00:00Jeudi 8 août 2025, le Conseil supérieur de la magistrature a ouvert à Libreville les travaux de son Conseil de discipline.
00:0719 magistrats sont appelés à répondre de faits de corruption, d'abus de pouvoir et d'extorsion de fonds.
00:13Un dossier explosif qui met à nu les dérives d'un corps censé incarner l'intégrité et l'impartialité.
00:19La décision finale attendue lors de la prochaine session présidée par Brice Clotaire-Olé Guignema
00:24pourrait bien être un test décisif de la volonté de rompre avec l'impunité judiciaire.
00:29Selon le secrétaire permanent du Conseil supérieur de la magistrature, Ayomba Akoli,
00:34les cas examinés relèvent des fautes professionnelles graves, contraires aux principes éthiques et déontologiques de la magistrature.
00:40Ces affaires instruites par le secrétariat permanent ne se limitent pas à des simples manquements administratifs.
00:45Elles révèlent des pratiques qui sapent la confiance des citoyens envers la justice.
00:50Cette procédure vise à éradiquer les comportements déviants et à réaffirmer l'intégrité de la magistrature,
00:55a-t-elle affirmé, cité par l'agence gabonaise de presse.
00:58Mais pour que cet engagement ne reste pas à l'être morte, il faudra que les sanctions soient proportionnées à la gravité des faits et rendues publiques.
01:06Depuis des années, la justice gabonaise traîne une réputation entachée par les affaires de corruption,
01:10les lenteurs procédurales et les décisions entachées de favoritisme.
01:14Le risque aujourd'hui est clair.
01:15Si les 19 magistrats mis en cause échappent à des sanctions sévères,
01:19le signal envoyé sera celui d'un système incapable de se réformer.
01:22L'enjeu dépasse les personnes et il s'agit de redonner à la magistrature sa crédibilité,
01:27comme le souligne Pierre Mdond-Abboguet, directeur général de l'École nationale de la magistrature.
01:32Nous voulons vraiment former la crème des magistrats et des greffiers.
01:35Nous sommes conscients de ce que tout commence au sanctuaire de la formation.
01:39Les dérives constatées trouvent souvent leur origine dans des recrutements bâclés et une formation insuffisante.
01:44Certains magistrats en poste ignorent encore le régime juridique,
01:47du délit de presse ou les procédures encadrant la perquisition,
01:51allant jusqu'à transporter des éléments saisis pour les compter dans leur bureau au lieu du lieu de constat.
01:56Ces carences techniques ne sont pas anodines,
01:58elles ouvrent la voie aux abus de pouvoir et aux violations de droits fondamentaux.
02:02Renforcer les critères d'accès à la profession,
02:04évaluer les compétences tout au long de la carrière et sanctionner les manquements
02:07sont autant de leviers pour prévenir la reproduction des mêmes erreurs.
02:10La session disciplinaire du Conseil supérieur de la magistrature est donc bien plus qu'une formalité administrative.
02:16C'est un moment de vérité.
02:18En sanctionnant avec fermeté et transparence le chef de l'État
02:21et président du Conseil supérieur de la magistrature,
02:24peut poser un jalon fort dans la restauration de l'État de droit.
02:28A l'inverse, toute indulgence ou opacité dans ses décisions renforceraient l'idée d'une justice à deux vitesses,
02:34où les fautes des uns sont couvertes par les liens corporatistes.
02:37Le Gabon ne peut plus se permettre ce luxe.
02:39Si la justice veut être respectée, elle doit commencer par se respecter elle-même.