00:00On est avec l'avocat d'un des accusés. L'avocat est avec nous, Grégoire Mouly. Bienvenue à vous.
00:07On voulait avoir votre regard sur ce qui s'était passé hier. Les images sont extrêmement choquantes.
00:13Comment vous les avez vécues, vous, de l'intérieur ?
00:18Alors, les images sont choquantes, mais vous n'avez qu'une partie des images, puisque les exactions ont continué jusque dans la cour d'assises.
00:24Une horde d'individus a continué de venir attaquer mon client, à savoir jusque dans la salle de la cour d'assises.
00:33C'est une scène assez surréaliste qui s'est déroulée hier, même si en tant qu'avocat ou magistrat, on a l'habitude de ce genre de scènes.
00:40Peut-être pas à tel point. Les choses sont revenues à la normale aujourd'hui, beaucoup plus apaisées.
00:48On en appelle, que ce soit du côté des parties civiles ou du côté de la défense, à l'apaisement.
00:51Est-ce que vous savez qui étaient ces individus ? Pourquoi sont-ils venus s'en prendre directement à l'intérieur de la cour d'assises ?
01:04Alors, il faut savoir que dans un procès, il y a forcément des parties civiles, mais également des accusés.
01:10On a forcément plusieurs bandes qui s'affrontent.
01:14Je ne peux pas vous dire, et je ne me permettrai pas de le dire en tout cas, puisque je ne sais pas qui a commencé.
01:18Je sais juste qu'à la fin, nous, nous avons été appris à partie et nous avons dû nous retrancher jusque dans une petite salle de la cour d'assises avec mon client,
01:26puisque 15 individus étaient en train d'essayer de nous attaquer.
01:29Je rappelle qu'on est dans un procès assez hors normes.
01:32Il y a beaucoup de rancœur, beaucoup de tristesse, beaucoup de haine, forcément.
01:36Et comme les parties civiles, on en appelle encore une fois à l'apaisement.
01:39Il faut que la justice prenne le pas sur cette haine, justement, pour qu'on aille jusqu'au bout de ce procès.
01:47Le contexte, on le rappelle, c'est Lionel, 16 ans, mortellement blessé lors d'une fusillade sur fond de rivalité entre quartiers.
01:52Pauline Revenat, du service Polyjustice de BFM TV, sur le plateau, elle avait une question à vous poser.
01:56Oui, concrètement, pour bien se figurer les choses, visiblement, ça se passe en deux temps.
01:59Ça se passe dans la salle des pas perdus et ça se passe dans la salle d'audience.
02:02Vous estimez à combien d'individus qui ont semé un peu la panique et en sont venus à des gestes violents ?
02:09Une dizaine, une vingtaine, une trentaine, on a du mal à se figurer.
02:14Je pense que des deux côtés, on avait une quinzaine d'individus des deux côtés.
02:19Pas forcément là pour en découdre.
02:21L'audience avait commencé à 14h et c'est bien terminé jusqu'à 18h30,
02:26au moment où tout le monde est passé par le même endroit.
02:29Le public est sorti par le sas de la cour d'appel.
02:31Et c'est là que les choses ont commencé à partir.
02:36Une petite étincelle, n'importe quoi, un regard peut-être.
02:39On sait que ça peut aller très vite.
02:40J'ai appris qu'apparemment, ça avait déjà un peu commencé dans l'après-midi,
02:43lors d'une pause, qu'il y avait eu quelques regards qui avaient été changés,
02:48sans pour autant vous dire comment ça a commencé.
02:50Il y avait beaucoup de personnes, c'est certain.
02:52La présidente a pris des mesures, beaucoup moins de public dans la salle,
02:56beaucoup plus de forces de police.
02:58Et il faut qu'on aille jusqu'au bout de ce procès.
03:00Il faut d'autres mesures, des mesures supplémentaires, selon vous,
03:04pour faire en sorte que ce genre d'événement ne se reproduise pas ?
03:10Il faut prendre les mesures qui s'imposent, comme toujours.
03:16Je pense que là, on a vu ça un peu à la légère.
03:20On ne pensait pas que ça allait aller aussi loin.
03:22Les forces de police, bien entendu, on l'a dit, moins de personnes dans le public.
03:26C'est exactement ce qui a été fait aujourd'hui.
03:27La question du huis clos a été bien sûr énoncée, mais l'audience est en public.
03:33On a envie d'aller jusqu'au bout là-dessus.
03:34C'est normal aussi que le public soit informé, que les citoyens français soient informés
03:38de ce qui se passe et de comment ces personnes vont être jugées.
03:42Donc finalement, il n'y a pas tellement grand-chose de plus à faire.
03:45Vous dites, moins de public, c'est déjà le cas.
03:47Le huis clos, ce n'est pas forcément ce qu'on souhaite,
03:49puisqu'il faut que les citoyens qu'ils souhaitent puissent y assister.
03:53Il faut juste accepter qu'il y a plus de violences contre la justice, contre les tribunaux.
04:02Non, ce n'est pas ce que je voulais dire.
04:03Ce que j'essaie de vous expliquer, c'est que des mesures ont été prises ce matin.
04:07Et c'est ce matin, finalement, qu'on a augmenté les services de police
04:10et que l'on a également fait en sorte que la jauge soit descendue.
04:14Le regard par rapport à la justice, c'est sûr qu'on peut se poser la question du respect
04:17qui est dû à cette justice, de l'institution judiciaire.
04:21Peut-être qu'il y a quelque chose à travailler là-dessus.
04:24La question des coupes budgétaires aussi, qui viennent abaisser les fonds qui sont alloués à la justice,
04:29peuvent être une question, bien au-delà d'autres questions qui sont évoquées par le ministre de la Justice
04:34et par d'autres politiques, qui viennent brouiller les pistes sur les véritables questions de notre société.
04:41Donc visuellement, aujourd'hui, il y a plus de police d'audience, j'imagine, aux abords.
04:45Le verdict sera sans doute plus sécurisé.
04:47Moi, je fais appel à votre mémoire d'avocat. Est-ce que dans cette cour d'assises, vous avez déjà assisté à ce type d'événement
04:53ou ailleurs, dans d'autres juridictions, ou est-ce que c'est la première fois que vous voyez autant de tensions ?
04:58Ce n'est pas la première fois que je vois ce genre de tensions.
05:01On peut le voir dans des audiences de comparution médiate, lors d'audience d'assises, surtout au moment des délibérés.
05:08La tension est toujours très palpable, surtout dans des affaires d'assassinat, des affaires de meurtre, surtout dans ce genre d'affaires-là.
05:16Je l'ai déjà vécu, mais pas une scène aussi surréaliste qu'une bataille entre une quinzaine, vingtaine, un peu plus d'individus
05:24qui vont venir et nous pousser, moi et mon client, jusque dans la cour d'assises.
05:29Et ça, non, je ne l'ai jamais vécu, mais de la violence, bien sûr que je l'ai déjà vue dans une salle d'audience.
05:36Merci beaucoup, merci beaucoup Grégoire Mouly d'être intervenu.
05:42Merci. Voilà ce qu'on pouvait dire sur cette information, donc ces images impressionnantes de Rix
05:48lors d'une bagarre dans l'enceinte de la cour d'assises de la Gironde.
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