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00:00On va parler d'abord de ce qui s'est passé à Épinay-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis.
00:03Je vous en parlais dans le journal.
00:05C'est l'olivier planté en mémoire à Ilan Halimi, jeune oeuf juif,
00:09assassiné en 2006 par le gang des barbares.
00:11Cet arbre a été tronçonné dans la nuit de mercredi à jeudi.
00:15Le maire de la ville, Hervé Chevrault, a porté plainte.
00:17Il dénonce un acte antisémite.
00:19Une enquête a été ouverte, indique également le préfet de Seine-Saint-Denis.
00:22On regarde les précisions de Florent Ferrault et Inès Alican.
00:25Dans le parc situé derrière la mairie d'Épinay-sur-Seine,
00:30l'olivier planté en la mémoire d'Ilan Halimi a été sectionné net, ne laissant plus qu'un tronc.
00:37Le maire de la ville dénonce un geste inqualifiable.
00:40Comment peut-on s'en prendre à ce symbole ?
00:42C'est un acte antisémite et j'ai immédiatement porté plainte.
00:45Planté il y a quelques années, cet olivier représentait un symbole de paix et d'espoir,
00:50en hommage à Ilan Halimi.
00:52Vous pensez que les gens qui ont pris la peine de s'organiser,
00:55et de venir avec une tronçonneuse ont fait un acte de vandalisme comme ça.
00:59C'est un acte antisémite parce que, évidemment, c'est le symbole d'Ilan Halimi.
01:04Et ceux qui essayent de banaliser ça ou de dire que, ah, on ne sait pas,
01:09participent en réalité à la négation de ce phénomène antisémite.
01:13Les images de vidéosurveillance montrent un individu pénétrant dans le parc vers 2h du matin.
01:18L'enquête devra déterminer ses motivations.
01:21La stèle commémorative, elle, est restée intacte.
01:25Elle n'a pas été dégradée ni taguée.
01:27J'aimerais qu'on regarde plus précisément ce qu'avait dit Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux.
01:34Abattre l'arbre rendant hommage à Ilan Halimi.
01:37C'est chercher à le tuer une deuxième fois.
01:39Il n'en sera rien.
01:40La nation n'oubliera pas cet enfant de France mort parce que juif.
01:43Tous les moyens sont déployés pour punir cet acte de haine face à l'antisémitisme.
01:46La République, toujours intransigeante.
01:48Martin Garagnon, c'est important d'utiliser le terme d'antisémitisme
01:52parce que, dans un premier temps, certains ont parlé simplement de vandalisme.
01:56Mais il faut bien nommer les choses, si on veut s'y attaquer précisément.
01:59On est bien d'accord, l'un n'empêchant pas l'autre.
02:01Il se trouve que c'est un acte de vandalisme qui a également une dimension antisémite
02:04qui est clairement assumée et qui semble évidente.
02:08Donc, ceux qui veulent, une fois de plus, minimiser la portée symbolique de ce tronçonnage,
02:16sont ceux qui contribuent aussi à alimenter le problème et notre antisémitisme en France.
02:24Donc, bien nommer, effectivement, les événements, c'est déjà la porte d'entrée pour éventuellement,
02:30et je dis bien éventuellement, trouver des solutions.
02:32Les solutions, elles sont simples.
02:34En France, on a, et le président l'a rappelé, parce que tous ceux qui veulent faire d'Emmanuel Macron
02:38un contributeur à la montée de l'antisémitisme en France,
02:42il faut quand même le rappeler, le président de la République
02:44a toujours été au rendez-vous, toujours été extrêmement clair sur...
02:48Pas à la marche contre l'antisémitisme, par exemple.
02:50Oui, mais enfin, vous aviez à la marche contre l'antisémitisme
02:53tout un tas de personnalités, y compris des partis politiques,
02:57qui, quelques mois après, ont présenté lors de l'ordre législatif
03:02des candidats qui faisaient des saluts nazis ou des casquettes de Waffen-SS.
03:07Donc, excusez-moi, le fait de participer à une marche ne vous disculpe pas pour autant d'antisémitisme,
03:12et le fait de ne pas y participer ne fait pas de vous un antisémite.
03:15Emmanuel Macron...
03:16Il y a des élus qui, après, se sont acoquinés avec LFI contre le Rassemblement National.
03:19Alors, on pourrait débattre...
03:21Oui, et ce n'est pas le sujet, mais bon...
03:23Enfin, longuement du terme acoquiné, parce que...
03:25Ils ont permis leur élection.
03:27Ils ont permis leur élection, on n'est pas dans une forme d'acoquinement ou d'acoquinage.
03:33Ils sont allés à la soupe.
03:34Non, ils ne sont pas allés à la soupe.
03:35Mais bon, à la rigueur, là, n'est pas le débat.
03:37C'est encore notre dubé, mais c'est un sujet, de toute façon, qui a été...
03:40Enfin, sur lequel on m'interroge très, très souvent,
03:42sur lequel aussi, j'ai donné mes positions personnelles.
03:44C'est-à-dire que, moi, je faisais partie de ceux qui considéraient qu'on ne favorisait pas l'élection de LFI,
03:50notamment de candidats qui ont été très, très limites sur des propos dignes d'antisémitisme.
03:55Mais bon, c'était un autre contexte.
03:57On pourra aussi expliquer la position du parti, qui est le nôtre, sur ces choix-là.
04:01Sur le scandale de ce tronçonnage de cet arbre symbolique,
04:05parce qu'il symbolisait beaucoup de choses.
04:06Moi, j'ai lu avec beaucoup d'intérêt, beaucoup de réactions politiques.
04:09Alors, on va me dire, oui, mais les mots, toujours les mots, etc.
04:12Mais les mots sont déjà quand même une première forme de résistance face à un déferlement de haine antisémite.
04:17Donc, on a vu aussi ce qui s'exprimait.
04:19Moi, j'ai aussi noté des réactions très larmoyantes d'élus de la France insoumise,
04:24qui, pendant des mois et des mois et des mois, ont aussi alimenté la machine de l'antisémitisme,
04:28faisant des Français juifs des complices du génocide qu'eux-mêmes annonçaient et décrétaient à Gaza.
04:36Donc, c'est bien beau, après, de verser des larmes de crocodile sur ce tronçonnage,
04:39quand, à la base, vous êtes incapable de dire que le ramasse, c'est un mouvement terroriste,
04:43et de condamner des propos antisémites.
04:45Donc, il faut faire aussi la part des choses.
04:48Mais ces réactions-là, elles sont nécessaires, elles ne sont pas suffisantes.
04:52Donc, le président de la République a, effectivement, tout à fait raison de rappeler qu'il y aura des poursuites,
04:57il y aura ces personnes, ceux ou ces personnes, parce qu'on en a pas l'information,
05:01pour le moment, seront pourchassées et, vraisemblablement, condamnées si on les arrête.
05:06Parce qu'il faut être très clair, une fois de plus, sur les valeurs.
05:09On ne peut pas alimenter aussi des renoncements au quotidien.
05:13C'est un acte qui n'est pas anodin, c'est un acte grave,
05:15et c'est un acte qui s'inscrit aussi dans une dynamique de montée très forte en France des actes antisémites.
05:20Et pas qu'en France, partout en Europe.
05:21Donc, j'échange beaucoup avec de Français de confession juive
05:26qui me partagent au quotidien leur peur et leur colère.
05:31Leur colère de ne pas être entendus, de ne pas être assez forts,
05:34de ne pas être assez nombreux à dénoncer ce qui se passe.
05:37Tous les Français devraient écrire à leur mère,
05:38pour que soit planté dans chaque ville de France, un arbre en hommage à Hélène Halimi.
05:42Au moins, ça éviterait que...
05:44Voilà, il y aura toujours un arbre pour Hélène Halimi.
05:46Tous les Français devraient se mobiliser, descendre dans la rue, faire des marches.
05:50On fait bien des manifestations pour tout et pour rien.
05:52Oui, c'est vrai.
05:53On peut aussi avoir des manifestations qui ont une vraie raison d'être et qui fédèrent.
05:56Parce que ce n'est pas uniquement de s'attaquer à des Français juifs,
05:59c'est s'attaquer aux valeurs de la République, aux valeurs de notre pays.
06:01Et là-dessus, il faut être intransigeant, il faut être fort et il faut être uni.
06:04Je voudrais qu'on écoute le préfet de Seine-Saint-Denis, Julien-Charles,
06:07qui s'est rendu sur place avec un certain nombre d'élus
06:10et représentants de la communauté juive.
06:11Notre équipe sur place, Manon Varaldo et Alexandre Abischoff,
06:14ont pu l'interroger. Écoutez-le.
06:15La République est unie, elle fait face, elle ne laissera pas passer des actes aussi graves.
06:21Donc il y a une plainte qui a été déposée, vous le savez, par M. le maire,
06:23une enquête qui s'engage.
06:26Et l'objectif, évidemment, c'est que très rapidement,
06:29les auteurs de ces faits inadmissibles soient identifiés et traduits dans la justice.
06:34Arnaud Clarsfeld, on a l'impression, malheureusement,
06:36que non seulement Ilan Halimi, on le rappelle, et il faut-il le rappeler encore,
06:39a été tué par ce que juif.
06:41Et aujourd'hui, on veut, en plus, cracher sur sa mémoire
06:44et effacer, finalement, cet arbre qui est censé rappeler aussi l'horreur
06:48de ce qu'il a vécu avec le gang des barbares.
06:51Au Moyen-Âge, c'était l'antisémitisme chrétien qui chassait les juifs de France.
06:57Et aujourd'hui, c'est l'antisémitisme islamiste
07:01qui est en train de chasser les juifs de France,
07:04alors que la majorité des Français n'est pas antisémite,
07:07ce qui est quand même paradoxal.
07:09Bon, j'ai entendu sur votre plateau quelqu'un dire
07:13la France sans les juifs, ce n'est pas la France.
07:15C'était hier.
07:16C'était hier et même aujourd'hui.
07:18C'est vrai, mais c'est faux aussi.
07:20Il y a eu des périodes dans l'histoire
07:21où il n'y avait pas de juifs en France,
07:24sous Philippe le Bel, d'autres rois encore,
07:27il n'y avait pas de juifs et la France est restée la France.
07:30Mais si les juifs commencent à quitter la France,
07:32pour les chrétiens, les augures ne seront pas bons non plus.
07:36Quant aux juifs, ils ont une histoire particulière avec la France,
07:40puisque c'est la France qui les a libérés lors de la Révolution française,
07:44le premier pays européen qui les a libérés.
07:47Ils aiment la France et ils ont une culture française très forte.
07:51Mais le peuple juif restera le peuple juif.
07:54Donc, en étant provocateur, on peut dire que la France n'a pas besoin des juifs
07:58et les juifs n'ont pas besoin de la France,
08:01en étant provocateurs.
08:02et ils continueront à survivre, mais ils seront autres.
08:07Mais c'est au pouvoir public, réellement, de réagir.
08:10Et c'est vrai que la non-venue d'Emmanuel Macron
08:14à la marche contre l'antisémitisme
08:17n'a pas été un facteur aggravant l'antisémitisme,
08:20mais ça a été une déception pour la grande majorité des juifs de France,
08:24en tous les cas.
08:25Et il a raté une occasion.
08:27Je lui avais écrit un message pour lui demander de venir.
08:31Mais il n'est pas venu.
08:32Il a choisi un autre conseiller, dirais-je.
08:37Bon, c'est regrettable, mais il est encore temps de réagir.
08:42On a un État qui est un État fort.
08:44On a une police qui est une police forte.
08:47Les islamistes sont minoritaires en France.
08:49Donc, les cartes sont entre les mains de l'État pour réagir,
08:54entre les mains de l'État, entre les mains de la police,
08:56entre les mains de la justice.
08:58Et les juifs aiment la France,
09:00et les juifs aiment la population française.
09:02Et la vaste majorité des Français n'est pas antisémite.
09:05Pour poursuivre nos débats,
09:06je voudrais qu'on écoute également Hervé Chevrault.
09:08C'est le maire d'Hiverdroite d'Épinay-sur-Seine
09:10qui était aussi au contact de nos équipes tout à l'heure.
09:14D'abord, on l'écoute et je vous donne la parole.
09:16Vincent Roy, juste après.
09:18C'est un acte ignoble.
09:19Il y a l'instant que l'on vient profaner,
09:21on peut le dire en tant que tel, une stèle,
09:23mais aussi, bien sûr, l'arbre qui se trouvait à côté,
09:26qui a été abattu par un individu.
09:27Cet arbre a été coupé, a été sectionné.
09:30Donc, l'ensemble de la communauté d'Épinay-sur-Seine
09:32est vraiment très choqué de ce qui s'est passé.
09:34C'est un arbre qui a été planté il y a de nombreuses années maintenant.
09:37Il n'y avait aucun souci jusqu'à aujourd'hui, depuis 2011.
09:41Et là, on s'aperçoit que c'est un acte vraiment antisémite.
09:44On est venu vraiment détruire un symbole fort.
09:47Oui, Vincent Roy, il le dit, il n'y avait aucun problème
09:50depuis que cet arbre a été planté en 2011.
09:52Le problème, c'est que la situation entre 2011 et aujourd'hui
09:55n'est plus la même.
09:56On voit que malheureusement, depuis le 7 octobre,
09:57on n'a pas hésité à s'attaquer au mémorial de la Shoah,
10:01à des lieux de prière juif,
10:02à des restaurants aussi où vont beaucoup de nos compatriotes juifs.
10:06Et donc, évidemment, jusque-là, ça ne posait pas de problème
10:08mais personne n'aurait sans doute pensé à commettre un tel acte
10:11il y a encore trois ou quatre ans.
10:13Le 7 octobre a laissé débonder des bas instincts
10:17et notamment un antisémitisme qui était là, latent,
10:22qui porte plusieurs noms.
10:23Depuis le 7 octobre, c'est l'antisionisme,
10:26qui est le cache-sexe de l'antisémitisme.
10:29Pour ce qui est du cas de cet arbre qui a été tronçonné,
10:33cet arbre planté en mémoire d'Ilan Alémy,
10:37il y a quelque chose d'absolument terrible.
10:39C'est-à-dire qu'on a, il y a 20 ans,
10:42torturé et tué ce garçon parce qu'il était juif.
10:46On lui a dénié la possibilité d'avoir un avenir.
10:50En coupant cet arbre,
10:52on lui dénie la possibilité d'avoir un passé.
10:55Ça veut dire que pour ceux-là même
10:57qui ont commis cet acte,
10:59il faudrait effacer cet individu,
11:02non pas de la surface de la Terre,
11:03ils l'ont fait,
11:04mais de la surface même du temps.
11:06Ce qui est un acte d'horreur absolument total,
11:11à l'instar de ceux commis par les nazis
11:13qui voulaient effacer à toute force
11:15les traces de leurs exactions.
11:17Je trouve que c'est absolument ignoble.
11:19Évidemment, c'est ignoble
11:20et c'est pour ça qu'on en parle
11:21sur l'antenne de CNews.
11:23On va écouter une dernière réaction,
11:25celle du grand rabbin de Seine-Saint-Denis,
11:27Moshe Lewin.
11:28On l'écoute.
11:28J'étais présent lorsque l'arbre a été planté.
11:33Lorsqu'en 2011, l'arbre a été planté,
11:35j'étais présent, j'étais ici.
11:38Et j'avais parlé avec le maire en amont déjà
11:40pour planter cet arbre
11:42avec le précédent grand rabbin de France.
11:45C'était un moment qui était solennel
11:46et j'y vois encore les images.
11:48Symboliquement, un arbre représente aussi
11:50dans les religions et dans la religion juive
11:53un symbole fort.
11:54On compare avec l'homme
11:56qui est l'arbre des champs.
11:58Ce qui signifie que,
11:59comme si on veut déraciner
12:01une deuxième fois cette mémoire.
12:03Effectivement, c'est la fin de ce son
12:05qui reprend ce que disait Vincent Roy
12:06qui est intéressant à Martin Garagnon
12:08parce qu'il le dit malheureusement.
12:09Déjà, il a vécu l'horreur.
12:10Est-il besoin de le rappeler ?
12:11Il a été séquestré et torturé
12:12pendant plus d'une vingtaine de jours.
12:14Et aujourd'hui, on ne veut même plus
12:15qu'on puisse ni penser à lui,
12:17ni se recueillir.
12:18Non seulement, comme vous le disiez,
12:19on l'a tué parce que juif,
12:21mais maintenant, on veut faire en sorte
12:22qu'on l'efface complètement.
12:23On passe encore un cap dans l'abjecte.
12:26Oui, il y a vingt ans,
12:27c'était le gang des barbares.
12:29Le nom de ce gang avait été
12:30très largement médiatisé,
12:32avait suscité beaucoup d'effroi
12:34et d'horreur parmi l'ensemble
12:35de la population
12:36sur le sort d'Ilan Halimi.
12:38Et on voit que vingt ans après,
12:40force est de constater que finalement,
12:41les gangs de barbares
12:42ont un peu essaimé
12:43à travers la France.
12:45Parce que, vous l'avez dit très justement,
12:47et avec des mots très forts,
12:48Vincent Roy,
12:49mais ceux qui ont fait ça,
12:50effectivement,
12:51veulent tuer une deuxième fois
12:52Ilan Halimi,
12:53veulent lui enlever
12:54toute possibilité aussi
12:56de rayonner par le message
12:59aussi que son calvaire
13:00apporte au quotidien
13:01à nos compatriotes,
13:02à tous nos compatriotes,
13:03pas uniquement aux compatriotes
13:04de confession juive,
13:05parce que là,
13:05une fois de plus,
13:06moi, je me refuse à essentialiser.
13:08Pour moi,
13:08il n'y a pas des Français juifs,
13:10des Français.
13:10Il y a des Français.
13:11Il y a des Français.
13:12Des Français qui adhèrent
13:13à des valeurs,
13:14qui partagent des valeurs.
13:15C'est très important,
13:15cette notion de partager.
13:17Ce qui fait nation,
13:18ce qui fait que nous sommes
13:19des Français pour lesquels
13:20on a envie de se battre
13:21au quotidien.
13:22Et donc,
13:23cette action-là,
13:24finalement,
13:24elle est affreuse.
13:26Mais quand je dis
13:26que les gangs de barbares
13:27ont été sémés,
13:28quand vous voyez,
13:29il y a quelques jours,
13:30cette personne
13:31qui a été interpellée depuis,
13:33qui allume sa cigarette
13:34sur la flamme
13:35du soldat inconnu.
13:36Alors,
13:37on va dire,
13:37oui,
13:37c'est comme un arbre.
13:39Il n'y a pas mort d'homme.
13:40Mais sur le symbole,
13:41sur le symbole,
13:42aller allumer une cigarette
13:43en enjambant
13:44les barrières de chêne
13:45qui entourent la flamme
13:46du soldat inconnu,
13:47s'écracher à la mémoire
13:48de tous ceux
13:49qui sont tombés
13:50pour la liberté,
13:50pour la France,
13:51pour notre pays.
13:52Aller tronçonner l'arbre
13:53planté pour Ilan Halimi,
13:55c'est effectivement
13:55cette volonté
13:56de le tuer une deuxième fois,
13:58de lui ôter
13:59toute forme de mémoire.
14:00Donc,
14:00le symbole,
14:01il est parfois
14:01beaucoup plus fort
14:02que l'incivilité physique
14:04ou l'agression
14:05qu'on peut subir
14:06qui est condamnable
14:07tout autant.
14:08Mais elle n'est pas neutre,
14:09ce n'est pas anodin.
14:10Je veux dire,
14:11ces gens qui font cela,
14:12ils savent ce qu'ils font.
14:14Ils ne peuvent pas
14:14ne pas le savoir.
14:15Là, c'est un arbre.
14:16À côté, il y a une stèle.
14:17Donc, il n'y a jamais
14:18eu de problème.
14:19Ce n'est pas cet arbre-là.
14:20C'est cet arbre-là
14:20qu'on a choisi délibérément.
14:22Quand vous allumez une cigarette,
14:23il y a 10 000 personnes
14:24qui fument autour
14:24de l'arc de Triomphe.
14:26Vous n'avez pas besoin
14:26d'enjamber le périmètre
14:28de la flamme.
14:30Donc, ces gens-là
14:31ne peuvent pas dire
14:31qu'on ne savait pas
14:32que c'était une blague,
14:33etc.
14:34Non, non.
14:34On connaît le contexte,
14:35on connaît l'histoire.
14:37Donc, qu'ils assument
14:37leurs conséquences.
14:39Mais nous,
14:39tous autant que nous sommes,
14:40les Français,
14:41les responsables politiques,
14:43les journalistes,
14:44ne laissons plus rien passer
14:45à quelque niveau que ce soit.
14:46Parce que chaque fois
14:47qu'on va laisser passer,
14:48ça va donner le sentiment
14:49qu'en fait,
14:50on repousse la frontière
14:51de ce qui est admissible
14:52dans notre pays
14:53et ça n'est plus admissible.
14:54Ça ne l'a jamais été,
14:55mais ça ne l'est encore moins maintenant.
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