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  • il y a 6 mois

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00:00Europe 1 Soir, 19h-21h, rue Dissade.
00:04Toujours avec Gilles Boutin pour commenter l'actualité du jour.
00:08Et donc, ces deux lettres envoyées par François Bayrou ce week-end.
00:12Gilles Boutin, est-ce que vous pensez que l'approche du gouvernement est la bonne ?
00:15C'est-à-dire réduire la durée d'indemnisation pour les chômeurs sur l'assurance chômage.
00:21On en est à 18 mois, la moyenne européenne c'est 15.
00:24Est-ce que s'attaquer aux ruptures conventionnelles,
00:26qui sont selon le gouvernement des démissions déguisées ?
00:30Est-ce que mettre de l'ordre comme ça, éviter les abus,
00:34est-ce que c'est inconscient, étant donné la rentrée qui attend François Bayrou,
00:38ou est-ce qu'on est dans le courage politique ?
00:40Je l'ai régulièrement dit, mais le fait d'insister sur des aspects qui relèvent plus de la montée en efficacité,
00:48c'est le cache-sexe d'une impuissance.
00:50C'est-à-dire que comme le gouvernement n'a pas la capacité de pratiquer des coupes massives dans des budgets,
00:56puisque c'est hautement impopulaire et qu'il risque la censure,
00:59il insiste sur la montée en puissance en termes de fluidité, d'efficacité.
01:04Et ça s'applique à l'assurance chômage, mais ça peut s'appliquer à bien d'autres domaines,
01:09aux agences et opérateurs, en faisant le ménage également,
01:12mais pour des économies qui ne sont pas prouvées,
01:15qui en tout cas seront minimes sur une année,
01:19qui pourront produire des effets sur le long terme.
01:21Et encore, la philosophie est la bonne, mais ce n'est pas une réponse à nos problèmes budgétaires.
01:27Donc il y a ce pour-là.
01:29Ensuite, comme le disait Cyril Chabagné, il y a effectivement des points qui peuvent être améliorés,
01:32du type les ruptures conventionnelles.
01:34Ça, oui, indéniablement, il y a des abus qui sont constatés.
01:38Cependant, le gouvernement ne s'attaque pas au cœur du problème.
01:46Comme je disais...
01:47Quel est-il ?
01:47Le fait que nous soyons totalement déclassés sur la scène internationale.
01:53Face à une concurrence débridée de la part soit des Américains, soit des pays asiatiques,
01:59nous ne parvenons pas à nous positionner judicieusement.
02:02Et face à cela, nous n'opposons que des paramètres techniques.
02:09Gilles Boutin, le fait d'évoquer ces sujets en plein été, nous sommes le 11 août,
02:15et d'envoyer ces lettres-là au cœur de l'été,
02:17est-ce que ce n'est pas aussi une manière pour François Bayrou de tester la force du vent
02:21qui attend l'exécutif au mois de septembre ?
02:25François Bayrou est dans une croyance légèrement...
02:27C'est un mi-chemin entre le pragmatisme et la pensée magique.
02:30Le pragmatisme, c'est d'occuper l'espace médiatiquement pour porter son message.
02:34Au niveau budgétaire, il essaye de sensibiliser les Français directement
02:37en contournant la classe politique qui, elle, est en vacances.
02:41C'est une façon de créer un dialogue, pense-t-il, direct avec les Français.
02:46Sur la forme, qui passe par des petites vidéos, ce n'est pas terrible.
02:49Mais l'intention est là.
02:52Sur les lettres de cadrage en plein milieu de l'été, là, c'est très mauvais en termes de messages.
02:56C'est-à-dire que les partenaires sociaux sont déjà fatigués de ce conclave sur la réforme des retraites
03:04qui les a usés, littéralement, nerveusement, pendant des semaines.
03:09Chaque jeudi soir, c'était l'attente pour, finalement, pas grand-chose.
03:13Et là, il leur demande de retourner dans une sorte de conclave avec une lettre de cadrage
03:21qui revient un peu au même.
03:23C'est toujours la même méthode, c'est-à-dire de dire, vous êtes libre de discuter,
03:27mais avec un cadre, avec des objectifs, pardon, finalement très contraignants.
03:32C'est-à-dire qu'il faut parvenir à des économies in fine sur la science chômage à 4 milliards,
03:37c'est-à-dire 2 milliards à court terme, mais à l'arrivée, on veut 4 milliards.
03:41Sur les jours fériés, l'objectif financier est à peu près le même.
03:47Mais les partenaires sociaux ne sont pas d'accord,
03:49à minima, les syndicats ne sont pas d'accord sur ces objectifs.
03:52Donc on vous demande de négocier pour parvenir à un objectif que vous ne cautionnez pas.
03:58C'est donc très mal parti.
03:59Et François Bayrou est également le seul à penser que le conclave peut servir de leçon,
04:04puisqu'il nous a dit encore qu'on était à 1 cm de parvenir à un accord.
04:08C'est son expression.
04:101 cm, 1 mètre ou 1 km, quoi qu'il en soit, il n'y a pas d'accord.
04:14Donc je ne vois pas pourquoi on parviendrait à une solution plus heureuse
04:18sur ces autres sujets qui sont profondément éruptifs.
04:21Alors on comprend qu'effectivement il y a peut-être un problème de méthode.
04:24Pour Paul Christophe qui est président du groupe Horizon et indépendant à l'Assemblée
04:28et député du Nord, alors effectivement il pense comme vous que la méthode laisse à désirer,
04:32mais que le débat sur le travail et le temps de travail,
04:35eh bien ça reste un débat nécessaire.
04:36Écoutez-le.
04:37Pour réouvrir finalement la question du dialogue social autour de la réforme de l'assurance-chômage
04:42peut avoir son sens.
04:43Je pense que quand on regarde la situation de l'unidique qui reste déficitaire,
04:46on se doit de se poser un certain nombre de questions, oui.
04:48François Bayrou voudrait que les travailleurs renoncent à deux jours fériés
04:51pour redresser nos finances publiques.
04:55Est-ce que les Français sont prêts à donner plus ?
04:57La position du Premier ministre sur la question des jours fériés mérite de poser le débat
05:01sur le temps de travail, mais ce n'est pas à nos yeux la meilleure façon en tout cas de l'aborder.
05:05Ce sujet mérite d'être traité dans sa globalité.
05:08En gros, comment on produit plus, mieux, et comment on se finance durablement.
05:13C'est la survie de notre modèle social qui se vaut aussi.
05:15Voilà Paul Christophe, la président du groupe Horizon et indépendant à l'Assemblée
05:18qui était l'invité ce matin sur Europe 1 de Thomas Schnell.
05:21Est-ce qu'il y a des sujets tabous, Gilles Boutin, en France ?
05:26Oui, le jour férié en fait partie.
05:30Les Français sont déjà peu...
05:34Il y avait déjà eu le jour de solidarité.
05:36En fait, les jours fériés apparaissent comme une sorte de stock que nous avons à notre disposition
05:43pour répondre aux problèmes économiques que nous avons.
05:45C'est un peu la perception qu'on en a.
05:46C'est-à-dire qu'autant qu'on en a, on pourra les supprimer pour travailler plus.
05:50Mais ce n'est absolument pas la raison.
05:52Et l'intervention que nous entendions, je trouve, soulève des points beaucoup plus intéressants,
05:56mais qui sont tabous également.
05:58C'est-à-dire que, oui, produire plus, c'est produire moins cher.
06:01Mais pour ça, il faut lever un certain nombre de barrières, ou en tout cas des contraintes.
06:07Il faut pouvoir soulager les entreprises.
06:10Le coût du travail est énorme en France et face à notre concurrence.
06:14Je ne dis pas qu'il faut pouvoir concurrencer des pays asiatiques sur leurs produits.
06:18Il faut qu'on reste solide sur ce que nous savons faire.
06:20Je pense à l'aéronautique, on a l'industrie agroalimentaire, on a le luxe, on a un certain nombre de choses.
06:26Mais il faut conserver ce qu'on a déjà, avant de le perdre, et réduire le coût du travail.
06:31Et à cette condition, on pourra créer une prospérité collective qui aura comme retombée d'améliorer les chiffres de l'emploi.
06:39Mais si on réfléchit uniquement au coup par coup, un jour férié à supprimer,
06:44tel paramètre de l'assurance chômage qu'il faudrait améliorer, on n'avancera pas.
06:49Et le problème, c'est que tout est figé jusqu'en 2027,
06:52puisque nous avons un exécutif qui n'a aucune capacité de dégager une véritable vision politique de long terme.
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