- il y a 7 mois
Dans la nuit du 1er au 2 février 2005, la veille de l'ouverture du procès en appel dans l'affaire des chiens empoisonnés, Bondonny se suicide par pendaison dans sa cellule de prison, clamant son innocence et demandant à son avocat, dans une lettre qu'il lui a adressée, de continuer à défendre son innocence.
En mai 2007 s'ouvre le procès d'Alain Bodchon. Le fantôme de Roland Bondonny semble hanter ce procès, son nom étant notamment prononcé plus de huit cents fois au cours des audiences. Selon Alain Bodchon, Bondonny lui avait demandé de tuer Marius Lac car il était le seul qui s'était ouvertement interposé face à Bondonny.
Bodchon clame qu'il ne voulait pas tuer Marius Lac même si Bondonny lui avait ordonné de le faire (Alain Bodchon ne voulait qu'intimider la victime). La personnalité de Roland Bondonny est encore une fois analysée : c'était un homme violent, craint et qui ne supportait pas que quelqu'un puisse se dresser sur sa route et par conséquent voulait qu'aucun témoin ne puisse déposer contre lui lors de son procès en appel. Toutefois, Marius Lac n'était pas cité comme témoin et n'allait donc pas témoigner contre Bondonny lors de son deuxième procès. L'avocate des parties civiles pense que, en souhaitant la disparition de Marius Lac, Roland Bondonny n'avait pas pour but de l'empêcher de témoigner, mais de régler ses comptes, Lac et Bondonny étant, de longue date, en conflit personnel.
Au bout des quatre jours de procès, Alain Bodchon est condamné à vingt-deux ans de réclusion criminelle pour assassinat. Arrivant à mi-peine d'ici à la fin 2015, Alain Bodchon demande sa remise en liberté conditionnelle le 18 mars 2015.
Il est finalement sorti de prison en 2015 sous liberté conditionnelle avec un bracelet électronique, habitant toujours Fourmies dans les Hauts-de-France.
En mai 2007 s'ouvre le procès d'Alain Bodchon. Le fantôme de Roland Bondonny semble hanter ce procès, son nom étant notamment prononcé plus de huit cents fois au cours des audiences. Selon Alain Bodchon, Bondonny lui avait demandé de tuer Marius Lac car il était le seul qui s'était ouvertement interposé face à Bondonny.
Bodchon clame qu'il ne voulait pas tuer Marius Lac même si Bondonny lui avait ordonné de le faire (Alain Bodchon ne voulait qu'intimider la victime). La personnalité de Roland Bondonny est encore une fois analysée : c'était un homme violent, craint et qui ne supportait pas que quelqu'un puisse se dresser sur sa route et par conséquent voulait qu'aucun témoin ne puisse déposer contre lui lors de son procès en appel. Toutefois, Marius Lac n'était pas cité comme témoin et n'allait donc pas témoigner contre Bondonny lors de son deuxième procès. L'avocate des parties civiles pense que, en souhaitant la disparition de Marius Lac, Roland Bondonny n'avait pas pour but de l'empêcher de témoigner, mais de régler ses comptes, Lac et Bondonny étant, de longue date, en conflit personnel.
Au bout des quatre jours de procès, Alain Bodchon est condamné à vingt-deux ans de réclusion criminelle pour assassinat. Arrivant à mi-peine d'ici à la fin 2015, Alain Bodchon demande sa remise en liberté conditionnelle le 18 mars 2015.
Il est finalement sorti de prison en 2015 sous liberté conditionnelle avec un bracelet électronique, habitant toujours Fourmies dans les Hauts-de-France.
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00:00:00C'est parti !
00:00:30Roland Bandoni, en Corrèze dans les années 90, cet homme était une grande gueule et un notable.
00:00:46Il avait une chaise privée très giboyeuse.
00:00:48Il organisait des banquets auxquels participaient toutes les huiles du département
00:00:52jusqu'à ce qu'on l'accuse d'avoir empoisonné 144 chiens et chats
00:00:57au moyen de petites boulettes bleues de viande truffées de poison.
00:01:01Au pays où la chasse est reine, c'était une sacrée accusation.
00:01:05Mieux, à quelques semaines de son procès, le principal témoin à charge est retrouvé assassiné.
00:01:12Bandoni a-t-il commandité le crime ?
00:01:14On ne le saura jamais, car il s'en est allé dans une ultime pirouette, innocent pour l'éternité.
00:01:2025 août 2004, il est 13 heures.
00:01:28Fernand Gourinel, un habitant de la chapelle Spinasse, s'arrête chez son cousin Marius qui habite pas loin.
00:01:34L'homme vit seul.
00:01:36C'est un gendarme à la retraite.
00:01:38Et depuis la veille au soir, sa famille n'arrive pas à le joindre.
00:01:41Alors Fernand va voir ce qui se passe.
00:01:45Quand il arrive, dans la réserve de bois...
00:01:47Vous voyez, j'ai lu marre de ça, là.
00:01:52J'ai reconnu Marius.
00:01:53Marius était là.
00:01:55Je ne peux pas savoir.
00:02:00Marius Lac, couché sur le sol, mort.
00:02:05Son corps étant parti couvert par une brouette retournée,
00:02:08Fernand alerte les secours.
00:02:11On a affaire à un cadavre qui, ma foi, a été, on peut dire, assez sévèrement frappé,
00:02:19en particulier au niveau du crâne.
00:02:22Pour moi, d'entrée, d'ailleurs, on pense à un acharnement,
00:02:24d'une personne qui s'est acharnée, disons, pour lui donner la mort.
00:02:30Il est trouvé en short et en t-shirt.
00:02:32Bon, sa montre a été... le bracelet a été rompu.
00:02:36On a le mécanisme d'un côté, on a le bracelet de l'autre,
00:02:38on a ses sandales qui, bon, qui gisent.
00:02:40Des traces de lutte.
00:02:43Pas de doute, c'est un meurtre.
00:02:45La maison ne présente pas de traces de cambriolage.
00:02:48La maison de Marius est située dans un cul-de-sac,
00:02:53après trois maisons devant lesquelles il faut passer
00:02:56et repasser.
00:02:58Le crime est audacieux.
00:03:01Sur place, les gendarmes ne retrouvent pas d'armes.
00:03:04Le lendemain, l'autopsie révèle que Marius Lack a été tué
00:03:07avec un objet lourd, contendant,
00:03:09qui lui a fracassé le crâne,
00:03:11comme une coquille d'œuf.
00:03:18Pierre Barron, vous êtes le juge d'instruction
00:03:21qui dirige l'enquête sur le meurtre de Marius Lack.
00:03:24C'est un crime d'une extrême violence.
00:03:27Extrême.
00:03:28C'est un crime d'une extrême violence.
00:03:30C'est d'abord un acte d'une extrême gravité
00:03:33s'agissant d'un homicide
00:03:34et qui plus est de l'homicide
00:03:35d'un ancien gendarme.
00:03:38Mais la violence se voit aussi
00:03:40sur la scène de crime
00:03:41par les différentes
00:03:44traces qu'a laissées
00:03:46manifestement la lutte
00:03:48par les objets abandonnés, par les traces de sang.
00:03:50Donc ça a été un carnage, quoi.
00:03:51Ça a été très violent.
00:03:53Alors, au vu des premiers éléments
00:03:57recueillis sur la scène de crime,
00:03:59quelles sont les pistes possibles ?
00:04:02Les pistes possibles,
00:04:04ça peut d'abord être le crime d'un rôdeur
00:04:06en étant en campagne.
00:04:08Ça peut également être
00:04:10une affaire passionnelle
00:04:13dans la mesure où la victime
00:04:14était divorcée.
00:04:17Ça pouvait également,
00:04:18compte tenu des fonctions qu'il avait exercées,
00:04:20être la vengeance de quelqu'un
00:04:22à qui il aurait eu affaire
00:04:23dans son métier de gendarme.
00:04:25Et puis ça pouvait être également,
00:04:27bien sûr,
00:04:28un acte relié
00:04:30à ce qui était appelé
00:04:32l'affaire de l'empoisonnement des chiens.
00:04:34Affaire dans laquelle il avait été témoin,
00:04:36ça vous le savez tout de suite ?
00:04:38Vous vous en souvenez vous-même ?
00:04:39Ou on vous le dit tout de suite ?
00:04:41C'est dit instantanément
00:04:43et c'est évidemment quelque chose
00:04:45qui vient tout de suite à l'esprit des gens,
00:04:47c'est que M. Lac avait été
00:04:50un personnage important
00:04:51dans l'affaire dite de l'empoisonnement des chiens.
00:04:57Cette affaire de chiens
00:04:59empoisonnés en Corrèze
00:05:00a fait la une six ans plus tôt.
00:05:01Dans la région d'Aigleton,
00:05:03en quelques mois,
00:05:04plusieurs dizaines de chiens
00:05:05ont été retrouvés morts.
00:05:06Et voilà comment tout a commencé.
00:05:08C'est le 30 août 1998
00:05:12que la gendarmerie d'Aigleton
00:05:13a recueilli la première plainte.
00:05:15En début d'après-midi,
00:05:17un homme est venu y déclarer
00:05:18la mort de son chien,
00:05:20empoisonné.
00:05:22Jusque-là, rien de très extraordinaire
00:05:24dans une gendarmerie de campagne.
00:05:26Mais quelques minutes plus tard,
00:05:27il était suivi d'une autre victime,
00:05:29puis d'une autre,
00:05:30et d'une autre encore.
00:05:32Le défilé commençait.
00:05:34Toutes les bêtes
00:05:34présentaient les mêmes symptômes.
00:05:37Dans quelques minutes,
00:05:39c'était agonisé,
00:05:40puis c'était pratiquement fini.
00:05:41Il n'y avait rien à faire.
00:05:43On n'avait pas de pouvoir
00:05:45de les remettre en vie
00:05:46dans le cadreur qui suivait.
00:05:48C'était fini.
00:05:49En trois heures,
00:05:50la gendarmerie d'Aigleton
00:05:51a enregistré sept plaintes
00:05:53pour empoisonnement.
00:05:55Le début d'une longue série.
00:05:59Tout ça se passe
00:05:59à quelques jours
00:06:00de l'ouverture de la chasse.
00:06:02Serres, sangliers, chevreuils,
00:06:04du gros gibier.
00:06:05À Aigleton et ses environs,
00:06:08les besaces,
00:06:09les fusils sont prêts,
00:06:11les chasseurs aussi.
00:06:19C'est en partant à la chasse
00:06:21qu'ils vont découvrir,
00:06:24au hasard des chemins,
00:06:25les mystérieuses
00:06:28boulettes bleues.
00:06:36C'était comme
00:06:37de la chair à saucisse.
00:06:41Et c'était bleu.
00:06:42Ça faisait des morceaux bleus.
00:06:45Des boulettes de viande.
00:06:47Bleues, donc.
00:06:49Et appétissantes.
00:06:49Et appétissantes.
00:06:50Un à un,
00:06:52les chiens tombent
00:06:53dans le piège.
00:06:56À partir du moment
00:06:57où le chien
00:06:57prenait la boulette,
00:06:59avalait la boulette,
00:07:01pratiquement dans les
00:07:04dix minutes,
00:07:05même pas,
00:07:06qui suivaient,
00:07:06ils commençaient à baver.
00:07:10Ils souffraient à Golisé.
00:07:11Ils faisaient des bourgues
00:07:11de plus de 50 cm en l'air.
00:07:13Et même en les tenant,
00:07:15on ne pouvait pas tenir un chien.
00:07:17Tellement qu'ils souffraient,
00:07:18qu'ils n'avaient rien à faire.
00:07:20Car les boulettes sont empoisonnées.
00:07:23Manifestement par un produit
00:07:24extrêmement puissant
00:07:25dont les effets
00:07:27surprennent tout le monde
00:07:28en Corrèze.
00:07:30Ceux qui étaient en phase terminale,
00:07:31c'était atroce.
00:07:33Parce qu'on les voyait
00:07:34mourir sous nos yeux
00:07:35sans pouvoir rien faire.
00:07:37Ils étaient en symptômes,
00:07:39des symptômes nerveux
00:07:41et puis surtout,
00:07:42ils se noyaient dans leurs poumons.
00:07:44La bouche pleine de salive
00:07:46et avec le cœur
00:07:49qui lâchait rapidement.
00:07:54Cette mort fulgurante
00:07:55permet vite d'écarter
00:07:56la thèse d'un empoisonnement classique
00:07:58à la morora.
00:08:00Les gendarmes font analyser
00:08:02les boulettes.
00:08:02Nous avons montré
00:08:06que quasiment toutes les boulettes
00:08:08contenaient un produit chimique
00:08:10qui porte le nom de carbofurant.
00:08:12Le carbofurant,
00:08:14c'est un pesticide
00:08:15que l'on répand habituellement
00:08:16sur des grandes cultures
00:08:17comme le maïs,
00:08:18comme le tournesol,
00:08:19ou sur des cultures potagères,
00:08:21voire sur des cultures ornementales.
00:08:23Du carbofurant,
00:08:26il y en a dans toutes les jardineries,
00:08:28mais concentré à 1%.
00:08:30Or celui-là
00:08:31est concentré à 5%,
00:08:33plus puissant,
00:08:34en général utilisé
00:08:35par les agriculteurs
00:08:36pour les céréales.
00:08:37Mais la Corrèze
00:08:38n'est pas une grande région céréalière.
00:08:42Chaque semaine,
00:08:43de nouvelles boulettes bleues
00:08:44apparaissent
00:08:45sur un rayon
00:08:45de plus en plus large.
00:08:47Rosier des Glotons,
00:08:48Moussquier-Vantadour,
00:08:49La Chapelle-Spinace,
00:08:51Darnay,
00:08:51Saint-Hilaire-Foissac,
00:08:535 communes sont touchées.
00:08:56Et chacun se demande
00:08:57qui et pourquoi.
00:09:01On se disait
00:09:01qui peut en vouloir
00:09:04à toute une région,
00:09:06pratiquement,
00:09:07parce que
00:09:09ça s'étendait quand même
00:09:11sur plusieurs cantons.
00:09:13Pourquoi ?
00:09:15Pourquoi ?
00:09:16Pourquoi s'en prendre aux bêtes ?
00:09:19Au fil des mois,
00:09:20les empoisonnements continuent.
00:09:22Septembre,
00:09:23octobre,
00:09:24novembre,
00:09:25toujours le même rituel.
00:09:27Les boulettes bleues
00:09:27sont dispersées la nuit
00:09:28sur les lieux
00:09:29que fréquentent les chasseurs
00:09:30la veille des week-ends.
00:09:32Jour de chasse
00:09:33où les chiens sont de sortie.
00:09:35Manifestement,
00:09:36l'empoisonneur
00:09:36sait ce qu'il fait.
00:09:37Et s'il sait ce qu'il fait,
00:09:43c'est peut-être
00:09:43parce qu'il chasse lui aussi
00:09:44et qu'il veut éliminer
00:09:45les chiens des autres
00:09:46pour protéger son territoire.
00:09:49C'est en tout cas
00:09:50ce qui se dit.
00:09:51Et un nom
00:09:52circule.
00:09:55Celui de Roland Bondoni,
00:09:57un notable des glotons
00:09:58qui s'est constitué
00:09:59au fil des années
00:10:00une chasse privée,
00:10:01la plus grande
00:10:02de la région.
00:10:04Et on n'y a jamais
00:10:05trouvé de boulette.
00:10:07Une dizaine de chasseurs
00:10:09tout au plus la fréquentent
00:10:10alors que l'intercommunal
00:10:11de chasse
00:10:11et les sociétés voisines
00:10:12accueillent
00:10:13quelques 250 chasseurs.
00:10:16Pour l'avocat
00:10:17de Roland Bondoni,
00:10:19la chasse privée
00:10:19est jalousée.
00:10:21Que font les animaux ?
00:10:22Ils sont intelligents.
00:10:24Là où il y a
00:10:24une pression de chasse
00:10:25trop forte,
00:10:25qu'est-ce qu'ils font ?
00:10:26Ils s'en vont.
00:10:28Et ils vont dans
00:10:28un territoire
00:10:30qui leur apparaît
00:10:31plus
00:10:31sympathique.
00:10:33Là où il y a
00:10:34moins de coups de feu,
00:10:35là où c'est plus calme,
00:10:37la société de chasse
00:10:38de Bondoni
00:10:39était devenue
00:10:40une réserve de chasse.
00:10:42Et tout ça
00:10:43créait des conflits
00:10:44entre chasseurs.
00:10:47On ne chassait pas
00:10:49chez lui.
00:10:50On passait
00:10:50limite chez lui.
00:10:52Ça le gênait
00:10:53sans doute
00:10:53qu'on passe limite
00:10:54chez lui,
00:10:55mais on n'a jamais
00:10:55mis les pieds
00:10:57sur son territoire
00:10:57de chasse.
00:10:59Il faut dire
00:11:00que Roland Bondoni
00:11:01le défend
00:11:01âprement
00:11:02ce territoire.
00:11:04On raconte
00:11:04qu'un agriculteur
00:11:05a vu ses bois
00:11:06incendiés,
00:11:07trois de ses vaches
00:11:08et une jument
00:11:09mourir empoisonnées
00:11:10quand il a décidé
00:11:11de ne plus louer
00:11:12ses terres
00:11:13abandonnées.
00:11:15Et puis le notable
00:11:16a le verbe
00:11:17eau.
00:11:18Ses colères
00:11:18sont de notoriété
00:11:19publique.
00:11:20Un chasseur
00:11:20notamment
00:11:21en a fait les frais
00:11:22lors d'une discussion
00:11:23sur les limites
00:11:24des territoires
00:11:25de chasse.
00:11:27C'est là
00:11:28qu'il m'a dit
00:11:28je ne voudrais pas
00:11:31que tu viennes
00:11:32dépasser les limites
00:11:33en bas au ruisseau.
00:11:35Je dis comment ça ?
00:11:36Non, tu ne dépasses pas.
00:11:37Je me viens dépasser.
00:11:38Le propriétaire
00:11:39nous laisse passer.
00:11:40Il laisse
00:11:40s'il n'y a personne
00:11:41donc je passerai.
00:11:43Il m'a dit non,
00:11:43tu ne passeras pas.
00:11:44C'est là-bas
00:11:44au ruisseau,
00:11:45tu t'arrêtes.
00:11:46Je dis non,
00:11:46on passera quand même
00:11:46et puis c'est tout.
00:11:48Il est encore plus têtu
00:11:49que j'en pensais.
00:11:50Il dit peut-être bien.
00:11:52Et quand il a vu
00:11:53que je lui tenais tête
00:11:54il m'a dit
00:11:54tu veux me poser la chasse
00:11:55je te pourrirai la chasse.
00:12:01Donc on est parti
00:12:02sur ces termes-là
00:12:02ça n'y a pas plu
00:12:03et puis depuis
00:12:05la chasse a été pourrie
00:12:06on a trouvé des boulettes
00:12:07tout le temps,
00:12:07tout le temps.
00:12:10C'est là que
00:12:11début septembre
00:12:11Marius Lac
00:12:13un gendarme à la retraite
00:12:14qui habite le secteur
00:12:15alerte ses collègues
00:12:16d'Aigletons.
00:12:18Il leur parle
00:12:18d'un chasseur pervers
00:12:20et les invite
00:12:20à chercher l'origine
00:12:21des boulettes
00:12:22du côté de la chasse privée
00:12:23celle que la présence
00:12:25des autres chasseurs
00:12:26dérange.
00:12:27Difficile d'être plus clair
00:12:28mais son témoignage
00:12:30reste sans suite.
00:12:33La rumeur court
00:12:34les gendarmes
00:12:35eux font le guet
00:12:36sur les routes
00:12:37ou ramasser les boulettes
00:12:38au matin.
00:12:41En février
00:12:41à la fin de la saison de chasse
00:12:43des dizaines d'animaux
00:12:44ont été empoisonnés.
00:12:4530 chiens
00:12:45des chats
00:12:46un mouton
00:12:47en sont morts.
00:12:48Les plaintes
00:12:49s'accumulent
00:12:50la haute Corrèze
00:12:51est sonnée.
00:12:58Jean-Michel Pignou
00:12:59vous êtes le juge
00:13:00d'instruction
00:13:01qui enquête
00:13:01sur cette affaire
00:13:02de chiens empoisonnés.
00:13:04Alors quelles sont
00:13:04vos premières impressions
00:13:05lorsque vous découvrez
00:13:07ce dossier ?
00:13:10Quand le dossier
00:13:12m'est remis
00:13:13que j'en parle
00:13:13avec les enquêteurs
00:13:14qui ont fait
00:13:14l'enquête initiale
00:13:15on est en pleine perplexité.
00:13:18On doit constater
00:13:18qu'on n'a pas de début
00:13:20de piste.
00:13:20On n'a rien.
00:13:21Pas de témoins
00:13:22assurément
00:13:22et pas de piste privilégiée.
00:13:25Il y en a quand même une.
00:13:27La rumeur
00:13:28les gens disent
00:13:29Roland Bondoni
00:13:30c'est lui
00:13:31il a des intérêts
00:13:33il a une chasse privée
00:13:34il a des comptes à régler.
00:13:35Alors ce sera
00:13:36une des voies
00:13:37à explorer
00:13:38pour essayer de remonter
00:13:39à la source de la rumeur
00:13:41et en quoi
00:13:41sur les éléments consistants
00:13:43elle pourrait se fonder
00:13:44mais
00:13:44ça ne va pas s'imposer
00:13:47en tout cas au début
00:13:49comme un axe privilégié.
00:13:51Mais au titre de la rumeur
00:13:52vous l'entendez Bondoni ?
00:13:54Vous le convoquez ?
00:13:55Il sera entendu
00:13:55comme témoin
00:13:56pas au titre de la rumeur
00:13:58que parce qu'il a
00:13:58des responsabilités
00:14:00dans le monde de la chasse
00:14:00et que son avis
00:14:01compte comme celui
00:14:02de tous les habitants
00:14:03de la région.
00:14:05Alors quelles sont vos pistes ?
00:14:07Parce que
00:14:07faute d'éléments
00:14:08dans le dossier
00:14:08je suppose que vous tracez
00:14:10des pistes possibles
00:14:11quelles sont-elles ?
00:14:12Alors on part
00:14:13des éléments matériels
00:14:15qu'on relève
00:14:15dans les infractions
00:14:16la viande par exemple
00:14:17il faut une certaine quantité
00:14:19de produits
00:14:20où est-ce qu'on se les procure
00:14:20c'est enveloppé
00:14:21dans des papiers
00:14:22on est parti
00:14:22des éléments matériels
00:14:24pour essayer de remonter
00:14:25jusqu'aux utilisateurs
00:14:26et le poison
00:14:27alors le poison
00:14:28qu'on ébucine
00:14:29petit à petit
00:14:29et qui alors
00:14:30incite à faire des recherches
00:14:32sur quels sont
00:14:33les commerces
00:14:33qui les vendent
00:14:34et qui a pu les acheter
00:14:35dans telle quantité
00:14:35mais ce sont autant
00:14:37d'approches
00:14:38qui sont simultanément
00:14:40exploitées.
00:14:41Ça fait maintenant
00:14:42sept mois
00:14:43que quelqu'un
00:14:44empoisonne la Corrèze
00:14:45à Tulle
00:14:46le procureur s'agace
00:14:48alors les gendarmes
00:14:49sortent l'artillerie lourde
00:14:50la section de recherche
00:14:52de Limoges
00:14:53est saisie
00:14:53une cellule
00:14:54d'enquête spéciale
00:14:55est créée
00:14:55avec 13 hommes
00:14:56à plein temps
00:14:57jamais en Corrèze
00:14:59un dossier
00:15:00n'a bénéficié
00:15:01de tels moyens
00:15:01caméras de surveillance
00:15:03hélicoptères
00:15:04techniciens
00:15:04en identification criminelle
00:15:06barrages routiers
00:15:07contrôle de véhicules
00:15:08de jour
00:15:08comme de nuit
00:15:09la gendarmerie
00:15:10multiplie les opérations
00:15:11qui mobilisent
00:15:12jusqu'à 50 hommes
00:15:13élèves
00:15:14et réservistes
00:15:15à l'appui
00:15:16aucune piste
00:15:17d'enquête
00:15:17n'est négligée
00:15:18ça partait du simple joggeur
00:15:20qui aurait pu être
00:15:20disons mordu par un chien
00:15:21qui aurait pu s'en prendre
00:15:22après à tous les chiens
00:15:23du secteur
00:15:23ça pouvait être
00:15:25donc les chasseurs
00:15:26ça pouvait être
00:15:26tout un tas de personnes
00:15:27qui pouvaient
00:15:28de près ou de loin
00:15:29avoir des problèmes
00:15:30avec les animaux
00:15:31donc voilà
00:15:32si vous voulez
00:15:33où le panel
00:15:34disons de pistes
00:15:35a été ouvert
00:15:36c'était ça
00:15:36et c'est d'autant
00:15:39plus urgent
00:15:40qu'après 3 mois
00:15:41de pause
00:15:41l'empoisonneur
00:15:43est réapparu
00:15:44il a élargi
00:15:46son territoire
00:15:47Aiglethon
00:15:48Darnay
00:15:49Soudaille
00:15:49Corrèze
00:15:50Saint-Priès-de-Gimel
00:15:52Barre
00:15:52Montagnac
00:15:53Saint-Hippolyte
00:15:5411 communes
00:15:55ont maintenant droit
00:15:56à leur boulette bleue
00:15:57elles étaient toujours
00:15:59déposées
00:16:00en itinéraire
00:16:01c'est à dire
00:16:02que bon
00:16:03on imagine très bien
00:16:04quelqu'un qui passe en voiture
00:16:05qui a sa réserve à droite
00:16:07le carreau ouvert
00:16:08et en passant
00:16:09plou plou plou
00:16:09il est
00:16:10il est
00:16:11il les distribue
00:16:12plus grave
00:16:14on trouve maintenant
00:16:16des boulettes
00:16:16au coeur des villages
00:16:18il y en avait
00:16:21le long des murs
00:16:21jusqu'à la place
00:16:22de l'église
00:16:23alors là
00:16:24maison à droite
00:16:25là il y a un monsieur
00:16:26qui est quasi aveugle
00:16:27qui se promenait
00:16:28avec son chien
00:16:29son chien
00:16:29il a disparu
00:16:33à Rosier-Dégleton
00:16:35ou à Darnay
00:16:36on trouve des boulettes
00:16:37dans la cour
00:16:39de l'école
00:16:39on a réuni
00:16:40souvent les enfants
00:16:41à l'école
00:16:41en leur disant
00:16:43faites bien attention
00:16:43si vous voyez
00:16:45quelque chose
00:16:45si vous avez
00:16:47quelque chose
00:16:47de suspect
00:16:48dans ce terrain
00:16:49de jeu
00:16:50surtout
00:16:51surtout
00:16:51surtout
00:16:52n'y touchez pas
00:16:52appelez votre maître
00:16:54il ne faut pas
00:16:55qu'il y ait
00:16:55de problèmes
00:16:56il ne faut pas
00:16:57qu'il y ait un enfant
00:16:58qui s'empoisonne
00:16:59tout le monde
00:17:03tout le monde avait peur
00:17:03c'est vrai
00:17:06qu'on avait peur
00:17:06pour nos animaux
00:17:07mais on avait peur
00:17:08pour les enfants
00:17:09l'inquiétude
00:17:11gagne maintenant
00:17:11toute la population
00:17:12l'affaire a dépassé
00:17:14le simple conflit
00:17:14de chasse
00:17:15un déséquilibré
00:17:17empoisonne
00:17:17la région
00:17:18et les gendarmes
00:17:19voudraient lui mettre
00:17:20rapidement la main dessus
00:17:21avant qu'un corésien
00:17:22ne fasse justice
00:17:22lui-même
00:17:23car les habitants
00:17:24s'organisent
00:17:25et montent des gardes
00:17:27mais les gendarmes
00:17:27se heurtent constamment
00:17:28à un même problème
00:17:30une rumeur
00:17:31mais pas de témoin
00:17:32autant les gens
00:17:33étaient
00:17:33mais alors tout à fait
00:17:34volontaires
00:17:36pour vous dire
00:17:36ça pourrait être ça
00:17:37ça pourrait être ci
00:17:37mais par contre
00:17:38devant un interrogatoire
00:17:40disons acté
00:17:41comme c'est le cas
00:17:41pour la procédure
00:17:42d'enquête
00:17:43que l'on pratiquait là
00:17:44ils ne voulaient pas déposer
00:17:46et surtout pas signer
00:17:46de déclaration
00:17:47cette peur de parler
00:17:49va devenir
00:17:50le premier complice
00:17:52de l'empoisonneur
00:17:53de Corrèze
00:17:53au printemps 2000
00:17:58les choses se calment
00:17:59curieusement
00:18:00l'empoisonneur disparaît
00:18:01pendant un an
00:18:02mais en février 2001
00:18:04des boulettes apparaissent
00:18:05sur les communes
00:18:06de Darnay
00:18:06et de Moustier-Vantadour
00:18:08désormais
00:18:11l'empoisonneur
00:18:12a fait plus d'une centaine
00:18:13de victimes
00:18:13mais cette fois
00:18:14des témoins
00:18:16ont vu quelque chose
00:18:17des gens osent parler
00:18:19quatre personnes
00:18:21ont remarqué
00:18:22la même voiture
00:18:22tout près de chez elle
00:18:24j'ai vu passer
00:18:26une voiture
00:18:27devant la porte
00:18:28un express
00:18:29ma femme
00:18:30l'a vu passer
00:18:31deux fois dans la journée
00:18:32sans doute en repérage
00:18:33et puis le soir
00:18:34il a passé
00:18:35vers 18h
00:18:3618h30
00:18:37il a été faire
00:18:39un tour
00:18:39chez mes parents
00:18:40il est remonté
00:18:41et puis le lendemain
00:18:42il y avait des boulettes
00:18:44où l'express
00:18:44avait fait demi-tour
00:18:46là ce qui est intéressant
00:18:49c'est que
00:18:49c'est les manœuvres
00:18:50de l'auteur
00:18:51il fait une marche avant
00:18:53il revient
00:18:54il repasse
00:18:54cinq minutes après
00:18:55alors qu'il n'a pas lieu
00:18:56d'être là
00:18:56c'est un véhicule
00:18:57qui n'est pas connu
00:18:58par les gens locaux
00:18:59et les témoins
00:19:02sont unanimes
00:19:02le véhicule suspect
00:19:04est un Renault Express
00:19:05blanc
00:19:06immatriculé en Corrèze
00:19:07la plaque se termine
00:19:09par RM19
00:19:11enfin une piste
00:19:13reste à identifier
00:19:16le propriétaire
00:19:17et à l'interpeller
00:19:1814 personnes
00:19:20possèdent un véhicule
00:19:21de ce type
00:19:21parmi lesquels
00:19:23celui que la rumeur
00:19:24a toujours désigné
00:19:25un certain
00:19:26Bondoni
00:19:26Roland
00:19:28monsieur Bondoni
00:19:29n'est qu'en quatrième position
00:19:30sous la liste
00:19:31et
00:19:32en tant que directeur
00:19:34d'enquête
00:19:35je décide de le traiter
00:19:35en quatrième position
00:19:36mais je suis devancé
00:19:38par monsieur Bondoni
00:19:39puisque le lundi matin
00:19:40il se présente
00:19:42à 9h15
00:19:43à la brigade
00:19:44de Jean-Henri Légletron
00:19:45ce matin là
00:19:49Bondoni
00:19:49ne se doute pas
00:19:50qu'il est dans le collimateur
00:19:52il vient spontanément
00:19:54déposer plainte
00:19:54car sa chienne majesté
00:19:56est morte la veille
00:19:57empoisonnée
00:19:58au cours d'une partie de chasse
00:19:59les gendarmes
00:20:01recueillent sa plainte
00:20:02et lui demandent
00:20:03ce qu'il faisait
00:20:04trois jours plus tôt
00:20:05à l'heure où des témoins
00:20:06ont vu rôder
00:20:07un Renault Express blanc
00:20:09Bondoni répond
00:20:11qu'il a regardé
00:20:12un match
00:20:12pour ce soir là
00:20:14il n'y avait pas de match
00:20:16à la télé
00:20:16alors il lui pose
00:20:18des questions
00:20:18sur la mort de sa chienne
00:20:20Bondoni explique
00:20:22qu'il a tenté
00:20:23de sauver Majesté
00:20:24en la conduisant
00:20:25lui-même
00:20:25chez le vétérinaire
00:20:26à bord
00:20:28de son Renault Express
00:20:29je lui demande
00:20:30de m'expliquer
00:20:31comment
00:20:31elle fait
00:20:33de l'intérieur
00:20:33de son véhicule
00:20:35en l'espèce
00:20:36il y a une séparation
00:20:38métallique
00:20:38entre l'avant
00:20:39du véhicule
00:20:40et l'arrière
00:20:41du véhicule
00:20:41il m'explique bien
00:20:43ce moment là
00:20:43et ça sera crucial
00:20:44pour la suite
00:20:45que le chien
00:20:46était à l'arrière
00:20:47du véhicule
00:20:48et qu'il n'a jamais
00:20:49été devant
00:20:50la question lui a été posée
00:20:52Bondoni refuse
00:20:54que les gendarmes
00:20:54fouillent sa voiture
00:20:55toutes ces questions
00:20:57l'énervent
00:20:58donc très rapidement
00:21:00il s'emporte
00:21:02il se met en colère
00:21:03en disant
00:21:05qu'on faisait
00:21:07chez les victimes
00:21:07sur ses mots
00:21:09Bondoni
00:21:10tourne les talons
00:21:11les gendarmes
00:21:12le laissent partir
00:21:13curieux de savoir
00:21:13ce qu'il va faire
00:21:14et qui il va voir
00:21:15alors il le file
00:21:16en douce
00:21:18Bondoni
00:21:20les conduit
00:21:20jusqu'à son pavillon
00:21:21de chasse
00:21:21où les gendarmes
00:21:22décident d'intervenir
00:21:23ils sont en enquête
00:21:25de flagrance
00:21:25et ont le droit
00:21:26de perquisitionner
00:21:27la voiture
00:21:28avec un technicien
00:21:29en identification criminelle
00:21:31à l'avant du véhicule
00:21:33on découvre
00:21:34donc que du produit pur
00:21:35sont aucun morceau
00:21:39de viande autour
00:21:40ni dans le véhicule
00:21:42c'est que du produit pur
00:21:44c'est du carbofuran
00:21:45du carbofuran
00:21:47concentré
00:21:48à 5%
00:21:50l'insecticide
00:21:51qui a empoisonné
00:21:52les bêtes
00:21:52on en trouve
00:21:53en 9 endroits
00:21:54du véhicule
00:21:54sous le siège
00:21:56sous des gants
00:21:58on en retrouve également
00:22:00sous le levier
00:22:02de frein
00:22:03sur le siège conducteur
00:22:05également
00:22:05entre l'assise
00:22:06et le dossier du siège
00:22:08dans le vide poche
00:22:09dans l'enveloppe extérieure
00:22:10du rétroviseur gauche
00:22:11au niveau de l'attache
00:22:12de la ceinture de sécurité
00:22:13également
00:22:149 traces
00:22:16de carbofuran
00:22:17toutes situées
00:22:19à l'avant
00:22:20de la voiture
00:22:20quand Bondoni
00:22:21a dit au gendarme
00:22:22que sa chienne malade
00:22:23était à l'arrière
00:22:24qu'à cela ne tienne
00:22:26le notable change de version
00:22:28ou plutôt sa chienne
00:22:29change de place
00:22:29il se souvient maintenant
00:22:31qu'elle était à l'avant
00:22:32mais les gendarmes
00:22:34ne le croient pas
00:22:35elle explique que c'est le chien
00:22:37qui a vomi
00:22:38ce produit
00:22:40en espèce
00:22:41ce n'est pas possible
00:22:42puisqu'on n'a pas retrouvé
00:22:44de particules
00:22:44mélangées
00:22:47à du produit
00:22:48du style viande
00:22:50il n'y a pas de bave
00:22:51retrouvée à l'avant
00:22:53c'est que du produit sec
00:22:55on est face à une personne
00:23:02qui est dans le déni total
00:23:05il n'y l'évidence
00:23:07pour elle
00:23:09le 14 février 2001
00:23:14Roland Bondoni
00:23:16est mis en examen
00:23:16pour acte de cruauté
00:23:18envers les animaux
00:23:19Monsieur le juge Pignou
00:23:24le 14 février 2001
00:23:26vous interrogez
00:23:28dans votre cabinet
00:23:28Roland Bondoni
00:23:29comment ça se passe
00:23:30quelle est son attitude
00:23:31il se présente
00:23:33bien
00:23:34y compris physiquement
00:23:36et dans sa façon
00:23:37de s'habiller
00:23:38comme un notable
00:23:40de province
00:23:41sûr de lui
00:23:42dans ses dénégations
00:23:43alors il est mis en examen
00:23:45quelles mesures
00:23:46est-ce que vous prenez
00:23:46à son encontre
00:23:47au-delà
00:23:47pour s'assurer
00:23:48qu'il ne va pas prendre
00:23:49la poudre d'escampette
00:23:50alors d'abord
00:23:52il faut l'écarter
00:23:52du périmètre
00:23:53où sont commises
00:23:54les infractions
00:23:54parce qu'on pense assainir
00:23:56à la fois
00:23:57protéger le périmètre
00:23:59et observer
00:23:59ce qui va s'y passer
00:24:00et puis le protéger
00:24:01un peu lui-même aussi
00:24:02parce que dès lors
00:24:03qu'il est mis en examen
00:24:04et qu'il est officiellement
00:24:05un peu désigné
00:24:05comme le responsable
00:24:07qui s'est passé
00:24:08on pouvait craindre
00:24:09que dans la population
00:24:10il y ait quelques
00:24:10agressivités à son égard
00:24:12donc il ne peut pas habiter
00:24:13la région
00:24:13il ne peut pas
00:24:14voilà il ne peut pas séjourner
00:24:15je pense que c'était
00:24:16dans deux arrondissements
00:24:16l'arrondissement de Tulle
00:24:17et l'arrondissement du Sel
00:24:18qui correspond à l'ère géographique
00:24:20où étaient commises
00:24:21les infractions
00:24:23et puis ?
00:24:23et puis je l'ai obligé
00:24:25à un cautionnement
00:24:26qui visait
00:24:28d'une part
00:24:28à garantir les droits
00:24:29des victimes
00:24:30parce qu'il faudrait
00:24:30envisager
00:24:31l'indemnisation
00:24:33de tous les propriétaires
00:24:34de chiens
00:24:34et puis
00:24:35à garantir le respect
00:24:36du contrôle judiciaire
00:24:38c'est
00:24:38en gros
00:24:40si vous ne respectez pas
00:24:40les interdictions
00:24:41qui vous sont faites
00:24:42d'aller dans tel
00:24:43dans tel coin
00:24:45du département
00:24:45et bien on pourra
00:24:46vous retenir
00:24:47une partie de la somme
00:24:47Roland Bondoni
00:24:51bonbon pour les intimes
00:24:53l'homme est né
00:24:54à Mémac
00:24:55en 1932
00:24:56fils de paysan
00:24:57il connait
00:24:58une enfance heureuse
00:24:59mais la ferme familiale
00:25:00ne l'intéresse pas
00:25:02à la fin de son service
00:25:05en Algérie
00:25:06il prend la route
00:25:07comme de nombreux
00:25:08Corréziens l'ont fait
00:25:08au 19ème siècle
00:25:09direction le nord
00:25:11de la France
00:25:11et la Belgique
00:25:12pour y vendre
00:25:13du vin de Bordeaux
00:25:14avec succès
00:25:16c'était un vendeur
00:25:19exceptionnel
00:25:20je connais très peu
00:25:20de vendeurs
00:25:23comme Roland Bondoni
00:25:25il était
00:25:26très bon acheteur
00:25:27et très bon vendeur
00:25:28ça c'est assez rare
00:25:29c'est ainsi
00:25:31que la vie
00:25:32de Roland Bondoni
00:25:33se partage
00:25:33entre ses affaires
00:25:34qu'il dirige
00:25:35depuis une chambre
00:25:35d'hôtel de Fourmis
00:25:36dans le nord
00:25:37et sa vie de famille
00:25:38à Aigleton
00:25:39près de sa femme
00:25:40et de ses deux fils
00:25:41et puis ce travailleur
00:25:43acharné
00:25:43a d'autres casquettes
00:25:45conseiller municipal
00:25:46d'Aigleton
00:25:47dans les années 70
00:25:48il est aussi président
00:25:49des clubs de rugby
00:25:50et de foot
00:25:51et surtout
00:25:52il dirige d'une main
00:25:53de maître
00:25:53le syndicat
00:25:55des négociants
00:25:56en vin
00:25:56dans ce syndicat
00:26:00il y avait un jour
00:26:01qui était extrêmement important
00:26:02c'était le banquier
00:26:03alors lui
00:26:04pour l'image de marque
00:26:06du syndicat
00:26:07il convoquait
00:26:08le banc
00:26:08et l'arrière-banc
00:26:09de tout ce que la Corrèze
00:26:10comptait comme
00:26:11homme politique influent
00:26:13ou les membres
00:26:14d'activités économiques
00:26:17alors évidemment
00:26:18il était en relation
00:26:19avec le préfet
00:26:21avec le sous-préfet
00:26:22avec le directeur
00:26:22des services fiscaux
00:26:24avec le président
00:26:25de la chambre de commerce
00:26:26il y avait beaucoup
00:26:27de ces gens
00:26:27qui tutoyaient
00:26:28effectivement
00:26:28des fréquentations
00:26:30qui font de Roland Bondoni
00:26:31un personnage à part
00:26:33un Corrésien
00:26:34à qui l'on prête
00:26:34les plus hautes protections
00:26:35et il se plaît d'ailleurs
00:26:37à entretenir cette image
00:26:38jusque dans la presse
00:26:40l'interview qu'il a donnée
00:26:42après sa mise en examen
00:26:44il était hors de lui
00:26:45et il considérait
00:26:47que c'était scandaleux
00:26:48qu'il puisse être soupçonné
00:26:50et c'est là où il dit
00:26:54notamment
00:26:54qu'il est protégé
00:26:56qu'on verra ce qu'on verra
00:26:58convaincu de son invulnérabilité
00:27:01Roland Bondoni affiche
00:27:03une agaçante confiance en lui
00:27:04je pense qu'autour de lui
00:27:09se sont créé des jalousies
00:27:11il avait réussi
00:27:13c'est un homme entier
00:27:14il n'était pas mièvre
00:27:16et donc par définition
00:27:18lorsqu'il a avancé dans la vie
00:27:19il a avancé avec son caractère
00:27:20et il ne s'est pas fait
00:27:22que des amis
00:27:23car derrière le négociant talentueux
00:27:27le passionné du sport
00:27:28et de chasse
00:27:28il y a aussi un Bondoni
00:27:30fier et orgueilleux
00:27:32qui n'aime pas s'avouer vaincu
00:27:33il admet même
00:27:34qu'il ne supporte pas d'opposition
00:27:36s'il y a un contraire
00:27:38dit-il
00:27:38la place est libre
00:27:40le sentiment qu'il essaie
00:27:42c'est que
00:27:42si on lui faisait allégeance
00:27:44on était très commun
00:27:45sympa
00:27:46avenant
00:27:47et dans le cas contraire
00:27:50c'était l'ennemi
00:27:51à détruire
00:27:52car au besoin
00:27:54Bondoni sait s'emporter
00:27:55intimidé
00:27:56menacé
00:27:57pour imposer ses vues
00:27:58fort en gueule
00:27:59il n'hésite pas non plus
00:28:00à faire le coup de poing
00:28:01en 1984
00:28:04il a fracturé
00:28:06d'un coup de tête
00:28:07le nez
00:28:08d'une de ses maîtresses
00:28:09et il a été condamné
00:28:10pour avoir forcé
00:28:11sa porte en pleine nuit
00:28:13et l'avoir menacé
00:28:14avec un pistolet
00:28:16bref
00:28:17Bondoni
00:28:18inspire la crainte
00:28:19dans la région
00:28:20des gletons
00:28:21il a eu tellement
00:28:23d'attacation
00:28:24avec les gens
00:28:25pour certaines choses
00:28:26pas que pour la chasse
00:28:27donc les gens le connaissaient
00:28:28les gens
00:28:29connaissant
00:28:31comment qu'ils pouvaient agir
00:28:32en désirant
00:28:33s'ils laissaient faire
00:28:34ils
00:28:34ils abandonnaient
00:28:36à la limite
00:28:36ils laissaient faire
00:28:37puis c'était tout
00:28:37ils en avaient peur
00:28:38c'est dans ce climat détestable
00:28:505 ans après les premières plaintes
00:28:52que va s'ouvrir devant
00:28:53le tribunal correctionnel de Thune
00:28:54le 24 juin 2003
00:28:56le procès de l'empoisonnement
00:28:58des chiens
00:28:59un procès très attendu
00:29:00par les propriétaires
00:29:01Roland Bondoni
00:29:02doit répondre
00:29:03de l'empoisonnement
00:29:03de 144 animaux domestiques
00:29:065 ans que les partis civils
00:29:10attendent ce procès
00:29:11le tribunal s'est préparé
00:29:13pour cette audience
00:29:14hors normes
00:29:16ça n'a été qu'une rumeur
00:29:21dans le palais
00:29:21sur la manière
00:29:23dont on allait l'organiser
00:29:25on m'avait même passé
00:29:27un courrier
00:29:27je me souviens
00:29:28le parquet
00:29:29qui avait
00:29:29très très précautionneux
00:29:31m'avait dit
00:29:32votre client
00:29:33il faudrait pas
00:29:33qu'il soit attaqué
00:29:34par les gens
00:29:35si vous voulez
00:29:36on le fera rentrer
00:29:37par derrière
00:29:37on le cachera
00:29:39Roland Bondoni
00:29:40c'est pas le genre
00:29:41d'individu
00:29:42qui se cache
00:29:43surtout quand on a rien
00:29:45à se reprocher
00:29:45il dit
00:29:45mais moi
00:29:46je rentrerai pas
00:29:47dit par devant
00:29:47mais par derrière
00:29:48c'est même pas la peine
00:29:49de répondre à ça
00:29:50nous rentrerons
00:29:52par la grande porte
00:29:53mais le procureur
00:29:57procède tout de même
00:29:58à quelques aménagements
00:29:59dans le palais
00:30:00il me fait
00:30:01hall
00:30:02avec des écrans géants
00:30:04et surtout
00:30:05l'affaire ne sera pas jugée
00:30:07dans la salle
00:30:08du tribunal correctionnel
00:30:09trop petite
00:30:10on a réservé
00:30:11à Roland Bondoni
00:30:12la salle des assises
00:30:14vous croissez beaucoup
00:30:16de dossiers
00:30:16vous avez 80 parties civiles
00:30:17on met les dossiers
00:30:18maintenant de l'amiant
00:30:19toutes ces choses là
00:30:19mais 80 parties civiles
00:30:21donc cours d'assises
00:30:22donc déjà d'emblée
00:30:24on montre
00:30:25l'importance
00:30:25de ce dossier
00:30:26on pensait qu'il y aurait
00:30:29aussi beaucoup de public
00:30:30il y a eu très peu
00:30:32de public
00:30:33dans cette seconde salle
00:30:35avec la transmission vidéo
00:30:37il y a eu une personne
00:30:38qui s'est présentée
00:30:39au théâtre
00:30:40on parlerait d'un four
00:30:41à Tulle
00:30:41on dit que certains
00:30:42ont eu peur
00:30:43d'affronter le regard
00:30:44de Bondoni
00:30:45mais ceux qui sont là
00:30:48sont déterminés
00:30:49encore faudrait-il
00:30:50que l'accusé arrive
00:30:51car Bondoni
00:30:52se fait attendre
00:30:54à 8h45
00:30:56son avocat annonce
00:30:57une nouvelle stupéfiante
00:30:58son client vient
00:31:00d'être victime
00:31:00d'un accident
00:31:01à Brive
00:31:03alors là effectivement
00:31:06on s'est dit
00:31:07c'est pas possible
00:31:08c'est un gag
00:31:08moi j'ai cru que c'était un gag
00:31:09honnêtement
00:31:10je crois que c'était un gag
00:31:10je me suis dit
00:31:11et attendez
00:31:13il sort de son hôtel
00:31:14il va
00:31:14il traverse le parking
00:31:16on connait tous
00:31:17les parkings d'hôtel
00:31:18plus ou moins
00:31:18et très tôt le matin
00:31:22parce que les gens
00:31:23se commencent tôt
00:31:23tout de même à 8h
00:31:24donc je sais pas
00:31:24j'imagine qu'il sort
00:31:25à 7h de son hôtel
00:31:26et il s'est renversé
00:31:28par la seule et unique
00:31:29camionnette
00:31:29qui fait une marche arrière
00:31:30sur le parking
00:31:31bon
00:31:32grand point d'interrogation
00:31:34on l'a pas crue
00:31:35tous les gars
00:31:36qui étaient avec moi
00:31:36il a payé le mec
00:31:37pour se faire bousculer
00:31:39c'est les rumeurs
00:31:45les plus folles
00:31:46qui courent
00:31:46mais celles que vous pouvez imaginer
00:31:48il l'a fait exprès
00:31:49de toute façon
00:31:51c'est encore un coup monté
00:31:52il voulait pas venir
00:31:53à son procès
00:31:54il l'a fait exprès
00:31:55c'est combiné
00:31:56tout ça
00:31:57il a fait déplacer
00:31:58les caméras
00:31:59et tout le cinéma
00:32:00etc
00:32:00pour se moquer
00:32:02et de faire à nouveau
00:32:03un pied de nez
00:32:04à la justice
00:32:04on lui a reproché
00:32:0510 fois ça
00:32:06les pieds de nez
00:32:07à la justice
00:32:07le président du tribunal
00:32:11dépêche par deux fois
00:32:12un expert à l'hôpital
00:32:13avant de se décider
00:32:15à renvoyer le procès
00:32:16les victimes
00:32:18s'en vont dépitter
00:32:194 mois plus tard
00:32:26en octobre 2003
00:32:27nouvelle convocation
00:32:29devant le tribunal
00:32:29correctionnel de Tulle
00:32:30cette fois-ci
00:32:31Roland Bondoni
00:32:32va-t-il se présenter
00:32:33devant ses juges
00:32:341er octobre 2003
00:32:38c'est reparti
00:32:393 jours d'audience
00:32:40attendent de nouveau
00:32:41les 80 partis civils
00:32:42et les 8 avocats
00:32:44saisis du dossier
00:32:45et cette fois-ci
00:32:47Bondoni
00:32:48est là
00:32:49il arrive dans sa grosse
00:32:51Mercedes
00:32:51c'est tout juste
00:32:52d'ailleurs
00:32:52si on ne l'ouvre pas
00:32:54la porte
00:32:54de l'extérieur
00:32:56pour le faire sortir
00:32:57il est protégé
00:33:00en fait
00:33:00par
00:33:01pratiquement
00:33:02un cordon de policiers
00:33:03qui l'accompagne
00:33:04et puis les autres
00:33:05partis civils
00:33:06c'est-à-dire
00:33:06ceux qui ont eu
00:33:07leur chien
00:33:09qui a été empoisonné
00:33:10ils arrivent à être baissés
00:33:11il va se passer quelque chose
00:33:13les partis civils
00:33:15sont confiantes
00:33:16mais Bondoni aussi
00:33:17et ils le clament
00:33:18dès l'ouverture du procès
00:33:20il n'a jamais fait de mal
00:33:22à un chien
00:33:23bien respectable
00:33:25bien respectable
00:33:25bien sous tout rapport
00:33:26père de famille
00:33:27notre homme inconnu
00:33:29voilà
00:33:29mais c'est pas lui
00:33:32il comprend même pas
00:33:34pourquoi il est là
00:33:34alors les premiers témoins
00:33:37s'avancent à la barre
00:33:38ils ne sont pas nombreux
00:33:39malgré les efforts
00:33:40des avocats
00:33:40et des gendarmes
00:33:41deux personnes seulement
00:33:42ont accepté de parler
00:33:44Eric Fournial
00:33:45et Marius Lac
00:33:46il raconte les conflits de chasse
00:33:50les insultes
00:33:51les menaces
00:33:52la peur
00:33:52et puis aussi
00:33:54le jour où Roland Bondoni
00:33:56a menacé Marius Lac
00:33:58de lui faire la peau
00:34:00Marius Lac va bien faire comprendre
00:34:04au tribunal au président
00:34:05que venir à la barre
00:34:08c'est un acte de courage
00:34:08et que pour lui
00:34:10c'est pas simple
00:34:10et d'ailleurs
00:34:11il est très
00:34:12il est tremblant
00:34:13mais tremblant
00:34:13pas forcément de peur
00:34:14mais d'émotion
00:34:15d'être là aussi
00:34:16et par rapport
00:34:17à tout ce que cela
00:34:18fait ressurgir chez lui
00:34:19et Lac a eu cette phrase
00:34:21amusante
00:34:22de dire
00:34:22mais Bondoni c'est le seigneur
00:34:23et nous sommes les vassaux
00:34:24et c'est exactement ça
00:34:26c'est exactement ça
00:34:27c'est effectivement
00:34:29le seigneur sur cette terre
00:34:31et le président va
00:34:35lui poser cette question
00:34:37mais alors
00:34:37est-ce que vous pensez
00:34:38que
00:34:39monsieur Roland Bondoni
00:34:40peut être
00:34:41l'auteur
00:34:42de ce que l'on lui reproche
00:34:44et Marius Lac
00:34:45va dire la chose
00:34:46sur l'autre
00:34:46et dit
00:34:47moi j'en ai pas la preuve
00:34:48je peux pas dire
00:34:50que c'est lui
00:34:50mais par contre
00:34:52je pense qu'il en est
00:34:53bien capable
00:34:53dans son box
00:34:55Bondoni bondit
00:34:57c'était qu'une pique
00:34:58d'une violence extrême
00:34:59et là
00:35:00il y a eu une algarade
00:35:01concernant notamment
00:35:02une altercation ancienne
00:35:03qu'ils auraient eu
00:35:04dans les bois
00:35:04comme quoi
00:35:06Marius Lac
00:35:07de dire
00:35:08une fois
00:35:08tu m'as bien menacé
00:35:09avec le fusil
00:35:10etc
00:35:11et bien entendu
00:35:13Roland Bondoni
00:35:14de dire
00:35:14que c'était faux
00:35:15l'incident marque
00:35:17les esprits
00:35:18tandis que la défense
00:35:19dénonce le complot
00:35:20dont serait victime
00:35:21Roland Bondoni
00:35:22un complot
00:35:23dont la presse
00:35:23serait complice
00:35:24et Bondoni
00:35:26le lui fait savoir
00:35:27le prévenu
00:35:39se défend
00:35:39pied à pied
00:35:40mais la charge
00:35:41est lourde
00:35:41sept avocats
00:35:43font le procès
00:35:44du système Bondoni
00:35:45et de son caractère
00:35:46seigneuriel
00:35:47et puis il y a
00:35:49des charges matérielles
00:35:50et le débat
00:35:51avance
00:35:52sur la question
00:35:52que tout le monde
00:35:54se pose
00:35:54d'où vient
00:35:56le carbofurent
00:35:57retrouvé
00:35:57à l'avant
00:35:58de la voiture
00:35:58des boulettes
00:35:59que Bondoni
00:36:00aurait jeté
00:36:00par la fenêtre
00:36:01ou bien
00:36:02comme il l'affirme
00:36:02des poils
00:36:03et des vomissures
00:36:04de sa chienne
00:36:05empoisonnée
00:36:05des experts
00:36:07vétérinaires
00:36:08sont longuement
00:36:08interrogés
00:36:09et Bondoni
00:36:11tente de se justifier
00:36:13laborieusement
00:36:14il disait
00:36:18mais écoutez
00:36:19moi le produit
00:36:19est là
00:36:20vous m'interpellez
00:36:21peut-être que ma bête
00:36:22s'est roulée
00:36:23dans du produit
00:36:24qui était
00:36:24à la fois
00:36:26du produit
00:36:27mélange avec de la viande
00:36:28mais aussi du produit sec
00:36:29on n'en sait rien
00:36:29elle pouvait en avoir
00:36:30sur elle
00:36:31je ne peux pas vous donner
00:36:32plus d'explications
00:36:33il s'est lancé
00:36:34même dans des explications
00:36:35sur la confection
00:36:36de boulettes
00:36:37en disant
00:36:37mais puisque
00:36:38enfin il était perdu
00:36:39ce monsieur
00:36:40au final
00:36:42ni Bondoni
00:36:43ni l'accusation
00:36:44ne peuvent prouver
00:36:45leur version
00:36:45mais il reste un problème
00:36:47Bondoni
00:36:48s'est contredit
00:36:49il a changé d'avis
00:36:50sur la position
00:36:51de la chienne
00:36:51dans la voiture
00:36:52et deux témoins
00:36:54de chasse
00:36:55disent avoir vu
00:36:56Majesté
00:36:56à l'arrière
00:36:57de l'express
00:36:57deux témoins
00:36:58dont
00:36:59son fils
00:37:00un mois après les faits
00:37:02il a même expliqué
00:37:02au juge
00:37:03qu'il a personnellement
00:37:04ouvert les portes arrières
00:37:06pour que son père
00:37:07puisse installer
00:37:08Majesté
00:37:09ça veut bien dire
00:37:10que les traces
00:37:11de Carbo-Furand
00:37:11n'étaient pas amenées
00:37:12par la chienne
00:37:12ni par le fait
00:37:13que la chienne
00:37:14ait régurgité
00:37:14ou que le Carbo-Furand
00:37:15soit tombé des poils
00:37:16de la chienne
00:37:17c'est que le Carbo-Furand
00:37:18était bien dans la voiture
00:37:19de monsieur Bondoni
00:37:20indépendamment
00:37:21de la présence de la chienne
00:37:21et donc là
00:37:22c'est tout le même
00:37:23le fils qui accuse le père
00:37:24et ça c'est un moment fort
00:37:25tout de même
00:37:26le procureur demande
00:37:29la peine maximale
00:37:30pour acte de cruauté
00:37:31sur des animaux
00:37:32deux ans de prison
00:37:33et le tribunal
00:37:34déclare Roland Bondoni
00:37:36coupable
00:37:38il est condamné
00:37:40à deux ans de prison
00:37:41dont un
00:37:42avec sursis
00:37:43Roland Bondoni
00:37:45devra aussi verser
00:37:46111 613 euros
00:37:48de dommages
00:37:49et intérêts
00:37:49aux victimes
00:37:50Roland Bondoni
00:37:52est condamné
00:37:53mais il fait appel
00:37:54en attendant
00:37:55il est interdit
00:37:56de séjour
00:37:57en Corrèze
00:37:58et vit toujours
00:37:59à Fourmy
00:37:59dans le nord
00:38:00son contrôle judiciaire
00:38:01est maintenu
00:38:02dans l'attente
00:38:02d'un nouveau procès
00:38:03quand le 24 août 2004
00:38:05deux mois
00:38:06avant le procès
00:38:07en appel
00:38:08Marius Lac
00:38:09ce témoin
00:38:10qui avait osé
00:38:10défier Bondoni
00:38:11au procès de Thune
00:38:12est retrouvé
00:38:13assassiné
00:38:15à la chapelle Spinas
00:38:17et ses environs
00:38:18le meurtre
00:38:19de Marius Lac
00:38:20est un choc
00:38:20ça a été la stupeur
00:38:24la catastrophe
00:38:25bon j'étais personnellement
00:38:28aux obsèques
00:38:29de monsieur Lac
00:38:30il y avait un monde
00:38:31bon les gens
00:38:34étaient
00:38:34comment
00:38:35atterrés quoi
00:38:37et pour tous
00:38:39la mort
00:38:40de l'ancien gendarme
00:38:41et les empoisonnements
00:38:42ne forment
00:38:43qu'un seul
00:38:44et même dossier
00:38:45tout de suite
00:38:47on a pensé
00:38:47que c'était lié
00:38:48à l'affaire
00:38:49vu ce que je lui avais dit
00:38:51Bondoni
00:38:52je serais
00:38:53j'aurais tapé
00:38:54au truc
00:38:55on s'est dit
00:38:55c'est pas possible
00:38:56mais ça peut pas être autre chose
00:38:58un gars comme ça
00:39:00tranquille
00:39:00qui soit assassiné
00:39:02par qui d'autre
00:39:04cette idée
00:39:06vient même à l'esprit
00:39:07de Roland Bondoni
00:39:08lui même
00:39:09il va me téléphoner
00:39:11sur mon lieu de vacances
00:39:12et puis
00:39:14il est inquiet
00:39:15et il me dit
00:39:16et puis même
00:39:16à tout coup
00:39:17comme les chiens
00:39:18ils vont me dire
00:39:19que c'est moi
00:39:19qui l'ai tué
00:39:20à tout coup
00:39:20ils vont le dire
00:39:21de suite
00:39:22il a la perception
00:39:23de ça
00:39:23ce dossier
00:39:24depuis le début
00:39:25tout ce qui se passe
00:39:27c'est ça
00:39:28sur la scène de crime
00:39:31les gendarmes
00:39:32ont déjà trouvé
00:39:33un premier indice
00:39:35on découvre donc
00:39:38sous le cadavre
00:39:39un document
00:39:40si vous voulez
00:39:41qui est replié
00:39:41sur lui-même
00:39:42un morceau de papier
00:39:43ensanglanté
00:39:43sur lequel on arrive
00:39:45quand même à lire
00:39:46des noms de villes
00:39:48qui démarrent
00:39:49sur l'est de Paris
00:39:50et qui descendent
00:39:53sur un itinéraire
00:39:53qui est assez facile
00:39:54à suivre
00:39:55donc jusqu'en Corrèze
00:39:56où on parle des villes
00:39:57de Tulle et de Brive
00:39:57ça ressemble
00:39:59à un itinéraire
00:40:01au dos de ce papier
00:40:03on retrouve
00:40:03un numéro de téléphone
00:40:04qui correspond
00:40:05à celui de la victime
00:40:06si ce papier
00:40:10a été oublié
00:40:11par le meurtrier
00:40:11ça prouve
00:40:12qu'il connaissait mal
00:40:13la région
00:40:14et les gendarmes
00:40:15ont vite la confirmation
00:40:16qu'il n'est pas du coin
00:40:18le jour du drame
00:40:22vers 20h
00:40:23Marius Lac
00:40:24a téléphoné
00:40:25à sa fille
00:40:25au cours
00:40:26de la conversation
00:40:27une voiture
00:40:29s'est approchée
00:40:29de la maison
00:40:30il voit arriver
00:40:32ce véhicule
00:40:33et il lui dit
00:40:34j'ai un visiteur
00:40:35immatriculé en 02
00:40:36qui vient dans la cour
00:40:38c'est des gens étrangers
00:40:39du secteur
00:40:39et lui demandent
00:40:40de faire attention
00:40:40mais a priori
00:40:41je crois qu'il lui dit
00:40:42t'inquiète pas
00:40:43j'ai jaugé un peu
00:40:43la situation
00:40:44il n'y aura pas de problème
00:40:45cette voiture
00:40:47c'est une Alfa Romeo
00:40:48rouge
00:40:49Fernand
00:40:51le cousin de Marius
00:40:52l'a remarqué
00:40:53garé dans la cour
00:40:54le soir du meurtre
00:40:55de toute façon
00:40:56la voiture
00:40:57n'est pas passée
00:40:58inaperçue
00:40:58à la chapelle Spinasse
00:40:59dans l'après-midi
00:41:00de nombreux habitants
00:41:02l'ont vue
00:41:02aller
00:41:03et venir
00:41:04elle était devant
00:41:05la fenêtre
00:41:06de la maison
00:41:07le conducteur
00:41:09a consulté
00:41:10vraisemblablement
00:41:11une carte
00:41:12ou quelque chose
00:41:13sur ses genoux
00:41:14ce qui nous a frappé
00:41:15c'est la couleur
00:41:16et deuxièmement
00:41:17le fait que cette voiture
00:41:19était immatriculée 02
00:41:20et puis le jour du meurtre
00:41:23plusieurs habitants
00:41:24ont remarqué
00:41:25un curieux cycliste
00:41:26sur un vélo
00:41:27vert
00:41:28c'est quelqu'un
00:41:32qui est vécu
00:41:33comme s'il faisait
00:41:34du vélo en hiver
00:41:34en plein hiver
00:41:35il y a un endroit
00:41:36qu'il a un bonnet
00:41:37sur la tête
00:41:38cette personne
00:41:38non seulement
00:41:39a circulé
00:41:40dans le bourg
00:41:41mais en plus
00:41:42s'est arrêtée
00:41:42auprès de certains témoins
00:41:43pour demander
00:41:44l'adresse de la victime
00:41:45une voiture inconnue
00:41:48immatriculée
00:41:49dans un département du nord
00:41:50un cycliste étonnant
00:41:52qui cherche Marius
00:41:53voilà déjà deux pistes
00:41:55et un autre témoignage
00:41:57parvient au gendarme
00:41:58celui d'une employée
00:42:00du poste de péage voisin
00:42:01le 24 août
00:42:02vers 22h
00:42:03un automobiliste
00:42:04lui a fait peur
00:42:05au moment de payer
00:42:06elle a remarqué
00:42:07ses mains qui tremblaient
00:42:09de grosses mains
00:42:10couvertes de sang
00:42:11et du sang aussi
00:42:12sur son visage
00:42:13la jeune femme
00:42:15décrit le conducteur
00:42:16un homme de 60-65 ans
00:42:18le crâne dégarni
00:42:19avec une grosse figure
00:42:22beaucoup de collègues
00:42:23à nous ont dit
00:42:24mais c'est trop facile
00:42:25votre enquête
00:42:25c'est vraiment
00:42:26vous avez beaucoup plus
00:42:27d'éléments
00:42:28qu'il vous en faut
00:42:28pour arriver
00:42:29à trouver l'auteur des faits
00:42:31mais il faut quand même
00:42:33y faire attention
00:42:33parce qu'on pouvait aussi
00:42:34avoir volontairement
00:42:36beaucoup trop d'indices
00:42:36pour nous mener
00:42:37dans une direction
00:42:37qui n'était pas forcément
00:42:38la bonne
00:42:39alors les gendarmes
00:42:42lancent des recherches
00:42:43sur toutes les
00:42:43Alfa Romeo rouges
00:42:45immatriculées en 02
00:42:46font le tour des hôtels
00:42:48des stations-services
00:42:49de la région
00:42:49à la recherche
00:42:50de l'automobiliste
00:42:51et sur la base
00:42:52des témoignages
00:42:53ils établissent
00:42:54un portrait robot
00:42:56de l'homme au vélo vert
00:42:57et de celui à l'Alfa rouge
00:42:58qui pourrait bien
00:42:59être le même
00:43:00reste à savoir
00:43:01si cet étrange voyageur
00:43:02a un lien avec
00:43:03Marius Lac
00:43:04alors parmi les informations
00:43:07recueillies dans cette enquête
00:43:08il y a
00:43:08la présence
00:43:10sur les lieux du crime
00:43:13d'une Alfa Romeo rouge
00:43:14à peu près au moment du crime
00:43:16et la présence
00:43:17d'un cycliste
00:43:19dans les heures
00:43:19qui précèdent le crime
00:43:21mais
00:43:22tout le monde
00:43:23pense spontanément
00:43:24à Bondoni
00:43:24est-ce que
00:43:25sincèrement
00:43:27vous y pensez
00:43:28vous aussi ?
00:43:31Monsieur Bondoni
00:43:32avait été l'un des protagonistes
00:43:33de cette affaire
00:43:35d'empoisonnement des chiens
00:43:36et par conséquent
00:43:37il faisait partie
00:43:39des hypothèses
00:43:41vous l'interrogez quand même
00:43:42Bondoni ?
00:43:43parce que c'est un suspect
00:43:44au moins parmi d'autres
00:43:45il est interrogé
00:43:47comme témoin
00:43:47ce qui aurait été
00:43:49anormal
00:43:49c'est qu'il ne soit pas
00:43:50interrogé
00:43:51puisqu'il connaissait
00:43:52la victime
00:43:53il est où
00:43:54physiquement
00:43:55Bondoni
00:43:56le jour
00:43:57du crime
00:43:58à l'heure du crime
00:43:59à l'heure du crime
00:44:00je ne sais pas
00:44:01le jour du crime
00:44:02il se trouve que
00:44:03monsieur Bondoni
00:44:04est au commissariat
00:44:06de Fourmis
00:44:07dans le nord
00:44:07où il est en train
00:44:10où il vient
00:44:11porter plainte
00:44:12pour une histoire
00:44:13défraction
00:44:14de sa voiture
00:44:14et donc
00:44:17il y a un procès
00:44:17verbal de police
00:44:18qui atteste
00:44:19de sa présence
00:44:19dans le nord
00:44:21de la France
00:44:22le jour des faits
00:44:23parallèlement
00:44:29à l'enquête
00:44:30sur la mort
00:44:30de Marius Lac
00:44:31les coréziens
00:44:32s'apprêtent
00:44:33à retrouver
00:44:33Roland Bondoni
00:44:34au tribunal
00:44:35le 13 octobre 2004
00:44:36la cour d'appel
00:44:37de Limoges
00:44:38doit rejuger
00:44:39l'affaire
00:44:39des chiens empoisonnés
00:44:40mais de nouveau
00:44:42au dernier moment
00:44:43le procès
00:44:43est ajourné
00:44:44cette fois-ci
00:44:44ce n'est pas
00:44:44l'accusé
00:44:45qui a fait faux bon
00:44:46c'est le président
00:44:47du tribunal
00:44:48qui est malade
00:44:49les parties civiles
00:44:50sont excédées
00:44:51elles ne peuvent pas imaginer
00:44:53que ce nouvel ajournement
00:44:54précède de quelques jours
00:44:56un coup de théâtre
00:44:57les gendarmes
00:44:58sont sur le point
00:44:59de boucler
00:45:00l'affaire Marius Lac
00:45:02c'est une conversation téléphonique
00:45:07qui les met sur une piste
00:45:08le 6 septembre 2004
00:45:09à 12h46
00:45:10Roland Bondoni
00:45:12a reçu un coup de fil
00:45:13qui a attiré
00:45:14leur attention
00:45:15au cours de cet appel
00:45:17enregistré par les gendarmes
00:45:19trois personnes
00:45:19lui ont parlé
00:45:20tour à tour
00:45:21dont un certain
00:45:22Alain
00:45:22Bondoni a l'air gêné
00:45:25Alain lui demande
00:45:26si les nouvelles
00:45:27sont bonnes
00:45:29et sans en dire plus
00:45:30il se donne
00:45:31un rendez-vous téléphonique
00:45:32le lendemain
00:45:32à Midi Pile
00:45:33au double numéro
00:45:35l'appel vient de Fourmis
00:45:40dans le nord
00:45:40là où Bondoni
00:45:41réside une grande partie
00:45:42de l'année
00:45:43il vient d'un bar
00:45:44dont les murs appartiennent
00:45:45à un nommé
00:45:45Alain
00:45:46Beauchon
00:45:47les gendarmes du nord
00:45:52le prennent en filature
00:45:54tandis que leurs collègues
00:45:55de Corrèze
00:45:55suivent Bondoni
00:45:56et le lendemain
00:45:58à Midi Pile
00:45:59ils repèrent
00:46:00les deux bonhommes
00:46:01au téléphone
00:46:02ni l'un ni l'autre
00:46:03n'utilisent son portable
00:46:04Bondoni appelle
00:46:05d'une cabine de Brive
00:46:06Alain Beauchon
00:46:07répond d'une cabine double
00:46:08près de la gare de Fourmis
00:46:10le voilà
00:46:11le fameux
00:46:12double numéro
00:46:12reste à savoir
00:46:15pourquoi les deux hommes
00:46:16prennent autant de précautions
00:46:17alors que si on en croit
00:46:19les relevés téléphoniques
00:46:20il y a encore peu de temps
00:46:21ils s'appelaient
00:46:22régulièrement
00:46:23sans se cacher
00:46:25on retrouve des conversations
00:46:27entre Bochon
00:46:28et Bondoni
00:46:29sur le plan téléphonique
00:46:31jusqu'avant le 24 août
00:46:33après le 24 août
00:46:34nous n'avons plus de conversations
00:46:35téléphoniques enregistrées
00:46:37le 24 août
00:46:39c'est le jour de la mort
00:46:40de Marius Lac
00:46:41et manifestement
00:46:42cette date
00:46:43interrompt
00:46:43une relation téléphonique
00:46:44très suivie
00:46:4548 appels
00:46:46entre les deux hommes
00:46:47au cours des 3 mois précédents
00:46:49décidément
00:46:50cet Alain
00:46:51est intéressant
00:46:53en Corrèze
00:46:55Dominique Rizet
00:46:56les gendarmes
00:46:57vont aussi suivre
00:46:58la piste
00:46:59de l'Alpha Roméo Rouge
00:47:00alors que donne
00:47:02cette piste ?
00:47:03alors Christophe
00:47:04une Alpha Roméo Rouge
00:47:05dans les rues
00:47:06de la chapelle Spinace
00:47:07en Corrèze
00:47:08ça ne doit pas passer
00:47:09inaperçu
00:47:09la voiture
00:47:10elle est immatriculée
00:47:11en 02
00:47:12qu'est-ce que font
00:47:13les gendarmes ?
00:47:14ils vont vérifier
00:47:15dans le fichier
00:47:16des cartes grises
00:47:16et ils vont sortir
00:47:182400 Alfa Roméo
00:47:20rouge
00:47:20immatriculés
00:47:22dans le département
00:47:23de l'Aisne
00:47:23en 02
00:47:24et ils vont recouper
00:47:27grâce à un logiciel
00:47:28informatique
00:47:29assez sophistiqué
00:47:30ils vont faire
00:47:31un recoupement
00:47:31entre le fichier
00:47:33des cartes grises
00:47:35et le fichier
00:47:37des appels téléphoniques
00:47:38entrant et sortant
00:47:39sur les téléphones
00:47:40de Roland Bondoni
00:47:41et là ça va matcher
00:47:42c'est-à-dire que ça va
00:47:43leur sortir un nom
00:47:44d'accord ?
00:47:45et les gendarmes
00:47:46vont aller vérifier
00:47:46ils vont aller
00:47:47questionner cette personne
00:47:48qui est à la fois
00:47:49propriétaire d'une Alpha
00:47:50et qui a eu des contacts
00:47:51téléphoniques
00:47:52avec Roland Bondoni
00:47:53et ce monsieur
00:47:54il leur dit
00:47:55l'Alpha elle est à moi
00:47:56la carte grise
00:47:57est à mon nom
00:47:57mais je ne l'utilise pas
00:47:59je la prête à un ami
00:48:00qui s'appelle
00:48:00Alain Botchon
00:48:01Alain
00:48:02c'est un prénom
00:48:03qui intéresse les gendarmes
00:48:04parce qu'Alain
00:48:04c'est quelqu'un
00:48:05qui est en contact
00:48:06avec Roland Bondoni
00:48:07toutes les pistes
00:48:10mènent à Alain Botchon
00:48:11petit
00:48:12costaud
00:48:12le crâne dégarni
00:48:13une grosse figure
00:48:15le bonhomme ressemble
00:48:16à l'étrange cycliste
00:48:17qui cherchait
00:48:18la maison de Marius Lac
00:48:19ou à l'homme du péage
00:48:21aux mains pleines de sang
00:48:22et c'est effectivement lui
00:48:25qui conduit
00:48:26l'Alpha Roméo rouge
00:48:27immatriculé en 02
00:48:28reste à vérifier
00:48:30si Alain Botchon
00:48:31est descendu en Corrèze
00:48:32le 24 août
00:48:32là encore
00:48:34le téléphone va parler
00:48:35les gendarmes
00:48:37examinent la liste
00:48:38des relais
00:48:38que son portable
00:48:39a activé
00:48:40durant la journée
00:48:41du meurtre
00:48:41et ils découvrent
00:48:42que le suspect
00:48:43a bien voyagé
00:48:44de Monde-Repuis
00:48:45dans l'Aisne
00:48:46jusqu'à Aigleton
00:48:47en Corrèze
00:48:48aller-retour
00:48:50en moins de 24 heures
00:48:52et ce parcours
00:48:58c'est celui
00:48:59qui était inscrit
00:49:00sur le bout de papier
00:49:00ensanglanté
00:49:01Montargis
00:49:02Gien
00:49:03Châteauroux
00:49:04Limoges
00:49:05Brive
00:49:06Tulle
00:49:07c'est aussi le trajet
00:49:09qu'emprunte régulièrement
00:49:10Roland Bondoni
00:49:10lors de ses voyages
00:49:11entre le Nord
00:49:12et la Corrèze
00:49:13maintenant ils n'ont
00:49:18plus de doute
00:49:19les deux hommes
00:49:19se connaissent bien
00:49:20et Alain Botchon
00:49:22est impliqué
00:49:22dans le meurtre
00:49:23de Marius Lac
00:49:23mais jusqu'où
00:49:25et surtout pourquoi
00:49:26à Fourmi
00:49:27Botchon a
00:49:29bonne réputation
00:49:30ce n'est pas quelqu'un
00:49:31qui a la tête d'un tueur
00:49:33il n'est pas présenté
00:49:34comme tel
00:49:34c'est quelqu'un
00:49:35qui au contraire
00:49:35est quelqu'un serviable
00:49:36quelqu'un qui rend service
00:49:38à qui le lui demande
00:49:39là-haut dans le Nord
00:49:40on peut lui demander
00:49:40de venir donner un coup de main
00:49:41sur un chantier
00:49:42il est toujours disponible
00:49:43tous les renseignements
00:49:45que l'on a
00:49:45c'est quelqu'un
00:49:46qui est costaud
00:49:47physiquement
00:49:50c'est quelqu'un
00:49:50qui respire la santé
00:49:51manifestement
00:49:52et qui ne rechigne pas
00:49:53la tâche
00:49:53quoi qu'il va vous faire
00:49:54si vous avez besoin de lui
00:49:55vous pouvez le faire appel
00:49:56Alain Botchon
00:49:58n'a pas de casier judiciaire
00:49:59sa faille
00:50:01c'est l'argent
00:50:02entrepreneur en faillite
00:50:04il est criblé de dettes
00:50:05les gendarmes
00:50:06l'ont mis sur écoute
00:50:07et ils l'entendent dire
00:50:08à un proche
00:50:08qu'il attend
00:50:09une importante rentrée
00:50:11d'argent
00:50:11en liquide
00:50:12il pense à un homme de main
00:50:14on pense oui effectivement
00:50:17qu'il peut y avoir
00:50:19un lien de commande
00:50:20quelqu'un qui aurait pu
00:50:21commander un service
00:50:22à Botchon
00:50:23et que celui-ci
00:50:23n'aurait pas refusé
00:50:24pour X raisons
00:50:25ça ressemble un petit peu à ça
00:50:27un service
00:50:28qui aurait pris cette fois
00:50:29la forme d'un meurtre
00:50:31un habitant du nord
00:50:36Alain Botchon
00:50:37dont le seul lien
00:50:38avec la Corrèze
00:50:39est Roland Bondoni
00:50:40pourrait-il être
00:50:41l'homme de main de Bondoni
00:50:42son tueur à gage
00:50:43les gendarmes ne lâchent plus
00:50:44les deux hommes
00:50:45ils s'attendent à un échange
00:50:46d'argent
00:50:47mais rien ne se passe
00:50:48alors il décide
00:50:49de les interpeller
00:50:50le 19 octobre 2004
00:50:54à 8h du matin
00:50:55Alain Botchon
00:50:56entre au commissariat
00:50:57de Fourmi
00:50:58où il est convoqué
00:50:58il s'y rend sans crainte
00:51:00en pensant qu'il doit être
00:51:01question de sa liquidation judiciaire
00:51:03mauvaise surprise
00:51:05ce sont les gendarmes
00:51:08qui l'attendent
00:51:09au même moment
00:51:11à quelques pas de là
00:51:12les gendarmes
00:51:13bouclent tout le périmètre
00:51:14de l'hôtel
00:51:15où Roland Bondoni
00:51:16loue une chambre
00:51:16depuis près de 30 ans
00:51:17la gérante
00:51:19l'alerte
00:51:20je me suis permise
00:51:24de lui dire
00:51:24je lui
00:51:25Roland
00:51:26il se passe quelque chose
00:51:27je pense que c'est pour vous
00:51:29c'est pas votre histoire
00:51:30qu'on avait déjà évoqué
00:51:31ensemble
00:51:32avec les chiats
00:51:32j'ai regardé un peu
00:51:34par le carreau
00:51:35mais il y a
00:51:35des estafettes
00:51:36de gendarmerie
00:51:37partout
00:51:38la conclusion a été
00:51:40non
00:51:40non c'est pas pour moi
00:51:41c'est impossible
00:51:43il est remonté
00:51:44dans sa chambre
00:51:45il a préparé sa valise
00:51:47comme tous les matins
00:51:47quand il redescend
00:51:50les gendarmes
00:51:51l'interpellent
00:51:53ils l'accompagnent
00:51:53jusqu'au garage
00:51:54où il gare sa Mercedes
00:51:55et ses échantillons de vin
00:51:57ils saisissent des papiers
00:51:58et une importante somme d'argent
00:52:005050 euros
00:52:02en espèces
00:52:03puis ils perquisitionnent
00:52:05la chambre numéro 7
00:52:06les gérants de l'hôtel
00:52:10n'en reviennent pas
00:52:11a fourmis
00:52:13le négociant
00:52:13en vin de Bordeaux
00:52:14jouit
00:52:15d'une très haute estime
00:52:17si le monsieur
00:52:20a toujours
00:52:21offrir un service
00:52:23ça paye un repas
00:52:25si j'avais du monde au bar
00:52:27ben Bruno ou Béatrice
00:52:29la tournée c'est pour moi
00:52:30quand on avait parlé
00:52:31de monsieur Bondoni
00:52:32c'était tout ici
00:52:34d'ailleurs lorsque l'affaire
00:52:36des empoisonnements de chiens
00:52:37est sortie dans la presse
00:52:39les habitants de fourmis
00:52:40n'ont pas voulu croire
00:52:41qu'il était coupable
00:52:43il m'a toujours dit
00:52:45c'est une jalousie
00:52:46vis-à-vis de moi
00:52:47parce que j'ai des terres
00:52:49et que
00:52:49ce qui est logique
00:52:51moi j'ai des terres
00:52:52c'est à moi
00:52:53c'est à mon fils
00:52:54je ne peux pas accepter
00:52:56que tout le monde
00:52:57aille chasser comme ça
00:52:58quelque part
00:53:00je le comprenais
00:53:00toujours la thèse du complot
00:53:03face aux gendarmes
00:53:05Roland Bondoni
00:53:06reste serein
00:53:07il l'embarque
00:53:08mais il n'a rien
00:53:09à se reprocher
00:53:10pendant ce temps là
00:53:14une rue plus bas
00:53:16un homme est déjà
00:53:17passé à table
00:53:17interrogé par les gendarmes
00:53:20au commissariat de police
00:53:21Alain Beauchon
00:53:22a tout avoué
00:53:23il a tué
00:53:27volontairement
00:53:28un homme
00:53:29qu'il ne connaissait pas
00:53:30à la demande
00:53:32de Roland Bondoni
00:53:34Dominique
00:53:38que permettent de dire
00:53:40les enquêtes de personnalité
00:53:42et l'expertise psychiatrique
00:53:44qui ont été commandées
00:53:45sur Alain Beauchon
00:53:47de toutes ces expertises
00:53:48Christophe
00:53:49il ressort que
00:53:49c'est un brave type
00:53:51alors c'est un gars du nord
00:53:52qui raconte son enfance heureuse
00:53:53dans une famille de paysans
00:53:54vous savez
00:53:55ces familles où on a
00:53:56bien plus que de l'argent
00:53:57où on a de l'amour
00:53:58et où on manque de rien
00:53:59où la famille est soudée
00:54:01comme un bloc
00:54:01alors ça travaille dur
00:54:02à la ferme
00:54:03mais lui
00:54:04ne sera pas fermier
00:54:05finalement
00:54:05il va se tourner
00:54:06vers autre chose
00:54:07il va travailler
00:54:07sur des chantiers
00:54:09des travaux publics
00:54:10et c'est un gars courageux
00:54:11et un entêté
00:54:12plusieurs fois
00:54:14il va essayer
00:54:14de monter lui-même
00:54:15sa propre entreprise
00:54:16mais ça ne marche
00:54:17jamais
00:54:17parce qu'il n'a pas de chance
00:54:19parce qu'il se blesse
00:54:20sur les chantiers
00:54:21parce qu'il oublie
00:54:22d'envoyer les factures
00:54:23à ses clients
00:54:23alors il s'est marié
00:54:25en 72
00:54:25il a eu deux enfants
00:54:27il a reproduit
00:54:28la même chose
00:54:29que le modèle familial
00:54:30c'est-à-dire
00:54:31une famille avec de l'amour
00:54:32tout le monde s'entend bien
00:54:33mais il y a toujours
00:54:34des problèmes d'argent
00:54:35parce qu'il n'y arrive pas
00:54:36voilà Alain Botchon
00:54:38Christophe
00:54:38dans toute sa modestie
00:54:40toute sa simplicité
00:54:41décrit par ses enfants
00:54:43comme un père
00:54:44hyper affectueux
00:54:45j'ai noté
00:54:46quelques réflexions
00:54:47recueillies auprès
00:54:47de ceux qui l'ont connu
00:54:48par les experts
00:54:49alors des mots simplement
00:54:50volontaires
00:54:52travailleurs
00:54:52courageux
00:54:53toujours prêts
00:54:54à rendre service
00:54:55désintéressés
00:54:56encore une fois
00:54:57quelqu'un qui ne se fait pas payer
00:54:58certains le disaient même
00:54:59trop généreux
00:55:00et influençables
00:55:01influençables
00:55:02c'est intéressant
00:55:03parce que Roland Bondoni
00:55:04va l'impressionner
00:55:05Roland Bondoni
00:55:06qui connaît Chirac
00:55:07Roland Bondoni
00:55:08l'homme d'affaires
00:55:09et Botchon
00:55:11va être complètement fasciné
00:55:13par lui
00:55:13immature
00:55:14écrivent les psychiatres
00:55:16et cette immaturité
00:55:17d'Alain Botchon
00:55:18elle va lui coûter cher
00:55:19en Corrèze
00:55:20l'affaire de l'empoisonneur
00:55:22d'animaux en série
00:55:23prend une autre tournure
00:55:24l'homme rappelons-le
00:55:25avait été condamné
00:55:26pour avoir tué
00:55:27140 chiens et chats
00:55:29puis libéré
00:55:30on parlait de cloche merle
00:55:31et bien il vient
00:55:32d'être à nouveau arrêté
00:55:33il est cette fois soupçonné
00:55:35d'avoir commandité
00:55:35un meurtre
00:55:36en Corrèze
00:55:38la nouvelle
00:55:39de l'arrestation
00:55:40de Roland Bondoni
00:55:41et d'Alain Botchon
00:55:42est vite connue
00:55:43d'autant qu'à 7h du matin
00:55:45un convoi d'estafettes
00:55:46et de motards
00:55:47ramène Bondoni
00:55:48chez lui
00:55:48à Aigleton
00:55:49sa rue est bouclée
00:55:51toute la matinée
00:55:52le temps que les gendarmes
00:55:53perquisitionnent la villa
00:55:54avant de se rendre
00:55:55au chalet de chasse
00:55:56il n'y trouve
00:55:58rien de probant
00:56:00et chez le juge
00:56:02Bondoni
00:56:03reste sur
00:56:04la même ligne
00:56:05de défense
00:56:05Roland Bondoni
00:56:07il avait annoncé
00:56:07la couleur
00:56:08depuis le départ
00:56:08il dit
00:56:09on va me le reprocher
00:56:09mais je ne l'ai pas fait
00:56:10mettre la brosse
00:56:11je ne l'ai pas fait
00:56:13je ne suis pas responsable
00:56:14de savoir l'instruction
00:56:15elle apporte quoi ?
00:56:16elle apporte d'abord
00:56:17un témoignage
00:56:17d'un seul homme
00:56:18la première preuve
00:56:21de l'accusation
00:56:21c'est quoi ?
00:56:22c'est le témoignage
00:56:23de monsieur Botchon
00:56:24autrement dit
00:56:26une parole
00:56:27contre une autre
00:56:28le problème
00:56:29c'est que la parole
00:56:30de Botchon
00:56:31cadre assez bien
00:56:32avec le scénario
00:56:33qu'ont imaginé
00:56:34les gendarmes
00:56:35et Botchon est bavard
00:56:36il parle
00:56:37il parle
00:56:39il ne demande pas
00:56:41l'assistance
00:56:41d'un avocat
00:56:42il est là
00:56:43pour délivrer
00:56:44sa conscience
00:56:45il répond
00:56:46à toutes les questions
00:56:47avec force détail
00:56:48et véritablement
00:56:49on avait des aveux
00:56:51circonstanciés
00:56:52sur
00:56:53tout ce qui s'était passé
00:56:55en amont
00:56:56du crime
00:56:58et en aval
00:56:59Botchon raconte
00:57:02aux gendarmes
00:57:02comment Bondoni
00:57:03l'aurait entraîné
00:57:04dans cette affaire
00:57:05le notable
00:57:06lui aurait expliqué
00:57:07qu'il était victime
00:57:07d'une cabale
00:57:08en Corrèze
00:57:09des envieux
00:57:10auraient chassé
00:57:10sur son territoire
00:57:11pendant qu'il était
00:57:12dans le nord
00:57:13on lui aurait coupé
00:57:14des cèpes de vignes
00:57:15pire
00:57:16on lui aurait fait porter
00:57:17le chapeau
00:57:18dans l'affaire
00:57:19des chiens empoisonnés
00:57:21c'est quelqu'un
00:57:25qui se présente
00:57:26en victime
00:57:27et qui dit à l'autre
00:57:28est de moi
00:57:29parmi ses ennemis
00:57:32Bondoni aurait désigné
00:57:34un homme
00:57:35le meneur
00:57:35le chef de la bande
00:57:37Marius Lac
00:57:38et Bondoni serait revenu
00:57:40souvent à la charge
00:57:41pour que Botchon
00:57:42s'en charge
00:57:43Bondoni
00:57:45fait tout
00:57:48pour le rencontrer
00:57:48le plus souvent possible
00:57:50si Botchon
00:57:51travaille
00:57:51sur un chantier
00:57:52à plusieurs
00:57:53dizaines de kilomètres
00:57:54de son domicile
00:57:55Bondoni
00:57:57va le rencontrer
00:57:58et puis sans cesse
00:57:59il lui explique
00:58:00qu'il ne va pas tenir
00:58:02et Botchon
00:58:04descend une première fois
00:58:05Carbotchon
00:58:08est déjà
00:58:08descendu en Corrèze
00:58:09en décembre 2003
00:58:11deux mois
00:58:13après le procès
00:58:13des chiens empoisonnés
00:58:15il raconte
00:58:16qu'avant de partir
00:58:17Bondoni
00:58:18lui aurait remis
00:58:19une arme
00:58:20un revolver 7-65
00:58:22cela dit
00:58:24il a tourné
00:58:25sur le secteur
00:58:26il s'est trompé
00:58:27il est même allé cogner
00:58:28je pense à la porte
00:58:29de nos collègues gendarmes
00:58:30sur Aigleton
00:58:31pour vous dire
00:58:31qu'il ne connaissait pas le coin
00:58:32et là il appelle
00:58:33Roland Bondoni
00:58:34pour avoir plus de précision
00:58:35sur l'itinéraire exact
00:58:36pour se rendre
00:58:37chez Marius Lac
00:58:38mais il fait une erreur
00:58:39certainement
00:58:40en téléphonant directement
00:58:41de portable à portable
00:58:42puisque cette conversation là
00:58:44enfin cet appel là
00:58:44on le retrouve
00:58:45et on peut le situer
00:58:46sur ce point
00:58:48Botchon
00:58:49ne peut donc pas mentir
00:58:51il est bien venu
00:58:52en Corrèze en décembre
00:58:53et n'a jamais trouvé
00:58:54Marius Lac
00:58:55et là Botchon se dit
00:58:57bon
00:58:57je vais être libéré
00:58:59j'ai fait ce qu'il m'a demandé
00:59:02à savoir
00:59:02je suis descendu
00:59:03je suis venu
00:59:04en Corrèze
00:59:04pour telle ou telle raison
00:59:06ce qu'il m'avait demandé
00:59:08de faire
00:59:09je ne l'ai pas fait
00:59:09mais au moins maintenant
00:59:10il va me fichelapper
00:59:11c'est mal connaître
00:59:12Bondoni
00:59:14et Botchon raconte
00:59:18aux gendarmes
00:59:18que Bondoni
00:59:19serait revenu
00:59:20à la charge
00:59:20lui disant
00:59:21qu'il ne trouvait pas
00:59:22Marius
00:59:23il n'avait qu'à s'en prendre
00:59:24à son frère
00:59:25ou à d'autres personnes
00:59:26encore
00:59:26histoire de ne pas faire
00:59:28un second voyage
00:59:29pour rien
00:59:29et pour cette tâche
00:59:30Bondoni lui aurait dit
00:59:31qu'il serait
00:59:32bien payé
00:59:33alors fin août
00:59:35il a craqué
00:59:36le 24 explique-t-il
00:59:39à 4h du matin
00:59:40il a attrapé
00:59:41un passe-montagne
00:59:42mis son vélo vert
00:59:43dans le coffre
00:59:43de sa voiture
00:59:44le 765 de Bondoni
00:59:46sous le siège passager
00:59:48et il a pris la route
00:59:49direction Tulle
00:59:53suivant un itinéraire
00:59:55qu'il a noté
00:59:55sur un bout de papier
00:59:56mais en chemin
00:59:59il aurait pris peur
01:00:01il se saisit de l'arme
01:00:03ce pistolet
01:00:05il s'en débarrasse
01:00:06c'est important
01:00:08parce que
01:00:09à ce moment-là
01:00:11c'est sûr
01:00:11dans sa tête
01:00:12il ne va pas pour tuer
01:00:14il y va
01:00:15il va pour foutre la trouille
01:00:17il y va pour dire
01:00:20à la personne
01:00:22qui embête
01:00:24qui ennuie
01:00:26qui veut nuire
01:00:27à Bondoni
01:00:28arrête
01:00:29c'est terminé
01:00:30tu lui fiches la paix
01:00:31Alain Beauchon raconte
01:00:34qu'il est arrivé
01:00:34à la chapelle Spinaz
01:00:35vers 17h
01:00:36sans savoir
01:00:37où se trouvait
01:00:38la maison
01:00:39de Marius Lac
01:00:40alors il a enfourché
01:00:42le vélo
01:00:43qu'il avait mis
01:00:43dans le coffre
01:00:44pour partir
01:00:45à sa recherche
01:00:45c'est là
01:00:46qu'il a demandé
01:00:47son chemin
01:00:48par 3 fois
01:00:48à des gens du coin
01:00:50il est vu
01:00:53par tous les voisins
01:00:55un phare rouge
01:00:56matriculé dans 0-2
01:00:59pour faire moins
01:01:00moins discret
01:01:02il aurait simplement fallu
01:01:05un gyrophare
01:01:06et une sirène
01:01:06et de détour en détour
01:01:11Alain Beauchon
01:01:12a enfin aperçu
01:01:13dans une cour
01:01:14le 4x4 blanc
01:01:15de Marius
01:01:16celui que lui aurait décrit
01:01:18Roland Bondoni
01:01:19Pierre Baron
01:01:26Alain Beauchon
01:01:28est mis en examen
01:01:29le 21 octobre 2004
01:01:31vous l'interrogez
01:01:33vous-même
01:01:34en tant que juge d'instruction
01:01:35qu'est-ce qu'il vous dit ?
01:01:37il confirme
01:01:37être l'auteur
01:01:39des faits
01:01:41il donne
01:01:42un grand nombre
01:01:45de détails
01:01:46qui montrent
01:01:46qu'en effet
01:01:47il ne pouvait
01:01:49que être là
01:01:50parce que c'était
01:01:52des détails
01:01:53que seuls connaissaient
01:01:54les enquêteurs
01:01:54donc il ne couvre personne
01:01:55donc il ne couvre personne
01:01:57devant moi
01:01:58il est en retrait
01:02:00par rapport
01:02:01à ses déclarations
01:02:02en garde à vue
01:02:02dont j'ai le texte
01:02:04en ce sens
01:02:05en ce sens
01:02:05qu'il dit
01:02:08d'entrée de jeu
01:02:09que les choses ont tourné
01:02:12comme il ne le souhaitait pas
01:02:13et qu'il n'était pas
01:02:15venu pour tuer
01:02:17monsieur Lac
01:02:18mais pour lui faire peur
01:02:19pour l'intimider
01:02:20pendant que vous entendez
01:02:22Bochon dans votre cabinet
01:02:24Bondoni
01:02:24est déjà devant
01:02:25les gendarmes
01:02:26oui
01:02:26et alors il dit quoi ?
01:02:29lui
01:02:29nie
01:02:30avoir
01:02:31quelque implication
01:02:32que ce soit
01:02:33dans le décès
01:02:34de monsieur
01:02:35Marius Lac
01:02:35et nie
01:02:36avoir
01:02:37donné
01:02:38quelque instruction
01:02:39que ce soit
01:02:40à monsieur
01:02:41Bochon
01:02:41Alain Bochon
01:02:48et Roland Bondoni
01:02:49sont mis en examen
01:02:50pour assassinat
01:02:51et pour complicité d'assassinat
01:02:52ils sont tous les deux
01:02:54placés en détention provisoire
01:02:55deux mois plus tard
01:02:56le 13 décembre 2004
01:02:58le juge d'instruction
01:02:59ordonne une reconstitution
01:03:01des faits
01:03:02la maison de Marius Lac
01:03:06a disparu
01:03:07sous les bâches
01:03:07un important service d'ordre
01:03:10maintient les badauds
01:03:11et les journalistes
01:03:13à distance
01:03:13pendant six heures
01:03:17Alain Bochon
01:03:19se montre
01:03:19coopératif
01:03:21il raconte que Marius
01:03:24était en train
01:03:24de téléphoner
01:03:25dans la cour
01:03:26quand il est arrivé
01:03:27alors pour engager
01:03:28la conversation
01:03:29il a trouvé un prétexte
01:03:30il lui a dit
01:03:31qu'il voulait
01:03:31acheter son 4x4
01:03:33Marius le lui aurait
01:03:34alors montré
01:03:35et l'aurait invité
01:03:36à le suivre chez lui
01:03:37pour consulter
01:03:38les documents
01:03:38de la voiture
01:03:39Bochon affirme
01:03:40qu'à ce moment là
01:03:41il ne savait pas
01:03:42ni où
01:03:43ni comment
01:03:44il allait agresser
01:03:45Marius Lac
01:03:46il s'est très bien
01:03:47aperçu que
01:03:47par rapport à ce qu'on avait
01:03:49pu lui dire
01:03:49il a quand même affaire
01:03:50à quelqu'un
01:03:50ce n'est pas un vieillard
01:03:51c'est quelqu'un
01:03:52qui est en bonne santé
01:03:52manifestement
01:03:53et qui semble un peu
01:03:54plus grand que lui
01:03:55et aussi au moins costaud
01:03:56il dit bon
01:03:57je vais peut-être
01:03:58le prendre par derrière
01:03:59et puis pour essayer
01:03:59de le sonner
01:04:01et bien de l'agresser
01:04:02et les deux hommes
01:04:04ressortent
01:04:05car Marius a oublié
01:04:06son téléphone
01:04:07sur le siège
01:04:08du 4x4
01:04:08il s'engage
01:04:10entre le mur
01:04:10de la réserve
01:04:11et la voiture
01:04:12il passe
01:04:13devant une
01:04:15une masse
01:04:16il passe devant
01:04:18une chaîne métallique
01:04:19Bochon ne s'en saisit pas
01:04:22il va lui donner
01:04:26un coup de poing
01:04:27et Marius Lac
01:04:29comprend
01:04:30il se défend
01:04:31à un moment donné
01:04:34Marius Lac
01:04:36dit
01:04:37espèce de fumier
01:04:39tu viens du nord
01:04:41et cette phrase
01:04:42elle génère
01:04:43la panique
01:04:44la plus complète
01:04:46chez Alain Bochon
01:04:47qui perd les pédales
01:04:49pour les gens
01:04:52qui connaissent
01:04:52Marius Lac
01:04:53dans sa bouche
01:04:54c'est des mots
01:04:54qui étaient communs
01:04:56quand Bochon
01:04:56parle de cette parole
01:04:58on peut penser
01:04:59que ça s'est passé
01:05:00de cette manière
01:05:01quand on vous dit
01:05:02espèce d'ordure
01:05:02tu viens du nord
01:05:03là
01:05:05je crois que
01:05:06dans l'esprit
01:05:06de Bochon
01:05:07il dit
01:05:07c'est ma région d'origine
01:05:08et puis c'est quelqu'un
01:05:09qui m'a dit de venir
01:05:10pour le faire
01:05:10donc je suis démasqué
01:05:12je suis démasqué
01:05:13les deux hommes
01:05:15roulent au sol
01:05:15Bochon raconte
01:05:16qu'il pense
01:05:17prendre le dessus
01:05:18mais Marius Lac
01:05:19saisit un merlin
01:05:20une sorte de
01:05:22grande hache
01:05:23il porte un coup
01:05:26à Alain Bochon
01:05:27qui part
01:05:29le dit coup
01:05:29à l'aide de son poing
01:05:31il aura d'ailleurs
01:05:32une fracture
01:05:33à la main
01:05:34au cours de la bagarre
01:05:36Bochon
01:05:38récupère
01:05:39ce merlin
01:05:40et c'est avec ce merlin
01:05:42qu'il va porter
01:05:43le coup fatal
01:05:44les gendarmes
01:05:46reconstituent le geste
01:05:48Alain Bochon
01:05:49s'en dit incapable
01:05:50le coup est d'une grande violence
01:05:53sur l'arrière de la tête
01:05:54alors que Marius
01:05:55est couché sur le sol
01:05:56ensuite Bochon
01:05:59masque le corps
01:06:00avec une brouette
01:06:01et il reprend
01:06:03la route du nord
01:06:03à la lumière du péage
01:06:05il verra
01:06:07que sa main
01:06:08est blessée
01:06:09monsieur le juge
01:06:11cette reconstitution
01:06:13elle corrobore absolument
01:06:15les déclarations de Bochon
01:06:17mais comment on passe
01:06:19maintenant
01:06:20au commanditaire présumé
01:06:21Bondonis
01:06:22on peut aussi renverser
01:06:23la question
01:06:24en disant
01:06:24si monsieur Bochon
01:06:26a tué
01:06:27monsieur Lack
01:06:28et que ça n'est pas
01:06:30à l'instigation
01:06:31de monsieur Bondonis
01:06:32pour quelle raison
01:06:33était-ce ?
01:06:35on a quand même
01:06:36quelqu'un qui habite
01:06:36je vais dire
01:06:37à l'autre bout de la France
01:06:38qui n'a eu jamais
01:06:40aucune relation
01:06:41avec monsieur Lack
01:06:42en tout cas
01:06:42on n'en a jamais vu
01:06:43qu'est-ce qui l'amènerait
01:06:46à traverser la France
01:06:47deux fois de suite
01:06:48en automobile
01:06:48et à venir
01:06:50commettre
01:06:52un tel acte
01:06:52même si on ne parlait
01:06:55que d'intimidation
01:06:55le cas échéant
01:06:56Alain Bochon
01:06:58est écroué
01:06:59à la prison de Guéret
01:07:00Roland Bondonis
01:07:01à celle de Tulle
01:07:02où il prépare sa défense
01:07:03son avocat
01:07:05conteste le mobile
01:07:06Marius Lack
01:07:07ne devait plus témoigner
01:07:08en appel
01:07:08alors pourquoi l'éliminer ?
01:07:11pour la défense
01:07:12les choses
01:07:12se sont passées
01:07:13très différemment
01:07:14Bochon était parfaitement
01:07:16au courant
01:07:17des déboires
01:07:18qu'avait Roland Bondonis
01:07:19Bochon voyait Bondonis
01:07:21comme étant un individu
01:07:22avec de l'argent
01:07:22et Bochon
01:07:24s'est emparé
01:07:25de cette histoire
01:07:25qu'il connaissait
01:07:26mais sur le bout des lèvres
01:07:28non seulement
01:07:29parce que Roland Bondonis
01:07:30la lui avait raconté
01:07:31mais parce que
01:07:32la presse en faisait état
01:07:33il a donc été faire
01:07:34un mauvais coup
01:07:35pour récupérer de l'argent
01:07:37pour lui dire
01:07:38écoute tiens tu vois
01:07:39tu ne seras pas emmerdé
01:07:40par le dénommé
01:07:41ce type qui a témoigné
01:07:42contre toi
01:07:43moi j'ai été
01:07:43lui faire comprendre
01:07:44qu'il ne fallait pas
01:07:45qu'il témoigne
01:07:45moi je pense
01:07:49que Bochon est parti
01:07:49avec cette idée
01:07:50tout seul
01:07:51Maître Martine Gou
01:07:58dans cette affaire
01:07:58vous êtes l'avocate
01:07:59des filles
01:08:00de Marius Lac
01:08:02le gendarme à la retraite
01:08:03dans l'affaire du meurtre
01:08:05justement
01:08:06de Marius Lac
01:08:07la grande défense
01:08:07de Bondonis
01:08:08est de dire
01:08:08c'est une initiative
01:08:10de Bochon
01:08:10que d'avoir tué
01:08:11Marius Lac
01:08:12il espérait peut-être
01:08:14être récompensé
01:08:14mais je ne lui ai
01:08:15en aucun cas
01:08:16donné l'ordre
01:08:17d'aller tuer
01:08:18Marius Lac
01:08:19qu'est-ce que vous pensez
01:08:20de cet argument ?
01:08:22c'est totalement
01:08:23invraisemblable
01:08:24ne serait-ce qu'en considération
01:08:25de la personnalité
01:08:28de Bochon
01:08:29des éléments
01:08:30de cette personnalité
01:08:31tels qu'ils résultent
01:08:32du dossier
01:08:32Bochon n'est pas
01:08:33quelqu'un
01:08:34qui de lui-même
01:08:35d'initiative
01:08:36a pu avoir
01:08:37l'idée de
01:08:38ne serait-ce que
01:08:39pour faire plaisir
01:08:40ou rendre service
01:08:40abandonné
01:08:41par ailleurs
01:08:42lorsque
01:08:43investigations
01:08:44ont été effectuées
01:08:45on a retrouvé
01:08:47des démonstrations
01:08:48de contact
01:08:49de Bondonis
01:08:50avant
01:08:50après
01:08:51autant d'éléments
01:08:52démontrant
01:08:53que c'est bien lui
01:08:54qui quelque part
01:08:55pour parler
01:08:55simplement
01:08:56tirait les ficelles
01:08:57mais quel intérêt
01:08:59a assassiné
01:09:00Marius Lac
01:09:01sachant qu'il n'était pas
01:09:03cité comme témoin
01:09:04dans le procès
01:09:05en appel sur l'empoisonnement
01:09:06des chiens
01:09:07quel intérêt
01:09:08Bondonis
01:09:08aurait-tu
01:09:09à faire assassiner
01:09:10Marius Lac
01:09:11Bondonis
01:09:13en voulait
01:09:13à Marius Lac
01:09:14depuis longtemps
01:09:15par ailleurs
01:09:16Marius Lac
01:09:16faisait partie
01:09:17de ces personnes
01:09:18qui osaient
01:09:20résister
01:09:21à Bondonis
01:09:22qui étaient capables
01:09:22de le contrer
01:09:23pour moi
01:09:24il n'était pas question
01:09:25de se débarrasser
01:09:26d'un témoin
01:09:26il était question
01:09:27de régler ses comptes
01:09:28avant de pouvoir
01:09:36soutenir sa thèse
01:09:37devant les assises
01:09:38où il doit
01:09:38comparaître
01:09:39pour complicité
01:09:40de meurtre
01:09:40Roland Bondonis
01:09:42a d'abord rendez-vous
01:09:43avec la cour d'appel
01:09:43de Limoges
01:09:44car il est toujours
01:09:45poursuivi
01:09:45pour acte de cruauté
01:09:46envers les animaux
01:09:47l'audience a été reportée
01:09:49au 3 février 2005
01:09:50et Bondonis apprend
01:09:52deux mauvaises nouvelles
01:09:52le 25 janvier
01:09:54le procureur
01:09:55le met en examen
01:09:55pour complicité
01:09:56dans le cadre
01:09:57d'une deuxième vague
01:09:58d'empoisonnement
01:09:59et surtout
01:10:00l'avant-veille du procès
01:10:01il lui fait savoir
01:10:03qu'une nouvelle pièce
01:10:04est versée au dossier
01:10:05la pièce qui manquait
01:10:06aux enquêteurs
01:10:07un témoin capital
01:10:09a été retrouvé
01:10:10le 21 octobre 2004
01:10:13deux jours après
01:10:14l'arrestation de
01:10:15Bouchon et de Bondonis
01:10:16un curieux fax
01:10:17est arrivé à la mairie
01:10:18de la chapelle
01:10:19Spinace
01:10:19le courrier venait du nord
01:10:21il était signé
01:10:22d'un certain
01:10:22Bernard Nival
01:10:23quand le gendarme
01:10:26en retraite
01:10:26s'est fait assassiner
01:10:27en Corrèze
01:10:28c'était la première fois
01:10:30on voyait les articles
01:10:30sur Bondonis
01:10:31et je vois encore
01:10:33sa photo sur l'article
01:10:34parce que bon
01:10:35forcément il n'avait pas
01:10:36un visage qu'on oubliait
01:10:37et là j'ai vraiment
01:10:38tombé de ma chaise
01:10:40c'était quand même
01:10:42pour moi incroyable
01:10:43Bernard Nival
01:10:45est chef d'entreprise
01:10:46à Larouilly
01:10:46près de Fourmis
01:10:47c'est lui qui a écrit
01:10:48le fax
01:10:48quand il a découvert
01:10:49que Roland Bondonis
01:10:50est aussi inculpé
01:10:51de l'empoisonnement
01:10:52de dizaines
01:10:53et de dizaines
01:10:54d'animaux
01:10:55car l'homme d'affaires
01:10:58est grossiste
01:10:59en insecticide
01:11:01il vend du carbo-furant
01:11:03et parmi ses clients
01:11:04il compte
01:11:05Roland Bondonis
01:11:06j'ai compris tout de suite
01:11:08que ça venait de chez moi
01:11:09et qu'il m'avait utilisé
01:11:10avec toujours
01:11:12son grand sourire
01:11:13et
01:11:13sa grande façon commerciale
01:11:16la première fois
01:11:18qu'il m'a demandé
01:11:18du carbo-furant
01:11:19c'était dans les années
01:11:2097-98
01:11:21et il en a pris
01:11:23pendant au moins
01:11:244 années
01:11:24il prenait
01:11:28systématiquement
01:11:2910 kilos
01:11:29tous les ans
01:11:30ce qui était
01:11:30tout à fait logique
01:11:31pour une culture
01:11:31de maïs
01:11:32à gibier
01:11:32ça c'est ce que
01:11:34Roland Bondonis
01:11:34lui racontait
01:11:35pour lui acheter
01:11:36du carbo-furant
01:11:37par contre
01:11:37aujourd'hui
01:11:38si on s'imagine
01:11:39que ces 10 kilos
01:11:40ont servi
01:11:41à empoisonner
01:11:42des animaux
01:11:42c'est ahurissant
01:11:43on peut en empoisonner
01:11:44presque des milliers
01:11:46il faut très peu
01:11:47de choses
01:11:47pour empoisonner
01:11:48un chien
01:11:48ou un chat
01:11:49le témoignage du PDG
01:11:50est précieux
01:11:51pour l'accusation
01:11:52les gendarmes
01:11:54l'entendent immédiatement
01:11:55le vendeur du carbo-furant
01:11:57semble enfin identifier
01:11:58le procès en appel
01:12:04s'ouvre le 3 février
01:12:05à Limoges
01:12:06Bondonis est toujours accusé
01:12:09d'avoir empoisonné
01:12:10144 animaux domestiques
01:12:12toutes les parties civiles
01:12:13sont de retour
01:12:13les filles de Marius Lac
01:12:15sont là
01:12:16elles veulent voir
01:12:17celui qui est aussi accusé
01:12:18du meurtre
01:12:19de leur père
01:12:20il y a l'ambiance
01:12:25des grands jours au palais
01:12:26les joueurs
01:12:27ils sont là
01:12:27tout le monde est là
01:12:28et puis
01:12:298h05
01:12:308h10
01:12:308h15
01:12:318h30
01:12:319h
01:12:32on sent qu'il y a un problème
01:12:34on voit qu'il y a déjà
01:12:35toute une agitation
01:12:35et là coup de théâtre
01:12:37on apprend effectivement
01:12:38que monsieur Bondonis
01:12:39s'est donné la mort
01:12:40dans sa cellule
01:12:41le suicide a été découvert
01:12:44à 5h55
01:12:45quand les surveillants
01:12:46sont venus réveiller
01:12:47Roland Bondonis
01:12:48pour qu'il se prépare
01:12:49à partir
01:12:50pour son procès
01:12:51dans la cellule 38
01:12:53le corps de Roland Bondonis
01:12:54mort
01:12:55était allongé
01:12:56il s'est tué
01:12:57en se suicidant
01:12:58par pandémie
01:12:59il y a d'abord
01:13:06l'incrédulité
01:13:07personne ne peut
01:13:09digérer cette nouvelle
01:13:11et là
01:13:12c'est l'explosion
01:13:13dans le palais de justice
01:13:15les filles de Marius Lac
01:13:19s'effondrent
01:13:21je ne comprends pas
01:13:23qu'on ait laissé
01:13:23ce monsieur
01:13:24à un point
01:13:24s'attendre
01:13:25à un truc comme ça
01:13:25qu'on nous annonce
01:13:27qu'il est mort ce matin
01:13:29parce que dans le procès
01:13:31il faut voir l'état
01:13:32des enfants
01:13:32ces deux filles
01:13:33qui sont là
01:13:34le procès n'aura pas lieu
01:13:35le deuil il ne se fera pas
01:13:36ce geste a été
01:13:40interprété
01:13:42comme le suicide
01:13:43d'un lâche
01:13:44il faut bien
01:13:45dire ce qu'il y a
01:13:47c'est en tout cas
01:13:48la manière
01:13:49dont ont réagi
01:13:50des parties civiles
01:13:51elles hurlaient
01:13:53contre un lâche
01:13:54en disant
01:13:55une fois de plus
01:13:56ils s'en tirent
01:13:57cette fois
01:13:58par un suicide
01:13:59c'est pas juste
01:14:02pour mon père
01:14:03c'est franchement
01:14:05pas juste
01:14:06ni pour les gendarmes
01:14:07qui avaient fait
01:14:07du super travail
01:14:08il était là
01:14:10pris au piège
01:14:13et par l'acheter
01:14:14il s'est pendu
01:14:16où il s'est fait
01:14:17je sais pas quoi
01:14:17mais c'est pas juste
01:14:19elle voyait
01:14:23leur échapper
01:14:24un procès
01:14:25qu'elle voulait
01:14:25la dernière pirouette
01:14:28de Roland Bondoni
01:14:31et ma propre conviction
01:14:35c'est qu'il s'est donné
01:14:36la mort
01:14:37parce qu'il a été accusé
01:14:38à tort
01:14:39et qu'il n'avait pas confiance
01:14:40dans le système judiciaire
01:14:41c'est ce que Roland Bondoni
01:14:43aurait écrit à son avocat
01:14:44dans la seule lettre
01:14:46qu'il a laissée
01:14:46une lettre
01:14:48dans laquelle
01:14:48il lui demande
01:14:49de continuer
01:14:49à clamer son innocence
01:14:51le procès
01:14:53n'aura pas lieu
01:14:53le président
01:14:55prononce
01:14:55l'extinction
01:14:56de l'action publique
01:14:57ouverte contre lui
01:14:58pour l'assassinat
01:15:10de Marius Lac
01:15:11Bondoni
01:15:11ne peut pas être jugé
01:15:12puisqu'il est mort
01:15:13mais Alain Bochon
01:15:14oui
01:15:14son procès
01:15:15s'ouvre en mai 2007
01:15:16devant la cour d'assises
01:15:17de Tulle
01:15:18avec dans le box
01:15:19des accusés
01:15:20le fantôme
01:15:21de Roland Bondoni
01:15:22un an et demi
01:15:27après le drame
01:15:28les Corésiens
01:15:30vont enfin découvrir
01:15:31le visage
01:15:32du tueur
01:15:34de Marius Lac
01:15:35L'inbotchon
01:15:40il est effrayé
01:15:42il regarde
01:15:43les jurés
01:15:45il regarde la salle
01:15:46et puis après
01:15:47il va striturer les doigts
01:15:49et baisser la tête
01:15:51pour regarder ses chaussures
01:15:52pendant une bonne partie
01:15:54des quatre jours
01:15:55du procès
01:15:55on nous a parlé
01:15:57de ce maçon
01:15:58fourmisien
01:15:59avec
01:16:01d'énormes mains
01:16:03c'est un petit bonhomme
01:16:04d'un mètre 58
01:16:05rond
01:16:05tout le monde se dit
01:16:06mais c'est ça
01:16:08c'est lui
01:16:09le tueur
01:16:10de Marius Lac
01:16:11c'est vrai
01:16:13l'accusé
01:16:13ne paye pas de mine
01:16:14il a beaucoup moins
01:16:16de charisme
01:16:17que le fantôme
01:16:18de Bondoni
01:16:19assis près de lui
01:16:20dans le box
01:16:21l'ombre de Bondoni
01:16:23elle a plané
01:16:24sur tout le procès
01:16:25il y avait un jeune
01:16:27avocat stagiaire
01:16:28qui a assisté
01:16:29à ce procès
01:16:30et je lui ai dit
01:16:31rends-moi service
01:16:33tu vas prendre
01:16:34une feuille de papier
01:16:34et tu vas noter
01:16:36scrupuleusement
01:16:37le nombre de fois
01:16:40où tu vas entendre
01:16:41prononcer le mot
01:16:42Bondoni
01:16:43avant que je prenne
01:16:45la parole
01:16:46et j'ai évoqué
01:16:48Bondoni
01:16:48à de multiples reprises
01:16:50ce jeune avocat
01:16:52avait
01:16:53fait
01:16:54800 croix
01:16:55plus de 800 croix
01:16:57et quand le nom
01:16:59de Bondoni
01:16:59n'est pas prononcé
01:17:00par les témoins
01:17:01il est suggéré
01:17:02par sous-entendu
01:17:04alors le procureur
01:17:09intervient
01:17:10et leur demande
01:17:11mais de qui parlez-vous
01:17:12et les mains
01:17:13se crispent à la barre
01:17:15et
01:17:15au bout de quelques secondes
01:17:17elles sortent
01:17:18c'est Roland Bondoni
01:17:19à croire
01:17:20qu'il fait
01:17:22toujours peur
01:17:23à tel point
01:17:25que le procureur
01:17:26se croit obligé
01:17:27de rappeler à la salle
01:17:28que Roland Bondoni
01:17:29est mort et enterré
01:17:30depuis plus de deux ans
01:17:31mais il faut bien évoquer
01:17:33la personnalité du mort
01:17:34pour savoir
01:17:35si Bouchon
01:17:36a pu agir
01:17:37sur ordre
01:17:37l'avocat de Bondoni
01:17:40a d'ailleurs
01:17:40parfaitement conscience
01:17:41qu'il sera souvent
01:17:43question de son client
01:17:44au procès Bouchon
01:17:45il tente donc
01:17:46de se constituer
01:17:47partie civile
01:17:48sans succès
01:17:49j'étais là pour
01:17:50défendre les intérêts
01:17:52de Madame Bondoni
01:17:53et de son fils
01:17:54qui n'acceptaient pas
01:17:56qu'ils soient soutenus
01:17:57que leur auteur
01:18:00c'est à dire
01:18:00leur père
01:18:01et époux
01:18:02puissent être
01:18:04même post-mortem
01:18:05associés
01:18:06à un assassinat
01:18:07Roland Bondoni
01:18:09ne peut plus être jugé
01:18:10mais de là
01:18:11à l'asseoir en victime
01:18:12aux côtés des filles
01:18:13de Marius Lac
01:18:14la cour ne franchit pas
01:18:15le pas
01:18:16car la thèse
01:18:18de l'assassinat
01:18:19commandité
01:18:19semble bien s'imposer
01:18:20au fur et à mesure
01:18:21du procès
01:18:21Alain Bouchon
01:18:22il n'est pas apte
01:18:23à échafauder un plan
01:18:24au terme duquel
01:18:25il planifierait
01:18:27l'assassinat
01:18:28de quelqu'un
01:18:29il n'est pas capable
01:18:30tout s'explique
01:18:32par la personnalité
01:18:35l'intervention
01:18:37de Roland Bondoni
01:18:39s'il n'est pas là
01:18:40rien ne s'explique
01:18:42on ne comprend pas
01:18:43comment ce petit gars
01:18:45du nord
01:18:46vient en Corrèze
01:18:47pour tuer
01:18:48quelqu'un
01:18:49reste à savoir
01:18:52si Alain Bouchon
01:18:52avait l'intention
01:18:53de tuer Marius Lac
01:18:54en venant
01:18:55à la chapelle Spinas
01:18:56ou s'il voulait
01:18:57lui donner une leçon
01:18:58qui a finalement
01:18:59mal tourné
01:19:00ce dont je suis sûr
01:19:02c'est que
01:19:03sur la route
01:19:05il se dit
01:19:05je ne peux pas faire ça
01:19:06c'est pas possible
01:19:07il se débarrasse
01:19:08du pistolet
01:19:09et lorsqu'il arrive
01:19:11à la chapelle Spinas
01:19:12il n'a absolument pas
01:19:14en tête
01:19:14l'idée
01:19:15de tuer
01:19:16Marius Lac
01:19:17les jurés
01:19:19retiennent pourtant
01:19:20la thèse
01:19:21de la préméditation
01:19:22le 15 mai
01:19:24il condamne
01:19:25Alain Bouchon
01:19:25à 22 ans
01:19:26de réclusion criminelle
01:19:27pour assassinat
01:19:29Maître Gou
01:19:30vous êtes
01:19:31je le rappelle
01:19:32l'avocate
01:19:32des filles
01:19:33de Marius Lac
01:19:34comment est-ce que
01:19:34vous réagissez
01:19:35au verdict
01:19:35qui condamne Bouchon
01:19:37et uniquement Bouchon
01:19:38à l'absence
01:19:39de Bandonnier
01:19:39c'est une satisfaction
01:19:42incontestable
01:19:44puisque Bouchon
01:19:45est condamné
01:19:46et il est condamné
01:19:48pour assassinat
01:19:49ce qui signifie
01:19:50donc que
01:19:51la cour d'assises
01:19:52retient
01:19:53la préméditation
01:19:54donc par voie de conséquence
01:19:56le fait
01:19:56qu'il n'est pas venu
01:19:57en Corrèze
01:19:58par hasard
01:19:58que c'était
01:19:59donc prémédité
01:20:00à savoir
01:20:01préparer
01:20:02organiser
01:20:03commandité
01:20:04la cour d'assises
01:20:05a reconnu
01:20:06et retenu
01:20:07le rôle
01:20:08indiscutable
01:20:09de Bondoni
01:20:09dans le cadre
01:20:10de l'espèce
01:20:10mais est-ce que
01:20:11Bouchon
01:20:11du coup
01:20:12n'a pas payé
01:20:13pour Bondoni
01:20:13Bouchon a payé
01:20:15pour ce qu'il avait fait
01:20:16il a quand même
01:20:18fait preuve
01:20:19d'une certaine
01:20:20sauvagerie
01:20:20il n'en est pas
01:20:21moins vrai
01:20:22que nous avons eu
01:20:23immédiatement
01:20:24un grand regret
01:20:25et c'est que
01:20:27Bondoni
01:20:27n'ait pas été
01:20:28à ses côtés
01:20:28pour répondre
01:20:29en même temps
01:20:30que lui
01:20:30peut-être aurait-il
01:20:32été autant
01:20:32si ce n'est plus
01:20:33que Bouchon
01:20:34condamné
01:20:35pour l'assassinat
01:20:36de Marius Lac
01:20:37quant aux victimes
01:20:41de l'empoisonneur
01:20:42elles n'obtiendront
01:20:43jamais réparation
01:20:44la cour d'appel
01:20:45de Limoges
01:20:46a jugé
01:20:46qu'elle ne disposait
01:20:47pas de preuves
01:20:48suffisantes
01:20:48contre Roland Bondoni
01:20:49pour condamner
01:20:50ses héritiers
01:20:51à verser
01:20:52des indemnités
01:20:53et alors là
01:20:55je dis
01:20:56que pour moi
01:20:57cette décision
01:20:58est une tartufferie
01:20:59barrée
01:21:00un torchon
01:21:01voilà
01:21:02quand on voit
01:21:03qu'il balaye
01:21:03une enquête
01:21:04hors pair
01:21:05avec 50 enquêteurs
01:21:07sur la décision
01:21:08du président
01:21:10de la cour d'appel
01:21:10fait sourire
01:21:11tout de même
01:21:12cette histoire
01:21:12m'a coûté
01:21:134000 euros
01:21:13à peu près
01:21:14j'ai eu 1000 euros
01:21:16de tribunal
01:21:16plus les frais
01:21:18vétérinaires
01:21:18plus les frais
01:21:20pour aller au tribunal
01:21:21à Tulle
01:21:21plus les frais
01:21:22pour le tribunal
01:21:22à Limoges
01:21:23et sans compter
01:21:24les chiens
01:21:25parce que des chiens
01:21:25qui chassent
01:21:26en 3-4 ans
01:21:26ça vaut
01:21:27ça pas de prix
01:21:28en Corrèze
01:21:33on n'est pas prêt
01:21:34d'oublier
01:21:34l'affaire Bondoni
01:21:35prononcer son nom
01:21:36c'est encore aujourd'hui
01:21:37réveiller des souvenirs
01:21:38qui ont traumatisé
01:21:39toute une région
01:21:39et ébranler
01:21:40tout un système judiciaire
01:21:42qui n'a pas été capable
01:21:43d'aller jusqu'au bout
01:21:44qui n'a pas été capable
01:21:46d'aller jusqu'à la fin
01:21:58d'aller jusqu'à la fin
01:22:29...
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