00:00Justement, ce cri d'alerte de la Société des journalistes de l'agence France Presse, sans intervention immédiate, les derniers reporters de Gaza vont mourir.
00:10Voilà cet appel qui est lancé après plus de 20 mois de guerre.
00:16Oui, merci de votre invitation. Ce que ça souligne, c'est évidemment l'importance, comme l'a dit votre collègue à l'instant, que des images soient présentes.
00:24Parce qu'on voit la situation humanitaire dans la bande de Gaza qui est absolument catastrophique.
00:31C'est difficile de même trouver des mots à mettre sur ce qui se passe.
00:35Donc, ce que je peux vous dire vraiment, c'est que nous, en tant que comité international de la Croix-Rouge, on a un hôpital de campagne à Rafa,
00:42qui est une des dernières structures de santé qui est encore opérationnelle dans la bande de Gaza.
00:47Nos collègues travaillent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
00:50Cet hôpital a une capacité de 60 lits et de manière quotidienne, il travaille au-delà de ses capacités.
00:57Donc, on est vraiment dans une situation catastrophique, extrêmement préoccupante.
01:02Et c'est l'importance du travail que font les journalistes, vos collègues, les journalistes sur place, les journalistes palestiniens
01:08qui puissent témoigner de cette situation de façon à aussi que les acteurs internationaux, que la communauté internationale puisse s'y intéresser.
01:17– Situation qui fait également beaucoup réagir, il s'agit des distributions alimentaires qui sont à chaque fois la même chose.
01:25Ça se passe dans un désordre absolu et surtout, ça se finit souvent dans le sang avec des Palestiniens qui viennent chercher à manger
01:35et qui se retrouvent tués. Patrick donnait un chiffre tout à l'heure, plus d'une centaine de Palestiniens qui ont été tués dans ce cadre-là.
01:42– Ces dernières semaines, avec des justifications assez ambiguës, ambivalentes de la part de l'armée israélienne
01:49qui lancent des enquêtes, mais des enquêtes qui sont menées par elles-mêmes.
01:53– Oui. Donc, c'est vrai, Achille Després, qu'il y a des appels, il y a aussi des appels internationaux de la France,
02:00des pays qui sont alliés d'Israël, mais qui disent, ce n'est pas possible que ça se passe comme ça,
02:05alors que les habitants de la bande de Gaza, enfin.
02:09– En effet, est-ce que vous avez rappelé, c'est-à-dire que des personnes qui ont besoin d'aide humanitaire,
02:17d'aide alimentaire et qui se rendent à ces points de distribution, reviennent en étant blessées, voire tuées ?
02:23C'est profondément choquant. Je vais vous donner un chiffre.
02:26On a cet hôpital de campagne à Rafa qui, depuis la mise en place de ces points de distribution d'aide,
02:32nous avons reçu plus de 3400 patients blessés qui nous déclarent, lorsqu'ils arrivent à notre hôpital,
02:39qu'ils ont été blessés en essayant d'accéder à de l'aide humanitaire.
02:42Rendez-vous compte, on parle de jeunes enfants, d'adolescents, on parle de personnes qui simplement se rendent
02:47pour obtenir une aide humanitaire à laquelle ils ont le droit, en vertu du droit international humanitaire,
02:53et qui reviennent en étant blessés, des blessures par balle, des blessures par shrapnel, des blessures par explosion.
02:59C'est profondément choquant et inacceptable, et depuis que ces points d'aide humanitaire ont été mis en place,
03:06nos collègues, notre personnel médical déplore malheureusement plus de 250 personnes
03:12qui sont arrivées à l'hôpital et qui sont décédées sur place alors qu'ils tentaient d'accéder à de l'aide humanitaire.
03:18Je le répète, on ne peut qu'être choqué par ça, et les populations civiles en temps de guerre
03:24ont le droit d'accéder à des services de base, notamment alimentaires.
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