00:00Dans un contexte où le gouvernement encourage la transformation locale et l'investissement national direct, l'État gaboné a pris la décision stratégique d'acquérir 30% du capital de l'usine santé pharmaceutique implantée dans la zone économique spéciale d'un coq.
00:15Cette initiative pourrait marquer un tournant décisif vers une plus grande souveraineté sanitaire en remettant en question la dépendance persistante du système sanitaire national aux importations.
00:26Doté d'une autorisation de mise sur le marché pour 40 produits et d'une exclusivité nationale pour une vingtaine de molécules essentielles, l'usine, la santé pharmaceutique est aujourd'hui à l'agonie.
00:38Selon les données recueillies par Gabon Media Time au cours d'une enquête sur le terrain, l'entreprise n'a réalisé qu'un chiffre d'affaires de 4 millions de francs CFA en 2024 pour des dépenses mensuelles dépassant les 100 millions de francs CFA.
00:51Sur les 300 emplois projetés, seuls 85 salariés sont encore en activité, 15 ayant déjà été licenciés.
00:59Pire, 500 millions de francs CFA de stock dorment dans les entrepôts de l'usine, faute de débouchés commerciaux dans un circuit de distribution verrouillé.
01:08Ces chiffres traduisent un paradoxe douloureux pour une entreprise censée incarner l'ambition de transformation locale et la souveraineté du pays en matière de santé publique
01:17dans un monde de plus en plus exposé à des pandémies de toutes sortes.
01:22Les produits de cette entreprise sont pourtant vendus 40% moins chers que ceux importés,
01:27tout en répondant aux normes internationales et à la réglementation nationale en vigueur.
01:32L'objectif affiché par le gouvernement dans sa décision d'entrer au capital de la santé pharmaceutique est clair,
01:38en faire un levier stratégique dans sa politique de santé publique.
01:41Vous savez comme moi quel est l'attachement du chef de l'État à la question de la santé.
01:46Et les problèmes dans le domaine de la santé tiennent, si on veut les résumer, à deux choses.
01:52La disponibilité de structure aux normes internationales et d'autre part la disponibilité du médicament.
01:56Ces difficultés, je pense, ont été portées à l'attention du sectoriel, donc du ministère de la Santé compétent,
02:04qui a son agenda. Il n'y a pas une absence de politique publique.
02:07Il y a peut-être des questions de timing à régler quant au déploiement de ces politiques publiques.
02:13Quand l'État décide quand même d'entrer dans le capital d'une société qui plus est à hauteur de 30%,
02:18c'est quand même important, c'est certainement pour y apporter sa touche,
02:23pour y apporter un certain nombre d'éléments qui vont permettre peut-être de mieux encadrer,
02:28de mieux soutenir l'activité de cette entreprise,
02:31pour booster ou libéraliser l'accès de ces produits sur l'ensemble du territoire national.
02:37Parce que, comme vous le savez, ce ne sont pas les besoins qui manquent.
02:41C'est une très bonne chose que d'avoir une entreprise telle que celle dont vous parlez,
02:46qui produit en local des produits qui peuvent servir à entretenir la santé de nos compatriotes.
02:52Il serait absurde que l'État ne fasse rien.
02:54Mais l'État a décidé d'entrer à 30%.
02:56Et l'État décide de rentrer à 30% parce que nous sommes dans une logique d'une utilisation
03:01beaucoup plus transparente, rationnelle, effective, efficace des deniers publics.
03:06Si l'État mobilise des fonds pour rentrer au capital d'une telle entreprise,
03:10c'est parce que derrière, il y a quand même un projet.
03:13Et je pense que, dans les prochains mois, nous serons peut-être emmenés à en reparler,
03:18mais là, avec des éléments qui pourraient tenir lieu de conséquences
03:21de cette émission de l'État, donc au capital de l'entreprise en question.
03:27Un engagement de taille qui témoigne de la volonté de redonner vie
03:31à un outil industriel national.
03:34Toutefois, cette participation publique ne saurait suffire
03:37sans une inclusion effective de l'entreprise
03:39dans la politique sanitaire nationale en particulier,
03:43dans la remise en service des pharmacies hospitalières,
03:45aujourd'hui largement inopérante,
03:47au nez et à la barbe du ministère de la Santé
03:50et de l'Agence nationale du médicament.
03:53Comment comprendre que des patients de nuit
03:55soient contraints de quitter l'hôpital public
03:57pour aller chercher leurs médicaments dans les pharmacies de garde ?
04:00Cette situation, indigne d'un pays qui se veut souverain
04:03et protecteur de sa population,
04:06interpelle directement le ministère de la Santé publique
04:08et appelle à une réforme structurelle du circuit du médicament.
04:12La reconsidération du rôle stratégique de la santé pharmaceutique
04:17est une grandeur nature pour le gouvernement.
04:19Au-delà de l'investissement financier,
04:22il s'agit d'intégrer durablement cette unité de production
04:24de dernière génération dans les dispositifs de commande publique,
04:29dans la couverture des besoins hospitaliers
04:31et dans les politiques de maîtrise des coûts de santé,
04:34notamment au sein de la Caisse nationale d'assurance maladie
04:36et de garantie sociale.
04:38En entrant dans le capital de l'entreprise,
04:40l'État gabonais ne doit pas seulement chercher
04:43un retour sur investissement.
04:44Il s'agit de rétablir une logique de service public,
04:48de créer des emplois qualifiés,
04:50de réduire la dépendance aux importations
04:52et surtout de garantir un accès équitable
04:55et efficace aux médicaments pour tous les Gabonais.
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