- il y a 6 mois
- #filmcomplet
Monsieur de Fontenelle a résisté toute sa vie à la passion et aux sentiments amoureux, jusqu’au jour où il fait la rencontre d'Isabella, qui lui fait découvrir ce qu’il a toujours ignoré : l’amour.
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Genre : Nouveautés, Film Cinéma, Téléfilm, Romance, Histoire, Drame
© 2024 - Tous Droits Réservés #FilmComplet
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Catégorie
🎥
Court métrageTranscription
00:00:00Musique
00:00:008 heures !
00:00:11Votre bouillon !
00:00:15Il faut le boire bien chaud, sinon ça ne vous fera aucun...
00:00:20aucun bien !
00:00:22Musique
00:00:24Sidon !
00:00:38Sidon ! Mathieu !
00:00:44Musique
00:00:46Musique
00:00:48Musique
00:00:50Musique
00:00:52Musique
00:16:45vous envoie quelque chose.
00:16:56Oh.
00:16:59Je lis beaucoup mieux.
00:17:02Ce portrait
00:17:03de votre ami le freinois,
00:17:05j'ai pu l'acquérir sans trop d'embarras
00:17:06auprès de ce qui lui reste de famille.
00:17:08Je l'ai fait dans l'intention de vous l'offrir.
00:17:10Persuadé que le visage de celui qui fut
00:17:12votre plus proche et si grand ami
00:17:14vous rappellerez ces longs moments
00:17:16que vous passez ensemble à ne rien dire
00:17:18et pourtant à vous comprendre
00:17:19comme seuls savent s'entendre
00:17:21la discrétion et l'innocence.
00:17:24Oui.
00:17:27Alors aujourd'hui,
00:17:27vingt ans qu'il est mort,
00:17:29m'en vais sur le champ
00:17:30remercier madame Geoffrin.
00:17:34Pourquoi ces moments
00:17:35que vous passiez à ne rien dire ?
00:17:38Monsieur le freinois était si peu bavard.
00:17:40Oh.
00:17:42Portrait
00:17:43respire la ressemblance.
00:17:46Regardez,
00:17:47on dirait qu'il va se taire.
00:17:55La belle compagnie que voilà.
00:18:01Et tout ce monde
00:18:02pour m'accueillir ?
00:18:03Nous sommes toujours ravis
00:18:04de vous voir, monsieur l'abbé.
00:18:07Très bien.
00:18:08Très bien.
00:18:10Très bien.
00:18:10Je parle de cette lettre
00:18:16au marquis de la phare
00:18:17que le petit réservoir vient publier.
00:18:19Eh bien.
00:18:20Comment ça, eh bien ?
00:18:21Que dit-elle, cette lettre ?
00:18:23Vous vous moquez,
00:18:24on soutient partout qu'elle est de vous.
00:18:26M'a-t-on vu l'écrire ?
00:18:27Je le sens bien, moi,
00:18:28qu'elle est de votre plume.
00:18:30Parler avec une telle insolence
00:18:31n'appartient qu'à vous
00:18:32ou à Voltaire.
00:18:33Une lettre qui décrit
00:18:34l'embarras du Seigneur
00:18:35au moment de la Résurrection
00:18:36désigne son auteur.
00:18:37M'en direz-vous le nom
00:18:39à la fin ?
00:18:40Raillez, raillez,
00:18:41je vois que sous couvert
00:18:42de montrer les choses
00:18:43de la science
00:18:43auxquelles les cœurs sains
00:18:44n'entendent rien,
00:18:45il est bien lisé
00:18:46d'y jeter le table.
00:18:47Qu'est-il besoin d'expliquer
00:18:49ce qui doit rester
00:18:50inexplicable ?
00:18:51Vous faites parfois
00:18:52songez à quelques navigateurs
00:18:54dont les cas
00:18:54laisseraient passer l'eau
00:18:56mais qui interdiraient
00:18:57qu'on écope.
00:19:02Pas d'égard.
00:19:03On dit que ce sont
00:19:04vos ouvrages
00:19:05qu'ont enfanté Voltaire.
00:19:06Laissez dire.
00:19:09Car vous ne pouvez accepter
00:19:10que votre œuvre
00:19:10apporte caution
00:19:11à cet empire.
00:19:12Que me reprochez-vous ?
00:19:13N'est-ce pas fait,
00:19:14mais pas que...
00:19:15Si fait,
00:19:15mais vous ne pouvez ignorer
00:19:16que Voltaire parle de Dieu
00:19:17comme...
00:19:18comme...
00:19:18comme s'il n'existait pas.
00:19:20Comme quoi ?
00:19:20Quelle malice
00:19:21que vous doivez
00:19:22me faire répéter ces choses
00:19:23comme...
00:19:24comme s'il n'existait pas.
00:19:28Voltaire ne nie pas.
00:19:30Il s'interroge.
00:19:32C'est votre histoire
00:19:33des oracles
00:19:33qui a fait le mal.
00:19:35Je ne me rejette pas
00:19:35dans mes erreurs
00:19:36que le spectacle
00:19:37de l'ignorance
00:19:38et de la sottise
00:19:39exploitée
00:19:40par la mauvaise foi.
00:19:42Certes,
00:19:42mais...
00:19:43Mais ce spectacle
00:19:44me semble promis
00:19:45a un grand avenir.
00:19:47Ben justement,
00:19:48des esprits faibles
00:19:48et impurs
00:19:49ont pu en déduire
00:19:49que Dieu n'existait
00:19:50que parce que
00:19:51nous voulions y croire.
00:19:53C'est...
00:19:53Mon ami,
00:19:56l'ignorance
00:19:58se démontre moins
00:19:59par les choses
00:20:00qui sont
00:20:00et dont la raison
00:20:02nous est inconnue
00:20:03que par celles
00:20:03qui ne sont point
00:20:04et dont nous trouvons
00:20:06la raison.
00:20:08Car non seulement
00:20:08nous ne possédons pas
00:20:10les principes
00:20:11qui mènent au vrai,
00:20:13mais nous en avons
00:20:13d'autres
00:20:14qui s'accommodent
00:20:14très bien
00:20:15avec le faux.
00:20:16Monsieur l'abbé,
00:20:22restera-t-il à dîner ?
00:20:24Fait-il ?
00:20:24Non, votre servante.
00:20:26Ben, qui y a-t-il ?
00:20:27Le dîner !
00:20:28Eh bien !
00:20:29Désirez-vous
00:20:29des asperges ?
00:20:31Oh, j'en raffole.
00:20:33J'en raffole.
00:20:35Moi aussi.
00:20:36Ça au beurre,
00:20:37quel dé.
00:20:38Mais je préfère à lui.
00:20:39Au beurre,
00:20:40elle garde de leur vermeté
00:20:41et à lui,
00:20:42le goût en sort davantage.
00:20:43Elle se digère
00:20:44tout aussi bien au beurre.
00:20:46Ma nièce
00:20:46ne les apprécie qu'à l'huile.
00:20:48Bon,
00:20:48que dois-je faire ?
00:20:50Une moitié à l'huile,
00:20:52une moitié au beurre.
00:20:56Je connais bien
00:20:57votre manière,
00:20:58savez-vous.
00:20:58Jamais rien de véhément.
00:21:00Votre impertinence
00:21:01est des plus doux
00:21:02à peine visibles.
00:21:03Point d'éclat,
00:21:04point de taca.
00:21:05Ainsi,
00:21:05ce ne sera pas
00:21:06pas les idées
00:21:06les plus terribles,
00:21:07les plus terribles.
00:21:09Je ne professe
00:21:09point d'idées.
00:21:11Je constate
00:21:12et je souris.
00:21:14C'est bien suffisant.
00:21:16Vous vous mêlez
00:21:16tout sans en avoir l'air.
00:21:18Voilà la vérité.
00:21:19Raisonnement,
00:21:19raisonnement,
00:21:20c'est votre unique défense.
00:21:21Moi,
00:21:22je maintiens
00:21:22qu'il est mauvais
00:21:22de raisonner sans cesse,
00:21:24que c'est le moyen
00:21:24le plus insidieux
00:21:25de s'écarter
00:21:25peu à peu
00:21:26du chemin
00:21:27qui nous a été tracé.
00:21:29Par qui ?
00:21:32Vous voyez,
00:21:33vous raisonnez encore.
00:21:35Ça,
00:21:35je me demande
00:21:36si toutes mes parrières
00:21:36ne seront jamais suffisantes
00:21:37pour votre salut.
00:21:40Et si ?
00:21:42Françoise !
00:21:55Les asperges,
00:21:59toutes à l'huile.
00:22:00Non,
00:22:11non,
00:22:11déposez-moi
00:22:12à l'entrée
00:22:12du jardin.
00:22:30Enfin,
00:22:30vous voilà !
00:22:33Nous n'attendions que vous
00:22:34pour souper.
00:22:36Attendez,
00:22:37nouvelle de ce bon abbé Chalon ?
00:22:38Il est à nouveau sur pied,
00:22:41si l'on peut ainsi dire,
00:22:42de quelque chose de rond.
00:22:44Vous ne cessez
00:22:45de le redoyer.
00:22:46Je me demande
00:22:46ce qu'il vous a fait.
00:22:47Il me fait peur !
00:22:49Le voilà !
00:22:53Chère Fontenelle,
00:23:01je ne crois pas
00:23:01vous avoir présenté Isabelle.
00:23:03La fille de ma soeur
00:23:04du comte Delatorre
00:23:05est arrivée de Florence
00:23:07la semaine passée.
00:23:08Ah !
00:23:11Tes asperges !
00:23:12On dit, monsieur,
00:23:19que vous n'avez pu résister
00:23:20à un mot cruel
00:23:21dont l'abbé Chalon
00:23:22fut l'innocente victime.
00:23:24La cruauté
00:23:24n'est pas ma façon, monsieur,
00:23:26mais si cela est vrai,
00:23:27ce que j'ai dit
00:23:27semble avoir remis
00:23:28les asperges
00:23:29à la mode.
00:23:33Monsieur le philosophe,
00:23:35il paraît que vous refusez
00:23:36de croire à l'amour.
00:23:38plaît-il.
00:23:39N'est-il point vrai
00:23:40que l'amour existe ?
00:23:42J'avoue qu'à sept minutes,
00:23:46je ne doute plus.
00:23:50On m'a dit
00:23:50une charmante désenterie
00:23:52qui vous concerne,
00:23:53cher Fontenelle.
00:23:55À quelqu'un qui souhaitait
00:23:56faire un placement d'argent,
00:23:57il a été déconseillé
00:23:58de le faire sur votre tête,
00:23:59sauf à fond perdu,
00:24:00car vous rajeunissez
00:24:01en vieillissant.
00:24:03L'autre jour,
00:24:04j'ai voulu faire déplacer
00:24:05un meuble de famille,
00:24:05un vieux secrétaire
00:24:06qui avait toutes les apparences
00:24:07du neuf.
00:24:09Eh bien,
00:24:09à peine l'a-t-on touché
00:24:10qu'il s'est effondré.
00:24:11Il était vermoulu.
00:24:15Vieillir me fait peur.
00:24:17Pour les femmes,
00:24:18la disgrâce des sens,
00:24:19c'est une horrible chose.
00:24:23Sottise.
00:24:23Pour éviter à nos sens
00:24:25de vieillir,
00:24:27il faut veiller
00:24:27à leur fonctionnement régulier,
00:24:29les entretenir
00:24:30en quelque sorte.
00:24:31À suivre vos conseils,
00:24:33on tomberait vite
00:24:33dans l'excès,
00:24:34il me semble.
00:24:35L'homme de qualité
00:24:36sait tempérer ses audaces.
00:24:38Je crains, mademoiselle,
00:24:41que nos discours vous ennuient.
00:24:42Les vôtres,
00:24:43vous voulez dire.
00:24:46Quand la beauté
00:24:47et la jeunesse
00:24:47s'accordent si magnifiquement,
00:24:49a-t-on envie
00:24:50d'entendre
00:24:51des propos desséchés ?
00:24:53A-t-on d'ailleurs
00:24:54envie d'entendre
00:24:54quoi que ce soit ?
00:24:56Les paroles retardent
00:24:57toujours les actes.
00:24:58C'est cher.
00:24:59Oh non,
00:24:59ce n'est pas possible.
00:25:01Grand-pense,
00:25:01votre nièce ?
00:25:03Elle va vous le dire
00:25:03elle-même,
00:25:04baron Grimm.
00:25:05Je n'en suis pas encore
00:25:07à me laisser des conseils
00:25:08qu'elle en me donne.
00:25:09Ce qui n'empêche pas
00:25:10d'en faire le tri,
00:25:11de reconnaître la vérité
00:25:12dans ce qui est généreux,
00:25:14sensible,
00:25:15dévoué,
00:25:16en un mot,
00:25:17dans ce qui vient du cœur.
00:25:19Tous les êtres
00:25:20possèdent un cœur,
00:25:21me direz-vous.
00:25:22Eh bien, non.
00:25:24La science nous le cache encore,
00:25:25mais certains
00:25:26en sont réellement dépourvus.
00:25:28Vraiment ?
00:25:29J'en connais personnellement.
00:25:30Dans quelques contrées lointaines,
00:25:32je pense.
00:25:32Point du tout,
00:25:33ici même.
00:25:34Nous direz-vous.
00:25:35À quoi bon ?
00:25:36Il s'est déjà reconnu.
00:25:37Je suis résolu à faire à l'académie
00:25:46une communication
00:25:48sur l'intelligence de l'asperge.
00:25:51qui est un légume qui est un légume
00:25:54particulièrement savoureux,
00:25:56mais aussi commande à manger.
00:25:59En somme,
00:26:00fait pour nous plaire,
00:26:03mais avec une discrétion
00:26:04qui enchante.
00:26:05Il suffit d'ailleurs
00:26:07de savoir
00:26:07comment poussent
00:26:08les asperges.
00:26:10Elles passent
00:26:10la tête
00:26:12pour d'abord
00:26:14voir si elles ne dérangent pas.
00:26:19Et puis alors,
00:26:21se sachant attendus,
00:26:23elles viennent
00:26:24tout entières.
00:26:26Aucun autre légume
00:26:30ne possède cette élégance.
00:26:35À vrai dire,
00:26:36monsieur,
00:26:36ça n'est pas précisément
00:26:37sur l'académie
00:26:38et les asperges
00:26:39qu'on vous attendait.
00:26:40Sur quoi d'autre ?
00:26:41Eh bien,
00:26:41sur ce qu'affirme
00:26:42monsieur de Vallière,
00:26:43l'absence de cœur.
00:26:45Vous avez dû mal entendre.
00:26:47Comment cela ?
00:26:48Monsieur de Vallière
00:26:49pense que cela n'existe pas
00:26:51parce que le cœur
00:26:52comme le cerveau
00:26:52sont des organes
00:26:53qui lui sont encore étrangers.
00:26:56J'ai cru comprendre
00:26:57que pour l'instant,
00:26:59il ne s'intéressait
00:26:59qu'à la partie comprise
00:27:00entre la hanche
00:27:01et le genou.
00:27:08Bénissons l'esprit, monsieur.
00:27:10C'est lui qui vous tuera.
00:27:12Alors ne songez plus
00:27:13à l'académie.
00:27:15Vous voilà déjà immortel.
00:27:26Sous-titrage Société Radio-Canada
00:27:30Sous-titrage Société Radio-Canada
00:27:35Sous-titrage Société Radio-Canada
00:27:39Sous-titrage Société Radio-Canada
00:27:44Sous-titrage Société Radio-Canada
00:28:14Sous-titrage Société Radio-Canada
00:32:22Je vous pardonne d'avoir interrompu mon chemin
00:32:37si vous acceptez que je me mette en travers du vôtre.
00:32:42Aurais-je droit à une licence d'astronomie ?
00:32:45J'aime les sciences, vous savez.
00:32:47J'imagine que vos soirées passaient à instruire la marquise
00:32:50était pareil à celle-ci.
00:32:52Enfin, voyons, vous vous conduisez avec moi
00:33:03comme si j'avais dix ans de moins.
00:33:08Puisque je ne peux prétendre
00:33:09tenir la place de votre marquise,
00:33:13je me contenterai de la beauté des sous-spétables.
00:33:16Qui cela serait ?
00:33:18Les sauts et les savants ?
00:33:20Je crois qu'un jour viendra où l'homme visitera les planètes.
00:33:24Vous avez raison.
00:33:26Il n'aura pas la sagesse d'y renoncer
00:33:28et il ne pourra s'empêcher d'y mettre de l'orgueil
00:33:31comme toujours.
00:33:33Vous étiez moins pessimiste avec la marquise ?
00:33:37Marquise ?
00:33:40Imaginaire.
00:33:43Êtes-vous sérieux ?
00:33:46Je voulais raconter simplement les principes qui réjouissent l'univers.
00:33:51Alors j'ai imaginé des conversations avec une marquise
00:33:55le soir, dans le parc d'un château.
00:34:00Je rêvais d'un ouvrage ni trop sec ni trop léger.
00:34:02Mais il se peut bien qu'en cherchant un juste milieu qui convainc tout le monde,
00:34:07j'en ai trouvé un qui ne convienne à personne.
00:34:11Les justes milieux sont impossibles à tenir.
00:34:16On ne m'y prendra plus.
00:34:18C'est pourtant grâce à vous que les femmes prennent plaisir à la science.
00:34:22Beaucoup d'hommes ne vous le pardonneront jamais.
00:34:24Enfin, l'aveu que vous m'avez fait me dispense désormais de me montrer jalousie vers votre marquise.
00:34:33Je vous demande pardon.
00:34:36J'ai parlé de la jalousie.
00:34:39J'avoue, ignorez ce que c'est.
00:34:42Je vous crois.
00:34:43Il n'y a que la femme pour savoir.
00:34:47Allons, je ne suis pas tout à fait honnête.
00:34:51Pardon.
00:34:51Cette marquise, je ne l'ai pas entièrement inventée.
00:34:58Je me suis inspiré d'une personne réelle.
00:35:01Qui ?
00:35:03Une dame de ma province,
00:35:06auprès de laquelle beaucoup pensaient que j'étais assidu.
00:35:12L'étiez-vous ?
00:35:14Elle fait en sorte que mes manières fussent toujours honnêtes et obligeantes.
00:35:18Les jeunes gens n'entendent plus cela.
00:35:23Le seul intérêt des jeunes gens est de fuir les sentiments.
00:35:29Enfin, monsieur.
00:35:31Fuir les sentiments.
00:35:34L'étrange conseil.
00:35:36Quelle importance.
00:35:38On reconnaît les bons conseils à ce qu'ils ne sont jamais suivis
00:35:40et les mauvais à ce que tout le monde s'est hâté de les précéder.
00:35:46Je ne vous ai que trop retardé, monsieur.
00:35:48Aurais-je prononcé quelques paroles pour vous déplaire ?
00:35:52La nuit est fraîche, soudain.
00:35:56Elle est fort douce, au contraire.
00:35:59Je porte de prendre voie.
00:36:02Je m'en voudrais donner ton point attentif à votre santé.
00:36:05Le troisième acte commence par une scène entre la marquise et Dubois.
00:36:21Buvez.
00:36:25C'est brûlant.
00:36:27Vous vous souciez moins du chaud et du froid dans certaines maisons que je connais.
00:36:30Je dois écrire une lettre.
00:36:36Allez.
00:36:48C'est chaud.
00:37:00Oh, ben, mon pauvre ami, vous voilà dans un triste état.
00:37:18À cause de l'humidité de votre jardin.
00:37:21Que me dites-vous là ?
00:37:23Que les faiblesses arrivent par où on ne les attend pas.
00:37:27Ma nièce m'a chargée de vous remettre cette lettre.
00:37:30Elle vous remercie d'être restée pour l'écouter chanter.
00:37:35Je crois avoir bien agi en exigeant qu'Isabelle s'installe chez moi.
00:37:39Elle ne pouvait rester à Florence plus longtemps.
00:37:41Sa mère n'aurait jamais trouvé sur place remède à son mal.
00:37:44De quel mal souffre-t-elle donc ?
00:37:46De quoi voulez-vous ?
00:37:48L'amour, mon ami.
00:37:50L'amour.
00:37:53Isabelle a connu il y a peu le revers d'une passion qu'elle croyait partager.
00:37:57Elle a surpris celui qui lui avait juré sa flamme dans les bras d'une autre.
00:38:01Enfin, quand je dis dans les bras, j'espère que vous me comprenez.
00:38:05Ma sœur s'est alarmée, car la santé d'Isabelle donnait des signes d'inquiétude
00:38:08après cette pénible déconvenue.
00:38:11On ne saurait compter le nombre de fois où Isabelle a été surprise en larmes.
00:38:15Sans parler de ce jour pas si lointain, où elle a voulu se jeter dans la rivière.
00:38:20Enfin !
00:38:20J'ai arraché ma nièce à son tourment et la voilà guérie.
00:38:23Je vous vois fatigué, chère Fontenelle.
00:38:30Vous dites ?
00:38:31Ah oui.
00:38:33L'amour.
00:38:34Me pardonnerez-vous, monsieur, un comportement aussi ce qu'inexplicable,
00:38:43alors que vous me faisiez la faveur de votre immense savoir.
00:38:47Il me faudra bien du courage pour reparaître devant vous,
00:38:51alors même que je ne saurais me résigner à ne plus vous voir.
00:38:54Je vous remercie.
00:39:24mademoiselle, mademoiselle, monsieur de Fontenelle m'a chargé de vous remettre ceci.
00:39:54Ah, monsieur de Fontenelle, je suis bien l'aise de vous revoir.
00:40:10Monsieur Diderot et monsieur d'Alembert disaient à l'instant que vous étiez leur maître.
00:40:13Ce n'est pas un mince privilège, madame, que d'être née avant tout le monde.
00:40:18Fontenelle, vous avez retrouvé bonne mine.
00:40:21Ma nièce sera ravie de vous revoir.
00:40:24Cette jeunesse nous donne le vertige.
00:40:28Qu'il me soit permis de saluer l'esprit le plus libre et le plus avancé de notre temps.
00:40:42Monsieur d'Alembert, vous me faites trop d'honneur.
00:40:45Notre encyclopédie vous est sans foire de vable.
00:40:48Vous verrez que mon âge finira par me rapporter.
00:40:51Je ne suis point un de ces hommes qui exhibent des certitudes.
00:41:02Mais je sais que c'est par la connaissance et le raisonnement que le monde sortira des ténèbres.
00:41:07Nos articles lui ouvriront les yeux et nos souscripteurs ne seront pas que des lecteurs.
00:41:12Comprenez-vous, ils transmettront, ils témoigneront.
00:41:18Monsieur de Fontenelle.
00:41:19On me dit que vous ne ménagez point votre peine pour nous soutenir.
00:41:25Soyez-en mille fois remerciés.
00:41:27Ce premier volume de votre encyclopédie me ravit, monsieur Diderot.
00:41:32C'est une vaste entreprise.
00:41:34Trop vaste, peut-être.
00:41:35En tout cas, elle vous apportera peu de satisfaction.
00:41:39Les hommes tels que vous sont faits pour les grandes aventures et la règle des 3D.
00:41:45J'ignore cette règle.
00:41:48Déconvenu, difficulté, découragement.
00:41:52Eh bien, j'en ajoute un quatrième.
00:41:54Défine.
00:41:55Je veux le relever.
00:41:56Vous avez raison.
00:41:58Il était tombé assez bas ces derniers temps.
00:42:00Charmant tableau.
00:42:08Lequel se tient l'autre ?
00:42:09Oh, Diderot préférera toujours Fontenelle à Voltaire.
00:42:12Il vaut caresser un chat qu'un scorpion.
00:42:14Monsieur de Fontenelle.
00:42:26Vous me voyez confuse.
00:42:28Je veux vous assurer que l'idée que vous avez de moi n'est pas la bonne.
00:42:31Mais puisque je n'ai rien vu...
00:42:33Le jour où vous m'avez surprise, mon mari m'avait insultée.
00:42:39Imaginez mon trouble.
00:42:40Comment elle pourrait, madame ?
00:42:42C'est parce qu'il m'avait infligé cet affront que je me suis vengée de lui.
00:42:45Imagine que Paris Vengeance vous coûte énormément.
00:42:51Personne n'est mort d'avoir été infidèle, n'ose pas ?
00:42:54Certains m'aiment vivre, madame.
00:42:56Mon mari m'a traité de catin.
00:42:59Pourtant, j'ai éprouvé de l'affection
00:43:02et de la tendresse pour tous les hommes qui m'a été donné de connaître.
00:43:05Dans ce cas, madame, ce n'est pas une insulte, c'est de la reconnaissance.
00:43:09Un peu de fraîcheur, un peu de fraîcheur me fera du bien.
00:43:12Quelle situation, monsieur ?
00:43:24Comment cela ?
00:43:26Ce rendez-vous que vous m'avez fixé dans les plus grands secrets.
00:43:29À la suite d'une lettre de vous et votre tante, qui me l'a remise,
00:43:33croit encore que vous m'adressiez de simples remerciements.
00:43:36Je vous devais des excuses.
00:43:40J'ose à peine imaginer ce que vous avez pensé de moi après cette soirée.
00:43:44Mais ce que j'ai pensé dans l'instant n'a rien à voir avec ce que je crois désormais.
00:43:49Que voulez-vous dire ?
00:43:52Que sans l'évocation d'un sentiment qui vous tourmente plus qu'il ne faudrait,
00:43:57je n'aurais pas assisté à un départ qui ressemblait à une fuite.
00:44:03Vous savez donc, je suis moins forte que je le pense.
00:44:11Je crois oublier, je ne fais qu'un fuir.
00:44:13Il est vrai et je crois que ce sera là ma plus grande gloire.
00:44:18Par quelle force faut-il donc être habité ?
00:44:21Je ne vois rien de banal dans les mouvements du cœur,
00:44:24mais j'ai préféré m'en garder.
00:44:27Comme si nous avions les choix.
00:44:29Nous l'avons.
00:44:30Il ne faut jamais chercher qu'à simplifier sa vie.
00:44:35Pour ma part, j'ai voulu faire l'économie d'histoire d'amour
00:44:38qui m'eussent laissé pantelons.
00:44:41Je me connais trop bien.
00:44:43Mais vous avez aimé, monsieur.
00:44:45Il avait été en retour.
00:44:47Soutiendrez-vous le contraire ?
00:44:49C'est un sujet bien personnel,
00:44:51pour qui déteste parler de soi.
00:44:53Ainsi donc, vous pourriez tout connaître de moi
00:44:56et ne rien me confier en retour.
00:45:00Qui mon existence intéressera-t-elle ?
00:45:05Moi.
00:45:09Pourquoi je vous prie ?
00:45:11Je ne sais.
00:45:14Ou plutôt,
00:45:16pour la première fois,
00:45:18je le sentimente d'être comprise.
00:45:22Nous nous connaissons peu, il est vrai,
00:45:24et pourtant,
00:45:26il me semble que nous avons déjà partagé un peu de notre vie.
00:45:32Vous ne voulez donc rien me dire ?
00:45:35Un jour.
00:45:37Quel jour ?
00:45:38Un prochain jour.
00:45:42Protégez-vous des secrets.
00:45:47C'est avec pareil raisonnement
00:45:48que ma petite-niece prétend que tout m'a réussi.
00:45:51Je crains que l'affliction qu'elle me porte
00:45:53m'efface voir de travers.
00:45:56En quoi aurait-elle tort ?
00:45:58Oh !
00:45:59Il suffit de regarder de quelle manière
00:46:01j'ai parcouru le chemin.
00:46:03Quand j'ai voulu embrasser la carrière d'avocat
00:46:05dans ma ville natale,
00:46:06j'ai perdu la seule affaire
00:46:08qui me fut confiée.
00:46:10Quelle importance !
00:46:11Vous aviez la poésie !
00:46:13Je ne lui ai donné plus qu'elle ne m'a rendue.
00:46:16Je fais mine aujourd'hui d'être détaché,
00:46:18mais je sais à quel point
00:46:19les détracteurs avaient raison.
00:46:21Mes ouvrages ne faisaient qu'imiter
00:46:23ce que l'on représentait de pire
00:46:25sur les théâtres.
00:46:26L'académie vous a pourtant accepté.
00:46:30Après quatre tentatures,
00:46:32ils auraient su que j'allais vivre vieux,
00:46:35qu'ils me faisaient attendre davantage.
00:46:36Vous êtes un grand savant.
00:46:40Sans la lecture de vos ouvrages,
00:46:42aurais-je du goût pour les sciences
00:46:44et aurais-je commis...
00:46:46Quoi donc ?
00:46:47Un petit traité.
00:46:50Un petit traité.
00:46:52Deux remarques plutôt
00:46:54sur la réfraction de la lumière.
00:46:56Aurais-je l'honneur de les lire ?
00:46:58Accepteriez-vous en échange
00:47:00de m'enseigner
00:47:01l'observation des étoiles.
00:47:03Je suis trop mal habile.
00:47:05L'observation des...
00:47:06Isabelle !
00:47:07L'observation des étoiles, oui.
00:47:09Je ne m'y entends guère
00:47:10enseigner quoi que ce soit.
00:47:12Isabelle !
00:47:13Allons, acceptez-vous.
00:47:15Quel entêtement !
00:47:16Isabelle !
00:47:17Soit, soit.
00:47:20Quel était cet air
00:47:21que vous chantez ?
00:47:24C'est un air qu'on chante à Florence
00:47:30et qu'il parle d'amour.
00:47:33Isabelle !
00:47:40Qui sait à quel instant
00:47:41de la succession
00:47:42des générations animales
00:47:43nous en sommes ?
00:47:45Qui sait si ce bipède déformé
00:47:47qui n'a que quatre pieds de hauteur
00:47:48qu'on appelle encore un homme
00:47:50et qui ne tarderait pas
00:47:51à perdre ce nom
00:47:52en se déformant un peu davantage
00:47:54n'est pas l'image
00:47:56d'une espèce qui passe ?
00:47:57Diderot est merveilleux.
00:47:58C'est grâce à des hommes
00:48:00comme lui
00:48:00que le monde va s'ouvrir.
00:48:02Le monde !
00:48:03Vous rendez-vous compte ?
00:48:04Qui puis-je ?
00:48:05Nous allons découvrir
00:48:06tant de choses nouvelles
00:48:07comme j'ai hâte
00:48:08et comme j'ai envie.
00:48:09Mon fils,
00:48:10les envies sont inutiles
00:48:11quand on peut tout avoir.
00:48:13Qui sait si tout
00:48:13ne tend pas à se réduire
00:48:14à un grand sédiment
00:48:16inerte et inolive ?
00:48:18Qui sait quelle sera
00:48:19la durée de cette inertie ?
00:48:21Qui sait
00:48:22quelle race nouvelle
00:48:23peut résulter
00:48:28d'un amas
00:48:29aussi grand
00:48:29de points sensibles
00:48:31et vivants ?
00:48:35Il sera plus aisé
00:48:40d'enseigner la mécanique
00:48:42que la tolérance.
00:48:44Sans doute.
00:48:45Il le faudra pourtant.
00:48:46C'est peut-être là
00:48:49notre véritable dessin.
00:48:50Certes.
00:48:52Mais l'homme,
00:48:53l'homme,
00:48:54il avance
00:48:55et il recule.
00:48:57Vous ne le changerez
00:48:57pas aisément.
00:48:59Je ne suis pas pessimiste.
00:49:01Des soirs
00:49:02comme celui-là,
00:49:04moi non plus.
00:49:16Sous-titrage Société Radio-Canada
00:49:46Eh bien !
00:49:56Qu'attend-on ?
00:49:57Françoise ?
00:49:59Il n'y a personne !
00:50:01Françoise !
00:50:02Qu'est-ce que vous avez
00:50:03à crier comme ça ?
00:50:04D'abord,
00:50:05que faites-vous debout ?
00:50:06Il est bien temps,
00:50:07il me semble.
00:50:08Cette heure n'a pas
00:50:09encore sonné ?
00:50:09Oh, voilà !
00:50:10Mais qu'ai-je besoin
00:50:11des cloches ?
00:50:12Mon horloge à moi
00:50:14me dit qu'il est là !
00:50:15L'heure de quoi ?
00:50:16Oh !
00:50:17Ah !
00:50:19Oh !
00:50:22Oh !
00:50:25Oh !
00:50:25...
00:50:55...
00:51:26Je sais que quand on se comporte ainsi dans sa 95e année, c'est que la déraison est à l'œuvre.
00:52:03Je ne viendrai que plus tard. Mais je tenais à m'assurer que tout était en place.
00:52:11J'attends.
00:55:51J'aimerais qu'il m'arrive quelque chose d'heureux.
00:56:35Vous parlez comme un impie.
00:56:37Ne mêlez pas Dieu à cela.
00:56:39Le diable, alors.
00:57:11Vous parlez comme liberté et de jouir par la même de cette autre merveille qu'on appelle la paix.
00:57:19Il doit partir.
00:57:24Regardez, le soir est déjà tombé.
00:57:27En effet.
00:57:28...
00:57:38N'aimez-vous pas mon prénom ? Vous ne le prononcez jamais.
00:57:43Je vous l'apprivoige.
00:57:45Je voudrais ne pas me rappeler votre conseil, Monsieur.
00:57:55Mais...
00:57:56Peut-être est-il déjà trop tard.
00:57:58Bonjour Françoise.
00:57:59Comment un autre homme de matin ?
00:58:00Comme hier, Madame.
00:58:01Et comme avant-hier.
00:58:02Il s'entonne, se fait raser et poudrer une heure durant, exige des rubans à son habit.
00:58:19Et il ne ressent plus aucune douleur.
00:58:21Il prétend même que son ouïe ne l'a jamais fait souffrir.
00:58:24Voulez-vous mon avis ? Monsieur se moque de nous.
00:58:28Et le pire, c'est que son appétit a redoublé.
00:58:33Il redemande de tout.
00:58:35J'en suis à me demander si c'est un signe de bonne santé ou de quelques dérangements.
00:58:39Et je ne saurais vous dire à quelle heure il se couche, pense-t-il seulement à dormir.
00:58:50Sait-il encore où est sa chambre ?
00:59:01Pense-t-il seulement à dormir ?
00:59:04Sait-il encore où est sa chambre ?
00:59:06Est-ce que vous avez bien ?
00:59:07Est-ce que vous avez bien ?
00:59:08Et non, maintenant, maintenant.
00:59:09Je me demande s'il ne confond pas la nuit et le jour.
00:59:35Lui, qui ne s'est jamais agité de sa vie,
00:59:37on dirait que rien va assez vite.
00:59:39Mathieu et Simon se plaignent de ce qui les a transformés en courants d'air.
00:59:42Tout ça n'est pas bon, madame, je vous le dis.
00:59:45Les visites de la jeune Isabelle
01:00:14semblent d'avoir sur vous un effet souverain, mon oncle.
01:00:18Hum, hum.
01:00:20Êtes-vous inquiète ?
01:00:21Non point, mais vous qui avez toujours accueilli,
01:00:24avec la même humeur tranquille,
01:00:26les gens et les choses,
01:00:28il semble que la jeune Isabelle
01:00:29puisse se flatter de provoquer
01:00:31le changement dans vos habitudes.
01:00:33Je suis attentif à ses travaux.
01:00:36Elle entend la science à merveille
01:00:38et pratique le raisonnement et la déduction
01:00:40comme peu de gens.
01:00:42Voudriez-vous que je fusse absent
01:00:46quand l'intelligence, la finesse,
01:00:48l'esprit et la beauté
01:00:49se sont donnés rendez-vous ?
01:00:52Je vous assure qu'il m'est plus agréable
01:00:55d'écouter et de regarder Isabelle
01:00:58que tous les académiciens réunis.
01:01:06L'autre jour, chez la marquise de Villemin,
01:01:09une femme qui devait m'avoir dans les 40 ans,
01:01:12se mise à nous observer
01:01:13comme si elle s'inquiétait qu'Isabelle
01:01:15fût si jeune
01:01:16ou que je fût si vieux.
01:01:20Quelle tristesse
01:01:21que de se trouver entre deux âges.
01:01:25Vous avez changé, mon oncle.
01:01:28Ah bien.
01:01:30C'est comme...
01:01:31Pardonnez-moi, j'allais dire une sottise.
01:01:35Allez, allez.
01:01:38Eh bien, c'est comme si, soudainement,
01:01:40vous vous découvriez un cœur.
01:01:46Je vous ai blessé, je suis impardonnable.
01:02:12Je suis confuse.
01:02:19Quelle étrange grisserie.
01:02:21Cet air frais.
01:02:24Il est possible que cela porte un nom ?
01:02:27Ne le prononcez pas.
01:02:28Quand on me demande,
01:02:43eh bien, monsieur,
01:02:44comment va votre encyclopédie ?
01:02:46J'ai l'impression qu'on me transperce le cœur.
01:02:49Voulez-vous la vérité ?
01:02:50Nous sommes persécutés par des coquins
01:02:51qui espèrent de nous la résignation.
01:02:54Et Voltaire qui nous conseille
01:02:55d'aller continuer en pays étranger.
01:02:56Mais quelle idée se fait-il donc du courage ?
01:02:58Oui, nous continuerons.
01:03:01Mais à poursuivre nos ennemis.
01:03:03Et nous retournerons à notre profit
01:03:05la bêtise de nos censeurs.
01:03:07Il est heureux de vous entendre parler ainsi,
01:03:09monsieur Diderot.
01:03:10D'Alembert disait ici même l'autre soir
01:03:12que vous vous sentiez découragé.
01:03:14D'Alembert subit plus que moi
01:03:16les assauts des imbéciles.
01:03:18Mais il est vrai que le repos me tente.
01:03:22Je rêve parfois d'une vie tranquille
01:03:23au fond de ma province.
01:03:25Alors tout s'apaiserait.
01:03:29Et je pourrais voir dans les cœurs
01:03:31un peu d'innocence.
01:03:34Mais il faut être utile aux hommes.
01:03:38Et travailler.
01:03:41Je me demande pourtant
01:03:41si l'on ne fait pas autre chose
01:03:42que les amuser.
01:03:43Quelle différence y a-t-il
01:03:46entre le philosophe
01:03:47et le joueur de flûte ?
01:03:48On ne peut changer les hommes, monsieur.
01:03:50Et tantôt ils se tourneront
01:03:52vers votre philosophe,
01:03:53tantôt ils préféreront
01:03:54le joueur de flûte.
01:03:56Vous croirez entendre,
01:03:57monsieur de Fontenelle ?
01:03:58Votre remarque me flatte, monsieur.
01:04:01Moi, je crois que les hommes
01:04:02sont faits de plusieurs petits récipients.
01:04:04Celui de la raison,
01:04:05celui de l'imagination,
01:04:07celui de l'esprit.
01:04:08Et qu'il y a aussi
01:04:09une grande marmite
01:04:11de pure bêtise.
01:04:13Ah !
01:04:14Voilà bien la preuve
01:04:15que tous les êtres
01:04:16ne se ressemblent pas.
01:04:18Et que pour certains d'entre eux,
01:04:19le destin n'est plus
01:04:20que dans la grande marmite.
01:04:24Eh bien, moi, j'avance
01:04:25que tous les êtres humains
01:04:26doivent être considérés
01:04:27de la même façon.
01:04:29Vous ne pouvez quand même pas
01:04:30prétendre qu'ici même
01:04:31nous sommes tous pailles.
01:04:33Et laissez donc
01:04:33le Seigneur seul juge
01:04:35de ce que nous sommes
01:04:36et de ce que nous allons.
01:04:39De qui parlez-vous ?
01:04:41Je suis surpris, monsieur,
01:04:43de ne pas vous avoir entendu
01:04:44blasphémer plus tôt.
01:04:47Et voulez-vous
01:04:47que je me rattrape ?
01:04:49Taisez-vous.
01:04:52Je vais vous dire
01:04:52ma manière de penser, monsieur.
01:04:56Ah !
01:04:56Le châtiment est terrible.
01:05:00Je veux vous entendre
01:05:01en confession
01:05:01au plus tôt.
01:05:03En confession.
01:05:04On dit, mademoiselle,
01:05:13que vos travaux
01:05:13sont du plus grand intérêt.
01:05:15Monsieur de Fontenelle
01:05:16me prodigue des encouragements.
01:05:18Je voudrais y joindre
01:05:18les miens.
01:05:20Et...
01:05:21voudrais tout autant
01:05:22que vous ne refusiez pas
01:05:23que je vous entende chanter.
01:05:24Je ne peux, monsieur.
01:05:26Il n'y a personne
01:05:26pour tenir le clavecin.
01:05:27Si ?
01:05:29Moi ?
01:06:31...
01:07:01Nel !
01:07:19Ah, c'est en matinale !
01:07:21Je dois voir votre nièce
01:07:22pour lui remettre ceci.
01:07:26Elle est sortie.
01:07:27Mais pourquoi avez-vous
01:07:28pris vous-même la peine de...
01:07:29Où est-elle ?
01:07:30Monsieur Diderot
01:07:31est venu la chercher.
01:07:33Voulez-vous me confier
01:07:34ce que vous avez là ?
01:07:35Je la peux attendre.
01:07:38À tantôt.
01:07:39Enfin, monsieur le Fontenelle,
01:07:51puisque je vous dis
01:07:52que monsieur Diderot n'est pas là !
01:07:53Où est-il alors ?
01:07:54Ah, il est...
01:07:55Pour vous dire sincèrement,
01:07:56il est...
01:07:56Où se plaît ?
01:07:57Le lieu, je l'ignore, monsieur,
01:07:58mais il est...
01:07:59avec une personne.
01:08:01Et que font-ils ?
01:08:02L'avez-vous vue,
01:08:03cette personne ?
01:08:04Ah, celle-là, non.
01:08:05Je ne l'ai pas encore vue.
01:08:05Non, bah, vous avez bien une idée.
01:08:08Elle doit être jeune, non ?
01:08:11Jeune et belle.
01:08:13Elles sont toutes
01:08:14jeunes et belles, monsieur.
01:08:16Ah, oui.
01:08:18Je vais l'attendre.
01:08:19Mais c'est Fontenelle !
01:08:44Mais qui a-t-il ?
01:08:46Il n'y a que peu de choses
01:08:48à vous dire, monsieur.
01:08:51Ce que vous faites...
01:08:52Oui.
01:08:55Ce que vous faites est...
01:08:58Incomplet.
01:09:01De quoi parlez-vous, non ?
01:09:03De votre encyclopédie.
01:09:07Qu'a-t-elle d'incomplet ?
01:09:09Vous n'y traitez point
01:09:10des passions,
01:09:11du sentiment.
01:09:12Qu'avez-vous à rire ?
01:09:19C'est vous, monsieur de Fontenelle,
01:09:20qui parlez de sentiments.
01:09:22Ah, et puis faites
01:09:22comme vous voulez.
01:09:24Je ne m'apprendrai
01:09:24à donner des conseils.
01:09:25Eh bien, une colère
01:09:27du paisible Fontenelle,
01:09:28l'événement est unique.
01:09:29C'est un honneur.
01:09:30J'envie vos emportements.
01:09:31J'aimerais vous ressembler.
01:09:33Permettez que je vous
01:09:34revoie le compliment,
01:09:35mais vous n'êtes pas sérieux.
01:09:36Qu'est-ce donc que je possède
01:09:37qui vous manquerait ?
01:09:38Du courage.
01:09:39Sous-titrage Société Radio-Canada
01:10:09Qu'avez-vous ?
01:10:34Rien.
01:10:35Vous semblez vous ennouiller ?
01:10:40Non, point du tout.
01:10:44Je crois que j'abuse
01:10:46votre bonté.
01:10:48Ce n'est pas une sorte
01:10:48d'impôt d'intérêt
01:10:49pour un savant comme vous.
01:10:55Vous ne dites rien ?
01:10:58Que pense monsieur Diderot
01:11:00de vos observations ?
01:11:01Ma tante vous a dit
01:11:03il m'a fait l'honneur
01:11:05de trouver de l'intérêt
01:11:06à ce que je fais.
01:11:13Est-ce là
01:11:13ce qui vous contrarie ?
01:11:16Je ne suis pas un contrarier.
01:11:19C'est moi en effet
01:11:20qui devrais l'être.
01:11:22Yarnet vous repartiez
01:11:23alors que je chantais ?
01:11:24Non, vous avez bien
01:11:26d'autres oreilles
01:11:27pour vous entendre.
01:11:30Vous êtes de méchantes morts
01:11:31tout cela par ma faute.
01:11:34Aurais-je dû refuser
01:11:35l'invitation de monsieur Diderot ?
01:11:37Il s'est montré aimable
01:11:38et fort enjoué.
01:11:40Non d'autre point.
01:11:42Reprenez vos observations.
01:11:43Pensez-vous que je n'ai pu oublier
01:11:52certains conseils ?
01:11:55Si monsieur Diderot
01:11:56a charmé mon esprit,
01:11:58mon corps lui n'a pas failli.
01:12:00Il aura été retardé en route.
01:12:02Vous croyez donc
01:12:03que je ne vous dis pas la vérité ?
01:12:05Pour ce que de bien connaître
01:12:08la vérité, je crois disposer
01:12:09d'une certaine avance
01:12:10et bien inutile.
01:12:11Je vous rassure,
01:12:14les mises en garde
01:12:15que je vous ai adressées
01:12:16sont aujourd'hui dérisoires,
01:12:18dérisoires.
01:12:19Qui avait-il de dérisoires
01:12:20à vouloir m'épargner
01:12:22erreurs et souffrances ?
01:12:25Ce soir,
01:12:28je ne vois que trop
01:12:29la vanité de mes propos.
01:12:31Pas d'impulsion du cœur,
01:12:33du raisonnement.
01:12:38Je suis laissé entraîner
01:12:39à penser que ce qui m'avait
01:12:40si bien convenu
01:12:41devait vous convenir aussi.
01:12:45Voilà les paroles
01:12:46d'un homme
01:12:47qui toute sa vie
01:12:48a peu changé de place
01:12:49et qui en a tenu si peu.
01:12:53J'ai promis à M. Diderot
01:12:59d'aller lui rendre visite
01:13:01chez lui,
01:13:03mais...
01:13:04j'aimerais continuer
01:13:08à étudier auprès de vous.
01:13:10Vous aimeriez,
01:13:11mais vous ne le souhaitez point.
01:13:16Je vous comprends mal.
01:13:18Vous cherchez à me dire
01:13:19que vous voulez votre liberté.
01:13:21vous me blessez, monsieur.
01:13:24Je crains de vous blesser aussi.
01:13:26Cela arrive
01:13:27quand on vise le juste.
01:13:30J'ai de l'amitié pour vous.
01:13:33J'ai pensé
01:13:33cette amitié partagée.
01:13:35Elle paraît
01:13:36être inégal.
01:13:38J'aurais dû le savoir.
01:13:40Vous entrez dans la vie
01:13:41quand je ne me décide pas
01:13:42à en sortir.
01:13:43Alors ?
01:13:44Mon cœur est honnête, monsieur.
01:13:47Je serai toujours heureux
01:13:48d'avoir connaissance
01:13:49de vos travaux.
01:13:50Nous verrons
01:13:51chez votre tante,
01:13:52si toutefois
01:13:52vous y paraissez encore,
01:13:54ce dont je doute.
01:13:56Pourquoi cela ?
01:13:57Parce que votre tête,
01:13:59votre esprit,
01:13:59votre corps
01:14:00seront ailleurs.
01:14:01Ils y sont déjà.
01:14:03On ne peut pas songer,
01:14:04les hommes.
01:14:05Vous-même l'avez reconnu.
01:14:07Il est si pénible
01:14:09de dire adieu.
01:14:11Je voudrais vous éviter
01:14:12cet embarras.
01:14:15Ce soir,
01:14:16vous êtes là
01:14:18pour la dernière fois
01:14:19et je l'ai su avant vous.
01:14:24J'insisterai
01:14:25pour vous voir revenir
01:14:27que je forcherai
01:14:28votre compassion.
01:14:32Ce serait me renier.
01:14:33Monsieur Diderot
01:14:37s'est montré enjoué.
01:14:39Dites-vous.
01:14:42Il sera donc libertin
01:14:44quand vous le croirez galant.
01:14:46Vous serez ainsi rassuré
01:14:48en pensant que l'esprit
01:14:49l'emporte.
01:14:50Nous préférons toujours
01:14:51abdiquer dans le confort.
01:14:53C'est à cela
01:14:54qu'on reconnaît
01:14:55nos défaites ordinaires.
01:15:03C'est à cela
01:15:33M. Delamotte
01:15:48est philosophe profond.
01:15:51Philosopher,
01:15:52c'est rendre à la raison
01:15:53toute sa dignité.
01:15:55Il serait plus agréable
01:15:56de vous entendre lire
01:15:58La princesse de Clèvre.
01:16:00Mais vous connaissez
01:16:00ce roman par cœur.
01:16:03Le mot est juste.
01:16:07Madame Geoffrin
01:16:08vous rend visite.
01:16:10Bonjour, ma bonne amie.
01:16:12Que se passe-t-il ?
01:16:13Je vais vous expliquer.
01:16:17Votre avis me sera précieux.
01:16:19C'est au sujet d'Isabelle.
01:16:22Depuis un an,
01:16:23à peine l'ai-je vue sortir
01:16:24au matin de la maison
01:16:24et rentrer fort tard.
01:16:26Je sens bien tous
01:16:27les reproches
01:16:27qui peuvent m'être faits.
01:16:29Je ne me suis point alarmée
01:16:30sachant comment elle
01:16:31se passionne pour les sciences.
01:16:33Mais je connais aujourd'hui
01:16:35les raisons de sa conduite.
01:16:37Eh bien,
01:16:38M. Diderot
01:16:39a fait se rencontrer
01:16:40ma nièce
01:16:41et l'un de ses libraires.
01:16:43Ce jeune homme
01:16:43est l'un de ceux
01:16:43qui continue à soutenir
01:16:44l'encyclopédie.
01:16:45Mais il part s'installer
01:16:46en Flandre,
01:16:47à Lille,
01:16:47et il a demandé
01:16:49Isabelle en mariage.
01:16:49Je ne sais que faire,
01:16:52mon bon ami,
01:16:54vous qui lui fûtes
01:16:54si précieux,
01:16:56qui l'avez aidé
01:16:56à sortir de son tourment
01:16:57par l'étude de la philosophie.
01:16:59Vous devez me conseiller.
01:17:03Lille,
01:17:04très belle ville.
01:17:14Néanmoins,
01:17:15il ne se rebute
01:17:15à pointe encore.
01:17:17Il fit tout ce qu'il peut
01:17:18pour la faire changer de dessin.
01:17:23Des années entières
01:17:24s'étant passées,
01:17:26le temps et l'absence
01:17:27ralentirent sa douleur
01:17:28et éteignirent sa passion.
01:17:32Mme de Clèves
01:17:33vécut d'une sorte
01:17:34qui ne laissa pas d'apparence
01:17:36qu'elle put un jour revenir.
01:17:48« Votre visite m'a enchanté.
01:18:03Je suis heureux de vous
01:18:07savoir à Lille,
01:18:09tout au service
01:18:10de la librairie.
01:18:12Je sais ce que je vous dois,
01:18:13monsieur.
01:18:14Je chercherai toujours
01:18:16de quelle façon
01:18:16vous exprimer
01:18:17ma reconnaissance.
01:18:19Je n'aurai plus
01:18:19à chercher longtemps,
01:18:20je pense.
01:18:21qui voulez-vous dire ?
01:18:24Mon âge a fini
01:18:25par me rattraper.
01:18:27Vous vous portez
01:18:28à merveille.
01:18:31J'étais venue
01:18:32dans l'espoir
01:18:33que vous me pardonnerez.
01:18:35Je n'ai point
01:18:35à remarquer d'offense.
01:18:37Je préférais vous entendre
01:18:39dire
01:18:39que je m'étais montrée
01:18:40en grade.
01:18:42Nous ne sommes pas
01:18:42assez parfaits
01:18:44pour être toujours
01:18:45affligés.
01:18:48Travaillez-vous
01:18:49en ce moment ?
01:18:50J'étudie
01:18:51notre langue française,
01:18:54sujet inépuisable.
01:18:57Je m'étonne
01:18:58toujours
01:18:59de ce que tant
01:19:00de choses
01:19:00puissent loger
01:19:01dans si peu de mots.
01:19:04Regardez,
01:19:06il n'en faut que deux
01:19:07pour dire
01:19:07que le temps
01:19:08n'est pas
01:19:09à notre disposition.
01:19:12Et
01:19:12c'est des mots ?
01:19:14Trop tard.
01:19:19Au revoir, monsieur.
01:19:44Je ne chante plus, monsieur.
01:19:45Et pourtant,
01:19:47chaque fois
01:19:47que j'aimerais le faire,
01:19:49je pense à vous.
01:20:07Adieu,
01:20:08Isabelle.
01:20:12Hé !
01:20:12rentrez.
01:20:28Il fut encore frais.
01:20:29vous avez raison.
01:20:53pour rien.
01:20:56Je ne dis pas,
01:20:57je ne dis pas.
01:21:23Sous-titrage MFP.
01:21:54À où vous remettez ? Vous êtes toujours remis de tout.
01:21:59C'est bien la preuve que la clémence divine est infinie.
01:22:04Tenez, l'autre jour, je visitais Mme Guimaud.
01:22:06Savez-vous qu'elle a passé les cent ans et, comme dit-elle,
01:22:11M. l'abbé, je crois que la Providence, m'a oublié.
01:22:15Que peut-on répondre à cela ?
01:22:20Chut !
01:22:23Alors, c'était mieux qu'hier.
01:22:28J'ai autorisé la Béchalon à le voir en lui recommandant une voile fatiguée.
01:22:46Mes respects, M. de Frontenelle.
01:22:48Que ressentez-vous ?
01:22:58Je ressens une... une difficulté d'être.
01:23:04Mais vous êtes mieux qu'hier, n'est-ce pas ?
01:23:06Je vous demande, comment cela va-t-il ?
01:23:12Comment cela va-t-il ?
01:23:16Cela ne va pas.
01:23:19Cela s'en va.
01:23:24Je me regrette.
01:23:25M. de Frontenelle.
01:23:38M. de Frontenelle.
01:23:42M. de Frontenelle.
01:23:55M. de Frontenelle.
01:23:59M. de Frontenelle.
01:24:13Sous-titrage MFP.
01:24:43Amen.
01:25:13Sous-titrage MFP.
01:25:43S'éloigner de ce que vous vouliez paraître, et si je pense à vous, c'est que me vient enfin la force de dire votre secrète espérance, que quelqu'un, un jour, entend battre un cœur oublié.
01:25:58Sous-titrage MFP.
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