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Dorothée - Documentaire (2010)
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00:00:00Il était une fois Dorothée. Animatrice, chanteuse, comédienne, Dorothée est la starin contestée des enfants dans les années 80-90.
00:00:06Dorothée, elle, je ne pense pas qu'il y ait une personne en France qui ne la connaisse pas.
00:00:10Sauf ceux qui viennent de naître.
00:00:14A l'époque du Club Dorothée de la Créade, il n'y avait que les enfants qui nous connaissaient, et maintenant il n'y a que les enfants qui ne nous connaissent pas.
00:00:19C'est une génération entière qui a été imprégnée par cette petite bonne femme-là qui n'avait pas d'équivalent.
00:00:25Ça n'existait pas avant, après ça n'a pas existé.
00:00:28C'est très difficile de faire Dorothée, c'est pour ça qu'il n'y a pas eu d'autre.
00:00:33En 2010, après 14 ans d'absence, Dorothée fait son retour sur scène à l'Olympia,
00:00:37où elle chante à guichet fermé pour un public d'adultes déchaînés qui ne croyaient plus au retour de l'idole de leur jeunesse.
00:00:44Je fais partie des gens à qui elle a manqué, elle aurait pu partir un peu moins longtemps.
00:00:48Le fait qu'elle revienne, je pense que c'est plutôt réconfortant.
00:00:52Qui est réellement Dorothée ?
00:00:54Une femme que toute une génération d'enfants pensait connaître, mais dont la vie privée est toujours restée secrète.
00:00:59Quand on ne dit rien, les gens créent, inventent.
00:01:02Tout le monde se pose des questions, qui est-elle en vrai, que fait-elle ?
00:01:05Pendant près de 20 ans, Frédéric Hojdé, alias Dorothée, vendait millions de disques.
00:01:09Ses émissions font des records d'audience, elle remplit les plus grandes salles de concert.
00:01:13Moi, Dorothée, j'avais l'impression que c'était une copine, c'était une amie que je retrouvais régulièrement à la télé.
00:01:18Moi, gamin, je regardais Dorothée tout le temps.
00:01:21Dorothée est un véritable phénomène en France, mais qui dépasse aussi les frontières.
00:01:26Dorothée, je ne crois pas avoir rencontré quelqu'un qui est honne de regarder Dorothée, même si à l'époque, ils avaient déjà 12, 13, 14, 15 ou 16 ans.
00:01:35Adulée, mais aussi décriée.
00:01:39Dès qu'on a un peu de succès, là, on est assez souvent descendu en flèche.
00:01:43Nous allons vous révéler comment Dorothée, pourtant omniprésente à l'écran dans les années 90, a pu disparaître brutalement du jour au lendemain.
00:01:50Faut-il brûler Dorothée ? C'est quand même monté très haut.
00:01:54C'est vrai que Dorothée, elle en prenait plein la tronche de tous les côtés et par tout le monde.
00:01:59Et ça devait être effectivement très douloureux.
00:02:01Pourquoi a-t-on décidé de supprimer son émission, le club Dorothée, pourtant leader et incontesté en termes d'audience ?
00:02:09Comment Dorothée a-t-elle vécu ce passage soudain et violent, de la gloire à un silence médiatique total ?
00:02:14Que cache vraiment cette éviction ?
00:02:18Au revoir ! Et on vous aime !
00:02:20Nous sommes le 30 août 1997.
00:02:26Après 10 ans de succès et d'audience record, le club Dorothée referme ses portes définitivement.
00:02:33Dorothée chante à la fin de l'émission « Un jour on se retrouvera »,
00:02:36entourée par toute son équipe, animateurs, comédiens des sitcoms et toute la production du club Dorothée.
00:02:42Dorothée connaît un succès phénoménal de 1987 à 1997 sur TF1 avec le club Dorothée.
00:03:01Son émission connaît des records d'audience.
00:03:02Elle remplit plus de 50 fois Bercy, vend des millions de disques jusqu'au printemps 1997
00:03:08où TF1 annonce l'arrêt définitif de son programme jeunesse.
00:03:11Bizarrement, tout le monde savait que l'émission allait se terminer, sauf moi.
00:03:15C'est très souvent comme ça.
00:03:17Et je l'ai appris très peu de temps avant la fin d'ailleurs.
00:03:21Et qui me l'a dit ?
00:03:22Un mercredi matin en plein direct, Jackie me dit
00:03:27« Ah tiens, t'as vu dans la presse, il y a un article, disons que… »
00:03:30Juste avant le direct.
00:03:31C'était cool.
00:03:32Merci Jackie.
00:03:33La dernière émission du club d'eau, elle était assez particulière dans un premier temps déjà parce que c'était la dernière.
00:03:41Donc il y avait une espèce de paquet de bouleries, comment dire, d'émotions assez…
00:03:48Qu'on essayait surtout, Dorothée et moi, de contenir parce qu'on est des grosses lacrymales et l'une et l'autre.
00:03:54Mais quoi qu'il en soit, on avait quelque chose à vivre dont on savait que ce serait quelque chose de peut-être douloureux.
00:04:00Et donc on a… Pat Le Guen et Azoulay ont essayé de faire une espèce de grande réunion, des séries qui se tournaient alentour.
00:04:13Mais entre cordier, Dorothée et moi, on n'emmenait pas large.
00:04:16On essayait de donner le change autant qu'on pouvait.
00:04:19Mais effectivement, la dernière de dix ans, c'est la dernière de dix ans.
00:04:24Dorothée a annoncé que c'était fini.
00:04:26Je ne sais pas si les autres ont pleuré, je ne regardais personne, mais je me souviens, moi, avoir pleuré.
00:04:37C'était triste.
00:04:38Ça m'a fait de la peine de quitter l'émission, mais c'est surtout, bizarrement, c'est surtout l'équipe.
00:04:45De quitter l'équipe qui m'a le plus perturbé.
00:04:48Tous les techniciens qui avaient travaillé avec nous depuis de nombreuses années, les cadreurs, les techniciens, tout le monde.
00:04:52Quand on dit une grande famille, ça peut paraître idiot, mais c'est vrai.
00:04:58On a vu les gens se marier, les enfants naître, les enfants grandir, et limite les enfants se marier.
00:05:04Donc on se connaissait très bien.
00:05:06Et on sait très bien, on se téléphone et on se revoit.
00:05:09On sait très bien que ça ne marche pas tout le temps.
00:05:11Et donc il y a plein de personnes que j'aimais beaucoup, que je n'ai pas revues, parce que...
00:05:16L'éloignement fait que...
00:05:18C'est ce qui m'a, au début, le plus frappée.
00:05:20Ça n'était plus incontournable.
00:05:29En France, on adore brûler ses icônes.
00:05:31Son producteur était devenu trop important.
00:05:34Il y a une histoire de jalousie.
00:05:37Mais pourquoi cet arrêt brutal ?
00:05:40Les nombreuses critiques qui suit le club Dorothée depuis quelques années ont-elles eu finalement raison du programme ?
00:05:45TF1 souhaite-t-elle réellement changer son image en supprimant l'émission de Dorothée ?
00:05:49Ou y a-t-il des raisons plus obscures et inconnues du grand public ?
00:05:53Les vraies raisons de l'éviction de Dorothée en 97, c'est vraiment d'abord, je pense, l'usure du temps.
00:05:59En 97 commençaient déjà à apparaître d'autres chaînes, des chaînes thématiques, d'autres animateurs, des choses beaucoup plus corrosives.
00:06:11Dorothée était devenue le symbole d'une certaine télévision que TF1 n'avait plus envie d'assumer.
00:06:28Quand on a des symboles, c'est très bien parce qu'on les met en valeur, parce qu'on construit de l'audience avec ces symboles, parce qu'on fait de l'argent avec ces symboles.
00:06:34Et quand ces symboles deviennent gênants, il faut à tout prix les faire disparaître rapidement.
00:06:39Je crois vraiment, le vrai souci TF1 à ce moment-là, c'était la quête de sens.
00:06:43Et c'était essayer de se refaire une image et ça passait par le sacrifice de Dorothée et des séries d'Abel.
00:06:48C'est tout ! On en voulait un peu plus !
00:06:52C'est même pas comme on a dit parce que les sondages étaient en baisse, c'est parce qu'il y avait une histoire de producteur.
00:07:00Son producteur était devenu trop important par rapport à TF1, il y a une histoire de jalousie.
00:07:06Le club Dorothée est produit depuis 1987 par la société AB Productions, dirigée par Jean-Luc Azoulay et Claude Berda.
00:07:15En moins de 10 ans, le groupe AB prend un essor considérable, notamment grâce aux cartons des émissions de Dorothée et des sitcoms comme Hélène et les Garçons.
00:07:22Fort de ce succès, AB lance un bouquet de 18 chaînes satellites, un événement inauguré en grande pompe en décembre 1995.
00:07:29On va assister ensemble à de grands grands naissances, celle de nos nouvelles chefs de télévision. Saint-Élie, attention !
00:07:36Avant moi, je voudrais remercier tous ceux grâce auxquels nous sommes là. Je voudrais remercier Dorothée, bien sûr !
00:07:43Mais comment Dorothée a-t-elle réellement vécu l'arrêt de son émission ?
00:07:51C'était, je pense, pour elle, la fin de beaucoup de choses. Il y avait un enjeu beaucoup plus, peut-être même beaucoup plus douloureux pour elle, parce que déjà, elle était le rôle titre.
00:08:04Voilà. C'était pas le club des cinq, c'était le club Dorothée. Et donc, c'était aussi le club Dorothée qui s'arrêtait.
00:08:12Mais pour Dorothée, la journée est loin d'être terminée. À peine quelques heures plus tard, le destin s'acharne sur elle. Dorothée apprend le décès de sa maman.
00:08:23Ah bah, c'était terrible, quoi. Puis je me souviens, on a... Jean-Luc, à la fin du tournage, j'ai dit, bah allez, on va pas se séparer comme ça.
00:08:28Après 20 ans de... Il s'est dit, j'organise un dîner. Et c'est pendant le repas que Dorothée a pris que sa maman était morte, quoi.
00:08:40Donc elle a quitté le... Elle a quitté le dîner, elle est partie. Mais on savait tous... On lui a pas demandé pourquoi tu pars, quoi. On savait tous pourquoi.
00:08:49Ça, c'était terrible. Une espèce de blouse comme ça. Et puis, la mort de la maman Dorothée, le jour du dernier enregistrement du club Dorothée, c'est...
00:08:56Le club Dorothée, c'est... Perdre son boulot, perdre sa famille, perdre ses amis. Tout notre groupe, on était ses amis, hein.
00:09:05Les Musclés, Jackie, Patrick, Ariane, moi, c'était son groupe d'amis, quoi. Perdre tout ça d'un seul coup...
00:09:14Perdre le public. Elle remplissait des salles incroyables, Dorothée.
00:09:23Pas facile, ça. Pas facile.
00:09:25Dorothée, je me souviens d'un article de Paris Match où elle disait, moi, le jour où je n'ai ni famille, ni enfant, ni homme, le jour où on me retire, où on me donne mon congé, je n'ai plus rien derrière.
00:09:36Et c'est exactement ce qui s'est passé avec la dernière de son émission.
00:09:40La fin du club Dorothée marque aussi le retrait médiatique total de l'animatrice.
00:09:44Elle ne sort plus aucun disque, ne fait plus aucune émission de télé.
00:09:47Pendant près de 10 ans, celle qui était parfois présente pendant plus de 20 heures par semaine à l'antenne disparaît totalement.
00:09:53Quand l'émission s'est arrêtée, que tout s'est arrêté, je ne me suis vraiment rien dit tout en me disant, un break ça fait pas de mal, il faut un peu respirer.
00:10:02Et je n'avais pas fermé les portes pour une prochaine scène, une prochaine aventure.
00:10:07C'était, euh, je fais, j'attends le destin. On va voir, le petit coup de mou, le petit, je ne pousse jamais.
00:10:16Ce n'est pas moi qui vais demander, ni rien. Peut-être que oui, peut-être que non.
00:10:20Elle a coupé net, ce que beaucoup de personnes ont regretté.
00:10:23Mais parfois, il vaut mieux couper net plutôt que d'offrir quelque chose qui soit ni ce que vous faisiez, ni ce que vous aviez envie de faire, etc.
00:10:31Donc, ce qui m'a plu chez elle, c'est qu'au moins, elle était en accord avec elle-même.
00:10:36Comment Dorothée, une petite fille timide de banlieue, a-t-elle pu réussir un parcours aussi exceptionnel ?
00:10:42Qui est vraiment cette femme que toute une génération d'enfants pensait connaître, mais dont la vie est toujours restée secrète ?
00:10:49Tout le monde se pose des questions, qui est-elle en vrai, que fait-elle, etc.
00:10:53Et j'en ai entendu des vertes et des pas mûres dans tous les sens, et c'est logique.
00:10:57Quand on ne dit rien, les gens créent, inventent.
00:11:00Donc moi, tu en dis, et moi, t'as à en dire.
00:11:03Ma vie privée va très bien, point.
00:11:05Ça a été ma phrase depuis 150 ans, et le restera encore 150 ans.
00:11:15Dorothée naît le 14 juillet 1953 à Paris.
00:11:18De son vrai nom Frédéric Auchedé, elle passe son enfance et son adolescence en banlieue parisienne à Bourg-la-Reine.
00:11:24Son père est ingénieur, sa mère est femme au foyer, et s'occupe d'elle et de son frère Jean-François, de 7 ans son aîné.
00:11:30Mon frère, je l'ai idolâtré pendant des siècles.
00:11:33Et on s'est vraiment rencontrés quand j'avais une vingtaine d'années.
00:11:36Là, après, ça se voit plus les...
00:11:38Et là, c'était vraiment très fort.
00:11:43Une relation très forte entre mon frère et moi.
00:11:45Comme on est très peu dans la famille, mon père était fils unique, maman fille unique.
00:11:50Donc les réunions de famille, ça tenait à pas beaucoup de monde.
00:11:52Pour nous, c'était vraiment toujours très... très petit, très intime, donc très fort.
00:12:01Frédéric fait toutes ses études chez les sœurs jusqu'à l'année de son bac où le hasard d'une rencontre va changer sa vie.
00:12:08Alors qu'elle est en terminale, elle crée à 17 ans une troupe de théâtre
00:12:12et adapte une pièce d'Alfred de Musset qu'elle met aussi en scène.
00:12:17On a appris qu'il y avait un concours interlycée.
00:12:19C'est-à-dire que tous les lycées ou collèges qui avaient fait des pièces de théâtre
00:12:23se présentaient à Versailles dans un théâtre, Théâtre Montanciers.
00:12:27Et il y avait un concours interlycée, donc avec un jury de professionnels.
00:12:30Et c'est ce jour-là que le destin de Frédéric va basculer.
00:12:34Dans le jury du concours se trouve Jacqueline Joubert, ancienne animatrice de télévision
00:12:38qui est, dans les années 70, une productrice très influente.
00:12:42Jacqueline Joubert remarque tout de suite les talents de Frédéric.
00:12:45Nous sommes dans un théâtre entièrement en bois, classé.
00:12:49Les bougies se sont mises à flamber.
00:12:51Et tout en faisant mon texte, je suis allée pour l'éteindre, etc.
00:12:55Donc, un pro, ça lui a plu, entre autres.
00:12:58Et elle me dit, on reste en contact, on se retrouve dans quelques temps.
00:13:03Et deux ou trois ans après, je ne sais plus,
00:13:06elle prend la direction de l'unité jeunesse de l'ORTF.
00:13:11Et je passe un concours.
00:13:14On m'installe dans une pièce.
00:13:17Et on me dit, asseyez-vous là, sur le tabouret.
00:13:21Et puis, il y a les gens qui passaient.
00:13:25Bonjour monsieur, madame.
00:13:27On me parlait, vous attendez, je viens pour le coup.
00:13:29Ce que je ne savais pas, c'est qu'en face,
00:13:31des trucs comme ça, des trucs qui ressemblent à ça,
00:13:33c'était des caméras.
00:13:35Le truc qui pondait du plafond, c'était un micro.
00:13:37Et qu'en fin de compte, j'étais filmée.
00:13:38Et on ne l'a pas dit.
00:13:39Et tout le monde est passé comme ça dans le genre,
00:13:41pour savoir comment les gens réagissaient,
00:13:43comment on passait à la télé sans savoir.
00:13:45Naturel, voilà.
00:13:47La jeune Frédéric est choisie parmi 120 autres candidates.
00:13:51Et pour ses débuts à la télévision, Frédéric devient Dorothée.
00:13:53Car Jacqueline Joubert trouve son vrai prénom, trop endrogyne.
00:13:57En 1973, Frédéric devenu Dorothée fait ses premiers pas à la télé
00:14:01et anime une émission hebdomadaire pour enfants,
00:14:03les mercredis de la jeunesse.
00:14:05Oui, nous avons reçu énormément de courriers,
00:14:09de très beaux dessins et de très belles histoires d'ailleurs.
00:14:12Merci à tous, c'est vraiment très gentil.
00:14:14Dorothée, vous devriez lire le petit histoire qu'on nous a donnée là.
00:14:19Oui.
00:14:20Je m'en dis pas trop con de ce qui se passait en fait.
00:14:24Et c'était logique pour moi de faire ça.
00:14:26Donc, le trac de raté, bien sûr, ça c'est normal.
00:14:30Ça s'apprend pas du jour au lendemain, la télé.
00:14:32Et le trac, on l'a jusqu'au bout.
00:14:34Un jour, une petite fille eut l'idée de fabriquer une marionnette.
00:14:38Elle prit du fil et cousut un beau costume qu'elle repassa ensemble.
00:14:43Pendant un an, Dorothée anime les mercredis de la jeunesse.
00:14:46Mais l'émission ne survit pas à l'éclatement de l'ORTF fin 1974.
00:14:50Dorothée rebondit dès le début de l'année 75
00:14:53et présente une nouvelle émission jeunesse sur TF1,
00:14:56Les visiteurs du mercredi.
00:14:58Une aventure de courte durée, Dorothée est remerciée quelques mois plus tard.
00:15:04L'émission se passait le mercredi en direct.
00:15:07Le mardi, je vais du côté de Saint-Germain pour récupérer mes textes.
00:15:11Parce que tout était écrit dans les grandes lignes.
00:15:13J'arrive dans les bureaux des visiteurs du mercredi.
00:15:16On me dit qu'est-ce que tu fais là ?
00:15:18J'ai cherché mes textes.
00:15:19On ne t'a pas dit ?
00:15:20On ne m'a pas dit quoi ?
00:15:22Tu ne fais pas l'émission demain, ce n'est pas toi.
00:15:25Ah !
00:15:28Bon, j'ai gardé le sourire. Au revoir.
00:15:31Je descends.
00:15:32Et là, j'appelle ma maman en larmes.
00:15:36Effondrée parce que la prendre comme ça, c'était un petit peu dur.
00:15:39Bon, après ça passe.
00:15:41Le fait qu'on m'ait dit que je n'étais pas faite pour les émissions pour enfance,
00:15:44tout le moment, ça ne m'a rien fait.
00:15:45C'est après que ça m'a fait rigoler.
00:15:47Des années après.
00:15:49Dorothée est alors engagée début 1976
00:15:51comme co-animatrice de jeu sur l'émission Réponse à tout sur TF1.
00:15:55Je vous présente ma nouvelle partenaire.
00:15:57Elle s'appelle Dorothée.
00:15:58Bonjour, Dorothée.
00:15:59Bonjour, Pierre.
00:16:00Mesdames et messieurs, bonjour.
00:16:02Tout de suite, je vais vous présenter mon premier concurrent,
00:16:04qui est un Lyonnais.
00:16:06Monsieur Jean-François Gautier, bonjour.
00:16:07Bonjour.
00:16:08Alors, vous habitez Lyon ?
00:16:09Oui, à Éculi, à côté de Lyon.
00:16:11Tout près à Lyon.
00:16:12Et qu'est-ce que vous faites comme métier ?
00:16:13Employé de bibliothèque.
00:16:14Ah bon, vous avez le temps de lire, alors.
00:16:16Il fallait poser des questions à des candidats qui gagnaient quelques centimes.
00:16:19Et j'étais très mauvaise.
00:16:21Comme je ne connaissais pas les réponses aux questions que je posais,
00:16:24je disais aux invités, écoutez,
00:16:26c'est pas bien de ne pas savoir combien un crocodile a dedans,
00:16:28quand même, franchement.
00:16:29Et le responsable de l'émission me disait,
00:16:32non, non, il faut être sévère,
00:16:33il doit savoir, ils sont là pour jouer, pour gagner.
00:16:35C'était des personnes qui arrivaient peut-être mes grands-parents,
00:16:37ou mes parents, donc je ne pouvais pas leur parler mal.
00:16:39Et donc, j'étais vraiment très nulle.
00:16:41T'as raté. Bonjour, T'as raté.
00:16:42L'émission est un échec,
00:16:43et Dorothée se retrouve sans emploi en juin 1976.
00:16:47J'avais rencontré pas mal de personnes qui m'ont dit,
00:16:49écoute ma petite, si t'as besoin de quelque chose,
00:16:51tu frappes à la porte et on t'aide.
00:16:53Donc je fais ce qu'on m'a dit de faire,
00:16:55je frappe aux portes et on me dit,
00:16:56mais qu'est-ce que je fasse pour toi ma pauvre chérie ?
00:16:58Dorothée enchaîne alors les petits boulots.
00:17:00Doubleur lumière sur les plateaux de télé,
00:17:02animatrice de supermarché et même secrétaire
00:17:04dans une société de robinetterie.
00:17:06Début 77, Dorothée apprend qu'antaine 2 recherche de nouvelles spikrines.
00:17:10Elle tente alors sa chance et passe des essais.
00:17:13Il fallait lire un texte et le résumer.
00:17:17Il fallait présenter une émission et il fallait faire une interview.
00:17:22Je fais le résumé.
00:17:23Bon, ça me rappelait un peu l'école.
00:17:25Résumé de texte.
00:17:27Et puis arrive l'interview.
00:17:29Je fais l'interview et puis à un moment,
00:17:31je dis, c'est pas du tout ce que je voulais vous poser comme question.
00:17:33C'est pas grave, continuez à répondre.
00:17:34Je me suis bien évidemment planté.
00:17:36C'est là-dessus que j'étais choisi, entre autres.
00:17:40Vous l'avez vu vous-même, nous avons quelques petits ennuis techniques.
00:17:44Ça arrive, c'est dommage.
00:17:46Alors, le temps de réparer tout ça et vous allez pouvoir voir la belle aventure.
00:17:50Alors, vous nous excusez, s'il vous plaît.
00:17:52Et dans quelques instants, la suite du programme. Merci.
00:17:55Dorothée devient donc l'une des speakerines stars d'Antenne 2.
00:17:58Un rôle qu'elle endosse jusqu'en 1984 en parallèle de toutes ses autres activités.
00:18:03Très vite, la direction d'Antenne 2 propose à Dorothée d'animer à nouveau une émission pour la jeunesse.
00:18:07Dorothée et ses amis, qui naît à la rentrée 1977.
00:18:11Dis-moi, tu connais l'expression se faire des cheveux blancs ?
00:18:15Dorothée et ses amis, c'est une émission pirate.
00:18:18C'était pas une vraie émission.
00:18:20C'était un réalisateur qui trouvait que dans les tiroirs traînait pas mal de dessins animés.
00:18:25Il a décidé de faire cette émission totalement pirate.
00:18:29On prenait les plateaux de télé qui étaient inoccupés.
00:18:32Et puis, on tournait quand il y avait des libertés.
00:18:36Il montait quand il y avait des libertés dans le montage aussi.
00:18:39C'était une émission tout à fait pirate.
00:18:40Et qui a bien fonctionné en plus.
00:18:56A l'été 1978, Dorothée retrouve Jacqueline Joubert qui est devenue directrice de l'unité jeunesse d'Antenne 2
00:19:02et qui lui avait donné sa première chance à la télévision quelques années plus tôt.
00:19:06C'est la création de ce qui deviendra le premier grand succès de Dorothée à la télévision, Récréa 2.
00:19:12L'idée de Récréa 2, c'était d'avoir des rendez-vous spéciaux pour le jeune public.
00:19:17Il y avait du bricolage, il y avait de la peinture, il y avait de la musique, il y avait un petit peu tout quoi.
00:19:22Il y avait des émissions pour apprendre à lire, il y avait des émissions de marionnettes, il y avait des émissions où on racontait des histoires avec les mains.
00:19:30Il y avait des concours pour les enfants en province pour qu'ils fassent des dessins animés tout seuls avec une boîte d'allumettes.
00:19:38Jacqueline Joubert réunit autour de Dorothée une équipe d'animateurs venus d'univers totalement différents, parmi lesquels Jackie, Corbier, Cabu et William Lémergie qui est également producteur de l'émission pendant les premières années.
00:19:52Oui, c'est vrai que quand on fait la liste comme ça, c'est un assemblage assez hétéroclite. Mais ce qui a fait, peut-être, en partie son succès.
00:20:03C'est bizarre, hein ?
00:20:05C'est des artistes, c'est des artistes.
00:20:07Ah, hello Cabu !
00:20:08Cabu, c'est moi qui ai été le chercher. On était à la terrasse d'un café à la maison de la radio. Il est venu avec sa fiancée à l'époque, ne sachant pas ce qu'il attendait.
00:20:16Et quand on lui a parlé d'émission pour la jeunesse, la fiancée faisait... C'était un journaliste politique, un dessinateur politique.
00:20:25Aller faire un truc avec... C'était catastrophique. Moi, je pleurais tout mon sang. Mais si, il faut absolument vous dire, parce que moi, j'étais fan.
00:20:33Ça m'intéressait tout de suite de travailler pour les enfants parce que c'est un public idéal pour un dessinateur, vous savez, parce qu'ils s'intéressent tous au dessin.
00:20:41Et même ce qui m'a fait plaisir, c'est que j'ai vu au moins trois jeunes dessinateurs. Ils m'ont dit, je suis devenu dessinateur parce que je t'ai vu dessiner chez Dorothée.
00:20:48J'avais un gars qui a chansonnier, Corbier. Chansonnier, vous vous rendez compte ? C'est un autre monde, déjà.
00:20:53Corbier ! Tu m'avais dit qu'on demandait l'inspecteur, j'étais au téléphone.
00:20:58Moi ? Mais aujourd'hui, ah oui, oui, effectivement.
00:21:01En 1982, dans un établissement de chansonniers qui s'appelle Le Caveau de la République, Madame Jacqueline Joubert est venue me voir à l'issue de mon tour en me disant, mais vous m'intéressez parce que vous faites rire les enfants et les parents.
00:21:13Est-ce que vous voulez pas présenter une émission de télévision avec Dorothée ?
00:21:16Ça me plaisait beaucoup. Ça me plaisait beaucoup. Et en même temps, à chaque fois, je me disais, mais qu'est-ce que je fais là ? Et j'étais persuadé qu'on allait me foutre dehors.
00:21:27Moi qui était le journaleux, Dorothée qui n'aspirait qu'à une chose, c'est faire l'artiste. Et Jackie ? Jackie, fan de rock'n'roll. Qu'est-ce qu'il fout là, lui ?
00:21:37En fait, en 79, j'étais encore attaché de presse. Je m'occupais en gros de Serge Gainsbourg, Bob Marley, Roxy Music, King Crimson, Rod Stewart.
00:21:45Jerry Lee Lewis et tout ça. Antoine de Cône ne m'avait pas repéré, mais enfin, c'était lié d'amitié parce que je lui proposais mes groupes pour son émission Chorus.
00:21:53Et un jour, il m'a dit, viens présenter Chorus avec moi. Jacqueline Joubert, qui était donc la mère d'Antoine de Cône, comme toute mère qui se respecte, a regardé l'émission de son fils.
00:22:01Et un jour, elle m'a appelé, elle m'a dit, voilà, moi, vous me faites rire. Est-ce que vous voulez remplacer Dorothée qui part sur le film de Robert Henrico ? Parce que Dorothée était aussi comédienne.
00:22:11Et j'ai démarré Récréa 2 en mars 80. Voilà, je pense que c'était ma première Récréa 2 sans Dorothée. J'en ai fait deux, puis je suis resté dix ans.
00:22:20Neuf ans plus exactement. Neuf ans pendant lesquels Récréa 2 devient l'émission jeunesse phare du début des années 80.
00:22:26C'est aussi à cette époque que naît la célèbre caricature de Dorothée Parcabu avec le fameux nez pointu et la queue de cheval.
00:22:32Comme ça. Et j'ai vu que ça le faisait rire.
00:22:38Caricature devenue incontournable et qui reste aujourd'hui encore emblématique de Dorothée.
00:22:43C'est en 1978 que Dorothée fait la rencontre de deux jeunes producteurs, Jean-Luc Azoulay et Claude Berda, à l'époque patron d'un petit label de disques, AB Productions.
00:23:09J'ai attrapé une hépatite virale en allant au Midem à Cannes. Je me suis retrouvé 40 jours au lit et j'ai regardé la télé, j'ai vu Dorothée qui a animé une émission qui s'appelait Dorothée et ses amis.
00:23:18J'ai trouvé formidable, dynamique, intéressante. J'ai demandé à la rencontrer. J'ai rencontré, j'ai demandé est-ce que vous voulez chanter ?
00:23:25Non, je ne veux pas chanter. Comment ça ? Parce que je n'ai pas envie d'être chanteuse, point. Je voulais éventuellement raconter une histoire style piccolo-saxo, etc.
00:23:34Dorothée accepte donc de participer à l'enregistrement d'un album intitulé Dorothée au pays des chansons. Un conte musical spécialement écrit pour l'animatrice qui au départ ne doit en être que la narratrice.
00:23:44Donc je devais raconter l'histoire. Et un jour en studio, les comédiens, eux, chantaient. Et Jean-Luc me dit « Ce serait bien que tu donnes la réplique à la chanson d'amour, juste deux petites phrases. »
00:23:58Et là, tout à coup, Dorothée, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, tu vois, c'était le truc. Et elle répondait « Mon amour, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime. »
00:24:16Et là, tu découvres la voix de Dorothée, je vois un peu d'asillard comme ça, tu vois. Très intéressante.
00:24:22Et j'ai fait l'album en entier. Voilà. Et après, il y a le spectacle sur scène à l'Olympia, justement, au pays des chansons.
00:24:39Après un succès d'estime pour ce premier album, Dorothée enregistre ce qui va devenir son premier tube, Rocks et Rookie.
00:24:45Il y a un dessin animé américain qui sort, qui s'appelle Rocks et Rookie. Et au Walt Disney France, il cherchait une jeune chanteuse qui était, tu vois, qui représentait bien les enfants en France, etc.
00:24:59Pour créer une chanson originale pour la promotion de ce dessin animé en France.
00:25:04Jean-Luc me dit « On va faire une chanson. »
00:25:08On fait ça, mais vraiment rapidement. On fait la maquette, présentée au Disney France, qui accepte la chanson. Et l'aventure de Dorothée commence à ce moment-là.
00:25:30Une aventure qui commence avec un 45 tours vendu à plus d'un million et demi d'exemplaires et continue avec un premier album vendu à plus de 2 millions d'exemplaires.
00:25:39Album sur lequel on retrouve un autre succès fracassant, ou « Lamenteuse » en 1982. Une chanson qui a bien failli ne jamais exister.
00:25:48On avait fait cette chanson pour nous amuser, Gérard et moi, ou « Lamenteuse » elle est amoureuse. Et puis on l'a fait écouter à Dorothée qui dit « Ah là là, c'est un peu bébé. »
00:25:55Je ne la supportais pas. Je la trouvais nulle. Et comme ça, c'était juste... Elle n'était pas faite. Quand on écoute une chanson, c'est juste le piano, ta, ta, ta, ta, ta, ta, ta, ta, ta, ta, ta, ta, ta.
00:26:05Et puis Jean-Luc, il chante à côté. Donc c'était pas... Ça ne montrait pas grand-chose. Puis c'était mes débuts en tant que chanteuse en plus. Et une fois fini, je me dis « Ah oui, ça va, c'est marrant. »
00:26:17À partir de 1982, les albums et les 45 tours s'enchaînent à un rythme effréné et se vendent à des millions d'exemplaires.
00:26:23Dorothée devient la première en France à mener de front deux carrières en parallèle, avec le même succès, animatrice télé et chanteuse.
00:26:30« Qu'est-ce qu'il a dans sa petite tête pour être aussi bête ? »
00:27:00De 1981 à 1986, tout en continuant ses émissions de télé, Dorothée participe à de nouvelles musicales.
00:27:07Dorothée est accompagnée à chaque fois sur scène par les co-animateurs de récré à deux.
00:27:11Pendant l'été 1983, elle effectue une tournée à travers la France avec le spectacle « Pour faire une chanson »,
00:27:16une tournée présentée par un animateur alors en pleine ascension, Jean-Pierre Foucault.
00:27:21L'année 80, c'était magique parce qu'on allait passer un été sur les routes, sur scène, tous les soirs,
00:27:27pendant 40, 50, 60, 80 dates et c'était un petit peu un voyage d'école, on partait en colo.
00:27:35Et franchement, c'était une tournée de franche camaraderie avec, on pouvait le noter chaque soir,
00:27:41une immense popularité de Dorothée et de ses collègues.
00:27:45Mais Dorothée ne s'arrête pas là.
00:28:00Elle a fait un truc formidable, Dorothée.
00:28:03C'est elle qui a enregistré tout le folklore français, ce qu'on appelle les enfantines.
00:28:09Toutes les chansons destinées aux enfants, Dorothée les a enregistrées.
00:28:13On enregistrait, je crois, 3 ou 400 et parallèlement, on les tournait pour la télé.
00:28:17On a collaboré avec Antenne 2 à l'époque pour coproduire cette série d'émissions
00:28:22que nous exploitions parallèlement en vidéocassettes.
00:28:25Le premier pas vers la production télévisuelle pour AB Productions et son producteur Jean-Luc Azoulay,
00:28:31quelques années avant l'aventure du club Dorothée.
00:28:33Animatrice, spikrine, chanteuse, tout s'enchaîne pour Dorothée
00:28:39qui ajoute une nouvelle corde à son arc à la fin des années 70
00:28:43et réalise son rêve de comédienne en tournant au cinéma sous la houlette des plus grands réalisateurs français.
00:28:49Je n'avais jamais pensé faire du cinéma.
00:28:51Et quand, parce que je ne connaissais personne, je ne voyais personne, je n'allais pas dans les soirées,
00:28:55donc il n'y avait pas de raison que j'en fasse.
00:28:57J'étais spikrine et tout d'un coup le téléphone sonne.
00:29:00On retrouve le folle appareil.
00:29:01Mais oui, c'est ça, et moi je suis Catherine de Neuve et je raccroche.
00:29:05Il n'a pas été surpris, il l'a rappelé.
00:29:07Il dit « Je suis vraiment François Truffaut. »
00:29:09Et là, on appelle rendez-vous pour se rencontrer.
00:29:13Dorothée est choisie par le réalisateur François Truffaut
00:29:16pour incarner l'une des héroïnes de son film L'Amour en Fuite,
00:29:19un rôle qu'il a écrit tout spécialement pour elle.
00:29:21Qu'est-ce que tu fais Antoine ?
00:29:22Ce que je fais, je te le donne en mille. Je me vais.
00:29:25Tu t'en...
00:29:25Oui, mais avant, je me vais.
00:29:27Avec un accent circonflexe, je suis en train de me vêtir.
00:29:29Tu commences à chipoter dès le matin ?
00:29:33Viens.
00:29:34Viens là.
00:29:42Oh non, non, n'ouvre pas le rideau.
00:29:44Viens.
00:29:44Monsieur Truffaut m'a choisi pour son film
00:29:52parce qu'il aimait bien mon côté androgyne
00:29:55et ce côté un petit peu modère.
00:29:57C'est exactement ce qu'il cherchait.
00:29:58La première prestation de Dorothée au cinéma est particulièrement remarquée.
00:30:02Et en 1980, le réalisateur Robert Henrico lui offre un rôle dans son film « Pile ou face »
00:30:07où elle donne la réplique à deux monstres sacrés.
00:30:09Quand Robert Henrico me demande de participer à son film « Entre noire et ses rôles »,
00:30:13là je me suis dit, c'est...
00:30:14C'est pas possible, je rêve.
00:30:17Je me sentais bien petite.
00:30:19Toute petite, petite.
00:30:20Mais ça, c'est fabuleux.
00:30:23Beaucoup de personnes m'ont accusé de ne pas choisir.
00:30:27Parce qu'à l'époque, il fallait faire une chose, mais pas deux.
00:30:30La spikrine qui fait de la télé, la spikrine qui chante,
00:30:32celle qui fait de la télé, qui fait du cinéma.
00:30:33Et moi, je disais, je préfère toucher à tout.
00:30:37Et c'est quand même un peu plus amusant de pouvoir faire tout ça en même temps.
00:30:41Mais ça, on l'a beaucoup reproché.
00:30:43Trop accaparée par la télévision et la chanson,
00:30:45Dorothée fait le choix à contre-coeur d'arrêter l'aventure du cinéma
00:30:48à l'issue de ses deux films.
00:30:50Ce qui reste encore aujourd'hui un de ses grands regrets.
00:30:52En 1987, la télévision française connaît une véritable révolution.
00:30:56De nouvelles chaînes privées apparaissent,
00:30:58dont la 5 appartenant à l'époque à Silvio Berlusconi.
00:31:01TF1 est privatisée et rachetée par le groupe Bouygues.
00:31:03La nouvelle direction de TF1 propose à Dorothée de devenir la nouvelle star de ses programmes jeunesse.
00:31:08En 1987, le moment de la privatisation de TF1,
00:31:13la plupart des stars de TF1 sont parties chez Berlusconi, dans les T87.
00:31:18Et là, la préparation de la grille de la rentrée de 87
00:31:22a nécessité de rechercher ou d'aller piquer dans d'autres sociétés de programmes,
00:31:27des gens déjà affirmés, capables de faire.
00:31:30Et c'est comme ça qu'a été proposé à Dorothée et à la société AB
00:31:35de prendre en charge la production des émissions jeunesse de TF1,
00:31:39qui est une chance extraordinaire.
00:31:40Alors qu'elle anime encore à l'époque Récréa 2 dont elle est la star depuis près de 10 ans,
00:31:46Dorothée négocie son départ pour TF1, un départ qui se fait dans la douleur.
00:31:51Le départ de Dorothée pour TF1, c'était quand même tragique,
00:31:55surtout pour Jacqueline Joubert, qui l'avait découverte, qui avait façonné ce personnage.
00:32:01Jean-Luc Azoulay avait proposé à Jacqueline de venir sur TF1
00:32:07pour faire ce qu'elle faisait sur Antenne 2,
00:32:11c'est-à-dire être directrice de l'unité jeunesse.
00:32:16Donc tout était réglé, on avait été d'accord,
00:32:18on s'était vu avec les gens de TF1, avec Dorothée, avec Jacqueline et avec Claude Berdat.
00:32:22Et puis il y a eu une fuite, c'est-à-dire que quelqu'un a publié dans un journal,
00:32:28dans le Paris 1 Libéré, je me souviens, Dorothée sur TF1.
00:32:31Et Jacqueline s'est sentie vexée et trahie, parce qu'elle a pensé qu'on ne l'avait pas prévenu.
00:32:35Alors c'était une fuite de choses dont elle était parfaitement au courant,
00:32:38mais elle a pensé que c'était officialisé alors que ça ne l'était pas.
00:32:40Donc elle s'est fâchée.
00:32:41Jacqueline Joubert se braque, pense que Dorothée et ses producteurs
00:32:44l'ont écartée de leur projet de départ pour TF1 et rond tout dialogue.
00:32:49Jacqueline a vécu ça comme une trahison, absolument.
00:32:50Non, absolument. Même si on lui avait proposé de venir chez la reproduction.
00:32:55Pour Jacqueline Joubert, Dorothée, c'était sa fille, autant qu'Antoine de Cône était son fils.
00:32:59Suite à ce malentendu, Jacqueline Joubert et Dorothée entrent dans un terrible conflit
00:33:03qui jette un voile noir sur la fin de leur collaboration.
00:33:07Je me souviens du dernier tournage de TF1, c'était terrible.
00:33:12Ça a été un moment de vraie douleur, mais de douleur pour tout le monde,
00:33:18pour les gens qui faisaient les lumières, le son, qui nous connaissaient,
00:33:22qui connaissaient bien Dorothée.
00:33:24Et il y avait des ordres qui venaient de la direction,
00:33:28où on devait tourner le truc sans on voit Dorothée.
00:33:32J'étais filmée de dos, en plan large, et comme tout était écrit et que j'étais encore à l'antenne,
00:33:40il fallait qu'on continue, c'était des histoires, des petites pièces qu'on jouait,
00:33:45des petites scènes, des petites scénettes.
00:33:47Et je ne comprenais pas pourquoi j'étais toujours de dos et jamais en face pour les répliques, comme avant.
00:33:52Et Dorothée, qui a un œil, qui voit tout sur un plateau,
00:33:56se rendait bien compte que les caméras étaient là au lieu d'être là,
00:34:01ou là au lieu d'être là.
00:34:02C'était terrible.
00:34:04Et j'ai su longtemps après que Jacqueline avait passé la consigne,
00:34:08on ne doit pas la voir, l'entendre, c'était obligé,
00:34:10mais il ne faut pas qu'on la voit, il ne faut pas qu'on sache qu'elle est là.
00:34:14Avec le recul, ça, ça fait encore plus de peine.
00:34:18Entre Jacqueline Joubert et Dorothée, le divorce est consommé.
00:34:21Jacqueline Joubert m'a virée avant la fin de la saison, au mois de mai.
00:34:26J'ai reçu mon licenciement par un télégramme.
00:34:31Un peu froid, oui.
00:34:34Une bonne partie de l'équipe de Recréa 2 suit Dorothée sur TF1.
00:34:38C'est Cabu qui annonce en direct le départ de Dorothée pour la concurrence.
00:34:42Je voudrais dire que si vous ne voyez pas Dorothée, c'est qu'elle a choisi d'aller sur la rue.
00:34:45Malgré les efforts de Cabu et des autres, sans Dorothée,
00:34:48Recréa 2 chute dans les audiences et ne survit qu'un an après son départ.
00:34:52Quand on quitte une maison dans laquelle on a vécu plus de dix ans,
00:34:56et qu'on va vers l'inconnu, il est en fait que je n'étais certainement pas très sereine.
00:35:00C'était un gros point d'interrogation pour l'avenir, le futur.
00:35:05Dorothée l'ignore encore, mais elle va connaître sa plus grande aventure professionnelle.
00:35:09A son arrivée sur TF1 en 1987,
00:35:11Dorothée devient directrice des programmes jeunesse de la chaîne
00:35:14et crée avec les producteurs de ses disques, Jean-Luc Azoulay et Claude Berda,
00:35:18le Club Dorothée.
00:35:19Une émission qui, dès la première, devient un véritable phénomène de société
00:35:22et qui connaît un succès phénoménal sur TF1 pendant dix ans.
00:35:27Le Club Dorothée enregistre des records d'audience.
00:35:29L'émission est regardée par 5 à 6 millions de téléspectateurs
00:35:32et entraîne dans son sillage toute une série de programmes
00:35:35qui vont marquer la télévision des années 90.
00:35:37Et pourtant, tout n'était pas gagné d'avance.
00:35:43Nous sommes le mercredi 2 septembre 1987.
00:35:46Il est 9h, l'aventure du Club Dorothée commence.
00:35:48J'ai envie de pleurer, écoutez, bonjour à tous,
00:35:51je suis vraiment très contente de vous retrouver.
00:35:53Quand je dis que ça donne des émotions, c'est vrai,
00:35:56c'est vraiment fabuleux de vous retrouver.
00:35:57On avait tous au track, alors qu'on a tous...
00:35:59Déjà en 87, on avait quand même...
00:36:01Dorothée avait 15 ans de télé, moi aussi, un peu moins,
00:36:03mais on était comme des jeunes débutants comme ça,
00:36:05on avait un track pas possible.
00:36:07C'était des larmes de joie, vous inquiétez-moi, c'est pas grave.
00:36:10Arrêtez.
00:36:10Ah bah ça met dans le cœur un peu de vélomoteur.
00:36:12Un petit vrai, c'est ça.
00:36:13Ça a pleuré, je vais m'être à pleurer aussi.
00:36:15Premier jour, le direct, une émotion très forte, très intense.
00:36:21Donc les larmes, le coin de l'œil pour tout le monde.
00:36:24Beaucoup d'émotions.
00:36:26Si le lancement de la première partie de cette aventure diffusée le matin
00:36:29se passe sans encombre, il en est tout autrement
00:36:32pour le grand show en public de l'après-midi.
00:36:33Non, bonjour à tous, ça commence bien, on s'est raté.
00:36:39En direct, un gros problème de son parasite le début de l'émission
00:36:42devant plusieurs millions de téléspectateurs.
00:36:44Et là, Dorothée prouve encore son talent d'improvisation,
00:36:47capacité étonnante qu'elle accentuera un peu plus chaque jour à l'antenne
00:36:50pendant 10 ans.
00:36:51C'est le premier jour, on a le droit à l'erreur, ce n'est pas grave.
00:36:55Nous sommes en direct, ça se voit.
00:36:58Non, mais il faut rigoler, nous sommes là pour nous amuser.
00:37:00Soyez les bienvenus au club Dorothée.
00:37:02On ferait comme si vous n'aviez rien vu.
00:37:05Je vais me cacher, vous ne m'avez pas vu.
00:37:07Vous chez vous, vous ici, on recommence à zéro, d'accord ?
00:37:10Je me cache !
00:37:12Moteur !
00:37:12AB Productions venait d'un être, on était 15 au total.
00:37:30Et puis nous, voilà, allait tourner à la plaine Saint-Denis.
00:37:34Il n'y avait pas de studio, il n'y avait rien.
00:37:36Mais il fallait commencer à tourner.
00:37:38Eh bien, nous, on tournait dans les gravats.
00:37:41C'était une aventure.
00:37:42On était dans un truc provisoire, qui était une espèce de hangar,
00:37:45avec des bâches pour fermer, pour éviter les courants d'air.
00:37:49Un quart régi qui installait de la veille.
00:37:53Et un éclairage qui tenait à peine, parce que ce n'était pas vraiment aux normes.
00:37:57Et ça a été un miracle absolu.
00:37:58On n'a pas touché terre pendant les trois heures de direct.
00:38:01C'était vraiment, après, je crois qu'on était à ramasser la petite cuillère.
00:38:12S'amuser, toujours à vos côtés.
00:38:16Début de TF1, on était les deux premiers.
00:38:17C'est vrai, c'était une belle aventure.
00:38:19Belle aventure parce que tout le monde prédisait un avenir sombre à TF1.
00:38:25Et dès le premier jour, c'était un succès.
00:38:27Je dirais même pas un succès d'audience, mais un succès populaire.
00:38:31Le Club d'Ontrées, c'était une émission hyper novatrice à l'époque,
00:38:47parce que c'était la première fois qu'il y avait cinq animateurs qui présentaient l'émission.
00:38:51Et cinq animateurs qui n'avaient rien à voir ensemble, qui venaient d'un univers différent.
00:38:54Il y avait Jackie qui était le chef en douille.
00:38:59Corbier qui, lui, venait du cabaret.
00:39:04Dieu relu ! Dieu relu !
00:39:06Simpson Jones qui, lui, a été le premier spécrin de France du Monde.
00:39:13Et qui, lui, était un ancien journaliste.
00:39:15Ça prête les filles.
00:39:18Nous, on les appelait les crétins.
00:39:19Les trois crétins, d'ailleurs.
00:39:29Et moi, la petite comédienne, au milieu de tout ça.
00:39:32Merci, messieurs.
00:39:33On les applaudit très fort.
00:39:36Nous, on était fort différents les uns des autres, quoi.
00:39:38Et ça a pris.
00:39:39Mais ça a pris tout de suite.
00:39:41Bonjour à tous et bienvenue au Club d'Ontrées pour trois heures et demie de super folie.
00:39:47J'espère que ça te traîne.
00:39:48Le Club d'Ontrées a commencé tout petit.
00:39:50Et puis, on tentait, on testait, on apprenait.
00:39:54Et au fur et à mesure, on a eu de plus en plus d'heures d'antenne, de plus en plus de jours.
00:39:58C'est à force d'inventer des choses, de créer.
00:40:00On a eu la responsabilité.
00:40:02Et là, on nous a confié ces rendez-vous quotidiens.
00:40:07Au départ, le Club d'Ontrées n'est diffusé que le mercredi, le samedi et le dimanche.
00:40:12L'émission connaît tout de suite un succès colossal.
00:40:14Et à la demande de TF1, l'émission devient très vite quotidienne.
00:40:17Dorothée et son équipe assurent parfois, pendant cette période, plus de 20 heures d'antenne par semaine,
00:40:22dont près de 8 heures en direct le mercredi.
00:40:25Comme ça marchait, c'est devenu, à la fin, je ne sais plus combien, 2000 heures, je crois, par an, quelque chose d'énorme.
00:40:30Avec le Club d'Ontrées, pour la première fois en France,
00:40:33une émission pour enfants est proposée en direct et en public pendant plus de 3 heures, tous les mercredis après-midi.
00:40:38On a pris l'enfant pour un vrai téléspectateur.
00:40:42C'est-à-dire qu'on mettait autant d'argent pour faire une émission pour enfants
00:40:46que ce qu'on en mettait pour faire une grosse émission de variété de prime time à l'époque.
00:40:51Les Club d'Ontrées de l'après-midi, c'était des bercis.
00:41:02Il y avait le public, il y avait 400 gamins.
00:41:07Public en délire, un orchestre parfait, en délire aussi.
00:41:14C'était un petit berci.
00:41:15Une émission de télé, spectacle.
00:41:17C'est vrai que son passage sur TF1, ça a fait d'elle vraiment une espèce de superstar.
00:41:26C'était non seulement une animatrice, une meneuse de revue, mais c'était aussi une interprète.
00:41:32Si on pouvait comparer, c'était un peu une...
00:41:36un peu à l'américaine, c'est-à-dire qu'elle savait tout faire.
00:41:39J'avais vraiment deux producteurs fous, dans tous les sens du terme.
00:41:45Un qui avait beaucoup de fantaisie, d'invention, des idées folles dingues, mais très souvent bonnes.
00:41:51Et l'autre, il y avait plus le côté rigueur de l'homme d'affaires.
00:41:57Et moi au milieu, on a fait cette grande aventure.
00:42:01Une grande aventure qui se permet parfois des prouesses techniques,
00:42:04comme en 1988 où l'émission réalise un duplex avec l'espace.
00:42:07Le ministre Paul Quillès est même présent sur le plateau de Dorothée pour l'événement.
00:42:11Jean-Luc Chrétien, ici Dorothée, depuis le Zénith.
00:42:14Vous êtes en triplex avec le club Dorothée.
00:42:17Monsieur Quillès est là également.
00:42:19Comment allez-vous ?
00:42:21Très bien, je vous remercie.
00:42:22Fort de son succès, le club Dorothée décline différents concepts.
00:42:26Des émissions éducatives, Terre, Attention, Danger et Club Science.
00:42:30Une émission caritative, des millions de copains.
00:42:33Et une émission de variété, le Jacky Show.
00:42:35Le tout occupant l'antenne de TF1, 7 jours sur 7.
00:42:38Un record aujourd'hui encore inégalé.
00:42:40Jusqu'à 26 heures d'antenne par semaine et plus de 40 heures en période de vacances.
00:42:45Et dès septembre 1987, né en même temps que le club Dorothée,
00:42:48Pas de pitié pour les croissants.
00:42:49C'était une histoire découpée en 5 ou 6 parties,
00:42:53avec des jingles au milieu, des programmes très courts.
00:42:55Et puis une chanson.
00:42:57Et puis ça a donné un truc assez fou.
00:42:58Pas de pitié pour les croissants !
00:43:03Dis-moi que ce n'est pas belle !
00:43:05Bon, d'accord, ce n'est pas belle !
00:43:06Oh !
00:43:06Ça y est, elle cherchait juste le prétexte !
00:43:10On était sorti de ringard par tout le monde,
00:43:13notamment par les gens de Canal+,
00:43:14mais en fait, les Robins des Bois, 3-4 ans après,
00:43:17ce n'était pas de pitié pour les croissants.
00:43:18Ne bouge plus, Mastery, ne bouge plus !
00:43:20C'est presque fini pour aujourd'hui !
00:43:22Souriez un poux !
00:43:22Je ne pense pas que ça ait tant vieilli aujourd'hui.
00:43:25En tout cas, cette déconne-là n'a pas vieilli.
00:43:28Allez, tu en prends un ?
00:43:30Oui !
00:43:30On va les couver !
00:43:31Un chacune !
00:43:32Oui !
00:43:34Pas de pipi, pas de pitié pour les croissants !
00:43:39Pour les sangs, pas de pitié pour les croissants !
00:43:41Pour le bonheur des petits et des grands,
00:43:43presque tous les animaux du monde
00:43:44passent sur le plateau du club Dorothée.
00:43:46Mais certains se montrent parfois un peu trop affectueux.
00:43:49Allez, viens, regarde !
00:43:50Bien sûr, c'était en fin d'émission,
00:43:53en direct, bien évidemment,
00:43:54un mercredi matin.
00:43:56Le tigre ne voulait pas faire ce qu'on lui demandait.
00:43:57Il ne se croyait pas au siècle,
00:43:58donc il n'avait pas envie de se faire son numéro.
00:44:00Il me faisait des grandes léchouilles.
00:44:03Enfin, quand on voit la tête d'un tigre,
00:44:05pour moi, c'était grand comme ça.
00:44:09Autant que le dresseur,
00:44:11il maîtrisait moyen le bestiau.
00:44:15Et tout le monde a cru que ma tanière
00:44:17était arrivée.
00:44:18Et c'est vrai qu'on a toujours quelque chose
00:44:21quand on est en direct,
00:44:21c'est qu'on sauve la face.
00:44:23Voilà.
00:44:25Moi, je n'ai pas eu peur à ce moment,
00:44:26c'est quand j'ai revu les images
00:44:27que j'ai eu peur.
00:44:31Dans un instant,
00:44:31vous allez découvrir
00:44:32comment le succès du club Dorothée
00:44:34va permettre à ses producteurs
00:44:35de lancer un nouveau type de programme,
00:44:37les sitcoms.
00:44:38On se serait cru dans un studio
00:44:41à l'américaine.
00:44:42C'était une belle fourmilière.
00:44:45Mais très vite,
00:44:46les critiques se déchaînent.
00:44:47Comment vont réagir les producteurs
00:44:48et comment Dorothée va-t-elle vivre
00:44:50ces critiques ?
00:44:51C'est vrai que Dorothée,
00:44:52elle en prenait plein la tronche
00:44:54de tous les côtés
00:44:55et par tout le monde.
00:44:56Et ça devait être effectivement
00:44:57très douloureux.
00:44:58Le club Dorothée,
00:45:15c'était le reflet
00:45:17de ce qu'il y avait
00:45:18dans la tête de M. Azoulay.
00:45:20C'est un type
00:45:21qui a des dizaines d'idées
00:45:24à la minute,
00:45:25qui est constamment en train
00:45:27de trouver le machin dingue.
00:45:32Il a l'esprit d'un enfant.
00:45:33Salut !
00:45:34La mère !
00:45:35Tiens !
00:45:36Une boîte !
00:45:36Bon, évidemment,
00:45:38on avait des jeux
00:45:39qui étaient plutôt,
00:45:43on va dire, infantiles.
00:45:44C'est l'heure du show
00:45:45de la BC au cas où
00:45:46vous n'auriez pas remarqué.
00:45:47Oui, voilà.
00:45:48Effectivement.
00:45:49Alors, quel est ton choix ?
00:45:50Le B.
00:45:51Le B.
00:45:53Oui, Jackie.
00:45:54C'est moi ?
00:45:54Ben, oui.
00:45:55C'est moi.
00:45:56C'était souvent moi
00:45:57qui étais choisi,
00:45:57je sais pas,
00:45:58j'avais peut-être une tronche
00:45:58à me prendre de l'eau
00:45:59sur la tronche.
00:46:00Suspense, attention.
00:46:02Un, deux, trois.
00:46:04Rourri !
00:46:05Parfois, j'en recevais
00:46:08douce de suie,
00:46:09j'en pouvais plus, quoi.
00:46:10Comme doudou !
00:46:12Oh oui !
00:46:13L'image, c'est vrai,
00:46:16c'est une séquence
00:46:17que les enfants adorrent.
00:46:23Vous avez trouvé
00:46:24des jeux faciles à faire,
00:46:25drôles, amusants.
00:46:26Il fallait faire participer
00:46:28les téléspectateurs
00:46:28parce que ça a toujours été
00:46:29avec l'hôtel notre envie,
00:46:32c'est-à-dire d'avoir des gens
00:46:33qui ne soient pas simplement
00:46:34des réceptacles d'images,
00:46:35mais qui participent.
00:46:37Allô ?
00:46:37Allô ?
00:46:38Le but, c'était de ridiculiser
00:46:40un petit peu nos trois compagnons,
00:46:42ce qui était réussi,
00:46:42et de faire gagner facilement.
00:46:45C'est surtout ça.
00:46:46Je pense que le pire,
00:46:46c'était la volant-tarte.
00:46:49Parce que ça,
00:46:49c'était bien débile.
00:46:51Il y avait quand même
00:46:51trois types qui se balançaient
00:46:53eux-mêmes une tarte à la crème
00:46:54dans la tronche.
00:46:57Ça, il fallait l'oser.
00:46:59Mais d'un autre côté,
00:47:01voilà, la tarte à la crème,
00:47:02c'est pas Azoulay
00:47:03qui l'a inventée.
00:47:04La douche,
00:47:05l'arroseur arrosé,
00:47:05quand même,
00:47:06il faut...
00:47:06Voilà.
00:47:10Le jeu le mieux,
00:47:11c'est moi qui avais l'idée.
00:47:12au départ,
00:47:14on prenait un lave-voiture
00:47:15avec des rouleaux,
00:47:16avec un rouleau en haut
00:47:17et des rouleaux sur les côtés.
00:47:18Et s'il répondait pas à la question,
00:47:20la machine passait.
00:47:21Et les poils se sont enroulés
00:47:22autour de lui,
00:47:23il était enroulé
00:47:24dans les rouleaux,
00:47:25donc on a arrêté le jeu.
00:47:27Il n'y a pas eu de drame,
00:47:28mais c'était limité.
00:47:30À la longue,
00:47:31au bout de nombreuses années,
00:47:32il a commencé à avoir
00:47:33des rébellions,
00:47:35notamment le corbier.
00:47:37Allez, corbier,
00:47:38on dépêche !
00:47:39OUAIS !
00:47:42Faire le clown,
00:47:43c'est pas honteux, hein ?
00:47:44La différence
00:47:45entre un clown
00:47:47et un animateur de télévision
00:47:50qui reçoit des sauts
00:47:51sur la tête,
00:47:53c'est que le clown,
00:47:55quand il quitte
00:47:56l'enceinte du cirque,
00:47:58il retire son faunet.
00:48:00Nous,
00:48:00on nous reconnaissait
00:48:01tout le temps.
00:48:01Donc,
00:48:03on était les cons
00:48:04qui recevaient
00:48:06des sauts d'eau
00:48:07sur la tête.
00:48:09On aurait fait ça
00:48:10cinq fois dans l'année,
00:48:11c'était marrant.
00:48:13Tous les jours,
00:48:15tous les jours !
00:48:16Tous les jours
00:48:18et même pendant
00:48:18les vacances scolaires.
00:48:20Quand arrivaient
00:48:20les vacances
00:48:21avec le Dorothée,
00:48:22pour nous,
00:48:22c'était pas vraiment
00:48:23des vacances.
00:48:23Il était à fait
00:48:24qu'on partait loin,
00:48:25à l'étranger,
00:48:26sur les plages,
00:48:27l'hiver à la montagne.
00:48:29L'été,
00:48:29on râlait parce qu'il faisait
00:48:30trop chaud,
00:48:30l'hiver,
00:48:30on râlait parce qu'il faisait
00:48:31trop froid.
00:48:32Les fameux jeux
00:48:33que nous avions sur le plateau,
00:48:35on les transportait
00:48:36sur les plages
00:48:36ou dans les villages.
00:48:38Les gens nous ont quand même
00:48:39pris pour des extraterrestres
00:48:40très souvent.
00:48:42Pendant leurs vacances,
00:48:43Dorothée et tous ses amis
00:48:44font la connaissance
00:48:45d'un dromadaire extraterrestre
00:48:47prénommé Sahara.
00:48:48Non seulement il parle,
00:48:49mais en plus,
00:48:50il est à la recherche
00:48:51du fabuleux trésor
00:48:52du pirate de l'espace.
00:48:54Poursuivi par les horribles
00:48:55hommes-grenouilles
00:48:56de la planète Krypton,
00:48:57Sahara doit quitter la Terre.
00:48:59Avant de partir,
00:48:59il confie à nos amis
00:49:01la mission
00:49:02de retrouver le trésor.
00:49:04Pour ces tournages
00:49:05de vacances,
00:49:05il y avait une histoire,
00:49:07bien sûr,
00:49:07parce qu'on avait toujours
00:49:08une mission très importante.
00:49:10On devait sauver le monde.
00:49:12Nous l'avons sauvé
00:49:12pendant 10 ans.
00:49:16On est partis partout.
00:49:17On est allés à la Réunion,
00:49:18à l'Ile-Maurice,
00:49:18on est allés dans les Caraïbes,
00:49:21à Saint-Martin,
00:49:22en Guadeloupe.
00:49:22On a fait de très jolis voyages.
00:49:24On partait en sachant
00:49:25grosso modo
00:49:26ce qu'on allait faire
00:49:26avec notre cahier des charges,
00:49:28les jeux,
00:49:28la, la, la, la, la, la,
00:49:29qui de toute façon
00:49:29ponctuaient l'émission.
00:49:31Mais le reste du temps,
00:49:32c'était à la rache.
00:49:34Vraiment.
00:49:35Les tournages étaient lourds
00:49:39parce qu'on commençait
00:49:39très tôt le matin,
00:49:41soit pour des raisons de climat,
00:49:44soit pour des raisons de transport.
00:49:46Et on finissait souvent tard.
00:49:48C'était d'ailleurs au fur et à mesure
00:49:50des tournages,
00:49:52on voyait quand même les cernes
00:49:53et le poids des ans.
00:49:56Soit des garçons,
00:49:57pas Réunion et moi,
00:49:58non, jamais.
00:50:02Grâce au Club Dorothée,
00:50:03j'ai fait le tour du monde.
00:50:03En travaillant,
00:50:05ce qui pour moi est génial,
00:50:06comme je n'aime pas trop les vacances.
00:50:07En plus, ça marchait.
00:50:08Donc on était dans le succès.
00:50:12C'est vrai que Dorothée,
00:50:13elle était dans ton salon tous les jours.
00:50:15Elle était dans ta chambre,
00:50:16si tu avais la télé dans ta chambre.
00:50:18Donc forcément,
00:50:20il y a cette proximité avec la télévision.
00:50:22Et puis, c'était une bande de potes.
00:50:24Et ce qui aussi a marqué les gens,
00:50:26je pense,
00:50:27c'est qu'on voyait à l'image
00:50:28qu'ils avaient l'air de se marrer entre eux.
00:50:30D'ailleurs, ils s'appelaient tous les copains,
00:50:32les téléspectateurs étaient les copains.
00:50:33Tout le monde était des copains.
00:50:34Et c'est vrai que ça,
00:50:36je pense que ça marque les gens
00:50:37parce qu'on a l'impression
00:50:38de faire partie d'une espèce de petite famille.
00:50:41Une petite famille
00:50:42de plus de 6 millions
00:50:43de téléspectateurs quotidiens.
00:50:47Et vous aussi chez vous, j'espère ?
00:50:48Toujours dans cette optique
00:50:50de faire participer les téléspectateurs,
00:50:52on a pensé qu'il était bon,
00:50:54qu'il y ait une sorte de signe
00:50:55de reconnaissance entre eux.
00:50:56Donc, on a créé le club Dorothée.
00:50:58Il suffisait d'envoyer une enveloppe timbrée,
00:50:59ils recevaient leur carte de membre.
00:51:01Et ils avaient des avantages multiples,
00:51:03formidables,
00:51:03qui étaient de gagner des cadeaux plus,
00:51:05d'être invités avec des avant-premières,
00:51:07de pouvoir avoir des priorités
00:51:10pour les dédicaces de Dorothée
00:51:11dans les spectacles.
00:51:13Enfin, quelque chose
00:51:14qui était très sympathique pour eux.
00:51:15Et puis surtout,
00:51:17surtout, ils avaient, je pense,
00:51:18en parlant avec eux,
00:51:19maintenant, à posteriori,
00:51:20ils avaient l'impression
00:51:21de faire partie
00:51:21d'une sorte de confrérie,
00:51:24d'amicale, s'il vous plaît.
00:51:26Mais ce n'est pas tout,
00:51:26petit truc.
00:51:27Ah, pas, pas !
00:51:27329 444,
00:51:29monsieur Cadeau, s'il vous plaît.
00:51:30On dirait un numéro de carte de membre ?
00:51:31Bah oui !
00:51:32Ah, bah alors,
00:51:32vous voyez, Patrick est membre
00:51:34du club Dorothée.
00:51:34C'est donc le tout nouveau
00:51:36et là, une grandeur nature.
00:51:39J'ai été membre du club Dorothée.
00:51:40J'avais ma carte.
00:51:41Elle était noire
00:51:42et c'était écrit en doré,
00:51:44club Dorothée.
00:51:45Voilà.
00:51:46J'étais fière de ma carte.
00:51:47Et comme Sandra,
00:51:48ils sont 600 000 enfants
00:51:49à l'époque à être membre
00:51:50du club Dorothée
00:51:51et fière de l'être.
00:51:52Et ce qui est encore drôle,
00:51:54c'est que maintenant,
00:51:55certains jeunes de 30, 40 ans
00:51:58me disent
00:51:58« J'ai encore ma carte ! »
00:51:59Non, non, ne dis pas
00:52:01que tu vas me laisser comme ça !
00:52:04Dorothée, c'était toute une planète.
00:52:05Sur les 4-14 ans,
00:52:06ça représentait quand même
00:52:0755% de part de marché.
00:52:09Elle a été la championne
00:52:10de l'interactivité
00:52:11voulue, décidée,
00:52:13créée par AB Productions.
00:52:15On ne peut pas le reprocher
00:52:16d'avoir été intelligent
00:52:16objectivement au départ.
00:52:18Parce que la force aussi de Dorothée,
00:52:19c'est d'avoir pris les jeunes
00:52:20et d'avoir gardé les adolescents
00:52:22par le biais des mangas d'abord
00:52:25puis par le biais des sitcoms.
00:52:27Et tout de suite au Club Dorothée,
00:52:29voici
00:52:29« Salut les musclés ! »
00:52:32En départ, il y avait le Club d'eau,
00:52:38qui a pris pas mal d'essor, on va dire.
00:52:43Et puis, Azoulay a créé cette première fiction
00:52:46qui était « Salut les musclés ! »
00:52:49Les musclés qui sont à la base de grands musiciens.
00:52:52De grands musiciens qui ont accompagné
00:52:53des pointures de la chanson française
00:52:55comme Johnny Hallyday ou Charles Aznavour
00:52:57et qui forment depuis le milieu des années 80
00:52:59l'orchestre de Dorothée.
00:53:00Comme on partait en tournée,
00:53:02on était tous dans le même quart,
00:53:03musiciens, danseurs et producteurs, etc.
00:53:07Et là, on les a vus en vrai, déchaînés.
00:53:09Une vraie troupe de deux foldags
00:53:11et Jean-Luc a eu l'idée d'en faire une série.
00:53:15Et donc, j'aurais écrit « Salut les musclés ! »
00:53:16Au début, on a voulu en faire trois
00:53:18et puis on en a fait 400, je crois.
00:53:20Voilà, c'est tout bête.
00:53:22C'est tout bête, mais sacrément risqué,
00:53:24car à l'époque, les musclés sont tout sauf des comédiens
00:53:27et personne en France ne produit de sitcom
00:53:29pour un jeune public.
00:53:31Merde !
00:53:31Comment osez-vous me narguer ainsi ?
00:53:34Nous avons été le premier sitcom d'Abbé Productions
00:53:37et on a essuyé vraiment les plâtres.
00:53:40Et ça, vous comprenez !
00:53:42C'était complètement mystérieux,
00:53:44en tout cas en ce qui me concerne,
00:53:46et on était censés jouer notre propre rôle.
00:53:49Bon, tout ça est très fictif, disons.
00:53:52Alors, qu'est-ce que t'as pas, mon petit ?
00:53:54Ça y est, j'ai compris,
00:53:56je suis mort et vous êtes un ange.
00:53:58Les sitcoms, personne n'avait osé en faire en France.
00:54:00Je me souviens très bien,
00:54:01le premier jour où « Salut les musclés » a débuté,
00:54:04personne n'y croyait.
00:54:05Donc, Dorothée a entraîné dans son sillage
00:54:06toute une génération de télévision
00:54:08qui a bouleversé le monde du petit écran.
00:54:11Pour mon miné chéri,
00:54:13en souvenir d'une nuit inoubliable.
00:54:16Ensuite, dans « Salut les musclés »,
00:54:18à un certain moment,
00:54:18pour faire rebondir un petit peu ces garçons,
00:54:21on a fait rentrer une petite fille.
00:54:22Cette petite fille, c'était Justine.
00:54:24Et on s'est aperçu que Justine
00:54:26avait elle-même des aventures.
00:54:27Donc, on a dit, à partir de Justine,
00:54:29on va faire premier baiser,
00:54:30qui sont les aventures de Justine.
00:54:32Justine, il fallait une sœur.
00:54:34Donc, cette sœur,
00:54:35il y avait Hélène,
00:54:35qui était une chanteuse qu'on produisait,
00:54:37qui était adorable,
00:54:38qu'on a mise comme sœur de Justine.
00:54:40Et puis, on s'est dit,
00:54:40tiens, mais Hélène peut avoir aussi des histoires.
00:54:42On a fait « Les derniers garçons »,
00:54:43et ainsi de suite.
00:54:44Donc, voilà, petit à petit,
00:54:45l'univers grandit.
00:54:46Ah, j'ai oublié,
00:54:47mais il va y avoir mon oncle le framboisier aussi.
00:54:49Tu viens me prendre un scie ?
00:54:51Ça me dit quelque chose, ça.
00:54:52Ben oui, c'est le chanteur des musclés.
00:54:54Ah oui !
00:54:55Le framboisier, le chanteur des musclés,
00:54:57c'est ton oncle ?
00:54:58Ben, oui.
00:54:59Salut les musclés,
00:55:00premiers baisers,
00:55:01et surtout Hélène et les garçons,
00:55:02font un véritable carton.
00:55:04AB Productions produit à partir de 1992,
00:55:07près d'une vingtaine de sitcoms,
00:55:08totalisant près de 3000 épisodes,
00:55:10toutes séries confondues.
00:55:11AB Productions devient la première société de production en France,
00:55:14et se retrouve même cotée à la bourse de New York en 1996.
00:55:16Je vous présente,
00:55:17Fabienne Dorothée.
00:55:19Dorothée !
00:55:21On se serait cru dans un studio à l'américaine,
00:55:23avec les décors extérieurs,
00:55:25des décors intérieurs.
00:55:26Ça tournait sur tous les plateaux,
00:55:27on se croisait dans les couloirs,
00:55:29on ne savait plus qui était qui,
00:55:30qui c'est quoi,
00:55:31c'était une belle fourmilière.
00:55:34AB Productions connaît un succès aussi fulgurant que colossal,
00:55:36une réussite qui ne plaît plus à la borde.
00:55:39C'est peut-être une des premières fois
00:55:40où un programme dédié aux enfants
00:55:41a concerné tout le public,
00:55:44les grands-mères, les mamans,
00:55:45toute la famille.
00:55:46Et c'est cette chose-là
00:55:47qui a peut-être dérangé certaines personnes dans le métier.
00:55:51C'est des scénarios qui sont vivants,
00:55:53qui ont été critiqués à cause de leur simplicité,
00:55:55de leur univers un peu coloré, rose,
00:55:57si on décortique premier baiser,
00:55:59si on décortique le miel et les abeilles,
00:56:00si on décortique Hélène et les garçons,
00:56:02que d'ailleurs après un schéma,
00:56:03c'est Barbara Cartland,
00:56:04le schéma est à peu près comparable systématiquement.
00:56:07Franchement,
00:56:08les mères n'ont pas lieu d'être affolées,
00:56:10les enfants n'ont pas lieu,
00:56:12ça ne met pas en péril leur nuit non plus,
00:56:14et ça fait un produit propre, clé en main.
00:56:16Je ne vois pas pourquoi TF1,
00:56:17au nom de quoi TF1 aurait refusé ce système,
00:56:19ils auraient été suicidaires.
00:56:20On n'a pas besoin de faire du réalisme pour plaire,
00:56:24et justement, c'est cette magie un petit peu
00:56:25d'Alice au Pays des Merveilles
00:56:26qui a fait le succès, je pense, entre autres, de la série.
00:56:30Arrête ! Arrête !
00:56:32Si certaines personnes trouvaient que ce n'était pas de la comédie,
00:56:34moi je peux...
00:56:35Je les invite à venir tourner à 13h par jour,
00:56:38ça, non-stop.
00:56:40C'est de la sacrée comédie, ouais.
00:56:45Malgré un succès énorme,
00:56:46les sitcoms d'A.B. Productions
00:56:47sont régulièrement caricaturés par les humoristes de l'époque,
00:56:50et le club Dorothée essuie de nombreuses critiques dans la presse.
00:56:55A la même époque,
00:56:56c'est l'explosion en France des dessins animés japonais,
00:56:58les fameux mangas,
00:57:00qui vont faire couler beaucoup d'encre.
00:57:02Quand on a repris l'Unité Jeunesse,
00:57:04il n'y avait pas dans les tiroirs
00:57:08de dessins animés français.
00:57:11Donc il a fallu le temps de créer
00:57:13des séries et des dessins animés,
00:57:14il fallait bien mettre quelque chose à l'antenne,
00:57:16d'où les mangas.
00:57:17On s'est fait vilipender à l'époque,
00:57:18et maintenant vous savez ce qu'ils sont devenus.
00:57:20Mais avant de devenir culte,
00:57:22les mangas du club Dorothée sont accusés
00:57:24par la presse de véhiculer des valeurs négatives
00:57:26à son jeune public.
00:57:28On pointe du doigt la violence de certains dessins animés.
00:57:30C'était un peu caduque,
00:57:31quand on avait des gens qui pouvaient nous en parler,
00:57:34nous parlaient de la violence des dessins animés,
00:57:36ça a alimenté de nombreuses années,
00:57:39alors que réellement,
00:57:40les dessins animés violents,
00:57:41il y en a eu très peu au tout début.
00:57:43Après, c'était davantage des gens
00:57:46qui avaient entendu dire que,
00:57:48plutôt que des gens qui voyaient.
00:57:50Et puis en plus,
00:57:51les dessins animés violents,
00:57:53il n'y en avait pas des masses non plus.
00:57:55Il y avait plein de mangas,
00:57:57totalement valoroses,
00:57:58que ce soit les Candies, les Georgies,
00:58:00les Juliettes, je t'aime.
00:58:02Il y avait cinq psychologues
00:58:03qui visionnaient absolument tout ce qu'on faisait,
00:58:05qui étaient des psychologues diplômés,
00:58:08qui avaient des cellules de visionnage,
00:58:11et qui visionnaient tous les dessins animés.
00:58:13Qui, le plus sérieusement du monde,
00:58:16retirait ça parce que c'était peut-être
00:58:17une allusion un tout petit peu sexuelle,
00:58:19ou retirait ça parce que c'était une peignée
00:58:22un tout petit peu trop violente,
00:58:23ou voilà.
00:58:25Je pense que maintenant,
00:58:26il n'y a pas tellement de fous dangereux
00:58:28issus des mangas du Club Dorothée.
00:58:31Au-delà des mangas et des sitcoms,
00:58:33la presse se déchaîne sur le Club Dorothée,
00:58:35qui subit une avalanche de critiques
00:58:37et de caricatures au début des années 90.
00:58:40Quand je suis passée d'Antenne 2 à TF1,
00:58:43je n'avais plus du tout les mêmes papiers,
00:58:46les mêmes critiques.
00:58:48Et dès qu'on change un petit peu en France,
00:58:50ou dès qu'on a un peu de succès,
00:58:51là on est assez souvent descendus en flèche.
00:58:53Elle est arrivée au moment de la privatisation de TF1,
00:58:56toute l'intelligentsia a flingué TF1
00:58:58les dix années qui ont suivi,
00:59:00et celle qui incarnait les dix années TF1
00:59:02et qui avait une sorte de parangon
00:59:04de la privatisation de TF1,
00:59:05c'était Dorothée.
00:59:07Il y avait des critiques qui étaient personnelles,
00:59:09certains n'aimaient pas ma voix,
00:59:11n'aimaient pas ceci, n'aimaient pas cela,
00:59:12ce qui est logique.
00:59:13Mais parfois c'était plutôt plus ce système,
00:59:16ou la chaîne,
00:59:17et je n'étais que le truc qu'on voyait devant.
00:59:21Je pense que quand elle était sur TF1
00:59:23avec le club Dorothée,
00:59:24on avait ce côté business,
00:59:25on avait ce côté marketing.
00:59:26Dorothée est devenue une marque à ce moment-là.
00:59:28Son nom est devenue une vraie marque commerciale
00:59:30qu'on mettait un peu partout.
00:59:31Et puis Dorothée était le matin,
00:59:33le soir,
00:59:34enfin on la voyait partout,
00:59:35et tout le temps.
00:59:37Sur TF1, il y avait ses spectacles,
00:59:38il y avait les disques,
00:59:39il y avait le magazine Dorothée.
00:59:40On était à l'avant-garde de ce qui se fait aujourd'hui
00:59:44quand on fait de la commercialisation
00:59:46sur les gens et sur les animateurs.
00:59:48C'était une marque.
00:59:49C'est vrai que Dorothée,
00:59:50elle en prenait plein la tronche
00:59:52de tous les côtés et partout le monde.
00:59:54Et ça devait être effectivement très douloureux.
00:59:57Très, très, très douloureux.
00:59:59Faut-il brûler Dorothée ?
01:00:01Question posée à la une de Télérama
01:00:03et qui était reprise par le CSA,
01:00:05reprise à l'Assemblée nationale,
01:00:07c'est quand même monté très haut.
01:00:08Tu avais l'impression qu'il y avait jalousie,
01:00:12des bêtises,
01:00:14c'était surtout la bêtise,
01:00:15mais on ne peut pas faire grand-chose contre ça.
01:00:17Antoine Decaune faisait des billets d'humeur
01:00:19dans l'émission Nulle part ailleurs,
01:00:21sur Canal+,
01:00:21et attaquait souvent Dorothée,
01:00:23et les musclés aussi.
01:00:24Donc ça a un peu agacé Dorothée et Jean-Luc Azulet,
01:00:26donc à l'époque,
01:00:27on avait une marionnette à l'effigie
01:00:29d'Antoine Decaune,
01:00:31dans le club Dorothée.
01:00:32C'était un peu une guéguerre
01:00:33par émission interposée.
01:00:35C'était amusant de répondre,
01:00:36attendez, on ne va pas non plus,
01:00:36on n'est pas des...
01:00:37on n'est pas des bœufs,
01:00:39on ne va pas cesser taper dessus sans rien dire.
01:00:40Antoine répondait.
01:00:42Quand Canal+, ça a exagéré,
01:00:44on a fait Antoine Decaune,
01:00:45ça a été numéro 2 chez Canal+,
01:00:46en plus au top 50.
01:00:48Donc c'est une sorte de jeu.
01:00:49Petit déjà, il était si méchant
01:00:52que dans son berceau,
01:00:54il mordait ses parents.
01:00:55Son pauvre père,
01:00:56ne sachant plus que faire,
01:00:58fut obligé de lui mettre une muselière.
01:01:01Ce qui a déclenché notre colère,
01:01:05là où on a commencé à réagir,
01:01:06c'est quand elle rencontre un gamin
01:01:07à la fin de Galaxe,
01:01:08il lui dit,
01:01:08mais toi, tu n'aimes pas les enfants.
01:01:10Je lui dis, mais qu'est-ce qu'il a dit de ça ?
01:01:10Il dit, j'ai vu sur Canal+.
01:01:12Donc là, on a réagi.
01:01:13Jean-Luc Azoulay était un peu blessé de ça,
01:01:15oui, bien sûr, bien sûr.
01:01:16C'est lui quand même
01:01:17qui a créé le club Dorothée.
01:01:18Et quand je lui ai créé,
01:01:19il faisait tout,
01:01:19c'est-à-dire qu'il écrivait,
01:01:20les personnages et tout.
01:01:21Donc il se vengeait,
01:01:22il avait une émission à l'époque
01:01:23qui était extrêmement regardée.
01:01:25Donc il a fait la marionnette
01:01:26d'Antoine Decaune,
01:01:26il a fait aussi la marionnette
01:01:27de Laurent Baffi
01:01:28parce qu'à l'époque,
01:01:29Dorothée a fait l'émission
01:01:30de Thierry Ardisson
01:01:31et Laurent Baffi était chroniqueur.
01:01:35Ça ne s'était pas très bien passé.
01:01:40Ardisson m'a invité
01:01:40à son émission double jeu
01:01:41qui était une émission quand même
01:01:42assez dure,
01:01:43entre guillemets.
01:01:45Et je n'avais pas très envie
01:01:47de la faire,
01:01:47mais quelque part,
01:01:48je voulais peut-être me prouver
01:01:48que je pouvais aussi répondre.
01:01:51Si Dorothée se prête
01:01:52assez facilement
01:01:53au jeu des questions
01:01:53très corrosives de Thierry Ardisson,
01:01:55l'intervention particulièrement
01:01:57violente de Laurent Baffi
01:01:58fait déborder le vase.
01:01:59Dans l'émission,
01:02:00Baffi a fait une sorte
01:02:01de télétrottoir
01:02:02en proposant un de mes disques
01:02:04aux gamins.
01:02:06Tiens, c'est pour vous.
01:02:08C'est gratuit ?
01:02:09Non, c'est 30 francs, madame.
01:02:10Tu vois, mon château.
01:02:11Vous pouvez me régler,
01:02:12s'il vous plaît ?
01:02:13Les gamins prenaient le disque
01:02:14et puis Baffi disait,
01:02:16avec son temps habituel,
01:02:17disait aux parents
01:02:18qu'il faut payer 7 ans.
01:02:20C'était cher en plus,
01:02:20c'était plus cher que le vrai prix.
01:02:23Madame dit,
01:02:23vous me l'avez donné.
01:02:24Ah non, non, mais ça, c'est Dorothée
01:02:25qui demande
01:02:25est-ce qu'on vende ses disques
01:02:27dans la rue, etc.
01:02:28Non, non, non, je n'ai pas le droit
01:02:29de le reprendre, madame.
01:02:30Dorothée m'interdit de reprendre
01:02:31les disques que je donne aux enfants.
01:02:33Ce n'est pas bon pour son image.
01:02:34C'est Dorothée qui a mis
01:02:35cette technique au point.
01:02:36Tiens, ma chérie,
01:02:37il ne faut pas qu'elle maman l'embre.
01:02:38Vous êtes échante avec vos enfants.
01:02:40C'était dit d'une telle façon
01:02:41que moi, je l'ai pris vraiment
01:02:41au premier degré
01:02:42et très mal.
01:02:44Tiens, mon chéri,
01:02:44c'est pour toi.
01:02:49Je n'ai pas le droit de le reprendre,
01:02:50pour moi.
01:02:50Vous pouvez me régler, s'il vous plaît ?
01:02:51Me plaignez-vous à Dorothée
01:02:52si vous n'êtes pas contente.
01:02:54Il y avait devant un seau
01:02:55à champagne.
01:02:58Les glaçons étaient fondus,
01:03:00donc c'était de l'eau.
01:03:15Je n'avais pas l'humour
01:03:16assez pointu
01:03:18pour rire de ce tournage
01:03:20qui, moi, vraiment m'a frappé.
01:03:22Et si je le revois maintenant,
01:03:23il me frappe certainement encore.
01:03:25N'empêche que ça rapporte du pognon.
01:03:27Et c'est ça le principal.
01:03:28Je l'ai pris trop au sérieux
01:03:30et je n'aime pas
01:03:31quand on se moque
01:03:31des enfants et des parents.
01:03:32Ça, ça m'a...
01:03:34Je n'ai pas cet humour-là.
01:03:36J'en ai un peu,
01:03:36mais pas celui-là.
01:03:38Ce qui est méchant,
01:03:40c'est la critique
01:03:40qui atteint l'intégrité des gens.
01:03:42Bon, dire que Dorothée
01:03:43n'aime pas les enfants,
01:03:44c'est méchant.
01:03:45Dire que Dorothée est moche,
01:03:46qu'elle chante mal,
01:03:47qu'elle chante fou.
01:03:48On s'en fiche.
01:03:50On se moque un peu des gens.
01:03:51Mais on ne doit pas atteindre
01:03:53leur intégrité morale.
01:03:54Allez, jouez sur l'autoroute,
01:03:55les enfants.
01:03:55Allez, hop.
01:03:56Dorothée n'aime pas les enfants.
01:03:58Alors, foutez-lui la paix à Dorothée.
01:03:59Il y a des connards,
01:04:01des trous du cul
01:04:02qui ont répandu le bruit
01:04:04comme quoi Dorothée
01:04:05n'aimait pas les enfants.
01:04:07Mais quelle connerie.
01:04:09Mais faut-il être con
01:04:10pour dire une chose pareille ?
01:04:12Est-ce que Dorothée
01:04:13était une nounou ?
01:04:14Non !
01:04:14C'était une animatrice de télévision.
01:04:16Est-ce qu'elle faisait bien
01:04:17son boulot de télévision
01:04:18pour distraire les enfants ?
01:04:19À mon sens, oui.
01:04:23Quand on regarde la télé d'aujourd'hui,
01:04:24quand on regarde la télé-réalité d'aujourd'hui,
01:04:26par exemple,
01:04:27avec toutes ces séquences trash
01:04:28qui sont diffusées,
01:04:29quand on regarde
01:04:30ce qu'étaient les polémiques à l'époque
01:04:31et pourquoi il y avait ces polémiques,
01:04:34on se dit que c'était un peu superficiel.
01:04:36On ne critique ceux qui ont du succès.
01:04:38Donc, à choisir
01:04:41entre ne pas avoir de succès
01:04:43et ne pas être critiqué
01:04:44ou avoir beaucoup de succès populaire
01:04:46et être critiqué,
01:04:47réponse B.
01:04:49C'est mon dernier mot.
01:04:51Je ne suis pas rancunière,
01:04:53mais j'ai une bonne mémoire.
01:04:56Voilà.
01:04:57À vous de comprendre.
01:04:57Dorothée est tout naturellement affectée,
01:05:03mais le succès de son émission
01:05:04qui ne se dément pas
01:05:05et l'accueil de son jeune public
01:05:07lui permettent de passer outre les critiques
01:05:09et de poursuivre son étonnant parcours.
01:05:12On faisait l'émission pour les gens
01:05:12qui nous regardaient,
01:05:13on ne faisait pas l'émission
01:05:14pour les journalistes
01:05:14qui ne nous regardaient pas
01:05:15et qui nous critiquaient.
01:05:16La récompense,
01:05:17on l'avait sur scène
01:05:18parce que quand on faisait le club Dorothée,
01:05:20on partait le week-end avec Dorothée,
01:05:21il y avait des milliers d'enfants
01:05:22qui étaient là
01:05:23et qui nous adoraient.
01:05:25Donc voilà,
01:05:25la réponse,
01:05:25on l'avait sur scène.
01:05:26La récompense en télé,
01:05:27tu l'as quand tu les vois,
01:05:28quand les mômes sont là
01:05:30de début jusqu'à la fin
01:05:31et avec nous,
01:05:32c'était un vrai triomphe.
01:05:42Avec le club Dorothée,
01:05:44la carrière de chanteuse
01:05:45de son animatrice vedette
01:05:46explose.
01:05:47Les critiques n'affectant rien
01:05:48les ventent.
01:05:49Dorothée enchaîne les albums
01:05:50et les tubes
01:05:51et vend durant sa carrière
01:05:52plus de 30 millions de disques.
01:05:57Et les montagnes
01:05:58du Guatemala
01:05:59comme un tremblement de paix.
01:06:04Des millions de copains
01:06:06feront triompher
01:06:08un jour la paix
01:06:11et l'amitié.
01:06:13Nicolas
01:06:14et Marjolaine
01:06:17ont appris
01:06:18à dire
01:06:20je t'aime.
01:06:21En parallèle
01:06:22de ses émissions de télé,
01:06:23Dorothée enchaîne
01:06:24les concerts
01:06:25dans des tournées marathon.
01:06:26Elle reste encore aujourd'hui
01:06:27la record woman de Bercy.
01:06:29Elle a en effet rempli
01:06:3058 fois
01:06:31le palais omnisport.
01:06:32Au rythme
01:06:32d'une dizaine
01:06:33de concerts par an
01:06:34de 90 à 96,
01:06:36Dorothée atteint
01:06:36un record jamais égalé
01:06:37par aucun artiste
01:06:38encore aujourd'hui.
01:06:39J'imaginais pas
01:06:42qu'une artiste
01:06:43qui était
01:06:44supposée s'adresser
01:06:46aux enfants
01:06:46ait une telle
01:06:48déjà structure technique
01:06:49etc.
01:06:50En fait on avait
01:06:50exactement le même matériel
01:06:52backstage,
01:06:53éclairage
01:06:54sans que Johnny
01:06:54à l'époque
01:06:55c'était exactement
01:06:55la même équipe.
01:06:58Et donc c'était
01:06:59un spectacle
01:07:00vraiment impressionnant
01:07:01avec des lasers,
01:07:02des trucs,
01:07:02enfin chaque année
01:07:03il y avait des trouvailles
01:07:04évidemment.
01:07:05Oui, oui
01:07:06c'était vraiment
01:07:07impressionnant.
01:07:09Quand on passe de la télé
01:07:18même s'il y a du public
01:07:19et que tout d'un coup
01:07:20on se retrouve sur scène
01:07:21c'est très impressionnant.
01:07:23On offre le spectacle
01:07:25mais on a plein de retours.
01:07:26Les sourires,
01:07:27les enfants qui dansent,
01:07:29les applaudissements,
01:07:30les fêtes de s'entendre chanter,
01:07:31leur participation.
01:07:33On a plein de retours.
01:07:35Est-ce que vous allez bien ?
01:07:37Oui !
01:07:39Des dates,
01:07:41il y en avait,
01:07:41des dates,
01:07:42des dates,
01:07:42des dates,
01:07:42des dates tout le temps.
01:07:43C'est-à-dire qu'il y avait
01:07:43un moment où on ne savait
01:07:44même plus où on était.
01:07:46Surtout parfois
01:07:46il y avait la tournée,
01:07:48le voyage,
01:07:48puis en même temps
01:07:49on tournait des plateaux
01:07:50et puis si on ne passait
01:07:50pas loin de la radio
01:07:51on allait faire une bonne promo
01:07:52au passage, etc.
01:07:53C'est-à-dire que vraiment
01:07:54on ne s'arrêtait jamais,
01:07:55c'était la course.
01:07:56Donc s'il y a quelque chose
01:07:57à retenir c'est ça.
01:07:59Sérieux, efficacité
01:08:00et franche rigolade aussi.
01:08:03Une nouvelle fois,
01:08:05le hasard d'une rencontre
01:08:06va ouvrir les portes
01:08:07d'une nouvelle carrière
01:08:08à Dorothée,
01:08:09cette fois-ci
01:08:10à l'étranger.
01:08:10En 92,
01:08:15pendant un Bercy,
01:08:17un chercheur de spectacle
01:08:19de talent
01:08:19qui traversait la France
01:08:21pour un grand festival
01:08:22à Shanghai
01:08:24a vu le spectacle,
01:08:26a demandé si on voulait bien
01:08:27le faire en Chine.
01:08:30On a dit oui,
01:08:32on l'a fait
01:08:32et là c'était extraordinaire.
01:08:40Dorothée et les musclés
01:08:43se sont retrouvés
01:08:44dans un palais des sports
01:08:45de 15 000 personnes
01:08:46qui étaient plats à craquer
01:08:47et il y a marqué
01:08:48Dorothée chanteuse française
01:08:49c'est tout,
01:08:49c'était que des jeunes,
01:08:50des jeunes étudiants,
01:08:51des jeunes cadres,
01:08:53des jeunes entre 20 et 30 ans
01:08:55et elle a fait un triomphe
01:08:56avec le même tour de chant
01:08:57que celui de Bercy.
01:08:59Moi j'arrivais blonde
01:08:59avec la guitare
01:09:01c'était carrément
01:09:01assez laissé pour eux.
01:09:06Ils se sont levés,
01:09:07ils ont applaudi
01:09:07ce qui ne s'est passé jamais
01:09:08paraît-il.
01:09:09Donc ça c'était
01:09:10à la grande surprise générale.
01:09:12Et des bis,
01:09:13des bis,
01:09:14des bis.
01:09:14Alors le bis,
01:09:16tout d'un coup j'entends
01:09:17« Oh ! »
01:09:18« Mais qu'est-ce que ça veut dire ?
01:09:20Il n'aime pas ? »
01:09:20« Non, ça veut dire encore ! »
01:09:22« Ah d'accord ! »
01:09:26Et ça a tellement bien marché
01:09:27que Dorothée a fait ensuite
01:09:28deux tournées en Chine
01:09:28à travers toute la Chine.
01:09:30Si sa carrière de chanteuse
01:09:31l'emmène jusqu'en Chine,
01:09:33ce sont ses talents de comédienne
01:09:34qui vont séduire le Japon.
01:09:36Aussi incroyable
01:09:36que cela puisse paraître
01:09:37alors qu'elle est à Tokyo
01:09:39pour acheter des séries japonaises
01:09:40pour le club Dorothée,
01:09:41les producteurs locaux
01:09:42lui proposent de tourner
01:09:43dans quelques séries cousines
01:09:44du célèbre Bioman.
01:09:46Ils m'ont dit
01:09:46« Ce serait marrant
01:09:46que vous participiez
01:09:47à un détournage
01:09:48en tant que comédienne
01:09:49puisque vous êtes comédienne. »
01:09:51Et voilà.
01:09:53Dorothée,
01:09:55je m'appelle Reika,
01:09:56je suis un agent
01:09:57du gouvernement
01:09:57de mon pays.
01:09:58Toi aussi, n'est-ce pas ?
01:10:00J'ai participé
01:10:02à Jiraya,
01:10:04Bioman,
01:10:04j'ai rencontré
01:10:05le vrai Bioman.
01:10:06J'ai tourné
01:10:13en japonais.
01:10:14Je ne comprenais pas un mot
01:10:15de ce que je disais
01:10:16mais ce n'était pas grave.
01:10:23Mais la carrière
01:10:27internationale
01:10:28de Dorothée
01:10:28ne s'arrête pas là.
01:10:29En 1991,
01:10:30elle est choisie
01:10:31pour être la vedette
01:10:32de la sitcom
01:10:32pour enfants
01:10:33de la chaîne anglaise
01:10:33Channel 4
01:10:34The Wild Bunch.
01:10:36La série Wild Bunch,
01:10:38c'était une copro
01:10:40entre la BBC et nous
01:10:42et on tournait
01:10:43une partie en français
01:10:45et une partie en anglais
01:10:46pour moi.
01:10:47Version française,
01:10:48version anglaise.
01:10:49Oh,
01:10:50good morning, Dorothée.
01:10:51I didn't hear you get up.
01:10:52Oh, I was just coming
01:10:53to see if you wanted
01:10:54some breakfast.
01:10:55Yeah, yes.
01:10:56Um,
01:10:57does he always make
01:10:58this noise
01:10:58when he sleeps ?
01:11:00Usually,
01:11:00it's much worse.
01:11:02What ?
01:11:03Parallèlement
01:11:04à ses émissions
01:11:05quotidiennes,
01:11:06Dorothée est à plusieurs
01:11:07reprises la vedette
01:11:08de grands shows
01:11:08diffusés en prime time
01:11:10où elle reçoit
01:11:10des invités
01:11:11de tous horizons
01:11:12qui se prêtent
01:11:13au jeu des duos
01:11:13avec l'animatrice.
01:11:15Pour ce qui concerne
01:11:15les émissions
01:11:16dans lesquelles
01:11:17elle m'invitait,
01:11:18j'étais super fier.
01:11:19J'étais super fier,
01:11:20explication,
01:11:21ma fille était en âge
01:11:23de regarder Dorothée
01:11:24et quand je disais
01:11:26à ma fille
01:11:26et quand elle répétait
01:11:29à ses copains
01:11:29et ses copines
01:11:30que je participais
01:11:31au show de Dorothée
01:11:32d'un seul coup,
01:11:35mon assise
01:11:36montait d'une marche
01:11:39ou deux.
01:11:40J'avais beau faire
01:11:40une émission,
01:11:41une grande émission
01:11:41de variété
01:11:43à la télévision,
01:11:45le fin du fin,
01:11:46le top du top,
01:11:47c'était de participer
01:11:48au show de Dorothée.
01:11:491, 2, 3, 4,
01:11:52pour faire une émission.
01:11:54On avait tous en tête,
01:11:55Dorothée, moi,
01:11:56toute l'équipe,
01:11:56les shows des Carpentiers
01:11:57qui étaient des choses
01:11:58formidables.
01:11:59On ne pouvait pas
01:11:59faire la même chose
01:12:00parce qu'il n'y avait
01:12:00qu'eux qui savaient
01:12:01les faire et puis
01:12:02il fallait trouver
01:12:03quelque chose
01:12:03de voisin,
01:12:04d'approchant
01:12:05donc un grand spectacle
01:12:06avec des invités
01:12:07qui jouaient des rôles
01:12:08mais des plus.
01:12:09Donc on a trouvé
01:12:09des plus qui étaient
01:12:10de faire venir
01:12:10les monstres sacrés
01:12:12du rock'n'roll
01:12:13que personne n'avait vu
01:12:13en France.
01:12:14Dans les émissions
01:12:15Rock'n'roll Show,
01:12:16Dorothée réalise
01:12:17le rêve de toute artiste
01:12:18chantée en duo
01:12:19avec des idoles
01:12:20telles que
01:12:20Jerry Lee Lewis,
01:12:22Cliff Richard,
01:12:23Chuck Berry,
01:12:23Percy Sledge
01:12:24ou encore Ray Charles.
01:12:26Un comble pour Dorothée
01:12:27qui ne voulait pas chanter
01:12:28au début de sa carrière.
01:12:29Je suis un peu timide.
01:12:31Là, j'ai été
01:12:31livide et plus bas que terre
01:12:34mais c'était
01:12:34des moments extraordinaires.
01:12:35Ils ont été
01:12:36d'une gentillesse
01:12:37avec moi.
01:12:38C'était des grands moments
01:12:38enfin, jamais
01:12:39j'oublierai
01:12:39ces rencontres.
01:12:54Chansons, télévisions,
01:12:55Dorothée sur tous les fronts.
01:12:56Rien ne semble pouvoir
01:12:57arrêter ce succès fulgurant.
01:12:59Mais comment Dorothée
01:13:00vit-elle
01:13:01cette effervescence médiatique ?
01:13:03C'était une période
01:13:04où ça a été
01:13:05quand même un tourbillon.
01:13:06Il n'y avait pas vraiment
01:13:07de plage
01:13:08ou se reposé.
01:13:11Lorsqu'un spectacle
01:13:13était fini,
01:13:13par exemple
01:13:13le spectacle de Bercy,
01:13:14il fallait tout de suite
01:13:15se concentrer
01:13:16sur les émissions.
01:13:17Quelquefois,
01:13:17les émissions,
01:13:18elles étaient tournées
01:13:19aussi pendant le spectacle.
01:13:22Je ne suis pas sûr
01:13:23qu'elle ait vraiment
01:13:23eu le temps
01:13:24d'apprécier tout ça
01:13:25parce que ça allait
01:13:26vraiment trop vite.
01:13:27Mais bon,
01:13:28c'était quand même
01:13:29une vie très enviable aussi.
01:13:30Je pense qu'il y en a
01:13:31des centaines de monde
01:13:32qui auraient aimé
01:13:33avoir son parcours.
01:13:34Vraiment.
01:13:34Elle aimait ça,
01:13:37vous allez me dire.
01:13:37Oui,
01:13:38mais elle allait plus loin
01:13:40qu'aimait ça.
01:13:41Elle écoutait tout,
01:13:43elle regardait tout,
01:13:44elle était là,
01:13:45elle était extrêmement présente.
01:13:47Moi, je vois quelqu'un
01:13:47que je croise toujours
01:13:48dans un couloir
01:13:49et qui est toujours,
01:13:51qui n'a jamais une minute
01:13:52pour elle.
01:13:53Donc,
01:13:54je l'ai croisée,
01:13:55donc c'est toujours
01:13:56une femme sympa,
01:13:57aimable et tout,
01:13:58mais j'imaginais bien à l'époque
01:13:59qu'elle n'avait pas
01:14:00trois minutes pour elle.
01:14:00C'était la méga star
01:14:02des studios,
01:14:03c'était le bourreau de travail,
01:14:05c'était l'exemple en fait.
01:14:06Je n'ai pas eu
01:14:07beaucoup de vie privée,
01:14:08mais ça ne m'a pas manqué,
01:14:10apparemment.
01:14:1399,9% de mon temps
01:14:14était pris par la télé,
01:14:15oui.
01:14:17Et la scène,
01:14:18et les disques,
01:14:18etc, etc, etc.
01:14:19Ouais,
01:14:20je ne regarde pas.
01:14:21Et pourtant,
01:14:22au printemps 97,
01:14:23la décision de TF1 tombe.
01:14:25Après dix ans de succès
01:14:26et d'audience record,
01:14:28le club Dorothée s'arrête.
01:14:29Dans un instant,
01:14:31vous allez découvrir
01:14:31comment Dorothée a vécu
01:14:33l'arrêt brutal de son émission.
01:14:36Elle a coupé net,
01:14:38ce que beaucoup de personnes
01:14:39ont regretté.
01:14:40Pourquoi s'est-elle mûrée
01:14:41dans un silence médiatique ?
01:14:43Ça s'est arrêté,
01:14:43ça s'est arrêté.
01:14:44J'ai pris l'ouverture
01:14:46de vivre une vie normale.
01:14:47Qu'est-elle devenue
01:14:48pendant près de 14 ans d'absence
01:14:49et pourquoi remonte-t-elle
01:14:50aujourd'hui sur scène ?
01:14:52J'ai réussi à convaincre
01:14:52Dorothée de vivre sur scène
01:14:53par miracle.
01:14:54La fin du club Dorothée,
01:15:14on était un peu livrés
01:15:14à nous-mêmes.
01:15:15On est restés 20 ans
01:15:18à se voir tous les jours,
01:15:19donc on se connaissait bien.
01:15:20Chacun a réagi différemment.
01:15:21Le plus dur,
01:15:22c'était pour elle
01:15:22parce que ça s'appelait
01:15:23le club Dorothée,
01:15:23donc elle portait l'émission
01:15:24sur ses bras,
01:15:26enfin sur elle.
01:15:28Ça l'a bouleversé,
01:15:29évidemment,
01:15:29d'arrêter comme ça.
01:15:30Parce qu'imaginez,
01:15:31quand on travaille
01:15:34aussi intensément,
01:15:35tout d'un coup,
01:15:36on vous dit d'arrêter.
01:15:40Je me suis dit
01:15:42que je réagirai après.
01:15:44Dorothée était très attaquée,
01:15:45notamment au moment
01:15:46où elle s'est arrêtée.
01:15:47Il y avait beaucoup de gens
01:15:47qui se sont acharnés
01:15:48pour dire,
01:15:48voilà, bien fait,
01:15:50elle voit bien
01:15:50que ce n'était pas éternel,
01:15:51etc.,
01:15:52etc.
01:15:53Bon,
01:15:54je pense que ça,
01:15:54effectivement,
01:15:55peut-être que ça lui fait
01:15:56poser des questions
01:15:57sur l'envie d'en continuer,
01:15:58ça, c'est certain.
01:15:59Après l'arrêt
01:16:00de son émission sur TF1,
01:16:02Dorothée décide
01:16:02de se retirer totalement
01:16:03de la vie publique.
01:16:05Elle ne sort plus aucun disque,
01:16:06ne fait plus aucune émission
01:16:07de télé
01:16:08ni ne donne plus
01:16:09aucune interview.
01:16:10Elle a coupé net
01:16:16ce que beaucoup
01:16:17de personnes ont regretté.
01:16:19C'est sa propre décision.
01:16:22Ce qui m'a plu chez elle,
01:16:24c'est qu'au moins,
01:16:25elle était en accord
01:16:26avec elle-même.
01:16:27Certains disent,
01:16:27mais après avoir vu
01:16:28les Sunlight,
01:16:29machin,
01:16:30la télévision,
01:16:31la gloire et tout et tout,
01:16:33comment peut-on vivre après ?
01:16:34Eh bien oui,
01:16:34on peut justement vivre.
01:16:35parce que moi,
01:16:35j'ai toujours vécu
01:16:36normalement.
01:16:38Quand je faisais les émissions,
01:16:39quand je faisais les scènes,
01:16:40etc.,
01:16:41j'y vais normalement.
01:16:43C'était ma vie aussi,
01:16:47donc je ne me suis pas dit
01:16:47quand ça va s'arrêter,
01:16:48qu'est-ce que je vais faire.
01:16:49Ça s'est arrêté,
01:16:49ça s'est arrêté.
01:16:50J'ai pris l'ouverture
01:16:52de vivre une vie normale.
01:16:54Faire mes courses normalement,
01:16:55le marché,
01:16:55de la cuisine,
01:16:56de la peinture,
01:16:58occupé de mon cas de pâtes,
01:16:59de tout le monde.
01:17:00J'ai vécu normalement.
01:17:02Alors on me dit,
01:17:02qu'est-ce que c'est
01:17:03qu'une vie normale ?
01:17:04C'est une vie normale.
01:17:08Dorothée partage sa vie
01:17:09entre Paris et la Normandie.
01:17:11Une nouvelle vie
01:17:12loin des caméras
01:17:13et de la scène.
01:17:14Elle se mûre
01:17:14dans un silence médiatique
01:17:15total qui va durer
01:17:16plus de dix ans.
01:17:18Elle a eu une stratégie
01:17:19étonnante, en fait,
01:17:21pour quelqu'un
01:17:21qui est très médiatisé,
01:17:22c'est-à-dire qu'elle a
01:17:22vraiment choisi l'ombre.
01:17:24Plusieurs fois,
01:17:24moi, j'ai voulu l'inviter
01:17:25dans des émissions.
01:17:25Elle ne voulait pas parler,
01:17:27elle ne voulait pas communiquer.
01:17:27Elle a dit,
01:17:28je viendrai quand j'aurai
01:17:28des choses à dire.
01:17:29J'ai essayé plusieurs fois
01:17:30de dire si on faisait un disque
01:17:34de la chanson.
01:17:35Non, papa,
01:17:35je n'ai pas envie.
01:17:36Attends, on va attendre
01:17:37trois mois, on va attendre
01:17:37quatre mois, et puis voilà.
01:17:38Et puis c'est tout.
01:17:39Elle n'avait pas envie.
01:17:40C'est tout bête.
01:17:43Je fais partie des gens
01:17:44à qui elle a manqué.
01:17:46Elle aurait pu partir
01:17:47un peu moins longtemps,
01:17:48mais je pense qu'elle en avait besoin.
01:17:50Juste de respirer un petit peu
01:17:52après tant d'années.
01:17:53J'ai essayé de faire
01:17:55un peu de peinture,
01:17:55mais comme ça arrive à tout le monde,
01:17:56on a des idées.
01:17:58On prend les crayons,
01:17:59les pinceaux, etc.
01:18:00On s'amuse.
01:18:01Et je dois dire
01:18:03que le talent
01:18:03n'est pas héréditaire.
01:18:05Parce que je descends
01:18:06de la famille de Claude Monet
01:18:07et...
01:18:08Et ben non.
01:18:11Je ne présenterai pas
01:18:14mes œuvres
01:18:15dans quelques galeries
01:18:17ce soir.
01:18:19Pendant toutes ces années
01:18:20de silence,
01:18:21quelle relation Dorothée
01:18:22entretient-elle
01:18:23avec ses anciens producteurs
01:18:24et en particulier
01:18:25Jean-Luc Azoulay ?
01:18:26Jean-Luc ne passe pas
01:18:26une semaine
01:18:27sans appeler Dorothée,
01:18:28même pendant les 14 ans
01:18:29où il y a eu une couture.
01:18:30Il s'appelait tout le temps.
01:18:31Donc c'est une vraie relation
01:18:32d'amis, une relation de boulot,
01:18:34tout est un petit peu mélangé
01:18:35et ça se passe bien.
01:18:36Et c'est une belle relation
01:18:37en fait, c'est une belle histoire.
01:18:38Jean-Luc Azoulay
01:18:39ne quitte jamais l'idée
01:18:40de faire revenir Dorothée
01:18:41sur le devant de la scène
01:18:42et il développe avec elle
01:18:43différents projets.
01:18:44Il y en a un notamment.
01:18:46C'est qu'elle avait été pressentie
01:18:47et c'était franchement
01:18:48pas idiot
01:18:49pour prendre la suite
01:18:50de l'instit
01:18:51quand Gérard Klein
01:18:52a décidé d'arrêter.
01:18:53On l'a proposé
01:18:54à France 2,
01:18:54on a même tourné
01:18:55quelques séquences pilotes
01:18:56avec Jean Sagols
01:18:57pour montrer l'exultat
01:18:58qui était tout à fait exceptionnel.
01:18:59En 2004,
01:19:00plus de 20 ans
01:19:01après ses premières
01:19:01expériences cinématographiques,
01:19:03Dorothée renoue
01:19:04avec la comédie,
01:19:05des images exclusives
01:19:06jamais diffusées
01:19:07à la télévision.
01:19:08Alors,
01:19:09vous allez imaginer
01:19:09que cette salle de classe
01:19:10devient une salle d'audience.
01:19:14Je suppose que
01:19:15je n'aurai pas d'avocat
01:19:16à moins que l'un d'entre vous
01:19:18ait envie de me défendre.
01:19:19Moi je pense qu'il faudra
01:19:20un juge quand même,
01:19:21ça pourrait être bien.
01:19:22Très bonne idée.
01:19:24Mettez-vous d'accord
01:19:24sur quelqu'un alors.
01:19:25Ah bah Mélanie
01:19:26ça serait bien là.
01:19:26Ouais c'est bien.
01:19:27Non.
01:19:27Mélanie, Mélanie, Mélanie.
01:19:31Oui, Mélanie, Mélanie.
01:19:32Mélanie, Mélanie.
01:19:35Mélanie.
01:19:35Elle a un talent,
01:19:36elle a aussi une grosse fêlure,
01:19:39elle a aussi tout ce qu'elle peut apporter
01:19:41à travers toutes ses expériences
01:19:43et son passé
01:19:45et puis cette vie
01:19:47qu'elle continue à protéger.
01:19:49alors il y avait une espèce
01:19:51en même temps
01:19:52de fraîcheur,
01:19:53de naïveté
01:19:54de retrouver ce métier
01:19:55et une vraie profondeur
01:19:57des vrais sentiments,
01:19:59quelque chose de puissant.
01:20:01Écoutez, des infirmières,
01:20:02on en a besoin en France aussi.
01:20:04Pourquoi l'Afrique ?
01:20:06Et pourquoi si loin ?
01:20:08Parce que je suis comme mon père,
01:20:09je lui ressemble.
01:20:11Même toi tu le dis alors.
01:20:12Oui.
01:20:14Pour finir comme lui.
01:20:15Arrête maman.
01:20:16Ça ne s'est pas fait,
01:20:21malheureusement je trouve,
01:20:23parce que j'étais moi-même
01:20:24au départ peut-être un peu sceptique,
01:20:27mais j'avoue qu'après les essais
01:20:28j'étais emballé totalement.
01:20:30Moi je considère
01:20:31que c'est une erreur majeure
01:20:32de la part du service public
01:20:33et moi pour l'avoir vu jouer
01:20:34effectivement dans le film de Truffaut
01:20:35et dans le film d'Henrico,
01:20:36je savais,
01:20:37et pour l'avoir vu comme spikrine,
01:20:38je savais qu'elle avait de la ressource,
01:20:40qu'elle avait des vrais talents de comédienne,
01:20:41d'ailleurs elle le prouvait
01:20:42dans le club Dorothée.
01:20:43La responsable de la fiction
01:20:44de France 2
01:20:45a fait une fixette
01:20:46et a dit c'est Dorothée ou moi.
01:20:48Tu ne te rends pas compte Jean-Luc ?
01:20:49Mais qu'est-ce que vous pensez
01:20:50de vos téléspectateurs
01:20:50au service public ?
01:20:51C'est une chanteuse,
01:20:52c'est TF1,
01:20:54c'est le club Dorothée.
01:20:56Bêtise.
01:20:58Jean-Luc Azoulay
01:20:58n'a pas dit son dernier mot.
01:21:00En 2002 et 2005,
01:21:01il tente de lancer
01:21:02deux chaînes autour du nom
01:21:03de Dorothée.
01:21:04Do TV
01:21:05puis Club Récré.
01:21:07Ces deux projets
01:21:07sont successivement rejetés
01:21:08par le CSA.
01:21:10En 2007,
01:21:11le nouveau projet de chaîne
01:21:12de Jean-Luc Azoulay,
01:21:13IDF1,
01:21:14est retenu pour émettre
01:21:14sur la TNT
01:21:15en Ile-de-France.
01:21:17Un an plus tard,
01:21:18en mars 2008,
01:21:19soit 11 ans après la fin
01:21:20de son émission sur TF1,
01:21:21Dorothée fait son grand retour
01:21:23comme animatrice
01:21:23sur un plateau télé.
01:21:25Pour célébrer l'événement,
01:21:27on retrouve sur le plateau
01:21:28d'IDF1
01:21:28un gâteau identique
01:21:29à celui présent
01:21:30sur le plateau
01:21:31de la dernière
01:21:31du club Dorothée.
01:21:32Bonjour à tous,
01:21:33bienvenue.
01:21:34Vous avez vu ?
01:21:35On vous l'avait promis,
01:21:36nous tenons toujours
01:21:37nos promesses.
01:21:38Nous sommes de retour.
01:21:40Alors,
01:21:40bonjour à vous tous,
01:21:41bienvenue sur cette nouvelle chaîne
01:21:42IDF1.
01:21:43et nos copains sont là
01:21:44rien que pour vous,
01:21:45vos copains,
01:21:45nos copains.
01:21:46Le premier direct
01:21:47à IDF1,
01:21:47alors ça c'était
01:21:48exactement tout
01:21:48ce que j'adore,
01:21:49c'est-à-dire que rien n'allait,
01:21:50tout était de travers,
01:21:51mais il y avait une...
01:21:51c'est pas la peine
01:21:52de se taper à tête contre l'humain,
01:21:54il fallait le faire.
01:21:54Jean-Pierre,
01:21:54c'est magique.
01:21:55Jean-Pierre,
01:21:55il faut que tu baisses ta tête,
01:21:56voilà,
01:21:57baisse encore la tête,
01:21:58voilà,
01:21:58on va y arriver,
01:21:59baisse-toi.
01:22:00Voilà,
01:22:00tu vois le retour que j'ai,
01:22:01voilà,
01:22:01t'es très beau comme ça,
01:22:02c'est pas après.
01:22:03C'est beau la technique,
01:22:05j'ai revoir.
01:22:06C'est passé comme ça,
01:22:06c'est passé,
01:22:07mais c'était un lancement,
01:22:08allez,
01:22:09on y va.
01:22:10C'était assez haut en couleur,
01:22:13c'est certain.
01:22:14IDF1,
01:22:15c'est la chaîne de l'esprit
01:22:16du club Dorothée,
01:22:17des années AB,
01:22:17de tout ça,
01:22:18mais en 2010,
01:22:19c'est-à-dire que l'IDF1,
01:22:20c'est un peu ce que serait devenu
01:22:21le club Dorothée
01:22:23s'il ne s'était pas arrêté.
01:22:24Ça va Dorothée,
01:22:25ça va Dorothée,
01:22:26ne t'inquiète pas,
01:22:26Patrick est mort là,
01:22:27tu t'en prises,
01:22:28on va prendre les choses en main.
01:22:29Et tu n'as plus rien à craindre.
01:22:31Ariane,
01:22:31Ariane,
01:22:32viens nous rejoindre.
01:22:34La complicité qu'on a eue
01:22:35pendant ces dix ans,
01:22:36et même plus d'ailleurs,
01:22:39elle n'a jamais perdue.
01:22:40Donc on l'a retrouvée,
01:22:41le moindre regard,
01:22:42le petit lien d'œil,
01:22:44on les a retrouvés,
01:22:44tout ça.
01:22:45Accompagnée de ses anciens complices,
01:22:47Ariane,
01:22:48Jackie et Patrick,
01:22:49mais aussi de nouveaux animateurs,
01:22:51Dorothée anime différentes émissions
01:22:52sur cette nouvelle chaîne
01:22:53dont elle est la figure emblématique.
01:22:56Mais son grand retour,
01:22:57c'est sur scène que Dorothée va l'effectuer.
01:23:05Avril 2010,
01:23:06Dorothée fait son retour sur scène
01:23:08à l'Olympia,
01:23:09la scène où elle a fait ses débuts
01:23:10de chanteuse il y a 30 ans.
01:23:13Quatre jours à guichets fermés
01:23:14ou un public de nostalgique
01:23:15retrouvent avec bonheur
01:23:17l'idole de leur enfance
01:23:18qui n'était pas remontée sur scène
01:23:20depuis 1996.
01:23:21C'est un sevrage terrible, immédiat.
01:23:24Tant d'années de succès
01:23:25arrêtées nettes.
01:23:28Bon, c'était sa décision
01:23:29et c'est bien qu'elle ait pris
01:23:31la décision de revenir
01:23:32et elle revient avec succès.
01:23:34J'étais scotchi, quoi.
01:23:35J'ai retrouvé Dorothée
01:23:36tout de suite.
01:23:37C'était génial, quoi.
01:23:38Dès qu'elle a chanté,
01:23:39c'était elle, quoi.
01:23:40J'ai vu des gens
01:23:41de toujours entre 30 et 40 ans
01:23:44qui connaissaient par cœur
01:23:45encore les chansons
01:23:46d'il y a 20 ans.
01:23:48Quand ils voient Dorothée,
01:23:50c'est « Ah ! »
01:23:51Vous voyez un grand dadé,
01:23:5235 ans.
01:23:54Tout d'un coup,
01:23:54ils se retrouvent en short.
01:23:56C'était surréaliste
01:23:58comme ambiance.
01:23:59C'était vraiment
01:23:59une espèce de bain de jouvence
01:24:00complètement délirant
01:24:01et ça a fonctionné.
01:24:03Ça a fonctionné vraiment.
01:24:04Elle a mis le feu,
01:24:05quand même,
01:24:05l'air de rien.
01:24:09Je ne suis pas atterrie
01:24:10de mon petit nuage.
01:24:12C'était trop intense,
01:24:15trop fort
01:24:15et merveilleux,
01:24:17bien évidemment.
01:24:18Je suis toujours encore.
01:24:19Je ne sais pas.
01:24:20Je n'ai pas atterrie.
01:24:22Mais qu'est-ce qui motive
01:24:24Dorothée aujourd'hui
01:24:25à faire ce retour
01:24:25après 14 ans
01:24:26d'absence médiatique ?
01:24:28Pourquoi a-t-elle accepté
01:24:29de revenir sur scène
01:24:30après des années de silence ?
01:24:32D'un côté,
01:24:33j'ai subi la pression
01:24:34des fans
01:24:34et qui a été longue
01:24:36et forte.
01:24:37Puis celle du producteur
01:24:38qui a été le point final.
01:24:40Et en fin de compte,
01:24:41c'est un faux prétexte
01:24:42parce que certainement,
01:24:43quelque part dans ma tête,
01:24:43j'avais envie
01:24:44de remonter sur scène.
01:24:46J'ai réussi à convaincre
01:24:47que Dorothée
01:24:47revienne sur scène
01:24:48par miracle.
01:24:49Non, j'ai réussi
01:24:50parce que je sentais
01:24:51qu'elle en avait envie.
01:24:51Vous savez,
01:24:52on se connaît bien
01:24:52avec Dorothée.
01:24:53On sentait qu'elle en avait envie.
01:24:54Il a fallu que j'insiste
01:24:55que je passe ces barrières
01:24:57parce qu'elle avait peur
01:24:57en même temps.
01:24:58Elle me disait
01:24:59« J'ai trop attendu.
01:25:00Tu sais, au bout de 14 ans,
01:25:01qu'est-ce que ça va donner ? »
01:25:02Je croyais que je ne savais plus chanter
01:25:04et que je ne saurais plus chanter.
01:25:05Quand je chantais
01:25:06dans ma salle de bain,
01:25:07etc.,
01:25:07je me disais
01:25:08« Oh là là,
01:25:08mais je chante comme une casserole,
01:25:09les gens de faux. »
01:25:10Des craintes ?
01:25:11Très sincèrement,
01:25:13j'aurais dû en avoir.
01:25:15Je n'en avais pas.
01:25:16J'étais persuadé
01:25:17que ça allait fonctionner.
01:25:20Paris, Olympia,
01:25:2217 avril 2010.
01:25:24Ils sont venus
01:25:24de toute la France
01:25:25pour voir l'idole
01:25:26de leur jeunesse.
01:25:27Dorothée garde
01:25:28un groupe de fans invétérés
01:25:29qui ne l'a jamais oublié.
01:25:31Moi, j'ai 30 ans
01:25:32et Dorothée,
01:25:33c'est toute ma vie.
01:25:34On reste toujours enfant
01:25:35avec Dorothée, je crois.
01:25:36Et moi,
01:25:36je reste toujours enfant
01:25:37même à 37 ans.
01:25:37J'ai fait « Merci 93,
01:25:3994,
01:25:4095,
01:25:41c'est Hélène
01:25:41et j'ai fait « Zinit 96 ».
01:25:42Et j'ai tous ces albums,
01:25:44ces trucs que je suis à fond avec.
01:25:46Et on a tous 7 ans et demi.
01:25:47Merci, Dorothée.
01:25:48Je pensais que je ne l'aimerais jamais
01:25:49et donc c'est vraiment
01:25:51un grand plaisir
01:25:51de la voir ce soir.
01:25:53Voilà, et toi ?
01:25:54Pareil,
01:25:55c'est juste de voir le nom
01:25:57et ça, c'est assez hallucinant.
01:25:58On va se prendre en photo devant.
01:26:008 000 personnes
01:26:01se pressent à l'Olympia
01:26:02pour retrouver
01:26:03l'icône de toute une génération.
01:26:05Immersion dans les coulisses
01:26:06du retour tant attendue
01:26:07de Dorothée.
01:26:085 minutes, Dorothée.
01:26:10Elle avait peur
01:26:10parce que contrairement
01:26:12à ce qu'on croit,
01:26:14c'est qu'elle a le trac.
01:26:16Et je sais qu'il fallait
01:26:17qu'elle se concentre beaucoup
01:26:18avant de rentrer sur scène.
01:26:20Moi, je le montre.
01:26:21Je ne suis pas du tout égoïste
01:26:22dans ces cas-là.
01:26:23Je partage,
01:26:24j'offre
01:26:24une grande partie de mon trac.
01:26:27Et comment je suis avant ?
01:26:28Ben, insupportable.
01:26:34C'était un petit peu
01:26:34l'inconnu quand même.
01:26:37Parce qu'on ne savait pas trop
01:26:39à quoi on allait s'attendre.
01:26:42On savait
01:26:43que de toute façon,
01:26:44les gens seraient là.
01:26:46Quel accueil
01:26:46ils le réserveraient ?
01:26:47Ça, par contre,
01:26:48on l'ignorait un petit peu.
01:26:50Mais dès les premières phrases,
01:26:52ça y est,
01:26:53on a compris
01:26:53que c'était gagné.
01:27:01Je me suis fait ce rêve
01:27:03bien souvent
01:27:05de vous retrouver tous
01:27:10tout comme avant
01:27:12d'arriver comme ça
01:27:15sur scène
01:27:16un beau soir
01:27:18et vous sentir caché
01:27:22là
01:27:22dans le noir.
01:27:24Enfin, on se retrouve
01:27:29à l'Olympia.
01:27:31Je ne m'attendais à rien
01:27:32pour ne pas être déçue
01:27:32et pour être surprise.
01:27:34Ça, j'étais gâtée.
01:27:36À la surprise,
01:27:37je ne pensais pas
01:27:37un quart de seconde
01:27:38que tout le monde serait debout
01:27:41pendant tout le spectacle.
01:27:42Mais c'était surprenant.
01:27:44Je ne pensais vraiment pas.
01:27:46C'était les mêmes
01:27:46que j'avais vus
01:27:47quand ils avaient 4, 5, 6 ans.
01:27:48L'ambiance était la même
01:27:49mais la plus grande.
01:27:51C'était fort.
01:27:55C'était gigantesque
01:27:56et pourtant,
01:27:57ce n'était pas gagné
01:27:58parce que
01:27:58quand il y a un retour
01:28:00comme ça,
01:28:00on peut osciller
01:28:01entre une grosse réussite
01:28:03ou un énorme ridicule.
01:28:05C'est le risque.
01:28:06Et là,
01:28:07ça a fonctionné.
01:28:13Sur scène,
01:28:13elle tenait vraiment
01:28:14son spectacle
01:28:15beaucoup plus
01:28:16que je ne le pensais.
01:28:18En tout cas,
01:28:19ce que j'ai vu
01:28:19à l'Olympia,
01:28:21c'était représentatif
01:28:22d'un vrai phénomène.
01:28:23Donc là,
01:28:24pour le coup,
01:28:24je me suis dit
01:28:25à suivre.
01:28:27Je peux vous dire
01:28:28peut-être
01:28:28très bien.
01:28:37Je vous aime.
01:28:41Je ne sais pas
01:28:42pourquoi j'ai marqué
01:28:43toutes ces générations.
01:28:45Tout ce qui touche
01:28:45à l'enfance
01:28:45est très important.
01:28:46Je crois qu'ils ont senti,
01:28:48eux, petits,
01:28:49que j'étais sincère.
01:28:50Je crois que c'est
01:28:51la grande sœur
01:28:51qui est toujours là.
01:28:52Je fais partie
01:28:53de la famille,
01:28:53en fin de compte.
01:28:55C'est pour ça
01:28:56que je reste
01:28:56dans les mémoires.
01:28:57Après son triomphe
01:28:58à l'Olympia,
01:28:59Dorothée retrouve
01:29:00la scène de Bercy
01:29:01fin 2010.
01:29:02Des retrouvailles
01:29:02plus que symboliques
01:29:03avec cette salle
01:29:04dont elle détient
01:29:05encore le record
01:29:06aujourd'hui.
01:29:07Comédie,
01:29:07télévision,
01:29:08chansons,
01:29:08tout a réussi
01:29:09à Dorothée
01:29:10pendant plus de 20 ans.
01:29:11Que nous réserve
01:29:12Dorothée pour l'avenir ?
01:29:13Quel sera son nouveau pari ?
01:29:15Merci d'avoir regardé cette vidéo !
01:29:16Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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