00:00Merci de passer votre samedi soir avec nous sur Europe 1.
00:04Juste avant, c'était les informations de Maël Laurent qu'on retrouvera à 20h pour son plus grand journal.
00:09Jules Torres, Sarah Salmane, Gabriel Etal, veut tourner la page de Renaissance.
00:14Alors là, je sens que vous allez être prolixe.
00:16Vous allez avoir beaucoup de choses à me dire, le secrétaire général du parti.
00:18Quelle loyauté !
00:19Qui envisage un changement de nom pour le parti.
00:21Il faut dire qu'un sondage en interne révèle qu'à peine un tiers des électeurs connaît le nom de Renaissance.
00:28Très très gros déficit de notoriété pour la France Insoumise et le Rassemblement National.
00:33Là par contre, c'est beaucoup plus fort.
00:35Deux partis qui sont identifiés par plus de 70% des électeurs.
00:38Comment arrive-t-on à un tel déficit de notoriété ?
00:42Jules Torres.
00:42C'est très intéressant parce que le débat qui a animé la séquence politique la semaine dernière,
00:46c'était sur oui ou non, le macronisme va-t-il survivre à la disparition d'Emmanuel Macron ?
00:51Et alors on a tous les macronistes, c'était Bruno Roteo qui a posé cette question-là dans une interview à Valeurs Actuelles.
00:56Et il dit que le macronisme se terminera avec Emmanuel Macron.
01:00Les macronismes, Gabriel Attal Ier, tous les ministres macronistes qui sont là depuis 2017 sont montés au créneau.
01:07On dit mais c'est un scandale, le macronisme est une idée quasi révolutionnaire, c'est beaucoup plus grand que ça, c'est quelque chose qui pèse.
01:13Les Français ont voté pour le macronisme, on se rend bien compte que non.
01:16Les Français ont été séduits par Emmanuel Macron en 2017.
01:19Ils ont fait un choix par défaut en 2022, en refusant que ce soit Marine Le Pen qui accède aux portes de l'Elysée.
01:27Mais en réalité, le macronisme n'a jamais existé et j'allais dire le parti n'a jamais existé.
01:31Il s'est appelé En Marche, La République En Marche, Renaissance, donc en 8 ans on va quand même avoir un quatrième nom.
01:36Un rebranding comme on dit.
01:37Imaginez si on changeait le nom de la station d'Europe 1 toutes les deux semaines.
01:40Je veux dire, ça ne fonctionnerait pas et les gens ne s'y retrouveraient pas.
01:42Donc d'abord, moi je pense qu'à chaque fois c'était des très mauvais noms.
01:47Je pense que la personne d'Emmanuel Macron a su insuffler quelque chose en 2017.
01:50Mais qu'évidemment, avec l'usure du pouvoir, tout cela s'est érodé.
01:53Et c'est d'ailleurs l'un de ses grands échecs, puisqu'il n'a pas réussi, si je puis dire, à préparer sa succession.
01:59Et d'ailleurs, on sait que c'est un problème dans la Ve République, c'est que les présidents en exercice n'arrivent pas à la préparer.
02:05J'en veux pour preuve qu'il a prévenu en dernier quasiment,
02:08moi j'étais sans doute peut-être au courant avant Gabriel Attal qui allait avoir une dissolution l'an dernier.
02:13Il lui a annoncé en dernier, Gabriel Attal était complètement opposé.
02:17Ça devait être son successeur légitime.
02:19Bon, on sait bien qu'aujourd'hui il ne se parle plus, que le lien de confiance est rompu, tout est brisé.
02:24Et il n'a pas de successeur, ni pour le parti, ni pour son espace politique.
02:29Est-ce qu'il en veut un d'ailleurs ?
02:30Mais oui, c'est ça que vous savez, en politique il y a le syndrome Attila.
02:33Parce que lui, on se souvient quand il a parlé devant les jeunes d'En Marche justement,
02:37de Renaissance, pardon, il avait prolongé...
02:39Même vous, vous savez comment ça s'appelle ?
02:41C'était les jeunes d'Avec Macron qui sont devenus les jeunes d'En Marche.
02:44Et vous avez raison de le dire, et à ce moment-là...
02:46Et il s'est projeté, j'ai besoin de vous dans deux ans, dans trois ans, dans cinq ans.
02:48Et il n'était pas prévu, ce jour-là.
02:50C'est une arrivée surprise, Gabriel Attal était furibard, je crois que c'est le mot,
02:54de voir Emmanuel Macron arriver à furibard, alors qu'il n'était pas prévenu.
02:59Et c'est vrai que oui, le parti Renaissance aujourd'hui,
03:03non seulement n'est pas identifié par les Français,
03:05ni même par les électeurs d'Emmanuel Macron,
03:06alors qu'il y a quand même beaucoup qui ont voté pour lui et en 2017 et en 2022.
03:11Donc oui, mais le problème c'est qu'est-ce qu'un changement de parti va changer quelque chose ?
03:15Un changement de nom ?
03:15Un changement de nom du parti va changer quelque chose ?
03:19Il faut changer l'ex-doctrine et surtout en avoir une.
03:20Bon, j'ai la réponse de Jules, j'aimerais avoir votre réponse.
03:23Ça va, est-ce que changer le nom du parti Renaissance est une preuve d'adaptation ?
03:26Ou alors est-ce que c'est la reconnaissance de l'échec du macronisme pour marquer dans la durée ?
03:29Je pense que c'est l'échec du macronisme dans la mesure où, si vous vous souvenez,
03:32les dernières élections, on a même enlevé,
03:34enfin certains candidats ont enlevé la photo d'Emmanuel Macron des affiches.
03:38À partir du moment où vous faites ce choix-là.
03:39Ça, ils le font tous.
03:40Ils le font tous, mais ça en dit long.
03:41Si vous prenez le Rassemblement National, il y en a beaucoup qui mettent Marine Le Pen.
03:44Si vous prenez la France Insoumise,
03:47je ne sais pas ce qu'ils...
03:49Enfin, ils ont tous en tout cas un logo commun.
03:50Ça dépend des quartiers.
03:51Ça dépend des quartiers, mais là, ils ne sont même plus identifiés.
03:55Emmanuel Macron est tellement rejeté, sa parole est tellement démonétisée
03:58que je ne suis même pas sûre que ce soit souhaitable.
04:00Et pour lui, la suite, en fait, est-ce que ça l'intéresse vraiment ?
04:03Parce que son mandat est bientôt fini, il ne peut pas se représenter tout de suite,
04:05qu'il est un successeur ou pas.
04:07J'ai le sentiment, et c'est que mon avis, que ce n'est pas son problème, en fait.
04:10C'est le problème de Gabriel Attal.
04:11Ça, oui, ce n'est pas le problème d'Emmanuel Macron.
04:13Je dirais Emmanuel Macron, que ça s'appelle En Marche, Renaissance.
04:17C'est quand même lui qui l'a créé, le parti.
04:18Mais est-ce que Renaissance peut exister sans Emmanuel Macron ?
04:21Je pense que le parti va mourir après, dans deux ans, en fait.
04:25Ils vont devoir recréer autre chose.
04:27On aura peut-être quelqu'un un peu surpris, mais ils s'éloignent tous de la Macronie.
04:30Vous regardez Édouard Philippe, il s'éloigne complètement de la Macronie.
04:33Gabriel Attal s'éloigne également.
04:35Il ne reste pas grand monde dans les marcheurs de la première heure.
04:38Il y a peut-être Agnès Pannier-Runaché.
04:40Voilà, mais il y en a...
04:41Comment ?
04:41Et encore ?
04:42Et encore, oui, mais si, elle est quand même là depuis le début, elle est fidèle.
04:44Mais il n'y en a pas beaucoup qui sont fidèles depuis le début.
04:47Ils prennent tous leur distance.
04:48Et pourquoi ils prennent leur distance ?
04:49Parce qu'Emmanuel Macron est incompréhensible sur toutes les questions.
04:52À part sur l'Europe, il est incompréhensible.
04:54On parlait justement de Renaissance qui va changer de nom.
04:56Est-ce que le problème, c'est vraiment le nom ?
04:58Ou c'est plutôt, donc là on parle de la forme, ou le fond, plutôt avec la ligne politique, c'est peut-être pas clair ?
05:01Le nom, c'est un problème quand vous le changez trop souvent.
05:03Je le disais...
05:04Ou alors ça peut servir de masquer aussi quelque chose qui s'est passé avant et qu'on ne veut peut-être plus se souvenir.
05:08Oui, ça peut être ça.
05:09Vous savez, j'avais été avocate contre des EHPAD, notamment contre Orpéa.
05:12Ils ont changé de nom pour faire oublier un peu le passé.
05:14Donc effectivement, ça peut être une méthode.
05:16On se rajoute une virginité.
05:17Oui, alors après les gens n'oublient pas.
05:19Mais quand on fait ça une fois, on voit à peu près la logique.
05:23Là, il ne faut pas le faire trop souvent.
05:24Renaissance, ça ne fait pas si longtemps que ça qu'il s'appelle Renaissance.
05:27Vous avez encore beaucoup de gens qui les appellent En Marche.
05:30Donc ça veut tout dire.
05:31Ou alors peut-être qu'ils devraient se réappeler En Marche, au moins.
05:33Est-ce qu'on y voit vraiment la possibilité pour Gabriel Attal de reprendre la main sur le parti avec ce changement de nom ?
05:40Est-ce que ça peut être une possibilité pour lui ?
05:42Ou alors c'est juste la vie habituelle d'un parti.
05:46On essaye des stratégies de communication et voilà.
05:48Oui, s'il le fait, c'est parce qu'il y pense fondamentalement.
05:50Il pense lui aussi qu'il faut...
05:52Il veut racheter l'entreprise en fait.
05:54Oui, c'est ça.
05:54Il veut démacroniser finalement le parti pour l'attaliser.
05:59En réalité, c'est exactement ça qu'il devait faire.
06:01Mais le problème, c'est que changer de nom de parti, c'est très bien.
06:05Changer de siège, puisqu'ils vont changer de siège, c'est très bien.
06:08Mais pour qu'un parti soit puissant, qu'il soit fort, il faut une vraie doctrine.
06:13Il faut un vrai corpus.
06:13L'incarnation.
06:14Il faut une incarnation.
06:15Il faut un maillage territorial.
06:17Il faut tout ça.
06:18Aujourd'hui, Renaissance n'a même pas 10 000 adhérents.
06:20C'est extrêmement faible pour un parti qui est au pouvoir.
06:23En tout cas, qui est dirigé.
06:25Le don de créateur dirige aujourd'hui l'Elysée et la présidence de la République.
06:29Est-ce qu'ils auront les capacités nécessaires ?
06:33On sait par exemple qu'ils ont perdu un certain nombre de députés après la dissolution, au moins une centaine.
06:39Qu'au municipal, il n'est pas très probable qu'ils fassent une ravie.
06:44Justement, l'ancrage local, on parle de...
06:45Les élections municipales qui arrivent courant en 2026.
06:51Est-ce que ce changement de nom qui va arriver à l'automne, c'est trop tard peut-être pour pouvoir élever le bulletin quand il va devoir le choisir ?
07:00Ça ne changera rien, Gabriel Attal.
07:03Il aura en revanche...
07:05Donc en fait, on achète des noms et pas un parti en fait ?
07:07Non, mais ce n'est pas ça. Un parti, ça sert essentiellement à une campagne présidentielle.
07:12C'est-à-dire que vous avez des fonds, vous avez des militants, vous avez une base légale, un cadre juridique.
07:18Et vous pouvez vous appuyer là-dessus.
07:20Il n'y a pas un président de la République qui a été élu sans avoir un parti et un parti fort.
07:25Oui, sans étiquette, ça ne s'est pas vu.
07:26Oui, c'est ça. Et même Emmanuel Macron, il fonde En Marche en 2015 et en deux ans, le mouvement a le temps de...
07:34De capter beaucoup d'argent.
07:35Oui, et le siège de renaissance à l'époque, c'était une vraie ruche.
07:38Je peux dire que vous allez au siège de renaissance aujourd'hui, c'est vraiment un hôpital de nuit.
07:43Donc en réalité, le sujet, ce n'est pas tant le parti qu'à quoi sert un parti.
07:48Et c'est en effet une plateforme pour une campagne présidentielle.
07:52Il y a des militants, on peut faire des événements, on peut faire des rencontres annuelles.
07:57Mais le problème, c'est qu'il faut une doctrine.
07:59Et moi, si vous me demandez, alors que je suis journaliste politique, de vous résumer aujourd'hui la doctrine de renaissance, je n'y arriverai pas.
08:03Moi, je vous dis-le en même temps.
08:04Je vais vous poser une question. Vous l'appelleriez comment, ce nouveau parti ?
08:08Vous auriez une idée ? Comme ça, là, brûle pour poing.
08:10Il faut payer ça, Guillaume.
08:12L'agence de communication Jules Torres.
08:14Moi, je dirais, enfin, en deux mots.
08:18Très bien.
08:19Écoutez, avis aux intéressés.
08:22Mais c'est une manière aussi pour Gabriel Attal de se le réapproprier, puisque là, c'était Emmanuel Macron.
08:26Ce qu'il veut, effectivement, c'est que ce soit le parti de Gabriel Attal.
08:29Donc, en soi, changer de nom pour se le réapproprier, ça, je peux comprendre la logique.
08:33Bon, en tout cas.
08:33De toute façon, s'il n'y a pas beaucoup d'adhérents, ça ne changera pas grand-chose.
08:36Si un changement de nom doit arriver, Sarah et Jules, il sera annoncé.
08:40On sera consulté pour le nom.
08:41Ben, peut-être.
08:42C'est adhérente Renaissance, vous ?
08:43Non.
08:44Montrez la carte. Allez.
08:46En tout cas, il sera annoncé le week-end du 20 septembre à Arras.
08:48Ce sera lors de la rentrée politique de Renaissance, qui, du coup, ne s'appellera peut-être plus comme ça, normalement.
08:54Ça, il faudra peut-être retrait.
08:55Encore trois petites minutes à passer ensemble.
08:58J'aimerais parler avec vous, pour finir cette heure d'Europe un soir week-end,
09:01des Français qui redécouvrent le plaisir de la pétition.
09:04Alors que les personnes opposées à la loi du plomb ont généré plus de 2 millions de signataires,
09:07c'est au tour des syndicats de lancer leur manifeste « Non au budget Béroud 297 000 »
09:12que j'ai pu voir signature sur change.org.
09:15C'est quoi cette nouvelle passion de revenir à la pétition, selon vous ?
09:19La valeur juridique de la pétition, elle est inexistante.
09:24Vous pouvez faire plein de pétitions, notamment pour C8.
09:27Je trouve que les gens auraient dû beaucoup plus se mobiliser.
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