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Histoire : Documentaire sur les attentats du 11 Septembre 2001

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00:00:00Mardi 11 septembre 2001, New York.
00:00:04Un magnifique ciel bleu sans nuages vient caresser le sommet des buildings.
00:00:07C'est une belle matinée de fin d'été qui commence à Manhattan, un matin comme les autres.
00:00:12Mais vers 8h50, les chaînes d'information en continu interrompent leur programme.
00:00:20La tour nord du World Trade Center est en feu.
00:00:23Et les premières images sont floues. Personne ne sait vraiment ce qui s'est passé.
00:00:26Dans les rédactions, on parle d'une explosion, d'un accident, d'un petit avion de tourisme qui aurait percuté la tour.
00:00:38Mais si la sidération règne face à ces images étranges, c'est bientôt l'inquiétude qui va s'imposer.
00:00:44Alors que les pompiers sont déjà en route, que les caméras filment sans interruption,
00:00:47et que les journalistes tentent d'analyser ce qu'ils voient,
00:00:50personne ne sait encore qu'il ne s'agit pas d'un accident.
00:00:52À cet instant, les Américains ignorent encore que pour la première fois,
00:00:56ils sont attaqués sur leur propre sol.
00:01:04Ils ignorent qu'il s'agit d'une attaque coordonnée, minutieusement orchestrée.
00:01:08On ne le sait pas encore, mais il ne s'agit que du premier acte d'une longue journée d'attaque
00:01:12visant les cibles symboliques du pouvoir américain.
00:01:15Le monde est sur le point de basculer, et rien ne sera plus jamais comme avant.
00:01:19Bon, les attentats du 11 septembre ne surgissent pas de nulle part.
00:01:45Rien de ce qui s'est produit ce matin-là n'est le fruit du hasard.
00:01:48Et pour vraiment comprendre ce qui s'est passé ce jour-là, il faut remonter des décennies en arrière.
00:01:53Et c'est ici, dans les montagnes d'Afghanistan, en pleine guerre froide,
00:01:56que s'est allumée la première étincelle d'un long processus
00:01:59qui mènera à la pire attaque de l'histoire américaine.
00:02:01Le 24 décembre 1979, les troupes soviétiques entrent sur le territoire afghan,
00:02:06et c'est là que tout commence.
00:02:07À l'époque, personne ne comprend qu'il s'agit d'un tournant historique,
00:02:10et que cet événement crucial va avoir un effet sur la fin du XXe siècle et le début du XXIe.
00:02:14En franchissant la frontière afghane, les troupes soviétiques ont un objectif.
00:02:18Soutenir un régime communiste qui vacille.
00:02:21Parce que quelques semaines plus tôt,
00:02:22Afisullah Amin a pris la tête du régime communiste afghan grâce à un coup d'état où il renverse
00:02:27et fait exécuter Nur Mohamed Taraki, qui est un allié des soviétiques.
00:02:32Officiellement, Moscou justifie son intervention militaire comme une aide fraternelle à un gouvernement allié.
00:02:37Mais dans les faits, il s'agit d'une vraie opération de contrôle.
00:02:39Les soviétiques évidemment se méfient d'Amin et le soupçonnent de vouloir établir des liens avec les Etats-Unis.
00:02:45L'URSS décide donc d'agir préventivement et déclenche ce qu'on appelle l'opération Storm 333.
00:02:51Les forces spéciales soviétiques, qui sont menées par le KGB,
00:02:54assassinent donc Afisullah Amin et installent au pouvoir un autre homme,
00:02:59Babrak Karmal, qui est un cadre pro-soviétique de confiance.
00:03:03Et là, le Kremlin pense avoir rétabli l'ordre en quelques mois.
00:03:06Mais rien ne va se passer comme prévu.
00:03:07Parce que sur le terrain, l'arrivée des troupes soviétiques déclenche une révolte immédiate.
00:03:11L'Afghanistan, il ne faut pas oublier que c'est un pays qui est profondément religieux et profondément nationaliste.
00:03:17Donc la population va rejeter la présence d'une puissance étrangère, évidemment.
00:03:21Et très vite, une guérilla s'organise dans les montagnes afghanes contre les forces d'occupation.
00:03:25Une guérilla qui se compose de combattants venus de toutes les provinces,
00:03:28issus de tribus souvent rivales, mais qui sont unis par une même idée,
00:03:32qui est que les soviétiques sont des athées qui veulent s'emparer des terres et des richesses musulmanes.
00:03:37Et ces guerriers, on les appelle les moudjahidines, littéralement ceux qui mènent le djihad.
00:03:41Et pour eux, le djihad, c'est un devoir religieux de résistance armée face à un envahisseur non musulman.
00:03:46C'est un combat qui est autant spirituel que militaire.
00:03:49Et donc, chaque combat devient un acte de foi.
00:03:52Et chaque soldat perdu devient un martyr.
00:03:55Avec eux, c'est une guerre d'usure qui commence.
00:03:57Et pendant ce temps, à Washington, on observe cette invasion avec méfiance.
00:04:01Ce qui est normal.
00:04:01Pour le pouvoir américain, c'est pas qu'un simple conflit régional.
00:04:04C'est une expansion soviétique de plus, qui suit celle de l'Angola en 75, de l'Ethiopie en 77, ou du Nicaragua en 79.
00:04:13Et cette fois-ci, on est en Afghanistan.
00:04:16Et l'Afghanistan, c'est un pays voisin du Golfe Persique,
00:04:19et qui est proche des principales zones de production pétrolière mondiale.
00:04:23Donc aux Etats-Unis, on craint que les soviétiques projettent leur influence vers le sud,
00:04:26et déstabilisent une région vitale aux intérêts occidentaux.
00:04:29Laisser l'URSS s'installer durablement en Afghanistan serait donc une erreur stratégique.
00:04:35Et c'est pour ça que le président américain, qui est Jimmy Carter à l'époque,
00:04:39va décider de faire intervenir les Etats-Unis dans ce conflit pour affaiblir le rival soviétique.
00:04:44Le but, c'est pas de s'impliquer directement,
00:04:46mais plutôt d'apporter un soutien, à la fois militaire et financier,
00:04:50à ceux qui luttent déjà sur place contre l'armée rouge.
00:04:52Dès juillet 1979, Carter signe une directive qui autorise la CIA à soutenir secrètement la résistance Moudjahidine.
00:05:00A partir de 1981, c'est même un véritable programme massif d'aide qui se met en place,
00:05:05et qu'on appelle l'opération Cyclone.
00:05:07Et pour aider les Moudjahidines, la CIA va passer par l'ISI.
00:05:11L'ISI, c'est les services secrets pakistanais.
00:05:13Et le Pakistan, c'est un allié des Etats-Unis, et c'est un pays qui est proche de l'Afghanistan.
00:05:18L'ISI va donc s'occuper de répartir les millions de dollars injectés par les Etats-Unis.
00:05:23Ils vont aussi superviser la logistique,
00:05:25et ils ouvrent même des camps d'entraînement militaire pour former les Moudjahidines.
00:05:28Les Américains vont même aller jusqu'à fournir des armes en envoyant des AK-47,
00:05:32des mortiers, des lances-roquettes, et même des missiles solaires Stinger
00:05:36pour abattre les avions et les hélicoptères soviétiques.
00:05:39Alors, il faut bien noter que ces aides américaines, elles ne sont pas destinées à une seule armée.
00:05:42Elles sont en fait distribuées à plusieurs groupes afghans différents,
00:05:45qui ont parfois des idéologies opposées.
00:05:47Et ça, c'est important.
00:05:49Parce que pendant cette guerre, la résistance afghane s'organise autour de 7 factions différentes
00:05:53représentées auprès de l'ISI.
00:05:54Et on les appelle les 7 de Peshawar.
00:05:57Peshawar qui est une ville pakistanaise qui est proche de la frontière afghane
00:06:00où s'organise la guerre.
00:06:01Et c'est là que se côtoient les marchands d'armes, les membres de l'ISI,
00:06:04les agents de la CIA, et donc les chefs des factions afghanes.
00:06:07Et parmi ces chefs, on trouve par exemple le commandant Ahmad Shah Massoud,
00:06:12qui est surnommé le Lion du Panjshir.
00:06:14Et lui, il faut bien que tu le retiennes parce qu'on va en parler plusieurs fois.
00:06:16Massoud, il est à la tête d'une armée de 9000 résistants dans le nord de l'Afghanistan,
00:06:20qui est appelée l'armée islamique.
00:06:22Il fait partie de ceux qui reçoivent l'aide financière de la CIA
00:06:24pour mener la guerre d'usure contre l'URSS.
00:06:27Et là, on parle d'environ 250 000 dollars par mois.
00:06:30Mais c'est pas celui qui en reçoit le plus.
00:06:31Celui qui en reçoit le plus, il s'appelle Goulboudin Ekmatiar,
00:06:35qu'on appelle aussi le prince noir.
00:06:37Lui, c'est un membre fondateur du Hezb-e-Islami,
00:06:40et il représente la partie la plus radicale de la résistance afghane.
00:06:44C'est un fondamentaliste religieux qui est influencé par les frères musulmans,
00:06:49qui est soutenu par le pouvoir saoudien,
00:06:50et qui est très hostile au commandant Massoud,
00:06:53qui lui est un religieux beaucoup plus modéré.
00:06:54C'est lui qui recevra le plus d'aide, on parle d'environ 600 millions de dollars.
00:07:00Et ça, ça vient des Etats-Unis, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite.
00:07:03Mais Ekmatiar, c'est surtout l'un des grands artisans de l'appel au djihad en Afghanistan.
00:07:08Et très vite, ce phénomène sort des frontières afghanes
00:07:11pour se répandre dans tout le monde musulman.
00:07:13On recrute des milliers de croyants en Egypte, en Algérie, en Indonésie et même au Yémen,
00:07:19pour venir combattre les troupes soviétiques au nom de l'islam.
00:07:22Et c'est dans ce contexte précisément,
00:07:24qu'un jeune millionnaire saoudien vient s'installer à Peshawar dès le début de la guerre, en 1980.
00:07:30Et grâce à sa fortune, il fonde le Maktab al-Khadamat,
00:07:34qui est une organisation qui s'occupe de collecter des fonds
00:07:37et de recruter et entraîner des djihadistes.
00:07:39Et ce jeune millionnaire, ça n'est autre qu'Oussama Ben Laden,
00:07:43et c'est de cette organisation que naîtra plus tard Al-Qaïda.
00:07:46Alors Oussama Ben Laden, il est né en 1957 à Riyad, en Arabie Saoudite.
00:07:56C'est le 17ème enfant d'une fratrie de plus de 50,
00:07:59et son père, Mohamed Ben Laden, était un mania du bâtiment,
00:08:03proche de la famille royale saoudienne,
00:08:05qui s'est bâtie une fortune colossale grâce à ses contrats de construction.
00:08:08Le jeune Oussama, il grandit donc dans le luxe,
00:08:11entre éducation religieuse stricte et accès privilégié aux élites saoudiennes.
00:08:15Mais ce qui va définir surtout le jeune Oussama,
00:08:17c'est sa foi rigide et son obsession pour le djihad et la guerre révolutionnaire islamique,
00:08:23qui est nourrie par les écrits des frères musulmans ou les figures salafistes.
00:08:26Pour lui, l'islam est en danger face aux puissances hégémoniques,
00:08:29que ce soit l'URSS ou les Etats-Unis.
00:08:31Il voulait donc agir concrètement pour défendre le monde musulman.
00:08:35Et quand l'URSS envahit l'Afghanistan en 1979,
00:08:39Ben Laden voit dans ce conflit l'occasion de mettre son ambition en pratique.
00:08:42Comme on l'a dit tout à l'heure, il se rend donc à Peshawar,
00:08:45pas avec des armes, mais avec sa fortune et du matériel de construction issu de sa famille.
00:08:50Au départ, il ne s'imagine pas du tout comme un chef de guerre,
00:08:52mais plutôt comme un logisticien du djihad.
00:08:55Avec son argent, il finance le recrutement des combattants,
00:08:58la construction de routes, de tunnels ou de camps d'entraînement.
00:09:01Et avec le Maktab al-Khadamat,
00:09:03Ben Laden devient un point d'entrée pour des centaines de combattants musulmans venus du monde entier.
00:09:07Et pour eux, il devient progressivement un leader charismatique
00:09:10qui est respecté pour sa piété et son humilité.
00:09:13Alors au départ, son combat, il reste ciblé contre les soviétiques.
00:09:16Ce qui est logique.
00:09:17Et Ben Laden, il voit pas le conflit en Afghanistan comme une finalité,
00:09:19mais plutôt comme le premier acte d'un djihadisme mondial
00:09:23contre toutes les puissances étrangères qui oppriment les musulmans.
00:09:26Et si pour le moment, il s'agit que de l'URSS,
00:09:28il faudra bientôt se tourner vers l'Occident et surtout vers les Etats-Unis.
00:09:32Pour lui, le djihadisme n'a pas vocation à ne rester que défensif.
00:09:35Et après la guerre, il faudra qu'il soit offensif.
00:09:37Et c'est dans cet esprit-là qu'en 1988, il fonde Al-Qaïda.
00:09:42Littéralement, ça veut dire la base.
00:09:44Quelques mois plus tard, en février 1989,
00:09:56l'armée rouge quitte l'Afghanistan sans victoire après dix ans de guerre.
00:10:00Incapable de vaincre la guérilla mujahidine et épuisée par les pertes,
00:10:04l'URSS se retire et laisse derrière elle un pays en ruine.
00:10:07Pour la résistance islamiste, c'est une victoire symbolique.
00:10:10Une superpuissance a été battue par la foi et les armes.
00:10:13Mais la fin de la guerre d'Afghanistan coïncide surtout avec la fin d'un monde.
00:10:17En cette même année 1989, le mur de Berlin tombe.
00:10:20Deux ans plus tard, l'URSS implose.
00:10:23Les Etats-Unis deviennent alors l'unique superpuissance mondiale.
00:10:26Et pour eux, c'est une victoire de leur monde et un triomphe de leur modèle.
00:10:30Et ils ne voient pas que l'équilibre est pourtant en train de changer
00:10:33et que le pouvoir de la religion est devenu hyperpuissant au Moyen-Orient.
00:10:37L'Afghanistan, ce n'est pas la fin d'un monde.
00:10:39C'est le début de quelque chose de beaucoup plus grand, plus radical et plus dangereux.
00:10:42Le salafisme djihadiste.
00:10:44En soutenant cette guerre sainte contre l'envahisseur soviétique,
00:10:47les Américains ne se doutaient pas qu'ils contribuaient à faire naître un monstre.
00:10:50Un réseau mondial invisible qui allait bientôt se retourner contre eux.
00:10:54D'ailleurs, avant de passer à la suite, si la vidéo te plaît,
00:10:57n'hésite pas à mettre ton petit like et à t'abonner à la chaîne.
00:10:59Ça nous soutient de fou, surtout pour des grosses vidéos comme celle-là.
00:11:02Après la fin de la guerre en Afghanistan, Ben Laden rentre en Arabie Saoudite en véritable héros du djihad.
00:11:13Il est vu là-bas comme un guerrier pieux et courageux qui a participé à défaire la superpuissance soviétique.
00:11:18Et avec cette nouvelle réputation, Ben Laden n'hésite pas à prêcher activement contre la présence occidentale au Moyen-Orient
00:11:24en dénonçant la corruption morale et religieuse, notamment américaine.
00:11:29Et si à la base, son discours n'est suivi que de manière marginale,
00:11:33une rupture a lieu au cours de l'année 1990.
00:11:36Parce qu'en août de cette année-là, l'Irak de Saddam Hussein envahit le Koweït.
00:11:41L'opération irakienne est fulgurante.
00:11:43Si bien qu'en seulement deux jours, le petit état koweïtien est entièrement occupé.
00:11:48Se sentant menacé, évidemment, le voisin saoudien va alors faire appel à l'aide occidentale et à son allié américain.
00:11:54Menée par les Etats-Unis, une coalition internationale intervient militairement contre l'Irak
00:11:59dans la célèbre opération « Tempête du désert ».
00:12:03Des centaines de milliers de soldats, majoritairement occidentaux, sont alors déployés dans la péninsule arabique.
00:12:08C'est le début de la première guerre du Golfe.
00:12:11Mais pour Ben Laden, c'est une insulte.
00:12:13Il voit l'arrivée des troupes américaines comme une invasion des terres sacrées de l'islam.
00:12:17Pour lui, les soviétiques en Afghanistan ou les Etats-Unis en Irak, c'est la même menace.
00:12:21C'est le même impérialisme occidental.
00:12:23Et si l'un a déjà été vaincu, l'autre doit aussi l'être à son tour.
00:12:27Après avoir critiqué sans relâche le régime saoudien pour avoir hébergé les troupes américaines sur son territoire,
00:12:33Ben Laden finit par être banni d'Arabie saoudite en 1991.
00:12:37Il va alors trouver refuge au Soudan.
00:12:40Et c'est là-bas qu'il structure Al-Qaïda, qui s'oriente désormais vers une lutte contre les intérêts américains.
00:12:45Et Ben Laden passe rapidement à l'action.
00:12:47Dès le 29 décembre 1992, deux bombes explosent dans deux hôtels fréquentés par des soldats américains dans la ville d'Aden, au Yémen.
00:12:56Un touriste autrichien et un employé yéménite sont tués, mais aucun soldat américain n'est touché.
00:13:02Donc même si c'est un échec opérationnel, il s'agit quand même du tout premier attentat mené par Al-Qaïda contre les Etats-Unis.
00:13:08Ben Laden le revendique comme un message d'avertissement.
00:13:11Pour la première fois, il frappe en dehors d'une zone de guerre et directement contre les intérêts américains.
00:13:17Donc il s'agit surtout d'un signal.
00:13:19L'Amérique peut être visée.
00:13:21Et il ne faut pas attendre longtemps pour que certains soient inspirés par ce signal.
00:13:25Quelques mois plus tard, le 26 février 1993, les Etats-Unis sont à nouveau visés par un attentat, et cette fois-ci sur son propre sol.
00:13:33Une explosion d'une grande puissance a secoué les fondations du World Trade Center.
00:13:38100 000 personnes se trouvaient dans le complexe à cette heure-là.
00:13:43Un incendie s'est déclaré dans la gare de banlieue, située dans le sous-sol des Grattes-Ciel.
00:13:48Il est midi 17 quand une camionnette piégée explose dans le parking souterrain de la tour nord du World Trade Center.
00:13:54La déflagration est ventre aux 6 étages et creuse un cratère de 30 mètres de diamètre, donnant la mort à 6 personnes et faisant plus de 1000 blessés.
00:14:01C'est la première fois qu'un attentat islamique est commis sur le sol américain, et la première fois que le World Trade Center est visé.
00:14:09Mais même pour une première, cette attaque se plaçait sur une autre échelle que les autres terroristes auparavant.
00:14:14L'idée derrière cette explosion, c'était pas simplement de faire peur.
00:14:17L'idée derrière, c'était d'avoir une explosion assez forte pour faire basculer la tour nord sur la tour sud,
00:14:22et donc tuer des dizaines de milliers d'américains qui travaillaient dans les tours.
00:14:26Et cette idée, c'est celle du principal organisateur de cet attentat, Ramzi Youssef.
00:14:31Et là, tu peux retenir son nom, parce qu'on va en parler beaucoup.
00:14:34Ce Pakistanais, né au Koweït, est passé par les camps d'entraînement d'Al-Qaïda en Afghanistan.
00:14:39En 1992, il atterrit aux Etats-Unis après avoir demandé l'asile politique et présenté un passeport irakien.
00:14:46Alors l'idée d'organiser un attentat ne lui vient pas directement d'Al-Qaïda,
00:14:50mais du réseau qu'il va côtoyer à New York, qui est composé de militants islamistes radicalisés.
00:14:55Et l'un des membres les plus importants de ce réseau, c'est le Cheikh Omar Abdel Rahman, surnommé le Cheikh aveugle.
00:15:01C'est un prédicateur égyptien qui est reconnu dans les mosquées de New York et qui a combattu les soviétiques en Afghanistan.
00:15:07Et cet Omar, c'est le mentor spirituel de Ben Laden.
00:15:10Lui aussi appelle au djihad contre l'Occident, et ses sermons galvanisent des disciples en plein cœur de l'Amérique.
00:15:16Et l'un de ses disciples, c'est Ramzi Youssef.
00:15:19Mais Youssef, il est aussi influencé par quelqu'un d'autre, son oncle, Khalid Cheikh Mohamed.
00:15:23Lui, c'est un ancien moudjahidine qui est passé par les camps d'entraînement du Maktab al-Khadamad de Ben Laden.
00:15:29Et c'est lui qui lui donne l'idée de viser le World Trade Center, qu'il rêve de voir détruit.
00:15:33Et c'est aussi lui qui finance le projet.
00:15:35Quelques heures après l'attentat, Ramzi Youssef envoie ses revendications à des journaux.
00:15:39Il justifie son attaque comme une représailles du soutien américain à Israël et de l'oppression du peuple palestinien.
00:15:46Et le soir même, il quitte New York en avion, direction le Pakistan, où il va disparaître pendant plus de deux ans.
00:15:51Les renseignements américains vont alors faire de lui une cible prioritaire.
00:15:55Pourtant, durant les mois qui suivent, Youssef continue ses activités terroristes.
00:15:59Il poursuit sa guerre contre les Etats-Unis et leurs alliés.
00:16:01Il va par exemple participer à l'organisation d'un complot qui vise la première ministre pakistanaise, Benazir Bhutto.
00:16:08En décembre 1994, il vise un vol de Philippine Airlines qui relie Cebu à Tokyo en plaçant une bombe dans un Boeing 747.
00:16:17Une bombe qui tuera d'ailleurs un passager, mais l'avion réussira à atterrir en urgence.
00:16:22Mais en fait, pour Youssef, cette bombe n'était qu'un test.
00:16:25C'était qu'un prototype.
00:16:26Parce qu'installé à Manille, la capitale des Philippines, il travaille sur un projet bien plus vaste.
00:16:31Et ce projet bien plus vaste, il vise à s'en prendre à des avions américains.
00:16:35Avec un complice, Youssef va confectionner des bombes artisanales dans un petit appartement.
00:16:39Mais ce sont des travaux qui ne sont pas sans risque.
00:16:41Puisqu'en fait, ça va déclencher un incendie.
00:16:44Et cet incendie va obliger Youssef à s'en aller de l'appartement en laissant tout derrière lui.
00:16:48Cet incendie va d'ailleurs éveiller les soupçons de la police philippine.
00:16:51Et après enquête, elle découvre les activités de Youssef.
00:16:55Mais surtout, elle saisit un ordinateur qui contient les préparatifs d'un projet d'attentat bien plus meurtrier.
00:17:01Enregistré sous le nom d'Opération Bojinka, il s'agit d'un plan complexe qui ne prévoit pas un,
00:17:08mais bien une série d'attentats contre les Etats-Unis dans le but de provoquer, je cite, 48 heures de terreur mondiale.
00:17:15Et ce plan-là, il se découpe en trois phases.
00:17:17La phase 1, elle consiste à assassiner le pape Jean-Paul II qui devait visiter Manille le 15 janvier 1995.
00:17:24Pour la phase 2, l'objectif est de faire exploser 11 avions de ligne en plein Pacifique
00:17:29qui partaient de l'Asie à destination des Etats-Unis en posant des bombes
00:17:33comme Youssef l'avait déjà tenté sur le vol de la Philippine Airlines un an plus tôt.
00:17:37Et puis enfin, la troisième phase, elle prévoyait qu'un avion, acheté ou détourné et rempli d'explosifs,
00:17:43soit craché sur le siège de la CIA en Virginie.
00:17:46Et dans ce même ordinateur, les enquêteurs découvrent qu'une version alternative de ce projet a été envisagée.
00:17:51Et dans cette version plus ambitieuse, une nouvelle fois imaginée avec son oncle Khalid Sheikh Mohamed,
00:17:57Ramzi Youssef planifie le détournement d'autres avions de ligne
00:18:00pour les utiliser comme des armes contre des bâtiments symbolisant la puissance américaine.
00:18:06Et parmi les cibles envisagées, on a la Maison Blanche, le Capitole,
00:18:09l'US Bank Tower de Los Angeles, la Sears Tower de Chicago,
00:18:13mais aussi et surtout les Tours Jumelles de New York et le Pentagone à Washington.
00:18:18Cette version, elle sera finalement abandonnée, notamment à cause de la difficulté de recruter des pilotes
00:18:23capables de détourner des avions, mais elle pose quand même une base, elle pose une idée.
00:18:28En fait, les bases des futures attaques du 11 septembre, elles sont là, dans cet ordinateur.
00:18:33Après l'incendie de l'appartement, Ramzi Youssef quand même parvient à quitter Manille
00:18:37et trouve refuge au Pakistan.
00:18:38Mais le 7 février 1995, il est arrêté à Islamabad, trahi par l'un de ses complices.
00:18:44Il est ensuite extradé vers les Etats-Unis, puis jugé pour l'attentat de 1993 et pour le projet Bojinka.
00:18:51Encore emprisonné aujourd'hui, il a été condamné à une peine de 240 ans de prison.
00:18:56Mais dans cette histoire, les Etats-Unis vont faire une grave erreur en ne poursuivant pas les complices de Youssef.
00:19:02Pour les autorités américaines, en fait, le coupable est derrière les barreaux
00:19:05et l'organisation dont il dépend n'est pas à prendre trop au sérieux.
00:19:08Bon, ils vont quand même enquêter malgré tout sur Khalid Sheikh Mohamed,
00:19:11mais lui qui habitait au Qatar, il parvient à fuir et à disparaître en Afghanistan.
00:19:21En choisissant de ne pas chercher plus loin que Ramzi Youssef,
00:19:24les autorités américaines ne se rendent pas compte que l'un des financeurs principaux du projet Bojinka,
00:19:29ça n'est nul autre qu'Oussama Ben Laden.
00:19:31En 1995, Ben Laden est toujours au Soudan et il continue d'appeler au djihad contre les Etats-Unis.
00:19:36Alors du côté de la CIA, on le surveille évidemment,
00:19:39mais on ne saisit pas vraiment les opportunités de l'arrêter.
00:19:41Mais finalement, quand même, en raison de la pression croissante des Américains et des Saoudiens
00:19:45sur le gouvernement soudanais,
00:19:47le Soudan décide d'expulser Ben Laden vers le pays de son choix.
00:19:51Et il décide de rejoindre l'Afghanistan.
00:19:53Depuis le départ de l'armée soviétique en 1989, le pays s'est enfoncé dans le chaos.
00:19:57Personne ne s'est vraiment inquiété de l'après-guerre,
00:19:59si bien que la guerre contre l'URSS a cédé sa place à une guerre civile sanglante.
00:20:04De 1989 à 1992, la première guerre civile afghane se solde par la chute définitive du régime communiste
00:20:10et la prise de pouvoir de l'Alliance du Nord, le groupe armé du commandant Massoud.
00:20:16Je ne sais pas si tu te souviens de lui.
00:20:17Sauf que cette prise de pouvoir, elle est extrêmement fragile.
00:20:20Les anciens Moudjahidines qui étaient à l'époque unis contre l'URSS
00:20:23se retournent alors les uns contre les autres pour prendre le contrôle du pays.
00:20:27C'est la seconde guerre civile afghane entre 1992 et 1996.
00:20:32Et lorsque Ben Laden arrive en Afghanistan en 1996, un groupe est en train de gagner la guerre.
00:20:38Les talibans.
00:20:39Ce groupe de fondamentalistes islamistes est né au sud du pays en septembre 1994.
00:20:44Leur fondateur, le mollah Mohamed Omar, est un ancien Moudjahidine blessé pendant la guerre contre l'URSS.
00:20:50Et à la suite de la prise de Kaboul en septembre 1996,
00:20:54les talibans installent un régime violent, ultra-rigoriste,
00:20:57qui devient un refuge pour les terroristes islamistes du monde entier.
00:21:00Et c'est dans ce contexte que Ben Laden fait son retour en Afghanistan.
00:21:05Il connaît déjà le mollah Omar depuis la guerre contre les soviétiques,
00:21:08et il bénéficie donc de la protection du nouveau pouvoir taliban.
00:21:12Et en échange de cette protection,
00:21:14Ben Laden utilise ses hommes et son réseau pour protéger le régime naissant.
00:21:17C'est donc une vraie collaboration entre les deux.
00:21:19Mais Ben Laden va surtout profiter de la situation pour consolider Al-Qaïda.
00:21:23En Afghanistan, il ouvre de nouveau des camps d'entraînement pour former ses combattants.
00:21:28Des centaines de djihadistes du monde entier vont alors le rejoindre pour recevoir une formation quasi-militaire.
00:21:34Et c'est aussi à ce moment-là qu'il publie une fatwa,
00:21:37c'est-à-dire un jugement, une décision religieuse,
00:21:40qui est ici une déclaration de guerre officielle contre les Etats-Unis.
00:21:43Et dans ce texte, il dénonce la présence militaire américaine dans la terre des deux mosquées,
00:21:49l'Arabie Saoudite.
00:21:50Par la suite, une deuxième fatwa est publiée en 1988,
00:21:53et cette fois, le chef d'Al-Qaïda appelle à une coalition de groupes islamistes
00:21:57en titrant sa fatwa
00:21:59« Le Front Islamique Mondial pour le Djihad contre les Juifs et les Croisés ».
00:22:04Dans ce texte de 12 pages,
00:22:06il désigne les civils américains comme des cibles légitimes
00:22:09et affirme que tuer les américains et leurs alliés relève du devoir religieux.
00:22:14C'est en fait un véritable manifeste politique
00:22:16dans lequel Ben Laden s'autoproclame leader du Djihad contre l'Amérique et l'Occident.
00:22:22Al-Qaïda n'est plus qu'un simple groupe clandestin.
00:22:25Ça devient une force transnationale assumée
00:22:27qui a pour projet de s'attaquer au monde.
00:22:30Pourtant, en Occident, ces déclarations sont largement ignorées.
00:22:33Sur quelle puissance militaire cet homme bastille sa déclaration de guerre ?
00:22:37La CIA va quand même hésiter à mener une opération pour arrêter Ben Laden,
00:22:41mais le projet semble risqué.
00:22:43Et en plus, à cette époque-là,
00:22:44le président américain Bill Clinton est empêtré dans l'affaire Monica Lewinsky.
00:22:49Et donc pas question de mener une opération
00:22:51qui pourrait faire des victimes militaires aussi loin des États-Unis.
00:22:55Mais de son côté, Ben Laden, lui, n'hésite pas
00:22:57et il va rapidement prouver que ces déclarations n'ont rien d'imaginaire.
00:23:00Le 7 août 1998, Al-Qaïda organise une série d'attentats aux camions piégés
00:23:05contre des ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya.
00:23:09Le bilan s'élève à 224 morts, dont 12 Américains,
00:23:12et à plus de 4000 blessés.
00:23:14Avec ces attaques, Ben Laden passe des mots aux actes.
00:23:17Et à présent, il devient une cible prioritaire pour les Américains.
00:23:21Mais cette fois-ci, la donne a changé.
00:23:23Le chef d'Al-Qaïda est très protégé et se déplace constamment,
00:23:26ce qui rend une opération américaine beaucoup plus difficile qu'avant.
00:23:30En 2000, il décide de repasser à l'acte.
00:23:32Le 12 octobre, Al-Qaïda vise le destroyer américain USS Cole
00:23:36stationné dans le port d'Aden au Yémen.
00:23:39Un bateau suicide transportant des explosifs vient percuter le bateau
00:23:42et tue 17 Marines américains et éventre le flanc du navire.
00:23:46À ce moment-là, tous les signaux sont passés au rouge.
00:23:49Depuis plusieurs années maintenant, le nom de Ben Laden
00:23:51remonte dans les rapports des renseignements américains.
00:23:54À la CIA, beaucoup savent déjà que quelque chose se prépare
00:23:57sur le sol des États-Unis, mais personne ne sait ni où, ni quand, ni comment.
00:24:02Mais au sommet de l'État, la priorité change.
00:24:04Parce qu'en janvier 2001, George W. Bush succède à Bill Clinton.
00:24:08Et si pour Clinton, ne pas avoir éliminé la menace Ben Laden est un regret,
00:24:12eh bien pour la nouvelle administration Bush,
00:24:14Al-Qaïda n'est qu'un problème parmi d'autres.
00:24:17Pourtant, durant l'été 2001, les notes du renseignement s'intensifient.
00:24:20Quelque chose de spectaculaire et en lien avec l'aviation se prépare.
00:24:24Des agences alliées, la France, Israël, l'Arabie saoudite,
00:24:28transmettent même des informations sur un attentat imminent.
00:24:31Et si au sommet de l'État, rien ne se passe, le compte à rebours est déjà lancé.
00:24:34Al-Qaïda a un plan.
00:24:36Les hommes sont déjà prêts et les cibles ont été choisies.
00:24:38Le 6 août 2001, George Bush reçoit une dernière note claire et limpide
00:24:42des services de renseignement intitulée
00:24:44Ben Laden déterminé à frapper les Etats-Unis.
00:24:48Et là, nous sommes à 36 jours du 11 septembre.
00:24:59Le 11 septembre ne sera donc pas ni une improvisation, ni une surprise.
00:25:03Ces attaques sont le fruit d'un long projet réfléchi, méthodique
00:25:07et qui est porté par des hommes obsédés par l'idée de frapper le cœur de l'Amérique.
00:25:10Il a fallu plus de 3 ans de planification, de réunion à travers le monde,
00:25:15de sélection rigoureuse pour arriver à l'aboutissement qu'on connaît.
00:25:18Mais à l'origine, il y a un homme dont on a déjà parlé,
00:25:21Khalid Sheikh Mohamed, le fameux oncle de Ramzi Youssef.
00:25:24Après avoir participé à la planification du premier attentat du World Trade Center en 1993,
00:25:30puis après avoir réfléchi à l'opération Bojinka,
00:25:32KCM, comme on le surnomme, persiste dans son ambition de frapper des avions de ligne américains.
00:25:38En 1996, il rejoint Oussama Ben Laden en Afghanistan,
00:25:41notamment parce qu'il a besoin de faire financer son projet.
00:25:44Inspiré de l'opération Bojinka, ce nouveau plan consiste à détourner 10 avions américains,
00:25:495 sur la côte Est et 5 autres sur la côte Ouest.
00:25:539 d'entre eux seront utilisés comme des armes pour s'écraser sur des bâtiments symboliques des Etats-Unis.
00:25:58Donc là, on parle de la Maison Blanche, on parle du Capitole,
00:26:01des sièges de la CIA, du FBI, l'US Bank Tower de Los Angeles,
00:26:04le Columbia Center à Seattle,
00:26:07mais aussi une centrale nucléaire non spécifiée,
00:26:09et évidemment, les tours du World Trade Center et le Pentagone.
00:26:13Et le 10e avion, lui, servira à porter un message.
00:26:16En fait, après avoir atterri dans un aéroport,
00:26:18KCM s'imaginait pouvoir prononcer un discours
00:26:21dans lequel il dénonçait la politique américaine à l'égard d'Israël et du Moyen-Orient.
00:26:25Et ce projet effroyable, il se veut très ambitieux.
00:26:28Peut-être même trop pour Oussama Ben Laden,
00:26:30qui considère qu'un plan aussi élaboré comporte trop de risques.
00:26:34Mais quand même, Ben Laden adhère à l'idée de détourner des avions pour les utiliser comme des armes.
00:26:39Et ensemble, il travaille donc sur une nouvelle version simplifiée du projet.
00:26:43Ben Laden veut viser le cœur du pouvoir américain,
00:26:45et il défend donc l'idée de s'attaquer au Capitole, à la Maison Blanche et au Pentagone.
00:26:49KCM, lui, il plaide en faveur des grands immeubles new-yorkais,
00:26:53qui sont plus faciles à viser d'une part,
00:26:54mais qui sont aussi symboliques de la puissance économique et financière des Etats-Unis.
00:26:58Il veut répéter 93, mais cette fois-ci, il veut réussir.
00:27:03Et donc, peu à peu, le projet prend forme.
00:27:05Si bien qu'en 98, Ben Laden donne son accord à une version réduite de l'opération avion.
00:27:11Et le chef d'Al-Qaïda ne va pas simplement financer le projet.
00:27:14Il en prend en fait la direction stratégique.
00:27:16Il le transforme en véritable opération militaire
00:27:19et s'implique dans le recrutement des futurs kamikazes et organise leur entraînement.
00:27:24C'est par exemple lui qui va choisir les deux premières recrues du projet,
00:27:28Khalid al-Midar et Nawaf al-Azmi.
00:27:31Ces deux Saoudiens ont combattu aux côtés des musulmans durant la guerre de Bosnie en 95,
00:27:35puis aux côtés des talibans en Afghanistan.
00:27:38Et c'est là qu'ils vont intégrer Al-Qaïda.
00:27:40Les deux hommes sont très estimés par Ben Laden
00:27:42et ont pour ambition de participer aux opérations djihadistes sur le sol américain.
00:27:46Sauf qu'ils n'ont aucune expérience avec les Etats-Unis.
00:27:49Ils y sont jamais allés et ils parlent même pas un mot d'anglais.
00:27:52Et donc avant de partir, ils sont entraînés.
00:27:54On leur enseigne les bases de la culture occidentale, ainsi que des notions d'anglais.
00:27:58Khalid Sheikh Mohammed les initie même aux bases du pilotage
00:28:01grâce à des simulateurs de vol sur ordinateur.
00:28:04Mais rapidement, ces enseignements sont considérés comme trop rudimentaires.
00:28:08Et en 99, il est donc décidé qu'Al-Midar et Al-Azmi vont être envoyés sur place aux Etats-Unis pour prendre des cours de pilotage.
00:28:16Après une dernière réunion à Kuala Lumpur en Malaisie en janvier 2000,
00:28:19pour finaliser les derniers détails du complot, les deux hommes s'envolent donc pour les Etats-Unis.
00:28:24Ce sont les deux premiers des 19 futurs pirates de l'air d'Al-Qaïda à se rendre sur le sol américain.
00:28:30Leur entrée en Amérique est d'ailleurs très simple.
00:28:32Parti depuis Kuala Lumpur, les deux hommes présentent des visas étudiants
00:28:35qui leur ont été délivrés légalement pour suivre des cours de pilotage.
00:28:40Et même si la CIA les surveillait à cause de leur voyage en Afghanistan et au Pakistan,
00:28:44ni le FBI, ni les services d'immigration n'étaient au courant.
00:28:48Et à leur arrivée à Los Angeles le 15 janvier 2000, ils ne sont donc pas contrôlés.
00:28:53Une fois sur place, Al-Midar et Al-Azmi prennent rapidement contact avec un Saoudien
00:28:57qui habite déjà les Etats-Unis, et lui s'appelle Omar Al-Bayoumi.
00:29:01C'est un personnage un peu mystérieux qui va les aider à s'installer,
00:29:04à trouver un appartement à San Diego et à passer leur permis de conduire.
00:29:08Finalement, on ne sait que très peu de choses sur Al-Bayoumi.
00:29:11Durant l'enquête après les attentats du 11 septembre,
00:29:13il affirmera au FBI qu'il a aidé les deux hommes par simple charité musulmane.
00:29:18Mais d'autres rapports d'enquête indiquent qu'il a été soupçonné d'être un espion pour l'Arabie saoudite
00:29:22ou qu'il était au courant même du projet d'attaque du 11 septembre.
00:29:25Bon, aujourd'hui encore, le mystère reste entier autour de cet homme-là.
00:29:28On ne sait toujours pas quel a été le vrai rôle d'Al-Bayoumi dans cette histoire.
00:29:32Mais quoi qu'il en soit, à San Diego, Al-Midar et Al-Azmi mènent une vie tout à fait normale.
00:29:37Al-Azmi, par exemple, travaille dans une station-service de San Diego
00:29:40et joue souvent au foot avec des amis rencontrés à la mosquée qu'il fréquente.
00:29:44Mais à côté de ce train de vie ordinaire,
00:29:45les deux hommes prennent des cours de pilotage dans un club d'aviation local.
00:29:49Le problème, c'est qu'à cause de leur anglais médiocre,
00:29:52les deux hommes peinent à suivre les instructions
00:29:54et ils ne parviennent pas à réussir leur formation.
00:29:56Ils auront même jusqu'à éveiller les soupçons de leur instructeur de vol
00:29:59en lui proposant de l'argent pour qu'il leur apprenne à piloter des avions à réaction de type Boeing.
00:30:04Ça, c'est fou.
00:30:05Ils ne visaient pas un but précis, ils ne voulaient pas devenir pilote professionnel,
00:30:09ils ne voulaient pas être lâchés, volés seuls,
00:30:10ils voulaient simplement progresser par un but que sur le moment, personne ne comprenait.
00:30:14Bon, pour piloter les avions, les chefs d'Al-Qaïda conviennent alors
00:30:16qu'il leur faut des pilotes qui maîtrisent un minimum l'anglais.
00:30:19Les regards se tournent donc sur ce qu'on appelle la « cellule de Hambourg ».
00:30:23En fait, la « cellule de Hambourg », c'est un groupe d'étudiants
00:30:26qui sont venus de différents pays arabes pour étudier en Allemagne.
00:30:29Liés par la foi et par leur opinion très très anti-américaine et anti-israélienne,
00:30:34le petit groupe développe l'intention de mener le djihad.
00:30:37Et c'est en 1999 qu'ils décident de rejoindre les camps d'entraînement d'Al-Qaïda en Afghanistan.
00:30:43Pour Ben Laden, leur arrivée c'est une bénédiction,
00:30:45non seulement ils sont anglophones, ils ont l'habitude de la vie occidentale,
00:30:48mais en plus ils ont déjà des visas étudiants
00:30:51qui leur permettront de rejoindre facilement les Etats-Unis.
00:30:54Donc rapidement, le chef d'Al-Qaïda les choisit pour devenir les nouveaux pilotes de son opération avion.
00:31:00Mohamed Atta, égyptien, Marwan Al-Sheyi, émirati et Zia Jara, libanais,
00:31:06sont donc entraînés pour devenir le futur commando du 11 septembre.
00:31:10Et ils seront rejoints par un quatrième homme,
00:31:12Ani Anjour, qui est un étudiant saoudien
00:31:15qui a étudié aux Etats-Unis dans les années 90 avant d'obtenir son brevet de pilote commercial en 99.
00:31:21Après avoir été refusé chez Saudi Arabian Airlines comme pilote,
00:31:25Ani Anjour se serait tourné vers des textes religieux radicaux
00:31:28avant de partir pour l'Afghanistan pour intégrer les camps d'Al-Qaïda.
00:31:32Et quand Ben Laden remarque qu'il est pilote,
00:31:34eh bien il le sélectionne aussi pour participer au projet de l'opération avion.
00:31:38Les 4 pilotes chargés de détourner les 4 avions du projet sont donc choisis maintenant.
00:31:42Et pour mener à bien ces attaques,
00:31:44chaque pilote est à la tête d'une équipe de 5 pirates.
00:31:47Le pilote, plus 4 pirates formés pour maîtriser les passagers
00:31:50et l'équipage des avions détournés.
00:31:53Et il n'y a que l'équipe de Zia Jara qui comptera un membre de moins.
00:31:56En fait le cinquième homme prévu, Ramzi Bin Al-Shib,
00:32:00un membre clé de la cellule de Hambourg,
00:32:02n'a pas réussi lui à obtenir un visa pour les Etats-Unis.
00:32:05Et par manque de temps, Al-Qaïda ne lui trouvera pas de remplaçant.
00:32:08Mais il décidera de maintenir l'opération en partant à 19 au lieu de 20.
00:32:12Ce qui n'est pas très grave pour eux.
00:32:13Une fois les équipes formées,
00:32:14les futurs pilotes d'Al-Qaïda sont envoyés aux Etats-Unis
00:32:17pour prendre des cours de pilotage.
00:32:19A leur arrivée, 16 des 19 pirates ont des dossiers incomplets,
00:32:22ce qui aurait dû les empêcher de rentrer dans le pays.
00:32:25Mais il faut bien imaginer qu'à cette époque-là,
00:32:27on est avant le 11 septembre.
00:32:29Les règles et les lois qu'on connaît aujourd'hui
00:32:31se sont durcies après les attentats.
00:32:33Mais avant ça, tout était plus souple.
00:32:34Et en plus de ça,
00:32:36les informations sur l'arrivée de ces individus aux Etats-Unis
00:32:39n'ont pas été communiquées au FBI par la CIA.
00:32:42Exactement comme pour Al-Midar et Al-Hazmi.
00:32:44A l'époque, la CIA s'occupe exclusivement du renseignement à l'étranger.
00:32:48Tandis que le FBI s'occupe de la sécurité
00:32:51et de l'antiterrorisme sur le sol américain.
00:32:54Ça peut sembler curieux,
00:32:55mais les informations ne circulaient pas très bien entre les deux agences.
00:32:59Et donc n'ayant pas été informées,
00:33:00le FBI ne mettra donc aucun suivi particulier en place concernant ces individus
00:33:06et il les laisse s'installer librement aux Etats-Unis.
00:33:08Pourtant, au printemps 2001,
00:33:10les renseignements américains relèvent des rumeurs concernant un projet d'attaque.
00:33:14Un informateur de la CIA rapporte que Ben Laden veut utiliser des pilotes de ligne comme terroriste.
00:33:20Et dans la note que George Bush reçoit le 6 août 2001 titré
00:33:24« Ben Laden est déterminé à frapper l'Amérique »,
00:33:27les informations sont précises.
00:33:29Le document suggère qu'Al-Qaïda veut suivre l'exemple de Ramzi Youssef.
00:33:34Le rapport souligne même également la tendance à des activités suspicieuses dans le pays
00:33:38en lien avec des préparatifs de détournement d'avions.
00:33:42Et écoutez-moi, aucune mesure ne sera prise pour lutter contre ces menaces.
00:33:46Et encore une fois, on se retrouve à 36 jours de l'attentat.
00:33:49Les pilotes d'Al-Qaïda sont prêts et ils ont tous obtenu leur licence de pilotage.
00:33:54Et environ 3 semaines avant les attentats,
00:33:56les cibles sont réparties entre les différentes équipes.
00:33:59Le matin du mardi 11 septembre 2001,
00:34:01dans les aéroports de Newark, de Dulles et de Boston,
00:34:04les 19 pirates passent tous les contrôles de sécurité facilement.
00:34:08Et ils ont sur eux des couteaux à lames courtes,
00:34:10ce qui à l'époque est autorisé à bord.
00:34:13Vers 8h du matin ce mardi-là,
00:34:1519 hommes montent à bord de 4 vols intérieurs américains.
00:34:18Et à ce moment précis, personne ne sait encore que l'Amérique s'apprête à vivre la pire attaque de son histoire.
00:34:24A Boston, la journée s'annonce tout aussi magnifique qu'à New York.
00:34:32C'est depuis cet aéroport que décolle le vol 11 d'American Airlines,
00:34:36à 7h59 précisément, à destination de Los Angeles.
00:34:40Il y a 92 personnes qui sont à bord,
00:34:42dont 5 membres d'Al-Qaïda,
00:34:44qui sont menés par Mohamed Atta.
00:34:46Et c'est lui qui prendra le contrôle de l'avion.
00:34:48A 8h14, les pirates passent à l'action.
00:34:50Deux hôtesses de l'air et un passager sont poignardés,
00:34:53tandis que le reste de l'équipage est regroupé à l'arrière de l'avion.
00:34:56Mohamed Atta entre ensuite dans le cockpit,
00:34:59il neutralise les deux pilotes,
00:35:00et il prend le contrôle de l'avion.
00:35:02Dès 8h19, une hôtesse de l'air qui s'appelle Betty Hong
00:35:05annonce le détournement de l'avion à sa compagnie aérienne
00:35:08depuis l'arrière de l'avion.
00:35:10C'est la première alerte de la journée.
00:35:16Alors en théorie, les Etats-Unis disposent d'une série de protocoles
00:35:19à suivre en cas de détournement,
00:35:20qui impliquent notamment l'intervention de l'armée.
00:35:23Les contrôleurs aériens qui reçoivent l'alerte
00:35:25sont censés informer le NORAD,
00:35:27qui est le commandement de la défense aérospatiale
00:35:29de l'Amérique du Nord,
00:35:30et qui peut mobiliser l'armée de l'air
00:35:32avec des avions de chasse.
00:35:34Mais ce matin-là, rien ne fonctionne comme prévu,
00:35:37et ce à tous les niveaux.
00:35:38La première défaillance vient de l'armée justement.
00:35:41Elle n'est informée du détournement qu'à 8h37,
00:35:44soit 18 minutes après l'alerte donnée par Betty Hong.
00:35:47Une éternité en fait.
00:35:49Les contrôleurs aériens ne prennent conscience du détournement
00:35:51seulement lorsqu'ils entendent pour la première fois à 8h24
00:35:55la voix de Mohamed Atta qui demande à ce que personne n'intervienne
00:35:59et qui prétend revenir à l'aéroport.
00:36:01Pourtant, dès 8h27, l'avion s'engage dans un virage serré vers le sud
00:36:10et prend la direction de New York.
00:36:12Et ce n'est que 10 minutes plus tard que les contrôleurs aériens
00:36:14avertissent enfin l'armée,
00:36:16qui fait immédiatement appel aux avions de chasse
00:36:18les plus proches pour intervenir.
00:36:21Mais il est déjà trop tard.
00:36:22A 8h46, le Boeing 767 d'American Airlines
00:36:26s'écrase sur la tour nord du World Trade Center
00:36:29à plus de 700 km heure
00:36:31entre les étages 93 et 99.
00:36:52Les avions de chasse n'ont même pas encore décollé
00:36:55et seulement 3 minutes après l'impact,
00:36:57CNN sont les premiers à diffuser les images de la tour nord en feu.
00:37:01Les journalistes n'ont alors aucune explication précise.
00:37:04Ils restent prudents et ils parlent d'un accident.
00:37:19Et personne n'imagine encore que ce n'est que le début.
00:37:22A l'aéroport de Boston,
00:37:23un quart d'heure après le décollage du vol 11,
00:37:26c'est au tour du vol 175 de United Airlines
00:37:29de prendre son envol
00:37:30et lui aussi, il devait se rendre à Los Angeles.
00:37:33Et à son bord se trouvent 65 passagers
00:37:35dont 5 terroristes menés cette fois par Marwan Al-Shefie.
00:37:40Le détournement commence vers 8h42
00:37:42mais ce n'est qu'à 8h55
00:37:44que le contrôle aérien de New York
00:37:46réalise qu'un deuxième avion est détourné.
00:37:48Et dans la confusion,
00:37:49plusieurs minutes s'écoulent à nouveau
00:37:51avant que l'armée ne soit prévenue
00:37:53du détournement d'un deuxième avion.
00:37:54Et quand l'armée retrouve la trace du vol 175,
00:37:57il est déjà en train d'amorcer sa descente
00:38:00vers le centre-ville de Manhattan.
00:38:02À 9h03,
00:38:03le deuxième avion frappe la tour sud
00:38:05du World Trade Center
00:38:06entre les 77e et 85e étages.
00:38:10Et cette fois,
00:38:11des millions de gens devant leur télévision
00:38:13assistent à l'impact en direct.
00:38:14Peu à peu,
00:38:27tout le monde prend conscience
00:38:28que ce n'est pas un accident
00:38:29et qu'il s'agit d'un acte délibéré.
00:38:32À cet instant,
00:38:32beaucoup de questions se posent
00:38:34et très peu de réponses sont données.
00:38:35Mais une chose est sûre,
00:38:37il n'existe aucun précédent
00:38:39à ce qu'il est en train de se passer.
00:38:40Quelques minutes seulement
00:38:41après le deuxième impact,
00:38:42vers 9h05,
00:38:44George Bush,
00:38:44qui est alors en déplacement
00:38:45dans une école de Floride,
00:38:47est averti.
00:38:48Et c'est Andrew Card,
00:38:49le chef du cabinet de la Maison Blanche,
00:38:51qui vient le prévenir
00:38:52en lui murmurant à l'oreille
00:38:53« Un deuxième avion a frappé la deuxième tour.
00:38:57L'Amérique est attaquée. »
00:38:58Et à ces mots,
00:38:59le président américain ne réagit pas.
00:39:01Et il crée l'une des images
00:39:02les plus folles de l'histoire américaine.
00:39:05George Bush restera assis là,
00:39:077 minutes,
00:39:09silencieux,
00:39:09les yeux dans le vide.
00:39:11À ce moment-là,
00:39:12la confusion,
00:39:12elle est totale aux Etats-Unis,
00:39:14mais la situation,
00:39:15elle va continuer à s'empirer.
00:39:17Peu après 9h,
00:39:18American Airlines se rend compte
00:39:19qu'un autre de ses appareils
00:39:21a été détourné.
00:39:22Il s'agit cette fois-ci
00:39:23du vol 77
00:39:24qui a décollé
00:39:25de l'aéroport de Dulles
00:39:26à Washington.
00:39:28Et cette fois,
00:39:29le pilote désigné,
00:39:30c'est Annie Anjour.
00:39:32Après avoir perdu sa trace
00:39:33pendant plus de 36 minutes,
00:39:35les contrôleurs aériens
00:39:36le retrouvent en train
00:39:36de se diriger
00:39:37cette fois-ci
00:39:38vers Washington.
00:39:39La Maison-Blanche
00:39:40et le Capitole
00:39:41reçoivent alors
00:39:41l'ordre d'évacuer
00:39:42immédiatement.
00:39:43Mais en réalité,
00:39:44le Boeing se dirige
00:39:45vers le Pentagone,
00:39:47qui est le quartier général
00:39:48du département de la Défense.
00:39:50C'est le centre névralgique
00:39:51de l'armée américaine.
00:39:53Avec ses 5 côtés
00:39:54comprenant 5 couloirs concentriques
00:39:56sur 5 étages,
00:39:57c'est le plus vaste immeuble
00:39:58de bureaux au monde.
00:40:00Et après une manœuvre difficile
00:40:01et un virage complexe,
00:40:02Annie Anjour
00:40:03parvient à stabiliser l'avion
00:40:04en rase-motte
00:40:05et percute la face ouest
00:40:07du Pentagone
00:40:08à 9h37.
00:40:09Là, la situation,
00:40:10elle est hors de contrôle.
00:40:12En réaction,
00:40:12le responsable du contrôle aérien
00:40:14des États-Unis
00:40:15ordonne à 9h42
00:40:16que tous les avions en vol
00:40:18au-dessus du territoire américain
00:40:20atterrissent immédiatement
00:40:21dans l'aéroport
00:40:22le plus proche.
00:40:23Et c'est la première
00:40:24et unique fois
00:40:25qu'un tel ordre
00:40:26sera donné
00:40:26dans l'histoire américaine.
00:40:28Mais pendant que le monde entier
00:40:29se demande
00:40:29si les attaques
00:40:30sont enfin terminées,
00:40:31à New York,
00:40:32que l'impensable se produit.
00:40:34À 9h59 précise,
00:40:36moins d'une heure
00:40:36après avoir été frappée
00:40:37par le deuxième avion,
00:40:39la tour sud s'effondre.
00:40:41À cause des incendies
00:40:42alimentés par des dizaines
00:40:43de milliers de litres
00:40:44de kérosène,
00:40:45la structure d'acier
00:40:46a fini par se ramollir
00:40:47et les planchers
00:40:48se sont effondrés
00:40:49sur eux-mêmes.
00:40:50S'écrasant sous son propre poids,
00:40:52la tour s'effondre
00:40:53d'un seul coup
00:40:54en moins de 10 secondes.
00:40:5629 minutes plus tard,
00:40:57c'est au tour
00:40:57de la tour nord de CD,
00:40:591h42 après l'impact
00:41:01du vol 11.
00:41:01En moins de deux heures,
00:41:03les deux plus hautes tours
00:41:04de New York
00:41:05n'existent plus.
00:41:06Et en tombant,
00:41:07les tours jumelles
00:41:07ont ravagé
00:41:08le quartier financier
00:41:09de Manhattan
00:41:09en détruisant
00:41:10ou en endommageant
00:41:11près de 48 bâtiments
00:41:13tout autour.
00:41:14Des milliers de personnes
00:41:15se trouvaient encore
00:41:16dans les tours
00:41:16au moment des effondrements.
00:41:17Et à ce stade,
00:41:18aucun bilan
00:41:19n'est encore possible,
00:41:20mais une réalité s'impose,
00:41:22les morts se compteront
00:41:23par milliers.
00:41:24Mais le cauchemar
00:41:25de cette journée
00:41:26n'est pas encore fini.
00:41:27Alors que tous les avions
00:41:28au-dessus du sol américain
00:41:30sont peu à peu
00:41:30en train d'atterrir,
00:41:31le vol 93
00:41:32de United Airlines
00:41:34semble prendre
00:41:34la direction
00:41:35de Washington.
00:41:36Après avoir décollé
00:41:37à 8h42
00:41:38depuis l'aéroport
00:41:39de Newark
00:41:40dans le New Jersey,
00:41:41il devait se rendre
00:41:42à San Francisco.
00:41:43Il s'agit de l'avion
00:41:44détourné par Zia Jara
00:41:45accompagné non pas
00:41:46de quatre
00:41:47mais de trois autres pirates.
00:41:49Et le détournement
00:41:49commence à 9h28
00:41:51en pleine panique générale
00:41:52liée aux précédentes attaques.
00:41:54Parce que cette fois-ci,
00:41:55tout ne se passe pas
00:41:56comme prévu.
00:41:56à bord,
00:41:58plusieurs passagers
00:41:59passent des appels
00:41:59avec les téléphones de bord
00:42:01ou depuis leur portable.
00:42:02Et c'est là
00:42:02qu'ils apprennent
00:42:03ce qui se passe.
00:42:04Deux avions
00:42:04se sont déjà écrasés
00:42:06sur les tours jumelles
00:42:07et un autre vient
00:42:08de frapper le Pentagone.
00:42:09Donc les passagers
00:42:10prennent conscience
00:42:11qu'ils ne sont pas
00:42:11simplement victimes
00:42:12d'un détournement.
00:42:14L'avion dans lequel
00:42:15ils se trouvent
00:42:16va être utilisé
00:42:17pour une attaque suicide.
00:42:19Et donc rapidement,
00:42:20un groupe se forme.
00:42:21Des hommes ordinaires
00:42:22mais décidés.
00:42:23Ils comprennent
00:42:24qu'ils ne survivront pas
00:42:25mais ils refusent
00:42:26de laisser les terroristes
00:42:27atteindre leur objectif.
00:42:29À 9h57,
00:42:30ils lancent une révolte
00:42:31et prennent d'assaut
00:42:32le cockpit
00:42:33dans lequel
00:42:33Ziad Jarrah s'est enfermé.
00:42:35A 10h03,
00:42:50dans un champ
00:42:51près de Shanksville
00:42:52au milieu de la Pennsylvanie,
00:42:54l'avion du vol 93
00:42:55s'écrase.
00:42:57Tous les passagers,
00:42:57membres d'équipage
00:42:58ainsi que les 4 terroristes
00:43:00à bord
00:43:00sont tués sur le coup.
00:43:01On ne connaît pas vraiment
00:43:02avec certitude
00:43:03la cible potentielle
00:43:04de cet avion
00:43:05même si les éléments
00:43:06semblent indiquer
00:43:06quand même soit
00:43:07la Maison Blanche
00:43:08ou soit le Capitole.
00:43:09Mais ce qui est sûr,
00:43:10c'est que grâce à la bravoure
00:43:11des passagers à bord,
00:43:12ces bâtiments ont pu
00:43:13rester intacts.
00:43:14Dixie, avion au sol.
00:43:17Il a atterri.
00:43:18Négatif.
00:43:20Il s'est craché
00:43:20dans un champ.
00:43:24Bien reçu.
00:43:27Le vol 93,
00:43:28c'est le 4ème
00:43:30et le dernier avion détourné
00:43:31mais c'est surtout
00:43:32le seul à ne pas avoir
00:43:33atteint sa cible.
00:43:34Les attaques du 11 septembre
00:43:35prennent fin là-dessus
00:43:36sur cet acte de désespoir
00:43:38devenu un acte de bravoure.
00:43:40Vas-y,
00:43:41écrasse-toi maintenant !
00:43:42Si, vas-y !
00:43:43Non !
00:43:44Le monde entier se trouve alors
00:44:01dans un état de sidération
00:44:02et de choc.
00:44:03Personne ne comprend vraiment
00:44:05ce qui vient de se passer.
00:44:06George Bush,
00:44:07qui avait été évacué
00:44:08par le Secret Service
00:44:09et placé dans des lieux
00:44:10sécurisés en Louisiane
00:44:11et au Nebraska,
00:44:12finit par prendre brièvement
00:44:14la parole vers midi 30
00:44:15et il déclare ceci.
00:44:17En fin d'après-midi,
00:44:25à bord d'Air Force One,
00:44:26Bush rentre à Washington.
00:44:28À travers le hublot,
00:44:29il aperçoit la fumée
00:44:30qui s'élève encore
00:44:31du Pentagone
00:44:32et il aurait alors déclaré
00:44:33« Voilà le visage
00:44:35de la guerre
00:44:35au 21ème siècle ».
00:44:37Et ce n'est qu'aux alentours
00:44:37de 20h30,
00:44:38depuis le bureau ovale,
00:44:40que le président des États-Unis
00:44:41s'adresse enfin
00:44:42à la nation.
00:44:44Dans ce discours,
00:44:45Bush annonce
00:44:45son intention claire
00:44:46de réagir
00:44:47et derrière son bureau,
00:44:48le président ne parle plus
00:44:49de justice
00:44:50mais de guerre.
00:44:51Le ton est martial,
00:44:54la riposte sera totale.
00:44:56Bush ne se contentera pas
00:44:57de punir les organisateurs
00:44:58de cette attaque.
00:44:59Il ira chercher
00:44:59tous ceux
00:45:00qui ont participé,
00:45:01qui ont protégé,
00:45:02qui ont armé,
00:45:03qui ont aidé
00:45:03les responsables
00:45:04de cet attentat.
00:45:05Au soir du 11 septembre,
00:45:07les regards se tournent
00:45:08déjà sur l'Afghanistan.
00:45:10L'ancien monde est mort
00:45:11et le nouveau commencera
00:45:12par la guerre.
00:45:21Le matin du 12 septembre 2001,
00:45:23New York est la plébéante
00:45:24du cœur de l'Amérique.
00:45:25Dans le quartier
00:45:26du World Trade Center,
00:45:27des montagnes de débris
00:45:28marquent le paysage
00:45:29et les médias américains
00:45:31se mettent alors
00:45:31à utiliser une expression
00:45:33empruntée au vocabulaire militaire.
00:45:35Ground Zero.
00:45:37Alors traditionnellement,
00:45:38cette expression,
00:45:38elle désigne le point d'impact
00:45:40d'une bombe,
00:45:40mais ici à New York,
00:45:42elle s'impose naturellement
00:45:43tant tout a été soufflé
00:45:45et réduit en poussière.
00:45:46C'est le point d'impact
00:45:48du terrorisme en Amérique.
00:45:49Le point zéro.
00:45:51Et pendant plusieurs semaines
00:45:52après les attentats,
00:45:53des incendies continuent de brûler.
00:45:55En s'effondrant à la verticale,
00:45:57les tours ont enseveli
00:45:58plus d'un million de tonnes
00:45:59de béton, d'acier,
00:46:00de verre et de cendres.
00:46:01Certains bâtiments voisins
00:46:03menacent encore
00:46:03de s'effondrer eux aussi,
00:46:05rendant le travail
00:46:06des secouristes dangereux.
00:46:07Et à chaque sirène,
00:46:08à chaque coup de sifflet,
00:46:09ils courent pour éviter
00:46:10un éboulement,
00:46:11un effondrement
00:46:12ou une chute de débris.
00:46:13Pourtant,
00:46:14leur travail,
00:46:14il est plus que nécessaire.
00:46:16Rechercher les corps
00:46:17des victimes
00:46:17et les potentiels survivants
00:46:18est une tâche très difficile,
00:46:20mais c'est une priorité absolue.
00:46:21Le 11 septembre
00:46:22a créé un véritable chaos
00:46:24à New York.
00:46:25Partout dans la ville,
00:46:26des panneaux d'affiches
00:46:27de disparus fleurissent
00:46:28pour demander des nouvelles
00:46:29ou des informations.
00:46:31Beaucoup de gens ignorent
00:46:31où sont passés leurs proches,
00:46:33on ne sait pas
00:46:33s'ils sont coincés
00:46:34dans les décombres,
00:46:34s'ils sont hospitalisés
00:46:36ou s'ils sont morts,
00:46:37broyés dans l'effondrement
00:46:38des tours.
00:46:39Les pompiers de New York
00:46:40s'attellent donc
00:46:40à cette tâche difficile,
00:46:42récupérer et identifier
00:46:43les corps
00:46:44pour pouvoir prévenir
00:46:45les familles.
00:46:46Et souvent,
00:46:46ça se joue
00:46:47qu'à des fragments
00:46:47d'identité éparpillés
00:46:49au milieu des montagnes
00:46:50de béton et d'acier.
00:46:51Des corps entiers,
00:46:52il n'y en aura que très peu.
00:46:53Les identifications,
00:46:54elles se basent surtout
00:46:54sur des fragments d'os,
00:46:55sur des morceaux de vêtements
00:46:56ou sur des objets particuliers.
00:46:58Le bilan humain du 11 septembre
00:47:00est effroyable
00:47:01et il est d'une ampleur inédite
00:47:03dans l'histoire des Etats-Unis.
00:47:04Plusieurs mois après les attaques,
00:47:06le bilan final s'établira
00:47:07à 2977 victimes
00:47:10en plus des 19 terroristes.
00:47:12Et beaucoup d'entre eux
00:47:13ne seront jamais retrouvés.
00:47:14Aujourd'hui encore,
00:47:1540% des victimes
00:47:17n'ont jamais pu être identifiées.
00:47:18Et parmi les disparus,
00:47:19il y a aussi énormément
00:47:20de pompiers qui manquent à l'appel.
00:47:22Envoyés en première ligne
00:47:23dès le début des attaques,
00:47:24beaucoup n'en sont jamais revenus.
00:47:26Et au total, c'est 343 pompiers,
00:47:2937 agents de police
00:47:30de l'autorité portuaire
00:47:31et 23 officiers
00:47:32de la police municipale de New York
00:47:34qui sont morts ce jour-là.
00:47:35403 disparus.
00:47:37Ce qui représente
00:47:37la plus grande perte de secouristes
00:47:39dans toute l'histoire des Etats-Unis.
00:47:41New York sera paralysé
00:47:42durant plusieurs semaines.
00:47:43Le silence est installé
00:47:45sur la ville qui ne dort jamais.
00:47:46Mais ce silence ne dure pas.
00:47:48Quelques jours après les attentats,
00:47:49la colère mente.
00:47:50Les Américains veulent avoir
00:47:51des réponses à leurs questions.
00:47:53Et la machine politique
00:47:54va se mettre en place.
00:47:56Et tout le monde comprend rapidement
00:47:57que la réponse sera militaire.
00:47:59Mais le 11 septembre
00:48:00ne ressemblait à rien de connu.
00:48:02Ce n'est pas un acte
00:48:03de guerre traditionnelle
00:48:04comme les Américains
00:48:04l'avaient connu
00:48:05avec Pearl Harbor par exemple.
00:48:07Cette fois,
00:48:08il s'agit d'une agression terroriste
00:48:10planifiée à l'étranger
00:48:11par un groupe sans territoire
00:48:13en dehors des structures
00:48:14normales de la guerre.
00:48:15Et cette situation inédite,
00:48:17elle pose aussi
00:48:17des questions inédites.
00:48:18Peut-on déclarer
00:48:20et mener une guerre
00:48:21contre un groupe terroriste ?
00:48:22Et si oui,
00:48:23on fait comment ?
00:48:24Que nous livrions nos ennemis
00:48:26à la justice
00:48:27ou que nous fassions justice
00:48:28nous-mêmes,
00:48:29justice sera faite.
00:48:31Justice sera faite.
00:48:32Bon, dans tout ça,
00:48:35George Bush décide alors
00:48:36de passer à l'action.
00:48:37Dès le 14 septembre 2001,
00:48:39le président américain
00:48:40propose un texte au Congrès
00:48:41qui s'appelle
00:48:42la Public Law 10740
00:48:44ou qu'on appelle aussi
00:48:45AUMF
00:48:47pour autorisation d'utilisation
00:48:49de la force militaire.
00:48:50Et le but du texte,
00:48:51il est assez simple.
00:48:52En fait,
00:48:52il est d'autoriser
00:48:53le président des États-Unis
00:48:55à employer la force armée
00:48:56contre tous ceux
00:48:57qui ont planifié,
00:48:59autorisé,
00:48:59commis
00:49:00ou facilité
00:49:01les attaques
00:49:01du 11 septembre.
00:49:03Et cette proposition de loi
00:49:04de seulement 60 mots,
00:49:05elle autoriserait donc
00:49:06le président
00:49:07à recourir à la force
00:49:08sans préciser
00:49:09ni où,
00:49:10ni quand,
00:49:11ni comment,
00:49:12ni même contre qui exactement.
00:49:14Le texte reste large
00:49:15et dit seulement
00:49:16contre toutes les nations,
00:49:18organisations
00:49:18ou forces associées aux attaques,
00:49:20sans mentionner
00:49:21ni Al-Qaïda,
00:49:22ni Ben Laden,
00:49:23ni l'Afghanistan.
00:49:24Aucun nom,
00:49:25aucune limite géographique,
00:49:26aucune durée précise,
00:49:28ce projet de loi
00:49:28donne des pouvoirs militaires
00:49:30quasi illimités
00:49:31au président américain
00:49:32qui ne sera plus obligé
00:49:33de repasser
00:49:34par des votes du Congrès.
00:49:35La UMF,
00:49:36elle est malgré tout
00:49:37adoptée par le Congrès américain.
00:49:39La sénatrice démocrate
00:49:40Barbara Lee
00:49:40est la seule
00:49:41à voter contre ce projet de loi
00:49:43en dénonçant
00:49:44le flou autour du texte.
00:49:45Dès le lendemain du vote,
00:49:46le 15 septembre,
00:49:47Bush convoque
00:49:48un conseil de guerre
00:49:49dans la résidence
00:49:50de Camp David.
00:49:51Tous les grands responsables
00:49:52militaires des États-Unis
00:49:53sont présents.
00:49:54Et là, aucun doute,
00:49:55la guerre se prépare.
00:49:57Bush désigne rapidement
00:49:58la première cible
00:49:58qui sera
00:49:59l'Afghanistan
00:50:00où se trouve Ben Laden
00:50:01et où les talibans
00:50:02protègent Al-Qaïda.
00:50:03Mais pendant cette réunion,
00:50:04le sujet des défaillances
00:50:05de sécurité
00:50:06sur le territoire américain
00:50:07est également abordé.
00:50:09Le 11 septembre,
00:50:10l'État américain
00:50:11a failli dans sa mission
00:50:12protéger ses citoyens
00:50:13et il fallait donc
00:50:14prendre des mesures
00:50:15pour que ça n'arrive
00:50:16plus jamais.
00:50:17Et pour Bush,
00:50:18il faut moderniser
00:50:19l'appareil sécuritaire,
00:50:20renforcer la surveillance
00:50:21et élargir les pouvoirs
00:50:22de la police.
00:50:23Et c'est dans cette idée
00:50:24que le 26 octobre 2001,
00:50:26le président fait adopter
00:50:27le Patriot Act.
00:50:29C'est une loi qui a pour but
00:50:30d'empêcher de nouveaux
00:50:31actes terroristes
00:50:32et ce,
00:50:32par tous les moyens nécessaires.
00:50:34Mais cette nouvelle loi,
00:50:35elle comporte des mesures
00:50:36controversées.
00:50:37Elle autorise par exemple
00:50:38le FBI à avoir accès
00:50:40à des informations privées,
00:50:41comme des données bancaires
00:50:42et ce,
00:50:43sans mandat judiciaire.
00:50:45Le FBI peut également
00:50:46procéder à des
00:50:46perquisitions furtives,
00:50:48c'est-à-dire rentrer
00:50:49dans une maison,
00:50:50fouiller,
00:50:51puis repartir
00:50:51sans avoir à prévenir.
00:50:53Elle permet aussi
00:50:54la détention préventive
00:50:55d'étrangers soupçonnés
00:50:56de liens avec le terrorisme,
00:50:58même sans accusation formelle.
00:50:59Mais le Patriot Act
00:51:00permet surtout
00:51:01de renforcer
00:51:02la surveillance de masse
00:51:03en permettant au gouvernement
00:51:05d'utiliser plus largement
00:51:06les écoutes téléphoniques
00:51:07ou de collecter
00:51:08les données personnelles
00:51:09comme les e-mails,
00:51:10les historiques internet
00:51:11et les métadonnées
00:51:13de millions d'américains.
00:51:14Et dans l'ombre,
00:51:15c'est la NSA,
00:51:16l'Agence Nationale de Sécurité
00:51:18qui se voit confier
00:51:19cette surveillance électronique.
00:51:21Dans un secret absolu,
00:51:23l'administration Bush
00:51:24charge la NSA
00:51:25de lancer le programme
00:51:26Stellar Wind
00:51:27qui autorise
00:51:28la collecte massive
00:51:29de données personnelles.
00:51:31Et la stratégie,
00:51:31elle est simple.
00:51:33Mieux vaut tout surveiller
00:51:34que de rater un signal.
00:51:36La NSA scruite tout,
00:51:37collecte,
00:51:38surveille sur le territoire
00:51:39américain
00:51:39mais aussi en dehors.
00:51:41Il faudra attendre
00:51:42plus d'une décennie
00:51:43et les révélations
00:51:43d'Edward Snowden
00:51:44pour que le monde
00:51:45découvre l'ampleur
00:51:46de cette surveillance.
00:51:48Mais si la guerre
00:51:49contre le terrorisme
00:51:50commence dans les coulisses
00:51:51de la politique,
00:51:52elle va bientôt devenir
00:51:53une guerre bien visible.
00:51:56Alors je sais que cette vidéo
00:51:57elle est plus longue
00:51:57que d'habitude,
00:51:58je vois que t'es encore là
00:51:59à regarder,
00:52:00donc surtout si t'es pas abonné,
00:52:02n'hésite pas à le faire
00:52:03parce qu'il y aura
00:52:03plein de vidéos
00:52:04de ce type-là
00:52:05qui arriveront.
00:52:05Le 20 septembre 2001,
00:52:12quelques jours seulement
00:52:13après les attentats,
00:52:14George Bush lance
00:52:15un ultimatum
00:52:16au gouvernement taliban
00:52:17en Afghanistan.
00:52:17Face au refus des Afghans,
00:52:24le président américain
00:52:25décide donc
00:52:26de passer à l'action.
00:52:27Le 7 octobre 2001,
00:52:29moins d'un mois
00:52:29après les attentats,
00:52:30les Etats-Unis
00:52:31lancent l'opération
00:52:32Enduring Freedom.
00:52:33Les avions américains
00:52:35accompagnés
00:52:35de leurs alliés britanniques
00:52:36frappent l'Afghanistan
00:52:37pour la première fois
00:52:38en ciblant
00:52:39des camps d'entraînement
00:52:40d'Al-Qaïda
00:52:41et des installations
00:52:42militaires talibanes.
00:52:43Et c'est là-dessus
00:52:44que commence
00:52:44la vengeance
00:52:45des Etats-Unis.
00:52:46En fait,
00:52:47l'Afghanistan représente
00:52:48un défi très complexe
00:52:49pour l'armée américaine.
00:52:50C'est un pays
00:52:50sans littoral,
00:52:52montagneux et escarpé,
00:52:53situé à l'autre bout
00:52:54du monde
00:52:54et entouré
00:52:55de pays peu coopératifs
00:52:56voire hostiles.
00:52:58Les relations
00:52:58avec le Pakistan,
00:52:59elles sont ambiguës,
00:53:00l'Iran est un ennemi,
00:53:03d'anciennes républiques soviétiques
00:53:05plutôt hostiles
00:53:05et la Chine
00:53:06n'est pas vraiment un ami.
00:53:07C'est donc difficile
00:53:08pour les Etats-Unis
00:53:09de faire entrer des troupes
00:53:10dans ce casse-tête géopolitique.
00:53:12Les Etats-Unis
00:53:12décident donc
00:53:13de s'appuyer
00:53:13sur des forces locales
00:53:15qui sont toujours présentes
00:53:16sur le terrain
00:53:17et ces forces locales,
00:53:18c'est l'alliance du nord
00:53:19du commandant Massoud
00:53:20qui est toujours
00:53:21opposé aux talibans.
00:53:23Massoud,
00:53:23on en a déjà parlé,
00:53:24c'était un redoutable
00:53:25combattant sur le terrain
00:53:26en plus d'être
00:53:27un dirigeant écouté et suivi.
00:53:28Pendant la troisième
00:53:29guerre civile d'Afghanistan,
00:53:30le commandant Massoud
00:53:31c'est le seul dirigeant
00:53:33anti-taliban
00:53:33qui est capable
00:53:34de contrôler une partie
00:53:35du territoire afghan
00:53:36face aux armées talibanes
00:53:37épaulées par les combattants
00:53:39d'Al-Qaïda.
00:53:40Mais en fait,
00:53:40deux jours avant
00:53:41les attentats du 11 septembre,
00:53:42le 9 septembre 2001,
00:53:44deux kamikazes d'Al-Qaïda
00:53:45se faisant passer
00:53:46pour des journalistes
00:53:47occidentaux
00:53:48se présentent
00:53:48pour interviewer
00:53:49le chef de l'alliance du nord.
00:53:51Et pendant l'interview,
00:53:52une bombe cachée
00:53:53dans une caméra
00:53:54explose
00:53:55et cause la mort
00:53:56du commandant Massoud.
00:53:58A l'évidence,
00:53:58cet assassinat est étroitement
00:54:00lié aux attentats
00:54:01qui ont lieu
00:54:01deux jours plus tard.
00:54:02En éliminant Massoud,
00:54:04Oussama Ben Laden
00:54:05n'a pas seulement
00:54:06éliminé le principal rival
00:54:07au régime des talibans,
00:54:08il a surtout éliminé
00:54:09le potentiel allié afghan
00:54:11des américains
00:54:12en cas de guerre
00:54:13en Afghanistan.
00:54:14L'alliance du nord
00:54:14deviendra malgré tout
00:54:15l'avant-garde
00:54:16de l'invasion américaine
00:54:17et les choses vont aller
00:54:18vite,
00:54:19très vite même.
00:54:20En quelques semaines,
00:54:21les talibans
00:54:22quittent plusieurs grandes villes
00:54:23afghanes
00:54:23et perdent le contrôle du pays.
00:54:24Le 13 novembre 2001,
00:54:27Kaboul,
00:54:27la capitale afghane,
00:54:28est libérée
00:54:29sans grande résistance.
00:54:30Les talibans
00:54:31prennent la fuite
00:54:32vers le sud
00:54:32et s'établissent
00:54:33à Kandahar,
00:54:34leur dernier bastion
00:54:35et la ville natale
00:54:36du mouvement.
00:54:37Mais le 9 décembre,
00:54:38Kandahar tombe à son tour.
00:54:40Le régime taliban
00:54:40s'est effondré
00:54:41en à peine
00:54:42trois mois.
00:54:43Tous les afghans
00:54:45remercient Tony Blair,
00:54:46le gouvernement britannique,
00:54:47George Bush
00:54:48et la communauté internationale.
00:54:50Ils nous ont sauvés
00:54:51des griffes,
00:54:53des terroristes.
00:54:53Mais si les combattants
00:54:54d'Al-Qaïda
00:54:55et des talibans
00:54:56ont été repoussés,
00:54:57ils n'ont pas été capturés
00:54:58pour autant.
00:54:59Beaucoup d'entre eux
00:55:00ont fui vers le Pakistan
00:55:01où se sont réfugiés
00:55:02dans les régions montagneuses
00:55:03de l'Afghanistan.
00:55:04Et parmi eux,
00:55:05se trouve Oussama Ben Laden.
00:55:07Et selon les renseignements américains,
00:55:09ils se trouveraient même
00:55:10dans la région de Tora Bora.
00:55:12L'opportunité,
00:55:13elle est donc unique.
00:55:13L'ennemi public numéro 1
00:55:15est localisé
00:55:16et quasi encerclé.
00:55:18Mais l'armée américaine
00:55:19va faire un choix
00:55:19inexplicable.
00:55:21Plutôt que d'envoyer
00:55:22les forces spéciales américaines
00:55:23au sol pour capturer
00:55:24ou abattre Ben Laden,
00:55:26l'état-major américain
00:55:27préfère limiter
00:55:28sa présence militaire
00:55:29dans la région
00:55:30et préfère confier
00:55:31l'opération
00:55:31à des milices afghanes
00:55:33soutenues par des agents
00:55:34de la CIA.
00:55:35Une décision qui est étonnante
00:55:36parce qu'on parle
00:55:37de la mission suprême,
00:55:38de la cible à abattre,
00:55:40de l'homme le plus recherché
00:55:41de la planète.
00:55:42Et en procédant de la sorte,
00:55:43l'armée américaine
00:55:44laisse des routes d'évasion
00:55:45ouvertes à Ben Laden,
00:55:47ce qu'il parvient à faire.
00:55:48Vraisemblablement
00:55:49entre le 14 et le 16 décembre 2001.
00:55:52Oussama Ben Laden
00:55:52et ses lieutenants
00:55:53s'échappent donc vers le Pakistan
00:55:55puis disparaissent.
00:55:57Et il faudra
00:55:5710 ans
00:55:58pour le retrouver.
00:55:59Peter Bergen,
00:56:00qui est un journaliste,
00:56:01historien
00:56:02et grand spécialiste
00:56:02d'Al-Qaïda,
00:56:03qualifiera plus tard
00:56:04la bataille de Tora Bora
00:56:05comme
00:56:06l'un des plus grands ratés
00:56:08militaires
00:56:08de l'histoire des Etats-Unis.
00:56:10Bon, malgré cet échec cuisant,
00:56:11pour les Etats-Unis,
00:56:12l'invasion de l'Afghanistan,
00:56:13c'est un succès militaire.
00:56:14Le régime taliban est tombé
00:56:15et un certain nombre
00:56:17de hauts dirigeants d'Al-Qaïda
00:56:18ont été capturés.
00:56:19L'armée américaine
00:56:20ira même jusqu'à parachuter
00:56:21des tracts
00:56:22demandant à ce que
00:56:23des cibles leur soient livrées,
00:56:25en promettant en échange
00:56:26de rendre riches
00:56:27les potentiels informateurs.
00:56:29Donc très vite,
00:56:29la guerre produit
00:56:30un flot de prisonniers
00:56:31et avec lui,
00:56:32une question,
00:56:33où les mettre ?
00:56:34Parce qu'au début,
00:56:35la plupart sont détenus
00:56:36dans ce qu'on appelle
00:56:37les sites noirs,
00:56:38c'est-à-dire des prisons
00:56:39clandestines gérées
00:56:40par la CIA
00:56:41et qui sont réparties
00:56:42dans plusieurs pays.
00:56:43Là-bas,
00:56:43les prisonniers y sont interrogés
00:56:44dans le secret le plus absolu,
00:56:46sans procès ni avocat,
00:56:47mais très vite,
00:56:48ces prisons secrètes
00:56:49ne suffisent plus.
00:56:50Les États-Unis
00:56:50vont avoir besoin
00:56:51d'un lieu
00:56:52pour regrouper les prisonniers.
00:56:54Un lieu hors du sol américain,
00:56:55mais qui reste
00:56:56totalement sous leur contrôle.
00:56:58Et ce lieu,
00:56:58ce sera Guantanamo Bay,
00:57:00une base américaine
00:57:01située sur la côte cubaine.
00:57:03Guantanamo,
00:57:03c'est un héritage
00:57:04de la guerre hispano-cubaine
00:57:06de 1898,
00:57:07durant laquelle Cuba
00:57:08devient indépendante
00:57:10avec l'aide des Américains.
00:57:11Et après l'indépendance,
00:57:13un accord prévoit
00:57:14que Guantanamo reste
00:57:15une possession américaine
00:57:16grâce à un bail perpétuel.
00:57:18Il s'agit donc
00:57:19d'un territoire loué
00:57:20par les Américains,
00:57:22mais où ne s'applique
00:57:22aucun droit concret.
00:57:24Guantanamo,
00:57:25c'est le vide juridique parfait
00:57:27que George Bush
00:57:28décide de transformer
00:57:29en camp de détention
00:57:30pour les prisonniers
00:57:31suspectés de terrorisme.
00:57:33Et dès 2002,
00:57:34on va accueillir
00:57:34les premiers prisonniers.
00:57:36Et n'étant pas
00:57:36des soldats réguliers
00:57:37issus d'armées conventionnelles,
00:57:39les États-Unis
00:57:40vont alors considérer
00:57:41qu'ils ne sont pas couverts
00:57:42par la Convention de Genève.
00:57:44Les détenus
00:57:44sont donc privés
00:57:45de leurs droits fondamentaux.
00:57:47Pas d'avocat,
00:57:48pas de procès,
00:57:48des conditions
00:57:49de détention violentes,
00:57:50mais surtout
00:57:51des interrogatoires
00:57:52qu'on qualifiera
00:57:53de musclés.
00:57:54À partir de 2002,
00:57:56des détenus
00:57:56de grande importance
00:57:57vont être capturés
00:57:58par l'armée américaine.
00:57:59Et c'est par exemple
00:58:00le cas d'Abu Zoubaïda.
00:58:01Abu Zoubaïda,
00:58:02c'est un terroriste palestinien
00:58:04qu'il jouait l'intermédiaire
00:58:05entre Al-Qaïda
00:58:06et les combattants
00:58:07voulant rejoindre
00:58:08l'organisation terroriste.
00:58:10Il avait donc
00:58:10des renseignements précieux.
00:58:11Et c'est par exemple
00:58:12lui qui a permis
00:58:13à la CIA
00:58:14d'identifier
00:58:15Khalid Sheikh Mohammed
00:58:16comme le cerveau
00:58:17du 11 septembre.
00:58:18Zoubaïda devient donc
00:58:20l'un des premiers cobayes
00:58:21du programme
00:58:22d'interrogatoire renforcé.
00:58:23Et avec ce programme,
00:58:24les pratiques brutales
00:58:25deviennent permises.
00:58:27Nudité imposée,
00:58:28privation de sommeil,
00:58:29d'eau ou de nourriture,
00:58:30coup, insultes,
00:58:31soumission au froid
00:58:32ou à la chaleur,
00:58:33enfermement dans des positions
00:58:34stressantes,
00:58:35simulation noyade.
00:58:36A Guantanamo,
00:58:37les Etats-Unis
00:58:38glissent progressivement
00:58:39vers un système
00:58:40de torture institutionnalisé.
00:58:42Le tout étant couvert
00:58:43par l'administration Bush.
00:58:44Après la chute
00:58:45du régime taliban,
00:58:46tout le monde pensait
00:58:47que la guerre
00:58:47serait bientôt finie.
00:58:49Mais faire tomber
00:58:49les talibans
00:58:50n'a pourtant pas
00:58:51éliminé la menace.
00:58:52Oussama Ben Laden
00:58:53est toujours en vie
00:58:54et Al-Qaïda
00:58:55toujours actif.
00:58:56Très vite,
00:58:57l'Afghanistan
00:58:57ne devient qu'une étape
00:58:58de la guerre
00:58:59contre le terrorisme
00:59:00que mènent les Etats-Unis.
00:59:01Et dans un discours
00:59:02tenu le 29 janvier 2002,
00:59:04le président George Bush
00:59:05n'hésite pas
00:59:06à désigner
00:59:06ce qu'il appelle
00:59:07l'axe du mal.
00:59:09Trois pays
00:59:09qui, selon lui,
00:59:11soutiennent le terrorisme
00:59:12et représentent
00:59:12des menaces mondiales.
00:59:22Et ces pays,
00:59:23c'est la Corée du Nord,
00:59:24c'est l'Iran
00:59:25et c'est l'Irak.
00:59:26Et dans les couloirs
00:59:27du pouvoir américain,
00:59:28la prochaine cible
00:59:29de la guerre contre le terrorisme
00:59:31a déjà été choisie.
00:59:32Il s'agit de Saddam Hussein,
00:59:34le président irakien.
00:59:40Alors là,
00:59:41on va faire un petit retour
00:59:41en arrière.
00:59:42En 1991,
00:59:44durant la première guerre du Golfe,
00:59:45la coalition menée
00:59:46par les Etats-Unis
00:59:47parvient à repousser
00:59:48l'armée irakienne
00:59:49hors du Koweït.
00:59:50Et c'est là
00:59:51que s'est posé
00:59:51une question essentielle.
00:59:53Est-ce qu'on doit
00:59:53s'arrêter là
00:59:54ou est-ce qu'on doit
00:59:55poursuivre le combat
00:59:56contre Saddam Hussein
00:59:57pour provoquer sa chute ?
00:59:58Le président George Bush,
01:00:00qui était le père
01:00:00de George W. Bush,
01:00:02préfère alors
01:00:02ne pas s'investir
01:00:03dans un conflit
01:00:04qui risque d'être long.
01:00:05Et après l'avoir repoussé
01:00:06du Koweït,
01:00:07la coalition décide donc
01:00:08de se retirer
01:00:09en laissant Saddam
01:00:10au pouvoir en Irak.
01:00:11Mais dix ans plus tard,
01:00:13alors que le fils
01:00:13a succédé à son père
01:00:14et que les attentats
01:00:15du 11 septembre ont eu lieu,
01:00:17beaucoup de membres
01:00:17de l'administration américaine
01:00:19considèrent ce choix
01:00:20comme une erreur.
01:00:21Mais cette situation
01:00:22d'après 2001
01:00:22pourrait leur offrir
01:00:23l'occasion d'agir
01:00:24et de finir le travail,
01:00:26je cite.
01:00:27Les Etats-Unis
01:00:27sont déjà engagés
01:00:28en Afghanistan
01:00:29et ils sont soutenus
01:00:30par une grande partie
01:00:31du monde
01:00:32dans leur guerre
01:00:32contre le terrorisme.
01:00:33Il ne leur manque
01:00:34donc plus qu'un prétexte
01:00:35pour attaquer l'Irak.
01:00:37Et c'est là
01:00:37que va naître
01:00:37une théorie portée
01:00:38par les Etats-Unis.
01:00:39Saddam Hussein
01:00:40détient ou développe
01:00:42des armes
01:00:42de destruction massive.
01:00:44Et en plus de ça,
01:00:45l'Irak entretiendrait
01:00:46des liens
01:00:46avec Oussama Ben Laden
01:00:48et Al-Qaïda
01:00:49et pourrait donc
01:00:50être impliqué
01:00:50dans les attentats
01:00:51du 11 septembre.
01:00:52Bon, rapidement,
01:00:53l'administration Bush
01:00:54affirme détenir des preuves,
01:00:55notamment des aveux
01:00:56de détenus
01:00:57qui confirment
01:00:58que Saddam Hussein
01:00:59protège des membres
01:00:59d'Al-Qaïda.
01:01:00Et même si ces aveux
01:01:01sont obtenus
01:01:02sous la torture,
01:01:03même si les Etats-Unis
01:01:04sont les seuls
01:01:05à détenir ces preuves,
01:01:06et même si des rapports
01:01:07de l'ONU
01:01:07indiquent le contraire,
01:01:09les Etats-Unis
01:01:10tentent alors
01:01:10de convaincre
01:01:11le reste du monde
01:01:12de la nécessité
01:01:13d'une intervention
01:01:14militaire en Irak.
01:01:15Le 5 février 2003,
01:01:17le secrétaire
01:01:17d'État américain
01:01:18Colin Powell
01:01:19présente le dossier
01:01:20américain
01:01:21contre l'Irak
01:01:21devant le Conseil
01:01:22de sécurité de l'ONU.
01:01:24Et là,
01:01:24il va montrer
01:01:25des photos satellites,
01:01:26des schémas,
01:01:26il brandit
01:01:27un supposé flacon
01:01:28d'antrax
01:01:28et il affirme
01:01:29avec certitude
01:01:30que Saddam
01:01:30cache des armes
01:01:31de destruction massive.
01:01:34Saddam Hussein
01:01:34possède déjà
01:01:35deux des trois
01:01:36composantes nécessaires
01:01:37pour fabriquer
01:01:38une bombe nucléaire.
01:01:39Le monde ne le sait pas
01:01:39encore à ce moment-là,
01:01:40mais les Etats-Unis
01:01:41ont déjà pris la décision
01:01:43de déclencher
01:01:43une guerre contre l'Irak.
01:01:45Et finalement,
01:01:45pour les Etats-Unis,
01:01:46peu importe que
01:01:47les preuves américaines
01:01:47soient fabriquées,
01:01:48et peu importe que
01:01:49les agences de renseignement
01:01:50européennes
01:01:50remettent en cause
01:01:51ces affirmations
01:01:52et peu importe
01:01:53que l'ONU refuse
01:01:54d'autoriser l'intervention
01:01:55parce que oui,
01:01:56l'ONU va refuser
01:01:57cette intervention.
01:01:58Et ça,
01:01:58c'est notamment grâce
01:01:59à l'opposition
01:01:59de la Chine,
01:02:00de la Russie
01:02:01ou même de la France.
01:02:02Et c'est aussi en partie
01:02:03grâce à un discours
01:02:04resté célèbre
01:02:05du ministre
01:02:06des Affaires étrangères
01:02:07français de l'époque,
01:02:08Dominique de Villepin.
01:02:09Au bout du compte,
01:02:11ce choix-là
01:02:11n'est-il pas le plus sûr ?
01:02:13Mais pour Washington,
01:02:14la situation,
01:02:15elle est très claire.
01:02:16Il est inacceptable
01:02:17que l'Irak,
01:02:18allié à Al-Qaïda,
01:02:19soit en mesure
01:02:20de menacer
01:02:21les Etats-Unis
01:02:22avec quelconque
01:02:23arme de destruction massive.
01:02:24La guerre
01:02:25est nécessaire
01:02:26et elle se fera
01:02:27avec ou sans les alliés.
01:02:29Et donc,
01:02:29en mars 2003,
01:02:30les Etats-Unis,
01:02:31accompagnés du Royaume-Uni,
01:02:33envahissent l'Irak
01:02:34sans mandat de l'ONU.
01:02:35Et là-bas,
01:02:36ça va très vite.
01:02:37En moins d'un mois,
01:02:38Bagdad est prise
01:02:38par les Américains
01:02:39et le régime
01:02:40de Saddam Hussein
01:02:41tombe.
01:02:41Dès le 1er mai 2003,
01:02:43George Bush prononce
01:02:44un discours
01:02:45sur un porte-avions américain
01:02:46où il déclare
01:02:47que la mission
01:02:47est accomplie.
01:02:54S'en suit alors
01:02:55une longue période
01:02:56d'occupation de l'Irak
01:02:57par l'armée américaine.
01:02:58Sur le terrain,
01:02:59les troupes
01:03:00ne trouvent rien.
01:03:01Pas de laboratoire,
01:03:02pas de stock d'armes,
01:03:03pas de programme nucléaire.
01:03:05En fait,
01:03:05les armes
01:03:05de destruction massive
01:03:07n'ont jamais existé.
01:03:08Quant aux armes
01:03:09de destruction massive,
01:03:11elles sont finalement
01:03:11restées introuvables.
01:03:12Les Américains
01:03:13resteront en Irak
01:03:14jusqu'en 2011.
01:03:154 400 soldats américains
01:03:17y sont morts
01:03:18pour chercher
01:03:18des armes imaginaires.
01:03:20Et le conflit
01:03:20aura fait
01:03:21220 000 victimes
01:03:22irakiennes.
01:03:23Indéniablement,
01:03:24cette guerre en Irak
01:03:25a été un point de bascule
01:03:26dans la lutte américaine
01:03:27contre le terrorisme.
01:03:28Au-delà du coup humain
01:03:29et stratégique,
01:03:30le conflit contre l'Irak
01:03:31a provoqué
01:03:32un véritable chaos
01:03:33au Moyen-Orient.
01:03:34Et pire encore,
01:03:35il a servi les intérêts
01:03:37d'Al-Qaïda
01:03:37et d'Oussama Ben Laden.
01:03:39Une nouvelle fois,
01:03:40les Etats-Unis envahissent
01:03:41les terres musulmanes.
01:03:42Une nouvelle fois,
01:03:43l'Occident s'attaque
01:03:44à l'Islam.
01:03:45Ce discours d'Oussama Ben Laden
01:03:47va beaucoup résonner
01:03:48dans certaines populations
01:03:49du Moyen-Orient
01:03:50et notamment en Afghanistan.
01:03:52Et pendant que la tension
01:03:53militaire et politique américaine
01:03:54se détourne vers Bagdad
01:03:56en Irak,
01:03:56l'Afghanistan glisse à nouveau
01:03:58entre les mains des talibans.
01:03:59Et bientôt,
01:04:00les Etats-Unis se retrouvent
01:04:01à mener deux guerres
01:04:02simultanément.
01:04:03Deux fronts
01:04:04qui deviendront bientôt
01:04:05deux impasses.
01:04:07Et il faudra attendre 2008
01:04:08pour entrevoir
01:04:09une première porte de sortie.
01:04:10Cette année-là,
01:04:11Barack Obama fait campagne
01:04:13pour devenir
01:04:13le prochain président américain.
01:04:15Il milite pour mettre fin
01:04:16à la guerre en Irak
01:04:17qu'il n'hésite pas
01:04:18à qualifier d'erreur
01:04:19stratégique américaine d'ailleurs.
01:04:21Pour lui,
01:04:21dans les deux conflits,
01:04:22il y a une mauvaise guerre,
01:04:23l'Irak
01:04:24et une bonne guerre,
01:04:25l'Afghanistan.
01:04:26Et une fois élu,
01:04:26Obama fixe un objectif clair.
01:04:28Il veut retirer
01:04:29les troupes américaines
01:04:30de l'Irak
01:04:30et vaincre Al-Qaïda
01:04:32en Afghanistan.
01:04:40Le problème,
01:04:41c'est qu'à son arrivée
01:04:42à la Maison-Blanche,
01:04:43Obama hérite
01:04:44d'une situation catastrophique.
01:04:46Les talibans
01:04:46se sont renforcés
01:04:47et contrôlent
01:04:48des territoires entiers.
01:04:49Le gouvernement afghan
01:04:50est corrompu
01:04:51et très impopulaire.
01:04:52Et Ben Laden
01:04:53reste introuvable.
01:04:54Pour finir
01:04:55cette bonne guerre,
01:04:56Obama doit donc
01:04:57déployer
01:04:58des moyens colossaux.
01:04:59Et ça,
01:05:00au pire des moments,
01:05:01puisque 2008,
01:05:02c'est aussi l'année
01:05:03où éclate
01:05:03l'une des pires
01:05:04crises bancaires
01:05:04et financières du monde.
01:05:06Ce nouveau déploiement
01:05:07de plus de 30 000 soldats
01:05:08américains
01:05:09se fait donc à la hâte.
01:05:11Officiellement,
01:05:11il s'agit d'une dernière poussée
01:05:13pour créer les conditions
01:05:14d'un futur retrait,
01:05:15mais sur le terrain,
01:05:16les objectifs sont flous.
01:05:18Cette nouvelle phase
01:05:18de la guerre
01:05:19s'engage sans réelle stratégie,
01:05:20sans que personne
01:05:21ne sache vraiment
01:05:22comment la gagner.
01:05:23Et pour sortir
01:05:31de ce bourbier,
01:05:32l'administration américaine
01:05:34parie sur une idée.
01:05:35Former une armée
01:05:36afghane forte,
01:05:38autonome,
01:05:38capable de combattre
01:05:39les talibans
01:05:40toutes seules.
01:05:41Et cette stratégie,
01:05:42elle se base
01:05:42sur la doctrine
01:05:43du
01:05:43« clear, hold, build »
01:05:45pour nettoyer,
01:05:46tenir et reconstruire.
01:05:48Mais sur le terrain,
01:05:49encore une fois,
01:05:50la réalité,
01:05:51elle est tout autre.
01:05:51D'abord, l'argent.
01:05:53Près de 80%
01:05:54des fonds américains
01:05:55sont absorbés
01:05:56par la police
01:05:57et l'armée afghane
01:05:58pour les armes,
01:05:58les uniformes,
01:05:59les salaires,
01:06:00les formations, etc.
01:06:01Le problème,
01:06:02c'est qu'une grande partie
01:06:03de ces budgets
01:06:04disparaît dans la corruption locale.
01:06:06Les équipements
01:06:06sont revendus
01:06:07au marché noir,
01:06:08les contrats
01:06:09sont attribués
01:06:10à des proches du pouvoir
01:06:11et une partie
01:06:12de l'aide américaine
01:06:13finit directement
01:06:14dans les poches
01:06:14de chefs de guerre.
01:06:16Et puis ensuite,
01:06:16la structure.
01:06:17Les formations
01:06:18sont bâclées,
01:06:19les registres
01:06:20regorgent de soldats
01:06:21fantômes
01:06:21qui n'existent pas
01:06:22mais qui touchent
01:06:23quand même un salaire.
01:06:24Et puis en plus,
01:06:25dans les faits,
01:06:25cette armée afghane
01:06:26qui est formée
01:06:27pour lutter elle-même
01:06:28contre les talibans
01:06:29est incapable
01:06:30de tenir le terrain
01:06:31sans l'appui américain.
01:06:33Écoute-moi bien,
01:06:33en 2021,
01:06:35un rapport officiel
01:06:36estimera que près
01:06:37de 20 milliards de dollars
01:06:38ont été gaspillés
01:06:40ou détournés
01:06:40pendant cette période.
01:06:41Et donc,
01:06:42peu à peu,
01:06:43l'Afghanistan devient
01:06:43la plus longue guerre
01:06:44de l'histoire américaine
01:06:45et personne ne sait
01:06:46comment en sortir.
01:06:48Et face à cette impasse,
01:06:49l'administration Obama
01:06:50doit donc trouver
01:06:51le moyen de marquer
01:06:52une rupture symbolique.
01:06:54Une cible revient alors
01:06:55au centre de tous les objectifs,
01:06:57Oussama Ben Laden.
01:06:58En fait,
01:07:04depuis sa fuite
01:07:04de Thora Bora
01:07:05en fin d'année 2001,
01:07:06Oussama Ben Laden
01:07:07demeure introuvable.
01:07:09Pendant presque 10 ans,
01:07:11les services de renseignement
01:07:12américains
01:07:12dépensent des millions,
01:07:14recrutent des milliers
01:07:14d'analystes,
01:07:15d'informateurs,
01:07:16de cryptographes,
01:07:17mais rien.
01:07:18Mais les attentats
01:07:18du 11 septembre
01:07:19ont été l'événement
01:07:20le plus dramatique
01:07:21de l'histoire américaine.
01:07:22Oussama Ben Laden
01:07:23n'est donc pas
01:07:23qu'un simple fugitif,
01:07:25c'est le visage
01:07:26de l'ennemi.
01:07:26L'architecte du 11 septembre.
01:07:29Tant qu'il sera en vie,
01:07:30le 11 septembre
01:07:30restera un chapitre ouvert
01:07:31et au-delà de ça,
01:07:33la menace
01:07:33d'un nouvel attentat
01:07:34continuera de planer.
01:07:35Mais au début
01:07:36du mois de septembre 2010,
01:07:38la CIA apporte
01:07:38enfin quelque chose.
01:07:40Les Etats-Unis
01:07:40pensent tenir une piste.
01:07:42Un ancien messager
01:07:43d'Al-Qaïda
01:07:43localisé au Pakistan
01:07:44est suivi discrètement
01:07:46et ses allers-retours
01:07:47mènent à Abbottabad,
01:07:49une ville du nord du pays.
01:07:50Et là-bas,
01:07:51les analystes
01:07:51découvrent une maison
01:07:52étrange,
01:07:53ultra sécurisée,
01:07:54sans téléphone,
01:07:55sans Internet,
01:07:56et entourée
01:07:57de murs hauts
01:07:57de 3 mètres.
01:07:59C'est plutôt léger
01:08:00mais c'est un début.
01:08:02Les satellites
01:08:02se mettent donc
01:08:02à surveiller
01:08:03les activités,
01:08:04les visiteurs,
01:08:05les résidents.
01:08:06Parfois,
01:08:06un homme apparaît
01:08:07dans la cour
01:08:08et les analystes
01:08:08le surnomment
01:08:09le promeneur.
01:08:10Ce promeneur,
01:08:11il a la même taille,
01:08:12la même corpulence
01:08:13et les mêmes gestes
01:08:14mesurés
01:08:15qu'Oussama Ben Laden.
01:08:17Donc,
01:08:18c'est peut-être lui.
01:08:18Se pose alors
01:08:19la question
01:08:19comment frapper
01:08:20ici au Pakistan ?
01:08:22Officiellement,
01:08:22le pays est un allié
01:08:23des Etats-Unis.
01:08:24Mais en fait,
01:08:25officieusement,
01:08:26le Pakistan mène
01:08:27un double jeu permanent.
01:08:28Ils ont déjà aidé
01:08:29les Américains
01:08:30dans la guerre
01:08:30contre le terrorisme
01:08:31mais dans le même temps,
01:08:33les autorités pakistanaises
01:08:34ont aussi protégé
01:08:35des talibans
01:08:35ou parfois même
01:08:36des membres d'Al-Qaïda.
01:08:38L'idée que Ben Laden
01:08:39ait pu vivre ici
01:08:40caché pendant des années
01:08:41à quelques centaines
01:08:42de mètres
01:08:43d'une base militaire
01:08:44pakistanaise
01:08:44semble impensable
01:08:46ou trop logique
01:08:47pour être ignoré.
01:08:48Et pour la CIA,
01:08:49une chose est sûre,
01:08:50hors de question
01:08:51de prévenir le Pakistan
01:08:52d'une potentielle intervention.
01:08:54L'intervention devra donc
01:08:55être rapide et discrète.
01:08:57Le plan est simple
01:08:57mais très risqué,
01:08:59un raid en pleine nuit
01:09:00mené par la Navy Seal Team 6
01:09:02qui est l'unité d'élite
01:09:03des forces spéciales américaines.
01:09:04Dans la nuit du 1er
01:09:05au 2 mai 2011,
01:09:06le président Obama
01:09:07et ses conseillers
01:09:08prennent donc place
01:09:09dans la Situation Room
01:09:10dans le sous-sol
01:09:11de la Maison Blanche.
01:09:12Deux hélicoptères décollent
01:09:13de Jalalabad
01:09:14en Afghanistan
01:09:15pour rentrer au Pakistan
01:09:16en vol bas
01:09:17pour ne pas être détecté.
01:09:18Arrivé à Abbottabad
01:09:19à l'heure prévue,
01:09:20l'un des hélicoptères
01:09:21s'écrase sur le toit
01:09:22de la résidence
01:09:23mais l'opération se poursuit.
01:09:25L'équipe d'assaut
01:09:26progresse pièce par pièce
01:09:27sans savoir si Ben Laden
01:09:28est véritablement présent
01:09:30et puis finalement
01:09:31un appel retentit.
01:09:33Pour Dieu et la patrie,
01:09:34Jeronimo.
01:09:36Ben Laden est là
01:09:37et il est abattu
01:09:38d'une balle dans la tête.
01:09:41L'opération n'aura finalement
01:09:43duré que 40 minutes
01:09:44en ce 1er mai 2011
01:09:46vers 23h35,
01:09:48Barack Obama
01:09:48peut enfin annoncer
01:09:49la nouvelle au monde entier.
01:09:51Oussama Ben Laden
01:09:53est mort.
01:09:56On peut dire
01:09:58à ces familles
01:09:59qui ont perdu
01:09:59leurs enfants
01:10:00à l'terror de l'al-Qaïda,
01:10:02la justice
01:10:02a été faite.
01:10:05Bon,
01:10:06si la mort de Ben Laden
01:10:07marque la fin d'al-Qaïda
01:10:08telle qu'on l'avait connue
01:10:10auparavant,
01:10:11elle ne marque pas
01:10:11pour autant
01:10:12la fin de la menace
01:10:13que le groupe terroriste
01:10:14avait fait naître.
01:10:15Fidèle à ses promesses
01:10:16de campagne,
01:10:16Barack Obama
01:10:17annonce en 2011
01:10:18le retrait des troupes
01:10:19américaines en Irak.
01:10:20Les Américains
01:10:21laissent derrière eux
01:10:21un pays ravagé
01:10:23avec un gouvernement
01:10:23irakien instable,
01:10:25incapable de remplir
01:10:26le vide sécuritaire.
01:10:27Et c'est précisément
01:10:28dans ce chaos
01:10:29que va naître
01:10:30un nouveau monstre,
01:10:31Daesh,
01:10:31qu'on appelle aussi
01:10:32l'État islamique.
01:10:33Issu des rangs d'al-Qaïda
01:10:35en Irak,
01:10:35ce nouveau groupe terroriste
01:10:36profite du retrait américain
01:10:38pour conquérir
01:10:39des villes entières
01:10:40et proclamé en 2014
01:10:42un califat islamique
01:10:43à cheval
01:10:44entre l'Irak
01:10:45et la Syrie.
01:10:46Et il faudra
01:10:465 ans de lutte violente
01:10:47pour en venir à bout.
01:10:48Et depuis,
01:10:49Daesh est retombé
01:10:50dans la clandestinité,
01:10:51mais n'a jamais
01:10:52vraiment disparu.
01:10:53Et pendant ce temps,
01:10:54la guerre continue
01:10:55en Afghanistan.
01:10:56Mais en 2011,
01:10:57Barack Obama
01:10:57annonce un retrait
01:10:58progressif.
01:10:59L'objectif est de laisser
01:11:00l'armée afghane,
01:11:01formée et financée
01:11:02par Washington,
01:11:03prendre progressivement
01:11:04le relais.
01:11:17Mais sur le terrain,
01:11:18rien ne fonctionne
01:11:18comme prévu.
01:11:19Les talibans
01:11:20n'ont pas été éradiqués
01:11:21et continuent leur lutte
01:11:22pour reprendre
01:11:23le contrôle du territoire afghan.
01:11:24En 2016,
01:11:25c'est Donald Trump
01:11:26qui arrive au pouvoir
01:11:27et il a une position
01:11:28très claire sur le sujet.
01:11:29Pour lui,
01:11:30l'engagement américain
01:11:31en Afghanistan
01:11:32était une erreur.
01:11:33C'est une perte de temps,
01:11:35c'est une perte d'argent
01:11:36et c'est une perte d'homme.
01:11:37Le président Trump
01:11:38promet donc
01:11:38de mettre fin
01:11:39aux guerres inutiles
01:11:40et se dit prêt
01:11:41à parler
01:11:42avec des talibans
01:11:43intelligents.
01:11:44En février 2020,
01:11:45les premières discussions
01:11:46de paix entre américains
01:11:47et talibans ont lieu.
01:11:48Après 20 ans de guerre,
01:11:50après que les talibans
01:11:51ont tué plus de 3500 soldats
01:11:53de la coalition américaine,
01:11:54après la mort
01:11:55de presque 50 000 civils afghans,
01:11:57les Etats-Unis
01:11:58et les talibans
01:11:59signent un accord
01:12:00de paix historique
01:12:01et ouvrent la voie
01:12:02à un retrait
01:12:03des troupes étrangères.
01:12:04Avec cet accord,
01:12:05les talibans s'engagent
01:12:06à ne pas attaquer
01:12:06l'armée américaine
01:12:07pendant son retrait,
01:12:08mais rien n'est signé
01:12:09concernant l'armée afghane
01:12:11et son gouvernement.
01:12:12Le 11 septembre 2021,
01:12:1420 ans jour pour jour
01:12:15après les attentats,
01:12:16les Etats-Unis
01:12:17quittent officiellement
01:12:18l'Afghanistan.
01:12:19Mais quelques semaines plus tôt,
01:12:20le 15 août,
01:12:21les talibans
01:12:21s'étaient déjà
01:12:22emparés de Kaboul
01:12:23et il ne leur faudra
01:12:24que quelques jours
01:12:24pour reprendre le contrôle
01:12:25du pays tout entier.
01:12:27Et du coup,
01:12:28le président afghan
01:12:28fuit le pays
01:12:29et l'armée afghane
01:12:30formée par les Etats-Unis
01:12:31se désintègre
01:12:32en quelques jours.
01:12:33La plus longue guerre
01:12:34de l'histoire des Etats-Unis
01:12:35se termine
01:12:36en fiasco total.
01:12:37En 2001,
01:12:38les américains
01:12:39étaient venus combattre
01:12:40le régime taliban
01:12:40qui avait aidé Al-Qaïda.
01:12:42En 2021,
01:12:43ils repartent
01:12:44en les laissant
01:12:45reprendre le pouvoir.
01:12:46Le 11 septembre
01:12:47avait déclenché
01:12:47une guerre mondiale
01:12:48contre le terrorisme.
01:12:49Mais aujourd'hui,
01:12:5120 ans plus tard,
01:12:52le monde semble être revenu
01:12:53au point de départ.
01:12:54Alors,
01:12:57on dit souvent
01:12:58que tous les gens
01:12:59en âge d'avoir vécu
01:12:59le 11 septembre 2001
01:13:01se souviennent
01:13:01exactement d'où
01:13:02ils étaient ce jour-là,
01:13:04avec qui
01:13:04et ce qu'ils faisaient.
01:13:05Le 11 septembre,
01:13:06c'est ce genre d'événement
01:13:07qui suspend le temps
01:13:08et qui coupe l'histoire
01:13:09en deux.
01:13:10Et c'est surtout
01:13:10la démarcation claire
01:13:12et précise
01:13:12entre le 20e
01:13:13et le 21e siècle.
01:13:15Il marque le début
01:13:16de l'histoire moderne,
01:13:17le début du monde
01:13:18dans lequel on vit
01:13:19encore aujourd'hui.
01:13:20Sur le plan géopolitique,
01:13:21les Etats-Unis
01:13:22ont engagé
01:13:22la plus longue guerre
01:13:23de leur histoire.
01:13:2420 ans de combats,
01:13:2520 ans de frappes de drones,
01:13:27d'attentats,
01:13:27d'invasions.
01:13:28Et en plus de l'Afghanistan
01:13:29et de l'Irak,
01:13:30la guerre contre le terrorisme
01:13:31s'est répandue
01:13:32dans une dizaine
01:13:33de pays globalement.
01:13:34Avant 2001,
01:13:35la guerre,
01:13:35elle appartenait
01:13:36aux Etats,
01:13:37aux armées,
01:13:38aux soldats
01:13:38qui s'affrontent
01:13:39sur des champs de bataille.
01:13:41Mais le 11 septembre
01:13:42a changé ça.
01:13:43La guerre,
01:13:43elle est devenue globale,
01:13:44elle est devenue diffuse
01:13:45et permanente.
01:13:47Depuis 2001,
01:13:47l'AUMF,
01:13:48je ne sais pas si tu te rappelles,
01:13:49c'est l'autorisation
01:13:50du recours à la force
01:13:51par les présidents américains,
01:13:53elle a été utilisée
01:13:54plus de 40 fois
01:13:55dans 19 pays différents.
01:13:57Et parfois,
01:13:58sans aucun lien
01:13:59avec Al-Qaïda
01:14:00ou le terrorisme.
01:14:01On l'a utilisée
01:14:01du Yémen à la Somalie,
01:14:03on l'a utilisée
01:14:04de la Libye aux Philippines.
01:14:05Le monde libre,
01:14:07il est parti traquer
01:14:08un ennemi,
01:14:09mais il a fini
01:14:09par s'éparpiller
01:14:10dans des conflits sans fin.
01:14:12Et pendant ce temps,
01:14:13le terrorisme
01:14:13n'a jamais cessé.
01:14:15Aujourd'hui encore,
01:14:15des dizaines de groupes
01:14:16se réclament
01:14:17de l'idéologie prônée
01:14:18par Ben Laden
01:14:19ou par Al-Qaïda.
01:14:20Que ce soit avec
01:14:21le Harakat al-Shabaab
01:14:22en Somalie,
01:14:23que ce soit avec
01:14:23le JNIM dans le Sahel,
01:14:25avec l'État islamique
01:14:26en Afrique de l'Ouest
01:14:27au Nigeria et au Cameroun,
01:14:29et bien sûr avec
01:14:29Daesh en Irak et en Syrie.
01:14:31Le salafisme djihadiste
01:14:33continue de sévir
01:14:34et de faire des victimes
01:14:35à travers le monde.
01:14:36Pendant 20 ans,
01:14:37l'Amérique a fait
01:14:38la guerre au terrorisme,
01:14:39mais sa réponse
01:14:40a souvent produit
01:14:41plus de chaos
01:14:42qu'elle n'en a résolu.
01:14:43Sur le plan intérieur,
01:14:44le 11 septembre
01:14:45a ouvert la porte
01:14:46à un état de surveillance
01:14:47permanent.
01:14:48Le Patriot Act,
01:14:49qui a été voté
01:14:50dans l'urgence,
01:14:51est toujours en vigueur.
01:14:52Malgré les révélations
01:14:53de Snowden en 2013,
01:14:55la NSA opère toujours
01:14:56à une échelle mondiale,
01:14:58avec une infrastructure
01:14:59intégrée à la fois
01:15:00au renseignement militaire
01:15:01et à la sécurité intérieure.
01:15:04La surveillance là-bas
01:15:05s'est devenue une norme,
01:15:06et ça,
01:15:06bien au-delà
01:15:07des frontières américaines.
01:15:09Dans chaque aéroport,
01:15:10chaque gare,
01:15:11à chaque contrôle
01:15:12de sécurité,
01:15:13c'est l'héritage direct
01:15:14de ce jour-là,
01:15:15le 11 septembre,
01:15:16qui se rappelle à nous.
01:15:17Sur le plan sociétal,
01:15:18le 11 septembre
01:15:19n'a pas seulement
01:15:20attaqué les Etats-Unis,
01:15:21il a ébranlé
01:15:22leur confiance en eux-mêmes.
01:15:23Les Américains
01:15:24ont vu leur gouvernement
01:15:25échouer,
01:15:26leurs agences de renseignement
01:15:27rater les signaux,
01:15:28leurs médias
01:15:29relayer des mensonges
01:15:30pour justifier des guerres.
01:15:32Et c'est ici
01:15:32qu'apparaît
01:15:33une grande fracture
01:15:33dans la confiance,
01:15:34celle qui oppose
01:15:35la parole officielle
01:15:36à la parole alternative.
01:15:38Le 11 septembre,
01:15:39c'est aussi la naissance
01:15:40de la théorie
01:15:41du complot moderne.
01:15:42Jamais un événement
01:15:43n'avait autant nourri
01:15:45de récits parallèles.
01:15:46Des explosions contrôlées,
01:15:47un missile sur le Pentagone,
01:15:49un complot de la CIA,
01:15:50d'Israël,
01:15:51des banques
01:15:52ou de l'État américain
01:15:53lui-même.
01:15:54Le 11 septembre
01:15:54a lancé l'ère
01:15:55de la vérité multiple.
01:15:57Et dans le sillage
01:15:58de cette défiance,
01:15:59c'est tout le rapport
01:16:00à l'information
01:16:00qui a changé
01:16:01et qui a créé
01:16:02un climat de défiance
01:16:03qui s'est étendu
01:16:04à tout le spectre démocratique.
01:16:06Vaccins,
01:16:07élections,
01:16:08climats,
01:16:08conflits,
01:16:09médias,
01:16:09le 11 septembre
01:16:10n'a pas seulement
01:16:11tué des innocents,
01:16:12il a tué une part
01:16:13de la confiance collective.
01:16:15Et il faut dire
01:16:15que tout ça
01:16:16ne repose pas sur rien.
01:16:17Si les théories
01:16:18du complot
01:16:18ont explosé
01:16:19après le 11 septembre,
01:16:20c'est aussi parce qu'il existe
01:16:21des flous bien réels,
01:16:23des zones d'ombre
01:16:24dans le rapport final
01:16:25de la commission
01:16:26d'enquête parlementaire
01:16:27publiée en 2004.
01:16:28Ce rapport,
01:16:29il est présenté
01:16:29comme l'enquête
01:16:30la plus exhaustive
01:16:31jamais réalisée
01:16:32sur un attentat.
01:16:33Et pourtant,
01:16:34encore aujourd'hui,
01:16:35des questions légitimes
01:16:36n'ont toujours pas
01:16:36trouvé de réponse.
01:16:37Pourquoi l'armée
01:16:38de l'air américaine
01:16:39a-t-elle réagi
01:16:40si lentement ?
01:16:41Pourquoi les briefings
01:16:42présidentiels classifiés
01:16:43de l'été 2001
01:16:44n'ont pas été rendus
01:16:45publics malgré
01:16:46les appels répétés
01:16:47des familles des victimes ?
01:16:48Et d'ailleurs,
01:16:49pourquoi le gouvernement
01:16:50Bush n'a accepté
01:16:51d'ouvrir une commission
01:16:52d'enquête
01:16:53qu'après 400 jours
01:16:54d'attente
01:16:55en novembre 2002 ?
01:16:56A titre de comparaison,
01:16:57il n'a fallu
01:16:58que quelques heures
01:16:59pour ouvrir
01:16:59une commission
01:17:00d'enquête similaire
01:17:01à la suite du crash
01:17:02de la navette Challenger
01:17:03en 1986.
01:17:05Des critiques soulignent
01:17:06même les différences
01:17:07absurdes de budget
01:17:08pour mener ces enquêtes.
01:17:1050 millions de dollars
01:17:11pour Challenger
01:17:12contre seulement
01:17:1214 millions
01:17:13pour l'attentat
01:17:14le plus meurtrier
01:17:15de l'histoire américaine.
01:17:17Certaines critiques
01:17:17remarquent également
01:17:18que l'enquête
01:17:19n'a jamais été poussée
01:17:21en ce qui concerne
01:17:21les liens avec
01:17:22l'Arabie saoudite,
01:17:23alors même que
01:17:2415 des 19 terroristes
01:17:26étaient saoudiens.
01:17:27Et puis il y a aussi
01:17:27cet étrange personnage
01:17:29Omar al-Bayoumi
01:17:30dont on ne connaît
01:17:31toujours pas
01:17:32le véritable rôle
01:17:33dans cette histoire.
01:17:34Alors ces zones d'ombre,
01:17:35ces erreurs,
01:17:36ces omissions volontaires
01:17:37ou non,
01:17:38elles ont nourri
01:17:38un climat de suspicion
01:17:39généralisé.
01:17:40Et c'est dans ce vide
01:17:41que s'est engouffré
01:17:42le conspirationnisme.
01:17:43Chez une partie
01:17:44de la population,
01:17:45le doute s'est devenu
01:17:46l'instinct de base,
01:17:48notamment parce que
01:17:49les institutions
01:17:50ont échoué
01:17:51et ont menti.
01:17:52Ces attentats
01:17:53ont donc ouvert une brèche
01:17:54qui ne s'est jamais
01:17:55refermée.
01:17:56Alors indéniablement,
01:17:57le 11 septembre 2001
01:17:58aura profondément
01:17:59changé le monde.
01:18:00Aujourd'hui,
01:18:01presque 20 ans plus tard,
01:18:02l'ombre des tours
01:18:03est toujours là.
01:18:04Dans chaque passage
01:18:05d'aéroport,
01:18:06à chaque drone
01:18:06qui survole le Moyen-Orient,
01:18:08dans chaque nouveau conflit,
01:18:10le monde d'après
01:18:10se rappelle à nous.
01:18:11Le 11 septembre
01:18:12aura tout transformé.
01:18:14La guerre,
01:18:15la peur,
01:18:15l'information,
01:18:16notre rapport au monde.
01:18:17Et pour toute une génération
01:18:19née dans les années 90,
01:18:20le terrorisme est devenu
01:18:21une composante structurelle
01:18:23du réel.
01:18:24On a grandi
01:18:25avec cette idée
01:18:26que le monde
01:18:26est fragile,
01:18:28vulnérable
01:18:28et attaquable.
01:18:30Le mardi 11 septembre 2001,
01:18:31un magnifique ciel bleu
01:18:33sans nuages
01:18:33venait caresser les buildings.
01:18:35Quelques heures plus tard,
01:18:36le monde allait entrer
01:18:37violemment
01:18:38dans le 21e siècle.
01:18:39On se souvient tous
01:18:40de ce qu'on faisait
01:18:41ce jour-là,
01:18:42mais sait-on vraiment
01:18:43ce que l'on fait depuis ?
01:18:45le monde.
01:18:45Le monde.
01:18:46Le monde.
01:18:46Le monde.
01:18:47Le monde.
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