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Pour beaucoup, un joueur de tennis professionnel gagne bien, voire très bien sa vie. Pourtant, le tennis est peut-être le sport le plus cruel au niveau professionnel puisque très peu arrivent à en vivre. Dans cette vidéo, nous découvrons pourquoi vivre du tennis relève quasiment d'une mission impossible.

Pour compléter, l'excellente vidéo d'En Tribune : https://youtu.be/p-fmpFVjptY?si=3DnHIJraJqfatVI2

Un grand merci à Pauline Payet (https://www.youtube.com/@PaulinePayet) et Thomas Drouet (https://www.instagram.com/coachdrouet/) pour leurs interventions.

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#USOpen #Sinner #Alcaraz

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▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ 🧐 CHAPITRES DE CETTE VIDÉO 🧐 ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

00:00 : Introduction
02:06 : L’illusion du joueur de tennis millionnaire
09:49 : Combine gagne réellement un joueur de tennis ?
16:17 : Comparaison avec un métier « classique »
20:07 : Pourquoi seule l’élite peut en vivre ?

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:00On imagine souvent que devenir joueur de tennis professionnel, c'est décrocher la belle vie.
00:05Parcourir le monde chaque semaine, collectionner les titres, accumuler les millions en prize money, en sponsor,
00:11dormir dans les plus beaux hôtels et manger dans les meilleurs restaurants.
00:14Bref, la vie de rêve.
00:16Ça, c'est ce qu'on pourrait croire et ce que beaucoup s'imaginent.
00:19Et pourtant, si je vous disais que cette image est totalement fausse pour 95% des joueurs,
00:24que certains, pourtant classés dans le top 200 mondial, galèrent à payer leur billet d'avion,
00:28que des pros, au sens strict du terme, vivent avec moins qu'un smic une fois tous leurs frais payés.
00:34Ou pire, que certains perdent de l'argent chaque mois, chaque année.
00:38Aujourd'hui, on va déconstruire un mythe, un mythe bien ancré.
00:41Celui du joueur de tennis millionnaire par nature.
00:44Celui du sport égalitaire où le talent suffit.
00:47Et on va vous montrer la réalité, à savoir ce que gagne vraiment un joueur de tennis.
00:51Parce que derrière les noms clinquants de Federer, Nadal, Djokovic,
00:54il y a des centaines, des milliers de joueurs dont personne ne parle.
00:58Des joueurs classés 150e, 200e ou 300e mondial,
01:03qui s'entraînent comme des fous, voyagent non-stop, et pourtant peinent à gagner leur vie.
01:07Le tennis est un sport d'élite, au sens littéral du terme.
01:10Une pyramide où seuls les tout-promis vivent confortablement, et où les autres survivent.
01:15Les médias mettent en avant les têtes d'affiches,
01:17et les prize money record en grand chelem font oublier que la majorité des joueurs
01:21ne voient même pas la couleur d'un tableau principal.
01:23Alors, on va tout vous montrer.
01:25Les chiffres réels, les coulisses du modèle économique d'un joueur de tennis.
01:29On va comparer ce que gagne un top 10, à ce que gagne un joueur classé 250e.
01:34On va parler des dépenses, des sacrifices, et des désillusions.
01:37On va parler de ceux qu'on n'invite jamais sur les plateaux.
01:40De ceux qu'on n'entend jamais, mais qui sans eux, n'existeraient pas les stars.
01:43C'est un éclairage qu'on vous propose aujourd'hui.
01:46Un éclairage sur un sport passionnant, mais impitoyable.
01:49Et ce qu'on va découvrir ensemble, c'est que dans ce sport,
01:52la vraie performance, c'est peut-être juste de tenir année après année sur le circuit.
02:10Quand on pense à un joueur de tennis professionnel,
02:13on pense tout de suite à Federer, Nadal, Djokovic.
02:16Des légendes qui incarnent l'image d'un sport luxueux et élitiste.
02:19Federer, Nadal et Djokovic cumulent à eux trois plus d'un milliard d'euros de revenus
02:23sur l'ensemble de leur carrière.
02:25Ils ont signé avec les plus grandes marques du monde.
02:27Rolex, Uniqlo, Lacoste, Mercedes, Crédit Suisse et j'en passe.
02:31Ils sont devenus des ambassadeurs, des icônes mondiales.
02:35Federer avec Rolex, Uniqlo, Djokovic a fondé sa propre fondation,
02:39Nadal a son académie à Manacor,
02:41et chacun possède des villas à Dubaï, à Monte Carlo ou sur des îles privées.
02:46Leur routine s'articule donc autour de voyages en jet,
02:49de sorties luxueuses accompagnées d'un staff complet,
02:51le tout possible grâce à des prize-monnaies délirants accumulés pendant des années.
02:55Et ça, ça continue.
02:56Parce que juste en 2024,
02:58Yannick Sinner a gagné plus de 30 millions de dollars
03:01grâce à ses résultats et ses sponsors.
03:03Et pour beaucoup, c'est ça le tennis.
03:05Des joueurs qui jouent à Roland-Garros, à Wimbledon,
03:07et qui gagnent beaucoup d'argent.
03:08Mais c'est exactement là que le mythe commence.
03:11Parce que ce qu'on dit pas,
03:12c'est que ces joueurs-là sont l'exception, pas la règle.
03:14Ils ne représentent absolument pas le tennis professionnel.
03:17Simplement la crème d'une élite mondiale ultra-sélective.
03:20Pour un Federer,
03:21y'a 1000 joueurs qui ne verront jamais un contrat publicitaire.
03:24Pour un Djokovic,
03:25y'a des centaines de joueurs qui rêveraient simplement
03:27de passer le premier tour d'un grand chlem.
03:29Le tennis professionnel, c'est une pyramide.
03:31Et seul le haut de cette pyramide reçoit la lumière et l'argent.
03:34Les autres restent dans l'ombre et doivent survivre.
03:37Donc le tennis professionnel, c'est la loi du plus fort.
03:39Mais dans l'imaginaire collectif,
03:41on reste persuadé que joueur pro égale vie de rêve.
03:43Parce que les images qu'on voit,
03:45ce sont les trophées levées sous les projecteurs.
03:47Les flashs des photographes,
03:48les Richard Mill et les Rolex en or au poignet.
03:51Personne ne filme le 300ème mondial
03:53qui dort dans un Airbnb mytho au fin fond de l'Asie,
03:55après un premier tour perdu en tournoi futur.
03:58Personne ne montre les dizaines de mails envoyés
04:00pour chercher un sponsor local
04:01qui couvrirait deux semaines de tournoi.
04:03Et pourtant, c'est avant tout ça le tennis professionnel.
04:05Alors on va vous montrer tout ce qu'il faut traverser avant d'y arriver.
04:09Ou plutôt avant d'abandonner.
04:10Parce que les stars du tennis ne sont pas seulement riches,
04:13elles sont rares.
04:13Et c'est cette illusion collective
04:15qui les tente de déconstruire.
04:16Elle, c'est Pauline Payette,
04:18une joueuse de tennis professionnelle
04:19montée jusqu'à la 577ème place mondiale,
04:22actuellement 40ème meilleure française.
04:24Elle est également coach pour tous les publics.
04:26Et connaissant parfaitement ce tennis de second rang,
04:29elle nous partage son expérience.
04:30Moi, j'ai déjà eu
04:31« Ah, mais toi, avec ton salaire,
04:33vu comment tu voyages,
04:35tu te voyais super bien ! »
04:37Eh ben non, oui.
04:38Évidemment que c'est arrivé plusieurs fois.
04:41Les gens s'imaginent
04:43qu'on a un club ou une fédération
04:45qui paye tout pour nous derrière
04:47et qu'on débourse zéro euro.
04:50Donc oui, c'est déjà arrivé plusieurs fois
04:51qu'on me demande si j'étais riche.
04:54Donc on se rend compte qu'il y a un vrai décalage
04:56entre ce que beaucoup pensent du tennis professionnel
04:58et la réalité qui est beaucoup plus brutale.
05:00Mais ce qu'il faut souligner dans le tennis,
05:02ce sont les dépenses qui sont directement
05:04aux frais des joueurs et joueuses.
05:05Un joueur classé 100ème mondial
05:07peut espérer gagner plus ou moins
05:091 million de dollars par an.
05:10Mais ça, c'est le brut avant impôts.
05:12Lui, c'est Thomas Drouet,
05:14coach sur le circuit professionnel depuis 13 ans,
05:16qui a vu l'envers du décor des finances dans le tennis.
05:18Je pense que déjà, la plus grande erreur,
05:21c'est qu'on voit quand on regarde
05:23des prize money, des tournois.
05:24Par exemple, c'est énorme.
05:26Les millions, surtout sur les grands chlèmes et tout ça.
05:28Mais quand on regarde en fait
05:30combien a gagné un joueur,
05:32le prize money, c'est brut.
05:34Il faut à chaque fois retirer un pourcentage
05:36et ça, ça dépend des pays.
05:38Il y a des pays, par exemple aux Etats-Unis,
05:39pour ceux qui ne sont pas résidents américains,
05:41à la source, ils gagnent 100 000 dollars,
05:43à la source, boum, on leur retire 35 000.
05:46Donc peut-être que c'est marqué 100 000 dollars
05:47de prize money, mais le joueur,
05:49on a déjà plus que 65.
05:50Une fois les impôts payés,
05:51il faut déduire les frais de déplacement,
05:53les hôtels, le salaire du coach,
05:55le matériel.
05:56Et si on descend entre la 150e
05:58et la 200e place mondiale,
06:00les revenus passent à environ
06:01500 000 dollars par an.
06:03Et en dessous du top 300,
06:04on passe en dessous de 100 000 par an
06:05sur une année entière,
06:06avant de payer tout ça.
06:08Et contrairement aux sports collectifs,
06:09comme le foot, le rugby ou le basket,
06:11ou même un remplaçant touche un salaire fixe
06:13chaque mois,
06:14dans le tennis, il n'existe
06:15aucune sécurité salariale.
06:17Aucun contrat, aucun revenu garanti,
06:19c'est un sport où tout dépend du résultat.
06:21Tu gagnes, tu touches,
06:23tu perds, tu repars avec quasiment rien.
06:25Mais Pauline,
06:25imaginons que tu te blesses.
06:27Qu'est-ce qui se passe financièrement ?
06:28Financièrement, tu as zéro.
06:30Tu as zéro et c'est ça qui est hyper dur,
06:33c'est qu'on n'a aucune sécurité.
06:35Et ce qui est dommage en France,
06:36c'est qu'on n'a pas
06:37que notre statut finalement
06:39de joueur de tennis,
06:41de joueuse de tennis professionnelle,
06:42est considéré comme une entreprise.
06:44Et ça, c'est un peu dommage
06:45parce qu'on pousse notre corps,
06:47on pousse tout dans ses retranchements
06:50pour essayer d'en vivre.
06:53Et finalement, le jour où on se blesse,
06:55on n'a que les yeux pour pleurer
06:57puisque déjà, au niveau moral,
07:01c'est dur de se blesser,
07:02on ne peut pas s'entraîner,
07:03on ne peut pas jouer en tournoi.
07:05Et en plus de ça,
07:06sur l'aspect financier,
07:08il n'y a rien qui tombe aussi.
07:09C'est un sport déjà
07:10où tu n'es pas salarié.
07:13Moi, tu sais, j'adore le cyclisme et tout.
07:15J'ai un copain, là,
07:17il a pris une boîte
07:17et il s'est pété la clavicule.
07:19Pendant trois mois,
07:19il va quand même toucher son salaire.
07:21Voilà, ma joueuse,
07:22quand elle s'est fait le ligament du genou
07:23pendant six mois,
07:24elle a touché zéro.
07:26Alors ce système peut sembler logique
07:27à première vue,
07:28mais il devient brutal
07:29une fois qu'on se met à leur place.
07:30Si tu es blessé,
07:31tu n'as pas d'indemnité,
07:32pas de dédommagement,
07:33pas de sécurité.
07:34Autant dire que tu dois éviter
07:36la blessure à tout prix.
07:37Mais au-delà de ça,
07:38c'est la course au point
07:39et à l'argent.
07:40Prenez le 180ème mondial.
07:41Il est professionnel,
07:42c'est un des meilleurs du monde.
07:44Il dispute des tournois ATP,
07:45parfois des qualifications
07:46en grand chelem,
07:47il s'entraîne avec un coach,
07:48il voyage à travers le monde,
07:50il dort dans des hôtels
07:51et se bat pour gratter des points
07:52qui feront une énorme différence
07:54en fin de saison.
07:55Et bien s'il ne performe pas
07:56chaque semaine,
07:56il ne gagne presque rien.
07:58Aucun revenu.
07:59Et quand on compare ce modèle
08:00avec d'autres sports,
08:01l'écart devient vertigineux.
08:03En NBA,
08:04même un joueur qui reste sur le banc
08:05la plupart du temps,
08:06il va quand même toucher ses millions.
08:07Selon les chiffres de Sporting Intelligence,
08:09un joueur en NBA
08:10touche en moyenne
08:114,2 millions de dollars par an.
08:13En Ligue 1,
08:14le salaire moyen avoisine
08:15les 40 000 euros par mois.
08:17Donc même un remplaçant
08:18qui reste sur le banc
08:18ou un joueur blessé tout le mois,
08:20pas de problème,
08:21le salaire tombe.
08:22Donc ce qu'il faut retenir,
08:23c'est que dans ces autres sports,
08:24globalement,
08:24on a un système structuré,
08:26encadré,
08:27avec des syndicats,
08:28des ligues
08:28et des assurances collectives.
08:30Un joueur de tennis,
08:31il est indépendant,
08:32c'est un freelance,
08:32c'est un auto-entrepreneur
08:34à part entière
08:34et sans mutuel,
08:35sans congé payé,
08:36sans chômage ni RSA.
08:38Donc il y a le manque
08:39de sécurité financière,
08:40il y a l'épée de Damoclès permanente
08:42qui est la blessure
08:42dont on a parlé.
08:43S'il y a blessure,
08:44plus d'argent.
08:45D'ailleurs,
08:45c'est pour ça que beaucoup
08:46prennent des risques insensés,
08:48à savoir jouer un peu blessé,
08:49forcer sur un genou fragile,
08:51revenir trop tôt
08:52pour limiter les pertes,
08:53voire même retarder une opération.
08:55Tout simplement
08:55parce qu'ils n'ont pas
08:56le luxe de s'arrêter.
08:57Et il faut se rendre compte
08:58des prize money
08:58en tournoi futur
08:59qui sont dérisoires.
09:00On parle de quelques centaines d'euros
09:02quand en face,
09:03les frais s'élèvent
09:03à 1000-1500 euros.
09:05Donc,
09:05on n'y est pas du tout.
09:06L'hôtel,
09:07les billets d'avion,
09:09c'est vraiment les...
09:10Et c'est incompréhensible.
09:11On ne peut pas y échapper.
09:13C'est ton job de voyager.
09:15Donc après,
09:15tu rajoutes la même chose
09:17pour ton coach,
09:18en frais.
09:18T'imagines le budget
09:19si tu rajoutes encore une personne ?
09:21Ça multiplie par 3, quoi.
09:23Donc tu montes...
09:25Donc là,
09:26tu montes à 100...
09:27150.
09:28Ouais, 150.
09:29Donc une carrière de tennisman,
09:32c'est ni plus ni moins
09:32une entreprise à risque.
09:34Tu mets 100 à 150 000 euros
09:35par an sur la table
09:36sans aucune garantie de retour.
09:38Alors le rêve est là
09:39parce que tu te donnes les chances
09:40de jouer Roland Garros,
09:41Wimbledon.
09:42Mais là,
09:42on parle d'un rêve suspendu
09:44à un fil.
09:44Et souvent,
09:45c'est pas la fatigue
09:46ou l'échec
09:46qui stoppe une carrière.
09:48C'est juste le compte en banque.
09:53On entend souvent
09:54que le tennis
09:54est un sport qui rapporte.
09:56Et c'est vrai.
09:56Mais pour une poignée d'élus.
09:58Si on regarde les chiffres en 2024,
09:59le top 10 vit dans un autre monde.
10:01Ils accumulent les millions,
10:03donc ça alimente l'illusion
10:04que dès que tu entres
10:05dans le monde professionnel,
10:06t'es forcément à l'abri du besoin.
10:08Mais ce fantasme
10:08ne repose que sur 10 joueurs,
10:1015 joueurs dans le monde.
10:11Dès qu'on descend dans le classement,
10:13la réalité devient
10:13beaucoup plus rude.
10:14Le joueur moyen du top 100
10:16gagne en moyenne
10:16entre 500 000
10:17et 1 million de dollars par an.
10:19Ce qui est un chiffre impressionnant,
10:20mais qui suppose
10:21une saison complète,
10:22sans blessures
10:23et avec des résultats constants.
10:24Il faut performer tout le temps.
10:26Et même dans le top 100 en lui-même,
10:27les écarts sont énormes.
10:29Dans la vidéo de nos collègues
10:30en tribune,
10:31on apprend qu'en 2024,
10:32Yannick Siner a gagné
10:3315 fois plus
10:34que le 50e mondial
10:36et 26 fois plus
10:37que le 100e mondial.
10:38Et si on descend encore,
10:39c'est la dégringolade.
10:40Un joueur classé
10:41autour de la 200e place mondiale
10:43gagne environ
10:44500 000 dollars par an.
10:46C'est bien,
10:46mais c'est avant impôts
10:47et surtout avant les frais engagés
10:49pour faire cette saison.
10:50Ce sont les revenus bruts,
10:51qui ne prennent pas en compte
10:52le coût des voyages,
10:53du staff,
10:54du matériel,
10:55des soins,
10:55des hôtels,
10:56Pire encore,
10:57à partir de la 300e place mondiale,
10:59le tennis devient
11:00un gouffre financier.
11:01Le 300e mondial
11:02gagne entre 100
11:03et 150 000 dollars
11:04à l'année,
11:05mais les frais
11:05pour la saison complète
11:06viennent complètement
11:07étouffer ses gains.
11:08Donc pour comprendre
11:09ce que gagne
11:09un joueur de tennis,
11:10il faut commencer
11:11par analyser ses dépenses.
11:12Première ligne de dépense,
11:14le coach.
11:14Un coach,
11:15on va dire,
11:16c'est variable,
11:18on va dire
11:18entre 1 000
11:20et 4,
11:205 000 euros
11:21la semaine.
11:22Mais bon,
11:22on n'est pas payé
11:23sur 52 semaines.
11:24Tu es payé,
11:24tu fais entre 35
11:25et 40 semaines.
11:26Je pense qu'un très bon coach,
11:28tu ne l'as pas
11:28pour 1 000 euros
11:29par semaine.
11:29Parce qu'un mec
11:30qui voyage partout
11:31dans le monde,
11:31qui sacrifie sa vie
11:33de famille
11:33pour 40 000 euros
11:35par an,
11:36pareil,
11:3640 000 euros
11:37pour le salaire du coach,
11:38il faut enlever les taxes d'air,
11:39ce n'est pas 40 000 euros
11:40dans sa poche.
11:41Tu vois,
11:41un bon coach,
11:42je pense que c'est au minimum
11:432 000 euros par semaine.
11:45Alors,
11:46certains joueurs
11:46se partagent leur coach
11:47pour réduire les coûts,
11:48d'autres se contentent
11:49de suivi ponctuel,
11:50mais dans un sport
11:51aussi technique et tactique,
11:52faire son coach,
11:53c'est partir avec un désavantage.
11:55Ensuite,
11:55viennent les frais
11:56de transport
11:57et d'hébergement.
11:58Les plus gros postes
11:59de dépense,
12:00c'est les billets d'avion.
12:02Un joueur hors top 100,
12:04il va voyager
12:04dans le monde entier
12:06comme un top 100.
12:07Donc en fait,
12:07ses coûts de voyage
12:08vont pratiquement être les mêmes.
12:10Moi,
12:11je pense qu'il faut compter
12:12environ de voyage,
12:14juste pour lui,
12:15entre 30 et 40 000 euros
12:16et sans voyager
12:17en business class
12:18et tout ça,
12:19en essayant de faire tout
12:20au rabais.
12:21Parce qu'en plus,
12:22on ne peut pas prévoir
12:23les dates.
12:24Les tournois s'enchaînent,
12:25on ne sait pas
12:25quand on va perdre.
12:26Et parfois,
12:27du coup,
12:27tu te retrouves
12:28à payer des billets d'avion.
12:29Par exemple,
12:30je me souviens une fois,
12:31ma joueuse
12:31fait demi-finale à Dubaï
12:33et elle enchaînait avec Doha.
12:34Et elle perd le soir,
12:35elle regarde
12:36tous les billets d'avion,
12:36mais les billets d'avion
12:37avaient triplé
12:38en quelques heures
12:38parce qu'il n'y avait
12:39plus de place.
12:40Mais il faut bien se rendre,
12:42on ne va pas y aller en bateau.
12:43Donc,
12:43voilà,
12:45ça,
12:45c'est de chocher
12:45sur ton price monnaie.
12:46Donc ça,
12:47l'hôtel,
12:48les billets d'avion,
12:49c'est vraiment
12:50les...
12:51Et c'est incompressible.
12:52On ne peut pas
12:53y échapper.
12:53Et ces chiffres
12:54grimpent très vite
12:55si le joueur est accompagné
12:56d'un staff,
12:56d'un préparateur physique,
12:58d'un kiné.
12:59Certains joueurs
12:59dépensent des centaines
13:00de milliers de dollars
13:01par an
13:01rien que pour les déplacements.
13:03Et à ça,
13:03il faut ajouter
13:04les dépenses dites
13:05annexes
13:05mais indispensables.
13:06Je peux te les citer.
13:07Tu as tout ce qui est
13:08récupération.
13:09Voilà,
13:10quand tu es en tournoi
13:11ou quand tu es
13:11à l'entraînement,
13:13il faut payer les massages,
13:14il faut payer la cryothérapie
13:16parce que ça,
13:16c'est pareil.
13:17Ça fait partie de ton job
13:18de récupérer,
13:20voilà,
13:20quand tu vas avoir
13:21les kinés,
13:22tout le matériel
13:23que tu peux acheter aussi,
13:24les bottes de compression
13:25et tout ça,
13:25c'est une fois
13:26et après tu peux voyager avec.
13:28Tout ce qui est
13:29en rapport
13:29avec la recherche
13:30de la performance,
13:32les gels,
13:32la nutrition,
13:33note ça,
13:33si tu n'es pas sponsorisé,
13:34tu imagines
13:35ce qu'on consomme
13:36en boisson énergétique
13:37par an ?
13:37Voilà quoi,
13:38il y a tout ça.
13:39Résultat,
13:39on a une équation
13:40intenable.
13:41Un joueur classé
13:42au-delà de la 200ème
13:43place mondiale
13:44peut très bien
13:44finir sa saison
13:45à zéro
13:46ou même dans le rouge
13:47donc certains
13:47sacrifient leurs économies.
13:49Et chez les femmes,
13:50c'est encore plus brutal.
13:51Les joueuses classées
13:51entre la 100ème
13:52et la 300ème
13:53place mondiale
13:54gagnent entre 30
13:55et 50% de moins
13:57que les hommes
13:57au même rang.
13:58Sans aucune garantie
13:59de revenu,
13:59la WTA ne propose
14:00pas de salaire minimum,
14:02pas de fonds de soutien.
14:03Une inégalité
14:04qui pousse
14:04certaines joueuses
14:05prometteuses
14:05à abandonner.
14:06Sur ma meilleure semaine,
14:09j'avais fait finale
14:10en simple
14:11et gagné le double
14:12ce qui est quand même
14:13une belle semaine.
14:15Je pouvais faire
14:16un peu mieux
14:17en gagnant la finale
14:18mais bon voilà,
14:19j'étais quand même
14:19pas loin
14:20de la semaine parfaite.
14:22Et en retirant
14:23tous les frais,
14:25j'avais gagné
14:25200€
14:26sur la semaine.
14:27Alors comment tenir
14:28quand on gagne
14:28aussi peu ?
14:29La réponse est simple,
14:30on bricole,
14:31on s'adapte.
14:32Et pour beaucoup
14:32de joueurs hors top 100,
14:34la survie passe
14:34par des solutions parallèles.
14:36Donc sur le circuit CNGT
14:37où là pour le coup
14:39il y a moins de frais
14:41que sur le circuit international
14:42tout simplement
14:43parce que déjà
14:44les tournois
14:45sont plus courts,
14:46c'est à dire que les CNGT
14:47on va jouer sur 3 jours
14:48maximum,
14:49donc on aura
14:50maximum 3 nuits d'hôtel.
14:52Souvent les nuits d'hôtel
14:53sont prises en charge
14:54par les tournois.
14:55Donc moi ce que je vais
14:57prendre en charge
14:58ça va être le déplacement.
14:59Donc si j'y vais en train
15:00le biais de train,
15:01si j'y vais en voiture
15:02le péage
15:03et l'essence.
15:04D'autres joueurs
15:04se convertissent partiellement
15:05en coach pour amateurs,
15:07donnent des cours particuliers,
15:08animent des stages,
15:09monétisent leur image
15:10sur Instagram
15:11ou Youtube
15:11et créent leur propre marque.
15:13Donc c'est la jungle.
15:14Chacun se démerde
15:15alors qu'on parle quand même
15:16de sportifs professionnels là.
15:18Quant aux sponsors,
15:19eux aussi regardent le classement.
15:20Et pour les joueurs
15:21au-delà de la 100ème place mondiale,
15:23c'est très difficile
15:23d'attirer des marques internationales.
15:25La visibilité médiatique
15:26est trop faible.
15:27Donc ça devient
15:28un cercle vicieux.
15:29Faute de moyens,
15:30certains sont obligés
15:31de se séparer de leur coach
15:32en pleine saison,
15:33pas pour des raisons sportives
15:34mais parce qu'ils ne peuvent
15:35plus le payer.
15:35Et plus t'es bas,
15:36plus tu dois lutter
15:37pour chaque euro,
15:38chaque point.
15:39Au tennis,
15:39les revenus ne sont pas seulement
15:40inégalitaires,
15:41ils sont structurellement
15:42inaccessibles à la majorité.
15:44C'est un sport
15:45où on peut être
15:45200ème mondial,
15:46250ème mondial
15:47et ne pas vivre de son métier.
15:49Au fait,
15:50nous c'est Game Set & Talk,
15:51on est des passionnés de tennis
15:52et on vous raconte ce sport
15:53à notre manière.
15:54Alors si c'est un contenu
15:54qui t'intéresse,
15:55n'hésite surtout pas
15:56à t'abonner à la chaîne
15:57et à activer la cloche
15:58pour recevoir les notifications
15:59de chaque vidéo qui sort.
16:01A noter que je suis en alternance
16:02sur la chaîne,
16:02j'essaye de faire croître le projet.
16:04Sauf que générer des fonds
16:05sur YouTube,
16:05c'est très compliqué.
16:06Donc on a mis en place
16:07une campagne de financement
16:08participatif.
16:09Donc si tu souhaites soutenir
16:10le projet et soutenir
16:11ma deuxième année d'alternance,
16:12n'hésite surtout pas
16:13à faire un don
16:13à la hauteur de tes moyens.
16:14Le lien du Tipeee
16:15est juste en dessous
16:16en description.
16:16Merci beaucoup.
16:17Maintenant,
16:22si on compare les revenus
16:23d'un joueur 200ème mondial
16:24à celui d'un salarié classique,
16:26le verdict est sans appel.
16:27En 2025,
16:28le salaire moyen net
16:29en France
16:30est de 2500 euros par mois,
16:32soit 30 000 euros net par an.
16:33Un joueur de tennis classé
16:35entre la 200ème
16:35et la 300ème place mondiale,
16:37une fois qu'il a payé son coach,
16:38ses billets d'avion,
16:39ses hôtels,
16:40son matériel,
16:41ses soins,
16:41ses cordages,
16:42ses repas,
16:42il faut savoir qu'il lui reste
16:43très souvent moins que le SMIC.
16:45Certains bouclent leur saison
16:46avec 15 000 euros parfois.
16:4812 000 euros.
16:49Un joueur dans les 200
16:50et un petit peu au-delà,
16:51une fois qu'il a enlevé
16:52toutes ses dépenses,
16:53toutes ses charges,
16:54est-ce que tu penses
16:55qu'il est au-dessus d'un SMIC ou pas ?
16:56Non.
16:57On les appelle
16:57les SMICards du tennis,
16:58c'est pour une raison.
16:59C'est un peu péjoratif.
17:01Non, parce qu'ils bossent,
17:02les gars, c'est ça.
17:03OK, il y en a certains,
17:05c'est des tirs au flanc,
17:06il y en a,
17:06ils optimisent pas
17:07tout ce qu'ils pourraient faire,
17:08on sait, OK.
17:09Et quand tu t'entraînes
17:106-7 heures par jour,
17:12que tu fais ça
17:168-40 heures par semaine,
17:18plus les voyages,
17:19plus les sacrifices
17:20où tu vois,
17:20parce que ces mecs,
17:21ils sont 200, 300,
17:22400e monde mondiaux,
17:23ils voyaient pas
17:23leur famille non plus.
17:24Ils sont dans des chambres d'hôtel,
17:26c'est pas des 4 étoiles aussi.
17:28Quand tu vois ça,
17:29je l'ai fait,
17:30j'ai été dans des tournées en Afrique
17:31où l'eau,
17:32elle coule orange.
17:33Là, t'as pas envie
17:34d'y rester longtemps,
17:35t'as envie de vite progresser
17:36au classement pour...
17:37Donc tu t'entraînes
17:38comme un chien,
17:38t'es sérieux,
17:39tu dors bien,
17:40tu vas pas...
17:41Tu vas pas faire des futurs
17:42pour faire la bringue
17:43avec tes potes,
17:44tu vois,
17:44parce que c'est ça aussi,
17:46j'auve pas plus.
17:47Et ce sont pas des cas isolés,
17:48ce sont les standards
17:49du circuit ITF et Challenger.
17:51En réalité,
17:51la plupart des joueurs
17:52classés autour
17:53de la 300ème place mondiale
17:54sont déficitaires.
17:56Ils terminent l'année
17:56plus pauvres
17:57qu'ils ne l'ont commencé,
17:58et ce malgré
17:59leur statut professionnel.
18:00Et c'est là
18:00que le contraste
18:01devient vertigineux.
18:02On parle d'un sportif
18:03qui est parmi
18:04les 300 meilleurs au monde
18:05dans un sport pratiqué
18:06par des millions de personnes.
18:07Et pourtant,
18:08il gagne moins
18:09qu'un poste de débutant
18:10dans la grande distribution,
18:11moins qu'un serveur en CDI,
18:13moins qu'un jeune prof contractuel.
18:15Et en plus,
18:15il n'a pas de contrat,
18:16pas de mutuel,
18:17pas de congé payé,
18:18pas de cotisation de retraite,
18:19rien.
18:20Juste des semaines
18:21à jouer sa survie financière,
18:22parfois sur un tie-break.
18:23Mais c'est pas tout,
18:24parce qu'un joueur
18:25classé au-delà du top 100,
18:26s'il veut simplement
18:27tenir sur le circuit,
18:29il ne peut pas se contenter
18:29d'être un athlète.
18:30Il doit aussi être
18:31son propre agent,
18:32son propre comptable,
18:34community manager,
18:35commercial et DRH.
18:36Il devient
18:37une entreprise à lui-même,
18:38où la raquette
18:39n'est qu'une des casquettes
18:40qu'il porte chaque jour.
18:41Il réserve ses vols,
18:42il compare les prix
18:43pour gagner 40 euros
18:44sur un aller-retour,
18:45il gère ses visas
18:46pour les pays où il joue,
18:48ce qui signifie parfois
18:49remplir des formulaires
18:49d'ambassade à 4h du matin
18:51après une défaite.
18:52Il repère les tournois
18:53les mieux dotés,
18:54il optimise son calendrier
18:55pour enchaîner
18:56deux tournois pas trop loin,
18:57il négocie ses sponsors
18:58s'il en a,
18:59il vend sa visibilité,
19:00son palmarès,
19:01son potentiel.
19:02Je passais au moins,
19:04je pense,
19:047-8 heures par semaine
19:05à gérer tout ça.
19:07À gérer la programmation,
19:08à regarder les billets d'avion,
19:10à se dire,
19:11ah bah tiens,
19:11si je fais ce tournoi,
19:12je peux peut-être
19:13enchaîner sur l'autre.
19:14Ah mais non,
19:14mais là,
19:14il y a un vol à telle heure,
19:15du coup,
19:16ça passe pas.
19:17Du coup,
19:17il faut peut-être regarder
19:18un autre tournoi,
19:19un autre moment.
19:20Mais là,
19:20dans cette liste-là,
19:21je suis calife
19:22alors que l'autre tournoi,
19:23je suis tableau.
19:24Ouais,
19:24mais là,
19:24du coup,
19:25le vol,
19:25il ne correspond pas.
19:26Du coup,
19:27il y a plein d'éléments
19:28vraiment à prendre en compte.
19:30Mais ça m'a apporté
19:31une grosse autonomie.
19:33Et justement,
19:35de pouvoir gérer tout ça,
19:36c'est aussi une chance
19:38parce que t'apprends énormément
19:40sur plein de domaines
19:42au-delà du simple jeu
19:44et du match.
19:45Et pendant ce temps-là,
19:46un salarié,
19:47lui,
19:47il a une fiche de poste.
19:49Il travaille 35 heures par semaine,
19:50il a des congés payés,
19:52un accès à un médecin,
19:53un suivi RH,
19:54il est entouré.
19:55En cas de maladie,
19:56il peut être arrêté.
19:57Un joueur de tennis,
19:58rien.
19:58Si tu réussis,
19:59tant mieux.
20:00Si tu rates,
20:01personne ne vient te chercher.
20:02Donc ce ne sont pas les moins bons
20:03qui abandonnent,
20:04ce sont les moins solides financièrement.
20:06Et ça, c'est terrible.
20:11Dans le tennis professionnel,
20:12le top 100,
20:13c'est une ligne de démarcation.
20:15Une frontière entre ceux qui respirent
20:17et ceux qui survivent.
20:18Parce que c'est seulement à partir
20:19de cette centième place
20:20que les portes s'ouvrent
20:21et que tu joues les grands chlèmes.
20:23Les nuits d'hôtel sont souvent
20:24prises en charge,
20:25les sponsors commencent
20:26à s'intéresser à toi,
20:27donc t'es dans l'écosystème
20:28et tu peux construire une équipe,
20:30recruter un coach à temps plein,
20:31te faire accompagner
20:32d'un préparateur physique,
20:34d'un kiné.
20:34Alors que de l'autre côté
20:35de la barrière,
20:36c'est une autre réalité.
20:37On l'a répété,
20:38les gains sont dérisoires.
20:40Si t'es pas dans le top 100,
20:41rien ne change.
20:41Tu continues de galérer
20:42pour trouver un vol,
20:44un visa,
20:44un sponsor.
20:45C'est ça la ligne du top 100.
20:47C'est pas un objectif sportif,
20:48c'est la porte de sortie
20:49de la précarité.
20:50Le seul moment
20:51où le tennis devient
20:52un métier viable.
20:53Alors pourquoi le tennis
20:54est-il aussi difficile
20:55à vivre financièrement ?
20:57Pourquoi tant de joueurs
20:58galèrent à boucler
20:59leur fin de mois ?
20:59Bah, la réponse elle est simple,
21:01mais elle est violente.
21:02Le tennis n'a jamais été fait
21:03pour être viable
21:04en dehors de l'élite.
21:05Dans le football,
21:06le rugby,
21:07le basket,
21:07il y a des clubs.
21:08T'es recruté,
21:09t'es formé
21:10et intégré dans un collectif.
21:11Tu signes un contrat,
21:12t'as un salaire.
21:13Et même s'il est modeste,
21:14tu as un salaire.
21:15T'as un kiné,
21:16un préparateur physique.
21:17Dans le tennis,
21:18t'as rien de tout ça.
21:19Et tu es tout seul
21:20et tu dois toi-même
21:21construire tout ça
21:22autour de toi.
21:23Je laisse maintenant
21:23en tribune
21:24nous résumer
21:24leur excellente vidéo
21:26sur le sujet
21:26que vous pouvez retrouver
21:27en description.
21:28Salut à tous.
21:29Oui, sur ma chaîne
21:30en tribune,
21:31je décrypte le monde du sport
21:32grâce à la statistique.
21:33J'ai fait cette vidéo
21:34parce que j'entendais souvent
21:35qu'il n'y avait que 200
21:36ou 300 joueurs et joueuses
21:37qui pouvaient vivre du tennis.
21:39Ça me paraissait complètement fou
21:40quand tu penses
21:41qu'il y a 700 joueurs de foot pro
21:42rien qu'en Ligue 1 au foot.
21:44Du coup,
21:44j'ai commencé par faire une analyse
21:46des gains des joueurs
21:46en tournoi pour l'année 2024.
21:48Je ne vais pas rentrer
21:49dans le détail des stats,
21:50mais j'ai été hyper surpris
21:51des résultats.
21:52Déjà,
21:52si on fait une rapide comparaison
21:53entre les sports,
21:54j'ai vu que Sinner l'an dernier
21:56a gagné 19 millions,
21:58pas mal,
21:59mais loin des joueurs
22:00les mieux payés
22:00de la NBA ou de la NFL
22:02qui approchent les 60 millions,
22:04alors que là-bas,
22:05il y a des plafonds de salaire.
22:06En allant plus loin
22:07dans la comparaison,
22:08j'ai réalisé que le tennis
22:10est le sport
22:10qui redistribue
22:11le plus mal l'argent
22:12entre les joueurs.
22:13En tout cas,
22:14de ceux que j'ai pu analyser.
22:15Il y a de très fortes inégalités.
22:17C'est ce que j'ai mesuré
22:18avec l'indice de Genie.
22:19Il y a plus d'inégalités
22:20au tennis qu'au golf par exemple.
22:22Je détaille un peu plus
22:22les calculs dans ma vidéo.
22:24Les meilleurs joueurs
22:25gardent vraiment
22:25les plus grosses parts du gâteau.
22:27Et à la limite,
22:27ça peut se comprendre,
22:29ils captent vraiment
22:29le plus gros
22:30de l'attention médiatique
22:31et font vivre le sport.
22:32Mais il faut aussi
22:33mettre ça en parallèle
22:34avec ce que génère
22:35globalement chaque sport
22:36et combien les disciplines
22:37redistribuent aux joueurs.
22:38L'an dernier,
22:39310 millions
22:40étaient redistribués aux joueurs
22:41contre 4 milliards
22:42rien que pour la Ligue Nationale
22:43de Baseball américaine.
22:45Ce qui m'a paru curieux aussi,
22:46c'est que dans le tennis,
22:47seulement 17%
22:48des revenus générés
22:49par le sport
22:49sont redistribués aux joueurs.
22:51Dans les sports collectifs,
22:52c'est pas rare
22:53d'atteindre 70%,
22:54mais au golf,
22:55on est à 23% par exemple.
22:57C'est pas facile
22:58de savoir
22:58où va le reste de l'argent.
23:00De ce que j'ai compris,
23:00c'est utilisé par la fédération
23:02pour financer
23:02les plus petits tournois.
23:04L'ATP essaye
23:04de changer les choses,
23:05mais pas assez vite
23:06au goût de Postbizil
23:07et de Djoko
23:08qui ont créé la PTPA
23:09en 2024
23:10pour défendre
23:11les droits des joueurs.
23:12Il y a bien sûr
23:13d'autres gains,
23:13comme les sponsors bien sûr
23:14ou les tournois hors ATP,
23:16mais c'est des données
23:17généralement confidentielles,
23:18donc j'ai pas pu vraiment
23:19m'en servir dans la vidéo.
23:20Dans tous les cas,
23:21ce qu'il faut retenir,
23:22c'est que ça a plutôt tendance
23:23à accentuer les inégalités,
23:25même si l'apport
23:25des équipementiers
23:26permet d'alléger
23:27les charges de joueurs
23:28et que les tournois nationaux,
23:30hors ATP donc,
23:31permettent aussi
23:31de se rémunérer.
23:33Bref,
23:33n'hésitez pas à voir
23:34le reste de l'enquête
23:34sur ma chaîne,
23:35après cette vidéo bien sûr,
23:36et merci beaucoup
23:37pour l'invitation.
23:38Merci à toi,
23:39et c'est là qu'on comprend
23:40à quel point le tennis
23:40est structurellement brutal.
23:42Tout repose sur
23:43la performance individuelle.
23:45Le système économique du tennis
23:46est fondé sur cette logique.
23:47Plus tu gagnes,
23:48plus tu peux gagner.
23:49Moins tu gagnes,
23:50plus il est difficile de monter.
23:52C'est un cercle vertueux
23:53pour l'élite,
23:53un cercle vicieux
23:54pour les autres.
23:55Et cette logique
23:56ne laisse aucune place
23:57à l'accident de parcours.
23:58Alors on peut penser
23:59à des solutions
23:59pour améliorer les conditions
24:01de ces joueurs et joueuses.
24:02Je pense que ce qui pourrait aider,
24:04déjà,
24:04c'est qu'on puisse avoir
24:05l'hébergement pris en charge.
24:08Notamment,
24:08ça serait vraiment
24:09une grosse aide.
24:11Je pense que le prize money
24:12pourrait être augmenté
24:14un peu plus.
24:15L'idée,
24:15ça serait de redistribuer
24:17un petit peu tout ça,
24:18et pourquoi pas créer aussi
24:20après une association
24:21des joueurs
24:22parce que ça vient aussi
24:23de tout là-haut.
24:24De tout là-haut,
24:25que les joueurs aident aussi
24:27ceux qui sont tout en bas
24:29à s'en sortir.
24:30Parce qu'au final,
24:31aujourd'hui,
24:31c'est un business.
24:33Si je prends les résorts,
24:34notamment,
24:35par exemple,
24:36Monastir,
24:37aujourd'hui,
24:37c'est un business.
24:38l'hôtel
24:40gagne sa partie,
24:42la société
24:43qui gère
24:44les tournois
24:45gagne aussi sa partie,
24:46que ce soit
24:47sur l'hébergement,
24:48sur le tournoi.
24:49Il faut savoir
24:49qu'à Monastir,
24:50si tu ne dors pas
24:51à l'hôtel officiel,
24:52tu dois payer
24:53pour t'entraîner.
24:54Donc,
24:54c'est vraiment
24:55tout ça.
24:56Il faudrait vraiment
24:57que l'ETF
24:57le fasse sauter
24:58pour que nous,
25:00ça nous permette,
25:00justement,
25:01si on va à Monastir,
25:02de pouvoir prendre
25:02un appartement
25:04qui va nous coûter
25:04peut-être
25:05dix fois moins cher
25:06qu'à l'hôtel,
25:07on va pouvoir manger
25:08aussi pour moins cher
25:09et à côté de ça,
25:10qu'on puisse s'entraîner
25:11sans avoir à payer
25:13pour s'entraîner.
25:15Donc,
25:15c'est un peu
25:15le chat qui se barre la queue
25:17en disant
25:18« Ok,
25:20si tu ne dors pas
25:21à l'hôtel,
25:22tu payes moins cher
25:23mais à côté de ça,
25:24tu dois payer
25:24pour t'entraîner
25:25et les tarifs
25:25pour s'entraîner
25:26ne sont pas donnés.
25:27Et donc,
25:27au final,
25:28tu te retrouves
25:28un peu prise
25:29par le truc
25:30à dire
25:30« Ok,
25:31je vais aller à l'hôtel.
25:32Et donc,
25:33ça encourage
25:35et ça favorise
25:36ce business-là,
25:38quelque part,
25:38qui est un business
25:39qui est fait
25:40sur le dos
25:41des joueurs
25:42et des joueuses. »
25:43C'est du business.
25:44Chacun veut sa part.
25:45Et on voit bien
25:45que le système
25:46n'est pas conçu
25:47pour porter
25:47tous ces athlètes.
25:48Alors,
25:48on voit que les prize money
25:49en qualification
25:50de grand-chlem
25:51ont augmenté
25:51ces dernières années.
25:52C'est bien,
25:53mais on est loin du compte.
25:54Aujourd'hui,
25:55le système,
25:55il est conçu
25:56pour les instances,
25:57les fédérations.
25:58Parce qu'on rappelle
25:58que contrairement
25:59à la NBA,
26:00par exemple,
26:00qui redistribue
26:0150% des bénéfices
26:02aux joueurs,
26:03au tennis,
26:03on n'y est pas du tout.
26:04On n'est qu'à 17%.
26:06Et au-delà des instances,
26:07on récompense en majorité
26:08ceux qui ont déjà
26:09atteint le sommet.
26:1026 fois plus d'argent
26:11pour Yannick Siner
26:12que pour le 100ème mondial.
26:13On se rend même plus compte.
26:14Et pour tous les autres,
26:15autant dire que le tennis
26:16reste un pari incertain.
26:18Et vous,
26:18qu'est-ce que vous en pensez ?
26:19Est-ce normal
26:20que seul le top 100
26:21puisse vivre confortablement
26:22du tennis ?
26:23Est-ce que le tennis
26:24doit mieux redistribuer
26:25l'argent aux joueurs
26:26en dehors du top 100 ?
26:27Prolongeons le débat
26:27en commentaire.
26:28En tout cas,
26:29un grand merci aux personnes
26:30qui ont accepté
26:30de témoigner dans cette vidéo.
26:32Merci aussi à En Tribune
26:33dont la vidéo très fouillée
26:34et l'extrait présent
26:35dans cette vidéo
26:36nous ont permis
26:37d'en savoir plus
26:37sur le sujet.
26:38Je vous laisse avec sa vidéo
26:39qui viendra parfaitement
26:41compléter la nôtre.
26:42Ciao !

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