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  • il y a 6 mois
Le fait que les deux gangs, « lessiveurs » d'une part et « mécanos » d'autre part, ne font finalement qu'un, n'est connu qu'après l'arrestation des membres du groupe. Celle-ci a lieu le 30 mars 2006. Ce jour-là, une « attaque trottoir » à La Verpillière, près de Bourgoin-Jallieu dans l'Isère, tourne mal : un convoyeur de fonds s'échappe et réussit à donner l'alarme. Les gendarmes réussissent à intercepter la Peugeot 807 des braqueurs, qui ont échangé leur camion pour un monospace mais sont repérés à un barrage policier. La Peugeot 807 démarre, juste devant les policiers. A un moment, la Peugeot percute une voiture. Mais elle s'en sort et redémarre pendant quelque temps, jusqu'à son épuisement. Devant l'imminence de son arrestation, le chef de la bande, Laurent Cocogne, descend cagoulé de voiture et se suicide, en se tirant une balle dans le cœur. Son beau-frère Serge Quemin, Hervé Carlier (le conducteur), Philippe Carlier, David Gelée et Philippe Gascon sont arrêtés sur la commune de Bonnefamille.

L'enquête montre que le gang a réalisé au moins quatorze vols aggravés dans les départements de l'Ardèche, de l'Isère et de la Drôme, amassant un butin global d'environ 1,5 million d’euros.
Les membres du gang sont jugés le 14 janvier 2010 devant la cour d'assises de Lyon, et condamnés, après une audience de deux semaines, à des peines modérées, compte tenu du nombre de faits reprochés. Ainsi Serge Quemin est condamné à 16 ans d'emprisonnement, tandis que Hervé Carlier à 12 ans, David Gelée à 11 ans, Jean-Pierre Borys à 8 ans, Philippe Carlier et Philippe Gascon à 5 ans. L'épouse de Laurent Cocogne, soupçonnée de complicité, est acquittée.

Libération des membres du gang
Depuis, tous les membres de ce gang ont été libérés. Fin 2018, Serge Quemin, le dernier membre incarcéré, obtient une libération conditionnelle, après 12 ans de détention.

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Personnes
Transcription
00:00:00C'est parti !
00:00:30Laurent Cocogne et Serge Quemin, deux beaux frères soudés, les cerveaux d'un gang qu'on a appelé les souris vertes.
00:00:45Bosseurs, ingénieux, avec leurs complices, ils ont découvert la recette que tous les braqueurs restent un jour de mettre au point.
00:00:52Une recette qui sonne comme une comptine, trempez-la dans l'huile, trempez-la dans l'eau, ça fera un magot tout chaud.
00:01:00Avec cette méthode, ils ont déjoué les pièges de mallettes inviolables, celles que les banques utilisent pour transporter leurs billets.
00:01:07Ça a duré trois ans, mais à trop jouer avec la chance, elle finit par tourner.
00:01:12Aérodrome de Bron, près de Lyon.
00:01:22Les gendarmes s'en souviennent encore de ce 30 mars 2006.
00:01:26On apprend qu'un vol à main armée vient d'avoir lieu sur la commune de la Verpillère.
00:01:29Une prise d'otage est vraisemblablement en cours.
00:01:33Nous décollons donc pour retrouver cette voiture dans le secteur de la Verpillère.
00:01:35La Verpillère dans l'Isère.
00:01:39Un fourgon a été attaqué, le plan Milan vient d'être déclenché.
00:01:43Au sol, la 807 des braqueurs est prise en chasse.
00:01:46Les gendarmes traquent un gang hyper organisé qui sévit depuis des mois dans la région.
00:01:54Cette fois, pas question de laisser filer.
00:01:57Après sept kilomètres de course ou poursuite, la voiture s'arrête.
00:02:01Des coups de feu claquent, un homme tombe.
00:02:04C'est la fin d'une équipe de braqueurs au palmarès hallucinant.
00:02:15Un palmarès qui commence trois ans plus tôt, retour sur un parcours hors du commun.
00:02:243 avril 2003.
00:02:26Il est 8h20 quand le directeur de la Banque Populaire de Chabeuil, dans la Drôme, arrive avec deux de ses employés.
00:02:32Comme chaque matin, il commence par déverrouiller l'alarme.
00:02:37Mais là, surprise, ils ne sont pas seuls, il y a déjà du monde dans la banque.
00:02:42Là, ils se trouvent immédiatement confrontés à deux individus déjà présents dans l'agence,
00:02:47deux individus cagoulés, armés, qui bien sûr les neutralisent immédiatement.
00:02:53Les braqueurs mettent tout de suite la pression en disant, si quelqu'un bouge, je vais avoir du sang.
00:02:59Les malfaiteurs connaissent parfaitement le nombre d'employés présents dans la banque,
00:03:03puisque, après avoir maîtrisé les trois premiers arrivants,
00:03:07ils décident d'attendre la quatrième employée, qui est une femme donc,
00:03:11et qui arrive quelques instants plus tard et qui est également maîtrisée à son tour.
00:03:16Mais un client se présente.
00:03:17Sans perdre leur sang-froid, les braqueurs ordonnent à l'un des employés de le rembarrer,
00:03:21tandis qu'il garde ses collègues en otage.
00:03:23Et comme ils ne veulent plus être dérangés...
00:03:29Ils leur demandent de baisser les stores et également d'imposer une affichette sur la porte d'entrée,
00:03:35dans laquelle ils précisent que la banque n'ouvrira qu'à 9h.
00:03:40À 8h35, la banque est sous contrôle.
00:03:44Les braqueurs se séparent.
00:03:45L'un va au coffre avec une partie des employés,
00:03:48l'autre s'occupe du distributeur automatique de billets.
00:03:51Un agent de la banque est laissé à l'accueil, pour sourire et répondre au téléphone.
00:03:58On sent clairement dans l'attitude des braqueurs, dans le sang-froid,
00:04:03qu'il a fallu au moment proprement dit du braquage,
00:04:06qu'on n'est pas en face, entre guillemets, de gamins,
00:04:08mais bien en face de gens chevronnés, qui ont une certaine expérience derrière eux.
00:04:12Ils sont extrêmement professionnels.
00:04:16Ils communiquent par un système d'oreillettes,
00:04:19on ne sait pas à l'instant s'ils sont des téléphones ou des radios,
00:04:22avec quelqu'un qui visiblement est à l'extérieur.
00:04:25Le chef de cette équipe va informer la personne qui est à l'extérieur
00:04:30que le travail a commencé, que ça fait 5 minutes,
00:04:33que le coffre va s'ouvrir et qu'ils vont pouvoir sortir.
00:04:35En moins de 15 minutes, l'opération est pliée.
00:04:41Ils vont réussir à aller au but, c'est-à-dire qu'ils vont récupérer l'argent du coffre,
00:04:46près de 33 000 euros, une belle opération menée de main de maître.
00:04:53Avant leur départ, les malfaiteurs prennent soin d'emmener tout le personnel dans la salle des coffres
00:04:59et ligotent tout le monde avec du scotch.
00:05:05Et ils quittent les lieux en passant par une petite fenêtre
00:05:09qui se trouve dans la petite salle qui donne accès au distributeur automatique de billets.
00:05:15Dernière précaution avant de partir,
00:05:17les braqueurs embarquent le système de vidéosurveillance.
00:05:21A 8h59, les employés réussissent à se détacher.
00:05:24Ils déclenchent l'alarme hold-up
00:05:26et quelques minutes plus tard, les gendarmes sont sur place.
00:05:30Ils n'ont plus qu'à faire les constatations.
00:05:32A première vue, la banque ne montre aucune trace d'effraction.
00:05:37Alors, par où, les braqueurs ont-ils bien pu passer ?
00:05:40Les malfaiteurs sont entrés par les toits en enlevant quelques tuiles.
00:05:46Ils ont fait une découpe dans la soiture,
00:05:49ils ont pénétré dans les combles.
00:05:51Et là, ils ont également fait une ouverture dans le plafond
00:05:55en prenant soin de placer des vis
00:05:58afin d'éviter, lors de la découpe,
00:06:01que cette partie ne tombe et ne déclenche l'alarme volumétrique de la banque.
00:06:06Dernière étape,
00:06:08fixer la corde qui permet aux braqueurs de se glisser dans la banque.
00:06:11Il est clair pour nous qu'on a affaire à une équipe qui sort du lot.
00:06:19On sent que derrière, il y a une grosse, grosse préparation
00:06:21et qu'on a affaire à une équipe qui est soudée
00:06:23et qui ne travaille pas comme ça du jour au lendemain avec Pierre, Paul ou Jacques.
00:06:32Colonel Tabel, à l'époque, vous êtes à la tête de la section de recherche de Grenoble.
00:06:36Les employés de la banque ont-ils pu vous donner un signalement précis des braqueurs ?
00:06:40L'un mesurait à peu près 1m80, il avait les yeux bleus,
00:06:45l'autre 1m70, les yeux marrons.
00:06:49Ils sont tous les deux vêtus de combinaisons de travail de couleur bleue,
00:06:54de cagoule et ils portent des gants.
00:06:57Comment les braqueurs ont-ils fait pour ne pas déclencher l'alarme
00:06:59en sautant du plafond dans la banque ?
00:07:02Ils minutaient leur coup.
00:07:04C'est-à-dire qu'une fois qu'ils étaient dans le plafond de la banque,
00:07:08qu'ils avaient découpé d'ailleurs,
00:07:10ils avaient quelques secondes pour laisser rentrer les employés
00:07:15et les laisser déconnecter l'alarme.
00:07:18Et à ce moment-là, dès que l'alarme était déconnectée,
00:07:21ils jaillissaient depuis le plafond.
00:07:24Un braquage par les toits en bleu de travail,
00:07:26c'est la première fois que vous êtes confronté à ce genre d'exercice ?
00:07:30Oui. De mémoire, la section de recherche de Grenoble n'avait pas été confrontée à de tels braquages.
00:07:38Cependant, notre service national de rapprochement, le STRJD,
00:07:43une fois qu'on les a interrogés, nous ont signalé plusieurs faits
00:07:47qui ressemblaient dans le mode opératoire à ce type de braquage.
00:07:51Alors on les appelait les mécanos.
00:07:52Je pense que c'était lié à la fois au mode opératoire,
00:07:56parce qu'ils effectuaient quand même un travail de préparation assez important.
00:08:02Il fallait découper le toit, il fallait de l'outillage.
00:08:06Et puis surtout, ils avaient les combinaisons des bleus de travail,
00:08:09ce qui nous a évidemment conduit à les désigner sous le vocable des mécanos.
00:08:13Et donc, votre service a réussi à identifier combien d'autres affaires ?
00:08:18Alors au total, 11 affaires ont été recensées par la police nationale,
00:08:23en zone de police nationale, 3 par la gendarmerie, donc au total 14.
00:08:2714 affaires attribuées à l'équipe des mécanos.
00:08:32Les gendarmes recueillent tout de suite un témoignage,
00:08:35celui d'un policier municipal qui passait devant la banque au moment du braquage.
00:08:39Je remarque une 406 arrêtée, moteur tournant.
00:08:46Avec un homme, nous décrira-t-il d'une cinquantaine d'années,
00:08:50barbe courte, poivre et sel, porteur d'une casquette.
00:08:56Intrigué, donc, il décide d'aller relever le numéro de ce véhicule.
00:09:01Et c'est au même moment qu'il voit deux individus,
00:09:04porteurs d'une unité centrale, rentrer à l'intérieur de cette voiture,
00:09:08qui quittent les lieux précipitamment.
00:09:13Le policier n'a eu le temps de relever qu'une partie de la plaque d'immatriculation.
00:09:18XN69.
00:09:21Mais pas besoin de chercher la 406 bien longtemps.
00:09:24Le lendemain soir, elle est retrouvée sur un chemin à quelques kilomètres de là.
00:09:28C'est une voiture volée depuis plusieurs semaines.
00:09:30Les constatations autour de cette voiture vont nous permettre clairement de faire le lien avec le braquage de Chaboy,
00:09:41puisque nous allons retrouver une corde en nylon qui est du même type que celle qui est attachée à l'intérieur de la banque
00:09:46et qui l'aura permis de descendre.
00:09:49Deux jours plus tard, le 6 avril, un promeneur fait une découverte encore plus intéressante,
00:09:54tout près de l'endroit où la 406 a été abandonnée.
00:09:59Un promeneur découvre un pistolet automatique, CZ,
00:10:02arme qu'il nous rapportera à la brigade.
00:10:06Cette arme est d'origine tchécoslovaque.
00:10:09Le chargeur contient 15 cartouches.
00:10:11Il est grillé au maximum.
00:10:13Cette arme, bien sûr, pour nous, est un élément crucial de l'enquête.
00:10:17On se dit qu'une arme portant un numéro de série, on va pouvoir remonter son détenteur,
00:10:23éventuellement remonter sur un vol.
00:10:25On s'aperçoit malheureusement que c'est une arme qui a été vendue en Suisse
00:10:27et nos investigations vont s'arrêter ici.
00:10:30On est donc encore en face de quelque chose de bien prévu où on ne peut pas remonter l'arme.
00:10:37Les gendarmes font le tour du voisinage.
00:10:39La 406 a été vue plusieurs fois dans le coin ces 15 derniers jours.
00:10:44Au volant, une femme.
00:10:48La description qui nous est faite de la femme qui était au volant de cette 406 bleue
00:10:54nous est faite par l'artisan qui travaille sur le chantier, qui joue sur la banque,
00:11:01qui a vu cette conductrice à plusieurs reprises
00:11:03et qui nous la décrira comme ressemblant à Cléopâtre,
00:11:07ayant une coupe de cheveux à la Cléopâtre et la trouvant même mignonne.
00:11:11On décide très rapidement, au-delà du voisinage, de faire des vérifications dans les hôtels,
00:11:16les gîtes du secteur, pour justement, au vu des éléments,
00:11:21donc un individu, cheveux, poivre et sel, une femme avec une coupe au carré,
00:11:25voir si toutefois des gens auraient pu loger quelqu'un qui puisse correspondre.
00:11:30Mais personne n'a vu Cléopâtre, ni l'homme à la casquette.
00:11:34Les gendarmes n'abandonnent pas pour autant.
00:11:37Ils interrogent les compagnies d'autoroutes, saisissent des milliers de tickets de péage,
00:11:41vérifient des centaines de photos.
00:11:43Mais pas de chance, la 406 n'a pas été flashée.
00:11:52Alors, ils reviennent à la banque.
00:11:55Les braqueurs ont particulièrement bien préparé leurs coûts,
00:11:57comme s'ils connaissaient l'agence dans ses moindres recoins.
00:12:00C'est peut-être une piste.
00:12:01On va donc vérifier toutes les ouvertures de comptes
00:12:04qui pourraient être de fausses ouvertures de comptes,
00:12:07avec de fausses identités, leur permettant justement d'avoir un contact
00:12:10et de regarder où est le dispositif de surveillance
00:12:12et comment fonctionne la banque.
00:12:16Mais là aussi, les enquêteurs font chou blanc.
00:12:19Aucun compte suspect.
00:12:22Ils tentent autre chose.
00:12:25Dans les détails, on va remarquer que les braqueurs descendent du plafond
00:12:30avec une grande aisance.
00:12:31Donc, ayant des capacités physiques certaines,
00:12:34on va donc s'intéresser, pourquoi pas, à des gens du cirque.
00:12:38Voilà, à cette époque-là, on a un cirque qui est non loin,
00:12:41à quelques kilomètres.
00:12:43Malheureusement, cette piste ne va rien donner.
00:12:47Reste une piste à explorer, la seule erreur commise par les braqueurs.
00:12:52Une petite trace sur le ruban adhésif qui a servi à ligoter les employés.
00:12:57L'exploitation des scellés par le laboratoire
00:12:59va mettre en évidence une empreinte
00:13:02qui tout de suite va nous donner l'espoir de tomber en face de quelqu'un
00:13:08qui serait connu au fichier des empreintes.
00:13:10L'empreinte est comparée à des centaines de milliers d'autres.
00:13:15L'espoir renaît.
00:13:17Mais deux mois plus tard, le résultat tombe.
00:13:20Elle est inconnue du fichier.
00:13:23Cette fois, les gendarmes sont dans l'impasse
00:13:24et la bande des mécanos court toujours.
00:13:27Colonel Tabel, un mois plus tard, la bande des mécanos remet ça.
00:13:33Le 12 mai 2003 à Choré, dans l'Ais-de-Sèvres.
00:13:37Un convoyeur chargé d'alimenter un distributeur de billets
00:13:40se présente dans un petit supermarché casino.
00:13:44Il s'introduit dans le local qui permet l'alimentation du distributeur.
00:13:50Et au moment où il débute son travail d'alimentation,
00:13:55surgit donc du plafond un individu vêtu d'une combinaison bleue,
00:14:01cagoulé, et qui agresse donc le convoyeur.
00:14:07Il se défend quand il voit un second individu descendre du plafond.
00:14:12Et là, il se couche au sol.
00:14:14Il est ligoté.
00:14:15Il est baïonné.
00:14:17Tandis que les deux braqueurs récupèrent les billets qui se trouvent dans les sacs
00:14:24et les billets qui se trouvent dans le distributeur.
00:14:26Et ils emportent combien ?
00:14:27Et ils emportent 107 000 euros.
00:14:29Donc un préjudice important.
00:14:32À ce moment-là, vous avez des informations pour permettre de les identifier ?
00:14:37Toujours la même chose.
00:14:38Pas d'élément de matériel, pas de trace ADN,
00:14:41pas d'empreinte digitale,
00:14:43pas de trace téléphonique, comme on dit.
00:14:45On n'arrive pas à identifier de téléphone intéressant pour l'enquête.
00:14:50Donc, au niveau des indices, rien.
00:14:58Les gendarmes en sont là à traquer les mécanos,
00:15:01mais les braqueurs changent de méthode.
00:15:03Il est 13h20, ce jeudi 3 juillet,
00:15:12quand deux convoyeurs se gardent devant le Crédit Agricole de Saint-Jude-Ardèche.
00:15:18Ces convoyeurs ont la particularité des temps civils,
00:15:21puisqu'on n'a pas affaire à un transport de fond disarmé,
00:15:24mais à un transport de fond de mallettes.
00:15:28Mallettes qui comportent un grand nombre de sécurité.
00:15:30Tout à coup, deux hommes cagoulés et armés surgissent.
00:15:37Le premier pousse les convoyeurs dans le fourgon,
00:15:39où ils grimpent avec eux.
00:15:42Son complice prend le volant.
00:15:44Et tout de suite,
00:15:45ils ordonnent au convoyeur de sortir les mallettes blindées,
00:15:48sans savoir que c'est impossible en une seule fois.
00:15:51Les braqueurs ne semblent pas être au courant du système.
00:15:58Ils ne savent pas qu'il y ait une temporisation,
00:15:59et ils ne semblent pas très bien renseignés sur le fait
00:16:02qu'ils ne peuvent pas tirer grand-chose de ces mallettes.
00:16:05Les braqueurs sont obligés d'attendre.
00:16:08Les valises sont connectées à un système informatique
00:16:10qui prévoit un délai de 5 minutes entre chaque extraction.
00:16:13C'est ce qu'on appelle la fameuse temporisation.
00:16:17Pour patienter tranquillement,
00:16:19ils vont se mettre à l'abri.
00:16:21Et 15 minutes plus tard,
00:16:23trois valises sont déjà libérées.
00:16:26Un troisième braqueur débarque
00:16:28et les emporte.
00:16:30Son complice, lui,
00:16:31saisit du ruban adhésif et du fil électrique.
00:16:33Avant de quitter les lieux,
00:16:40pour assurer quand même leur fuite,
00:16:41ils vont neutraliser les convoyeurs
00:16:43et pour éviter que les intéressés de nos téléphones
00:16:46vont emmener le sac de l'un d'eux.
00:16:50Quand les convoyeurs réussissent à se détacher
00:16:52et à donner l'alerte,
00:16:53ils n'ont pas grand-chose à raconter aux gendarmes.
00:16:56Les braqueurs étaient cagoulés,
00:16:57difficile de les décrire.
00:17:00L'un d'eux avait l'accent maghrébin.
00:17:01C'est maigre comme renseignement.
00:17:04Mais cette fois-ci,
00:17:06les gendarmes ont une piste du côté de la banque.
00:17:13L'exploitation du système de surveillance vidéo de la banque
00:17:16va montrer une petite séquence du vol avec arme
00:17:20au moment où les convoyeurs sont devant l'agence.
00:17:28Malheureusement, la séquence est trop courte.
00:17:31Les effets sont beaucoup trop rapides.
00:17:34Seule une voiture de type Renault Clio
00:17:36pourra être remarquée.
00:17:37Mais sur les auteurs,
00:17:38on ne pourra rien tirer de cette vidéo surveillance.
00:17:43Sur ce coup-là,
00:17:45les braqueurs ont empoché plus de 100 000 euros.
00:17:47Un succès qui donne des ailes.
00:17:48Sept mois plus tard, ça recommence.
00:17:51Toujours dans la même région,
00:17:53à Haldoucière.
00:17:54Mais cette fois, le convoyeur est seul
00:17:56et c'est sur la route qu'il est intercepté.
00:17:58J'ai été interpellé par un individu
00:18:02qui m'avait doublé par la gauche.
00:18:04Il s'était mis en travers de la route
00:18:05et il est sorti de ce véhicule,
00:18:07il s'est encagoulé.
00:18:07Et donc, il m'a braqué avec une arme.
00:18:11Un client,
00:18:12arrête-toi, arrête-toi, arrête-toi,
00:18:13descends, descends, descends.
00:18:14Impossible de reculer,
00:18:17une deuxième voiture bloque l'arrière.
00:18:19Le fourgon est pris en sandwich.
00:18:21Tout de suite à l'arrêt,
00:18:23j'ai eu un bruit, un fracas soudain sous ma droite.
00:18:26Et en fait, je me suis aperçu
00:18:27qu'il y avait un deuxième braqueur
00:18:29qui avait cassé la vitre
00:18:30avec la crosse de son revolver
00:18:32ou son pistolet sur la droite
00:18:34et il me tenait en joue.
00:18:36Donc là, j'étais cerné
00:18:39et à partir de là,
00:18:40tout s'est enchaîné.
00:18:41Ça a été très clair.
00:18:42On m'a dit,
00:18:43donne tout, il faut tout sortir.
00:18:45Toutes les valises,
00:18:46tous les conteneurs,
00:18:47il faut tout sortir.
00:18:48J'aurais fait comprendre
00:18:49que voilà,
00:18:49je viens de livrer mon point de chute
00:18:51à la boussière.
00:18:52Je ne peux pas vous donner
00:18:53ce que vous voulez.
00:18:56Il faut attendre un peu.
00:18:57Donc là, j'ai vu qu'il commençait à agiter,
00:18:58il commençait à s'agiter
00:18:59et il dit,
00:19:03OK, OK, monte, monte, monte, monte.
00:19:04Vite-lui, prends le volant,
00:19:05dégage, dégage, dégage.
00:19:08Et derrière,
00:19:09il me braque avec son arme,
00:19:09il était bien derrière moi
00:19:10et il m'a dit de rouler,
00:19:12donc je roule.
00:19:15Le braqueur se fait expliquer le système
00:19:17et retire une valise.
00:19:19De temps en temps,
00:19:20il dit deux, trois mots
00:19:21à ses complices.
00:19:23Et tout à coup,
00:19:24il fait arrêter le fourgon.
00:19:25Il veut une deuxième mallette
00:19:27qu'il passe à son copain.
00:19:31Le convoi redémarre,
00:19:33le temps d'une nouvelle temporisation.
00:19:35J'ai pensé beaucoup à mes enfants,
00:19:39j'ai pensé à ma famille,
00:19:40ma femme.
00:19:42Et j'ai dit,
00:19:44soit, je ne sais pas,
00:19:45je vais trouver un endroit,
00:19:46du moment où je vais rouler,
00:19:47je vais trouver un endroit
00:19:47où sauter du véhicule en marche.
00:19:50Mais si je saute,
00:19:52est-ce que je ne vais pas me faire mal ?
00:19:52Est-ce qu'il ne va pas me tirer dessus
00:19:53tout de suite derrière ?
00:19:54Est-ce que je vais avoir le temps
00:19:54de m'échapper sans qu'il me tire dessus
00:19:55ou sans qu'il réagisse assez rapidement ?
00:19:58Voilà, je me suis posé la question.
00:19:59Ça a duré pour une seconde.
00:20:01Mais bon,
00:20:03je n'ai rien fait,
00:20:03j'ai continué.
00:20:06Après un autre arrêt,
00:20:08les braqueurs se font remettre
00:20:09une troisième,
00:20:10puis une quatrième valise.
00:20:15Mais soudain,
00:20:15il s'excite.
00:20:16Il force le convoyeur
00:20:17à en arracher deux autres
00:20:18sans attendre la fin
00:20:20de la temporisation.
00:20:21Ça a explosé.
00:20:25J'ai eu...
00:20:26En fait,
00:20:26ça m'a explosé la figure.
00:20:28Là, ça m'a fait tout drôle.
00:20:29Et j'ai pris mon visage
00:20:30à deux mains, bien sûr,
00:20:31parce que ça me brûlait.
00:20:32C'est assez...
00:20:33C'est assez irritant.
00:20:36Et...
00:20:36Et là,
00:20:39j'ai eu le réflexe
00:20:40de jeindre un petit peu.
00:20:46Déstabilisés,
00:20:46les braqueurs prennent la fuite
00:20:48et ils abandonnent
00:20:48le convoyeur tout seul
00:20:49dans les bois.
00:20:51Les quatre valises
00:20:52contenaient
00:20:53265 000 euros.
00:20:55Cette fois,
00:20:56c'est la police judiciaire
00:20:57qui est saisie.
00:20:58Elle retrouve très vite
00:20:59la voiture ouvreuse,
00:21:00une 406.
00:21:06La 406 est retrouvée
00:21:08entièrement calcinée.
00:21:09Elle est plaquée
00:21:10avec des plaques fausses
00:21:13et elle a été volée
00:21:14longtemps auparavant.
00:21:16Entièrement calcinée,
00:21:17on ne retrouvera aucun indice
00:21:19à l'intérieur du véhicule.
00:21:21La seconde voiture
00:21:22est découverte peu après,
00:21:24à quelques kilomètres de là.
00:21:26Les braqueurs
00:21:27l'ont aspergé d'essence,
00:21:28mais elle n'a pas pris feu.
00:21:31La seule chose
00:21:32que nous allons constater
00:21:34dans le Renault Scénic,
00:21:36c'est qu'au moins une
00:21:37ou plusieurs valises,
00:21:38on ne sait pas,
00:21:39ont explosé
00:21:40puisqu'on trouve
00:21:41des traces d'encre
00:21:43à l'intérieur du véhicule.
00:21:52Luc Brien,
00:21:53vous êtes responsable
00:21:54sécurité
00:21:54de la société
00:21:55Axitrans,
00:21:56qui s'appelle aujourd'hui
00:21:56Auberthure Cache Protection,
00:21:58et qui fabrique
00:21:59ces valises
00:21:59de transport de fond,
00:22:01valises dites
00:22:01intelligentes.
00:22:02Alors,
00:22:03comment ça marche ?
00:22:03Donc, c'est bourré
00:22:04d'électronique,
00:22:05d'informatique
00:22:06et une encre
00:22:07à délibile
00:22:08qui macule les billets,
00:22:09qui les détruit
00:22:09incertainement.
00:22:11Dans quels cas
00:22:12ces valises explosent-elles ?
00:22:14Alors,
00:22:14il peut y avoir
00:22:15trois cas principaux.
00:22:16Le premier,
00:22:17c'est un dépassement
00:22:18du délai trottoir.
00:22:19Le convoyeur,
00:22:20avec son code
00:22:21dans son véhicule,
00:22:22va enlever
00:22:23cette valise intelligente
00:22:24du socle
00:22:25pour aller le livrer
00:22:26dans un temps déterminé,
00:22:28le temps trottoir,
00:22:29à l'agence bancaire.
00:22:30D'accord.
00:22:30S'il dépasse ce temps,
00:22:31qu'est-ce qui se passe ?
00:22:32Ça déclenche systématiquement
00:22:33et ça va maculer
00:22:34entièrement
00:22:35tous les billets dedans.
00:22:35Donc,
00:22:36si on ne la ramène pas
00:22:36sur son socle,
00:22:37elle se déclenche.
00:22:38Premier cas de figure.
00:22:39Le deuxième,
00:22:40c'est cette valise intelligente
00:22:41qui est sur son socle.
00:22:43Si vous l'arrachez,
00:22:44ça déclenche immédiatement.
00:22:45Et le troisième cas,
00:22:46c'est l'agression physique.
00:22:47L'agression physique
00:22:48avec un grotteauvis,
00:22:51un pied de biche,
00:22:52une disqueuse,
00:22:53un tir de balle.
00:22:54On va essayer
00:22:54avec une meuleuse.
00:22:56Tout à fait.
00:23:00Vous avez entendu
00:23:04le déclenchement ?
00:23:04Oui.
00:23:11Qu'est-ce qui s'est passé là ?
00:23:13Vous voyez,
00:23:14l'encre a été projetée
00:23:15par la pyrotechnie,
00:23:16par l'explosif,
00:23:16sur l'ensemble des billets
00:23:17du tiroir.
00:23:22Donc,
00:23:22les billets sont
00:23:22totalement inutilisables ?
00:23:23Totalement.
00:23:25Là,
00:23:25l'encre est complètement
00:23:26imprégnée
00:23:26dans les billets de banque
00:23:27et vous ne pouvez plus
00:23:28l'enlever.
00:23:28Donc,
00:23:29c'est un système infaillible ?
00:23:30C'est quasi infaillible.
00:23:38Pour les policiers
00:23:39comme pour les gendarmes,
00:23:40ces braquages
00:23:41n'ont pas de sens.
00:23:42Pourquoi ?
00:23:43S'attaquer à ces valises
00:23:44puisque les billets
00:23:45seront inutilisables.
00:23:47Ce que les enquêteurs
00:23:48ignorent aussi,
00:23:49c'est que la bande
00:23:50des valises d'Alboussière
00:23:51et celle des Mécano
00:23:52ne font qu'une.
00:23:54De fait,
00:23:54chacun travaille
00:23:55dans son coin.
00:23:56L'enquête
00:23:57des gendarmes piétines,
00:23:57celle des policiers aussi
00:23:59jusqu'à ce que
00:24:00la Providence
00:24:01leur donne
00:24:02un petit coup de pouce.
00:24:06Le 19 avril 2004,
00:24:08deux mois
00:24:08après le braquage
00:24:10d'Alboussière,
00:24:11des policiers
00:24:11font une découverte
00:24:12intéressante
00:24:12à Vitrolles
00:24:14du côté de Marseille.
00:24:15Un hasard
00:24:16puisqu'ils perquisitionnent
00:24:17un garage
00:24:18dans le cadre
00:24:18d'une enquête
00:24:19sur un réseau
00:24:19de voitures volées.
00:24:21Ce garage,
00:24:22c'est celui
00:24:22d'un certain
00:24:23Christian Giemi.
00:24:24A l'occasion
00:24:26de la perquisition,
00:24:28dans son bureau,
00:24:29ils vont découvrir
00:24:29des billets
00:24:30maculés d'encre.
00:24:33Ils vont penser
00:24:34que ça peut provenir
00:24:35d'un braquage
00:24:35et à ce moment-là,
00:24:38ils vont envoyer
00:24:38les billets à l'analyse
00:24:39au laboratoire
00:24:40de la police scientifique.
00:24:41Car les billets
00:24:42sont traçables.
00:24:43Différents types
00:24:44d'encre sont utilisés
00:24:45et selon la couleur
00:24:46et la nature
00:24:46des tâches retrouvées,
00:24:48on peut déterminer
00:24:48de quel braquage
00:24:49les billets proviennent.
00:24:50Après l'analyse,
00:24:52ces billets
00:24:53vont s'avérer intéressants
00:24:54puisque les expertises
00:24:56démontreront
00:24:58que ces billets
00:25:00provenaient
00:25:00du vol avec arme
00:25:01d'Alboussière.
00:25:03Christian Giemi
00:25:04est donc placé
00:25:05en garde à vue.
00:25:05Les policiers
00:25:06tiennent peut-être
00:25:07enfin l'un des braqueurs.
00:25:09Mais il a une autre explication.
00:25:12Christian Giemi
00:25:13va nous dire
00:25:14qu'il avait commandé
00:25:15un véhicule volé.
00:25:17Il nous dit
00:25:17qu'il l'a fait
00:25:18auprès de Gitans,
00:25:19qu'ils se sont acquittés
00:25:19de la commande,
00:25:20lui ont amené
00:25:20cette voiture.
00:25:22Christian Giemi
00:25:23a regardé
00:25:24l'état du véhicule
00:25:24et il a découvert
00:25:26dans la boîte à gants
00:25:27de la voiture
00:25:28les billets maculés.
00:25:30Il va ensuite
00:25:30nous dire
00:25:31qu'il ne connaît
00:25:32pas leur identité
00:25:33et qu'il ne peut pas
00:25:34nous amener
00:25:35à les identifier.
00:25:37Cette histoire
00:25:37de Gitans,
00:25:38les policiers
00:25:39n'y croient pas beaucoup.
00:25:40Alors ils organisent
00:25:41un tapissage.
00:25:42Mais aucun des convoyeurs
00:25:44ne reconnaît Giemi.
00:25:46Ce qui n'a rien
00:25:46de très surprenant
00:25:47puisque les braqueurs
00:25:48étaient cagoulés.
00:25:49Mais les policiers
00:25:50restent sur cette piste.
00:25:51C'est la seule
00:25:52qu'ils aient pour l'instant.
00:25:53Christian Giemi
00:25:54est mis en examen
00:25:55pour vol avec arme
00:25:56et recel
00:25:57et il est incarcéré.
00:26:01Une semaine plus tard,
00:26:03nouvelle apparition
00:26:04miracle
00:26:05de billets tachés.
00:26:07Cette fois-ci,
00:26:07à Lyon.
00:26:08nous sommes prévenus
00:26:10nous sommes prévenus
00:26:10par la Banque de France
00:26:11d'une tentative
00:26:13d'écouler
00:26:13211 billets
00:26:14qui sont maculés
00:26:17visiblement
00:26:19par un système
00:26:19de sécurité encore.
00:26:22C'est une fille
00:26:22de 23 ans,
00:26:24Sarah,
00:26:25qui s'est présentée
00:26:26à la banque
00:26:26pour échanger
00:26:27plus de 4000 euros.
00:26:30Nous allons apprendre
00:26:30que Sarah
00:26:31tentait dans un premier temps
00:26:33d'écouler les billets
00:26:34au sein d'une agence postale
00:26:35dans laquelle on va lui dire
00:26:37que vu qu'ils sont détériorés,
00:26:39il faut les amener
00:26:40à la Banque de France.
00:26:41L'employé lui a demandé
00:26:43de laisser les billets
00:26:43et ses coordonnées
00:26:45le temps de se renseigner.
00:26:46Mais en guise de vérification,
00:26:48la Banque de France
00:26:49a prévenu le procureur
00:26:50qui a prévenu la police.
00:26:53Du coup,
00:26:53Sarah a droit
00:26:54elle aussi
00:26:55à un petit tour
00:26:56en garde à vue.
00:26:58Elle va nous expliquer
00:26:59qu'elle a trouvé
00:26:59ses billets
00:27:00dans un sac plastique
00:27:01au bord d'un canal
00:27:03près de son domicile.
00:27:04Ses billets,
00:27:06elle a bien essayé
00:27:07de les nettoyer
00:27:08mais l'antre
00:27:08ne voulait pas partir.
00:27:10Alors elle s'est dit
00:27:10qu'elle allait les échanger
00:27:12sans imaginer
00:27:13une seule seconde,
00:27:14dit-elle,
00:27:15que cet argent
00:27:16provenait d'un braquage.
00:27:21Sarah nous expliquera
00:27:21qu'elle a quelques problèmes
00:27:22d'argent
00:27:23et que
00:27:24quand elle a trouvé
00:27:25ce sac
00:27:26qui contenait les billets,
00:27:28elle n'a pas résisté
00:27:29à la tentation
00:27:31de les écouler
00:27:32pour son compte.
00:27:34Sarah a beau répéter
00:27:35qu'elle ne connaît pas
00:27:36de Christian Jomy,
00:27:37qu'elle a juste
00:27:38ramassé ses billets
00:27:39par terre,
00:27:40elle aussi est mise
00:27:41en examen
00:27:41pour recel de vol
00:27:42avec arme
00:27:42et incarcéré.
00:27:46Pendant que les policiers
00:27:47s'acharnent
00:27:48à remonter la piste
00:27:49des recéleurs,
00:27:51les braqueurs
00:27:51qui se sont fait la main
00:27:52préparent
00:27:53leur plus beau coup.
00:27:573 septembre 2004.
00:28:00Cette fois,
00:28:00c'est dans la Drôme
00:28:01à la Coup Courde
00:28:02que les braqueurs
00:28:03passent à l'action.
00:28:04Quand on arrive,
00:28:05on voit une scène
00:28:05quasi apocalyptique,
00:28:08un tunnel
00:28:09de passage
00:28:10pour les animaux
00:28:11sous l'autoroute
00:28:12qui flambent,
00:28:15la fumée de partout,
00:28:15l'autoroute
00:28:16qui ralentit.
00:28:18On s'aperçoit
00:28:18très vite
00:28:19qu'on est en face
00:28:20de quelque chose
00:28:21qui sort de l'ordinaire.
00:28:23Une fois que la scène
00:28:24se calme un peu,
00:28:25on est en face
00:28:26d'un camion
00:28:26qui visiblement
00:28:27a été vidé
00:28:27de son contenu.
00:28:2812 manettes
00:28:29sont au sol.
00:28:30On s'aperçoit
00:28:31qu'elles ont été ouvertes
00:28:32à côté du fourgon,
00:28:34dans le tunnel.
00:28:35On retrouve encore
00:28:36des billets fumants,
00:28:38des liasses
00:28:38de billets
00:28:39qui ont été laissés
00:28:41sur place
00:28:41certainement
00:28:42parce que trop tâchés.
00:28:45À côté du fourgon,
00:28:46une voiture,
00:28:47brûlée elle aussi.
00:28:50Le convoyeur est là
00:28:52en état de choc.
00:28:53Il nous décrit
00:28:55une scène étrange.
00:28:57Il fait sa livraison
00:28:58comme habituellement.
00:28:59Il arrive sur la départementale
00:29:01et lorsqu'il tombe
00:29:02sur la gauche
00:29:02pour se diriger
00:29:04vers la prochaine agence,
00:29:06il remarque un véhicule
00:29:07qui lui débouche devant
00:29:08semblant un peu
00:29:09le faire freiner.
00:29:10Ça l'agace un peu.
00:29:13C'est une camionnette
00:29:14de chantier,
00:29:15pas de quoi s'inquiéter.
00:29:16Mais un homme en surgit
00:29:17et le braque.
00:29:18Sous la menace
00:29:19de son arme,
00:29:20il le conduit
00:29:20dans la buse.
00:29:22Une fois dans la buse,
00:29:23l'ambiance est très particulière.
00:29:25Le premier point
00:29:25qui est surprenant,
00:29:27c'est qu'on va lui demander
00:29:28la feuille de route
00:29:29pour pouvoir extraire
00:29:30des mallettes choisies
00:29:31par les braqueurs
00:29:32et non pas choisies
00:29:33par le convoyeur.
00:29:36Lui est extrêmement stressé,
00:29:37le milieu est confiné,
00:29:38c'est noir,
00:29:39il ne sait pas vraiment
00:29:40combien d'individus
00:29:41sont présents.
00:29:42Il entend les mallettes
00:29:42qui s'ouvrent.
00:29:46Pour autant,
00:29:46les braqueurs
00:29:46sont extrêmement calmes
00:29:48au point de faire
00:29:50un brin de causette
00:29:51avec lui,
00:29:52se renseigner
00:29:53sur sa vie,
00:29:55remarquer des tatouages
00:29:56sur ses bras,
00:29:57lui demander
00:29:58si c'est un ancien militaire.
00:29:59Allons rassurer
00:30:00sur le fait
00:30:00que le soir,
00:30:01il verra sa femme
00:30:02et qu'après tout,
00:30:02il n'en veut
00:30:02qu'à son argent
00:30:03et absolument pas à lui.
00:30:06Le convoyeur
00:30:07passe plus d'une heure
00:30:08dans le tunnel,
00:30:09le temps de sortir
00:30:10les valises
00:30:10une par une.
00:30:13Une fois le camion vidé,
00:30:15les braqueurs
00:30:15le poussent
00:30:16vers la sortie.
00:30:16Alors là,
00:30:20c'est un grand moment
00:30:21de panique
00:30:21pour le convoyeur
00:30:22qui pour lui,
00:30:23ayant vu des silhouettes,
00:30:25ayant quand même
00:30:26côtoyé ses individus
00:30:27pendant près d'une heure
00:30:28dans un tunnel sombre,
00:30:29se dit
00:30:29c'est pas possible,
00:30:30ils vont pas en rester là,
00:30:32je vais y passer,
00:30:33ils vont l'exécuter.
00:30:35Ils vont l'attacher
00:30:36sans même trop le serrer
00:30:38et repartir
00:30:39en disant comprendre
00:30:39qu'il ne faut pas
00:30:40qu'il retourne au tunnel
00:30:42comme s'il voulait
00:30:42s'assurer
00:30:43qu'effectivement
00:30:44sa vie ne puisse pas
00:30:45être mise en danger
00:30:46pour ce qui va se produire
00:30:47dans le tunnel.
00:30:48Le braqueur
00:30:49qui l'attache
00:30:50ne parle pas français,
00:30:51c'est donc du doigt
00:30:52qui lui fait comprendre
00:30:53de ne pas rejoindre
00:30:54le fourgon.
00:30:55Sinon,
00:30:56boum !
00:30:57Ensuite,
00:30:58tout le monde repart
00:30:59tranquillement
00:31:00avec la coquette
00:31:01seule de 695 000 euros.
00:31:04Et quelques minutes
00:31:04plus tard...
00:31:08On n'est pas en face
00:31:09d'un véhicule
00:31:10qui a incendié
00:31:11de manière basique
00:31:12avec un bidon d'essence
00:31:13et un briquet.
00:31:14On est en face
00:31:15d'un système
00:31:15de mise à feu
00:31:16à retardement.
00:31:18Un système artisanal
00:31:19mais efficace.
00:31:21Une bougie de préchauffage,
00:31:23quelques fils électriques
00:31:24et un minuteur de cuisine.
00:31:27Les gendarmes
00:31:28sont encore occupés
00:31:29par ces constatations
00:31:30quand on les prévient
00:31:31que la camionnette de chantier
00:31:32vient d'être retrouvée.
00:31:35Chirophare,
00:31:35faux autocollant,
00:31:36elle a tout l'air
00:31:37d'une vraie.
00:31:38Et elle,
00:31:39elle n'a pas brûlé.
00:31:39À l'intérieur,
00:31:41les braqueurs
00:31:42ont oublié
00:31:42plusieurs vêtements,
00:31:44notamment une veste
00:31:45de treillis,
00:31:46une cagoule beige
00:31:47et ce n'est pas tout.
00:31:50On est en face
00:31:51d'une fourgonnette
00:31:53qui contient
00:31:53des panneaux de circulation.
00:31:55Donc,
00:31:55à l'instant,
00:31:56on se demande,
00:31:57on se dit
00:31:58est-ce qu'elle a pu être volée
00:31:59comme ça
00:31:59ou est-ce que ces panneaux
00:32:00ont eu une utilité
00:32:01quelconque.
00:32:04Voler comme ça ?
00:32:04Pas le genre
00:32:05de ces braqueurs.
00:32:06Les gendarmes
00:32:07en ont la confirmation
00:32:08trois jours plus tard.
00:32:10Visiblement,
00:32:11les gars
00:32:11se sont encore
00:32:12donnés du mal.
00:32:13Cette fois,
00:32:13ils ont monté
00:32:14un faux chantier
00:32:15sur la départementale 74,
00:32:17le trajet du convoyeur.
00:32:19Ils ont déroulé
00:32:20un câble
00:32:20sur plus de 400 mètres
00:32:22le long de la route
00:32:22pour contrôler
00:32:24à distance
00:32:24le feu rouge
00:32:25et maîtriser
00:32:26ainsi la circulation.
00:32:29Le fourgon
00:32:30n'avait aucune chance
00:32:31de la réchapper.
00:32:36Colonel Tabel,
00:32:37on peut parler
00:32:37d'un braquage spectaculaire.
00:32:40Vous mettez,
00:32:40j'imagine,
00:32:41des moyens
00:32:42à la hauteur
00:32:42de ce braquage.
00:32:44Alors,
00:32:44quand on arrive
00:32:45sur place,
00:32:46on se rend compte
00:32:46que ce braquage
00:32:48est vraiment exécuté
00:32:49de manière
00:32:50extrêmement professionnelle.
00:32:53La préparation
00:32:54a été
00:32:54très minutieuse.
00:32:57L'exécution
00:32:58a été
00:32:58d'une efficacité
00:32:59redoutable.
00:33:00l'équipe
00:33:02était parfaitement
00:33:02organisée.
00:33:03Chacun savait
00:33:04ce qu'il avait
00:33:04à faire
00:33:05et chacun
00:33:06a joué
00:33:06son rôle
00:33:07vraiment
00:33:07de la manière
00:33:08la plus professionnelle
00:33:10qu'il soit.
00:33:11Est-ce qu'on n'a pas
00:33:11à faire...
00:33:12Vous vous êtes presque
00:33:12admiratif quand même.
00:33:13On n'est...
00:33:14Je ne dirais pas admiratif
00:33:15mais on reconnaît
00:33:16quand même
00:33:16qu'il y avait
00:33:17du travail.
00:33:19Il y avait du travail.
00:33:20Ce qui est certain
00:33:20c'est que là
00:33:22on se dit
00:33:23il faut mettre
00:33:23des gros moyens.
00:33:24Donc je demande
00:33:25la création
00:33:25d'une cellule
00:33:26nationale d'enquête.
00:33:27Donc on aura
00:33:2814 enquêteurs
00:33:29chevronnés,
00:33:30véritablement chevronnés
00:33:31qui vont travailler
00:33:32d'arrache-pied
00:33:33sur cette affaire
00:33:33pendant des mois
00:33:34et des mois.
00:33:36On demande
00:33:36l'appui
00:33:37de la force
00:33:39d'observation
00:33:39du GIGN
00:33:41et évidemment
00:33:42l'appui
00:33:42pour l'identification
00:33:44et l'analyse
00:33:45des traces
00:33:46et indices
00:33:46de l'Institut
00:33:47de recherche criminelle
00:33:48de l'agent Amri.
00:33:49Donc là
00:33:49on met
00:33:50tous les moyens
00:33:51en œuvre
00:33:51pour avancer
00:33:53sur ce dossier.
00:33:54Les braqueurs
00:33:55récupèrent des billets
00:33:56qui doivent
00:33:57normalement
00:33:58être inutilisables.
00:34:00A votre avis
00:34:01ils ont trouvé
00:34:01un truc
00:34:02pour contrer
00:34:02ce dispositif
00:34:03de sécurité ?
00:34:05A ce moment-là
00:34:05on se demande
00:34:06s'ils les écoulent
00:34:08à l'étranger
00:34:09s'ils les écoulent
00:34:10dans des endroits
00:34:11particuliers
00:34:12qui leur permettraient
00:34:13de ne pas
00:34:13faire en sorte
00:34:15que les billets
00:34:16ne soient pas repérés.
00:34:17On ne sait pas
00:34:18on est vraiment
00:34:18interrogatif.
00:34:19On ne comprend pas
00:34:20quelle utilisation
00:34:22ils peuvent faire
00:34:22de ces billets
00:34:23qui sont maculés
00:34:24d'encre
00:34:24et d'une encre
00:34:24qui est porteuse
00:34:26d'éléments
00:34:27d'identification.
00:34:33Les gendarmes
00:34:34font et refont
00:34:36l'itinéraire
00:34:36du convoyeur.
00:34:38Toutes les voitures
00:34:38volées dans la région
00:34:39sont répertoriées
00:34:40idem pour les armes
00:34:42mais ça ne donne rien.
00:34:45On va faire des recherches
00:34:46sur les cabines téléphoniques
00:34:47on va faire de la téléphonie
00:34:49on va faire du voisinage
00:34:50mais voisinage
00:34:51sur le lieu de chantier
00:34:52sur le lieu de braquage
00:34:54on va aller jusqu'à
00:34:56faire des vérifications
00:34:57à l'aérodrome
00:34:58puisqu'un aérodrome
00:34:59est situé non loin
00:35:00pour voir si toutefois
00:35:01puisqu'on est en face
00:35:01de braqueurs astucieux
00:35:02ils n'auraient pas pris
00:35:03l'option
00:35:04de quitter les lieux
00:35:05avec un petit avion
00:35:06personnel
00:35:07chose qu'on n'est pas
00:35:09amené à penser
00:35:10traditionnellement
00:35:11dans ce genre de fait.
00:35:14Mais rien non plus
00:35:15du côté de l'aérodrome.
00:35:17Reste la veste
00:35:18de Treilly
00:35:18et en attendant
00:35:20les résultats du labo
00:35:21les gendarmes
00:35:21tentent d'en tirer
00:35:22quelque chose.
00:35:24C'est un modèle rare
00:35:25qui date de la guerre du Golfe.
00:35:27Avec un peu de chance
00:35:28ils vont pouvoir
00:35:29retrouver le vendeur
00:35:30et remonter à l'acheteur.
00:35:33On va faire
00:35:33un grand nombre
00:35:34de vérifications
00:35:35des stocks américains
00:35:37le milieu militaire
00:35:38et malheureusement
00:35:39sur la provenance
00:35:40de cette veste
00:35:40on ne va rien réussir
00:35:41à sortir d'intéressant.
00:35:44Quant au convoyeur
00:35:47les gendarmes
00:35:48ne l'oublient pas
00:35:49ils ont découvert
00:35:50qu'il roulait
00:35:50sans verrouiller les portes
00:35:51et surtout
00:35:52contrairement
00:35:53à ce qu'il leur avait dit
00:35:54il n'a pas activé
00:35:55l'alarme du fourgon.
00:35:57De quoi faire de lui
00:35:57un suspect ?
00:35:59L'homme
00:35:59est placé sur écoute
00:36:01ses relevés bancaires
00:36:02ses déclarations
00:36:03d'impôt
00:36:04sont épluchées.
00:36:06Mais tout ce que
00:36:06les gendarmes découvrent
00:36:07c'est une maîtresse
00:36:08et deux enfants
00:36:09adultérins.
00:36:10L'enquête
00:36:11béguait ainsi
00:36:12pendant des mois
00:36:13de vérification
00:36:15en vérification.
00:36:17Dominique
00:36:17pendant que gendarmes
00:36:18et policiers
00:36:19cherchent toujours
00:36:19les braqueurs
00:36:20les attaques continuent.
00:36:21Oui
00:36:22il va y avoir
00:36:22un nouveau braquage
00:36:23ici à la côte
00:36:24Saint-André
00:36:24le 29 octobre
00:36:262004
00:36:27avec l'ancienne
00:36:28méthode
00:36:29des mécanos
00:36:30ça va rater
00:36:31parce que
00:36:32les malfaiteurs
00:36:32sont déjà
00:36:33à l'intérieur
00:36:33de la banque
00:36:34mais là
00:36:34ils ont un pressentiment
00:36:36il y a un truc
00:36:36qui ne leur convient pas
00:36:37donc l'équipe
00:36:38décide de s'arracher
00:36:39et ils ont un écreux
00:36:41parce que les gendarmes
00:36:42ont été prévenus
00:36:42et les gendarmes
00:36:43sont en train d'arriver
00:36:44et la voiture
00:36:45des malfaiteurs
00:36:46va croiser
00:36:46celle des gendarmes
00:36:47dans une rue
00:36:48très étroite
00:36:48où deux voitures
00:36:49ne peuvent pas passer
00:36:50en même temps
00:36:50et là
00:36:52grand seigneur
00:36:53les malfaiteurs
00:36:54vont faire marche arrière
00:36:56laisser passer
00:36:57la voiture
00:36:57des gendarmes
00:36:59gyrophare
00:37:00de ton
00:37:00qui file vers la banque
00:37:01et les gendarmes
00:37:03vont faire
00:37:03le rapprochement
00:37:04avec la bande
00:37:05des mécanos
00:37:06parce que
00:37:08on va regarder
00:37:08les vidéosurveillances
00:37:09de la banque
00:37:10qu'on voit ici
00:37:11il y a une employée
00:37:12qui va dire
00:37:12ces types là
00:37:13ils étaient habillés
00:37:13avec des codes de travail
00:37:15et ils avaient des oreillettes
00:37:17et là
00:37:18les gendarmes
00:37:18vont se dire
00:37:18mais c'est les types
00:37:19qu'on a croisés
00:37:20dans la voiture
00:37:21alors anecdote
00:37:22c'est que dans cette banque
00:37:24
00:37:24la méthode a évolué
00:37:26ils ne sont pas arrivés
00:37:27par le plafond
00:37:27ils sont arrivés
00:37:28par le sous-sol
00:37:29c'est plus un vol
00:37:29à la tombée
00:37:30c'est un braquage
00:37:31à la montée
00:37:31et puis il va y avoir
00:37:33une nouvelle série
00:37:34de braquages
00:37:35oui
00:37:35retour aux valises
00:37:36d'Axitrans
00:37:37auparavant
00:37:38on détournait
00:37:39les fourgons
00:37:39mais c'était trop compliqué
00:37:40on s'encombrait
00:37:41du fourgon
00:37:42du convoyeur
00:37:43la nouvelle méthode
00:37:44les valises d'Axitrans
00:37:46ils vont aller les chercher
00:37:47directement
00:37:48où elles sont
00:37:48c'est à dire
00:37:49à l'intérieur
00:37:50des locaux
00:37:51des banques
00:37:51là où elles sont
00:37:52entreposées
00:37:53donc les mécanos
00:37:54vont fracturer
00:37:55les portes
00:37:55entrer
00:37:56et récupérer
00:37:57les valises
00:37:57et des affaires
00:37:58comme ça
00:37:58il va y en avoir
00:37:595 Frédéric
00:38:005 entre le mois
00:38:01de janvier
00:38:02et le mois
00:38:03de juin 2005
00:38:04dans ce secteur là
00:38:05la première
00:38:06à Saint-Georges
00:38:07d'Aspéranche
00:38:08là les malfaiteurs
00:38:10emportent
00:38:102 valises vides
00:38:11ils se font avoir
00:38:12deuxième affaire
00:38:14au péage de Roussillon
00:38:15là ils prennent
00:38:1645 000 euros
00:38:18ils vont recommencer
00:38:19troisième affaire
00:38:21Bourgouin-Jalieu
00:38:21crédit agricole
00:38:22ils se font encore avoir
00:38:23avec 2 valises vides
00:38:24quatrième coup
00:38:26ils reviennent
00:38:27à la côte Saint-André
00:38:27au crédit lyonnais
00:38:28là où les gendarmes
00:38:30étaient arrivés
00:38:31donc puisque les repérages
00:38:32sont faits
00:38:33autant retourner sur place
00:38:34ils ramassent
00:38:3540 000 euros
00:38:36et ils vont en faire
00:38:37une cinquième
00:38:37ici dans l'Ardèche
00:38:39à Daveux-Jieux
00:38:40donc c'est au mois de juin
00:38:41ils prennent encore
00:38:422 valises vides
00:38:42ça suffit
00:38:43ça rapporte pas assez
00:38:44donc ça va s'arrêter là
00:38:46la série va s'arrêter là
00:38:47pour ce qui concerne
00:38:48les attaques
00:38:49de locaux bancaires
00:38:50pendant ce temps-là
00:38:56les gendarmes
00:38:57avancent
00:38:57en étudiant
00:38:59le système
00:38:59de mise à feu
00:39:00employé
00:39:01lors du braquage
00:39:01de la coucourde
00:39:02ils font un rapprochement
00:39:03le même dispositif
00:39:05a été utilisé
00:39:06quelques années plus tôt
00:39:07lors d'une attaque
00:39:08spectaculaire
00:39:09un braquage
00:39:10à 10 millions de francs
00:39:11qui n'avait pas fait
00:39:12beaucoup parler de lui
00:39:13à l'époque
00:39:13et pour cause
00:39:1411 septembre 2001
00:39:21les yeux rivés
00:39:23sur les tours
00:39:23du World Trade Center
00:39:25la presse
00:39:26fait peu de cas
00:39:27du hold-up
00:39:28de Saint-Esteve
00:39:28près de Perpignan
00:39:29ce matin-là
00:39:31un commando
00:39:32de 4 hommes
00:39:32lourdement armés
00:39:33a littéralement
00:39:34pris d'assaut
00:39:35la banque populaire
00:39:36d'un seul coup
00:39:38dans un chantier
00:39:39on va complètement
00:39:40défoncer
00:39:41un mur extérieur
00:39:42donnant accès
00:39:43justement au centre
00:39:44de comptage
00:39:45à la salle de comptage
00:39:46en 3 minutes
00:39:47tenant en respect
00:39:48le personnel
00:39:48sous la menace
00:39:49d'armes de fort calibre
00:39:50ils ont littéralement
00:39:52vidé la pièce
00:39:53et emporté
00:39:53plusieurs millions de francs
00:39:5610 millions de francs
00:39:58une attaque
00:39:59quasi militaire
00:40:00les braqueurs
00:40:01ont pensé à tout
00:40:01pour assurer leur fuite
00:40:03l'enquête
00:40:06dure des mois
00:40:07c'est finalement
00:40:08l'analyse
00:40:08des communications
00:40:09passées depuis
00:40:10les cabines du coin
00:40:10et les portables
00:40:12détectés dans cette zone
00:40:13qui permet de remonter
00:40:14la bande
00:40:15les gendarmes
00:40:16arrêtent une quinzaine
00:40:17de personnes
00:40:17mais deux des chefs
00:40:18passent entre les mailles
00:40:20du filet
00:40:20un certain
00:40:23Laurent Coqogne
00:40:24et son beau-frère
00:40:26Serge Quemin
00:40:27deux gars
00:40:28qui pourraient bien
00:40:29se cacher
00:40:29derrière le hold-up
00:40:31de la Cougourde
00:40:31là aussi
00:40:32les braqueurs
00:40:33ont su monter
00:40:34un système de mise à feu
00:40:35efficace
00:40:36avec trois fois rien
00:40:37un walkman
00:40:38un briquet
00:40:39et beaucoup
00:40:40d'ingéniosité
00:40:41ils ont le profil
00:40:42ils ont vraiment
00:40:43le profil
00:40:44ils sont beaux frères
00:40:45ils ont confiance en eux
00:40:47l'un est très calme
00:40:48l'autre est très astucieux
00:40:49on est en face
00:40:50pour nous
00:40:51du noyau
00:40:52de cette équipe
00:40:53de braqueurs
00:40:54qui nous intéresse
00:40:55Autre coïncidence
00:40:58Laurent Coqogne
00:40:59est un gars de la région
00:41:00celle où sont commis
00:41:01les braquages
00:41:01c'est le fils
00:41:03de Dédé Lyonnais
00:41:04une figure du milieu
00:41:05Malheureusement
00:41:09je n'ai pas vu grandir
00:41:10parce que quand il est né
00:41:11j'étais en prison
00:41:12c'est ma maman
00:41:13qui l'a élevé
00:41:13il a été élevé
00:41:15par ma maman
00:41:15parce que sa mère
00:41:16l'a abandonné
00:41:17il avait
00:41:17cet humour par là
00:41:19voilà
00:41:20Au départ
00:41:22Laurent ne veut pas suivre
00:41:23les traces de son père
00:41:24marié
00:41:25et père d'une petite fille
00:41:26il mène une vie tranquille
00:41:28il travaille dans une usine
00:41:29de yaourts
00:41:30Il avait une bonne place
00:41:33c'est dommage
00:41:33qu'il a quitté
00:41:34il n'allait pas
00:41:35ses chefs
00:41:35il surveillait des machines
00:41:37tout ça
00:41:38je lui disais
00:41:38Laurent reste là-bas
00:41:39tout ça
00:41:40il ne m'a pas écouté
00:41:41Laurent
00:41:43c'est un poisson
00:41:45un poisson
00:41:46il rêvait
00:41:47il aurait voulu avoir
00:41:48une belle maison
00:41:49avoir une Ferrari
00:41:50tout ça
00:41:51tout le luxe
00:41:52il aimait le luxe
00:41:53je veux dire
00:41:54c'est la vérité
00:41:54moi aussi
00:41:55presque tout le monde
00:41:56aime le luxe
00:41:58c'est comme ça
00:41:59tenté par l'argent facile
00:42:00que Laurent finit
00:42:02par glisser dans la délinquance
00:42:03et qu'il atterrit
00:42:04à la case
00:42:05prison
00:42:06pendant qu'il était
00:42:07à Villefranche
00:42:08à prison à Villefranche
00:42:09il a perdu sa petite fille
00:42:11qui s'appelait Camille
00:42:13il y a très mal
00:42:14très mal supporté
00:42:16et d'ailleurs
00:42:17ça l'a viré complètement
00:42:19quand il a perdu
00:42:19il va se réfugier
00:42:21dans la grande délinquance
00:42:23il va rentrer
00:42:23dans sa bulle
00:42:25il va vivre
00:42:26à sa manière
00:42:27à lui
00:42:28stoppant complètement
00:42:30ses activités professionnelles
00:42:31traditionnelles
00:42:32il est mis en cause
00:42:36dans une affaire
00:42:38de trafic international
00:42:39de stupéfiants
00:42:40et il est en fuite
00:42:41je ne voulais pas
00:42:47qu'il se mette
00:42:48vraiment en cavale
00:42:49parce que je lui ai dit
00:42:50t'es jaune
00:42:50tu pourras faire
00:42:51des années
00:42:52que t'as à faire
00:42:53parce qu'il l'avait condamné
00:42:54par coutumage
00:42:55et Laurent m'a répondu
00:42:58papa je t'écoute
00:42:59sur tout
00:42:59mais sur ça
00:43:00je t'écouterai pas
00:43:01il m'a dit
00:43:01je ne retournerai jamais
00:43:02en posant
00:43:02quand les gendarmes
00:43:05qui enquêtent
00:43:06sur le braquage
00:43:06de la concourde
00:43:07s'intéressent à lui
00:43:08Laurent Cocogne
00:43:09a déjà disparu
00:43:10de la circulation
00:43:11depuis 6 ans
00:43:12et ce n'est pas Dédé
00:43:13qui va les aider
00:43:14à les retrouver
00:43:14je n'ai pas de contact
00:43:16avec les filles
00:43:17c'est ce qu'ils veulent
00:43:18ils veulent savoir
00:43:18les filles
00:43:19mais non
00:43:19j'en ai pas de contact
00:43:20à eux
00:43:21je leur dis comme ça
00:43:22voilà
00:43:23qu'ils ne viennent pas
00:43:24me parler
00:43:25parce que c'est des gens
00:43:26qu'ils me font vomir
00:43:27quand je les vois
00:43:28je vais vous dire
00:43:28j'aurais pu en avoir
00:43:29beaucoup de contacts
00:43:30et si je n'en ai pas eu
00:43:31c'est pas de ma faute à moi
00:43:33c'est de la faute à Laurent
00:43:34parce que Laurent
00:43:35c'est un type fantastique
00:43:38mon fils
00:43:38c'est un phénomène
00:43:40il ne voulait pas
00:43:41que j'ai des contacts
00:43:42avec lui
00:43:43pour pas que les flics
00:43:45que je sois emmerdé
00:43:47par les flics
00:43:47quant à Serge Quemin
00:43:51il est entré
00:43:52dans la famille
00:43:52en 88
00:43:53après avoir épousé
00:43:54la soeur de Laurent
00:43:55c'est un homme
00:43:56rigoureux
00:43:56ponctuel
00:43:57et sociable
00:43:58son grand malheur
00:44:00à Serge
00:44:01c'est d'être tombé
00:44:01dans notre famille
00:44:02voilà
00:44:03parce que moi
00:44:04j'ai connu Serge
00:44:05c'était un maçon
00:44:05un super maçon
00:44:07un professionnel
00:44:08des entrepreneurs
00:44:09qui venaient de chercher
00:44:10chez lui
00:44:10pour travailler chez lui
00:44:12donc un beau sort
00:44:14pas possible
00:44:15jusqu'à l'âge de 40 ans
00:44:17un peu moins
00:44:18sa vie n'avait été
00:44:19qu'une vie de travail
00:44:20d'une vie de famille
00:44:214 mois d'acédic
00:44:23sur cette période
00:44:24de 22 à 38 ans
00:44:25donc une vie de travail
00:44:27et puis des voisins
00:44:27qui témoignaient
00:44:28de ce que le week-end
00:44:30il retapait la maison
00:44:31mais après
00:44:32bien sûr
00:44:34lui pareil
00:44:35il a vu
00:44:36l'argent
00:44:37que j'avais moi
00:44:38Laurent
00:44:39qui flambe
00:44:39enfin qui avait l'argent
00:44:40aussi et tout
00:44:41ça l'a
00:44:42machiné quoi
00:44:44il a filoché Laurent
00:44:45il est
00:44:45il est parté en rue
00:44:47avec Laurent quoi
00:44:48Laurent l'aurait donc
00:44:50convaincu
00:44:50de monter avec lui
00:44:51sur un coup
00:44:51un seul
00:44:52le braquage
00:44:53de Saint-Eustèvres
00:44:55Serge-Clemin
00:44:56avait la volonté
00:44:56de s'arrêter
00:44:58de se ranger
00:44:58après ce coup
00:44:59puisqu'on a la démonstration
00:45:02au dossier
00:45:02qu'il a
00:45:03sans doute investi
00:45:04une partie des sommes
00:45:05qu'il avait récupérées
00:45:07après ce vol avec arme
00:45:08puisqu'il a créé
00:45:09une société
00:45:10et on sait par le dossier
00:45:11qu'il a eu une information
00:45:12indiquant qu'il était recherché
00:45:14et que son implication
00:45:15dans les faits de Saint-Eustèvres
00:45:16commençait à être mise à jour
00:45:18suspecté
00:45:20que Man n'avait plus le choix
00:45:22pour éviter la prison
00:45:23il a rejoint son beau-frère
00:45:24en cavale
00:45:25les deux hommes courent
00:45:26depuis trois ans
00:45:27trois ans
00:45:28pendant lesquels
00:45:29ils ont perfectionné
00:45:30leur technique
00:45:31c'est en tout cas
00:45:33ce que se disent
00:45:33les gendarmes
00:45:34maintenant persuadés
00:45:35d'avoir trouvé
00:45:36qui se cache
00:45:37derrière le braquage
00:45:38de la concourde
00:45:39Annie Corona
00:45:48vous êtes à l'époque
00:45:49juge d'instruction
00:45:50à la GIRS de Lyon
00:45:51la juridiction interrégionale spécialisée
00:45:54un élément matériel
00:45:55dans cette histoire
00:45:56va vous conforter
00:45:57dans l'idée que
00:45:58Cocogne et Quemain
00:46:00sont bien impliqués
00:46:01dans le braquage
00:46:02de la concourde
00:46:03effectivement
00:46:04puisque dans le braquage
00:46:05de la concourde
00:46:06on sait que les auteurs
00:46:07ont laissé sur place
00:46:10un véhicule
00:46:11partiellement incendié
00:46:12dans lequel nous avons trouvé
00:46:13une cagoule
00:46:14dans laquelle nous avons trouvé
00:46:15un ADN mitochondrial
00:46:18vous savez que l'ADN mitochondrial
00:46:19c'est un profil génétique
00:46:22qui nous permet
00:46:23d'établir un lien
00:46:25entre la personne
00:46:26sur laquelle
00:46:27qui perd ce bout de profil
00:46:29avec la lignée maternelle
00:46:31en prélevant
00:46:33la mère de Laurent Cocogne
00:46:35et la mère de Serge Quemain
00:46:36la comparaison
00:46:37entre l'ADN
00:46:39de Madame Quemain
00:46:39et la trace
00:46:41découverte dans la cagoule
00:46:42a révélé
00:46:43de façon positive
00:46:44qu'il s'agissait
00:46:45de l'ADN
00:46:47de Serge Quemain
00:46:48et la mère
00:46:48elle a accepté
00:46:49comme ça
00:46:49de se prêter
00:46:50à ce prélèvement d'ADN ?
00:46:51tout à fait
00:46:51elle savait que son fils
00:46:52était recherché
00:46:53dans le cadre
00:46:54d'autres faits
00:46:55les faits
00:46:55notamment de Saint-Estèvres
00:46:57et plutôt
00:46:58de compliquer
00:47:00ses relations
00:47:01qu'elle pouvait avoir
00:47:02avec les gendarmes
00:47:03puisque souvent
00:47:04les gendarmes
00:47:04venaient à son domicile
00:47:05pour essayer
00:47:05de trouver une trace
00:47:06de son fils
00:47:07et donc elle a accepté
00:47:08tout à fait
00:47:09librement
00:47:10de se prêter
00:47:12à ce prélèvement d'ADN
00:47:14mais elle aurait pu refuser
00:47:15elle aurait pu refuser
00:47:16donc ce qui était
00:47:18qu'une hypothèse de travail
00:47:19devient une preuve
00:47:20une preuve
00:47:21une démonstration
00:47:22en tout cas
00:47:22sur au moins
00:47:23un des auteurs
00:47:24d'un coup courbe
00:47:25pendant que les gendarmes
00:47:31essayent de localiser
00:47:32leur suspect numéro 1
00:47:34Laurent Cocogne
00:47:35et Serge Quemain
00:47:35les policiers
00:47:37avancent aussi
00:47:37au début de l'année 2005
00:47:42l'APG de Clermont-Ferrand
00:47:44tombe sur un pont tuyau
00:47:45un jour
00:47:47un de mes collaborateurs
00:47:49recueille une information
00:47:49on lui dit que
00:47:51deux individus
00:47:53qui sont
00:47:54installés
00:47:56en Auvergne
00:47:57de manière surprenante
00:47:59auraient trouvé le moyen
00:48:01de découler des billets
00:48:03qui étaient des billets
00:48:05tachés d'encre
00:48:06maculés
00:48:07sur le moment
00:48:12on n'y croit pas vraiment
00:48:13parce que
00:48:13pour les braqueurs
00:48:14nettoyer les billets maculés
00:48:16c'est un peu comme
00:48:17au Moyen-Âge
00:48:19la pierre philosophale
00:48:20tout le monde veut ça
00:48:21et personne n'y arrive
00:48:23mais rapidement
00:48:25un deuxième renseignement
00:48:27vient conforter le premier
00:48:28on est avisé par
00:48:30un casino
00:48:31de la région
00:48:32à côté de Clermont
00:48:33que dans les machines à sous
00:48:35qui servent au change
00:48:36pour les joueurs
00:48:38pour obtenir des jetons
00:48:39des billets maculés
00:48:41eux aussi
00:48:41sont passés
00:48:42les policiers
00:48:45surveillent donc de près
00:48:46les casinos
00:48:46très vite
00:48:48ils ont la confirmation
00:48:49que deux hommes
00:48:50écoulent bien ses billets
00:48:51un certain Jean-Pierre
00:48:53et un dénommé
00:48:54Alain Kenny
00:48:55Kenny c'est un personnage
00:48:56intéressant
00:48:57il est sorti de prison
00:48:59il y a quelque temps
00:49:00il était connu
00:49:01pour trafic international
00:49:01de stupes
00:49:03on le connaissait aussi
00:49:04pour avoir gravité
00:49:05dans le monde
00:49:06des braqueurs
00:49:07c'est un
00:49:08touche à tous
00:49:09c'est un type très intelligent
00:49:10quant à Jean-Pierre
00:49:14c'est un ancien copain
00:49:15de prison
00:49:15de Kenny
00:49:16Jean-Pierre
00:49:18Boris
00:49:19Jean-Pierre
00:49:21ça sera celui
00:49:22qu'on appelait
00:49:23dans le milieu lyonnais
00:49:24le russe
00:49:25en fait il n'est pas russe
00:49:26il est ukrainien
00:49:27mais quand il est né
00:49:29tout ça
00:49:30c'était la même chose
00:49:31si je puis dire
00:49:32il arrive en France
00:49:33tardivement
00:49:35fin des années 60
00:49:35et très vite
00:49:38il va acquérir
00:49:39si je puis dire
00:49:39un plein de marès
00:49:40criminel assez étonnant
00:49:42puisqu'en quelques années
00:49:43il sera condamné
00:49:44plusieurs fois
00:49:45pour des infractions
00:49:46qui sont très diversifiées
00:49:47qui vont du proxénétisme
00:49:49au braquage
00:49:51mais surtout pour braquage
00:49:52c'est un malfaiteur
00:49:55bien connu
00:49:55qui est au moment
00:49:57où on fait cette enquête
00:49:59recherchée par la justice
00:50:00faire plaît
00:50:02les policiers
00:50:03informent les gendarmes
00:50:04qui enquêtent
00:50:04sur le braquage
00:50:05de la coucourde
00:50:05lorsqu'il leur parle
00:50:07de Jean-Pierre Boris
00:50:08ça fait tilt
00:50:09ce nom ne nous est pas inconnu
00:50:12puisque
00:50:13dans l'affaire Saint-Esteve
00:50:15l'équipe de braqueurs
00:50:18qui a été
00:50:18en partie interpellée
00:50:20était
00:50:21des proches
00:50:22de Boris Jean-Pierre
00:50:24le fait que là
00:50:25il soit mis en cause
00:50:27comme recelueur des billets
00:50:28nous laisse penser
00:50:30qu'il a à nouveau
00:50:31un lien avec Serge
00:50:32Quemin
00:50:33et Laurent Cocogne
00:50:34les enquêteurs
00:50:36passent alors un deal
00:50:37chacun travaille de son côté
00:50:39mais on se tient au courant
00:50:40les gendarmes
00:50:41continuent de traquer
00:50:42Cocogne et Quemin
00:50:43tandis que les policiers
00:50:45gardent un oeil
00:50:46sur Boris
00:50:47qui apparemment
00:50:48a du mal
00:50:49à se tenir tranquille
00:50:50très rapidement
00:50:53on se rend compte
00:50:54qu'on est
00:50:54dans le vif du sujet
00:50:56si je puis dire
00:50:56puisque fin mars
00:50:57on intercepte
00:50:58une conversation téléphonique
00:51:00entre Jean-Pierre Boris
00:51:02et un inconnu
00:51:03par laquelle
00:51:05Jean-Pierre Boris
00:51:06dit
00:51:07à son correspondant
00:51:09qu'il a repris
00:51:11l'artillage
00:51:11donc on sait
00:51:13on sait
00:51:14que le groupe est actif
00:51:15en juin
00:51:20on se rend compte
00:51:21qu'il y a de l'effervescence
00:51:22et qu'ils vont sans doute travailler
00:51:24on les suit
00:51:26presque tous les jours
00:51:28et on les voit repérer
00:51:30les distributeurs automatiques
00:51:32le 22 juin
00:51:35les gars passent à l'action
00:51:36Boris
00:51:38tente de fracturer
00:51:39le distributeur
00:51:40d'un centre commercial
00:51:41à Saint-Priest
00:51:42dans la banlieue dionnaise
00:51:43pour les policiers
00:51:44c'est l'occasion
00:51:45de faire un flag
00:51:46dans la foulée
00:51:48ils foncent
00:51:49chez Alain Kenny
00:51:50où ils font
00:51:51une découverte intéressante
00:51:52on va retrouver des billets
00:51:54on va retrouver des billets
00:51:55qui notamment
00:51:56proviennent
00:51:56d'un braquage
00:51:57du braquage
00:51:59qui a été commis
00:52:00à la coup courde
00:52:01et dont sont saisis
00:52:02les gendarmes
00:52:03les deux hommes
00:52:05sont placés
00:52:05en garde à vue
00:52:06premier entendu
00:52:07le russe
00:52:09reste droit
00:52:09dans ses bottes
00:52:10malfaiteur d'habitude
00:52:11il ne dit pas
00:52:12il reconnaîtra
00:52:18la tentative
00:52:21sur laquelle
00:52:21il est arrêté
00:52:22et là
00:52:22il aurait eu du mal
00:52:23puisque
00:52:24on lui passe
00:52:26les menottes
00:52:27au sortir
00:52:27de la banque
00:52:28pour les billets
00:52:29il va
00:52:30essayer de trouver
00:52:31une échappatoire
00:52:32et il va nous dire
00:52:33de manière très minimaliste
00:52:35qu'il a acheté
00:52:35les billets
00:52:36pour
00:52:37une somme modique
00:52:38environ 100 000 euros
00:52:40à quelqu'un
00:52:41dont il ne veut pas
00:52:42nous dire
00:52:42l'identité
00:52:43et qu'ensuite
00:52:44il avait tenté
00:52:45de les faire nettoyer
00:52:46en fait
00:52:49il va admettre
00:52:49le recel
00:52:50juridiquement
00:52:51on m'a proposé
00:52:53ces billets
00:52:54je les ai acheté
00:52:5410% du prix
00:52:55à charge pour moi
00:52:56d'essayer
00:52:57d'enlever
00:52:58cette encre
00:52:59indélébile
00:53:00et de les rendre
00:53:00utilisables
00:53:01en revanche
00:53:03les policiers
00:53:04en apprennent
00:53:05un peu plus
00:53:06du côté
00:53:06d'Alain Kenny
00:53:07Kenny
00:53:09lui
00:53:09il est beaucoup
00:53:10plus prolixe
00:53:11il dit que c'est
00:53:12Boris qui les lui donne
00:53:13et que Boris
00:53:15lui aurait dit
00:53:16de les être procurés
00:53:17avec un groupe
00:53:20d'amis
00:53:204 en tout
00:53:22dont 2 sont en cavale
00:53:232 hommes
00:53:26en cavale
00:53:26sûrement
00:53:27cocogne
00:53:28et que main
00:53:28les policiers
00:53:29sentent qu'ils se rapprochent
00:53:31la version de Kenny
00:53:32semble beaucoup plus fiable
00:53:33que celle de Boris
00:53:34et de son soi-disant
00:53:35vendeur de billets
00:53:36premièrement
00:53:38les billets
00:53:38viennent de la cocourde
00:53:39ça c'est le laboratoire
00:53:41technique
00:53:41de police scientifique
00:53:42qui le dit
00:53:43point numéro 1
00:53:44point numéro 2
00:53:46quand on l'interpelle
00:53:47dans son sac
00:53:49il y a un tournevis
00:53:50qui supporte
00:53:52des traces
00:53:53de couleurs
00:53:54différentes
00:53:54qui s'avèreront être
00:53:56des encres
00:53:57qui sont des encres
00:53:58de maculation
00:53:59des billets
00:53:59la version de Boris
00:54:01s'écroule
00:54:01comme un château de cartes
00:54:02les braqueurs
00:54:09tirent des leçons
00:54:10de chacune de leurs erreurs
00:54:11et tentent toujours
00:54:12de trouver
00:54:12la méthode
00:54:13parfaite
00:54:14ils se creusent la tête
00:54:15l'attaque des fourgons
00:54:17trop longue
00:54:18et trop coûteuse
00:54:19à préparer
00:54:19les agences bancaires
00:54:21on ne sait jamais
00:54:22ce qu'on va y trouver
00:54:23alors
00:54:24la bande a une idée
00:54:26c'est le début
00:54:27d'une nouvelle période
00:54:288 septembre 2005
00:54:33un convoyeur
00:54:34descend de son fourgon
00:54:36avec deux mallettes
00:54:36pour les livrer
00:54:37à la banque
00:54:38son collègue
00:54:39lui
00:54:40reste en couverture
00:54:41au volant
00:54:42j'entendais des voix
00:54:43qui étaient un peu
00:54:44des chuchotements
00:54:46pas des hurlements
00:54:47mais bon
00:54:47c'était pas habituel
00:54:49et au moment
00:54:50où je sors
00:54:51pour voir ce qui se passe
00:54:52un braqueur arrive
00:54:53en face de moi
00:54:54il me monte du doigt
00:54:55il me fait comprendre
00:54:56qu'il ne fallait pas
00:54:58que je bouge
00:54:58que je descende
00:54:59que j'aille plus loin
00:55:00donc c'est là
00:55:01où j'ai compris
00:55:02qu'on se faisait braquer
00:55:03son collègue lui
00:55:06n'a pas le temps
00:55:07de comprendre
00:55:08la voiture est partie
00:55:10en deux deux
00:55:12et les a plus
00:55:13rapide
00:55:15efficace
00:55:16un braquage
00:55:18à l'arracher
00:55:18une nouvelle méthode
00:55:20que les enquêteurs
00:55:21baptisent
00:55:22l'attaque trottoir
00:55:23juillet
00:55:25une première attaque
00:55:26trottoir
00:55:26septembre
00:55:27plusieurs attaques
00:55:28trottoirs
00:55:29une psychose
00:55:30s'installe
00:55:31on a l'impression
00:55:31que les faits
00:55:32deviennent de plus en plus
00:55:33rapprochés
00:55:34et que
00:55:34ça ne va pas
00:55:36s'arrêter
00:55:37mais côté braqueur
00:55:39la chance
00:55:40commence à tourner
00:55:41car les convoyeurs
00:55:42transportent aussi
00:55:43des manettes vides
00:55:44pour que les banques
00:55:45les remplissent
00:55:46et c'est ce qui est arrivé
00:55:47deux fois de suite
00:55:48deux échecs
00:55:49conclusion
00:55:52retour à la bonne vieille méthode
00:55:54du fourgon
00:55:55avec un nouvel accessoire
00:55:57une balance
00:55:58ils connaissent le poids net
00:56:05d'une valise
00:56:06donc quand ils l'apaisent
00:56:07ils sont en mesure de dire
00:56:08si elle contient ou non
00:56:09suffisamment d'argent
00:56:11pour ne pas repartir
00:56:12en breneau
00:56:14grâce à la balance
00:56:15la pêche est bonne
00:56:16mais un autre fourgon
00:56:18leur file entre les doigts
00:56:20quelques semaines plus tard
00:56:21il retombe sur le même
00:56:22convoyeur que
00:56:23la concourde
00:56:24qui lui est particulièrement
00:56:25vigilant
00:56:26et va très vite déjouer
00:56:28l'attaque de son fourgon
00:56:31repérant une voiture
00:56:32qui lui paraît
00:56:33anormale
00:56:34s'arrêter à quelques centaines
00:56:36de mètres
00:56:36partir en marche arrière
00:56:37et ainsi
00:56:38ne pas permettre
00:56:40l'exécution du braquage
00:56:41comme c'était prévu
00:56:42nouvel échec
00:56:44nouvelle parade
00:56:45le fourgon suivant
00:56:47ne leur échappera pas
00:56:48les braqueurs
00:56:49l'attendent en embuscade
00:56:50sous la neige
00:56:51avec deux troncs d'arbre
00:56:53pour lui couper la route
00:56:54et pendant que la valse
00:56:56des attaques
00:56:57de fourgon continue
00:56:58les policiers
00:56:59se rapprochent
00:57:01lentement
00:57:01mais sûrement
00:57:03là on apprend
00:57:04qu'un individu
00:57:05un chimiste
00:57:06surnommé Madagascar
00:57:08détiendrait
00:57:10la formule
00:57:11pour nettoyer les billets
00:57:12les laver
00:57:13et qu'il avait
00:57:14dans ses relations
00:57:14ses proches relations
00:57:15un certain
00:57:16Laurent Cocogne
00:57:17et son beau-frère
00:57:19Serge Kemin
00:57:19énième confirmation
00:57:22pour Cocogne
00:57:24et Kemin
00:57:24quant à Madagascar
00:57:26il aurait un autre surnom
00:57:28le chauve
00:57:28reste maintenant
00:57:30à l'identifier
00:57:31les taux se resserrent
00:57:38autour des braqueurs
00:57:39alors qu'ils prennent
00:57:40de plus en plus
00:57:41d'assurance
00:57:41et de risque
00:57:42c'est ce qui va les perdre
00:57:4330 mars 2006
00:57:49à la Verpillère
00:57:50vers 8h15
00:57:51un convoyeur
00:57:52sort de la banque populaire
00:57:53quand il entend hurler
00:57:54monte dans le fourgon
00:57:55réflexe de survie
00:57:57il part en courant
00:57:58le braqueur le course
00:57:59mais il glisse
00:58:00sur la chaussée
00:58:01le convoyeur
00:58:02a le temps
00:58:02de se réfugier
00:58:03dans une boulangerie
00:58:04son collègue
00:58:05n'a pas autant de chance
00:58:07j'ai eu le temps
00:58:08de rien voir
00:58:09parce que bon
00:58:09j'ai pris un coup
00:58:10et je suis tombé à terre
00:58:11il m'a dit
00:58:12couche-toi
00:58:12et tu ne me relèves pas
00:58:13voilà
00:58:13donc ça s'est passé
00:58:14en an dix
00:58:15j'ai essayé de les interroger
00:58:20pour savoir si mon collègue
00:58:22était vraiment monté dedans
00:58:23et ils m'ont dit
00:58:23mais espèce d'andouille
00:58:25tu vois pas que tu es tout seul
00:58:26non
00:58:26donc j'ai dit
00:58:26ouf
00:58:26au moins lui
00:58:27il est sauvé
00:58:27les deux braqueurs
00:58:30ont pris le contrôle du fourgon
00:58:31mais ils sont contrariés
00:58:32ils devenaient nerveux
00:58:34parce que sachant
00:58:35que mon collègue
00:58:35a pu s'échapper
00:58:36et donner l'alerte
00:58:37il savait que l'agent
00:58:38n'était pas très loin
00:58:39donc ça les a agacés
00:58:40je les entonnais
00:58:41tout le long
00:58:41et chaque fois
00:58:42que je pose une question
00:58:42ferme ta gueule
00:58:44tais-toi
00:58:44t'as plus sur la tête
00:58:45voilà
00:58:45donc j'ai pris des
00:58:46j'étais bleu
00:58:47un peu de voix
00:58:47t'as pas comment ça
00:58:48malgré cet accro
00:58:50les gangsters
00:58:51décident d'aller jusqu'au bout
00:58:52ils prennent le temps
00:58:54de vider le camion
00:58:55quand ils entendent
00:58:58un hélicoptère
00:58:59et c'est là
00:59:05que j'ai entendu
00:59:05à un moment donné
00:59:06bon c'est bon
00:59:06ça commence à être chaud
00:59:07on se casse
00:59:08et ils m'ont dit
00:59:09mets-toi là
00:59:09et puis j'entendais
00:59:09l'autre qui disait
00:59:10bon si jamais
00:59:11il bouge
00:59:12tu le flingues
00:59:13donc là c'est dur
00:59:13vous réfléchissez
00:59:14vous dites
00:59:14bon qu'est-ce que je fais
00:59:15et j'entendais cet hélico
00:59:17qui tournait
00:59:17car pendant ce temps là
00:59:19le plan Milan
00:59:20a été déclenché
00:59:21l'hélicoptère des gendarmes
00:59:23survole la zone
00:59:24il repère la 807
00:59:26des braqueurs
00:59:26quelques instants plus tard
00:59:28la voiture croise
00:59:29un premier barrage
00:59:30un gendarme la vise
00:59:31mais la voiture
00:59:32lui fonce dessus
00:59:33et trace la route
00:59:34jusqu'à ce qu'elle soit
00:59:36rattrapée par une patrouille
00:59:37qui ne la lâche plus
00:59:38ils ont pris un peu d'avance
00:59:43à peu près
00:59:44je dirais
00:59:4580 mètres
00:59:46sorti d'un virage à droite
00:59:49là je vois le véhicule
00:59:51très près
00:59:51comme s'il nous attendait
00:59:53et d'un seul coup
00:59:54je vois la lunette arrière
00:59:55se briser
00:59:55et des impacts
00:59:57des éclats de peinture
00:59:59de notre véhicule
01:00:00et mon collègue
01:00:01il me dit
01:00:02il nous rafale
01:00:02il nous rafale dessus
01:00:03mon collègue
01:00:06les ripostes
01:00:08à plusieurs reprises
01:00:08moi également
01:00:10je tire deux
01:00:11deux fois
01:00:12sur le véhicule
01:00:13la course poursuite continue
01:00:16mais quelques centaines
01:00:17de mètres plus loin
01:00:18c'est l'accident
01:00:19j'ai tout pilé
01:00:23sinon je lui ai rentré dedans
01:00:24j'étais à deux mètres
01:00:27on va dire
01:00:27et là je me suis dit
01:00:29on est mort
01:00:30si tirs on est mort
01:00:31les braqueurs ne tirent pas
01:00:35la 807 repart de plus belle
01:00:37rien semble les arrêter
01:00:39ils ont essuyé
01:00:40des coups de feu
01:00:40ils ne s'arrêtent pas
01:00:41l'accident ne les arrête pas
01:00:43ils ne s'arrêteront
01:00:44que quand le véhicule
01:00:45ne sera plus en mesure d'avancer
01:00:46le véhicule à 807
01:00:48fumé
01:00:49il y a des pneus éclatés
01:00:50moi je m'arrête sur la droite
01:00:52et là je vois le chauffeur
01:00:55descendre
01:00:56avec deux armes
01:00:58il n'y a pas de caboule
01:01:00par contre le passager
01:01:02lui il y a une cagoule
01:01:03il a deux armes
01:01:04ils ont l'air tout excités
01:01:07ils se mettent les armes
01:01:08à la tempe
01:01:09au niveau du coeur
01:01:10là je me dis
01:01:12mais qu'est-ce qu'ils font
01:01:13coincés entre l'hélico
01:01:16et les gendarmes
01:01:16les braqueurs refusent
01:01:18de se rendre
01:01:18mais ils ne tirent pas
01:01:19le malfaiteur cagoulé
01:01:21jette son pistolet mitrailleur
01:01:23le gendarme castellan
01:01:25décide de s'approcher
01:01:26de lui
01:01:27pour discuter
01:01:28je suis arrivé sur lui
01:01:31et là
01:01:32là il me dit
01:01:34je veux parler à un responsable
01:01:35donc je lui dis
01:01:37il n'y a pas de soucis
01:01:37on va discuter
01:01:38et là
01:01:39je range mon pistolet
01:01:42et je prends
01:01:44le pistolet à impulsion électrique
01:01:45le taser
01:01:46et je tire
01:01:50les ardillons partent
01:01:52et aucun choc électrique
01:01:54et là il me dit
01:01:55qu'est-ce que tu me fais
01:01:57et je lui dis
01:01:58il n'y a pas de soucis
01:01:59on va discuter plus loin
01:02:00il me dit
01:02:01ok toi tu es armé
01:02:03moi aussi
01:02:03on y va
01:02:04je me dis
01:02:05il va se tourner
01:02:07je vais me taser
01:02:08dans le dos
01:02:08donc il se retourne
01:02:10je le suis
01:02:11le moment
01:02:12où j'ouvre le feu
01:02:14à le taser
01:02:14j'entends une détonation
01:02:16là mes collègues
01:02:20il saute dessus
01:02:21et il y en a un
01:02:22qui dit
01:02:22il ne va pas bien
01:02:22il ne va pas bien
01:02:23il retourne
01:02:24et là il a des yeux
01:02:26grands ouverts
01:02:26tout blanc
01:02:27et il a un trou dans le coeur
01:02:28l'homme qui vient de se tuer
01:02:34c'est Laurent Cocogne
01:02:35le fameux Laurent Cocogne
01:02:37après qui
01:02:38nous courrions
01:02:39depuis tant de temps
01:02:40l'homme qui est
01:02:45à genoux par terre
01:02:46c'est Serge Quemin
01:02:47Serge Quemin est blessé
01:02:49il a pris une balle
01:02:51dans le bras
01:02:51pendant la course poursuite
01:02:52quant au troisième homme
01:02:55le conducteur
01:02:57s'avère être
01:02:58Hervé Carlier
01:02:58individu qu'on ne connait
01:03:00absolument pas
01:03:01Hervé Carlier
01:03:03un ancien officier
01:03:05de 53 ans
01:03:06c'est un ancien militaire
01:03:08brillant
01:03:08il a été le plus jeune lieutenant
01:03:11du cadre noir de Saumur
01:03:12et il a continué
01:03:14il a fait l'école de guerre
01:03:15c'est un garçon
01:03:16extrêmement brillant
01:03:17et puis de ce que j'en ai compris
01:03:19un jour on lui a demandé
01:03:20de créer une officine
01:03:22pour je ne sais quelle mission
01:03:25et puis le jour
01:03:26on n'a plus besoin de lui
01:03:27on l'a laissé tomber
01:03:28il s'est retrouvé
01:03:29après avoir pris
01:03:30ce qu'on dit son pécule
01:03:32il s'est retrouvé
01:03:33sans un rond
01:03:33Hervé Carlier
01:03:35a ensuite bourlingué
01:03:36ancien chef d'entreprise
01:03:38ancien détective privé
01:03:40c'est un homme
01:03:41qui a vécu plusieurs vies
01:03:42au delà de cette apparence
01:03:45du militaire
01:03:45extrêmement reconnu
01:03:47il a une autre facette
01:03:49baroudeur
01:03:50où il a tourné
01:03:54dans l'environnement
01:03:55de Bokassa
01:03:56on ne sait pas exactement
01:03:57quels ont été
01:03:58ses agissements
01:03:59mais il y a un côté
01:04:00assez sombre
01:04:01du personnage
01:04:02un mort
01:04:04deux hommes arrêtés
01:04:05les gendarmes
01:04:07viennent de mettre fin
01:04:08à une longue série
01:04:09de braquages
01:04:10la bande
01:04:12est sous les verrous
01:04:13et les 41 gendarmes
01:04:14qui ont participé
01:04:15à l'arrestation
01:04:16seront tous décorés
01:04:17mais l'enquête
01:04:18n'est pas terminée
01:04:19une série de perquisitions
01:04:20est organisée
01:04:21chez les suspects
01:04:22et leurs familles
01:04:22sans trouver grand chose
01:04:23c'est Hervé Carlier
01:04:25le militaire
01:04:26qui met les enquêteurs
01:04:27sur la piste
01:04:28la plus intéressante
01:04:29en garde à vue
01:04:30il leur parle d'une maison
01:04:31qui louait pour cocogne
01:04:33et que main
01:04:33à Romand-sur-Isère
01:04:35nous nous impressons
01:04:40d'aller sur place
01:04:41et là
01:04:43c'est bizarre
01:04:44et la maison
01:04:45elle est à la fois
01:04:46en désordre
01:04:48mais à la fois
01:04:49d'une armoire
01:04:50qui est vide
01:04:50pour nous
01:04:53quelqu'un est passé
01:04:53avant nous
01:04:54les soupçons
01:04:56portent tout de suite
01:04:57sur les proches
01:04:57Dédé le père de Laurent
01:04:59est interpellé
01:05:00et placé en garde à vue
01:05:01le vieil homme
01:05:02est sous le choc
01:05:03il vient d'apprendre
01:05:04la mort de son fils
01:05:05je suis rentré chez moi
01:05:08et ma femme m'a dit
01:05:09il y a eu un braquage
01:05:11dans la région
01:05:12qui a mal tourné
01:05:13alors je dis
01:05:14on m'évite la télé
01:05:15un malfaiteur
01:05:16s'est suicidé
01:05:17après une tentative
01:05:17ratée de braquage
01:05:19contre un fourgon blindé
01:05:20à la Verpillère
01:05:21dans le Nord-Isère
01:05:21j'ai tout de suite
01:05:23pensé à Laurent
01:05:24je savais que ça allait
01:05:33finir comme ça
01:05:34c'était obligé
01:05:35ça ne pouvait pas
01:05:36finir autrement
01:05:37ça a duré neuf puits
01:05:38la cavale
01:05:39c'est déjà beau
01:05:40les braquages
01:05:41c'est ça
01:05:42vous en faites un
01:05:43vous en faites deux
01:05:43mais après
01:05:44quand c'est 3, 4, 5, 6
01:05:45et ça continue
01:05:46un jour ou l'autre
01:05:47la chance
01:05:48elle vous abandonne
01:05:49passer l'émotion
01:05:53Dédé doit s'expliquer
01:05:54les gendarmes
01:05:56ont une écoute téléphonique
01:05:57ils savent
01:05:58qu'après avoir appris
01:05:59la mort de son fils
01:05:59Dédé est allé
01:06:01à la planque
01:06:01de Romain-sur-Isère
01:06:03le père de Roncocogne
01:06:05est une figure
01:06:06on n'a pas affaire
01:06:08à un gamin
01:06:08on a affaire
01:06:09à quelqu'un
01:06:09qui connait le système
01:06:10qui connait la poloche
01:06:12comme on dit
01:06:12dans le jargon
01:06:13et qui sait très bien
01:06:15qu'il ne faut rien dire
01:06:17et qu'il ne va rien dire
01:06:18d'ailleurs
01:06:18je lui ai dit
01:06:19qu'est-ce que vous m'emmerdez
01:06:21mon fils
01:06:22il aurait été vivant
01:06:23il m'aurait dit
01:06:24d'aller faire le ménage
01:06:25à la villa
01:06:25j'aurais fait le ménage
01:06:27qu'est-ce que j'en ai à foutre
01:06:28mais mon fils il est mort
01:06:29qu'est-ce que vous m'emmerdez
01:06:31avec ça
01:06:31mon fils
01:06:32même que vous trouvez
01:06:33des tentes
01:06:33dans la villa
01:06:34j'en ai rien à foutre
01:06:35ça ne changera rien
01:06:36mon fils il est mort
01:06:37vous n'allez pas me le ramener
01:06:38sinon
01:06:38j'aurais été faire le ménage
01:06:40dans la maison
01:06:40même avec 10 piges à la clé
01:06:42la compagne de Laurent
01:06:44est placée en garde à vue
01:06:45elle aussi
01:06:46elle explique qu'elle n'était au courant de rien
01:06:48c'est un certain Philippe Carlier
01:06:50qui est venu lui apprendre
01:06:51le braquage
01:06:52les arrestations
01:06:53le suicide de Laurent
01:06:55ce Philippe Carlier
01:06:57c'est le fils d'Hervé
01:06:58il a 25 ans
01:07:00c'est lui
01:07:01qui a fait le ménage
01:07:01dans la villa
01:07:02il a planqué
01:07:03tout ce qu'il pouvait
01:07:04dans une voiture
01:07:04et il est parti
01:07:06en oubliant
01:07:06quelques bricoles
01:07:07derrière lui
01:07:08on retrouve
01:07:10des véhicules
01:07:11des véhicules volés
01:07:12des mallets taxi trans
01:07:13les unes à côté des autres
01:07:14on retrouve des dizaines
01:07:16de plaques d'immatriculation
01:07:17on retrouve des plans
01:07:18on retrouve des armes
01:07:19on retrouve
01:07:19une quantité
01:07:20inestimable
01:07:22d'éléments matériels
01:07:24c'est surréaliste
01:07:25on a l'impression
01:07:26de rentrer dans la caverne
01:07:27d'Ali-Babari
01:07:27quant à la voiture
01:07:29Philippe Carlier
01:07:30ne l'a pas cachée bien loin
01:07:31les gendarmes la retrouvent
01:07:32dans la même rue
01:07:33dans cette voiture
01:07:34on va retrouver
01:07:35tout ce qui peut correspondre
01:07:38à ce côté
01:07:39préparation extraordinaire
01:07:40des braquages
01:07:41les communications
01:07:42avec des quittoriètes
01:07:43des radios
01:07:44on va retrouver
01:07:45des explosifs
01:07:46des jumelles
01:07:47des montres caméras
01:07:49on va retrouver
01:07:50un matériel
01:07:50digne d'un espion
01:07:51pendant qu'une partie
01:07:54des gendarmes
01:07:55fait l'inventaire
01:07:55des centaines de scellés
01:07:57une autre équipe
01:07:58interpelle Philippe Carlier
01:07:59après une première version
01:08:02fantaisiste
01:08:02il reconnaît
01:08:03qu'il a nettoyé
01:08:04la maison
01:08:04et il se met à table
01:08:06il va tout de suite
01:08:09reconnaître
01:08:09qu'en fait
01:08:09il jouait un rôle
01:08:10de sommette
01:08:11non armé
01:08:12et que c'est lui
01:08:13qui donnait l'alerte
01:08:14à l'équipe
01:08:15par radio
01:08:16le fourgon
01:08:18des convoyeurs
01:08:19arrivait sur la zone
01:08:20permettant ainsi
01:08:21d'exécution
01:08:22parfaite
01:08:22du braquage
01:08:23grâce aux éléments
01:08:25retrouvés dans la villa
01:08:26les gendarmes
01:08:27identifient deux autres
01:08:28complices
01:08:29le premier
01:08:30Philippe Gascon
01:08:31un ami d'enfance
01:08:32de Cocogne
01:08:33recruté lui aussi
01:08:35pour faire la sonnette
01:08:36le second en revanche
01:08:37a un autre gabarit
01:08:39il s'appelle
01:08:39David Gelé
01:08:41ce David Gelé
01:08:43on va très vite
01:08:44travailler dessus
01:08:45et s'apercevoir
01:08:46qui correspond
01:08:48vraisemblablement
01:08:49au renseignement
01:08:50policier
01:08:51désignant un individu
01:08:53dit Madagascar
01:08:54ou le chauve
01:08:54renseignement
01:08:55qui s'avère
01:08:56d'autant plus
01:08:56crédible
01:08:58que David Gelé
01:09:00habite à Madagascar
01:09:01David Gelé
01:09:03petit fils d'un général
01:09:04de l'armée de l'air
01:09:05fils d'ingénieur
01:09:06et lui-même
01:09:07officier de réserve
01:09:08un passionné
01:09:09d'armes à feu
01:09:10que les gendarmes
01:09:11cueillent à l'aéroport
01:09:12à son retour
01:09:13de Tannanarive
01:09:13Annick Corona
01:09:16vous avez entendu
01:09:17tous les mises en examen
01:09:18comment se comportent-ils ?
01:09:20c'est plutôt du genre
01:09:21qui parle
01:09:22ou qui se tait ?
01:09:23j'avais en charge
01:09:24dans mon cabinet
01:09:24une quinzaine de procédures
01:09:27qui étaient tous
01:09:27reliés les uns aux autres
01:09:29grâce au mode opératoire
01:09:30mais on n'avait pas
01:09:31d'éléments matériels
01:09:32sur tous les faits
01:09:33et donc leur mode de défense
01:09:34a consisté
01:09:35à ne reconnaître
01:09:36que les faits
01:09:37pour lesquels
01:09:37on avait des éléments matériels
01:09:39et leur particularité aussi
01:09:42c'était de reconnaître
01:09:43sa propre responsabilité
01:09:45son rôle
01:09:45dans chacun des faits
01:09:47mais n'impliquant jamais
01:09:49les autres
01:09:50dans les faits
01:09:51pour lesquels
01:09:51ils reconnaissaient
01:09:52leur propre responsabilité
01:09:53ils ne balancent jamais ?
01:09:55les interrogatoires
01:09:55se sont toujours bien passés
01:09:57il y avait dans leur mode
01:10:00de réponse
01:10:00dans leur façon
01:10:01de se comporter
01:10:04du respect
01:10:05du respect pour l'autorité judiciaire
01:10:07et du respect pour les gendarmes
01:10:09et j'ai une anecdote
01:10:10assez intéressante
01:10:11à raconter sur ce point
01:10:12un des auteurs
01:10:13écrit à son frère
01:10:14en lui expliquant
01:10:15les conditions
01:10:15dans lesquelles
01:10:16il a été interpellé
01:10:17et les conditions
01:10:18dans lesquelles
01:10:18il a été placé
01:10:19en garde à vue
01:10:20et il dit à son frère
01:10:22si je n'avais pas choisi
01:10:23d'être du mauvais côté
01:10:24de la barrière
01:10:25j'aurais bien aimé
01:10:26travailler avec ces gendarmes
01:10:28donc c'est révélateur
01:10:29de l'ambiance
01:10:31qui a eu lieu
01:10:33tout au long
01:10:33de ces interrogatoires
01:10:34avec ces personnes
01:10:35qui ont joué le jeu
01:10:38en fait
01:10:38vous dressez d'eux
01:10:39des portraits
01:10:40de voyous
01:10:40plutôt respectables
01:10:41en fait
01:10:42c'est un dossier
01:10:43qui m'a mis en présence
01:10:46avec des malfaiteurs
01:10:47comme on les aime
01:10:48entre guillemets
01:10:49c'est à dire
01:10:49qui ont un code de l'honneur
01:10:51qui ont certes
01:10:53utilisé des armes
01:10:54pour commettre
01:10:55leurs méfaits
01:10:56mais qui n'ont pas
01:10:57fait couler de sang
01:10:58des voyous à l'ancienne
01:10:59des voyous à l'ancienne
01:11:00et comment vous faites
01:11:01le lien entre
01:11:02les mécanos
01:11:03l'équipe des mécanos
01:11:04et les souris verts
01:11:05alors c'est grâce
01:11:06juste encore
01:11:08à la perquisition
01:11:09réalisée
01:11:09au domicile
01:11:10de Carlier
01:11:12donc on a retrouvé
01:11:13des plans
01:11:13on a retrouvé
01:11:14des cartes
01:11:15ils positionnaient
01:11:16des petites aiguilles
01:11:17pour
01:11:18matérialiser
01:11:20le lieu
01:11:21de la commission
01:11:22des faits
01:11:22on a retrouvé
01:11:23un ensemble
01:11:24de petits éléments
01:11:25qui nous ont permis
01:11:26de les rattacher
01:11:27à ces faits
01:11:27des mécanos
01:11:28Dominique
01:11:33on sait maintenant
01:11:34comment les braqueurs
01:11:35s'y sont pris
01:11:35pour récupérer
01:11:36les billets
01:11:36ils ont trouvé
01:11:37un truc
01:11:37assez astucieux
01:11:38en fait
01:11:38le petit futé
01:11:40Frédéric
01:11:40c'est lui
01:11:41Serge Comain
01:11:41alors il va raconter
01:11:43pendant sa garde à vue
01:11:44aux enquêteurs
01:11:45et puis ensuite
01:11:46il va le refaire
01:11:47pendant la reconstitution
01:11:48ça c'est une photo
01:11:49de la reconstitution
01:11:50la technique
01:11:51astucieuse
01:11:52qu'il a mis au point
01:11:53pour ouvrir
01:11:55pour aller chercher
01:11:56les billets
01:11:56à l'intérieur
01:11:57des valises piégées
01:11:58alors il a mis au point
01:12:00une espèce de pince
01:12:01qui permet
01:12:03de maintenir
01:12:04une entreouverture
01:12:05de la valise
01:12:06et quand la valise
01:12:08est entreouverte
01:12:09et bien
01:12:09on la plonge
01:12:10dans un bac
01:12:11rempli d'huile de cuisine
01:12:13l'huile entre
01:12:14à l'intérieur
01:12:15de la valise
01:12:15imprègne
01:12:16les billets
01:12:17et ensuite
01:12:19on ouvre la valise
01:12:20façon classique
01:12:21le système pyrotechnique
01:12:23fait exploser
01:12:23les cartouches d'encre
01:12:24l'encre
01:12:26se répand sur les billets
01:12:27mais les billets
01:12:28sont protégés
01:12:28par la pellicule d'huile
01:12:29et ensuite
01:12:30on les lave
01:12:30avec de la lessive
01:12:32avec du savon
01:12:33on lave les billets
01:12:34et on les étend
01:12:35sur un fil à linge
01:12:36avec des pinces à linge
01:12:37et on obtient
01:12:38des billets
01:12:38tout propres
01:12:39mais ils ont un autre problème
01:12:40il faut qu'ils interviennent
01:12:41dans un laps de temps
01:12:42court en tout cas
01:12:43minutés
01:12:44mais ils ont trouvé
01:12:44la solution Frédéric
01:12:45en fait ils ont une voiture
01:12:47qui est stationnée
01:12:48dans la forêt
01:12:48ils amènent le fourgon
01:12:50à proximité de la voiture
01:12:51à partir du moment
01:12:52où le fourgon est là
01:12:53et où on sort les valises
01:12:54ils ont 20 minutes
01:12:56pour ouvrir les valises
01:12:57donc dans ce fourgon
01:12:59il y a des bacs d'huile
01:13:00de cuisine
01:13:01il y a plusieurs bacs
01:13:02et ils peuvent ouvrir
01:13:03plusieurs valises
01:13:04en même temps
01:13:04Serge Comain
01:13:05dira au policier
01:13:06qu'à la fin
01:13:07quand son système
01:13:08était vraiment au point
01:13:09il arrivait à sauver
01:13:1198% des billets
01:13:13qui étaient à l'intérieur
01:13:14des valises
01:13:14donc d'où le surnom
01:13:16du gang
01:13:17les souris vertes
01:13:18trempez-la dans l'huile
01:13:19trempez-la dans l'eau
01:13:20ça ferait des billets
01:13:21tout beau
01:13:21une équipe structurée
01:13:27comme une entreprise
01:13:28avec un braquage par mois
01:13:30les employés ne chômaient pas
01:13:31à leur tête
01:13:33Laurent Cocogne
01:13:34le PDG
01:13:35le leader incontesté
01:13:37une des principales caractéristiques
01:13:39de cette équipe
01:13:40c'est d'être capable
01:13:41de prendre du temps
01:13:42pour monter un braquage
01:13:43et de faire en sorte
01:13:45qu'il soit le plus parfait possible
01:13:46Laurent Cocogne
01:13:48il était capable
01:13:48juste parce qu'une maman
01:13:50passait avec une poussette
01:13:52non loin d'un braqueur
01:13:53il était capable de dire
01:13:54on ne le fait pas aujourd'hui
01:13:55c'est trop risqué
01:13:56Laurent il avait l'intelligence
01:13:57puis il avait la pratique
01:13:59tout ce qu'il le faisait
01:14:00il le faisait à la perfection
01:14:01d'ailleurs les filles
01:14:03qui s'en sont aperçus
01:14:04il les a fait marrant
01:14:08quelques fois
01:14:09après chaque braquage
01:14:13les parts sont réparties
01:14:1410% pour les guetteurs
01:14:1670 à 80%
01:14:18pour ceux qui montent au charbon
01:14:20le reste est mis dans un pot commun
01:14:22pour investir dans les prochains coûts
01:14:26ils ont changé
01:14:27on l'a vu au travers
01:14:28de différentes photos
01:14:29qu'on a pu retrouver
01:14:30dans les perquisitions
01:14:31plusieurs fois d'apparence
01:14:32et nous avons mis en évidence
01:14:34que Laurent Cocogne
01:14:36qui était en fuite
01:14:37depuis les années 2000
01:14:38a eu pour projet
01:14:40pendant de nombreuses années
01:14:41de trouver quelqu'un
01:14:42qui lui ressemble
01:14:42de manière à usurper son identité
01:14:45il a retrouvé
01:14:46par le biais
01:14:48d'un toxicomane
01:14:50un individu
01:14:51qui lui ressemblait
01:14:52à s'y méprendre
01:14:54ces faux papiers
01:14:55marchent tellement bien
01:14:56que lors d'un contrôle
01:14:57pour vitesse excessive
01:14:59Laurent Cocogne
01:15:01est au volant
01:15:02il est interpellé
01:15:03il présente ses papiers
01:15:05et cela passe
01:15:06totalement inaperçu
01:15:07de vrais faux papiers
01:15:10et bien sûr
01:15:11des voitures volées
01:15:11mais pas n'importe comment
01:15:13les souris vertes
01:15:14ont une astuce
01:15:15la doublette parfaite
01:15:17le principe
01:15:18copier et reproduire
01:15:19la plaque d'un véhicule
01:15:20de la même marque
01:15:21et de la même couleur
01:15:22qu'une voiture du coin
01:15:24où aura lieu le braquage
01:15:25L'intérêt de ces voitures
01:15:29est matriculées
01:15:29en doublette parfaite
01:15:30c'est que si un passant
01:15:32un riverain
01:15:33remarquait quelque chose
01:15:34d'étrange
01:15:34autour d'une banque
01:15:35par exemple
01:15:36lors d'un repérage
01:15:37s'il donnait le signalement
01:15:39de la plaque d'immatriculation
01:15:40de la voiture
01:15:41sa couleur
01:15:42son modèle
01:15:42la vérification de routine
01:15:44démontrait
01:15:45que ça correspondait
01:15:46à quelqu'un
01:15:47qui avait effectivement
01:15:48cette voiture
01:15:49et cette plaque d'immatriculation
01:15:50donc pas du tout
01:15:51quelque chose
01:15:52d'extraordinaire
01:15:53de la rigueur
01:15:55de l'organisation
01:15:56mais aussi de l'humour
01:15:57on s'est aperçu
01:15:59dans cette enquête
01:16:00que les différents accents
01:16:01qui étaient mis en évidence
01:16:03par les témoignages
01:16:03que ce soit espagnol
01:16:05russe
01:16:06maghrébin
01:16:06en fait
01:16:07c'était des subterfuges
01:16:08et que Laurent Cocogne
01:16:09c'est lui qui
01:16:10principalement s'amusait
01:16:11à prendre
01:16:12les différents accents
01:16:13et à parler
01:16:14de manière
01:16:15très maladroite
01:16:16volontairement
01:16:16pour nous orienter
01:16:17sur de fausses pistes
01:16:19et il est clair
01:16:19que oui
01:16:20ça a marché un temps
01:16:21ça nous a mis le doute
01:16:22un doute
01:16:23entretenu par une autre ruse
01:16:25le déguisement
01:16:26des lentilles de contact
01:16:28des colorations
01:16:28du coton
01:16:29dans les gencives
01:16:30Laurent Cocogne
01:16:31se travestissait même
01:16:33pour les repérages
01:16:34la fameuse Cléopâtre
01:16:36remarquée
01:16:37avant le braquage
01:16:38de Chabeuil
01:16:38c'était lui
01:16:39on a vraiment
01:16:42ce mélange
01:16:43entre le charme
01:16:44l'intelligence
01:16:45l'organisation
01:16:46la rigueur
01:16:47sans oublier
01:16:49les précautions de base
01:16:50jamais de téléphone
01:16:51pas de cigarette
01:16:52une synchronisation
01:16:54parfaite
01:16:55de minutieux repérages
01:16:56et bien sûr
01:16:57du sang froid
01:16:58une recette
01:16:59qui leur a permis
01:17:00d'amasser en 3 ans
01:17:021 million
01:17:02374 807 euros
01:17:06toute la bande
01:17:15à rendez-vous
01:17:15le 14 janvier 2010
01:17:17à Lyon
01:17:18devant les assises
01:17:18du Rhône
01:17:1914 braquages
01:17:20au final
01:17:20ont été retenus
01:17:21d'autres
01:17:22ont fait l'objet
01:17:23de non-lieux
01:17:23notamment
01:17:24l'attaque
01:17:25de Saint-Jus d'Ardèche
01:17:26un procès
01:17:27hors du commun
01:17:28pour une bande
01:17:29hors du commun
01:17:30il y avait
01:17:39beaucoup de monde
01:17:39il y avait
01:17:40beaucoup d'accusés
01:17:41beaucoup d'avocats
01:17:43un certain nombre
01:17:44de partis civils
01:17:45parce qu'il y avait
01:17:46énormément de faits
01:17:47donc c'était quand même
01:17:48un dossier
01:17:49d'une certaine ampleur
01:17:50beaucoup de monde
01:17:52mais un grand absent
01:17:53Laurent Cocogne
01:17:54le chef de la bande
01:17:55dans le box
01:17:58six hommes
01:17:59Serge Quemin
01:18:01Boris Lorus
01:18:02les militaires
01:18:04Carlier et Gelé
01:18:05et les deux sonnettes
01:18:06une femme
01:18:08la compagne
01:18:09de Cocogne
01:18:10comparaît libre
01:18:11les accusés
01:18:12font tous
01:18:13très bonne impression
01:18:14tous
01:18:14sauf peut-être Boris
01:18:16lui
01:18:17lui je crois que
01:18:19en fait
01:18:22souvent on s'est demandé
01:18:24ce qu'il faisait
01:18:24dans ce gang là
01:18:25cet individu
01:18:27c'était presque
01:18:28pathétique
01:18:29on avait envie
01:18:30de lui dire
01:18:33d'arrêter
01:18:34de témoigner
01:18:35ou d'arrêter
01:18:36de parler
01:18:36parce que
01:18:37plus il en disait
01:18:38moins c'était
01:18:39véridique
01:18:40moins c'était
01:18:40vraisemblable
01:18:41à tel point
01:18:42que David Gelé
01:18:43n'hésite pas
01:18:44à voler à son secours
01:18:45lorsqu'il voyait
01:18:47que Boris
01:18:48s'enfonçait
01:18:49à un moment donné
01:18:51je crois qu'il lui dit
01:18:52ta gueule Boris
01:18:53se retournant
01:18:54vers le président
01:18:54excusez-le
01:18:55monsieur le président
01:18:55il a le QI
01:18:56d'une tongue
01:18:57Boris
01:18:58alors de râler
01:19:00encore plus
01:19:00mais c'était intelligent
01:19:02parce que
01:19:03il y a vraiment
01:19:03un acte de protection
01:19:05pour dire à Boris
01:19:07tu t'enfonces
01:19:08tais-toi
01:19:08et puis d'essayer
01:19:09de rendre l'incident drôle
01:19:10intelligent
01:19:12spirituel
01:19:13le gang
01:19:14et son système
01:19:15de lessivage
01:19:16séduisent la salle
01:19:17il était bon
01:19:20celui-là
01:19:21parce que
01:19:21les juifs
01:19:22quand ils ont
01:19:22vu ces bacs d'huile
01:19:24ils se demandaient
01:19:25qu'est-ce que c'était
01:19:25ils ont pensé
01:19:26que c'était pour faire
01:19:26de la salade
01:19:27peut-être
01:19:27je ne sais pas
01:19:28on a retrouvé
01:19:30dans le scellé
01:19:30des milliers
01:19:31de pinces à linge
01:19:32pour faire sécher
01:19:33les billets
01:19:33c'est assez extraordinaire
01:19:35d'imaginer
01:19:36ces billets au vent
01:19:37en train de
01:19:38sécher tranquillement
01:19:39c'est hors norme
01:19:41ça
01:19:41si la méthode
01:19:44est hors norme
01:19:45l'avocat général
01:19:46ne perd pas de vue
01:19:47les motivations
01:19:47de ses braqueurs
01:19:48les motivations
01:19:50de quelqu'un
01:19:51qui fait un braquage
01:19:52je n'ai pas besoin
01:19:52qu'ils me l'indiquent
01:19:53je sais que c'est
01:19:54pour l'argent
01:19:54donc ils ne vont pas
01:19:56me dire
01:19:56que c'est charismatique
01:19:58que c'est pour faire
01:19:58le bien autour d'eux
01:19:59soit ils veulent
01:20:01financer quelque chose
01:20:02à notre projet
01:20:03criminel ou autre
01:20:05soit ils veulent
01:20:06s'amuser
01:20:07et ils ont besoin
01:20:07de beaucoup d'argent
01:20:08parce qu'être un voyou
01:20:09ça coûte cher
01:20:10quant au parti civil
01:20:12elles viennent rappeler
01:20:13qu'elles n'ont pas
01:20:14vraiment goûté
01:20:15à la sympathie
01:20:16de ce gang
01:20:16sympathie c'est quoi
01:20:18c'est parce que
01:20:19je te braque
01:20:19mais je ne te touche pas
01:20:20je suis sympa
01:20:21oui
01:20:24on peut tout dire
01:20:26ça comme ça
01:20:27mais non
01:20:27au fond de soi
01:20:29non c'est pas sympa
01:20:29t'as une arme
01:20:30t'es braqué
01:20:31ça reste quand même
01:20:32des braquages
01:20:32parce que finalement
01:20:33il y a quand même
01:20:34des répercussions
01:20:36derrière
01:20:36des chocs psychologiques
01:20:37pour certains
01:20:38mon collègue a été
01:20:40traumatisé
01:20:41ils ont pleuré
01:20:42dans le camion
01:20:42je me souviens
01:20:45d'un responsable
01:20:45d'agence
01:20:46qui au départ
01:20:47c'était quelqu'un
01:20:47qui était dans une maîtrise
01:20:49parfaite en fait
01:20:50et puis au fur et à mesure
01:20:51qu'il racontait
01:20:52ce qui lui était arrivé
01:20:54sa voix a commencé
01:20:55à trembler
01:20:56et à un moment donné
01:20:57il s'est effondré
01:20:58à la barre
01:20:58il s'est mis à pleurer
01:20:59à tel point
01:21:01que le président
01:21:03lui a demandé
01:21:03de sortir
01:21:04dans la salle
01:21:05des pas perdus
01:21:06pour se calmer
01:21:07on l'entendait
01:21:08pleurer
01:21:08de la salle
01:21:10les gendarmes
01:21:12qui les ont arrêtés
01:21:13sont là aussi
01:21:14ils racontent
01:21:15la course poursuite
01:21:16la panique
01:21:16les échanges de tir
01:21:18c'est tout l'enjeu
01:21:19du procès
01:21:19y a-t-il eu
01:21:20ou non
01:21:21tentative d'assassinat
01:21:22Laurent
01:21:24il n'a pas tiré
01:21:25sur le gendarme
01:21:25mais il a tiré
01:21:26pour s'arracher
01:21:28parce qu'il voulait s'arracher
01:21:30c'est tout
01:21:30il n'a pas tiré
01:21:31pour les tuer
01:21:31au début de la course poursuite
01:21:33les véhicules vont se retrouver
01:21:34à quelques mètres
01:21:35l'un de l'autre
01:21:36et si les fuilleurs
01:21:38avaient voulu ouvrir le feu
01:21:39ils auraient pu le faire
01:21:40à ce moment-là
01:21:41ce qu'ils ne vont absolument pas faire
01:21:42on a un Mauser
01:21:44qui tire 20 balles à la seconde
01:21:46dont personne ne va se servir
01:21:48sur les forces de police
01:21:49et dont on aurait pu se servir
01:21:50véritablement
01:21:51l'intention n'était pas du tout
01:21:52homicide
01:21:53mais l'avocat général
01:21:55lui
01:21:56n'est pas de cet avis
01:21:57pour moi
01:21:59il y avait une intention
01:21:59homicide
01:22:00qui était réelle
01:22:02on ne peut quand même pas
01:22:03à mon sens
01:22:04accepter
01:22:05que des gendarmes
01:22:06qui viennent interpeller
01:22:07des auteurs
01:22:09de vol à main armée
01:22:10soient accueillis
01:22:10par des coups de feu
01:22:11ça là-dessus
01:22:12c'est un grédo très ferme
01:22:14après les plaidoiries
01:22:16c'est maintenant
01:22:17au juré de tranchée
01:22:18lui clos
01:22:19dans la salle du conseil
01:22:21depuis bientôt 9h
01:22:23des délibérations
01:22:24exceptionnellement longues
01:22:25le 29 janvier 2010
01:22:28le verdict tombe
01:22:30Serge Quemin
01:22:31est condamné
01:22:32à 16 ans
01:22:32de réclusion criminelle
01:22:33Hervé Carlier
01:22:34prend 12 ans
01:22:36David Gelé
01:22:3711
01:22:37Boris n'est condamné
01:22:38que pour recel
01:22:398 ans
01:22:40les sonnettes
01:22:41prennent
01:22:425 ans
01:22:43quant à la femme
01:22:44de Laurent Cocogne
01:22:44elle est acquittée
01:22:45la salle se vide
01:22:48mais une question
01:22:49y plane encore
01:22:50où est passé
01:22:51l'argent du gang
01:22:52des souris vertes
01:22:53on sait que la bande
01:22:58a braqué
01:22:59plus d'un million d'euros
01:23:00une partie a sans doute
01:23:01été rendue inutilisable
01:23:03par les systèmes
01:23:04de sécurité
01:23:05des valises
01:23:06une autre partie
01:23:08a sans doute
01:23:08servi à financer
01:23:10la cavale
01:23:10parce qu'une cavale
01:23:11coûte cher
01:23:12est-ce qu'une autre partie
01:23:14a été placée
01:23:14on ne le sait pas
01:23:15ça restera un des mystères
01:23:16de cette affaire
01:23:17le butin
01:23:18il est où ?
01:23:19il n'y en a pas
01:23:19de butin
01:23:20il n'y en a pas
01:23:22vous voyez bien
01:23:24comment je vis
01:23:24je suis dans
01:23:25un F2
01:23:26enfin
01:23:26j'ai un tout petit logement
01:23:29c'est pas le luxe
01:23:30chez moi
01:23:30et il n'y a pas d'argent
01:23:32malheureusement
01:23:34il n'y a pas d'argent
01:23:35même s'il y en avait
01:23:41de toute façon
01:23:41ils ne le verront pas
01:23:42Maître Pierre-Olivier Lambert
01:23:51vous êtes l'avocat
01:23:52de la société
01:23:53Axitrans
01:23:54qui s'appelle aujourd'hui
01:23:54je crois
01:23:55Auberthure
01:23:56Cash Protection
01:23:56vous êtes l'une
01:23:58des 12 parties civiles
01:24:00et vous n'êtes pas
01:24:01à l'audience
01:24:02comment ça se fait ?
01:24:04Alors nous ne sommes pas
01:24:05présents à l'audience
01:24:05parce que nous ne sommes pas
01:24:06des victimes directes
01:24:08nous avons vocation
01:24:09à être présents
01:24:10lors des opérations
01:24:11d'instruction
01:24:12des opérations
01:24:13d'enquête
01:24:13rappelons que
01:24:14notre système
01:24:15est un système
01:24:18qui est très particulier
01:24:19avec un traçage
01:24:20de l'encre
01:24:21ces traceurs
01:24:23qui sont présents
01:24:24dans l'encre
01:24:24constituent
01:24:26l'ADN
01:24:26de l'encre
01:24:28et c'est cet ADN
01:24:30qui a permis
01:24:31de remonter la filière
01:24:32et cet ADN
01:24:33qui constitue
01:24:35un moyen de preuve
01:24:36judiciaire
01:24:37qui a permis
01:24:37aujourd'hui
01:24:38d'amener au procès
01:24:41et de condamner
01:24:42ces personnes
01:24:42Est-ce que cette histoire
01:24:44vous a fait du tort ?
01:24:45Cette histoire a été
01:24:46plutôt riche d'enseignements
01:24:47pour nous
01:24:47nous avons fait évoluer
01:24:49l'encre
01:24:50nous avons fait évoluer
01:24:51les boîtiers
01:24:52Depuis
01:24:53ces casses ?
01:24:54Bien sûr
01:24:55Vous êtes adapté
01:24:56en fait
01:24:57à l'ingéniosité
01:24:58des...
01:24:59Nous étions en adaptation
01:25:00permanente
01:25:00Le boîtier en lui-même
01:25:02est en évolution permanente
01:25:04rappelons que
01:25:04Auberthure Cache Protection
01:25:05est l'inventeur
01:25:07du système
01:25:07et donc nous avons eu
01:25:09de cesse
01:25:09de faire évoluer
01:25:10ce système
01:25:11depuis son origine
01:25:13et nous avons fait évoluer
01:25:14également l'encre
01:25:15puisque nous en sommes
01:25:16aujourd'hui je crois
01:25:17à la 8ème génération
01:25:18d'encre
01:25:19ce qui fait qu'aujourd'hui
01:25:20notre système
01:25:20est effectivement inviolable
01:25:22et ce que l'on constate
01:25:23justement
01:25:24c'est qu'il y a aujourd'hui
01:25:25de moins en moins
01:25:26de braquages
01:25:26sur nos valises
01:25:2757 ans de prison
01:25:35Voilà donc
01:25:36ce que les souris vertes
01:25:38ont gagné aux assises
01:25:39Quant aux recéleurs
01:25:40la justice
01:25:41ne les a pas oubliés
01:25:42Christian Giomi
01:25:43et la jeune Sarah
01:25:44se sont eux aussi
01:25:45retrouvés derrière les barreaux
01:25:46La simple détention
01:25:48de billets volés
01:25:48est en effet un délit
01:25:49Le recel
01:25:50est passible en France
01:25:51de 5 ans de prison
01:25:53et de 375 000 euros
01:25:55d'amende
01:25:56c'est parti
01:26:27...
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