- il y a 5 mois
Documentaire sur une affaire criminelle japonaise des Années 1980
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Bonjour à tous, alors ici on aime bien les histoires sur la musique, mais on aime aussi les mystères.
00:04Du Thorred, du John Titor, de la légende urbaine, bah on aime bien de temps en temps.
00:08Parce que, bah généralement ça parle à tout le monde.
00:09Et les légendes urbaines, les rumeurs, les conspirations, etc. on adore,
00:13mais parfois il y a des histoires vraies qui dépassent tout ça.
00:15Des histoires qui auraient pu être de gigantesques rumeurs, mais qui sont pourtant bel et bien arrivées.
00:19Et celles d'aujourd'hui en fait partie.
00:20Avant que cette vidéo ne commence, elle est sponsorisée par NordVPN.
00:24Alors qu'est-ce que c'est ?
00:25NordVPN c'est un service qui a pour mission d'améliorer ton expérience sur internet.
00:29Je pense que vous avez l'habitude maintenant, on ne les présente plus.
00:31Parce qu'au-delà d'un VPN pour mater des séries lorsque t'es en voyage, ou pour payer des billets moins chers,
00:36NordVPN au fil du temps s'est surtout développé comme un outil 360 dans la sécurité en ligne.
00:40Que ce soit contre les logiciels et les sites web malveillants,
00:43parfois simplement pour te sentir en sécurité quand t'es sur une wifi publique,
00:46ou bien avoir un gestionnaire de mots de passe, en gros un coffre-fort où tu y stockes tes mots de passe,
00:50et toutes tes autres informations confidentielles, ça permet de minimiser les risques de piratage.
00:54Et pour quelqu'un comme moi qui oublie toujours mes mots de passe, en plus c'est bien pratique.
00:57Il propose même maintenant avec NordLocker un cloud chiffré pour y stocker tes fichiers en ligne,
01:02tout en étant serein, que ce soit dans une application, ou même sur le web directement, selon ce que tu préfères.
01:06Si je vous en parle, c'est parce que j'ai une offre pour vous.
01:08En ce moment, en passant par mon lien en description et uniquement mon lien,
01:12vous aurez 4 mois d'abonnement offert sur les abonnements de 2 ans.
01:15C'est satisfait ou remboursé sur les 30 premiers jours,
01:17donc si vous êtes curieux, à mon avis, c'est le moment d'essayer.
01:20Je vous mets également un petit QR code à votre disposition si jamais vous préférez,
01:23et sur ce mois, je vous souhaite à tous une très bonne vidéo.
01:26Aujourd'hui, direction le Japon, on est en plein dans les années 80,
01:29et on part à la recherche du monstre aux 21 visages.
01:32Ce monstre, c'est un groupe, ou bien un individu, qui a terrorisé un pays tout entier,
01:37entre enlèvements, empoisonnements, incendies,
01:39et tout ça sans jamais en tirer le moindre bénéfice, ni même en expliquer les raisons.
01:43Et vous allez voir que tout ça est extrêmement bizarre.
02:16Posons d'abord un peu de contexte.
02:22Ça, c'est des pokis.
02:23Et là, je vous vois venir, on va peut-être vous énerver,
02:25mais non Seb, c'est des Mikado, et vous avez raison.
02:28C'est juste le nom qui change, c'est pareil.
02:30Il y a une autre question qui se pose, c'est pourquoi je vous parle de ça ?
02:32J'y viens.
02:32Ce qu'il faut savoir, c'est que les pokis sont commercialisés à la base par une boîte japonaise,
02:37Glico, qui est concrètement une énorme boîte spécialisée dans les chocolats,
02:40les bonbons, bref.
02:41Plein de trucs sympas.
02:42Et à l'époque de notre histoire, le PDG de la boîte, c'est lui, Katsuhisa Ezaki.
02:46Et c'est justement ce gars qui va nous intéresser.
02:49Il vit dans la ville de Nishinomiya, à côté d'Osaka.
02:52Il a une petite maison cosyée, avec toute sa famille,
02:54et il a également une dépendance où il y loge sa maman,
02:57qui au passage s'appelle Yoshi.
02:59C'est marrant.
03:00Personne ne pourrait en vouloir à Ezaki.
03:02Le mec est sympa, gentil, il a une entreprise qui régale tout le monde,
03:05il fait sa petite vie, et il n'a pas d'ennemis particuliers.
03:08Et pourtant, tout va basculer dans sa vie.
03:09Le 18 mars 1984, à la tombée de la nuit,
03:12trois mecs rôdent autour de chez lui.
03:14Des types cagoulés, qui portent des gants, et qui ont l'air armés.
03:16Rien qu'ils ne sentent très bon.
03:17Et ces types connaissent visiblement très bien les lieux.
03:20Car sans hésitation, ils coupent les lignes téléphoniques de la résidence,
03:23puis ils se dirigent vers la maison de Yoshi,
03:24avant de fracturer sa porte.
03:26La pauvre mère, elle n'a même pas le temps de réagir,
03:27qu'elle se retrouve ligotée et plaquée au sol,
03:30sans pouvoir donner l'alerte.
03:31Alors la maman, elle est au sol comme ça,
03:33elle ne comprend pas ce qui se passe.
03:34Et puis elle remarque que le groupe est en train de fouiller
03:36toute la maison de fond en comble.
03:37Mais ce qu'il y a de super étrange,
03:38c'est qu'ils ont beau trouver des objets de valeur,
03:40de l'argent, des bijoux, etc.,
03:42ils n'y touchent pas.
03:43Car les mecs cherchent en réalité un truc très précis,
03:45un double des clés de la résidence principale.
03:47Et bingo !
03:48En mettant la main sur ça,
03:49ils foncent chez Izaki,
03:50et ils peuvent désormais déjouer toutes les alarmes.
03:52Ce qui veut dire qu'ils avaient l'info,
03:53que la résidence principale était protégée,
03:55mais pas celle de la maman.
03:57C'est très précis,
03:57et ça montre qu'ils sont extrêmement bien rodés.
03:59Arrivé chez Izaki, même scénario.
04:01Ils ligotent tout le monde.
04:02La femme d'Izaki, Mikiyoko,
04:04se doute que c'est un braquage,
04:05alors elle propose immédiatement au type de l'argent.
04:08Mais l'un d'eux va lui répondre une phrase
04:09qui va rester assez mythique dans cette affaire.
04:11Silence, l'argent n'a aucune importance.
04:13Car ce qu'ils veulent à ce moment-là,
04:15c'est Izaki.
04:16Et d'ailleurs, bonne question,
04:17qu'est-ce qu'il fout ?
04:17Eh bien Izaki, il est dans son bain.
04:19Toute sa famille est retenue en otage,
04:21femme, enfant,
04:21et l'une se rend compte de rien.
04:23Et il se régale dans son bain,
04:24il fait des bulles.
04:25Enfin, il fait des bulles
04:26jusqu'à ce que ces trois mecs cagoulés débarquent
04:32sur la situation.
04:33Un patron d'une énorme entreprise
04:34est tiré à poil de chez lui,
04:36en pleine nuit.
04:37C'est ainsi que Izaki disparaît comme ça,
04:39en quelques minutes à peine.
04:40Au bout de longues minutes,
04:41la femme d'Izaki parvient finalement
04:42à défaire ses liens,
04:44puis ceux des enfants.
04:45Et immédiatement,
04:45elle avertit la police
04:46de ce qui vient de se passer.
04:47À peine l'alerte est lancée,
04:48que toute une foule de curieux et de médias
04:50se rassemblent devant la maison,
04:51tout le monde est sous le choc
04:52d'apprendre la nouvelle.
04:53Alors c'est une scène déjà assez lunaire de base,
04:54mais ça allait encore plus au Japon,
04:56où ce genre de crimes sont super méga rares.
05:02Il se fait kidnapper, bon là.
05:03Dites-vous que c'était un peu ça pour eux.
05:09Quelques heures plus tard,
05:10le directeur des ressources humaines de Glico
05:12reçoit un appel.
05:13Pas d'un flic qui lui annonce
05:14que son patron a disparu,
05:16ni d'un journaliste,
05:17celui d'un homme qui lui annonce
05:18détenir Izaki.
05:19Il ne donne pas davantage d'informations
05:21si ce n'est l'adresse
05:21d'une cabine téléphonique.
05:23On lui dit de s'y rendre en urgence
05:24et de ne surtout prévenir personne.
05:27Donc Baloga est sous la panique et tout,
05:28il s'y précipite,
05:29et il trouve dans un coin de la cabine
05:30une lettre de rançon.
05:31Les mystérieux ravisseurs
05:33qui ont pourtant dit que l'argent
05:34n'avait aucune importance
05:35demandent finalement 100 kilos d'or
05:37ainsi qu'un milliard de yens,
05:39l'équivalent de 6 millions d'euros.
05:40Bon, là ils nous ont peut-être
05:41un peu mythos les gars
05:42sur leur motivation.
05:43On est passé quand même
05:44de nique sa mère l'argent
05:45à un petit milliard quoi.
05:48Autrement dit, à cette époque,
05:48la demande de rançon
05:49la plus élevée de l'histoire au Japon.
05:51Sur la lettre,
05:52ils écrivent également
05:53de ne surtout pas prévenir les flics,
05:54qu'ils ont tout un réseau
05:55d'infiltrés chez eux
05:56et que s'ils apprennent
05:57que ça a fuité,
05:58bye bye Izaki.
05:59Et c'est donc tout naturellement
06:00que le DRH prévient la police.
06:03Mais on le comprend.
06:04Malgré tout,
06:05il est prêt à payer
06:05pour vite clore l'affaire.
06:07Il rassemble la somme nécessaire
06:08ainsi que les 100 kilos d'or.
06:09Ce qui doit être super chiant au passage,
06:11100 kilos d'or à transporter.
06:13Bon, c'est pas le sujet
06:14mais c'est précis quand même.
06:15Le lendemain, nouvel appel.
06:17Un enregistrement des acquis en personne
06:18qui sous la menace
06:20indique de nouvelles instructions.
06:21Des employés de Glico
06:22doivent déposer les sacs
06:24dans un restaurant de grillade
06:25non loin de la résidence des acquis.
06:26Le jour J, toute une opération de police
06:28va se mettre en place.
06:29Des dizaines et des dizaines de flics
06:30vont entourer le restaurant, etc.
06:32Et ils sont prêts à choper
06:33quiconque viendra récupérer la rançon.
06:35C'est donc sous bonne surveillance
06:36que des employés de Glico
06:37s'installent à l'une des tables du restaurant
06:38avec leur sac rempli de billets
06:40et leur kilo d'or.
06:41Et puis ils attendent.
06:43Longtemps.
06:45Et rien.
06:46Personne ne se pointe.
06:47Aucune nouvelle, aucun appel.
06:49Finalement,
06:49est-ce qu'ils en avaient vraiment
06:50rien à foutre de l'argent ?
06:51Est-ce que, je sais pas,
06:52c'est une mauvaise blague depuis le début ?
06:53A ce stade-là, c'est impossible à dire
06:55et c'est frustrant pour tout le monde.
06:56Et alors que la police explore
06:58toutes les pistes,
06:59dès le lendemain,
06:59tout va basculer.
07:00Car Ezaki va refaire surface.
07:02Il apparaît dans un commissariat
07:03en pleine nuit
07:04et explique avoir réussi à s'échapper.
07:05Il était apparemment retenu
07:07dans un hangar
07:07au bord d'un canal
07:08et avait affaire à trois gars,
07:10toujours cagoulés.
07:11Et globalement,
07:11ils l'ont plutôt bien traité.
07:12Mais le plus étrange dans tout ça,
07:13c'est qu'Ezaki ne s'est pas échappé
07:14en mode film d'action,
07:15défaire les liens, etc.
07:17Les mecs ont juste défait ses liens,
07:18ils l'ont habillé proprement
07:19et ils sont partis du hangar
07:21en l'abandonnant derrière eux
07:22comme si d'un seul coup,
07:23ils n'avaient plus aucune importance
07:25alors qu'ils n'ont même pas pris la rançon.
07:26Bref,
07:27juste un changement drastique de comportement.
07:29Le mec est méchant d'un coup
07:30et puis fait...
07:31Puis ils s'en vont.
07:32Enfin bref, bizarre quoi.
07:33La police ne parvient à rassembler
07:35aucun nouvel indice,
07:36même en fouillant le hangar
07:37et surtout ils sont perdus
07:38face aux motivations du groupe.
07:40Pourquoi avoir monté une opération
07:41si vénère
07:42pour kidnapper Ezaki
07:43pour au final ne rien toucher
07:44puis le relâcher ?
07:46Pourquoi ne laisser aucun message,
07:47aucune revendication,
07:48faire tout ça gratuitement ?
07:50C'est super bizarre.
07:55Donc Ezaki, lui,
07:57voilà,
07:57il retourne à la maison
07:58et il tente d'oublier tout ça.
07:59Le mec s'est quand même fait kidnapper,
08:01famille ligotée, etc.
08:02C'est quand même un bordel, tu vois.
08:03Il essaie de reprendre sa petite vie, tu vois.
08:05Mais,
08:05une dizaine de jours plus tard,
08:07le 2 avril 1984,
08:08il reçoit une mystérieuse lettre.
08:10On l'accuse d'avoir rompu sa promesse
08:12et de s'être échappé.
08:13Et plus inquiétant,
08:14on lui laisse une dernière chance.
08:16Celle de payer 60 millions de yens
08:18sur le champ
08:18pour se faire pardonner
08:19et pour lui assurer
08:20qu'il ne lui arrivera
08:21plus jamais rien.
08:23Bon,
08:23là, c'est là où on ne comprend plus
08:24et que les méchants,
08:25ils sont dans un roleplay.
08:26Ils sont là pour le rendre fou
08:27et le faire tourner en bourrique
08:28parce qu'à la base,
08:29c'est eux
08:30qui l'ont libéré.
08:31Donc, même lui,
08:31Ezaki,
08:32il doit être là en mode
08:32« Attends,
08:33je ne comprends pas.
08:34Comment ça,
08:34je me suis échappé
08:35et on me laisse une dernière chance ? »
08:37Bref,
08:37il y a une incompréhension
08:38et je trouve ça encore plus flippant
08:39parce que du coup,
08:40tu as l'impression
08:41que tu ne peux même pas négocier
08:42avec quelqu'un comme ça.
08:43Sur le coup,
08:43Ezaki,
08:44lui,
08:44ça ne le fait pas marrer du tout.
08:45Donc,
08:46c'est reparti pour mettre en place
08:47toute une opération de police.
08:48Tout le monde
08:49attend sagement
08:49le 8 avril,
08:51date à laquelle
08:51le type a promis de rappeler.
08:53Et puis,
08:53on attend.
08:55Longtemps.
08:58Rien.
08:59Ah si,
09:00un signe de vie,
09:00c'est la police
09:01qui reçoit une lettre cette fois-ci.
09:02Et cette lettre dit concrètement
09:04« Chers idiots de la police,
09:05pourquoi êtes-vous si stupides ?
09:07Vous êtes si nombreux,
09:08alors pourquoi vous n'arrivez pas à m'attraper ? »
09:10Et tout va prendre un tournant
09:11encore plus étrange
09:12à partir de là.
09:13Car le 10 avril,
09:14le siège de Glico
09:15se fait incendier.
09:17Une grande partie du bâtiment
09:18est touchée
09:18avant que le feu ne soit maîtrisé
09:19de justesse par les pompiers.
09:21Seulement 20 minutes
09:21après cette première alerte,
09:23c'est une autre branche de l'entreprise,
09:25Glico Nutrition,
09:26qui subit la même attaque.
09:28Et les pompiers sont formels,
09:29ce n'est pas un accident.
09:30Quelqu'un a mis volontairement le feu
09:31avec des bidons en plastique
09:33rempli d'essence.
09:34Les quelques témoins
09:35parlent d'un homme étrange
09:35vu près des lieux,
09:36mesurant environ 1m70
09:38et portant une casquette
09:39de baseball blanche
09:40qui semblait courir
09:41pour fuir la scène.
09:42Mais mis à part ce signalement,
09:43la police n'a rien de concret.
09:45Il y a juste une chose
09:45dont ils sont persuadés,
09:47c'est que toutes ces affaires
09:47simultanées
09:48sont évidemment liées.
09:54Moins de deux semaines plus tard,
09:56le 22 avril,
09:57une nouvelle lettre.
09:58Toujours destinée à Ezaki
09:59et elle est assez curieuse.
10:00« Je suis fier
10:01que tu aies enfin pris une décision. »
10:02nous appellerons
10:03à 19h30,
10:04ce 24 avril.
10:05« Retrouvons-nous
10:06au restaurant Downhill
10:07à Kozushima.
10:08Prépare l'argent.
10:08Signé
10:09« Le monstre
10:10aux 21 visages. » »
10:11Alors, il y a plusieurs choses
10:12à noter dans cette lettre.
10:13Déjà, elle semble
10:13complètement forcer
10:14la main d'Ezaki.
10:15Autrement dit,
10:15c'est pas « s'il te plaît,
10:16ramène l'argent »,
10:17c'est « je suis fier
10:18que tu cèdes à la menace. »
10:20Une technique de négo
10:20comme une autre.
10:21Mais surtout,
10:22c'est la première fois
10:22qu'elle est signée.
10:23« Le monstre
10:24aux 21 visages. »
10:25C'est une référence directe
10:26au monstre aux 20 visages,
10:27un héros de compte
10:28pour enfants japonais.
10:29Une sorte d'Arsène Lupin
10:30dont personne
10:31ne connaît l'identité.
10:32À défaut de savoir
10:32qui est derrière tout ça,
10:33au moins maintenant,
10:34il a un nom.
10:35Bon.
10:35Et comme d'hab,
10:36Glico ramène l'argent,
10:37va sur place
10:38et absolument personne
10:39en vue ne vient le récupérer.
10:41Le 10 mai 1984,
10:42une nouvelle lettre arrive,
10:43cette fois au siège
10:44d'un journal local.
10:45Elle est encore signée
10:46le monstre aux 21 visages
10:48et elle révèle
10:48que le groupe
10:49en a marre de Glico.
10:50Tellement marre
10:51qu'ils ont décidé
10:52d'injecter un puissant poison
10:53dans plusieurs produits
10:54de la marque.
10:55Rien que ça.
10:56Alors,
10:56la lettre ne précise pas
10:57où exactement
10:58si ce n'est qu'elle dit
10:59dans des magasins
11:00entre Nagoya et Okayama,
11:01à Tokyo ou bien encore
11:02à Hokkaido.
11:03Bref, un peu partout.
11:04Et la lettre finit
11:05par une phrase un peu flippante
11:06« Mangez Glico,
11:08finissez dans la tombe ».
11:09Pour rappel,
11:10Glico,
11:10ils font des mi-cadeaux.
11:11Pourquoi ?
11:12Bon, là je suis d'accord,
11:13ça sent un peu comme
11:14le scénario parfait
11:14d'une légende urbaine.
11:15Le genre de légende urbaine
11:16où on nous raconte
11:17que voilà,
11:18on a injecté tel truc
11:18dans les produits
11:19et t'en manges
11:24un PDG
11:25qui a brûlé des bâtiments
11:26et qui visiblement
11:27ne rigole pas du tout.
11:28Donc,
11:28autant vous dire
11:29que tout le monde
11:29prend cette menace
11:30très au sérieux.
11:30Et la police
11:31se mobilise immédiatement
11:32pour surveiller les magasins
11:33de tout le pays
11:34pour vérifier qu'il n'y ait
11:35rien de louche dans les rayons.
11:36Mais après des jours
11:37et des jours de stress,
11:38rien.
11:39Ça analyse de nombreux produits
11:40mais aucune trace de poison
11:41n'est retrouvée.
11:42Les hôpitaux du pays
11:43n'ont rien remarqué
11:44de particulier non plus
11:44donc c'était peut-être
11:45juste qu'un gros coup de bluff.
11:47Sauf que,
11:47bah voilà,
11:48tous les groupes d'hypermarché du pays
11:54retire tous ces produits-là
11:55à la con de merde.
11:56Et c'est comme ça
11:57qu'à ce moment-là,
11:57tous les produits Glico
11:58sont retirés de la vente.
11:59Et vous vous en doutez,
12:00l'entreprise a beau les implorer
12:01de ne pas faire ça,
12:03ils ne cèdent pas.
12:04Et c'est ainsi que Glico
12:05disparaît des rayons
12:06en un claquement de doigts.
12:08À cause d'une lettre,
12:09un CP,
12:09un coup de pression,
12:10je sais pas si on se rend compte
12:11de la dinguerie que c'est.
12:12Par conséquent,
12:12Glico voit son cours
12:13chuter de 11%
12:14en l'espace de quelques jours.
12:16Plus personne
12:16n'ose leur commander de produits
12:18et ils sont forcés
12:18d'arrêter complètement
12:19la production
12:20dans plusieurs de leurs usines.
12:21C'est la catastrophe.
12:22Et le pire dans tout ça,
12:23c'est que Glico,
12:24depuis le début,
12:25il cherche juste
12:25à payer la rançon.
12:26Et c'est juste que le ravisseur,
12:27il vient juste
12:28jamais chercher la thune.
12:29Donc ça,
12:29il leur fait péter les plombs.
12:30Ils sont là en mode
12:31mais c'est pas juste,
12:32pourquoi on nous fait ça ?
12:33Le 20 mai,
12:34nouvelle lettre.
12:34Chers idiots de chez Glico,
12:36êtes-vous réellement
12:37des hommes d'affaires ?
12:37Les hommes d'affaires
12:38ne perdent pas de l'argent
12:39aussi facilement.
12:40En vrai,
12:40c'est des bâtards.
12:41Tu menaces d'empoisonner
12:42leur stock.
12:43Tout le monde flippe
12:43d'acheter leurs produits
12:44à cause de toi
12:45et en plus tu les vannes.
12:47Puis ils ajoutent
12:47à la nouvelle lettre
12:48un petit message
12:49histoire de dire
12:49pour la Saint-Valentin,
12:51je pense que je mettrai
12:51du cyanure dans vos produits.
12:53Sauf si Glico accepte
12:54de payer 300 millions de yens
12:56à remettre dans un restaurant
12:57de la ville de Setsu.
12:58Alors cette fois,
12:59il y a une demande
12:59un peu étonnante.
13:00Le monstre exige une chose,
13:02que le tout soit délivré
13:03par deux employés
13:04de chez Glico,
13:05habillés en blanc
13:06et conduits
13:06par une voiture blanche.
13:07Aucun problème pour Glico.
13:09Depuis le début,
13:09ils sont prêts à payer la rançon.
13:10Ils sont juste en mode
13:11« Allez, let's go ! »
13:12De toute façon,
13:13foutu pour foutu,
13:14allons jusqu'au bout quoi.
13:15Le jour J,
13:16une trentaine d'officiers
13:17sont planqués sur place
13:18et dans la voiture blanche
13:19qui amène les employés,
13:21ils installent un dispositif
13:22pour pouvoir couper le moteur
13:23à distance.
13:24Car les policiers sont persuadés
13:25que si le monstre
13:26demande une voiture,
13:27c'est sûrement pour fuir avec.
13:28Comme convenu,
13:29deux employés de chez Glico
13:30prennent un sac rempli d'argent
13:31et s'installent dans le restaurant.
13:32Et pour la première fois,
13:33le monstre,
13:34aux 21 visages,
13:35se matérialise enfin.
13:36Un homme,
13:36entièrement habillé en blanc,
13:38arrive sur le coup de 20h45,
13:39s'assoit à la table
13:40et demande au mec
13:41de lui remettre les sacs
13:42et les clés de la voiture.
13:43Il récupère le tout
13:44sans dire un mot de plus,
13:45s'installe dans la voiture blanche,
13:47met le contact
13:47et quitte les lieux.
13:49Le piège s'apprête enfin
13:50à se refermer sur lui.
13:51Les flics activent leur gadget
13:52à la James Bond, là.
13:53La voiture cale
13:54en plein milieu d'une intersection
13:55et une dizaine d'agences
13:56précipitent arme à la main
13:58pour arrêter le type.
13:59Ça y est,
13:59ils le tiennent enfin.
14:00Ou du moins,
14:01c'est ce qu'ils pensaient.
14:02Car ils vont vite se rendre compte
14:03que le mec qu'ils arrêtent
14:04est victime lui aussi
14:05d'une machination.
14:06Deux jours plus tôt,
14:07lui et sa copine
14:07ont été kidnappés
14:08par des hommes armés.
14:09On l'a forcé
14:09à venir ici récupérer l'argent
14:11sans poser de questions
14:12en échange de la libération
14:13saine et sauve
14:14de sa chérie.
14:15Alors oui,
14:15pour une partie des gens
14:16ça peut sonner
14:17comme une défense bidon
14:18mais c'est bel et bien la réalité.
14:19Ce n'était donc pas le monstre
14:20mais bel et bien
14:21une nouvelle victime.
14:22Tout ça pourquoi,
14:23je vous le rappelle,
14:25on sait pas.
14:26Et enfin pour terminer,
14:27en allant à l'adresse
14:28qu'il devait rejoindre
14:29une fois qu'il avait récupéré l'argent,
14:31les policiers découvrent
14:31que les lieux sont entièrement vides.
14:33En bref,
14:34ils ont été grillés.
14:34Et là,
14:35bah coup dur.
14:35Car autant avant
14:36c'est le monstre
14:37qui venait juste jamais
14:38récupérer les sous,
14:38là cette fois-ci
14:39c'est la police
14:40qui a fait foirer le plan.
14:41Et avec tant de loupés
14:41et tant de trucs,
14:42là l'affaire
14:43commence à faire du bruit.
14:44Ça commence à s'ébruiter,
14:45ça commence à en parler
14:46beaucoup dans le pays,
14:47ça commence à prendre
14:47une autre ampleur.
14:48Des kidnappings,
14:49des menaces,
14:49des incendies,
14:50les gens en parlent
14:51et ils se disent
14:51putain mais il est temps
14:52de faire quelque chose là non ?
14:52Et puis qui peut en vouloir autant
14:54à une marque de bon bec ?
14:55Et pourtant,
15:00suite à tout ça,
15:00Glico va tout de même
15:01être sorti d'affaire.
15:02Alors,
15:03pas grâce à la police
15:03mais grâce au monstre lui-même.
15:05Car le 26 juin,
15:06tous les journaux du pays
15:07tout entier
15:08reçoivent une lettre du groupe.
15:09Une lettre
15:10qui annonce
15:10qu'ils sont satisfaits.
15:11Ils y écrivent
15:12que le président de Glico
15:13s'est fait suffisamment humilié
15:14comme ça
15:14et qu'il le pardonne.
15:16On comprend toujours pas trop pourquoi
15:17mais ce qui est sûr
15:18c'est qu'à partir de là,
15:19Glico est officiellement sauvé.
15:21Sauf que,
15:21parce qu'il y a un mais,
15:22ça va être désormais le tour
15:23d'autres entreprises agroalimentaires
15:25de prendre tarif.
15:26Oui,
15:26les mecs sont visiblement addicts
15:28à l'idée de terrifier tout le pays
15:29et ils ne comptent pas
15:30s'arrêter de sitôt.
15:31Le mode opératoire
15:31est toujours le même.
15:32Une lettre étrange
15:33signée par le monstre,
15:34une rançon sous peine
15:35de se faire empoisonner ses stocks
15:37et enfin,
15:38un lieu de rendez-vous.
15:39Et vu que les industriels
15:40ont suivi cette affaire
15:41ont vu que Glico
15:42a particulièrement douillé,
15:43ils sont tous prêts à payer.
15:44Mais là encore,
15:45personne ne vient jamais
15:46pour récupérer l'argent.
15:48Et c'est ainsi que le groupe
15:49qui est derrière tout ça
15:50a créé petit à petit
15:51un mythe effrayant
15:52qui calme juste tout le monde.
15:54Tout le monde avait peur d'eux,
15:55on ne sait pas qui c'est,
15:56qui sème la terreur dans la ville,
15:57un joker.
15:59Le 28 juin,
15:59c'est l'entreprise Marudai
16:00qui en fait les frais.
16:01On leur demande d'apporter
16:0250 millions de yens,
16:04cette fois à bord du train
16:04qui doit rejoindre Kyoto
16:05à 20h19.
16:07Les employés de Marudai
16:08devront jeter le sac
16:09par l'une des fenêtres
16:10dès lors qu'ils apercevront
16:11un drapeau blanc
16:12le long des voies.
16:13Comme d'habitude,
16:14la police est sur le coup.
16:14Il y a un gros dispositif
16:15qui se met en place,
16:16il y a des officiers
16:17un petit peu partout,
16:17dans les stations,
16:18dans le train,
16:18et à force des pieds
16:19tous les passagers,
16:20ils finissent par repérer
16:21un homme étrange.
16:22Un type qui a la quarantaine,
16:23qui porte un costume gris,
16:25un journal,
16:25et qui semble suivre
16:26tous les faits et gestes
16:27de l'employé
16:28qui s'est assis à la place indiquée.
16:30Bref,
16:30un gars pas très discret.
16:31Évidemment,
16:32en voyant ça,
16:32tous les flics se disent
16:33« bah,
16:34go le choper en fait ».
16:35Sauf que,
16:36bah non.
16:37Leurs supérieurs
16:37refusent d'intervenir
16:38tant qu'ils peuvent pas
16:39interpeller tout le groupe
16:40en entier.
16:40Ils n'ont qu'une seule envie,
16:41c'est un flagrant délit
16:42pour pouvoir faire
16:43une arrestation
16:44un peu spectaculaire et tout
16:45parce que,
16:45bah cette affaire,
16:46elle commence à faire
16:46beaucoup de bruit
16:47et qu'ils ont peut-être
16:48besoin de ça.
16:48Et oui,
16:49je suis d'accord,
16:49même dans les films,
16:50quand il se passe ça,
16:50ça m'énerve.
16:51C'est comme ça
16:52qu'ils vont laisser filer
16:53un gars bien louche.
16:54Et cerise sur le gâteau,
16:55c'est que ce gars louche
16:56va pourtant fuir la scène
16:57en voyant tous ces gens
16:58qu'ils regardent bizarrement.
16:59Il descendra du train
17:00à la station suivante
17:01et disparaîtra dans la nature.
17:03Ah oui,
17:04et au fait,
17:04il n'y aura jamais
17:05de drapeau blanc levé
17:06sur le long de la voie
17:07parce que la police,
17:08une fois de plus,
17:09s'est faite griller avant
17:09et la police ne saura jamais
17:11qui est ce gars mystérieux.
17:12Ils pouvaient le choper.
17:14Bravo les gars.
17:14Bon boulot.
17:15Enfin bon,
17:16il y aura une autre tentative
17:16de rançon après
17:17pour tenter de rattraper le coup,
17:19mais là encore,
17:20ça ne marchera pas.
17:20Et puis,
17:21comme pour Glico,
17:22le monstre va finir
17:23par se lasser
17:23de cette entreprise-là
17:24et puis passer à une autre.
17:31Cette fois,
17:31le monstre va s'attaquer
17:32à Morinaga
17:33et l'affaire va être
17:34encore plus étrange qu'avant.
17:36Oui.
17:36On est désormais
17:37en octobre 1984
17:39et les lettres de menace
17:40sont désormais accompagnées
17:41de produits
17:41qui sont réellement empoisonnés.
17:44Vous me connaissez sûrement.
17:45Votre entreprise
17:45s'est bien portée
17:46grâce aux pertes de Glico.
17:48Si ça vous pèse
17:48sur la conscience,
17:49donnez-nous 100 millions d'yennes.
17:51Si vous ne le faites pas,
17:52nous empoisonnerons
17:5250 de vos produits.
17:54L'argent doit être livré
17:55le 18 septembre.
17:56Nous vous observons
17:56signer le monstre
17:58aux 21 visages.
17:59L'entreprise ne prend aucun risque,
18:01suit toutes les instructions.
18:02Mais voilà,
18:03une fois de plus,
18:04personne ne vient
18:05pour récupérer la rançon.
18:06C'est des rançons dans le vide,
18:07comme ça,
18:08pour faire chuer le monde.
18:09Et là encore,
18:09alors qu'ils étaient même
18:10prêts à payer,
18:11ils vont déchaîner
18:11les menaces du monstre.
18:12Le 7 octobre,
18:13un homme rentre
18:14dans un supermarché
18:15de Nishinomiya.
18:16Il porte une casquette
18:17de baseball,
18:18des lunettes
18:18et il se dirige directement
18:20vers le rayon des friandises.
18:21Il semble scruter
18:22avec attention les caméras
18:23de surveillance,
18:24puis il dégaine
18:25un mystérieux objet
18:26de sa veste.
18:27Il le pose dans l'un des rayons,
18:28puis il disparaît.
18:29Comportement assez bizarre,
18:30on va pas se le cacher.
18:31Un employé l'a vu,
18:32il passe directement dans le rayon
18:33pour aller voir ce que le mec a fait
18:34et il découvre
18:35une boîte de bonbons
18:36sur laquelle
18:36est collé ce message.
18:38Danger,
18:39poison.
18:39Si vous mangez ça,
18:40vous allez mourir.
18:41Signé,
18:42le monstre aux 21 visages.
18:44La police est immédiatement appelée
18:46et après analyse,
18:47le paquet est bel et bien
18:48empoisonné.
18:49Avec,
18:50pour la précision,
18:51largement de quoi tuer quelqu'un.
18:52Et donc,
18:53à partir de ce moment-là,
18:53on retombe dans le fabuleux cycle
18:55du panique générale
18:56dans tout le pays.
18:57Et comme pour Glico auparavant,
18:59c'est la catastrophe
19:00pour Morinaga.
19:00Ils sont obligés
19:01de fermer des usines,
19:02de mettre au chômage technique
19:03des centaines
19:04et des centaines d'employés
19:05et ils se font démolir
19:06en bourse.
19:07Mais pour une fois,
19:08on tient enfin
19:09une trace du monstre
19:10car il a été filmé.
19:11Oui,
19:11on a enfin une image de lui.
19:12Mais bon voilà,
19:13la qualité est dégueulasse.
19:14Car le magasin utilise
19:15la même bande magnétique
19:16en boucle
19:17depuis des années.
19:18Malgré tout,
19:18les enquêteurs tentent
19:19d'exploiter l'image,
19:20ils fouillent tout
19:20dans leur dossier
19:21mais bon,
19:21le coup du gars tout flou
19:22avec une casquette,
19:23ça mène pas très loin.
19:24Alors du coup,
19:25ils vont finir par s'en remettre
19:26au public.
19:27Et ils vont diffuser cet extrait
19:28vraiment partout
19:29pour le retrouver
19:30jusqu'en pleine rue.
19:31Là, c'est le moment
19:32où la police dégaine
19:33un nouveau joker.
19:34On a des enregistrements
19:35que le monstre a parfois
19:35laissé par téléphone
19:36à ses victimes.
19:37Le pays tout entier
19:38se rassemble
19:39pour écouter ça
19:39et s'attend à découvrir
19:40des voix roc
19:41de super méchants
19:42mais pas trop.
19:48Ce sont des femmes
19:51et des enfants
19:52qui lisent des textes
19:53qu'on leur a donnés.
19:54Et rien qu'avoir eu
19:55l'idée de faire ça
19:55va renforcer la réputation
19:57d'un monstre
19:58ultra inquiétant.
20:03Bref, bref,
20:03donc autant vous dire
20:04qu'à ce moment-là,
20:05ils sont pas au max au Japon.
20:06Non, non,
20:07ils sont un peu tous en panique quoi.
20:08Le monstre aux 21 visages
20:09est en train de rendre fou
20:10tout le pays
20:11et personne ne sait
20:12comment choper ce gars.
20:13Le public,
20:14impuissant,
20:15la police,
20:16ils arrivent pas
20:16et avec tout ça,
20:17les menaces continuent.
20:23Le 14 novembre 1984,
20:26nouvelle demande de rançon
20:27et nouveau rendez-vous.
20:28Cette fois,
20:28ce sont des employés
20:29de l'entreprise
20:30House Foods
20:31qui sont chargés
20:31de livrer 100 millions de yens
20:33et de venir sur le parking
20:34d'un restaurant.
20:35Cette fois,
20:35de nouvelles instructions
20:36sont cachées sous un banc
20:37dans une lettre
20:38qui indiquera
20:39une autre adresse
20:40à rejoindre.
20:40Et pendant que les employés
20:41récupèrent la lettre,
20:42les policiers vont remarquer
20:43qu'il y a un mec
20:44un peu bizarre,
20:45un peu louche
20:45qui est en train de mater
20:46tout ce qui se passe.
20:47Il est posé
20:48à une cabine téléphonique,
20:49il porte un long impair
20:50avec une casquette de baseball,
20:52des lunettes de soleil,
20:53bref.
20:53On dirait un cliché
20:54d'un mec
20:54qui essaie d'être discret
20:55dans un mauvais film.
20:56Du coup,
20:56les policiers se disent
20:57qu'il est temps d'interroger
20:58notre champion en titre
20:59de la discrétion.
21:00Sauf qu'en voyant la patrouille arriver,
21:02le mec lâche le téléphone
21:03et se met à marcher.
21:04Très vite.
21:05On dirait même qu'il court.
21:06Évidemment,
21:07les flics sont prêts
21:07à lui sauter dessus,
21:08mais il faut encore
21:09l'accord de leur hiérarchie.
21:11Réponse ?
21:12Non.
21:14Bah ouais,
21:15mais aussi,
21:15à un moment donné,
21:16pour eux,
21:17c'est flagrant délit
21:17ou rien.
21:18Perso,
21:18je trouve ça fou
21:19de bloquer sur ça.
21:20Enfin bon,
21:20on va pas refaire l'histoire.
21:21Alors du coup,
21:22les policiers
21:23le laissent tranquille.
21:24Mais vous savez
21:24ce que c'est le pire
21:25dans tout ça ?
21:25C'est que dans notre groupe
21:26de flics,
21:27il y en a un
21:27qui a déjà croisé ce mec.
21:29Il en est persuadé
21:30que c'est le mec
21:30qui était dans le train.
21:31Par contre,
21:31dans notre histoire,
21:32on a une bonne nouvelle,
21:33c'est qu'il a eu le temps
21:33de le prendre en photo.
21:34La mauvaise nouvelle,
21:35c'est qu'il a super mal cadré
21:36et que du coup,
21:37on voit qu'un bout de trottoir.
21:39Il a eu le bon réflexe,
21:40pas la suite.
21:41Si on faisait un film
21:42et qu'il y avait cette scène
21:43qui existait à un moment donné,
21:44même des scénaristes diraient
21:45« personne n'y croit,
21:46en tout cas,
21:47sachez une chose,
21:48ça me déçoit
21:48autant que vous ».
21:49Et puis,
21:50il va y avoir
21:50un deuxième gros loupé,
21:51car pendant ce temps,
21:52les employés de House Foods
21:53continuent de faire
21:54leur petit jeu d'orientation.
21:55La prochaine instruction
21:56se trouve sous un pont d'autoroute,
21:58planqué sous un grand drap blanc.
21:59Un truc a priori
22:00impossible à louper.
22:01Mais ils ont beau retourner
22:02toute la zone,
22:03que dalle.
22:04La police s'étonne aussi,
22:05ils passent quelques coups de fil
22:06et puis ils vont découvrir
22:07que le fiasco
22:08ne fait que commencer.
22:09Car devinez
22:10qui est passé
22:11à l'endroit pile indiqué
22:13avant tout le monde
22:14et qui n'était pas au courant
22:15de cette mission en cours.
22:17Une autre patrouille de flics
22:18d'un département voisin
22:19qui n'était pas au courant
22:20de l'opération.
22:21Et justement,
22:21cette patrouille,
22:22ils étaient déjà sur la zone
22:2320 minutes avant l'arrivée
22:25des employés.
22:26Ils ont vu une voiture
22:26stationnée sous le pont
22:27avec le moteur allumé
22:28mais les phares éteints.
22:29Ce qui les a un petit peu intrigués.
22:31Alors ils se sont mis en tête
22:32d'aller interroger le chauffeur
22:33qui s'est mis à accélérer
22:34en y voyant débarquer.
22:35Du peu qu'ils en ont vu,
22:36il était planqué sous une capuche
22:38avec une oreillette
22:39qui semblait être liée
22:40à une sorte de grosse radio.
22:41Encore un cliché de super vilain
22:42qui cherchait sûrement
22:43à déposer des instructions de rançon.
22:45Ça part évidemment
22:46en course poursuite
22:46sauf que les policiers
22:47se font très rapidement larguer.
22:48Et la mystérieuse voiture
22:49disparaît en pleine ville.
22:51Et est-ce que ça veut dire
22:52qu'ils viennent de laisser filer
22:53un gars sûrement essentiel
22:54dans cette affaire ?
22:55Oui.
22:56Mais il y a une petite victoire
22:57dans tout ça,
22:58c'est qu'ils retrouvent le véhicule.
22:59Ils le retrouvent abandonné
23:00dans une rue un peu aléatoire.
23:02Ils découvrent qu'il avait été volé
23:03deux jours auparavant
23:04mais surtout que le conducteur
23:05n'a pas eu le temps
23:06de partir avec ses affaires.
23:07Et là, ça va devenir croustillant.
23:09Car les policiers découvrent
23:10tout un système
23:11de radio customisé.
23:13Un système qui permettait
23:13d'espionner directement
23:15les fréquences de police.
23:16Ils y retrouvent également
23:17des rouleaux adhésifs,
23:18des pinces,
23:19des grands sacs,
23:20un bob avec une fausse perruque.
23:21Bref, tout l'attirail
23:22d'un mec
23:23qui cherchait à récupérer
23:24une rançon.
23:24En tout cas,
23:25si vous espériez
23:25que le véhicule retrouvé
23:26serve à quelque chose,
23:28ratez.
23:28Je vous rappelle
23:29qu'à cette époque-là,
23:29impossible d'analyser l'ADN.
23:31Il n'y a pas le moindre témoin
23:32qui a vu quoi que ce soit.
23:33S'il faut résumer
23:34ce qui se passait,
23:34en gros,
23:35ils avaient deux suspects
23:35entre les mains
23:36qu'ils ont laissés filer.
23:37Le premier,
23:38car ils sont trop gourmands
23:39et qui voulaient du flagrant délit.
23:40Et le deuxième,
23:41car ils ont jugé bon
23:41de faire leur opération
23:42sans prévenir leurs collègues
23:43qui ont fait peur
23:44aux suspects.
23:45Nous, là,
23:46ça nous fait rire
23:46parce qu'on se dit
23:46qu'ils sont cons quand même.
23:47Mais alors,
23:48dites-vous que la presse,
23:49à l'époque,
23:49quand elle apprend ça,
23:50elle se régale.
23:51Ça fait scandale, évidemment.
23:52Car pour rappel,
23:53tout le pays
23:53a les yeux rivés
23:54sur cette affaire
23:55et ils n'en peuvent plus.
23:56Alors,
23:56pour sauver la face,
23:57la police décide
23:58de blâmer en public
23:59le commissaire
24:00qui gérait l'enquête.
24:01Il le blâme
24:02puis le force
24:03a démissionné.
24:04Ce qui est bien évidemment
24:05quelque chose
24:05de très humiliant pour lui.
24:07Et faute de nouveaux indices,
24:08la police décide
24:09de publier
24:09un portrait robot
24:10en janvier 1985.
24:12Le portrait robot
24:13du gars
24:13qu'ils ont laissé filer.
24:14Alors,
24:14on progresse,
24:15c'est mieux qu'un enregistrement
24:16tout flou
24:16ou une photo de trottoir.
24:17Et ça va justement faire tilt
24:19auprès d'autres enquêteurs
24:20qui, en voyant ça,
24:21pensent à un mec en particulier.
24:23Un certain
24:23Manabu Miyazaki.
24:25Ça ne s'arrête pas là.
24:26Non seulement ce type
24:27est le fils
24:27d'un ancien chef Yakuza,
24:29mais en plus,
24:30il a un passif avec
24:31Glico.
24:32Quelques années auparavant,
24:34il les avait traînés en justice
24:35pour une histoire
24:35de pollution illégale.
24:37Bon bah voilà,
24:37on le tient.
24:38Le suspect,
24:38il est parfait là.
24:39Sauf que c'est pas lui.
24:40C'est absolument pas lui.
24:41Et il a un alibi béton.
24:43Le soir,
24:43où la police pensait
24:44l'avoir aperçu sur zone,
24:45il était en réalité à Tokyo,
24:47en train d'assister
24:47à une réunion syndicale
24:49dans une école de musique.
24:50Ce qui est ultra précis
24:51et surtout très éloigné
24:52d'une vie criminelle.
24:53Donc ouais,
24:54il ressemble au portrait quoi,
24:55mais c'est tout.
24:56Désolé.
24:57Le pays continue donc
24:58à flipper
24:58et j'ai l'impression
25:00que ça ne s'arrêtera jamais.
25:01Ça commence à être long.
25:02Les industriels se demandent tous
25:04quand est-ce que c'est mon tour
25:05et tout le pays flippe aussi
25:06de manger un bonbon
25:07parce qu'en fait,
25:08tu peux mourir.
25:09Pour ne rien arranger,
25:09tout le pays s'indigne
25:10de l'inefficacité de la police
25:12à tel point que
25:13c'était pas si courant à l'époque
25:14mais tout le monde se moque
25:15très très très régulièrement d'eux.
25:17Et pour la police,
25:18devinez quoi ?
25:18Bah ça pèse beaucoup
25:19sur le moral des troupes.
25:20Même énormément.
25:21Car le 7 août 1985,
25:24le commissaire
25:24en charge de l'affaire
25:25s'est fait humilier
25:27en public.
25:28Et ça,
25:28c'était trop pour lui.
25:29Cet échec l'a démoli
25:30et il va finir par se tuer.
25:33Et ce commissaire
25:33qui se donne la mort
25:34va être un tournant dramatique
25:36dans cette affaire.
25:37La police ne donne pas de détails
25:38sur le pourquoi du comment,
25:39il reste évasif
25:40et il préfère éviter
25:41de trop parler à la presse
25:43de tout ça.
25:43Il y a pourtant un mec
25:44qui comprend très bien
25:45ce qu'il se passe.
25:46Le monstre au 21 visage.
25:485 jours après la mort du commissaire,
25:50le groupe envoie
25:50une nouvelle lettre aux médias.
25:52Ils annoncent que c'est une honte
25:53que ce soit ce commissaire
25:54qui paye l'incompétence
25:55de tout un service.
25:57Et que lui, au moins,
25:58est mort comme un homme
25:59et qu'il mérite
26:00le respect.
26:01Bon, c'est le Japon,
26:02c'est un peu leur truc ça,
26:03de respect, etc.,
26:04de mourir dignement, machin.
26:05Alors, pour honorer sa mémoire,
26:07le groupe décide
26:08d'arrêter tout.
26:10Plus de menaces,
26:11plus de lettres,
26:11plus rien.
26:12Tout en précisant
26:12que s'il y a des nouvelles lettres,
26:14etc.,
26:14ce sera l'oeuvre de copieurs.
26:16Car pour eux,
26:17c'est officiellement terminé.
26:18Et enfin, dans cette lettre,
26:19ils vont conclure
26:20sur ces phrases.
26:21On est des mauvais gars.
26:22On a beaucoup d'autres choses
26:23à faire que d'emmerder des entreprises.
26:25Mais c'est marrant
26:26de vivre une vie de méchant.
26:27Signé,
26:28le monstre aux 21 visages.
26:33Et vous savez quoi ?
26:35Eh bien, ce sera réellement
26:36la dernière fois
26:37qu'on entendra parler du groupe.
26:38Ils disparaissent
26:39complètement.
26:40Ils n'ont jamais
26:41récupéré le moindre Yen,
26:43ni réellement
26:44cherché à le faire.
26:45Et plus fou encore,
26:46il semble qu'ils ne cherchaient
26:47pas à tuer qui que ce soit.
26:49Ils ont toujours envoyé
26:49des lettres
26:50pour préciser
26:51quand est-ce qu'ils avaient
26:52empoisonné des produits.
26:52Quitte à carrément marquer
26:53des avertissements
26:54sur les produits concernés.
26:56Évidemment,
26:56ils ont quand même commis
26:57des crimes graves,
26:58des incendies,
26:59des kidnappings, etc.
27:00Et oui,
27:01c'est sûrement traumatisant
27:02pour les personnes concernées.
27:03Mais malgré tout,
27:04il semblerait que la mort
27:05était en fait
27:06une limite.
27:07Et celle de ce commissaire
27:08qui était en charge
27:08de l'affaire
27:09était peut-être
27:10le pas de trop
27:10pour le monstre aux 21 visages
27:12qui, je le rappelle,
27:13n'a pas d'identité.
27:14On ne sait toujours pas
27:15qui c'est.
27:15On ne connaît toujours pas
27:16ses motivations
27:17à part le fait que
27:18c'est marrant
27:19d'être un méchant.
27:20Cette petite histoire,
27:21c'est un peu plus d'un an
27:22de menaces et de peurs
27:24qui vont s'arrêter
27:25du jour au lendemain.
27:26Au point où la vie
27:26finit par tranquillement
27:27reprendre son cours au Japon
27:29comme si rien
27:30ne s'était passé.
27:31Et puis,
27:31les entreprises touchées
27:32finissent par
27:33recommercialiser leurs produits
27:34en voyant que le groupe
27:35tient réellement leur parole.
27:37Évidemment,
27:37la police,
27:38elle,
27:38ça ne l'arrête pas.
27:39Elle est toujours sous pression
27:40pour le retrouver.
27:41Mais bon,
27:41vous avez fini par comprendre,
27:42ils n'ont réellement rien.
27:44Et vu qu'ils n'ont rien,
27:45ils tentent le tout pour le tout,
27:46ils ont un dernier coup de poker,
27:47c'est de diffuser
27:48un enregistrement confidentiel.
28:03Cette fois,
28:04c'est la voix d'un homme.
28:05Mais ce qui est réellement dingue,
28:06c'est qu'il date de 1978.
28:08Six ans avant tout ça.
28:10C'est un enregistrement
28:10qui parle déjà de kidnapping,
28:12d'incendie
28:13et d'empoisonnement
28:14contre Glico.
28:14Comme si tout avait été prémédité
28:16depuis bien longtemps.
28:18Et puis les années passent
28:19et plus personne
28:20n'entend parler de l'affaire
28:21jusqu'en janvier 2000.
28:23Date à laquelle
28:23la police lâche
28:25officiellement l'affaire.
28:26Ils organisent
28:27une petite conférence
28:27pour dire que c'est terminé.
28:29Rien n'aura permis
28:30de remonter à ce groupe
28:31qui a pourtant terrorisé
28:32tout le pays
28:33pendant plusieurs mois.
28:34Et surtout,
28:35il y a désormais
28:35prescription des faits.
28:37Quiconque est derrière ça
28:38aurait eu l'occasion
28:38mille fois
28:39d'écrire un bouquin,
28:40de se révéler au grand jour
28:41et d'expliquer ses motivations
28:42sans rien risquer légalement.
28:44Et pourtant,
28:45on n'a toujours rien.
28:46Dans cette conférence,
28:47on y apprend aussi
28:48qu'un million de policiers
28:49auraient bossé
28:50sur cette affaire.
28:51Je ne sais pas si on se rend compte
28:51du nombre de gens mobilisés
28:53pour retrouver
28:54le monstre aux 21 visages
28:55et que ça n'a abouti
28:57à rien.
28:58Un million de gens
28:59qui cherchent
29:01toi.
29:02Il y aurait eu plus de
29:02125 000 personnes interrogées,
29:0528 000 indices
29:06et pourtant,
29:07pas le moindre suspect
29:08crédible.
29:09Alors,
29:10qui aurait pu aider
29:10à tout ça ?
29:11Qui a pu terroriser
29:12tout un pays entier
29:13sans jamais se faire attraper ?
29:15Là,
29:15c'est la pluie des théories
29:16et je vous laisse
29:17à vos claviers
29:18et je vous laisse
29:18avec Internet.
29:19Les mecs ont fait
29:20des kidnappings,
29:21des incendies,
29:21des empoisonnements,
29:22ils ont nargué la police,
29:23des entreprises
29:24avec des centaines
29:25et des centaines de lettres.
29:26Ils ont mis au point
29:26tout un système de radio
29:28pour intercepter
29:29les fréquences des enquêteurs.
29:30Les moyens déployés
29:31sont absolument dingues.
29:33Et tout ça pourquoi
29:34ne jamais toucher d'argent
29:35ni même revendiquer
29:36la moindre chose ?
29:37Et c'est l'une des raisons
29:38pour laquelle
29:38je trouve cette histoire
29:40folle.
29:41Ça change un peu
29:41de d'habitude,
29:42je suis d'accord,
29:43mais rien de similaire
29:44n'existe en fait.
29:45C'est un genre de
29:46joker
29:46mais sans revendication quoi.
29:48C'est le plaisir du mal.
29:50C'est un truc de fou.
29:51Alors,
29:51je vais pas trop m'étaler
29:52sur les théories
29:52mais certains pensent
29:53que c'est juste
29:54d'anciens employés de Glico
29:55qui auraient pu en avoir
29:56après eux
29:56et qui ont fini par aimer
29:58ce rôle de super méchant.
29:59D'autres pensent
30:00que c'est des génies
30:00qui auraient joué en bourse
30:01contre les entreprises
30:02qu'ils ciblaient.
30:03Certains se demandent même
30:04si ce n'est pas
30:04des espions nord-coréens
30:06qui voulaient juste
30:06déstabiliser le pays
30:07et ce qui expliquerait
30:08les moyens
30:08dont ils disposaient.
30:10Mais rien de tout ça
30:10n'a été prouvé.
30:12Et vous aurez peut-être
30:12des théories vous aussi.
30:14Mais au risque de me répéter
30:15et de vous décevoir,
30:16en plus de 40 ans,
30:17la police a déjà épluché
30:18toutes les théories,
30:20tous les indices.
30:21Je sais pas si on se rend compte
30:22du nombre de gens
30:23qui étaient sur cette affaire
30:24et qui se sont posés
30:24pour essayer de résoudre
30:25cette merde.
30:26Ils n'ont pas réussi.
30:27Donc si à ce moment-là
30:28de la vidéo vous êtes frustrés,
30:29imaginez eux.
30:30De toute évidence,
30:31on ne saura donc jamais
30:32qui était le monstre
30:33au 21 visage
30:34ni même ce qu'ils cherchaient
30:35réellement.
30:36Au point presque
30:36d'en devenir
30:37une sorte de légende urbaine
30:38alors que c'est juste
30:39une histoire vraie.
30:40Et vous l'aurez compris,
30:41c'est pour cette raison
30:42que je voulais qu'on passe
30:42ces quelques minutes ensemble
30:44sur ce sujet
30:44parce que ça m'a plu moi
30:46et que ça se trouve
30:47ça vous plaira à vous.
30:48Merci à vous de m'avoir écouté.
30:49J'ai hâte d'échanger
30:49avec vous sur le sujet.
30:51Merci une dernière fois
30:51à NordVPN.
30:52Pour rappel,
30:53il y a un petit lien
30:53en description.
30:54Merci à eux de me soutenir.
30:56Et moi je vous dis
30:56profitez de vos bonbons
30:57pas empoisonnés
30:58parce qu'apparemment
30:59on n'a pas tous cette chance.
31:01Bonne soirée.
Écris le tout premier commentaire