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  • il y a 6 mois
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Pour son interview d’actualité, Télématin reçoit Jocelyn Rigault, délégué général de l'association Le choix de l'école.

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Transcription
00:00Alors, même si la météo ne le confirme pas forcément, nous sommes à pleines vacances d'été,
00:04ce qui veut dire que vous, peut-être, vous êtes en vacances, mais il y en a qui ne le sont pas tout à fait.
00:09Certains futurs enseignants contractuels sont en train de travailler actuellement
00:13et préparent leur rentrée scolaire de septembre, et ce grâce à une association qui s'appelle Le Choix de l'École.
00:18Nous en recevons ce matin le délégué général.
00:21Bonjour Jocelyne Régaud, merci d'être avec nous.
00:24Alors, ces enseignants, ce sont des personnes en reconversion professionnelle
00:27qui ont décidé de devenir enseignants dans des quartiers prioritaires.
00:31Vous les formez avec votre association dans des conditions réelles pendant près de trois semaines.
00:36Concrètement, comment ça se passe ?
00:38Bonjour, et déjà merci de votre invitation.
00:41Alors, comment ça se passe au Choix de l'École ?
00:43Le Choix de l'École se donne pour mission de déclencher et d'accompagner l'engagement vers l'enseignement en éducation prioritaire.
00:52Nous existons depuis dix ans, et depuis dix ans, nous avons sélectionné,
00:55puis accompagné plus de 500 enseignants qui travaillent en éducation prioritaire.
01:01Et ces profils, vous avez parlé de profils en reconversion,
01:04ce ne sont pas uniquement des profils en reconversion, ce sont des profils en reconversion,
01:07et il y a à peu près 34% des profils que l'on accompagne ont plus de dix ans d'expérience professionnelle.
01:12Mais les autres profils peuvent aussi être des profils sortis d'école,
01:16sortis d'école d'ingénieur, sortis d'école de commerce, sortis d'université,
01:20et puis aussi ces mêmes profils avec quelques années d'expérience professionnelle en plus.
01:23Et puis, ce que l'on fait, ces enseignants intègrent le programme de choix de l'école,
01:29deviennent ensuite enseignants contractuels au sein de l'éducation nationale,
01:32et nous, nous les accompagnons pendant deux ans.
01:35Donc il y a en effet cette formation initiale de trois semaines dont vous parliez,
01:38qui s'est clôturée vendredi dernier, le campus d'été, qui est un gros temps fort,
01:42ça représente à peu près 150 heures sur ces trois semaines,
01:45et ensuite, durant ces deux ans, ils ont des heures supplémentaires pour arriver jusqu'à 400 heures d'accompagnement.
01:51Et après, vous les accompagnez, donc là, à la rentrée, ils seront enseignants contractuels,
01:55vous les accompagnez, et après, ils restent profs, c'est-à-dire qu'ils ont changé de vie,
01:59ils ont attrapé la vocation au vol, quoi, d'une certaine manière.
02:02Alors, ils ont changé de vie, c'est vrai que je ne parle pas beaucoup forcément de vocation,
02:06on parle plus d'engagement au choix de l'école,
02:08parce que ces profils, ils font un choix de changer de vie, littéralement.
02:13On a des profils, je prends l'exemple d'un profil Pascal,
02:16qui a été, pendant une trentaine d'années, directeur de magasins d'une grande enseigne,
02:21et puis un jour, il en a eu assez, il a eu envie de s'engager,
02:26de lutter contre le déterminisme social, parce que c'est aussi ça l'association, et c'est surtout ça.
02:30Qui, selon vous, n'est pas une fatalité ?
02:32Qui, selon moi, n'est pas une fatalité, absolument.
02:34Je pense que rien ne doit être une fatalité, merci, ni une facilité d'ailleurs.
02:43Et donc, Pascal, c'est enseignant, devient enseignant d'économie-gestion,
02:45en mettant en profil ses compétences en lycée professionnel.
02:48Donc, ils vont enseigner en quartier prioritaire, quels conseils leur donnez-vous ?
02:52On leur donne beaucoup de conseils.
02:55Ce que l'on veut, nous, c'est que nos enseignants soient armés.
02:58Et la raison pour laquelle ils intègrent ce programme,
03:01c'est que cet accompagnement sur deux ans, ils vont avoir des visites de classe,
03:04ils vont avoir des temps de cohésion.
03:06Et ce sujet de la cohésion est extrêmement important pour le choix de l'école.
03:10C'est-à-dire que souvent, un enseignant contractuel, il arrive en poste,
03:12il peut se retrouver un peu tout seul.
03:14Et nous, l'idée, à travers nos cohortes, on parle de cohortes, non de promotions,
03:18on développe cet esprit de cohésion.
03:21Donc, ils peuvent s'appuyer les uns sur les autres pendant deux ans
03:24pour pouvoir à la fois construire leur progrès professionnel et leur raison.
03:28Gérald, vous vouliez intervenir.
03:29Il se dit que tous les profs devraient passer par un cursus comme ça.
03:32C'est quoi ? C'est sur la base du volontariat ?
03:34C'est hors éducation nationale.
03:36Votre structure, elle est associative.
03:38Et les profs, c'est ceux qui sont volontaires pour le faire.
03:40C'est-à-dire qu'il y en a d'autres qui ne le font pas.
03:42Alors, il y en a d'autres qui ne le font pas.
03:43En fait, l'avantage que l'on a, c'est que nous travaillons,
03:46déjà, nous avons une convention de partenariat avec le ministère de l'Éducation nationale.
03:50Nous travaillons en complémentarité avec le ministère de l'Éducation nationale.
03:55On se positionne un peu comme un laboratoire d'innovation.
03:57On est une petite association, finalement.
03:58On a une quinzaine de salariés.
04:00Donc, on a cette agilité qui nous permet d'essayer des nouvelles choses.
04:03Évidemment, ces profils sont volontaires.
04:05Nous, on reçoit à peu près mille expressions d'intérêt, notamment cette année.
04:09Et à la fin, on en a sélectionné 84 qui ont intégré le campus.
04:12Vous parlez de complémentarité avec l'Éducation nationale.
04:15Mais en miroir, on peut aussi y voir, d'une certaine manière,
04:18l'échec de l'Éducation nationale, l'échec du service public
04:20qui n'arrive pas à faire ce que vous faites.
04:24Je pense que la complémentarité, elle s'illustre en ce sens.
04:28C'est-à-dire que ce que fait l'Éducation nationale,
04:30l'Éducation nationale est un mastodonte.
04:32C'est un ministère conséquent.
04:34– Mais il n'y a pas assez de profs, ils ne sont pas assez bien payés,
04:37ils ne sont pas assez bien traités ?
04:38– Alors, pas bien traités, je ne sais pas.
04:41En tout cas, nous, quand on regarde les enseignants
04:43et on se dit pourquoi est-ce qu'ils sont les freins,
04:45on a une vraie crise d'attractivité du métier d'enseignant.
04:49L'an dernier, pour vous donner quelques chiffres,
04:51on avait 54% des établissements scolaires à la rentrée scolaire 2024
04:54qui déclaraient manquer d'au moins un enseignant.
04:56Le nombre de candidats au CAPES a été divisé par deux depuis 2010.
05:00Tous ces éléments, pourquoi ils sont là ?
05:03Pourquoi est-ce qu'on a cette crise d'attractivité ?
05:05Déjà, il y a le sujet de la mobilité entrante et sortante.
05:08Depuis la crise sanitaire que nous avons vécue récemment,
05:11les jeunes profils ont beaucoup plus de difficultés
05:13à s'engager sur un emploi à vie, entre guillemets.
05:17Il y a le sujet de la mobilité géographique
05:19qui est compliquée au sein de l'Éducation nationale.
05:21Le sujet de la rémunération, vous en parliez il y a un instant,
05:24mais ce n'est pas le premier sujet qui arrive dans les réponses
05:28que nous, on obtient.
05:29Ce n'est pas le premier, mais il est réel néanmoins.
05:31Il est réel et puis surtout, il y a un point important,
05:33c'est le fait que cette profession ne soit plus valorisée.
05:36Aujourd'hui, on a besoin de dire bravo à nos enseignants,
05:38on a besoin de soutenir les enseignants,
05:40on a besoin qu'ils soient réellement valorisés dans la société.
05:43Très rapidement, certains vous reprochent un peu cet engagement.
05:46Ils parlent d'une démarche ultra-libérale
05:48qui aurait pour mission de remplacer, de privatiser
05:52cette mission d'accompagnement.
05:54Qu'est-ce que vous leur répondez ?
05:56Moi, je leur réponds que je suis une association loi 1901,
05:59comme l'intégralité des associés en France.
06:01Moi, je vous mets au défi de trouver une association en France
06:04qui développe un programme qui ne pourrait pas
06:07ou ne devrait pas être porté par un service public.
06:10Je pense que nous, nous sommes là, une fois de plus,
06:11je reviens sur ce mot de complémentarité.
06:14On est extrêmement transparents sur la manière dont on fonctionne.
06:17On est financés à peu près à 27% par les services publics.
06:21L'Agence nationale de cohésion des territoires,
06:22qui est un partenaire important.
06:24Et tout le reste, ce sont des financements de fondations familiales,
06:27fondations d'entreprises ou fonds de dotation.
06:30Merci beaucoup, Jocelyn Rigaud,
06:31déléguée générale de l'association Le Choix de l'École,
06:34d'avoir été avec nous ce matin.
06:36Merci.
06:36Je vous en prie.
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