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  • il y a 7 mois
L’ex-commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton était l’invité du Face à face sur BFMTV et RMC ce jeudi 17 juillet. 

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00:00Bonjour à tous, bienvenue Thierry Breton, merci d'être mon invité ce matin dans le face-à-face ancien commissaire européen au marché intérieur.
00:07Dans un instant, vous nous direz comment, à vos yeux, l'Europe peut faire pour essayer d'éviter les 30% de droits de douane que Donald Trump souhaite nous imposer à partir du 1er août.
00:16Mais vous avez été aussi ministre de l'économie, vous avez donc un œil qui est particulièrement avisé sur le plan d'économie qui a été proposé ces derniers jours par le Premier ministre François Bayrou,
00:25qui veut trouver 43,8 milliards d'euros d'économie dès l'an prochain.
00:31Est-ce que, comme Édouard Philippe, vous considérez que ce n'est qu'un plan d'urgence et qu'il n'y a pas de réelle transformation structurelle ?
00:37Ou au contraire, est-ce que ce plan d'économie trouve grâce à vos yeux ?
00:42Il faut remettre les choses en perspective, si vous le permettez.
00:46La présentation du budget, c'est un moment très important pour la nation.
00:50C'est un rendez-vous entre le chef du gouvernement et nos concitoyens, nos compatriotes.
00:58Mais aussi, évidemment, l'Assemblée nationale et le Parlement.
01:03Donc c'est un moment, Guillaume Daré, politique.
01:07Et c'est rien d'autre.
01:09Alors aujourd'hui, on entend les uns et les autres réagir comme si le budget était déjà fait
01:14et qu'il allait impacter positivement ou négativement nos vies.
01:19Non, c'est un moment politique.
01:21Et il faut toujours le lire comme cela.
01:24Et alors le signal politique qui est envoyé, comment vous le jugez ?
01:26Voilà, effectivement, je pense sur quoi il faut s'arrêter.
01:30François Béroux a réussi ce moment politique parce qu'il a voulu envoyer un signal.
01:36Et ce signal, évidemment, il provoque les réactions, je crois, qu'il est ce compté.
01:39Quel est ce signal ?
01:41Ce signal, c'est un signal, on en parle assez souvent, Guillaume Daré.
01:45C'est le fait que la France est arrivée au bout, au bout de ce qu'elle pouvait faire
01:50pour maintenir ce à quoi nous sommes tous collectivement tant attachés, notre modèle social.
01:55En d'autres termes, l'État-providence, qui a été notre État,
02:01et depuis, pas depuis quand, depuis le Conseil national de la résistance en 1943,
02:08lorsque l'on s'est préparé à reconstruire la France,
02:11avec précisément ce magnifique projet, qui était ce projet de vivre ensemble,
02:17et une capacité à mettre ensemble nos ressources pour nous protéger mutuellement.
02:23On était à l'époque à une croissance qui était entre 4 et 5%,
02:26une démographie galopante, avec des mêmes chiffres.
02:30C'était il y a 70 ans.
02:31Ça veut dire quoi ? L'État-providence s'est terminé ?
02:33Ça veut dire que l'État-providence, on ne peut plus se le payer comme ça.
02:36Il faut donc maintenant s'asseoir autour de la table
02:38et voir les éléments qu'il va falloir ensemble commencer à modifier
02:43pour préserver l'intégrité du modèle social.
02:47Vous savez, on dépense collectivement,
02:49il faut vraiment que nos téléspectateurs aient les chiffres en tête,
02:51on dépense collectivement 1 700 milliards
02:54pour faire fonctionner précisément l'ensemble de notre activité,
02:58la machine France, j'allais dire, si vous permettez cette expression.
03:011 700 milliards.
03:02Le fonctionnement de l'État, c'est 350 à 380 milliards.
03:07Le fonctionnement de l'ensemble, de notre sphère sociale,
03:10notre vivre ensemble, c'est 1 000 milliards.
03:12C'est-à-dire que, contrairement à ce que l'on peut penser,
03:14je discute avec les gens quand je vais les rencontrer,
03:17mais l'État prend tout.
03:18L'État, c'est un tiers de ce qu'on dépense pour notre vivre ensemble,
03:22le fameux État-providence.
03:241 000 milliards contre 350 milliards.
03:26Les 350 milliards, c'est les professeurs, l'armée, les juges, la police,
03:31l'ensemble de l'appareil d'État.
03:331 000 milliards pour l'ensemble de nos retraites,
03:37mais aussi le vivre ensemble social.
03:38L'ancien président de la République, François Hollande,
03:40juge ce matin dans les columnes de nos confrères du Monde
03:42que c'est un plan, je cite, injuste et déséquilibré
03:45parce qu'il ne touche que les salariés, dit-il.
03:47Oui, alors on va évidemment avoir maintenant les uns et les autres
03:49qui vont s'exprimer, c'était fait pour ça.
03:52Et si on s'arrête...
03:53Un plan injuste à vos yeux ?
03:54Non, c'est pas d'abord, c'est une proposition de budget.
03:56Et alors les propositions ?
03:57Mais on connaît parfaitement, et chacun va se remettre sur ces clivages
04:01qui confortent leur propre ligne politique.
04:03Est-ce que vous voulez juger juste ou injuste ces propositions ?
04:05Je les juge nécessaires dans le message qu'ils envoient.
04:08Arrêtons-nous une seconde, si vous le permettez, sur ce message.
04:11Lorsque, par exemple, le Premier ministre a dit
04:14qu'il veut supprimer deux jours fériés.
04:16C'est une bonne idée ?
04:17C'est un sujet qui fait controverse, c'est le moins qu'on puisse dire.
04:21Quel est le message qu'il envoie derrière ?
04:23C'est le fait que nous sommes le pays d'Europe qui travaille le moins.
04:26Et qu'il faut travailler plus, pas uniquement du reste dans la semaine,
04:29mais dans la durée.
04:30Ce n'est pas forcément le sentiment qu'ont les Français qui nous regardent.
04:32Ils n'ont pas ce sentiment, mais c'est une réalité.
04:34Ils considèrent qu'ils travaillent suffisamment.
04:35Et pour beaucoup d'entre eux, c'est une réalité.
04:38Et donc, il faut évidemment l'en tenir compte.
04:41Mais globalement, on rentre plus tard que les autres dans l'activité.
04:45On en sort plus tôt.
04:47La durée de vie au travail, c'est la durée de travail.
04:49C'est dans son ensemble qu'il faut le voir.
04:51Et c'est vrai qu'on travaille, en gros, 10 à 15% de moins
04:56que la plupart de nos partenaires européens.
04:59Et bien, on ne peut pas...
05:00Comme, encore une fois, ce modèle social, cet État-providence,
05:04il se finance en partie sur le travail que nous produisons.
05:08On envoie un message, il faut produire un peu plus.
05:11Toujours pareil, pour se financer, se donner les moyens
05:14de préserver notre modèle social.
05:16Alors, on verra bien, c'est des propositions.
05:18Alors, il y en aura peut-être d'autres.
05:18J'ai entendu, j'étais...
05:20C'est toujours pareil, on discute un peu avec les uns et les autres.
05:23Et certains me disaient, mais finalement,
05:24bon, OK, on a compris, il faut qu'on travaille plus,
05:26mais on est d'accord.
05:27Mais pourquoi est-ce qu'on ne rediscute pas des 35 heures
05:29au lieu de nous prendre...
05:30C'est des sujets.
05:31Donc, vous voyez bien que les gens...
05:32C'est ce que dit le président de la région des Hauts-de-France,
05:33Xavier Bertrand, dit, laissons les entreprises,
05:35les salariés s'organiser comme ils veulent...
05:36Vous voyez donc bien qu'il a ouvert un débat
05:38qui est un débat, je n'ai pas peur de le dire, nécessaire.
05:41Et on ne va pas le répondre...
05:42Pardon, j'ai beaucoup de respect pour les anciens présidents de la République,
05:45mais on ne va pas répondre à ce débat aussi existentiel
05:48en disant, il faut faire payer les uns et moins payer les autres.
05:51C'est plus... Pardon de le dire comme ça,
05:53mais c'est vraiment plus à la hauteur du problème.
05:54Autre sujet, il nous dit, le Premier ministre,
05:58encore une fois, ça va être à discuter,
06:00qu'il faut peut-être qu'on revoie...
06:02On a 5,8 millions de fonctionnaires.
06:05On propose que dès l'an prochain, 3 000 fonctionnaires en moins,
06:06et à partir de 2017, un départ sur trois ne serait pas remplacé.
06:09Un départ sur trois, donc il faut faire un départ sur trois.
06:11Alors, où d'abord, dans quelles fonctions publiques ?
06:13On en a trois, on le sait.
06:14Il y a la fonction publique d'État, 2,5 millions de fonctionnaires,
06:17il y a la fonction publique hospitalière, 2 millions de fonctionnaires,
06:21et puis il y a la fonction publique...
06:23Non, pardon, 1,2 millions, 1,2 millions,
06:26et la fonction publique, évidemment, territoriale, 2 millions.
06:28Et alors, qu'est-ce qu'il faut faire là-dedans ?
06:31Est-ce que finalement, il faut qu'on regarde ?
06:33Est-ce qu'on a peut-être un peu trop de fonctionnaires territoriaux ?
06:37Encore une fois, il ne s'agit pas de les renvoyer,
06:39il s'agit de dire, on va s'inscrire...
06:40Et ils vont s'inscrire dans quoi ?
06:42Dans la durée.
06:43Et c'est le deuxième message.
06:44Vous avez l'impression que c'est un plan dans la durée, là,
06:45ou c'est pas plutôt un plan d'urgence ?
06:47Mais il n'y a pas de plan d'urgence.
06:48Quand on a, Guillaume Daré, quand on a comme durée de vie,
06:51la bonne volonté des uns et des autres de les censurer,
06:55je dirais, nuitamment,
06:58la durée de vie, elle est extrêmement limitée.
07:01C'est d'ailleurs ce que dit Marine Le Pen,
07:02je vous arrête un instant,
07:03qui dit dans les colonnes de nos confrères du Parisien ce matin
07:05qu'en l'État, il est impossible pour le Rassemblement National
07:08de ne pas censurer ce gouvernement.
07:10En l'État, dit-elle.
07:11Donc il faut toujours lire en politique.
07:13En l'État, ça veut donc dire qu'elle est prête à discuter.
07:15Et c'est ce qui va se passer.
07:17Et maintenant, les petits cailloux qui ont été semés,
07:20il faut qu'on fasse attention à nos dépenses de santé,
07:25le remboursement des médicaments.
07:26Est-ce que ça doit être à 100% ?
07:28Est-ce qu'il faut qu'on soit un peu plus raisonnable ?
07:31Et le doublement, par exemple, de la franchise des médicaments ?
07:32Le doublement de la franchise de 50 à 100.
07:34Et c'est pareil, c'est toujours dans notre poche qu'on vient chercher ?
07:37Quand on est à tout gratuit,
07:39ce n'est pas vraiment dans notre poche.
07:40Donc il faut, là encore, se remettre.
07:42Je le redis,
07:43est-ce qu'on peut être le seul pays du monde
07:44pour faire fonctionner notre État-providence ?
07:48On crée cette année combien de dettes, Guillaume Daré,
07:50pour faire fonctionner notre État-providence ?
07:52180 milliards de dettes supplémentaires.
07:53L'année prochaine, avec ces efforts qui sont proposés,
07:58on créera encore, tenez-vous bien,
08:00133 milliards de dettes supplémentaires.
08:02Et alors, on va continuer comme ça combien de temps ?
08:04Eh bien voilà, il faut maintenant qu'on s'assoie
08:07et qu'on prenne toutes les têtes de chapitre
08:09qui ont été couvertes par ces mesures symboliques,
08:12qui sont des mesures à discuter,
08:14pour pouvoir se mettre ensemble
08:15et engager une réflexion.
08:17Et je le dis,
08:18ce n'est pas sur un an.
08:19Pardon, j'entends certains anciens premiers ministres
08:21qui disent, ça ne répond pas.
08:24Don Philippe qui juge que ce n'est pas structurel.
08:25Il considère que c'est au moment de la présidentielle
08:27qu'il y aura ce type de débat
08:28parce que la situation politique ne le permet pas actuellement.
08:30Mais il a raison, sauf que qu'est-ce qu'on fait
08:31pendant les deux ans qui viennent ?
08:32Eh bien François Birou a décidé, lui,
08:35de mettre, je ne suis pas là pour le défendre,
08:36mais j'ai bien lu ce moment politique,
08:38parce que j'ai présenté moi-même des budgets aussi,
08:40évidemment en tant que ministre des Finances.
08:42Donc sans ce moment politique,
08:43il nous invite à réfléchir
08:45sur le fait qu'on est dans une situation
08:46qui est devenue, je le dis aux Français,
08:49intenable, et donc il faut le revoir.
08:51Parce que vous savez, il y a un message très simple
08:53que moi j'entends partout en Europe,
08:55mais aussi dans le monde.
08:57Un pays qui ne compte pas,
08:58c'est un pays qui ne compte plus.
09:00Or la France aujourd'hui,
09:01c'est le dernier pays européen
09:02en matière d'endettement et de déficit.
09:05Elle est donc vue comme un pays qui ne compte pas.
09:07On voit que la ministre du Travail
09:08a aussi avancé une proposition
09:09qui fait bondir certains ce matin,
09:11c'est le fait de pouvoir monétiser
09:12la cinquième semaine de congés payés.
09:14Certains y voient un renoncement
09:16à la cinquième semaine de congés payés
09:17décidée en 1982 par le gouvernement
09:19de Pierre Moroy.
09:20Dans le moment politique que nous sommes,
09:23les idées vont fuser
09:24et évidemment, on invite,
09:27et le Premier ministre invite,
09:29tous ceux qui ont évidemment des idées
09:30à bien aller présenter.
09:32L'objectif, croyez-moi,
09:34de réduction de 40 milliards,
09:35ce qui peut paraître gigantesque,
09:37mais je le redis,
09:38au regard des 1700 milliards
09:40que nous dépensons collectivement
09:41pour nous vivre ensemble,
09:43si on n'est pas capable
09:44de trouver un consensus
09:46pour ces 40 milliards,
09:48alors on peut être inquiet pour notre pays.
09:49Thierry Breton,
09:50ces choix budgétaires se font
09:51dans un contexte international
09:53qui reste particulièrement incertain.
09:55Donald Trump menace
09:57d'imposer des droits de douane
09:58à hauteur de 30% sur l'Union européenne
10:00dès le 1er août prochain.
10:02Est-ce que c'est encore possible
10:03de l'éviter et comment ?
10:04Mais c'est une nécessité absolue.
10:06Mais c'est une nécessité absolue.
10:08Nous avons confié,
10:10nous, les 27 États membres,
10:12notre capacité de négocier
10:14les problèmes de commerce internationaux
10:17à la Commission
10:18pour une raison très simple,
10:20Guillaume Daré.
10:21On est plus fort à 27 que tout seul
10:22lorsqu'il s'agit de faire
10:23des rapports de force.
10:24Pour l'instant, on n'est pas plus fort.
10:25Eh bien, c'est tout le sujet.
10:27Et c'est évidemment la Commission
10:28qui a délégation exclusive
10:30et compétence exclusive pour ce faire.
10:32Souvenez-vous, on devait trouver
10:34un accord à 100 jours.
10:35On ne l'a pas trouvé.
10:36Ensuite, repoussé au 9 juillet.
10:37On ne l'a pas trouvé.
10:38Et maintenant, on est au 1er août.
10:39Et au lieu d'avoir 10% de droits de douane
10:41comme les Anglais l'ont,
10:4320% comme ça nous était annoncé,
10:45on est maintenant passé à 30%.
10:46Pourquoi les Britanniques ont réussi
10:47à trouver un accord
10:48là où nous, nous avons échoué ?
10:49Eh bien, c'est une excellente question
10:50parce que les Britanniques
10:52ont considéré que cette négociation,
10:54c'est aussi ce que je crois moi-même,
10:56c'est une négociation
10:56qui n'est pas technique
10:57et ne doit pas être menée
10:59par des technocrates.
11:00C'est une négociation politique.
11:02C'est-à-dire ?
11:02Qu'est-ce qu'ont fait les Britanniques ?
11:04Ils ont demandé à M. Peter Mandelson,
11:05qui est l'ancien commissaire britannique européen,
11:07qui est l'un des plus fins
11:08d'hommes politiques britanniques,
11:10l'un des meilleurs négociateurs qu'ils aient,
11:12de négocier,
11:12ils l'ont même nommé ambassadeur
11:13à Washington pour ce faire,
11:15de négocier avec une petite équipe
11:16uniquement de politiques
11:18pour aller négocier politique
11:19parce que qu'est-ce que fait Donald Trump ?
11:21Donald Trump, pardon de le dire comme ça,
11:22il ne fait pas de l'économie.
11:24Ça se saurait, je pense que
11:24s'il faisait de l'économie,
11:25il ne ferait sans doute pas ça.
11:26Il fait de la politique
11:27et de la politique basée
11:29sur des rapports de force.
11:30Et nous, qu'est-ce qu'on envoie à Bruxelles ?
11:32Des équipes qui sont très dignes,
11:33respectables,
11:34de techniciens.
11:35Certains même les qualifient
11:35de technocrates.
11:36Je préfère le terme de technicien.
11:38Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
11:39Est-ce que vous êtes poli ?
11:39Des techniciens vis-à-vis des politiques,
11:42ça ne gagne jamais.
11:43Donc il faut maintenant,
11:44dans les 15 jours qui viennent,
11:46que nous envoyons à Bruxelles,
11:48faisons ce qu'ont fait les Britanniques.
11:50Ils ont réussi de conclure leur accord
11:52en 15 jours.
11:54Eh bien, nous avons 15 jours.
11:55Il est temps maintenant, pour nous,
11:57de faire de la politique
11:58et donc des rapports de force équilibrés.
12:01Bien entendu, pas hégémoniques,
12:02avec Donald Trump.
12:03Et on trouvera un accord.
12:05Mais si on ne change pas de braquet,
12:06alors je suis inquiet.
12:07Qu'est-ce qui fonctionne avec Donald Trump ?
12:09La confrontation ou la négociation ?
12:11Mais c'est un ensemble.
12:11Si ça se savait,
12:12si on le savait,
12:13on serait tous beaucoup plus tranquillisés.
12:15C'est bien, Donald Trump.
12:15Oui, eh bien, encore une fois,
12:18il respecte d'abord
12:19celles et ceux qui ont des convictions fermes,
12:23qu'il les exprime,
12:25et il voit jusqu'où il peut aller.
12:27Un peu, je dirais,
12:28comme tous ceux qui ont des comportements,
12:30et ce n'est pas un jour que de le dire,
12:31un peu autocratiques.
12:33Voilà, donc il fait les rapports de force.
12:35Et si en face de lui,
12:36il a une entité
12:37qui passe son temps
12:38à se coucher
12:39pour ne pas donner
12:40le sentiment
12:41de vouloir à la confrontation,
12:43eh bien, il continue.
12:44Voilà, c'est des rapports de force.
12:45Alors, je ne vais pas faire
12:46de psychologie
12:47de comptoir,
12:49mais c'est quand même
12:50la logique
12:51dans laquelle il nous entraîne.
12:52Nous sommes
12:53le deuxième plus gros marché
12:55au monde.
12:55Nous sommes le premier partenaire
12:57commercial des États-Unis
12:58avec plus de 1 500 milliards,
13:00excusez du peu,
13:01d'échanges entre les États-Unis.
13:02Quels seraient d'ailleurs
13:02les pays les plus impactés
13:03si au 1er août,
13:04dans l'Union européenne,
13:05il y a 30% de droits de douane
13:06imposés par les États-Unis ?
13:07On sera tous impactés,
13:08les États-Unis aussi,
13:09par parenthèse,
13:10parce qu'évidemment,
13:10derrière, il y a des droits de douane,
13:11mais c'est le consommateur américain
13:12qui va payer.
13:13Donc, ça va générer
13:14et de l'inflation aux États-Unis,
13:16mais aussi,
13:17ça va faire baisser la croissance.
13:19Mais pour nous,
13:19en premier,
13:20l'Allemagne,
13:20évidemment,
13:20en premier,
13:21l'Allemagne est le premier exportateur
13:23aux États-Unis,
13:2423% de ses exportations
13:26sont fléchées
13:28vers les États-Unis,
13:29l'industrie automobile,
13:30on le sait,
13:31la chimie,
13:32la machine outil,
13:33l'Italie aussi,
13:34beaucoup,
13:34la France,
13:36un peu moins,
13:36mais malgré tout,
13:37si on fait des calculs,
13:39Guillaume Daré,
13:40si on maintient ces 30% de droits de douane,
13:42c'est plus de 1%,
13:43enfin,
13:45moins de 1%,
13:46l'impact sur 1%
13:47sur la croissance allemande,
13:48peut-être 1,2%
13:49sur la croissance italienne.
13:50– Un point de moins.
13:51– Un point de moins.
13:52Donc, ça veut dire que c'est la récession.
13:53– C'est considérable.
13:53– C'est la récession.
13:54Quand on tourne à 0,5% ou 0,7%,
13:56on est en récession.
13:57La France,
13:57notre ambition pour 2025,
14:01c'est 0,5% de croissance.
14:03Si jamais ça s'applique,
14:04c'est 0,6% à 0,7%,
14:06on est en récession.
14:07– Je fais le lien avec ce qu'on vient de se dire,
14:09ça veut dire que si au 1er août,
14:11il y a 30% de droits de douane
14:12imposés par Donald Trump,
14:14c'est plus 44 milliards d'euros d'économie
14:15qu'il faut trouver l'an prochain,
14:16c'est encore plus.
14:17– Alors, on est, attention,
14:18il faut lisser tout ça,
14:21mais ça aurait un impact considérable
14:22sur les finances françaises également.
14:23– Ça aurait un impact.
14:24Alors, moindre, évidemment,
14:25moindre pour la France
14:27que l'Allemagne ou l'Italie
14:29qui seront vraiment les premiers à impacter.
14:31Mais bien sûr,
14:31donc c'est la raison pour laquelle
14:32il faut évidemment,
14:33finalement, je dirais,
14:35changer, comme je le disais tout à l'heure,
14:38de braquer,
14:39rentrer dans une phase de négociation politique.
14:42Alors, derrière,
14:43je l'ai redis aussi,
14:45l'impact aux États-Unis
14:46sera aussi important,
14:48parce que c'est une logique,
14:50on le sait,
14:51qui est inflationniste
14:53et qui va créer aussi...
14:54La croissance américaine
14:56n'est pas glorieuse non plus,
14:57donc voilà,
14:58il va falloir aussi tenir compte de tout ça.
15:00Mais voilà,
15:01c'est un discours politique
15:02qu'il faut avoir avec lui
15:03et au plus haut niveau
15:04et pas au niveau
15:05de techniciens de Bruxelles.
15:07Thierry Breton,
15:08Donald Trump a laissé 50 jours
15:09à Vladimir Poutine
15:10pour mettre fin
15:11à la guerre en Ukraine.
15:12On y a tous vu
15:13un coup de pression,
15:15une menace
15:15sur le président russe.
15:17Est-ce que c'est véritablement le cas
15:18ou est-ce qu'au contraire,
15:19c'est une façon
15:20de laisser carte blanche
15:21au président russe
15:22et à Vladimir Poutine
15:23pour, si j'ose dire,
15:24malheureusement,
15:25excusez-moi les termes,
15:26terminer le travail en Ukraine ?
15:27– Vous venez de le dire,
15:30la lecture des décisions
15:31de Donald Trump
15:32n'est jamais quelque chose
15:34d'un exercice très simple.
15:36Et il y a souvent,
15:37du reste,
15:37plusieurs grilles de lecture.
15:38Vous venez d'en énoncer deux,
15:40qui sont toutes les deux possibles,
15:42même si on a toujours du mal
15:44à identifier
15:46quel a été l'élément générateur.
15:47– Vous, vous avez le sentiment
15:48que c'est laquelle ?
15:48– Eh bien, en tout cas,
15:49sur les faits,
15:5050 jours, c'est énorme.
15:5250 jours, c'est l'été.
15:53On sait que Vladimir Poutine
15:54a besoin de l'été
15:55parce qu'en été,
15:56évidemment, les sols sont durs.
15:58Il peut lancer, évidemment,
15:59ses divisions blindées
16:00à l'attaque,
16:01encore plus qu'il ne le fait aujourd'hui.
16:02Mais voyez-vous,
16:02derrière tout ça,
16:03il y a quand même un message.
16:05Un message qui, moi,
16:05me gêne beaucoup,
16:06qui est un message tragique.
16:08Donald Trump nous a dit
16:09qu'il voulait arrêter la guerre
16:10en 24 heures
16:10parce qu'elle était beaucoup trop...
16:12Elle était terrible,
16:12cette guerre d'agression
16:13qui a été voulue,
16:14engagée par Vladimir Poutine.
16:15On ne le dira jamais assez.
16:17Mais elle est aussi,
16:18je dirais,
16:18à des conséquences humaines
16:19terribles.
16:20Songez qu'aujourd'hui,
16:22à l'heure où nous parlons,
16:23et ce sont les chiffres ukrainiens,
16:25chaque jour,
16:27c'est près de 1100 soldats,
16:301100 soldats russes
16:32qui sont mis hors de combat,
16:34en partie qui sont tués,
16:35d'autres qui deviennent invalides à vie.
16:381100 par jour.
16:40Ça veut donc dire quoi ?
16:41Donald Trump,
16:41qui, à juste titre,
16:42s'émeut,
16:43à juste titre,
16:44alors que toutes les nuits,
16:46je ne parle pas des civils,
16:47évidemment,
16:48les civils,
16:48toutes les nuits...
16:49Ça a bondi au premier semestre
16:50des morts civiles en Ukraine.
16:51Toutes les nuits,
16:52évidemment,
16:52les bombardes.
16:53400 euros qui ont frappé
16:53ces derniers jours.
16:54Donc, ce sont des centaines
16:56de victimes de morts
16:58par jour.
17:00Et alors, ça n'émeut pas,
17:01ça, il leur redonne 50 jours.
17:03Pourquoi 50 jours ?
17:0450 jours,
17:05ça veut donc dire
17:06qu'il y a 50 000 victimes de plus,
17:08mais alors que lui,
17:09il voulait arrêter en 24 heures
17:10parce qu'il y avait trop de victimes.
17:11Donc, on ne comprend pas,
17:12ces 50 jours.
17:13Et vous avez raison
17:13de poser la question
17:15parce que sans ça,
17:17si jamais son seul objectif,
17:19comme il le dit,
17:20puisqu'il,
17:21je crois avoir compris
17:22qu'il cherchait
17:23le prix Nobel de la paix,
17:24c'est d'arrêter la guerre
17:25parce qu'elle est
17:26beaucoup trop terrible
17:28en ce qui concerne
17:29les pertes,
17:30les pertes
17:31et les dommages humains
17:31qu'elle provoque,
17:33alors qu'on ne comprend pas
17:33ces 50 jours.
17:34Donald Trump menace
17:35les partenaires de la Russie
17:37d'augmenter les droits de douane
17:39à hauteur de 100%
17:40au premier août,
17:41si jamais Vladimir Poutine
17:43ne met pas à fin
17:43la guerre de l'Ukraine.
17:44Ça vise l'Inde
17:46et la Chine en particulier.
17:48Qu'est-ce qu'il espère
17:48de ces pays ?
17:49Pourquoi cette menace ?
17:51Encore une fois,
17:51parce qu'il veut,
17:52je crois sincèrement,
17:54Donald Trump n'aime pas la guerre.
17:55Il veut arrêter la guerre.
17:57Mais,
17:58encore une fois,
17:59le premier sur lequel
18:00il doit exercer
18:01des rapports de force,
18:02c'est Vladimir Poutine.
18:03et on a tous vu
18:04que le moins qu'on puisse dire,
18:06ce n'est pas un jour
18:07que de le dire,
18:09c'est qu'il a été
18:10plutôt complaisant
18:10jusqu'à présent
18:11avec Vladimir Poutine.
18:12Alors,
18:13on sent qu'il est en train
18:14de changer.
18:15Eh bien,
18:16je crois que pour l'intérêt,
18:17pour l'intérêt de la planète,
18:19pour l'intérêt
18:19de notre sécurité collective,
18:22ce serait bien
18:23qu'il change
18:23un peu plus rapidement.
18:24Mais est-ce que la Chine
18:25et l'Inde
18:25peuvent avoir un rôle
18:26à jouer l'Inde-dans,
18:27en mettant un coup de pression
18:29comme ça
18:29sur les droits de doigts ?
18:30Mais bien entendu
18:31que la Chine et l'Inde,
18:32surtout la Chine,
18:32évidemment,
18:33jouent un rôle très important.
18:34On sait que la Chine
18:35est un soutien
18:35à la fois financier,
18:37parce que la Chine
18:38achète beaucoup
18:38de hydrocarbures
18:39de la Russie.
18:40À bas prix.
18:41On sait également
18:42que la Chine fournit
18:44les éléments essentiels
18:45et notamment
18:45les composants essentiels
18:46à l'armement russe.
18:49Donc, bien sûr
18:49que la Chine
18:50joue un rôle important
18:51et on connaît
18:52le rôle ambigu
18:53que joue
18:55le président Xi Jinping
18:57dans ce conflit.
18:59Voilà.
18:59Eh bien,
18:59il faut peut-être
19:00lui dire
19:01à lui aussi
19:02que désormais,
19:03il faut qu'il fasse pression
19:04sur son ami,
19:06amitié éternelle,
19:07Poutine.
19:08Ça fera bientôt
19:08six mois
19:09que Donald Trump
19:09justement a fait son retour
19:10dans le bureau
19:11Oval à la Maison Blanche.
19:12Avec le recul,
19:13au bout de six mois,
19:14vous en tirez quel bilan ?
19:16Un seul,
19:17si vous permettez.
19:18Ce qui vient
19:19de ce qui s'est passé
19:20depuis six mois,
19:21nous fait prendre conscience
19:22alors que je dis un seul,
19:23un mot,
19:23avec des multiples répercussions
19:25bien entendu,
19:26c'est la perte de confiance.
19:28Tout notre monde
19:28d'après-guerre
19:30s'est reconstruit
19:31sur la confiance,
19:33la confiance que nous avions
19:34dans les institutions
19:35internationales,
19:36dans le droit,
19:37dans le droit international,
19:38dans la solidité
19:40de notre alliance
19:40avec les États-Unis
19:41d'Amérique.
19:42Eh bien,
19:42tout ça
19:42est tombé.
19:44Et aujourd'hui,
19:44nous nous retrouvons,
19:46nous nous retrouvons
19:47seuls
19:47face à nos responsabilités,
19:49en particulier
19:49nos repéens.
19:50Et c'est la raison
19:51pour laquelle,
19:52et je le redis,
19:53il faut en tirer
19:54les conséquences
19:54maintenant.
19:56Nous sommes un grand continent
19:57de 450 millions
19:58de concitoyens,
20:00une fois et demie
20:00plus importants
20:01que les États-Unis
20:02qui sont 330 millions.
20:03Alors,
20:04prenons notre destin en main,
20:05ayons conscience
20:06de la force
20:06que nous représentons
20:07et avançons
20:08sans ambiguïté,
20:10sans nous poser
20:12des questions
20:12si ça va plaire
20:13aux uns aux autres.
20:14On est désormais
20:15seuls
20:15face à notre destin.
20:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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