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  • il y a 6 mois
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Pour son interview d'actualité, Télématin reçoit la journaliste franco-américaine Anne Toulouse.

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Transcription
00:00On va se poser à présent et s'interroger sur la guerre en Ukraine.
00:03Est-ce qu'on est en train enfin d'approcher d'un tournant ?
00:05Et puis à quoi joue Donald Trump ?
00:07Ces questions elles se posent parce qu'il reçoit aujourd'hui Donald Trump à Washington,
00:10les Européens accompagnés du président ukrainien,
00:14alors que vendredi dernier il a rencontré le président russe en Alaska.
00:18Le président russe et le président américain qui auraient convenu de garantie de sécurité solide.
00:22Je mets des guillemets parce que ça c'est Washington qui le dit.
00:24Alors qu'est-ce que ça signifie ?
00:25C'est notre invité qui va nous aider à comprendre.
00:27Et notre invité c'est vous. Bonjour Anne Toulouse.
00:29Bonjour à tous.
00:30Merci d'être avec nous.
00:31Vous êtes journaliste franco-américaine et autrice d'un livre,
00:34l'art de Trumpé, je le dis bien ?
00:36Oui.
00:36Trumpé.
00:37Trumpé.
00:38C'est un néologisme que j'ai inventé.
00:40Voilà.
00:40J'espère que j'aurai des droits d'auteur.
00:42On voit Donald Trump en train de manger le monde.
00:45Et on se souvient des images de fin février.
00:48Zelensky dans le bureau ovale, humilié publiquement par le président américain.
00:52Est-ce que ça, ça risque d'arriver encore une fois aujourd'hui ?
00:55Non.
00:55Alors c'est pour ça d'ailleurs qu'il arrive accompagné de ce que j'appellerais la Dream Team.
01:02La Dream Team.
01:02Je ne retrouve plus mon anglais.
01:04Qui est quand même quelque chose qui a un poids considérable,
01:07puisque vous avez les représentants les plus significatifs de l'Union Européenne,
01:12c'est-à-dire les deux pays les plus importants, la France et l'Allemagne.
01:16Et vous avez aussi Georgia Meloni, qui est sans doute la préférée de Donald Trump.
01:20C'est la seule qui l'est invitée à son inauguration.
01:22Vous avez aussi la Grande-Bretagne, qui ne fait pas partie de l'Union Européenne,
01:26mais qui, avec l'Union Européenne, représente un bloc économique, un bloc diplomatique,
01:31un bloc politique qui est très important et qui contrebalance quand même le paria international
01:36qu'est Vladimir Poutine.
01:38Et ce qui est aussi important, c'est ce qui se passe autour de Donald Trump,
01:41ce qui se passe aux États-Unis même.
01:43Ce matin, avant de venir, je regardais une émission enregistrée hier soir sur Fox News,
01:49qui est quand même la caisse de résonance de Donald Trump.
01:51Et là, il y avait la représentante d'une organisation conservatrice, l'Héritage,
01:56qui est très proche de Donald Trump, disant,
01:58non mais attendez, il faut imposer des sanctions, on ne va pas se laisser faire par Vladimir Poutine.
02:02Il faut lui donner les sanctions secondaires sur l'essence, sur l'énergie, qui sont très importantes.
02:07Vous aviez un sénateur, si je puis permettre, un sénateur républicain disant,
02:11il faut un cessez-le-feu. Donc, vous voyez, c'est quand même, il y a une grosse force d'influence.
02:15Mais c'est vrai que c'est intéressant d'entendre ces voix-là,
02:18qui sont du coup normalement du côté de Donald Trump.
02:20Et en même temps, j'ai envie de vous dire, Donald Trump qui a menacé la Russie de sanctions,
02:24on l'a déjà un petit peu entendu, ça ne s'est jamais vraiment vérifié fortement.
02:28Qu'est-ce qui aurait changé aujourd'hui ?
02:30Pourquoi est-ce qu'il pourrait décider d'aller contre la Russie,
02:33d'inviter les Européens et peut-être de les écouter ?
02:36Bien parce que Donald Trump est quelqu'un qui suit son instinct.
02:39Il le dit toujours, qu'il ne raisonne pas sur le savoir, ce qui est peut-être mieux,
02:43mais sur l'instinct et qu'il a vraiment envie de terminer cette guerre
02:49parce qu'il considère que ce n'est pas la sienne, qu'on l'a collée sur sa présidence,
02:53c'est encombrant.
02:55Mais on lui a fait comprendre quand même qu'il ne peut pas le faire à n'importe quel prix
02:59parce que ça ne marchera pas, parce que simplement la guerre ne s'arrêtera pas
03:02s'il y a des conditions qui sont inacceptables par l'Ukraine.
03:06Et c'est tout le jeu d'aujourd'hui, je ne sais pas si ça va marcher,
03:10ça n'est pas l'attente, c'est l'espérance qu'on lui dise,
03:13on ne peut pas mettre dos à dos l'Ukraine et la Russie
03:17comme si les uns et les autres avaient décidé un bon matin de se faire la guerre.
03:21Il y a d'un côté l'agresseur, il y a de l'autre côté l'agressé.
03:24Et si c'est trop inégal, ça ne marchera pas et la guerre continuera.
03:27On a du mal à se mettre dans la tête de Donald Trump.
03:29Alors c'est évidemment pas nouveau, c'est toujours, on sait, très compliqué.
03:34On sait aussi que les Européens aujourd'hui, et Volodymyr Zelensky,
03:38il va falloir ne pas le froisser.
03:40On a l'impression que c'est l'un des enjeux, ne pas vexer le président américain.
03:43Oui, alors c'est d'ailleurs un peu navrant, moi je vous dis ça en tant que,
03:47c'est ma moitié américaine qui dit ça,
03:48que le président de la plus grande puissance du monde soit traité comme une sorte de bébé colérique.
03:54Donc c'est vrai, c'est très difficile de savoir ce qui se passe dans la tête de Donald Trump.
03:58C'était d'ailleurs le titre de mon premier livre, et ça fait dix ans que je suis sur l'affaire.
04:03Je pense que...
04:03Et vous n'avez toujours pas compris ?
04:05Alors je vois des lignes de conduite, c'est-à-dire que Donald Trump est avant tout un homme d'affaires.
04:09Il a passé 50 ans de sa vie à être un patron, avec plus ou moins de succès,
04:14mais il s'en est toujours tiré par des moyens qui étaient un petit peu du bricolage.
04:18Et là il a dix ans de politique, mais il a toujours dit qu'il ne ferait pas la politique comme les autres.
04:22Donc je pense que Donald Trump raisonne a priori, écoutez, la guerre est encombrante,
04:27ça empêche de faire des affaires, on va essayer, il faut, il est toujours dans un deal,
04:31il faut qu'il y en ait un qui donne et l'autre qui ne donne pas.
04:34Bon, ça ne marche pas comme ça en politique, alors il faut toujours le recadrer.
04:37Là, heureusement, il a un ministre des Affaires étrangères, Marco Rubio,
04:40qui a une grande expérience en politique, on l'entendait hier sur les chaînes américaines,
04:45et on sentait bien que lui voyait que ce n'était pas dans la poche
04:47et qu'il allait aussi essayer de recadrer un peu.
04:49– Mais il va falloir la jouer fine, effectivement, pour les Européens,
04:53pour réussir à s'imposer, comme le disait Cédric, sans froisser Donald Trump.
04:57Est-ce qu'il faut aussi le brosser dans le sens du poil et notamment du prix Nobel de la paix ?
05:00– Je pense que c'est mieux.
05:01– Parce qu'il y a ça, en fait, aussi en ligne de mire pour lui,
05:03il n'arrête pas d'en parler, il veut ce prix Nobel de la paix.
05:06– Oui, il a même appelé le Premier ministre norvégien
05:09comme s'il avait une influence sur les Nobel,
05:10je pense que les Nobel lui donneraient vraiment à reculons.
05:14– Mais c'est vrai que Donald Trump, il faut voir qu'en ce moment,
05:16il a toutes les cartes en main sur le plan intérieur aux États-Unis.
05:19Je ne sais pas si ça va durer, ça durera peut-être jusqu'aux prochaines élections parlementaires,
05:23mais il a réussi à imposer un pouvoir présidentiel
05:26comme on n'en a jamais vu aux États-Unis en temps de paix.
05:31Donc il lui reste l'international, et il l'a dit dans son discours inaugural,
05:34je veux être celui qui arrête les guerres et non pas celui qui les commence.
05:38et il estime aussi qu'on ne l'a jamais reconnu sur ce plan.
05:42Et c'est un petit peu vrai parce que pendant le premier mandat,
05:45il y a eu les accords d'Abraham au Proche-Orient
05:47qui étaient quand même une aventée considérable,
05:49dont on ne lui a pas fait crédit, peut-être par sa conduite.
05:52– Il recherche ça finalement, la reconnaissance.
05:55– Il recherche une reconnaissance internationale,
05:57il a toujours recherché la reconnaissance dans sa vie.
06:00Quand il est arrivé à Manhattan comme promoteur immobilier,
06:03tout le monde l'a regardé de haut en disant ce petit gars n'est pas sérieux.
06:06Il est arrivé en politique, il faut dire qu'on l'a aussi accueilli,
06:09on l'a un peu snobé.
06:11Et aujourd'hui il veut dire, moi je suis le représentant de la plus grande puissance,
06:14je suis celui qui est capable de ce que vous ne ferez pas vous.
06:16– Mais c'est ça que symboliserait mettre fin à la guerre en Ukraine pour lui,
06:20je veux dire au-delà de tout ce que ça implique évidemment pour les populations,
06:23personnellement pour le président américain Trump,
06:26mettre fin à la guerre en Ukraine, c'est le Graal
06:28et c'est peut-être le prix Nobel de la paix ?
06:30– Oui, et puis ce serait même ce qu'on appelle aux États-Unis
06:33l'héritage des présidents.
06:34C'est-à-dire que dans les livres de l'histoire,
06:36il serait celui qui a fait la paix et non pas celui qui a été impeaché deux fois
06:40et même une troisième s'il s'y prend bien et il est en train de le faire.
06:43Donc vous voyez, pour lui c'est important cette reconnaissance internationale.
06:47Mais ce qu'il n'arrive pas à comprendre,
06:48c'est qu'il ne prend peut-être pas le bon chemin
06:51et que Vladimir Poutine n'est peut-être pas le meilleur interlocuteur
06:55et le meilleur avocat pour son prix Nobel.
06:57– Oui, parce que pour l'instant, il semble en effet
06:59plutôt penché côté Poutine que côté européen, ukrainien.
07:02– Oui, mais on peut le remettre, on peut le recentrer.
07:05– Voilà, ça va être tout l'enjeu de la journée.
07:08Merci beaucoup.
07:09– Merci Anne Toulouse d'avoir été avec nous,
07:11de nous avoir aidé à comprendre un petit peu ce qui se passe
07:13dans la tête de Donald Trump.
07:14– Essayez parce qu'on a compris que c'était compliqué.
07:15– On essaie, on essaie et on tire des fils chaque jour un peu plus.
07:18– Sous-titrage ST' 501
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