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  • il y a 5 mois
À quelques jours de la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine, les Européens se sont réunis ce mercredi 13 août pour trois réunions en visioconférence. Le président Emmanuel Macron a déclaré : «Nous voulons une paix qui soit robuste et durable», en revenant sur la place de l'Europe au sein du conflit entre la Russie et l'Ukraine.

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Transcription
00:00D'abord, je pense que c'est très important que l'Europe soit entendue avant un tel rendez-vous.
00:07D'abord, c'est une chose tout à fait naturelle que les États-Unis d'Amérique rencontrent la Russie.
00:11C'est plutôt une bonne chose pour pacifier le climat. Ils ont aussi beaucoup de sujets bilatéraux.
00:17Mais c'est important que si les questions qui touchent à l'Europe, à notre sécurité collective, sont abordées,
00:22il y ait une coordination avec nous, Européens, et qu'après, d'ailleurs, nous soyons nous-mêmes acteurs.
00:26Je pense que ces dernières années ont marqué un réveil très important de l'Europe.
00:31Depuis le sommet de Versailles qui a acté l'autonomie stratégique de l'Europe, nous avons pris des décisions fortes
00:37dans des domaines technologiques, industriels et de défense et de sécurité qui vont de l'avant.
00:41L'Europe, ces derniers mois, a pris des décisions historiques pour devenir une puissance militaire,
00:46ce qu'elle n'était pas en tant que quantité.
00:49Il y avait jusqu'alors, on le sait bien, une Europe qui était un marché unique,
00:53une Europe qui avait des politiques communes, mais sur ces questions de défense et de stratégie,
00:57une Europe qui se pensait ou à travers l'OTAN ou à travers des destins particuliers.
01:02Là, aujourd'hui, on a un vrai pilier européen de l'OTAN, il est reconnu comme tel,
01:06et on a une Europe qui prend en main son destin.
01:08On sait tout ce qu'il nous reste à faire pour réduire nos dépendances,
01:11mais je pense que l'unité qui est la nôtre aujourd'hui, notre capacité à dialoguer,
01:16à exprimer nos demandes, nos désirs, nos volontés, nos objectifs stratégiques,
01:21mais aussi à les porter, est extrêmement importante,
01:23est en train de marquer, si je puis dire, en temps réel,
01:26un changement dans la nature de ce qu'est l'Union européenne.
01:30Nous sommes en train, progressivement, de devenir une puissance géostratégique.
01:33En tout cas, c'est ce que nous voulons et ce que nous continuerons de faire.
01:36On voit qu'elle reste qu'elle mise de côté en Alaska, elle ne sera pas présente.
01:39Mais de la même manière que si demain, nous avons un appel et ce que nous ferons,
01:43et un rendez-vous avec la Russie, on peut aussi avoir des choses bilatérales.
01:47C'est tout à fait normal qu'il y ait un rendez-vous bilatéral entre la Russie et les Etats-Unis d'Amérique.
01:52Ce qui est une bonne chose, et là où l'Europe est respectée,
01:54c'est qu'il y a une coordination pour les sujets qui la concernent.
01:58Et donc, on ne peut pas s'émouvoir du fait qu'il y ait des rendez-vous bilatéraux.
02:01Il y a quelques semaines, le président Kojta et la présidente von der Leyen
02:05étaient en Chine pour discuter de choses très importantes en notre nom collectif avec le président chinois.
02:10Les Etats-Unis n'étaient pas là.
02:12Mais pour ce qui concerne notre agenda avec les Etats-Unis, il y avait eu un échange préalable.
02:14C'est normal.
02:16On voit aujourd'hui la Russie gagner des territoires, continuer à avancer.
02:20Est-ce que vous avez demandé à Donald Trump qu'avant qu'il y ait la moindre négociation,
02:25d'abord il faut que Vladimir Poutine arrête les combats, qu'il n'y ait plus de combats ?
02:28Est-ce que c'est une condition que vous avez posée sur la table aujourd'hui ?
02:30D'abord, il est vrai qu'il y a une situation aujourd'hui militaire ces dernières heures
02:34qui a été difficile sur Pokrovsk.
02:36Je sais aussi, et nous savons tous, que nous avons vécu ces derniers mois, ces dernières années,
02:40des moments tout à fait comparables à cette situation.
02:42A chaque fois, les Ukrainiens, par leur bravoure, leur choix tactique, ont su réagir
02:47et contrer ces offensives et par le soutien que nous avons apporté,
02:51nous avons donné la capacité de maintenir les positions.
02:54Et donc c'est pourquoi, dans les points forts que nous avons pu faire,
02:59il y a deux choses par rapport à ce que vous dites qui sont à mes yeux importants.
03:02La première, c'est que nous avons réitéré le fait que jusqu'à ce qu'il y ait un cessez-le-feu
03:07et puis une paix durable. Il nous faut maintenir le soutien à l'Ukraine.
03:11Et quand je dis nous, c'est tous, Européens et Américains.
03:13Et la deuxième chose, c'est qu'en effet, le premier objectif du président Trump,
03:18à l'occasion de son rendez-vous avec le président Poutine en Alaska,
03:21sera de demander le cessez-le-feu.
03:23Et donc je pense que c'est en effet comme ça qu'il faut procéder.
03:25– Il ne faut pas, si je peux ajouter, il ne faut pas oublier qu'il y a trois ans et demi,
03:31les Russes étaient à la porte de Kiev.
03:33Et les Ukrainiens ont heureusement repoussé les forces russes
03:38avec le soutien de l'Europe, avec le soutien des États-Unis.
03:41Et maintenant, ce qu'on discute, c'est déjà très loin de Kiev.
03:46C'est dans la partie l'est de l'Ukraine.
03:49Et il faut tenir soit la pression sur la Russie, soit le support à l'Ukraine,
03:53soit l'effort diplomatique coordonné entre l'Europe, les États-Unis,
03:59le reste du monde, parce que cette guerre, ce n'est pas seulement sur l'Ukraine,
04:02mais c'est la défense du droit international que doit prévaloir sur la force.
04:08– On a parlé ces dernières heures d'échange de territoire.
04:11Est-ce que c'est une question que vous avez abordée avec vos interlocuteurs ?
04:15– On l'a abordée et je crois que le principe qu'il faut retenir,
04:18c'est que de toute façon, ces sujets-là ne doivent être discutés que par l'Ukraine.
04:22Et il n'y a pas eu de discussion à quelque niveau que ce soit,
04:27de manière robuste, sur des échanges de territoire.
04:31Il y a aujourd'hui une guerre qui continue,
04:34avec, comme l'a rappelé à l'instant le président Kosta, une Ukraine qui tient.
04:39Et il faut tous se rappeler qu'en février 2022,
04:42la Russie a annoncé une opération spéciale qui allait durer trois semaines.
04:44Et donc, je pense que le plus important, c'est en effet qu'on doit ici se dire
04:49que les questions des territoires occupés seront des éléments déterminants d'une négociation de paix.
04:54Elles sont inséparables des garanties de sécurité
04:56qui sont apportées au reste du territoire ukrainien et à l'Europe
04:59et qu'elles ne peuvent être discutées sans la présence du président ukrainien autour de la table.
05:06Il n'y a pas aujourd'hui, de manière sérieuse,
05:08des schémas d'échanges territoriaux qui sont sur la table.
05:10Est-ce que l'Ukraine est prête, aujourd'hui, à des concessions territoriales, justement ?
05:13C'est au président Zelensky de le dire, c'est sans doute pas à nous.
05:15Et nous avons vécu dans notre chair et dans notre territoire par le passé ces choses-là.
05:20Elles ne se font jamais de manière légère.
05:22Et un pays qui a perdu tant d'enfants pour défendre son territoire
05:26ne peut pas décider à la légère de céder quel ou quel territoire,
05:31que ce soit déjuré ou de facto.
05:34Et donc ça, c'est le respect que nous devons au peuple ukrainien et à ses autorités.
05:37Et nous, notre devoir, c'est d'être là pour apporter ces garanties de sécurité.
05:43Pourquoi ? Parce que d'abord, c'est la défense de l'ordre international.
05:46Il y a une charte des Nations unies qui, justement, protège la souveraineté des peuples
05:52et l'intégrité territoriale de ces derniers.
05:54Et si nous commençons à négocier pour le compte de tiers,
05:57le monde ne sera plus jamais en paix.
05:58La deuxième chose, je veux ici le rappeler,
06:00c'est qu'on parle en fait de la sécurité des Européens.
06:02L'Ukraine est aux avant-postes dans la résistance à un impérialisme territorial russe
06:09qui a commencé d'ailleurs quasiment jour pour jour à se jouer en Géorgie en 2008.
06:16Rappelez-vous du 8 août 2008 en Géorgie.
06:19Et ça ne s'est plus arrêté depuis.
06:21Et en Géorgie, au Caucase, en Asie centrale,
06:25il y a une puissance de déstabilisation qui est là
06:26et dont on ne peut pas croire les mots.
06:29Parce qu'elle a plusieurs fois dit qu'elle ne ferait pas ceci ou pas cela,
06:32elle l'ensuite fait.
06:33Et donc c'est pour ça que les garanties de sécurité,
06:34c'est le seul moyen de préserver la paix.
06:36Est-ce qu'il faut de nouvelles sanctions envers la Russie ?
06:39Nous avons pris un nouveau paquet de sanctions,
06:40nous en préparons un autre.
06:42Et je pense que ça dépendra des négociations des prochains jours
06:44et des prochaines semaines.
06:46Mais qu'il ne faut rien exclure.
06:48Notre souhait, c'est le retour à la paix,
06:50à la stabilité, à l'ordre international
06:52et le démantèlement de toutes ces sanctions.
06:54Mais celles-ci sont conditionnées à une paix durable
06:58qui sera acceptée par la Russie.
07:00En tout cas, il ne faut pas être faible sur ce sujet.
07:01Et si elles s'imposent, elles devront avancer.
07:03Je note d'ailleurs que le président des Etats-Unis d'Amérique
07:06a pris aussi des sanctions qu'on appelle secondaires
07:09sur des pays comme l'Inde
07:11qui achètent et revendent aussi du pétrole russe.
07:14Et donc c'est une logique qui est aujourd'hui partagée.
07:16Merci beaucoup.
07:17Merci.
07:18Nous allons donc tenir maintenant cette coalition des volontaires
07:20pour à la fois, évidemment, expliquer le teneur de ces discussions
07:24à l'ensemble de nos partenaires
07:26et organiser aussi le soutien à l'Ukraine
07:29dans la durée et ses garanties de sécurité.
07:30Merci beaucoup.
07:31Merci.
07:32Merci.
07:33Merci.
07:34Merci.
07:35Merci.
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