00:00Oui, force est de constater qu'Emmanuel Macron s'attire les félicitations de la gauche et de l'extrême-gauche.
00:06Mieux vaut tard que jamais, salue l'écologiste Marine Tondelier.
00:10Jean-Luc Mélenchon parle de victoire morale.
00:13Le jour même de son refus de recevoir Bruno Retailleau à l'Elysée pour s'expliquer, entre autres, sur le dossier algérien,
00:21le chef de l'État envoie un signal très clair à l'électorat qui lui a permis de se maintenir à l'Elysée en 2022.
00:27Jacques, cette décision est à vos yeux une trahison.
00:30Oui, une trahison de la parole présidentielle parce que jusqu'ici, la ligne défendue par Emmanuel Macron se voulait prudente.
00:37Pas de reconnaissance en négociation, pas de précipitation.
00:42Alors oui, ces dernières années, la petite musique de la reconnaissance commençait à se faire entendre au Quai d'Orsay et à l'Elysée.
00:48Ce n'est pas un tabou, expliquait Emmanuel Macron en 2023.
00:52« Je suis prêt à reconnaître un État palestinien, mais ce loi doit arriver à un moment utile et non sous le coup de l'émotion », disait-il l'an dernier.
01:02Et en avril, il y a tout juste trois mois, le chef de l'État s'y montrait favorable.
01:06Mais attention, à condition que ce soit sans le Hamas, avec une autorité palestinienne réformée et des garanties sécuritaires pour Israël.
01:14Très bien Jacques, mais que s'est-il passé depuis ?
01:16Ah mais rien Anthony, rien. Gaza est toujours contrôlée par le Hamas, organisation terroriste islamiste,
01:22et l'autorité palestinienne n'a pas tenu d'élections depuis près de 20 ans.
01:26Alors oui, pour la première fois, son président, Mahmoud Abbas, condamne les attaques du 7 octobre.
01:31Oui, il s'engage auprès d'Emmanuel Macron à effectuer des réformes, il promet le désarmement du Hamas,
01:38il s'engage sur des élections l'an prochain, mais ce ne sont que des mots.
01:42Et Emmanuel Macron le croit donc sur parole, et pendant ce temps, le Hamas applaudit.
01:48Mais Emmanuel Macron pose des conditions, non ?
01:51Oui, mais en l'État, elles sont inapplicables.
01:53Il parle de libération des otages, de cesser le feu durable.
01:56Or, aucune de ces conditions n'est concrètement réunie à ce jour.
02:00Et malgré cela, il maintient donc la reconnaissance pour septembre.
02:05Ce n'est plus de la diplomatie, c'est un saut dans le vide.
02:07Sauf qu'Emmanuel Macron saute tout seul.
02:09Oui, il saute sans filet et sans alliés.
02:12Londres a décliné sa proposition de reconnaissance commune.
02:15Berlin parle d'un mauvais signal.
02:18Et Washington est furieux.
02:20Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, évoque un camouflet pour les victimes du 7 octobre.
02:26Et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, est encore plus direct.
02:29Cette décision, dit-il, récompense la terreur.
02:33Est-ce qu'on peut dire que c'est une forme de pari politique de la part d'Emmanuel Macron ?
02:38Non, c'est une faute.
02:40Une faute morale et diplomatique.
02:42Morale, parce qu'elle renvoie dos à dos les agresseurs et les agressés.
02:47Diplomatique, car on n'écoute pas nos alliés les plus solides.
02:50Ajoutez à cela un climat intérieur plus que fragile avec l'explosion de l'antisémitisme en France.
02:56Ironie du calendrier.
02:57Aujourd'hui même, la justice ordonne la libération du terroriste Georges Ibrahim Abdallah.
03:03Le symbole est désastreux.
03:05Et maintenant ?
03:06Et maintenant, la France va devoir assumer, assumer la colère d'Israël, assumer l'irritation des Américains
03:12et assumer le précédent dangereux que cette décision risque de créer.
03:17Oui, la paix passe par deux États, mais pas à n'importe quel prix.
03:19Pas avec le Hamas en embuscade, pas sans garantie, pas sans l'unité européenne ni le soutien américain.
03:25Aujourd'hui, Emmanuel Macron est applaudi par Jean-Luc Mélenchon.
03:28Il s'isole de ses partenaires principaux et surtout, il affaiblit plus que jamais la voie de la France.
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