00:25:40finalement à se mettre
00:25:41sous la dent
00:25:41et il va falloir
00:25:42ratisser
00:25:43très très très large
00:25:44et dès lors
00:25:45ça va être
00:25:46très très très long.
00:25:47On sait qu'à l'heure
00:25:48on espère avoir
00:25:48de la chance
00:25:49avec les prélèvements
00:25:50qui sont faits
00:25:52sur le tournevis
00:25:53sur la victime
00:25:54sur les ongles
00:25:55puisqu'on a récupéré
00:25:56tout ce qu'on pouvait
00:25:57au niveau matériel
00:25:59pour pouvoir faire
00:25:59des analyses
00:26:00soit ADN
00:26:01soit des empreintes.
00:26:02Dominique
00:26:03cette chance
00:26:04les policiers
00:26:04vont finir par l'avoir.
00:26:06Oui Frédéric
00:26:06le 22 décembre
00:26:08trois semaines
00:26:08après la mort
00:26:09de Michel Martinez
00:26:10le FNAEG
00:26:11c'est le fichier national
00:26:12automatisé
00:26:13des empreintes génétiques
00:26:14appelle les policiers
00:26:15et leur donne
00:26:16un premier espoir.
00:26:18Le labo a réussi
00:26:19à extraire
00:26:20une empreinte génétique
00:26:22qui pourrait bien
00:26:23correspondre
00:26:24à celle d'un homme
00:26:25qui est déjà fiché.
00:26:35Ça y est
00:26:36enfin
00:26:37on a une piste
00:26:38une piste
00:26:39très très sérieuse.
00:26:43Je me suis dit
00:26:44c'est génial
00:26:44mais toujours
00:26:46je m'odère
00:26:46parce que je sais
00:26:47que des fois
00:26:47c'est infirmé
00:26:49donc on demande
00:26:50confirmation
00:26:50quand même
00:26:50aux experts
00:26:51donc je lui dis
00:26:52c'est quand même
00:26:53super bien
00:26:53mais on va attendre
00:26:54d'avoir la confirmation.
00:26:58La tâche
00:26:59n'a pas été simple.
00:27:01Sur le manche
00:27:02du tournevis
00:27:02et la veste
00:27:03de la victime
00:27:04les experts
00:27:05ont extrait
00:27:06plusieurs empreintes génétiques
00:27:07malheureusement
00:27:09incomplètes
00:27:10et mélangées.
00:27:11Il a donc
00:27:17fallu pousser
00:27:18plus loin
00:27:18les examens
00:27:19en analysant
00:27:21d'autres prélèvements.
00:27:25À ce moment-là
00:27:26nous réceptionnons
00:27:27des prélèvements
00:27:27d'autopsie
00:27:28et notamment
00:27:29des écovionnages
00:27:30réalisés au niveau
00:27:31des ongles
00:27:32de la victime
00:27:33et c'est à partir
00:27:34de là
00:27:34où on a pu
00:27:34déduire
00:27:36un profil masculin
00:27:37complet
00:27:37qui comportait
00:27:38suffisamment
00:27:39de caractéristiques
00:27:40génétiques
00:27:40pour effectuer
00:27:41une comparaison
00:27:42que nous avons
00:27:43soumise
00:27:43au fichier national
00:27:44des empreintes génétiques.
00:27:47Et cette fois
00:27:48le FNAEG
00:27:49est formel.
00:27:51Le FNAEG
00:27:51nous indique
00:27:52qu'il s'agit
00:27:52de Sébastien Malinge
00:27:53qui a 31 ans
00:27:54et qui est
00:27:55originaire du Vaucluse.
00:27:57Les caractéristiques
00:27:58du profil génétique
00:27:58de M. Malinge
00:27:59étaient bien compatibles
00:28:00avec ce que l'on observait
00:28:01sur les différents éléments
00:28:03analysés jusque-là
00:28:04manche du tournevis
00:28:05veste de la victime
00:28:07et ongle de la victime.
00:28:09des archives
00:28:23du commissaire d'Avignon
00:28:24on apprend
00:28:25que M. Malinge
00:28:26est connu
00:28:27pour des faits
00:28:28d'exhibition sexuelle
00:28:29sur Avignon
00:28:29une en 2004
00:28:30et une en 2005
00:28:31celle de 2004
00:28:32il l'a contestée
00:28:33celle de 2005
00:28:34il a effectivement
00:28:35reconnu les faits.
00:28:36elle s'appelle Marie
00:28:39elle avait 20 ans
00:28:40c'est grâce à sa plainte
00:28:42et à celle
00:28:43de deux autres femmes
00:28:44que Malinge
00:28:44a été fichée
00:28:45et qu'il va tomber
00:28:47pour meurtre.
00:28:48Marie sortait
00:28:49de chez elle en vélo
00:28:50quand il la rejointe
00:28:50le 30 juin 2004.
00:28:53arrivé à un gros rond-point
00:28:57il me demande
00:28:58si nous pouvons faire l'amour
00:29:00je commence un petit peu
00:29:01à avoir peur
00:29:03et j'ai un coup de pédale
00:29:04qui commence à être
00:29:05un peu plus vif
00:29:06et je vois qu'il accélère
00:29:08qu'il se rapproche
00:29:09de plus en plus
00:29:10et à un moment donné
00:29:11il me dit
00:29:12elle te plaît celle-là
00:29:13en montrant
00:29:15son sexe en érection
00:29:16qu'il est en train
00:29:17de tenir.
00:29:19Il a un regard noir
00:29:21il est vide
00:29:23et en même temps noir.
00:29:25On sent qu'il n'y a que lui
00:29:26et que je ne suis rien.
00:29:28Peu importe
00:29:29finalement
00:29:30ma réponse
00:29:31il a une obsession
00:29:32en fait
00:29:33c'est de m'atteindre
00:29:35et je sens
00:29:38je sens qu'il est dangereux
00:29:39à ce moment-là.
00:29:42Il arrive à se rapprocher
00:29:43et à me toucher les fesses
00:29:45avec sa main
00:29:46par-dessus les vêtements
00:29:48et je donne un grand coup
00:29:50avec ma jambe
00:29:51pour l'écarter
00:29:52tout en ayant très peur
00:29:53du coup
00:29:53que ce coup me fasse basculer
00:29:55et j'arrive à me dégager
00:29:56de lui
00:29:57et à m'enfuir.
00:30:02Je me présente
00:30:03au commissariat de police
00:30:05je suis accueillie
00:30:07par des policiers
00:30:09hommes
00:30:10qui me regardent
00:30:10de haut en bas
00:30:11et qui me disent
00:30:13que oui
00:30:14des filles comme moi
00:30:15il y en a des dizaines
00:30:16par mois
00:30:17et que de toute façon
00:30:18on ne retrouvera pas
00:30:19l'auteur
00:30:20donc
00:30:21ils me déconseillent
00:30:22de déposer plainte
00:30:23je comprends du coup
00:30:25que ma démarche est vaine
00:30:26et je repars chez moi.
00:30:31Le soir même
00:30:32je pars travailler
00:30:33et je croise
00:30:35un groupe de personnes
00:30:36à qui je raconte
00:30:37cette mésaventure
00:30:38il se trouve
00:30:39que dans ce groupe
00:30:39il y a quelqu'un
00:30:40qui a un poste
00:30:42assez important
00:30:42au commissariat
00:30:43et qui s'offusque
00:30:44de la façon
00:30:45dont mon souhait
00:30:46de déposer plainte
00:30:47a été traité
00:30:48et qui fera
00:30:49le nécessaire
00:30:50et donc le lendemain
00:30:52je suis invitée
00:30:53à déposer plainte
00:30:54et ma plainte
00:30:55est prise
00:30:55dans ces circonstances-là.
00:30:57Une plainte
00:30:58qui s'avère bien utile.
00:31:00Ma grande surprise
00:31:01en mai 2005
00:31:02printemps 2005
00:31:03donc quasiment
00:31:04un an après
00:31:05je suis rappelée
00:31:05par le commissariat
00:31:06de police
00:31:07qui me dit
00:31:08tenir dans leurs locaux
00:31:10un individu
00:31:11correspondant
00:31:12à ma description
00:31:13parce qu'il vient
00:31:14de commettre
00:31:14des faits similaires
00:31:16et être appréhendé
00:31:17dans ce cadre.
00:31:18Je le reconnais
00:31:19formellement
00:31:20derrière la vitre
00:31:21de Santin
00:31:21et du coup
00:31:24s'enclenche
00:31:25la procédure
00:31:26de jugement
00:31:27pour les divers faits
00:31:29d'exhibition
00:31:30et d'agression
00:31:30qu'il a commis
00:31:31et qui à ce moment-là
00:31:32lui sont reprochés.
00:31:36A l'époque
00:31:37Sébastien Malinge
00:31:39avait 26 ans.
00:31:42Il a été condamné
00:31:42à 6 mois de prison
00:31:43avec sursis
00:31:44et obligation de soins.
00:31:46Ensuite
00:31:515 ans tranquilles
00:31:53plus de plaintes
00:31:55jusqu'au meurtre
00:31:56de Michel Martinez.
00:32:04On a pensé
00:32:05que Mme Martinez
00:32:05n'a pas été effrayée
00:32:07par le contact
00:32:08avec M. Malinge
00:32:09et même s'il lui a
00:32:11effectivement proposé
00:32:12une fellation
00:32:12Mme Martinez
00:32:13a peut-être pris ça
00:32:14à la légère
00:32:15et lorsqu'il a
00:32:16sorti son sexe
00:32:17il a peut-être pu
00:32:17se moquer de son sexe
00:32:18peut-être il s'est senti vexé
00:32:20et aurait pu
00:32:20du coup s'énerver
00:32:22contre Mme Martinez.
00:32:30En 2005
00:32:31au moment des faits
00:32:32d'exhibition
00:32:32Sébastien Malinge
00:32:34travaillait dans une pizzeria
00:32:35et il habitait
00:32:37avec sa compagne
00:32:37au Pontet
00:32:38tout près d'Avignon.
00:32:40Mais 5 ans plus tard
00:32:42les policiers
00:32:43ont bien du mal
00:32:44à le localiser.
00:32:46On s'aperçoit
00:32:48qu'il a changé
00:32:48plusieurs fois
00:32:49de domicile
00:32:50et visiblement
00:32:51il a changé
00:32:51également
00:32:51plusieurs fois
00:32:52de compagne
00:32:52puisqu'il a même
00:32:53quitté sa femme
00:32:55avec laquelle
00:32:55il a eu deux enfants
00:32:56et donc il est quand même
00:32:57plutôt on va dire
00:32:58instable
00:32:58et il n'a pas vraiment
00:33:00de domicile fixe
00:33:00donc pour nous
00:33:01l'enquête
00:33:01était beaucoup plus difficile
00:33:02on ne savait pas
00:33:03réellement où le trouver
00:33:04donc avec sa facturation
00:33:06détaillée
00:33:06on s'aperçut
00:33:07qu'il était en contact
00:33:08avec son ex-compagne
00:33:09et comme elle habitait
00:33:11dans le Vaucluse
00:33:11on a décidé
00:33:12de faire une surveillance
00:33:13immédiate sur le domicile
00:33:14de son ex-compagne
00:33:15La voiture banalisée
00:33:22arrive vers 19h
00:33:23dans le village
00:33:25où habite
00:33:25l'ex-compagne
00:33:26et les deux enfants
00:33:27de Sébastien Malinge
00:33:29Noël approche
00:33:31l'homme
00:33:32va peut-être
00:33:33passer les voir
00:33:34c'est en tout cas
00:33:36ce qu'espèrent
00:33:37les policiers
00:33:38et une demi-heure plus tard
00:33:41une voiture
00:33:43se gare pile poil
00:33:45devant la maison
00:33:46qui le surveille
00:33:47un homme en sort
00:33:53sonne à la porte
00:33:56à la lueur des réverbères
00:33:58les policiers le reconnaissent
00:34:00et quand un quart d'heure plus tard
00:34:03l'homme remonte
00:34:05dans sa voiture
00:34:05ils en sont certains
00:34:08c'est Sébastien Malinge
00:34:10les policiers reprennent
00:34:15donc la filature
00:34:15jusqu'à l'entrée
00:34:17du village
00:34:18de Pernes-les-Fontaines
00:34:19où la voiture
00:34:21de Malinge
00:34:21freine
00:34:22et se gare
00:34:23c'est le moment
00:34:25les policiers
00:34:26n'ont pas perdu
00:34:27leur temps
00:34:27l'identification
00:34:30et l'arrêtation
00:34:31pour Noël
00:34:31c'était vraiment
00:34:31un très beau cadeau
00:34:32un cadeau
00:34:34pour les policiers
00:34:35mais un Noël
00:34:36en garde à vue
00:34:37pour Sébastien Malinge
00:34:38et son avocat
00:34:40pourquoi Sébastien Malinge
00:34:42fait-il appel à vous
00:34:42vous le connaissiez ?
00:34:44je connais Sébastien Malinge
00:34:46parce qu'il était
00:34:47garçon de café
00:34:48dans un établissement
00:34:49qui est au-dessous
00:34:50de mon cabinet
00:34:50nous avions sympathisé
00:34:52et c'est pour cela
00:34:53que le 23 décembre
00:34:55quand il est interpellé
00:34:56il pense à mon nom
00:34:57et cette arrestation
00:34:58elle vous étonne ?
00:35:00elle me surprend
00:35:00surtout
00:35:00quand il me fait part
00:35:02que c'est pour un meurtre
00:35:03Sébastien Malinge
00:35:05ça me sidère
00:35:06alors on est le 23 décembre
00:35:07je vais le voir
00:35:08et il me dit
00:35:09ça ne me concernait pas
00:35:11moi Mme Martina
00:35:12je la connais pas
00:35:13je ne sais pas qui elle est
00:35:14on me parle d'une affaire
00:35:16qui ne me concerne pas
00:35:17on me parle de fait
00:35:18que je n'ai pas commis
00:35:19j'ai rien à en dire
00:35:21voilà ce qu'il me dit
00:35:22et il a le sentiment
00:35:23que tout va se révéler
00:35:24que son innocence
00:35:26va surgir
00:35:27et que donc
00:35:27ce cauchemar
00:35:29va se terminer rapidement
00:35:31et je vais le revoir
00:35:32le 24
00:35:32le soir de Noël
00:35:33je tiens absolument
00:35:34à le voir
00:35:35en garde à vue donc
00:35:35en garde à vue
00:35:36qui se prolonge
00:35:37et là encore
00:35:38la même constance
00:35:39la même sérénité
00:35:40il est étranger
00:35:41à cette affaire
00:35:42il est étranger
00:35:43en garde à vue
00:35:47les policiers comprennent
00:35:48que la situation
00:35:49de Malinge
00:35:49s'est nettement
00:35:50détériorée
00:35:51en 5 ans
00:35:52M. Malinge
00:35:54a une allocation
00:35:55d'adulte handicapé
00:35:56de 300 et quelques euros
00:35:59et il a une blessure
00:36:01qu'il est handicapé
00:36:02il ne peut plus travailler
00:36:03et il vit
00:36:04une partie de la semaine
00:36:05chez une amie
00:36:06qui lui prête
00:36:07son appartement
00:36:08à Auponté
00:36:08et l'autre partie
00:36:10chez sa compagne actuelle
00:36:12qui habite
00:36:13à Pernes-les-Fontaines
00:36:14ses renseignements pris
00:36:15les policiers attaquent
00:36:17et d'abord
00:36:17son emploi du temps
00:36:19le jour du crime
00:36:20on lui dit
00:36:22voilà
00:36:22tu es en garde à vue
00:36:24pour le meurtre
00:36:25de Mme Martinez
00:36:26et on lui donne
00:36:27le jour des faits
00:36:28le lieu etc
00:36:29on lui donne les éléments
00:36:30on est déjà
00:36:32presque un mois
00:36:34de la date des faits
00:36:36et il est assez précis
00:36:38sur son emploi du temps
00:36:39puisqu'il nous indique
00:36:40que le samedi soir
00:36:41il est allé
00:36:41dans une discothèque
00:36:42qui est très proche
00:36:43du parking des Italiens
00:36:44avec son ami Christophe
00:36:46qu'il a été ramené
00:36:48vers 3-4h du matin
00:36:49sur le pontet
00:36:50Sébastien Malinge
00:36:53est alors rentré
00:36:53chez lui
00:36:54il habite à 50 mètres
00:36:56de son ami Christophe
00:36:57
00:36:58il s'est endormi
00:36:59ensuite son ami Christophe
00:37:01l'a rappelé
00:37:01vers 7h30
00:37:02pour lui indiquer
00:37:03qu'il était en panne
00:37:04de voiture
00:37:04et comme la panne
00:37:05était quand même
00:37:06plus grave que prévu
00:37:07il avait appelé
00:37:08un loueur sur Avignon
00:37:09pour aller louer un véhicule
00:37:10et M. Malinge
00:37:11l'a amené
00:37:12jusqu'à ce loueur
00:37:13et ils se sont quittés
00:37:14après dans la matinée
00:37:15après avoir récupéré
00:37:23la voiture de location
00:37:24Christophe l'a déposé
00:37:26devant une boulangerie
00:37:27au Pontet
00:37:28il était 9h30
00:37:3010h
00:37:31Malinge
00:37:36dit qu'il a bu un café
00:37:38et qu'il est retourné
00:37:39chercher quelques affaires
00:37:40dans l'appartement
00:37:42que lui prête
00:37:42son ami Natacha
00:37:43à 10h30
00:37:47il a rendu visite
00:37:49à Emilie
00:37:49une autre de ses copines
00:37:51et vers midi
00:37:56il a pris le chemin
00:37:58du parc
00:37:58Chico Mandes
00:38:00où il avait rendez-vous
00:38:01avec sa compagne
00:38:02Blanca
00:38:02et la fille de celle-ci
00:38:04un emploi du temps
00:38:12serré
00:38:12bourré d'alibi
00:38:13alors les policiers
00:38:14sortent leur carte maîtresse
00:38:17on lui indique quand même
00:38:20qu'on a retrouvé
00:38:21l'ADN sous les ongles
00:38:22de la victime
00:38:22qu'on a trouvé l'ADN
00:38:24sur la veste de la victime
00:38:25et qu'on a retrouvé
00:38:26l'ADN également
00:38:27sur le manche
00:38:28d'un tournevis
00:38:28qui était à proximité
00:38:29du corps de la victime
00:38:31et il ne l'explique pas
00:38:32c'est pas lui
00:38:36ni en bloc
00:38:37et il indique
00:38:38que c'est pas possible
00:38:38qu'il ait son ADN
00:38:39qui soit découvert
00:38:40sur la victime
00:38:41et sur un objet
00:38:42à proximité
00:38:43du corps de la victime
00:38:44le 24 décembre 2010
00:38:52je suis à nouveau
00:38:53de permanence
00:38:54pour la période de Noël
00:38:56et j'apprends
00:38:58dès le matin
00:38:58qu'il y a un suspect
00:39:00en garde à vue
00:39:01dans l'affaire
00:39:02Michel Martinez
00:39:03et là
00:39:04on va nécessairement
00:39:05chercher à savoir
00:39:07quel est le mobile
00:39:07quel est le lien entre eux
00:39:09est-ce qu'ils se connaissent
00:39:10et il s'avère
00:39:11qu'il n'y a aucun élément
00:39:12qui ressort
00:39:13donc on est dans
00:39:14un néant total
00:39:15à part l'ADN
00:39:16nous n'avons pas
00:39:17d'autres preuves
00:39:17mais dans la tête
00:39:19des enquêteurs
00:39:20on n'a aucun doute
00:39:22sur la culpabilité
00:39:23de M. Malinge
00:39:24on pourrait mettre
00:39:25notre main coupée
00:39:26sans problème
00:39:26le jour de Noël
00:39:29à l'issue de sa garde à vue
00:39:30Sébastien Malinge
00:39:32comparait devant
00:39:33le juge d'instruction
00:39:34une arrivée
00:39:36que les journalistes
00:39:37ne ratent pas
00:39:38on est le 25 décembre
00:39:41donc il faut s'imaginer
00:39:42qu'on est quand même
00:39:44dans une ville déserte
00:39:46un palais de justice
00:39:46encore plus désert
00:39:47et on voit effectivement
00:39:49arriver Sébastien Malinge
00:39:51entouré de deux enquêteurs
00:39:52alors certes
00:39:53il a la tête recouverte
00:39:54d'un blouson
00:39:55mais on voit
00:39:56cette stature massive
00:39:57et puis ces immenses mains
00:39:59qui sont quand même
00:40:00extrêmement atypiques
00:40:01enfin c'est des mains
00:40:03qu'on ne voit pas
00:40:04communément
00:40:05il a quand même
00:40:06le potentiel
00:40:06pour s'attaquer
00:40:08à une personne âgée
00:40:09et d'avoir le dessus
00:40:11sur elle
00:40:12même tout seul
00:40:12Sébastien Malinge
00:40:15est mis en examen
00:40:15pour meurtre
00:40:16et écroué
00:40:17début janvier 2011
00:40:20la juge d'instruction
00:40:22convoque Marianne
00:40:23la fille de la victime
00:40:24pour l'informer
00:40:25officiellement
00:40:26de l'arrestation
00:40:26d'un suspect
00:40:27mais sans le nommer
00:40:28ni lui montrer de photo
00:40:30elle lui demande
00:40:32comment sa mère
00:40:34aurait réagi
00:40:34si elle avait été
00:40:35agressée par un exhibitionniste
00:40:37est-ce qu'elle aurait pu
00:40:38lui tenir tête
00:40:39et le mettre ainsi
00:40:40en colère
00:40:41Marianne confirme alors
00:40:43l'hypothèse des policiers
00:40:44sa mère
00:40:45aurait fait face
00:40:46à part ça
00:40:48la fille de Michel Martinez
00:40:50ne semble pas soulagée
00:40:51de savoir un suspect
00:40:52sous les verrous
00:40:53Marianne se réfugie
00:40:56dans la solitude
00:40:57s'isole de plus en plus
00:40:59et a peur
00:41:00elle sombre peu à peu
00:41:02dans une dépression
00:41:03très importante
00:41:04et a du mal
00:41:06à s'exprimer
00:41:07retient tout pour elle
00:41:08et son état de santé
00:41:11s'aggrave
00:41:12à l'hôtel de police
00:41:16l'enquête continue
00:41:18les policiers doivent vérifier
00:41:20l'emploi du temps
00:41:20de Sébastien Malinge
00:41:21il convoque donc
00:41:23son copain Christophe
00:41:24Christophe sur Sébastien Malinge
00:41:28nous indique qu'au départ
00:41:29il était assez convivial
00:41:31qu'il faisait des barbecues
00:41:32qu'il était socialement intégré
00:41:34et qu'au fur et à mesure
00:41:36il s'est un peu marginalisé
00:41:37qu'ils avaient continué
00:41:38un peu à se côtoyer
00:41:39parce qu'il faisait un peu
00:41:40de mécanique auto
00:41:41mais qu'il s'était quand même
00:41:42désocialisé
00:41:43qu'il était un peu SDF
00:41:45en quelque sorte
00:41:45et Christophe raconte
00:41:53le samedi
00:41:54la veille des faits
00:41:56les deux hommes ont passé
00:41:57toute l'après-midi ensemble
00:41:58à essayer de réparer
00:41:59la voiture de Christophe
00:42:01sans succès
00:42:01alors Christophe
00:42:06a loué une voiture
00:42:07pour le lendemain matin
00:42:08et ils sont sortis en boîte
00:42:10ils se sont quittés
00:42:14vers 2h du matin
00:42:16au Pontet
00:42:16le lendemain matin
00:42:23comme convenu
00:42:24Sébastien Malinge
00:42:26est revenu
00:42:26vers 7h30
00:42:27et ils sont partis
00:42:31tous les deux
00:42:32chez le loueur
00:42:33à la gare TGV
00:42:34Christophe
00:42:39a récupéré la voiture
00:42:40qu'ils avaient réservée
00:42:41et ils ont repris la route
00:42:43direction
00:42:45le Pontet
00:42:46Christophe
00:42:49au volant
00:42:49de la voiture
00:42:50de location
00:42:51Malinge
00:42:52dans celle
00:42:53qui était prête
00:42:54à lâcher
00:42:54ils se sont suivis
00:42:57et tout à coup
00:42:58Sébastien s'est garé
00:43:00en catastrophe
00:43:01il y avait un problème
00:43:05de refroidissement
00:43:06et monsieur Malinge
00:43:08a ouvert le capot
00:43:09et a ouvert
00:43:10le vase d'expansion
00:43:11et là
00:43:12à ce moment-là
00:43:12il se brûle
00:43:13ce comportement
00:43:14a surpris Christophe
00:43:15qui indiquait
00:43:17que pour une personne
00:43:19qui est calée
00:43:19en mécanique automobile
00:43:21c'est pas logique
00:43:22devant le vase d'expansion
00:43:23sachant que
00:43:24liquide
00:43:24en ébullition
00:43:26et qu'il y a des chances
00:43:27de brûlure
00:43:27moi je pense plutôt
00:43:29qu'il était perturbé
00:43:30parce qu'il s'était passé
00:43:31quelques minutes auparavant
00:43:32avec Mme Martinez
00:43:32ensuite
00:43:48ils sont repartis
00:43:50laissant sur place
00:43:51la voiture en panne
00:43:53Christophe a déposé Sébastien
00:43:54un peu plus loin
00:43:55il était 9h10
00:43:579h15
00:43:57soit une heure plus tôt
00:44:00que la version de Malinge
00:44:01les policiers vérifient
00:44:04auprès du loueur
00:44:05Christophe a pris la voiture
00:44:07à 8h44
00:44:08une caméra de surveillance
00:44:11a filmé les deux hommes
00:44:12le nez sous le capot
00:44:14d'après la vidéo
00:44:17ils sont repartis
00:44:18à 8h55
00:44:19des horaires cohérents
00:44:23les policiers
00:44:24tablent aussitôt
00:44:26sur l'emploi du temps
00:44:27que vient de leur donner
00:44:27Christophe
00:44:29compte tenu
00:44:29de l'emploi du temps
00:44:30que vient de donner
00:44:31Christophe
00:44:32dans quel créneau horaire
00:44:34Sébastien Malinge
00:44:35aurait-il pu tuer
00:44:36Mme Martinez ?
00:44:37Alors on sait qu'entre
00:44:397h30 et 9h15
00:44:41il est avec son copain
00:44:42Christophe
00:44:43qui s'est confirmé
00:44:43donc il peut l'avoir tué
00:44:45avant 7h30
00:44:47ou après 9h15
00:44:49avant 7h30
00:44:50ça paraît compliqué
00:44:51pourquoi se serait-elle
00:44:52lever aussitôt
00:44:53un dimanche matin
00:44:54pour aller acheter
00:44:55des cigarettes
00:44:55et puis Christophe
00:44:57aurait sans doute
00:44:57remarqué quelque chose
00:44:58au moment où
00:44:59il a retrouvé Sébastien
00:45:01donc l'autre hypothèse
00:45:03c'est après 9h15
00:45:04Mais ça ça ne correspond pas
00:45:06aux constatations du légiste
00:45:07qui a daté la mort
00:45:08entre 5h et 9h
00:45:10Oui Frédéric
00:45:11mais la médecine légale
00:45:12ça n'est pas une science exacte
00:45:13et le médecin légiste
00:45:15il a pu être
00:45:16un peu trop catégorique
00:45:18sur les horaires
00:45:19qu'il a donnés
00:45:19Nous avons interrogé
00:45:21Christophe
00:45:22sur l'état général
00:45:24de Sébastien Malinge
00:45:26et il n'a rien remarqué
00:45:27de particulier
00:45:28pas de griffure
00:45:29pas de déchureux
00:45:30de vêtements
00:45:31rien de particulier
00:45:32Vu la barbarie du crime
00:45:34il aurait été obligé
00:45:36qu'il ait du sang sur lui
00:45:38il aurait été éclaboussé
00:45:40et là
00:45:43il n'avait rien du tout
00:45:44Christophe est formé là
00:45:46Sébastien
00:45:46n'avait pas
00:45:48une tâche de sang
00:45:49Sébastien Malinge
00:45:52aurait-il eu le temps
00:45:53de se changer
00:45:54avant de retrouver Christophe
00:45:56pour lui rendre service
00:45:57les policiers vérifient
00:45:594 itinéraires sont possibles
00:46:01entre le parking
00:46:02des italiens
00:46:03et l'appartement
00:46:04où il dort au Pontet
00:46:05tout près de chez Christophe
00:46:07les policiers
00:46:09les refont donc à pied
00:46:10résultat
00:46:12entre 25 et 29 minutes
00:46:15s'il a eu le temps
00:46:18de se changer
00:46:19et d'être chez Christophe
00:46:20à 7h30
00:46:21Malinge
00:46:22aurait donc dû
00:46:23tuer Michel Martinez
00:46:24bien avant cette heure
00:46:25quant à la seconde hypothèse
00:46:28celle d'un crime
00:46:29commis non pas avant
00:46:319h et quart
00:46:32comme l'a dit le légiste
00:46:33mais un peu plus tard
00:46:34les policiers
00:46:35l'examinent aussi
00:46:36Malinge nous indique
00:46:39qu'à 10h
00:46:39il est allé voir
00:46:40une autre amie
00:46:41qui s'appelle Émilie
00:46:42pour aller boire un café
00:46:42et Émilie ne peut confirmer
00:46:45la libide
00:46:46de monsieur Malinge
00:46:48en disant que pour elle
00:46:49c'était pas ce jour-là
00:46:50qu'il s'était vu
00:46:50pour boire un café
00:46:51plus ennuyeux
00:46:54sa compagne parle bien
00:46:56d'une sortie
00:46:56au parc Chico-Mondes
00:46:58mais ils n'y ont pas
00:47:00déjeuné ensemble
00:47:01monsieur Malinge
00:47:03nous a indiqué
00:47:03qu'il avait retrouvé
00:47:05sa petite amie
00:47:05vers 13h
00:47:06dans le parc Chico-Mondes
00:47:08pour déjeuner avec elle
00:47:09et lorsque nous la convoquons
00:47:10elle nous indique
00:47:11que c'est plutôt
00:47:1215h30
00:47:13parce que sa fille
00:47:14faisait une sieste
00:47:15elle a même appelé
00:47:20pour lui fixer
00:47:21rendez-vous
00:47:21à 15h17
00:47:23d'après son téléphone
00:47:24acculé
00:47:27Sébastien Malinge
00:47:29change alors de version
00:47:30il nous a indiqué
00:47:32qu'il était retourné
00:47:33à son domicile
00:47:33au Pontet
00:47:34qu'il s'était changé
00:47:35qu'il s'était endormi
00:47:36et que c'est sa compagne
00:47:37finalement à 15h17
00:47:39qu'il avait réveillé
00:47:39pour lui donner rendez-vous
00:47:41au parc Chico-Mondes
00:47:42en gros il s'adapte
00:47:43il dit
00:47:44je ne me rappelais
00:47:44peut-être plus trop
00:47:45ça pouvait être un autre jour
00:47:46donc du coup
00:47:47il nous redonne
00:47:47une nouvelle version
00:47:48qui pour nous
00:47:49est du coup
00:47:49plus difficile
00:47:50il a démonté
00:47:52puisque là
00:47:53ce coup-ci
00:47:53il indique
00:47:54qu'il était tout seul
00:47:54au domicile
00:47:55et qu'il n'a vu
00:47:56plus personne
00:47:56jusqu'à 15h17
00:47:57pourtant
00:48:00là encore
00:48:01les policiers
00:48:01ont la preuve
00:48:02qu'il ment
00:48:02quand Blanca
00:48:04l'a appelé
00:48:04il n'était pas
00:48:05chez lui
00:48:06comme il le prétend
00:48:06son téléphone
00:48:08le trahit
00:48:09il était en vadrouille
00:48:11à 3 km du parc
00:48:13a encore réussi
00:48:15à lui montrer
00:48:17une contradiction
00:48:17par rapport
00:48:18à ses déclarations
00:48:19grâce à la facturation
00:48:20détaillée
00:48:20de son téléphone
00:48:21du coup
00:48:24personne ne sait
00:48:25ce qu'il a fait
00:48:26entre 9h15
00:48:27et 15h17
00:48:296h
00:48:32qui lui laissent
00:48:33largement le temps
00:48:34de tuer
00:48:35de se changer
00:48:36et de se débarrasser
00:48:39de ses vêtements
00:48:39mais cela reste
00:48:43une hypothèse
00:48:44les policiers
00:48:47n'ont toujours
00:48:47pas de preuve
00:48:48puisqu'ils n'ont pas
00:48:50trouvé la moindre
00:48:51goutte de sang
00:48:52sur les affaires
00:48:54de Sébastien Malinge
00:48:55un élément
00:48:58pourtant
00:48:59une trousse à outils
00:49:01laissée
00:49:01chez sa petite amie
00:49:02Blanca
00:49:03dedans
00:49:04un tournevis
00:49:05qui ressemble bien
00:49:06à celui
00:49:06qui a été retrouvé
00:49:07dans la tempe
00:49:08de la victime
00:49:09et ce qu'il y a de sûr
00:49:11c'est que l'homme
00:49:12apprécie l'outil
00:49:13les policiers
00:49:14comptent pas moins
00:49:15de 12 tournevis
00:49:17lorsque nous avons trouvé
00:49:23tout cet outillage
00:49:24au domicile
00:49:25de sa compagne
00:49:26on a également pensé
00:49:27qu'il aurait pu
00:49:29effectivement
00:49:29faire des vols
00:49:31roulottes
00:49:32sur des véhicules
00:49:33en stationnement
00:49:34sur parkings italiens
00:49:35et du coup
00:49:35se retrouver
00:49:36avec un tournevis
00:49:3712 tournevis
00:49:49trouvés
00:49:50il collectionne
00:49:51le tournevis
00:49:52votre client
00:49:53c'est bizarre ça non ?
00:49:54il n'y a rien de bizarre
00:49:55on peut
00:49:55il a des outils
00:49:58parce qu'il dépagne
00:49:59il bricole
00:50:00ça n'a pas de surprenant
00:50:01c'est pas une preuve
00:50:02de culpabilité
00:50:03il y a quand même
00:50:04des couacs
00:50:04dans son emploi du temps
00:50:06quels couacs ?
00:50:07c'est-à-dire que le matin
00:50:08il sait très bien
00:50:09minute par minute
00:50:09ce qu'il a fait
00:50:10et puis l'après-midi
00:50:11il est beaucoup plus flou
00:50:12alors on va être clair
00:50:13l'heure du meurtre
00:50:16c'est entre
00:50:175h et 9h du matin
00:50:19point final
00:50:20c'est pas moi qui le dis
00:50:21c'est médecin légiste
00:50:23Malinge
00:50:24quitte le Bocahors
00:50:25entre 4h à 5h du matin
00:50:26il est raccompagné
00:50:27à 5h du matin
00:50:29il est retrouvé
00:50:30par son ami
00:50:31entre 7h et 7h30
00:50:32donc il a 2h
00:50:34donc il faut m'expliquer
00:50:36ce qu'aurait fait
00:50:38Sébastien Malinge
00:50:39entre 5h et 7h du matin
00:50:41il dit qu'il est allé se coucher
00:50:42donc il faut supposer
00:50:44qu'il s'est réveillé
00:50:46et qu'il est allé marcher
00:50:48il faut 25 minutes
00:50:50pour rejoindre son domicile
00:50:51du parking des Italiens
00:50:53d'ailleurs il y a une question
00:50:54les pierres ont fait
00:50:56clabousser du sang partout
00:50:57or Sébastien Malinge
00:50:59si véritablement
00:51:01il a accompli ses faits
00:51:02nécessairement
00:51:03il y a eu des éclaboussures
00:51:04or il y a une petite précision
00:51:07quand même
00:51:07c'est que
00:51:08où il dort
00:51:08il n'a pas d'eau
00:51:09il n'y a pas d'eau
00:51:11et donc
00:51:11son ami Moulin
00:51:12le voit à 7h15
00:51:137h30
00:51:14et à ce moment là
00:51:15il ne remarque rien
00:51:17qu'on essaie
00:51:18de me reconstituer
00:51:19la chronologie des faits
00:51:21à partir de Sébastien Malinge
00:51:23il n'y a rien de cohérent
00:51:25dans ce dossier
00:51:26il n'empêche
00:51:27qu'il fait quand même
00:51:27des erreurs
00:51:28sur son emploi du temps
00:51:29aucune erreur
00:51:29reprenez les déclarations
00:51:31aucune erreur
00:51:31il change beaucoup
00:51:32il ne change pas du tout
00:51:34il dit
00:51:35je suis rentré me coucher
00:51:36tout ce qui s'est passé
00:51:37à partir de 9h du matin
00:51:38ne m'intéresse plus moi
00:51:39comment réagit-il
00:51:40Sébastien Malinge
00:51:41face à cette accusation
00:51:43comme beaucoup d'innocents
00:51:44il ne proteste pas
00:51:45il n'essaie pas
00:51:45de trouver des alibes
00:51:46il n'essaie pas
00:51:48de trouver des explications
00:51:49même sur cette horaire
00:51:50il dit
00:51:51j'ai dormi
00:51:51les policiers
00:51:54ont un autre problème
00:51:55Sébastien Malinge
00:51:56a été condamné
00:51:57pour exhibition
00:51:58et agression sexuelle
00:51:59soit
00:51:59mais son profil
00:52:01ne colle pas vraiment
00:52:02avec le meurtre
00:52:03d'une sexagénaire
00:52:04à coups de pierre
00:52:06et de tournevis
00:52:07l'homme aurait-il changé
00:52:09basculé dans la violence
00:52:11les policiers
00:52:13interrogent tous ses amis
00:52:15j'apprends ces affaires
00:52:22d'exhibitionnisme
00:52:23quand j'ai été interrogée
00:52:24par la police
00:52:25quand ils m'ont expliqué
00:52:28que ces empreintes
00:52:29avaient matché
00:52:29qu'il avait déjà été condamné
00:52:31pour exhibitionnisme
00:52:32avant je ne le savais pas
00:52:34je ne vais pas dire
00:52:35que ce n'est pas grave
00:52:36parce que ça peut être
00:52:38choquant
00:52:39mais je pense
00:52:40que ça ne ressemble
00:52:41pas à lui
00:52:41Sébastien
00:52:44je ne l'ai jamais vu
00:52:45violent
00:52:45jamais
00:52:46lui
00:52:47tuer quelqu'un
00:52:48c'était totalement
00:52:50impossible
00:52:51c'est quelqu'un
00:52:52qui est tellement gentil
00:52:53tellement serviable
00:52:55toujours prêt
00:52:56à aider
00:52:57tout le monde
00:52:58pour moi
00:52:59c'était juste
00:53:00pas possible
00:53:01on habitait
00:53:04dans la même résidence
00:53:06lui connaissait
00:53:08tout le monde
00:53:08il a commencé
00:53:10à organiser
00:53:10des barbecues
00:53:12en bas de notre immeuble
00:53:13il nous a fait
00:53:14tous nous rencontrer
00:53:15et on est devenu
00:53:16une très bonne bande
00:53:17de copains
00:53:17Sébastien est un excellent
00:53:24papa
00:53:25tout le temps
00:53:25avec ses enfants
00:53:26toujours en train
00:53:27de leur faire
00:53:28des activités
00:53:28toujours en train
00:53:29de s'occuper d'eux
00:53:30il a commencé
00:53:31à se marginaliser
00:53:33quand il s'est séparé
00:53:34de la mère
00:53:35de ses enfants
00:53:35ça a été
00:53:37je pense
00:53:38un choc pour lui
00:53:39ne plus voir
00:53:41ses enfants
00:53:41tous les jours
00:53:42s'occuper d'eux
00:53:44tous les jours
00:53:44ça a été
00:53:46pas évident
00:53:47au départ
00:54:00à ce moment-là
00:54:15il a continué
00:54:16à vivre
00:54:16quelques mois
00:54:17dans l'appartement
00:54:18où ils étaient
00:54:19ensemble
00:54:19puis il l'a quitté
00:54:21et de là
00:54:23il a commencé
00:54:24à aller un petit peu
00:54:25à droite
00:54:25à gauche
00:54:26c'est vrai
00:54:27que sa vie
00:54:27était quand même
00:54:28précaire
00:54:29est-ce qu'il le vivait
00:54:31mal
00:54:32je ne sais pas
00:54:33c'est quelqu'un
00:54:35qui ne montrait
00:54:36pas beaucoup
00:54:36ses sentiments
00:54:37il mentait
00:54:39sur certaines choses
00:54:40il enjolivait
00:54:41un peu
00:54:43sa vie
00:54:43alors qu'on ne savait
00:54:45pas forcément
00:54:45ce qu'il faisait
00:54:46de sa vie
00:54:47c'était ça
00:54:50son mystère
00:54:51pour pas qu'il se retrouve
00:54:53dehors
00:54:54je lui ai proposé
00:54:56d'aller dans
00:54:57l'appartement
00:54:58que j'allais rendre
00:54:59puisque moi
00:55:00je n'y habitais plus
00:55:01il n'y avait plus
00:55:02que des affaires
00:55:03dedans
00:55:03je lui ai tendu
00:55:05la main
00:55:05parce que c'était
00:55:06pour moi
00:55:07ça l'est toujours
00:55:08un ami
00:55:09les copains
00:55:13de ma linge
00:55:13sont unanimes
00:55:14c'est un type bien
00:55:15un homme
00:55:16qui n'a pas eu de chance
00:55:17mais un homme
00:55:18serviable
00:55:19aimable
00:55:19pas le genre
00:55:22à enfoncer
00:55:22un tournevis
00:55:23dans la tête
00:55:24d'une femme
00:55:24la seule
00:55:28qui dresse
00:55:29un portrait
00:55:29moins sympathique
00:55:30de ma linge
00:55:31c'est son ex-compagne
00:55:33la mère
00:55:34de ses deux enfants
00:55:35menteur
00:55:36manipulateur
00:55:38peu fiable
00:55:38un homme
00:55:39qui ne reconnaît
00:55:40jamais ses torts
00:55:42même lorsqu'il a
00:55:43passé les bornes
00:55:44c'est ce qu'elle explique
00:55:45un jour
00:55:47une dispute
00:55:49a éclaté
00:55:50alors qu'elle conduisait
00:55:51de rage
00:55:53et sans état d'âme
00:55:54il a serré
00:55:55le frein à main
00:55:56et provoqué
00:55:57un accident
00:55:57mais cette histoire
00:56:01il l'a toujours
00:56:02nié
00:56:02il se débrouille
00:56:03toujours
00:56:04pour se présenter
00:56:05en victime
00:56:05quand elle l'a quitté
00:56:07parce qu'elle n'en pouvait
00:56:08plus de ses mensonges
00:56:09la victime
00:56:10c'était encore lui
00:56:12entre le papa poule
00:56:15le copain serviable
00:56:17et le conjoint manipulateur
00:56:20qui est le vrai malinge
00:56:22c'est un garçon
00:56:24qui est pudique
00:56:25qui prend beaucoup sur lui
00:56:28il veut
00:56:29avoir la tendresse
00:56:31un regard de tendresse
00:56:32des autres
00:56:33de reconnaissance
00:56:34ou de tendresse
00:56:35une attention
00:56:35et dès lors que vous lui
00:56:37accordez de l'intérêt
00:56:38c'est ce qui s'est passé
00:56:39dans ma relation avec lui
00:56:40il est dans
00:56:42dans la reconnaissance
00:56:43et dans la disponibilité
00:56:44il avait tout de même
00:56:46un passé
00:56:46d'exhibitionniste
00:56:48votre client
00:56:49il aurait pu
00:56:50être tenté
00:56:52de recommencer
00:56:53devant une femme seule
00:56:54sur un parking désert
00:56:55ça c'est une
00:56:58fausse explication
00:56:59c'est un faux motif
00:57:01on parle d'un meurtre
00:57:03d'une personne
00:57:05de 64 ans
00:57:06à qui on a transversé
00:57:08le crâne
00:57:09avec un tournevis
00:57:10est-ce que vous croyez
00:57:11que des faits
00:57:12d'exhibitionnistes
00:57:13font de vous
00:57:14un meurtrier
00:57:14de 100 fois
00:57:15dans ce dossier
00:57:16il y a 4 questions
00:57:17à se poser
00:57:18
00:57:19quand
00:57:20comment
00:57:22et surtout
00:57:22pourquoi
00:57:23il y a une raison
00:57:24on peut
00:57:25dans un meurtre
00:57:26il y a des raisons
00:57:27d'argent
00:57:27des raisons de coeur
00:57:29des animosités
00:57:31pourquoi
00:57:32il avait besoin d'argent
00:57:33aussi
00:57:33rien n'a été volé
00:57:35il n'y a aucun acte
00:57:36d'agression sexuelle
00:57:37sur la victime
00:57:38ce n'est pas le mobile
00:57:39il n'y a pas
00:57:40de raison d'argent
00:57:42pour la juge d'instruction
00:57:44et les policiers
00:57:45le mobile a peut-être
00:57:47un fondement inconscient
00:57:48c'est une amie de malinge
00:57:50qui leur met la puce
00:57:51à l'oreille
00:57:52elle raconte
00:57:53que Sébastien
00:57:55en avait gros sur le coeur
00:57:56au moment du crime
00:57:57deux jours avant le meurtre
00:58:00le 26 novembre
00:58:00il avait eu 31 ans
00:58:02et sa mère
00:58:03avait oublié
00:58:05de lui souhaiter
00:58:05son anniversaire
00:58:06un raté de plus
00:58:09dans une histoire
00:58:10marquée par un profond
00:58:11sentiment d'abandon
00:58:12bon lorsqu'on a divorcé
00:58:16sa mère avait décidé
00:58:19que mon fils restera
00:58:20avec moi
00:58:20et qu'elle prenait
00:58:21sa fille
00:58:21ça il ne l'a pas bien
00:58:23digéré au départ
00:58:24mais bon il l'a fait avec
00:58:25quand même
00:58:26et après ma fille
00:58:27elle veut vivre avec son père
00:58:28avec
00:58:28donc je me suis retrouvé
00:58:29avec les deux gamins
00:58:31mais c'est pas pour ça
00:58:32que sa mère
00:58:33l'aurait repris
00:58:34bon
00:58:35c'est la vie
00:58:37on n'y peut rien
00:58:37Sébastien Malinge
00:58:40avait 13 ans
00:58:41au départ de sa mère
00:58:42il rentrait de l'école
00:58:44quand il la surprise
00:58:46en train de faire ses valises
00:58:47elle quittait la maison
00:58:49comme ça
00:58:49et le gamin
00:58:50n'avait rien vu venir
00:58:51aucun signe avant coureur
00:58:53pas même une dispute
00:58:54et le pire
00:58:56c'est qu'elle a emmené
00:58:58sa soeur
00:58:58mais pas lui
00:58:59elle n'avait
00:59:00plus de place
00:59:01lui a-t-elle dit
00:59:03et lui entend
00:59:05qu'il n'a plus de place
00:59:07cet abandon
00:59:09ce vécu
00:59:11d'abandon
00:59:11ça va être
00:59:12un des éléments
00:59:13caractéristiques
00:59:14en tout cas
00:59:16ça va être
00:59:16un des éléments
00:59:17autour duquel
00:59:17sa personnalité
00:59:19va se structurer
00:59:19et on peut peut-être
00:59:21trouver une explication
00:59:22dans ce manque
00:59:24de confiance en lui
00:59:25dans ce défaut
00:59:25d'affirmation de soi
00:59:27dans cette fragilité
00:59:28un adolescent
00:59:30pour se structurer
00:59:31il a quand même
00:59:32besoin
00:59:32d'avoir un milieu familial
00:59:34étayant et sécure
00:59:35avant cet événement
00:59:37de l'abandon
00:59:38monsieur Malinge
00:59:39décrit déjà
00:59:40un milieu familial
00:59:41qui n'était pas très étayant
00:59:43qui ne lui donnait pas
00:59:44très confiance
00:59:45sa mère décrite
00:59:46comme matérialiste
00:59:47comme ayant peu d'affect
00:59:48comme étant plutôt attachée
00:59:50à son confort
00:59:51le confort
00:59:52de sa maison
00:59:53d'ailleurs il disait
00:59:55ma mère
00:59:55la maison pour elle
00:59:57ça devait être
00:59:58une maison témoin
00:59:59il raconte même
01:00:00un événement
01:00:01un peu plus tard
01:00:01dans son histoire
01:00:02où lorsqu'il a été papa
01:00:04pour la première fois
01:00:05il a voulu renouer
01:00:06avec sa mère
01:00:07et il est allé lui présenter
01:00:09son premier enfant
01:00:10et le seul mot
01:00:13qu'aurait eu sa mère
01:00:13à ce moment là
01:00:14c'est de dire
01:00:15ah il a mis
01:00:16ses doigts sur les vitres
01:00:17le traumatisme
01:00:19de son adolescence
01:00:20a été un élément
01:00:21déterminant
01:00:22dans la vie sentimentale
01:00:24dans la vie sentimentale
01:00:24de monsieur Malinge
01:00:25à l'âge adulte
01:00:26et l'ensemble des ruptures
01:00:29qu'il a connues
01:00:29à l'âge adulte
01:00:30viennent faire écho
01:00:31à cette première rupture là
01:00:34sa mère partie
01:00:37Sébastien Malinge
01:00:39a connu une adolescence mouvementée
01:00:41les études le poursuivaient
01:00:44il m'écouvrait très vite
01:00:46alors
01:00:47en études
01:00:50on ne va pas dire
01:00:50qu'il en a fait grand
01:00:51il a été juge
01:00:52jusqu'à la troisième
01:00:53je crois
01:00:53mais ça aurait été là
01:00:54puis après il m'a fait
01:00:55des petites vacheries
01:00:56une fois
01:00:57j'avais fait confiance
01:00:58lui il dit
01:00:59tiens
01:00:59tu vas aller déposer ça
01:01:00sur mon compte
01:01:01ouais
01:01:02et puis là
01:01:03hein
01:01:03alors regarde sur le compte
01:01:05rien
01:01:05alors je cherchais après lui
01:01:07où il était
01:01:09vous savez que
01:01:10j'allais
01:01:11j'allais être en colère
01:01:12après lui
01:01:12et c'est là
01:01:13que je l'ai foutu dehors
01:01:14il me dit
01:01:16tu veux jouer à ce jeu là
01:01:17et bien tu vas apprendre
01:01:18à travailler vraiment
01:01:19puis à gagner ta croûte
01:01:19assez tôt
01:01:23il va manifester
01:01:25des actes de transgression
01:01:27pour lesquels
01:01:28il va avoir
01:01:29des mécanismes
01:01:30de minimisation
01:01:31de banalisation
01:01:32et puis ensuite
01:01:33allant jusqu'au déni
01:01:34monsieur Malinge
01:01:35n'est pas quelqu'un
01:01:36qui assume
01:01:38les faits pour lesquels
01:01:39il a été mis en cause
01:01:39même s'il a été condamné
01:01:41pour ces faits
01:01:42pour le psychiatre
01:01:44qu'il a rencontré
01:01:44à trois reprises en prison
01:01:45Sébastien Malinge
01:01:47s'est construit
01:01:48une double personnalité
01:01:49monsieur Malinge
01:01:51est une personnalité
01:01:53qu'on peut définir
01:01:54comme clivée
01:01:55c'est à dire
01:01:56qu'il y a
01:01:58deux compartiments
01:01:59et les deux compartiments
01:02:01sont étanches
01:02:02c'est à dire
01:02:03qu'il ne communique
01:02:04pas
01:02:04l'un avec l'autre
01:02:05dans la vie
01:02:07de tous les jours
01:02:08dans sa vie sociale
01:02:09dans certaines relations
01:02:11avec ses proches
01:02:11monsieur Malinge
01:02:13est quelqu'un
01:02:13d'assez banal
01:02:14effectivement
01:02:16d'assez réservé
01:02:17timide
01:02:17voire serviable
01:02:18de l'autre côté
01:02:20dans l'autre compartiment
01:02:21il y a énormément
01:02:23de zones d'ombre
01:02:24dans le fonctionnement
01:02:25de monsieur Malinge
01:02:25les exhibitions sexuelles
01:02:27quelques actes de vol
01:02:29des moments de tension
01:02:30dans les relations
01:02:31avec certaines personnes
01:02:32et c'est certainement
01:02:35dans ce compartiment là
01:02:37qu'on peut trouver
01:02:38la clé
01:02:39ou en tout cas
01:02:39des éléments
01:02:40d'hypothèses criminologiques
01:02:42dans le passage
01:02:43à l'acte de monsieur Malinge
01:02:44une personnalité trouble
01:02:48cinq signatures génétiques
01:02:50sur la victime
01:02:51la juge
01:02:52en est convaincue
01:02:53Sébastien Malinge
01:02:54a tué
01:02:55Michel Martinez
01:02:56pour se venger
01:02:57de sa mère
01:02:58il a fait
01:02:59un transfert
01:03:01elle clôt
01:03:02donc son instruction
01:03:03et renvoie
01:03:04l'accusé
01:03:04devant la cour d'assises
01:03:05du Vaucluse
01:03:06le mobile
01:03:08qu'on pense trouver
01:03:09dans son enfance
01:03:10notamment dans le départ
01:03:12de sa mère
01:03:12vous en pensez quoi ?
01:03:13c'est une explication
01:03:14délirante
01:03:16à mon avis
01:03:17on a essayé
01:03:17de trouver un mobile
01:03:18on n'a pas de mobile
01:03:19le fait est là
01:03:20on n'a pas d'explication
01:03:22qu'on ne dise pas
01:03:23qu'on va tuer
01:03:24qu'on va
01:03:25on va tuer
01:03:26une femme
01:03:27de 64 ans
01:03:28qu'on ne connait pas
01:03:29parce qu'elle
01:03:30elle a
01:03:31un regard
01:03:32qui peut être
01:03:32peut rappeler
01:03:34celui de sa mère
01:03:35qui vous a quitté
01:03:3630 ans après
01:03:37qu'on me parle
01:03:38de désir
01:03:38qu'on me parle
01:03:39de haine
01:03:41qu'on me parle
01:03:42d'appreuter
01:03:43aux gains
01:03:44qu'on me donne
01:03:45des mobiles
01:03:46qui sont crédibles
01:03:47en fait votre problème
01:03:48c'est l'ADN
01:03:49le 22 décembre
01:03:51on a les résultats
01:03:53de l'ADN
01:03:53à partir de là
01:03:54tout le monde
01:03:54a cessé de penser
01:03:55c'est ça qui est inquiétant
01:03:56dans ce dossier
01:03:57comment expliquer
01:03:58l'ADN
01:03:59de votre client
01:04:00c'est vrai
01:04:01qu'à ce moment là
01:04:02je lui pose la question
01:04:04il dit moi
01:04:04je ne comprends pas
01:04:05comment mon ADN
01:04:06est là
01:04:06parce qu'il ne connait
01:04:08pas ma Martinez
01:04:08il dit je ne l'ai jamais vue
01:04:10je ne la connais pas
01:04:12je ne connais pas
01:04:13cette personne
01:04:13je ne vois pas
01:04:13pourquoi mon ADN
01:04:14est là
01:04:15en fait il nous faudrait
01:04:16un miracle
01:04:16pour expliquer
01:04:18pourquoi
01:04:18vous avez raison
01:04:18il me faudrait un miracle
01:04:20mais il va arriver
01:04:20le miracle
01:04:21le miracle va arriver
01:04:22arrivé en plein procès
01:04:25l'audience
01:04:29s'ouvre le 19 mars 2012
01:04:31à Avignon
01:04:31et tout de suite
01:04:33une absence
01:04:34saute aux yeux
01:04:35de la salle
01:04:36les parties civiles
01:04:38ne sont pas là
01:04:38ni la fille
01:04:39ni la petite fille
01:04:40ni l'ex-gendre
01:04:42de Michel Martinez
01:04:43seule une avocate
01:04:45les représente
01:04:46et bizarrement
01:04:48ça semble
01:04:49particulièrement
01:04:50chagriné
01:04:50la défense
01:04:51au deuxième jour
01:04:55la salle
01:04:56des pas perdus
01:04:56bruise
01:04:57d'une rumeur
01:04:58la défense
01:05:00préparait
01:05:01une surprise
01:05:02je croise
01:05:06maître Guénoun
01:05:06au tribunal
01:05:07d'Avignon
01:05:07dans la salle
01:05:08il me dit
01:05:09mais tu vas voir
01:05:10on a des révélations
01:05:11à faire
01:05:12il y a un élément
01:05:13que personne ne soupçonne
01:05:15et on va le révéler
01:05:16au procès
01:05:17ça va tout changer
01:05:17vous n'allez pas en revenir
01:05:19il va se passer un truc
01:05:20et puis
01:05:21on se dit
01:05:22mais qu'est-ce que ça peut être
01:05:23les débats reprennent
01:05:26l'expert biologiste
01:05:28se présente à la barre
01:05:29c'est le moment
01:05:30qu'attendait la défense
01:05:31pour annoncer
01:05:32qu'elle sait
01:05:33comment l'ADN de Malinge
01:05:34a pu se retrouver
01:05:35sur la scène de crime
01:05:36et ce n'est pas du tout
01:05:38ce qu'on a cru
01:05:39alors ce qui est avancé
01:05:41par les avocats
01:05:42de la défense
01:05:42c'est une présence
01:05:44de cet ADN
01:05:45de manière indirecte
01:05:47ce que l'on appelle
01:05:47communément
01:05:48en fait
01:05:49un transfert
01:05:50d'ADN
01:05:50c'est-à-dire que
01:05:52l'ADN retrouvé
01:05:53sous les ongles
01:05:54de la victime
01:05:55ne proviendrait pas
01:05:56directement
01:05:57d'un contact
01:05:57entre la victime
01:05:58et l'agresseur
01:06:00mais qu'il y aurait
01:06:01un intermédiaire
01:06:02soit une personne
01:06:03soit des objets
01:06:05et que en fait
01:06:06l'hypothèse
01:06:07qui était avancée
01:06:07c'est que monsieur Malinge
01:06:08n'avait aucun lien
01:06:10avec cette affaire
01:06:11un transfert d'ADN
01:06:13jusque sous les ongles
01:06:16de la victime
01:06:17et donc
01:06:19à force de questions
01:06:20dont on ne comprenait pas
01:06:22où elles allaient
01:06:22en venir
01:06:23la présidente
01:06:26interroge
01:06:26les avocats
01:06:27en disant
01:06:27mais pourquoi
01:06:28pourquoi tout ceci
01:06:30et donc
01:06:31à ce moment-là
01:06:32dans mon souvenir
01:06:33il me semble
01:06:33que
01:06:34les avocats
01:06:35se tournent
01:06:35vers Sébastien Malinge
01:06:36qui est dans le box
01:06:37et donc lui disent
01:06:39ben
01:06:39c'est maintenant
01:06:41qu'il faut
01:06:41qu'il faut dire
01:06:42ce que vous avez à dire
01:06:43et donc là
01:06:45Sébastien Malinge
01:06:46nous dit
01:06:47nous confie
01:06:47qu'il a eu
01:06:49une relation
01:06:50alors je ne sais plus
01:06:52les termes
01:06:52qu'il avait employé
01:06:53mais une relation intime
01:06:54avec
01:06:55la fille de la victime
01:06:57Marianne dit Nicolas
01:07:00comment avez-vous appris
01:07:09que votre client
01:07:10et la fille de la victime
01:07:11avaient été amants
01:07:12la veille de l'audience
01:07:13je lui lis les témoins
01:07:15pour qu'on prépare
01:07:16le dossier
01:07:17les personnes citées
01:07:18et là je lui dis
01:07:20ben il y a
01:07:20madame X
01:07:21il voit ce nom
01:07:22il dit
01:07:22mais ça me dit
01:07:23quelque chose
01:07:24alors je lui dis
01:07:25qu'est-ce que ça vous dit
01:07:26il me dit
01:07:27vous savez
01:07:27j'avais rencontré
01:07:28une dame
01:07:29puis on s'est revus
01:07:30et puis on a noué
01:07:32une relation
01:07:32on a noué une relation
01:07:34et je pense que
01:07:35c'est le même nom
01:07:36je la connaissais
01:07:37sous ce nom
01:07:38et là je lui demande
01:07:40à Sébastien Malinge
01:07:41j'ai dit écoutez
01:07:41monsieur Malinge
01:07:41je ne peux pas risquer
01:07:42d'être ridicule
01:07:44ni vous ni moi
01:07:45il faut qu'on attende
01:07:46on va attendre
01:07:47l'ouverture de la session
01:07:49et quand on appellera
01:07:50les témoins
01:07:51et qu'elle arrivera
01:07:51vous me direz
01:07:52vous me confirmerez
01:07:54si c'est bien
01:07:54la fille de la victime
01:07:55qui a été votre maîtresse
01:07:56qu'est-ce que ça change
01:07:58pour vous
01:07:58cette relation ?
01:08:00alors ça change tout
01:08:01pour moi
01:08:02pourquoi
01:08:03la fille de la victime
01:08:04a caché
01:08:05cet élément important
01:08:07au juge d'instruction
01:08:08il y a les photos
01:08:08de Sébastien Malinge
01:08:09qui parait à la presse
01:08:10elle sait que celui-ci
01:08:12a été son amant
01:08:14elle n'a rien à cacher
01:08:16madame la fille de la victime
01:08:17pourquoi dit-elle pas
01:08:18au juge d'instruction
01:08:19madame le juge d'instruction
01:08:21j'ai une révélation à vous faire
01:08:22pourquoi elle dit pas
01:08:23je vais vous dire tout
01:08:24madame le juge d'instruction
01:08:25je suis victime
01:08:25je vais vous dire
01:08:26j'ai eu une liaison
01:08:27j'ai eu une liaison
01:08:27avec Sébastien Malinge
01:08:28j'ai eu des relations sexuelles
01:08:30avec Sébastien Malinge
01:08:30Sébastien Malinge
01:08:32est venu à plusieurs reprises
01:08:33au domicile
01:08:33
01:08:34on peut
01:08:35se poser des questions
01:08:37parce que
01:08:39il peut
01:08:39M. Malinge
01:08:40peut avoir oublié un tournevis
01:08:41chez madame
01:08:42la fille de la victime
01:08:43et peut-être qu'en fait
01:08:44ce tournevis
01:08:46a été utilisé
01:08:47par quelqu'un d'autre
01:08:47peut-être aussi que
01:08:50le canapé
01:08:51pouvait être pollué
01:08:52par l'ADN
01:08:54de Sébastien Malinge
01:08:55et là
01:08:55ça ouvre à toutes les hypothèses
01:08:57il y a des questions
01:08:58qu'on peut se poser
01:08:59il y a cinq questions
01:09:00or cette vérité
01:09:01elle est recélée
01:09:02dissimulée
01:09:03non pas par
01:09:04celui qui est accusé
01:09:05mais par celle
01:09:06qui s'affirme victime
01:09:07la défense jubile
01:09:10persuadée
01:09:11que son annonce fracassante
01:09:12va porter ses fruits
01:09:13mais la cour
01:09:15prend assez mal
01:09:16ce coup de théâtre
01:09:17la présidente des assises
01:09:20lui dit
01:09:21je pense très spontanément
01:09:22vous vous moquez de nous
01:09:23ce qui a été très mal pris
01:09:25par la défense
01:09:25en disant
01:09:25vous voyez
01:09:26voilà comment on nous traite
01:09:27sauf que je pense effectivement
01:09:29qu'on ne s'y attendait
01:09:31tellement pas
01:09:31c'était tellement improbable
01:09:33qu'on se dit
01:09:35c'est pas possible
01:09:36nous sommes absolument
01:09:38montrés du doigt
01:09:41à cet instant
01:09:42soupçonnés
01:09:44de manière à peine
01:09:45dissimulée
01:09:46de vouloir
01:09:47créer un coup de théâtre
01:09:48d'avoir en quelque sorte
01:09:51de céder à l'invention
01:09:52de Sébastien Manage
01:09:54pour tenter
01:09:55de se sortir
01:09:56des griffes de la justice
01:09:57et nous ne sommes
01:09:58absolument pas crus
01:09:59sur la réalité
01:10:02l'existence
01:10:03de cette relation
01:10:04donc nous insistons
01:10:05avec force
01:10:06pour que
01:10:07la partie civile
01:10:09se présente
01:10:09à l'audience
01:10:10et c'est évidemment
01:10:11l'instruction
01:10:12que va donner la cour
01:10:13elle veut évidemment
01:10:13maintenant
01:10:14qu'elle connaisse
01:10:15cette information
01:10:15exiger
01:10:17la présence
01:10:18de Marianne Di Nicolas
01:10:18pour qu'elle s'explique
01:10:19parce que si lui
01:10:20n'a rien dit
01:10:22jusqu'alors
01:10:23Marianne Di Nicolas
01:10:24n'a rien dit
01:10:25non plus
01:10:26et à ce moment là
01:10:27on se dit
01:10:27mais c'est elle
01:10:30la clé de ce dossier
01:10:31elle va tout dire
01:10:32elle va raconter
01:10:34elle va expliquer
01:10:37ce que Sébastien Manage
01:10:38vient de révéler
01:10:39et qui nous apparaît
01:10:41comme quelque chose
01:10:42qui change tout
01:10:43qui fait regarder
01:10:44cette affaire
01:10:44sous un angle
01:10:45totalement différent
01:10:46acculée
01:10:51Marianne se présente
01:10:52à la cour
01:10:52le lendemain
01:10:53une audience
01:10:54qu'elle demande
01:10:55à huis clos
01:10:56l'audition va être difficile
01:10:59parce que c'est une femme
01:11:01complètement détruite
01:11:03qui comparaît
01:11:04devant la juridiction
01:11:05elle va s'exprimer
01:11:07avec difficulté
01:11:07et va nous confirmer
01:11:09avoir bien eu
01:11:10une relation
01:11:11avec Sébastien Manage
01:11:13elle dit
01:11:14une relation sentimentale
01:11:15mais qu'elle fixe
01:11:18dans la durée
01:11:19de manière beaucoup
01:11:19plus réduite
01:11:20elle dit que ça a duré
01:11:21que quelques mois
01:11:22on est sur une relation
01:11:23d'une durée
01:11:25beaucoup plus longue
01:11:25selon lui
01:11:26plus courte
01:11:28et qui s'est terminée
01:11:28bien plus tôt
01:11:29selon elle
01:11:30donc il y a encore
01:11:32des incohérences
01:11:32et il y a encore
01:11:33quelqu'un qui ment
01:11:33dans l'histoire
01:11:34elle va dire
01:11:35qu'elle n'a pas réalisé
01:11:37tout de suite
01:11:37que c'était lui
01:11:38en voyant ses photos
01:11:40parce que ça a été
01:11:41largement médiatisé
01:11:42en voyant ses photos
01:11:42dans le journal
01:11:43elle a réalisé
01:11:44après coup
01:11:45et qu'elle n'a pas
01:11:47souhaité en faire part
01:11:48au juge d'instruction
01:11:50pour des raisons
01:11:51qui lui sont propres
01:11:52personnellement
01:11:53moi j'ai mis
01:11:54cette omission
01:11:56sur le compte
01:11:56de la honte
01:11:57honte ou pas
01:11:59la relation amoureuse
01:12:01a bel et bien existé
01:12:02et pour la défense
01:12:03ça change tout
01:12:04on se demande vraiment
01:12:06comment ça a pu passer
01:12:06à travers les mailles
01:12:07de l'enquête
01:12:08aussi longtemps
01:12:08cette relation
01:12:10entre l'accusé
01:12:11la fille de la victime
01:12:12et donc forcément
01:12:14le lien
01:12:14le fait que l'accusé
01:12:15devait connaître la victime
01:12:16alors qu'il le nie
01:12:17depuis le départ
01:12:18les avocats de Malinge
01:12:19qui comptent bien
01:12:20semer le doute
01:12:21poussent encore un peu
01:12:22le débat
01:12:22et les regards
01:12:24commencent à se tourner
01:12:25vers Marianne
01:12:27légitimement
01:12:27on se pose
01:12:28beaucoup de questions
01:12:28on se dit
01:12:29est-ce que finalement
01:12:30il n'y avait pas
01:12:32un antagonisme
01:12:33entre l'auteur
01:12:33et la victime
01:12:34est-ce que Marianne
01:12:35a quelque chose
01:12:36à dire
01:12:36est-ce qu'elle cache
01:12:37quelque chose
01:12:38ça met le doute
01:12:39très sincèrement
01:12:39même si on a effectivement
01:12:41la soi-disant
01:12:42reine des preuves
01:12:44et cette preuve scientifique
01:12:46de la présence
01:12:48de l'ADN
01:12:48de Sébastien Malinge
01:12:49sur le corps
01:12:50et bien néanmoins
01:12:51cet élément
01:12:53de connexion
01:12:53ça jette
01:12:54nécessairement
01:12:55le doute
01:12:56sur cette histoire
01:12:58mais la cour élude
01:13:02et ne change pas de cap
01:13:03bien au contraire
01:13:04la révélation
01:13:05de cette liaison
01:13:06apporte de l'eau
01:13:07à son moulin
01:13:08en fait je me dis
01:13:09ben voilà
01:13:10on a le mobile
01:13:11on a peut-être
01:13:12un début de mobile
01:13:13cette relation
01:13:16aurait permis
01:13:18surtout si elle est inscrite
01:13:19dans la durée
01:13:19comme il le dit
01:13:20aurait peut-être permis
01:13:22qu'il croise
01:13:23cette dame
01:13:24au domicile
01:13:25de Marianne
01:13:25il dit
01:13:27qu'il a
01:13:29qu'il l'a fréquentée
01:13:30jusqu'à octobre
01:13:32ou novembre 2010
01:13:33donc très
01:13:33très proche
01:13:34dans le temps
01:13:35et à cette époque-là
01:13:35la maman
01:13:37de Marianne
01:13:37avait déjà
01:13:38emménagé chez sa fille
01:13:40donc ils auraient pu se croiser
01:13:42à ce moment-là
01:13:43donc pour moi
01:13:44c'est pas un argument
01:13:46qui vient dédouaner
01:13:48Sébastien Malinge
01:13:49mais ça vient plutôt
01:13:50l'accabler
01:13:51Sébastien Malinge
01:13:54aurait-il tué
01:13:55la mère de Marianne
01:13:56parce que sa présence
01:13:57devenait un obstacle
01:13:58à leur liaison ?
01:14:00Nous avons le sentiment
01:14:01que l'accusation
01:14:03ne veut pas
01:14:04aller plus loin
01:14:05en partant du principe
01:14:07que le rapport d'expertise
01:14:08il est
01:14:08à lui seul
01:14:10de nature
01:14:11à céder la culpabilité
01:14:12L'effet d'annonce
01:14:15fait pchit
01:14:16l'avocat général
01:14:17demande 25 ans
01:14:19de réclusion criminelle
01:14:20la cour se montre
01:14:24plus sévère encore
01:14:25elle condamne
01:14:26Sébastien Malinge
01:14:27à 30 ans
01:14:28de prison ferme
01:14:29la peine maximale
01:14:31dans le prétoire
01:14:33ses soutiens
01:14:34sont atterrés
01:14:34Bon l'avocat général
01:14:37qui dit carrément
01:14:3725 ans
01:14:38déjà vous tombez
01:14:39sur le cul
01:14:40qu'est-ce que c'est quoi ça ?
01:14:42Et puis
01:14:43la juge derrière
01:14:44qui dit dans 30 ans
01:14:45vous êtes sié
01:14:48parce que vous dites
01:14:48mais c'est pas possible
01:14:49condamner quelqu'un
01:14:52à 30 ans
01:14:53alors qu'il n'y a pas
01:14:54de preuve
01:14:54comment vous réalisez
01:14:57ça dans votre tête ?
01:14:58Vous êtes là
01:14:59dans la tête
01:14:59et puis on vous sort
01:15:00un truc pareil
01:15:01vous ne comprenez pas
01:15:03on le voit
01:15:04repartir
01:15:05c'est tout
01:15:05vous s'arrête là
01:15:06puis vous vous sortez
01:15:07de la salle
01:15:07vous êtes comme ça
01:15:08il n'y a pas le temps
01:15:11de lui dire
01:15:11au revoir
01:15:11comme ça
01:15:12c'est bon
01:15:13Je dirais que
01:15:16ce qui n'a pas fonctionné
01:15:17c'est le problème
01:15:20de l'ADN
01:15:21dès lors que
01:15:23la pitié avait parlé
01:15:24tout le monde
01:15:25a cessé de penser
01:15:26et d'autre part
01:15:27lorsqu'on a fait
01:15:28cette révélation
01:15:29à mon avis
01:15:30la sagesse
01:15:31eut commandé
01:15:32que le parquet
01:15:33requiert
01:15:34un supplément
01:15:35d'information
01:15:36et que
01:15:37le magistrat instructeur
01:15:38reprenne ses investigations
01:15:39à la lumière
01:15:41de cet élément
01:15:41nouveau
01:15:42et quand même
01:15:43important
01:15:44qui liait
01:15:45la fille
01:15:47et la victime
01:15:48à l'accusé
01:15:49à votre avis
01:15:50pourquoi la fille
01:15:52de la victime
01:15:53a-t-elle caché
01:15:53cette liaison ?
01:15:55imaginez que
01:15:56je viens de commettre
01:15:58moi
01:15:58l'irréparable
01:15:59j'appelle quelqu'un
01:16:02la seule personne
01:16:03qui est serviable
01:16:04qui est gentille
01:16:04qui est disponible
01:16:06j'appelle ce quelqu'un
01:16:07et je lui dis
01:16:07écoute
01:16:07je viens de commettre
01:16:09l'irréparable
01:16:10il faudrait que
01:16:11tu m'aides
01:16:11et ce quelqu'un
01:16:13il vient
01:16:14et il m'aide
01:16:15il m'aide
01:16:16à quoi faire ?
01:16:19et bien
01:16:19à débarrasser le corps
01:16:21cette personne
01:16:22a laissé
01:16:22ses traces
01:16:23on l'interroge
01:16:25il a deux solutions
01:16:27ou il me dénonce
01:16:28et il se dit
01:16:31si je commence
01:16:31à raconter les faits
01:16:32personne ne me croira
01:16:33alors dans sa petite tête
01:16:35il se dit
01:16:36je ne peux pas expliquer
01:16:37et puis ce n'est pas
01:16:37son tempérament
01:16:38et bien il ne dit rien
01:16:39voilà
01:16:39toutes les hypothèses
01:16:41sont possibles
01:16:41alors c'est une hypothèse
01:16:42c'est sûr qu'on peut
01:16:43ne pas
01:16:43ce scénario
01:16:46que je dis
01:16:46d'une aide
01:16:46qui on aurait pu m'apporter
01:16:47est tout à fait fantasque
01:16:49mais
01:16:50tout est possible
01:16:52et je pense que
01:16:53écoutez
01:16:53il ne fallait pas
01:16:54fermer un parapluie
01:16:55il fallait le fermer
01:16:56que quand on aurait eu
01:16:57des certitudes
01:16:57dans ce dossier
01:16:59dès qu'on a eu
01:16:59le 23 décembre
01:17:00le résultat d'ADN
01:17:03c'était chronique
01:17:05d'une condamnation
01:17:06à 30 ans annoncée
01:17:07vous faites appel
01:17:09et vous demandez
01:17:10un supplément d'information
01:17:11qu'est-ce que vous espérez
01:17:13à ce moment-là ?
01:17:14il m'apparaissait
01:17:15qu'il était nécessaire
01:17:16pour une bonne justice
01:17:18que l'on réouvre
01:17:20l'instruction
01:17:20qu'on
01:17:21reprenne l'instruction
01:17:24à la lumière
01:17:25de la révélation
01:17:26de la liaison
01:17:26entre la fille
01:17:27de Mme Martinez
01:17:28et de Sébastien Malinge
01:17:30et les incidences possibles
01:17:32sur la présence d'ADN
01:17:33au domicile
01:17:35de la victime
01:17:36la juge
01:17:40doit revoir sa copie
01:17:41elle convoque
01:17:43Sébastien Malinge
01:17:43et Marianne
01:17:44le même jour
01:17:45sans les confronter
01:17:46les deux anciens amants
01:17:49expliquent
01:17:50qu'ils se sont rencontrés
01:17:51sur le parking
01:17:52de la résidence
01:17:53où habitait Malinge
01:17:54Marianne
01:17:56qui était auxiliaire
01:17:57de vie
01:17:57avait l'habitude
01:17:59de cigarrer
01:17:59quand elle venait
01:18:00s'occuper
01:18:00d'une de ses patientes
01:18:02c'était en 2008
01:18:04deux ans
01:18:05avant la mort
01:18:06de Michel Martinez
01:18:07la juge d'instruction
01:18:10somme alors Marianne
01:18:11de s'expliquer
01:18:12sur son silence
01:18:13il est évident
01:18:16qu'elle est rongée
01:18:17par la honte
01:18:17par ce sentiment
01:18:19de culpabilité
01:18:20mais
01:18:21Marianne
01:18:22n'a jamais menti
01:18:23on ne lui a jamais
01:18:24posé la question
01:18:26de manière franche
01:18:27le magistrat instructeur
01:18:29aurait pu effectivement
01:18:30lui présenter la photo
01:18:32de monsieur Malinge
01:18:33pour lui demander
01:18:36si elle connaissait
01:18:37cet homme là
01:18:38et
01:18:39j'en ai la certitude
01:18:40Marianne
01:18:42aurait dit
01:18:43dès le départ
01:18:44les choses
01:18:45oui effectivement
01:18:46elle a eu
01:18:46une relation
01:18:47avec cet homme
01:18:48quant à la durée
01:18:50de cette liaison
01:18:51Marianne
01:18:52reste sur ses positions
01:18:53la relation a duré
01:18:54trois semaines
01:18:55un mois
01:18:55tout au plus
01:18:56elle n'a jamais
01:18:57présenté Malinge
01:18:58ni à ses amis
01:19:00ni à sa mère
01:19:00pas du tout
01:19:02le discours de Malinge
01:19:04qui maintient
01:19:04que leur liaison
01:19:05a duré de 2008
01:19:06à octobre 2010
01:19:08soit près de deux ans
01:19:10donc on est
01:19:12dans une contradiction
01:19:13de déclaration
01:19:15entre celle de Sébastien
01:19:17et celle de Marianne
01:19:18c'est la raison
01:19:19pour laquelle
01:19:19le juge va
01:19:20ordonner une enquête
01:19:21de proximité
01:19:22pour voir un petit peu
01:19:23quelles étaient
01:19:23les habitudes de vie
01:19:24de ce couple
01:19:25et ces témoins
01:19:27les voisins
01:19:28de Pallier
01:19:29disent oui
01:19:30on avait l'habitude
01:19:31de le voir
01:19:32souvent
01:19:33c'est d'ailleurs lui
01:19:34qui sortait le chien
01:19:35c'est d'ailleurs lui
01:19:36qui très souvent
01:19:38conduisait la voiture
01:19:39de Marianne
01:19:40alors qu'elle était à côté
01:19:41donc ces gens
01:19:43qui sont des gens
01:19:43de proximité
01:19:45si je puis dire
01:19:45sont venus
01:19:48corroborer
01:19:49en quelque sorte
01:19:49la déclaration
01:19:51de Sébastien
01:19:52qui considéraient
01:19:53que la relation
01:19:54était un peu plus
01:19:55appuyée
01:19:56que ce que
01:19:57ne voulait dire
01:19:58Marianne
01:19:59dans le cadre
01:20:00de sa déposition
01:20:01devant le juge
01:20:01donc on est
01:20:02véritablement
01:20:04dans une situation
01:20:04où ce qu'il dit
01:20:05c'est pas
01:20:07totalement inexact
01:20:09d'autant que
01:20:11Sébastien Malinge
01:20:12apporte un élément
01:20:13nouveau
01:20:13il a la preuve
01:20:15qu'il est allé
01:20:16chez Marianne
01:20:17il n'y a pas très longtemps
01:20:18C'est quoi cette preuve Dominique ?
01:20:24Malinge raconte aux enquêteurs
01:20:26qu'au printemps 2010
01:20:27il a monté des meubles
01:20:28il a assemblé
01:20:29des meubles
01:20:30de cuisine
01:20:31chez Marianne
01:20:31et pour ça
01:20:32il a utilisé
01:20:33un tournevis
01:20:34sur lequel
01:20:34il a logiquement
01:20:35laissé ses empreintes
01:20:36alors les enquêteurs
01:20:38vont vérifier
01:20:38et ils vont effectivement
01:20:40retrouver trace
01:20:41de cette facture
01:20:41regardez
01:20:42elle date de
01:20:43mai 2010
01:20:45ça veut dire
01:20:47que Malinge
01:20:47dit vrai
01:20:48il a fréquenté Marianne
01:20:50au moins jusqu'au mois
01:20:51de mai 2010
01:20:52contrairement
01:20:53à ce qu'elle dit elle
01:20:54et pour la défense
01:20:55c'est du pain béni
01:20:56parce que ça veut dire
01:20:57que l'ADN
01:20:59de Malinge
01:21:00se trouve bien
01:21:01dans la maison de Marianne
01:21:03et ça conforte
01:21:04la thèse
01:21:04du transfert d'ADN
01:21:05La défense marque un point
01:21:09mais n'obtient pas
01:21:10ce qu'elle voulait
01:21:11A l'occasion d'une visite
01:21:13chez le magistrat instructeur
01:21:15on apprend que le supplément
01:21:16d'information a été clôturé
01:21:17il est clôturé
01:21:20sans que l'expertise
01:21:22complémentaire
01:21:23sur le plan génétique
01:21:24ait été ordonné
01:21:25par le magistrat instructeur
01:21:26et j'allais dire
01:21:27que c'était
01:21:28l'élément essentiel
01:21:31de ce supplément
01:21:32d'information
01:21:32Aux assises du Gard
01:21:39à Nîmes
01:21:40le procès en appel
01:21:41s'ouvre dans une ambiance
01:21:43très tendue
01:21:43La défense
01:21:45multiplie les incidents
01:21:46pour obtenir
01:21:47une contre-expertise génétique
01:21:49au domicile de Marianne
01:21:50Mais la cour tient bon
01:21:52d'abord
01:21:52sur la question du mobile
01:21:54Pour l'expert psychiatre
01:21:57c'est encore
01:21:58et toujours
01:21:58dans le départ de la mère
01:21:59qu'il faut chercher
01:22:00l'explication
01:22:01du passage à l'acte
01:22:02J'avais du mal
01:22:06à expliquer
01:22:06comment
01:22:08quelqu'un
01:22:09de lambda
01:22:10dans la rue
01:22:11un inconnu
01:22:11aurait pu venir
01:22:13provoquer
01:22:14M. Malinge
01:22:15et le mettre
01:22:16dans les dispositions
01:22:17pour qu'il commette
01:22:18un crime
01:22:19Le fait
01:22:19qu'il y ait
01:22:20un lien affectif
01:22:21entre la victime
01:22:23et M. Malinge
01:22:24le fait
01:22:25qu'il y ait
01:22:26quasiment
01:22:26un lien familial
01:22:27que ce soit
01:22:28sa belle-mère
01:22:29ça rentre en résonance
01:22:32avec l'image maternelle
01:22:33qu'il peut avoir
01:22:34elle apporte
01:22:35un élément
01:22:36d'explication
01:22:36et elle apporte
01:22:37un chénon manquant
01:22:38à la dynamique
01:22:39qui a pu déclencher
01:22:40le passage à l'acte
01:22:42chez M. Malinge
01:22:42Mais pour la défense
01:22:44le cœur du sujet
01:22:45reste l'ADN
01:22:46et elle arrive
01:22:47avec un nouvel argument
01:22:49Non seulement
01:22:50Sébastien Malinge
01:22:51et Michel Martinez
01:22:52ont fréquenté
01:22:52les mêmes lieux
01:22:53mais la veste
01:22:54que la victime
01:22:55portait le jour
01:22:56du meurtre
01:22:57appartenait à Marianne
01:22:59Une veste
01:23:00que Sébastien Malinge
01:23:01a pu toucher
01:23:02et traindre
01:23:03Rien d'étonnant
01:23:04alors qu'on y relève
01:23:06son ADN
01:23:06et que Michel Martinez
01:23:08ait pu être contaminé
01:23:10Le transfert génétique
01:23:12est possible
01:23:13Mais à la barre
01:23:14l'expert
01:23:15reste droit
01:23:16dans ses bottes
01:23:18De l'ADN
01:23:19transféré d'une veste
01:23:20aux ongles de la victime
01:23:21une plaisanterie
01:23:22Les avocats de la défense
01:23:24sont revenus en boucle
01:23:25en évoquant
01:23:26différentes hypothèses
01:23:27d'un ADN de transfert
01:23:29soit par un objet
01:23:29soit par un contact indirect
01:23:31mais dans le cadre
01:23:33de l'affaire de Malinge
01:23:33les quantités d'ADN observées
01:23:36ne sont pas du tout
01:23:36cohérentes
01:23:38par rapport
01:23:38à un transfert
01:23:39de ce type
01:23:39ça ne paraît pas
01:23:40du tout possible
01:23:41Coup dur
01:23:45pour les avocats de Malinge
01:23:46mais il reste Marianne
01:23:47cette fois
01:23:48la défense
01:23:49veut la pousser
01:23:50dans ses retranchements
01:23:51Forcément
01:23:53est-ce que Marianne
01:23:54dit Nicolas
01:23:54a pu participer au meurtre
01:23:55à ce moment-là
01:23:56c'est une question
01:23:58que tout le monde se pose
01:24:00c'est une question
01:24:00qui est sur les lèvres
01:24:01de tout le monde
01:24:01On peut le penser
01:24:02on a le droit d'y penser
01:24:03ça faisait quand même
01:24:05plus d'un an
01:24:05que mon fils était en prison
01:24:07elle n'a jamais dit
01:24:08qu'elle le connaissait
01:24:08pourquoi elle n'a pas dit
01:24:10je le connais
01:24:11non on n'a rien dit
01:24:12c'est quand même étrange
01:24:15c'est curieux
01:24:16et étrange
01:24:17Madame Martinez
01:24:19était sortie
01:24:20ce fameux matin
01:24:21pour aller acheter
01:24:22des cigarettes
01:24:22c'était un dimanche matin
01:24:24je suis fumeuse
01:24:26les tabacs ouverts
01:24:27le dimanche
01:24:27je les connais
01:24:28pourquoi a-t-elle envoyé
01:24:30sa maman
01:24:31vers un tabac
01:24:32fermé le dimanche
01:24:33c'est dire que la déposition
01:24:42de Marianne
01:24:42est très attendue
01:24:44d'autant que cette fois-ci
01:24:45elle n'a pas obtenu
01:24:46le huis clos
01:24:47quand Marianne arrive au procès
01:24:50personnellement
01:24:52j'ai été stupéfait
01:24:53de cette apparence physique
01:24:56d'abord il a fallu l'aider
01:24:59pour venir à la barre
01:25:01de la cour d'assises
01:25:02incapable
01:25:03véritablement
01:25:04de répondre
01:25:05aux questions
01:25:06qui lui ont été
01:25:08posées
01:25:09anesthésiées
01:25:12voilà
01:25:13j'ai pas d'autres mots
01:25:15absente
01:25:16voilà
01:25:19un fantôme
01:25:20son édition sera extrêmement
01:25:22décevante
01:25:23il faut bien le dire
01:25:23elle ne dira rien
01:25:25qui soit particulièrement
01:25:26compréhensible
01:25:27on dirait qu'elle n'est plus
01:25:30parmi nous déjà
01:25:31et la présidente
01:25:32met fin à l'audition
01:25:34assez rapidement
01:25:34je pense
01:25:35sincèrement
01:25:36que
01:25:37les avocats de la défense
01:25:39n'ont pas été respectueux
01:25:40de la détresse
01:25:42morale
01:25:44psychologique
01:25:45souffert par Marianne
01:25:48il n'est pas évident
01:25:49de perdre sa mère
01:25:50dans pareilles circonstances
01:25:51mais vouloir
01:25:53faire endosser
01:25:54la responsabilité
01:25:55d'une complicité
01:25:57de meurtre
01:25:58cela est totalement
01:25:59inadmissible
01:26:00la cour
01:26:02qui refuse d'emprunter
01:26:03le chemin de traverse
01:26:04que veut lui faire prendre
01:26:05la défense
01:26:05met fin au calvaire
01:26:07de Marianne
01:26:08effort d'épreuve
01:26:09relevée contre
01:26:10Sébastien Malinge
01:26:11l'avocat général
01:26:12réclame 30 ans
01:26:14de réclusion criminelle
01:26:15le verdict tombe
01:26:16il confirme
01:26:18les réquisitions
01:26:19et la peine
01:26:19du premier procès
01:26:2030 ans
01:26:22la peine maximale
01:26:23c'est un procès
01:26:26inachevé
01:26:26un procès inachevé
01:26:28qui va nous laisser
01:26:29avec un goût amer
01:26:32c'est comme si on avait
01:26:34une histoire
01:26:34qui n'était pas finie
01:26:35en réalité
01:26:36on a certes un auteur
01:26:37mais pas d'explication
01:26:39donc c'est presque
01:26:41un dossier
01:26:42qui certes
01:26:42du point de vue
01:26:43de la justice
01:26:43c'est une affaire résolue
01:26:44et la justice est passée
01:26:46mais il n'y a toujours
01:26:48pas d'explication
01:26:49et c'est vrai
01:26:50que ça restera
01:26:51quand même
01:26:52une grande énigme
01:26:54dans l'histoire
01:26:55des effets divers
01:26:56de ce département
01:26:57condamné à 30 ans
01:27:06de prison
01:27:07Sébastien Malinge
01:27:08peut espérer
01:27:09une libération conditionnelle
01:27:10à partir de 2025
01:27:11il aura alors
01:27:1346 ans
01:27:14d'ici là
01:27:15sa principale
01:27:17préoccupation
01:27:17sera de maintenir
01:27:19en prison
01:27:19un lien
01:27:20avec ses enfants
01:27:21et c'est très important
01:27:22d'ici là
01:27:23pour la fin de vue
01:27:24de la mort
01:27:25et c'est très important
01:27:26pour la mort
01:27:26d'ici là
01:27:27pour la mort
01:27:27de la mort
01:27:28et c'est très important
01:27:29d'ici là
01:27:29pour la mort
01:28:00...
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