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  • il y a 10 mois

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00:00On va parler maintenant de l'agence Frontex qui a publié ses chiffres sur les flux migratoires en Europe pour les 7 premiers mois de l'année.
00:07Alors d'abord Frontex note une baisse générale de 16%, de 18% des flux détectés.
00:13Ce sont 100 000 franchissements irréguliers qui ont été comptabilisés pour les premiers mois de l'année.
00:17En revanche, il y a des points qui pêchent, notamment la Méditerranée centrale qui reste la route la plus fréquentée
00:23et les franchissements irréguliers de la Manche entre la France et le Royaume-Uni qui ont augmenté d'un quart cette année.
00:28On va écouter les précisions de Jean Delacoste.
00:33Depuis le début de l'année, près de 100 000 franchissements irréguliers des frontières européennes ont été dénombrés par Frontex,
00:39soit une baisse de 18% de janvier à juillet 2025.
00:43Si la pression sur les grandes routes migratoires s'est amoindrie ces derniers mois, elle reste localement élevée, notamment en Méditerranée.
00:51Dans le détail, on constate une baisse significative des traversées sur les routes des Balkans occidentaux ou encore de l'Afrique de l'Ouest.
00:57La Méditerranée centrale reste la route la plus fréquentée.
01:01Elle représente deux traversées irrégulières sur cinq vers l'Union européenne.
01:05Malgré la baisse globale à l'échelle de l'Union européenne, certaines dynamiques régionales inquiètent.
01:10Les franchissements illégaux vers le Royaume-Uni via la Manche ont augmenté de 26% pour atteindre près de 42 000 tentatives en sept mois.
01:17Selon Frontex, cette hausse s'explique par des conditions météorologiques plus favorables à l'utilisation de bateaux-taxis.
01:23Ces embarcations légères sont plus difficiles à détecter.
01:27Elles partent de différents points de la côte et embarquent de plus en plus de migrants à leur bord, parfois jusqu'à une centaine.
01:34Parmi les nationalités les plus fréquemment représentées lors de ces traversées,
01:37on retrouve des personnes venant de la Somalie, d'Erythrée et d'Afghanistan sur la route de la Manche
01:42ou encore des Égyptiens, des Algériens et des Somaliens sur les autres routes de la Méditerranée.
01:48On va entendre un certain nombre de réactions, mais Michel Fayad, globalement, l'enseignement, c'est de dire qu'on arrive à maîtriser certains flux migratoires,
01:57mais que malheureusement, ceux que pour l'instant nous n'arrivons pas à endiguer sont ceux qui concernent notamment la France.
02:03C'est-à-dire que ce soit avant qu'ils arrivent chez nous dans la Méditerranée ou quand ils tentent de partir dans la Manche.
02:09Absolument, mais il y a quelque chose de géopolitique dans cette histoire dont on parle peu.
02:13C'est que, vous savez, au moment de la chute de Kadhafi, ce bouclier qu'il représentait a explosé
02:19et il y a énormément d'Africains qui ont commencé, et pas qu'Africains,
02:23qui ont commencé à utiliser la Libye comme moyen de partir vers l'Europe.
02:27Puis la France a commencé à soutenir le régime qui s'est mis en place à Tripoli, la capitale, à l'ouest de la Libye,
02:34contre l'Est qui est toujours dirigé par le maréchal Haftar,
02:39qui est, lui, soutenu par les Américains et les Russes.
02:42Jusque-là, les migrations venaient de l'ouest de la Libye
02:46et donc allaient plutôt vers l'Espagne, la France et l'Italie directement.
02:50Là, on voit, d'après le rapport Frontex, qu'il y a énormément de migrations
02:56qui partent d'abord vers la Grèce
02:58et qui partent non plus de l'ouest de la Libye, mais de l'est de la Libye.
03:02J'insiste sur ça parce que le maréchal Haftar, qui contrôle aujourd'hui les deux tiers de la Libye
03:07et son fief est l'Est, a également travaillé à expulser la France de l'Afrique
03:12parce qu'il est fortement présent avec un système d'alliance au Tchad, au Niger, au Soudan.
03:20Et donc, dans toute cette région-là, le Burkina Faso et même la Centrafrique,
03:25dans tous ces pays-là, il a aidé tous les groupes à expulser la France finalement de ces régions.
03:34Et aujourd'hui, il permet que l'Est de la Libye soit utilisé par les migrants pour aller vers l'Europe.
03:41Et le maréchal Haftar, encore une fois, est soutenu à la fois par les Américains et par les Russes,
03:46comme quoi ils ne peuvent pas s'entendre à nos détriments.
03:48Oui, à notre détriment, malheureusement. On va écouter aussi ce que disait Fernand Gontier.
03:51C'est l'ancien directeur central de la police aux frontières.
03:54Il revient sur ces chiffres de Frontex. Écoutez-le.
03:58C'est un chiffre qui est un peu en trompe-l'œil puisque c'est une donnée qui est globale.
04:02Et quand on regarde un peu plus dans le détail, il y a des motifs sérieux d'inquiétude,
04:08en particulier sur la Méditerranée centrale, puisqu'il y a une nouvelle dynamique de flux
04:14qui se met en place depuis l'est de la Libye, donc la Syrénaïque, vers la Crète.
04:21Et ces chiffres, depuis cette partie-là de la Libye, ont explosé, ont été multipliés par 4 en 2025.
04:28Donc il y a un sérieux motif d'inquiétude de ce côté-là.
04:31On voit que Frontex, évidemment, Frontex fait ce qu'il peut, mais on voit aussi le manque de moyens
04:36parce qu'aujourd'hui, et les chiffres le montrent très bien, les routes empruntées par les réseaux de passeurs,
04:42elles sont très bien connues. On sait aussi, quand ils changent d'itinéraire,
04:45naïvement, on est tenté de se dire, mais si on sait par où ils passent, pourquoi on ne les arrête pas ?
04:49Parce que moi, j'avais cru comprendre que c'était notamment le but de Frontex.
04:52Évidemment, comme partout, le problème, c'est le manque de moyens qui fait qu'on est une fois de plus dépassé.
04:57Non, mais c'est exactement ça. D'abord, il y a une situation assez absurde, c'est qu'au sud, on essaie d'empêcher les migrants d'arriver,
05:02au nord, on essaie de les empêcher de partir. Donc c'est quand même, c'est un peu ubuesque.
05:07Et puis en effet, ce que vous venez de dire, c'est qu'on a développé un commentaire, très savant,
05:12regardez par où ils passent, on sait que c'est plus par là que par là, ça vient de là, avec les complicités d'un tel ou d'un tel,
05:17on se dit, vous avez parfaitement identifié le problème, maintenant, quelles sont les solutions ?
05:22Voilà, c'est très très bien. Quelles sont les solutions ? Et ça, on ne les entend pas.
05:24Les pays d'origine de ces migrants, on a des accords avec eux, de coopération, d'aide au développement,
05:30on a des armes, on a des leviers pour faire pression sur eux.
05:34On ne peut pas dire qu'ils aient une répression féroce envers les gens qui veulent quitter leur pays.
05:38Il faudrait les convaincre, ce serait de leur intérêt, que nous, nous pouvons, voilà, en contrepartie,
05:43prendre des mesures à leur rencontre. Parce que là, l'année prochaine, on va dire, il y en a 100 000,
05:48vous voyez, c'est un tout petit peu plus que l'année dernière, c'est pas mal et tout.
05:51Bon, rien ne change en réalité. Et une fois qu'ils sont là, les migrants, c'est fini.
05:55Oui.
05:56Parce que la plupart sont inexpulsables, on n'y arrive pas, c'est tout un parcours du combattant.
06:02Non, c'est une situation très très étrange, une sorte de fatalité que nous acceptons
06:06et malheureusement, les statistiques qui nous sont fournies disent que ces mouvements vont s'amplifier dans les années à venir.
06:13Et avec Arnaud Clarsfeld, la question aussi des passeurs, puisque Frontex pense aussi à la tactique émergente.
06:19C'est ce qu'on appelle les départs simultanés, c'est-à-dire qu'on charge au maximum plusieurs bateaux en même temps.
06:25Et Frontex dit ceci, beaucoup de ces embarcations sont inaptes à la navigation, sujettes aux pannes de moteur,
06:30laissant les migrants bloqués en pleine mer ou contraints de nager.
06:33On parle beaucoup du rôle des passeurs qui utilisent l'argent de ces migrants
06:38et qui, évidemment, ne prennent aucun égard à la valeur de leur vie.
06:43Ces réseaux de passeurs, on n'arrive pas à les démanteler.
06:45À chaque fois, on entend le nerf de la guerre, c'est démanteler les réseaux de passeurs.
06:49Oui, mais une fois qu'on l'a dit, qu'est-ce qu'on fait ?
06:51Je ne sais pas. Malheureusement, je ne peux pas vous apporter une réponse.
06:55C'est compliqué quand les côtes sont longues, vastes, et quand on peut partir de différents endroits.
07:03Je pense que ça a été une erreur de renverser Kadhafi.
07:09Quand un dictateur ne menace pas le monde occidental, il vaut mieux le laisser en place,
07:14même s'il a beaucoup de défauts et même s'il est particulièrement cruel avec une partie de sa population,
07:21parce que beaucoup de Libyens vivaient très bien sous Kadhafi
07:24et maintenant sont beaucoup plus malheureux sans Kadhafi.
07:29Maintenant, c'est vrai, ils partent de Siréanie, qui est à l'est de la Libye.
07:37On parlait tout à l'heure des évangiles.
07:39C'était Simon de Sirène, je parle pour ceux qui regardent En Quête d'Esprit,
07:42qui a aidé le Christ à porter sa croix.
07:45Donc, il était déjà de cette région de Libye.
07:49Quand j'étais président de l'Office de l'immigration et de l'intégration, il y a maintenant 14 ans,
07:55j'avais constaté que, comme l'a dit Eric, une fois que les gens sont sur place,
07:59il est impossible de les...
08:01Enfin, en tous les cas, en France, il est quasi impossible de les renvoyer,
08:05soit pour des raisons légales, le corset de la Convention européenne des droits de l'homme,
08:12des tribunaux administratifs, etc.
08:15Soit simplement pour des raisons humanitaires qui sont tout à fait valables.
08:19Quand quelqu'un est en France depuis quelques années,
08:22s'il n'a pas commis de crime ou de délit, il a une vie, une famille et tout ça.
08:27Donc, on peut considérer que c'est inhumain de les renvoyer.
08:31Et donc, la seule solution, si on ne peut pas renvoyer les gens,
08:35c'est qu'il faut les empêcher d'entrer
08:37ou ne faire rentrer que ceux qui ont une chance raisonnable d'obtenir un statut de réfugié.
08:45Alors que maintenant, comment empêcher les gens de rentrer ?
08:48Il faut aller contre la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme
08:53qui dit qu'une fois que les bateaux sont en mer,
08:56même s'ils ne sont pas très loin de la Libye, de la zone de départ,
09:00eh bien, l'obligation des pays de l'Union européenne,
09:04c'est qu'il faut les amener vers l'Europe
09:07où là, leur statut sera examiné.
09:11Et s'ils sont déboutés du droit d'asile,
09:13alors il incombe à l'Union européenne de faire en sorte qu'ils soient renvoyés.
09:18Mais comme ils ne peuvent pas être renvoyés, ils restent.
09:21Donc, ça va évoluer.
09:22Mais il y aura sans doute aussi des avancées technologiques.
09:26On pourra scanner une partie de l'océan, de l'eau.
09:31On pourra trouver peut-être des ondes qui empêchent les...
09:33Enfin, la technologie est telle que les choses évoluent.
09:38On verra.
09:38Je ne suis pas prophète, mon pays.
09:42Encore.
09:42Pour revenir sur Jésus.
09:44Mais on verra bien.
09:46Mais en tous les cas, l'Europe doit réagir.
09:48Parce que quand a été signée la Convention européenne des droits de l'homme en 1951,
09:53c'était essentiellement pour les gens qui étaient déplacés en Europe.
09:57Ça a été élargi en 67.
09:59Ça donnait un caractère universel.
10:02Et on ne pouvait pas imaginer à l'époque
10:04qu'il y aurait tant de bateaux qui viendraient des côtes d'Afrique.
10:08À l'époque, il n'y avait pas tous ces bateaux qui venaient et tous ces passeurs.
10:11Donc, on peut considérer que les choses ont changé depuis 60-70 ans
10:16et que ce qui était valable avant ne l'est plus aujourd'hui.
10:21Et donc, il faut que les pays de l'Union européenne se mobilisent là-dessus
10:25et trouvent des solutions.
10:27Une autre réaction de Fernand Gontier,
10:28l'ancien directeur central de la police aux frontières,
10:32qui concerne cette fois l'accord franco-britannique
10:34qui a été signé sur le problème migratoire.
10:37On va d'abord l'écouter.
10:39Je vous fais réagir, Michel Fayad.
10:41C'est un accord qui n'engage que la France et le Royaume-Uni,
10:44alors qu'on sait que c'est une problématique
10:46qui concerne l'ensemble des pays de l'Union européenne
10:49et, accessoirement, la Belgique, les Pays-Bas
10:53et surtout l'Allemagne,
10:55qui est un peu la base logistique
10:57de toute l'architecture des moyens nautiques
11:01qui sont utilisés pour traverser la Manche.
11:04Donc, c'est un accord qui ne répond pas à la demande
11:07et qui n'est pas à la hauteur des enjeux.
11:09On a voulu passer un accord très vite.
11:11Au lieu de passer un accord beaucoup plus global
11:13et qui responsabilise l'ensemble de la chaîne,
11:17on va dire, du contrôle des frontières
11:20et de la lutte contre l'immigration irrégulière.
11:21Donc, je suis assez pessimiste sur cet accord
11:24qui ne répond pas aux attentes.
11:26Et malheureusement, on peut craindre
11:27que les chiffres ne partiront pas à la baisse
11:30dans ce contexte.
11:32Le problème de cet accord, Michel Fayad,
11:35c'est que, d'abord, il n'y a pas de chiffres.
11:37Il n'est pas véritablement encadré.
11:38Donc, on ne comprend pas très bien comment cela peut fonctionner.
11:41Et puis, avec cette logique où, malheureusement,
11:42on a l'impression que la France est perdante,
11:44le Royaume-Uni pourra choisir quelque part son immigration
11:48et nous allons récupérer ce dont ils ne veulent pas.
11:51C'est-à-dire qu'une fois de plus,
11:52on a signé un accord peut-être trop rapidement,
11:54comme le dit Fernand Gontier,
11:56et on ne voit pas très bien
11:57où la France est gagnante dans cette histoire.
11:59On a entendu notamment les maires du littoral
12:00dire immédiatement, c'est bien gentil d'avoir fait sans nous,
12:03mais on ne pourra pas accepter
12:05toute la misère du monde une fois de plus.
12:06Absolument.
12:07Mais en tout cas, tout a été dit dans ce qu'il a dit.
12:09C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
12:10il faut qu'il y ait une réponse européenne au problème.
12:13Et la réponse européenne ne peut être qu'à travers
12:15la refonde des accords de libre-échange
12:20et les accords...
12:21Quand je dis de libre-échange,
12:22je parle plutôt dû à la libre-circulation des personnes
12:25et également les accords de Schengen.
12:28Pour moi, la Suisse est un bon modèle pour nous à suivre
12:31parce qu'en Suisse, les Français peuvent se rendre en Suisse sans problème,
12:35les Suisses peuvent se rendre en France sans problème.
12:38Il y a par contre un contrôle des frontières,
12:39inopiné notamment,
12:41et cela permet d'empêcher au maximum, en tout cas,
12:45le trafic de drogues, d'armes, de migrants
12:49avec la Suisse.
12:51Donc, je pense que c'est un modèle qu'on doit suivre.
12:54On a parlé jusque-là de l'Afrique.
12:57L'Afrique est appelée à avoir une population
12:59qui va croître de plus en plus.
13:01Et donc, les problèmes qu'on voit aujourd'hui
13:03sont appelés, en fait, à augmenter.
13:06Et donc, il est important, dès aujourd'hui,
13:08de remettre en cause...
13:10Donc, pas remettre en cause en tant que thème,
13:11mais de refondre les accords
13:14qu'on a signés il y a des années
13:16parce qu'ils ne correspondent plus
13:18à la réalité démographique et géopolitique
13:21dans laquelle, aujourd'hui,
13:22l'Europe et l'Afrique se trouvent.
13:24On va marquer une pause
13:25et on se retrouve avec mes invités.
13:27On parlera notamment de la situation à Gravelines.
13:29C'est précisément l'une des villes
13:32qui est touchée par les flux de migrants,
13:35des migrants qui, récemment,
13:36ont agressé déjà des pompiers.
13:38S'en sont pris aussi à des salariés d'une centrale.
13:40On en parle juste après la pause
13:42sur CNews et sur Europe 1.
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