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  • il y a 9 mois
L'affaire a tout d'un drame des temps modernes. Le streameur Raphaël Graven, alias Jean Pormanove (ou JP), est mort ce lundi 18 août en plein live sur la plateforme Kick. Le vidéaste de 46 ans s'est éteint à l’issue d'un marathon de 298 heures de live, au cours desquels il était filmé 24 heures sur 24. Une enquête a été ouverte par le parquet de Nice pour déterminer les causes de son décès.

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Transcription
00:00Grâce à Mediapart qui avait fait un gros travail et c'est à ce moment-là qu'on s'est rendu compte de ces violences, de cette humiliation quotidienne.
00:08Et donc on a saisi effectivement l'ARCOM le 13 février 2025.
00:13Sur les vidéos de cet internaute en particulier ?
00:15Oui, c'est exactement sur ces streamers-là.
00:19Et nous avions déterminé le fait qu'il y avait bien des violences de commis, c'est-à-dire des infractions,
00:25y compris puisqu'il y a une personne, ils étaient deux à être frappés et une liée de façon récurrente,
00:31et on avait dit qu'une des personnes est handicapée.
00:35Donc en plus, les violences étaient aggravées.
00:37Il faut bien savoir qu'en droit pénal, le consentement de la victime n'est jamais un fait justificatif.
00:43En tout cas lorsqu'il s'agit simplement de violences.
00:46Je ne parle pas dans d'autres cas de figure, mais la violence en plus aggravée, il n'y a pas de toute façon de fait justificatif.
00:52C'est-à-dire qu'à aucun moment, lui ou alors ses collègues ne peuvent dire qu'on le faisait avec le consentement de chacun ?
01:01Tout à fait. Ça n'est jamais pris en compte par la justice en pénal.
01:05Je ne dis pas aux civils, je parle en pénal.
01:07L'infraction étant commise, le fait que la personne est consentie n'a aucune espèce d'importance.
01:12C'est la question du consentement qui est en question d'ailleurs.
01:14Certains disent qu'il le faisait de lui-même, de son plein gré, parce que ça lui plaisait d'avoir son public.
01:19Certains disent qu'il était manipulé finalement, mais quelle que soit en réalité la raison, ce n'est pas possible de faire ça.
01:27Non, parce que comme vous le disiez, Maître, on n'est pas dans le domaine contractuel, on est dans le domaine de l'ordre public.
01:32Au pénal, le consentement de la victime, vous donner la mort à quelqu'un qui est en phase terminale d'une maladie,
01:37même si l'on est d'accord, c'est toujours une infraction pénale.
01:39C'est pareil par exemple en droit administratif.
01:41Rappelez-vous de l'affaire de Morson-sur-Orge avec le lancé de nains, cette activité ludique, on va dire,
01:47qui avait lieu dans les années 90, qui consistait à lancer un nain et celui qui le lançait le plus loin gagnait.
01:52Il y avait une affaire dont le Conseil d'État avait été saisi.
01:54Tout le monde était d'accord, l'organisateur, évidemment le nain parce qu'il gagnait beaucoup d'argent.
02:00Et le Conseil d'État avait dit qu'on ne peut pas porter atteinte à sa dignité,
02:04et on est tout à fait dans ce cas-là, même avec le consentement de celui qui est considéré comme une victime.
02:09Oui, parce que le Conseil d'État avait décidé, c'est autre chose, l'administratif, c'est complètement différent,
02:14mais le Conseil d'État avait décidé, et c'est à la suite d'une décision du Conseil constitutionnel de 1994,
02:20qui a érigé le principe de la protection de la dignité de la personne humaine en valeur, en principe, à valeur constitutionnelle.
02:26Et en 1995, le Conseil d'État a dit, le fait que ce soit contraire au principe de dignité de la personne humaine,
02:33ça rentre dans l'ordre public, et de ce fait, c'est une composante de l'ordre public,
02:38qu'on peut interdire.
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