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  • il y a 7 mois
GRAND DÉBAT / Budget 2026 : que nous concocte François Bayrou ?

« Le récap » par Thibault Hénocque

À l'approche de l'annonce des grandes orientations budgétaires pour 2026, prévue le 15 juillet 2025, le Premier ministre François Bayrou entretient le suspense. Depuis plusieurs mois, le gouvernement a multiplié les « ballons d'essai », notamment sur la suppression de certaines niches fiscales, comme l'avait évoqué Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, en avril. Dernière idée en date : une « année blanche» budgétaire, qui consisterait à geler pendant un an les retraites, les prestations sociales et le barème de l'impôt sur le revenu, sans tenir compte de l'inflation. Pour Clément Beaune, haut-commissaire à la stratégie et au plan, cette mesure permettrait d'économiser entre 15 et 20 milliards d'euros. Mais l'Institut des Politiques Publiques avance une estimation bien plus modeste : 5,7 milliards d'euros. Cette proposition suscite de vives oppositions, notamment de la part de La France Insoumise et du Rassemblement National. Dans un contexte où le gouvernement doit trouver 40 milliards d'euros d'économies, la tâche s'annonce ardue, d'autant plus que le Parlement reste profondément divisé. Quelles seront alors les options retenues par François Bayrou ? Et surtout, permettront-elles à la France de ramener son déficit à 4,6 % du PIB en 2026, comme le prévoit l'objectif fixé ?

Invités :
- Philippe Brun, député socialiste de l'Eure,
- Jean-René Cazeneuve, député « Ensemble Pour la République » du Gers,
- François Geerolf, économiste à l'OFCE,
- Fanny Guinochet, journaliste économique à « La Tribune » et « France Info ».

GRAND ENTRETIEN / Philip Turle : le Royaume-Uni de retour dans le giron de l'Union Européenne ?

Le sommet franco-britannique débuté le mardi 8 juillet 2025 a mis fin à plusieurs années de distance diplomatique entre les deux pays à la suite du Brexit. Au cours de ces trois jours, de nombreux sujets ont été évoqués notamment la question migratoire et des « small boats » traversant la Manche au départ du nord de la France. Londres réclame plus d'efforts de Paris contre les départs en échange des financements accordés. Un projet d'accord bilatéral de retours de migrants selon le principe « un pour un », inspiré de l'accord UE-Turquie de 2016, est à l'étude, impliquant la régularisation au Royaume-Uni d'un migrant pour un migrant renvoyé en France. Les pays du sud de l'Europe, alors porte d'entrée du continent européen pour les populations migrantes, craignent que ces ressortissants revenant en France soient dirigés vers leurs territoires. En parallèle, Emmanuel Macron et Keir Starmer ont approfondi leur coopération militaire, notamment concernant le soutien à l'Ukraine et la dissuasion nucléaire. Un « groupe de supervision nucléaire » sera créé, tandis que la coopération industrielle s'accélère sur les missiles et les technologies de défense avancées. Ce partenariat de défense, qualifié d' « Entente Industrielle », vise

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Transcription
00:00:00...
00:00:00Bonsoir à tous et bienvenue dans Savourgarde.
00:00:09Au programme ce soir, sortez les calculatrices.
00:00:12Le gouvernement cherche 40 milliards d'euros, pas moins, pour son prochain budget.
00:00:16Les annonces du Premier ministre sont prévues mardi.
00:00:19Entre-temps, spéculation, ballon d'essai et ligne rouge.
00:00:23On fait le point avec nos invités en plateau, évidemment.
00:00:26Réchauffement entre Londres et Paris.
00:00:28Dernier jour de la visite d'État d'Emmanuel Macron au Royaume-Uni.
00:00:32On reçoit le journaliste britannique, évidemment, Philippe Thurl,
00:00:35pour revenir justement et faire le bilan de cette visite d'État.
00:00:39Enfin, faut-il désarmer la police municipale ?
00:00:42La proposition de l'insoumise Mathilde Panot a suscité de vives réactions.
00:00:46À gauche, notamment, faut-il désarmer la police municipale ?
00:00:49C'est la question qui fâche ce soir dans cette émission.
00:00:52Vous avez le programme, ça vous regarde, c'est parti.
00:00:58Il ne se dérobera pas, c'est la promesse de François Bayrou sur le budget.
00:01:12Mardi, on devrait en savoir plus sur les arbitrages du Premier ministre,
00:01:16qui joue rien de moins que sa place à Matignon.
00:01:20Alors, les pistes, les dernières informations, les lignes rouges des uns et des autres,
00:01:23on va voir ça ce soir sur ce plateau avec deux députés assidus de la Commission des Finances,
00:01:29Jean-René Cazeneuve, député du GERS, du groupe Ensemble pour la République.
00:01:32Bonsoir.
00:01:33Philippe Brun, vous êtes vous, député socialiste de l'heure.
00:01:36Là, toujours très informé, Fanny Guinochet, journaliste économique à La Tribune et à France Info.
00:01:41Et puis, on compte sur vous, François Girol, économiste à l'OFCE, pour les grandes données, les grands chiffres.
00:01:47Alors, on va voir ce que vous savez, ce que vous souhaitez, ce que vous sentez sur ce budget 2026,
00:01:51mais on commence avec le récap de Thibaut Henoch.
00:02:04Et donc, Thibaut, le 15 juillet, François Bayrou va donc présenter ses choix budgétaires.
00:02:09Oui, profitez bien du 14 juillet, la veille, Elsa et vous tous, du défilé, du feu d'artifice et de l'ambiance,
00:02:15parce qu'elle risque d'être beaucoup moins festive.
00:02:16Le 15, le Premier ministre a déjà préparé les esprits à des lendemains qui déchantent.
00:02:22Florilège de ses déclarations sur le budget, nous avons laissé monter la marée des déficits.
00:02:26Nous sommes un pays en danger mortel.
00:02:28J'ai évoqué un Himalaya composé d'une dizaine de sommets de plus de 8000 mètres.
00:02:33Alors, dramatisation excessive ou justifiée, laissons parler le juge de paix, la Cour des comptes.
00:02:39Nous sommes désormais, oui, le pays qui a le déficit le plus élevé de la zone euro.
00:02:45Nous risquons de nous trouver confrontés, si rien n'est fait pour le contrecarrer, un véritable effet boule de neige, rien qu'en 2024.
00:02:54La charge de l'aide publique a augmenté de 7 à 3 milliards d'euros, soit 14%.
00:02:58C'est-à-dire que la boule de neige, elle commence déjà, en fait, à rouler.
00:03:01Alors, pour arrêter la boule de neige, il faut un mur de glace, un mur de 40 milliards d'économies, peut-être même 45, réclame Bercy,
00:03:09de quoi ramener idéalement le déficit à 4,6% en 2026 contre 5,4% en 2025, le tout en se fondant sur une prévision de croissance optimiste de 1,2%.
00:03:21Alors, comment y parvient-on, Thibault ? Quelles sont les pistes sur la table ?
00:03:24Alors, François Bayrou se montre énigmatique.
00:03:26Les arbitrages sont gardés secrets jusqu'à mardi.
00:03:29Il faut donc se fier au ballon d'essai lâché ces dernières semaines pour se faire une idée.
00:03:33Ils volent tous dans la même direction la baisse des dépenses publiques.
00:03:37Première piste, celle qui revient le plus, celle d'une année blanche.
00:03:41Il ne s'agit pas d'une année neigeuse, mais d'un gel de toutes les dépenses au niveau de l'année 2025,
00:03:46alors qu'elles sont normalement rehaussées de l'inflation.
00:03:48Les dépenses des ministères, le barème de l'impôt et les pensions de retraite pourraient ainsi être prises dans la glace.
00:03:53Deuxième piste, le budget de la sécurité sociale.
00:03:56Un tour de vis est envisagé sur les arrêts maladies.
00:03:59Autre potion amère, une nouvelle réforme de l'assurance chômage pourrait permettre d'économiser plusieurs milliards.
00:04:04Mais ce n'est pas tout, Elsa.
00:04:05Comme si cela n'était pas assez compliqué, devinez qui vient rajouter une petite difficulté supplémentaire ?
00:04:11Emmanuel Macron, le président de la République, aurait tacté une augmentation supplémentaire des moyens de la défense dès 2026,
00:04:19au-delà de ce que prévoit la loi de programmation militaire non négociable.
00:04:23La sécurité de la France et du continent en dépendent.
00:04:26Alors on le voit, Thibault, l'équation budgétaire, elle est compliquée, mais l'équation politique, elle l'est tout autant.
00:04:31Oui, jugez plutôt d'un côté une gauche qui ne votera pas de coup de rabot dans le modèle social et qui voudrait des hausses d'impôts.
00:04:37De l'autre, une droite qui souhaite tout l'inverse.
00:04:40Le 100% de la restauration de l'équilibre budgétaire en France doit reposer sur des économies et aucune hausse d'impôts.
00:04:46100% d'économies, 0% de hausse d'impôts. Aucune augmentation d'impôts. Aucune.
00:04:52Donc pour nous, c'est très simple, c'est aucune augmentation d'impôts.
00:04:56Alors au milieu de ces lignes rouges, comment trouver une ligne d'horizon ?
00:05:00Eh bien François Bayrou compte sur une chose, le sens des responsabilités, celui des Français et des parlementaires.
00:05:06C'est le Parlement qui choisira et je vous le dis, chacun prendra ses responsabilités.
00:05:12Le gouvernement n'éludera pas les siennes.
00:05:14Alors que le risque d'une motion de censure sur ce budget 2026 semble plus que jamais d'actualité,
00:05:20François Bayrou, on le comprend, pourrait jouer son vatou en disant le 15 juillet sa vérité, dut-elle entraîner sa chute ?
00:05:26Merci beaucoup Thibaut.
00:05:29On va revenir ensemble sur ce qu'a dit Thibaut, à la fois les pistes, à la fois ce qu'on peut attendre.
00:05:34Mais d'abord Fanny Guinochet, mardi, la presse est convoquée à 16h.
00:05:38Est-ce qu'à 17h, on aura les grandes lignes du budget, les grands arbitrages
00:05:42où on pourrait rester dans des déclarations d'intention ?
00:05:45Écoutez, on espère qu'on aura quand même quelques éclaircissements parce que c'est vrai que ça a été très bien rappelé.
00:05:53Ça fait des semaines qu'on nous promet, qu'on entend cette musique, cette promesse, on va faire des efforts.
00:05:59C'est assez rare d'ailleurs d'avoir une présentation comme ça au cœur de l'été.
00:06:05Auparavant, habituellement, le budget c'est la rentrée, ça nous occupe à la rentrée.
00:06:09C'est vrai que là, François Bayrou a voulu, pour associer tous les Français, dit-il, à l'effort,
00:06:15mais en parler très tôt de ce budget avec foule de ballons d'essai.
00:06:20Donc tous les jours, on a une proposition, je caricature un peu, mais quand même.
00:06:24Enfin, tous les jours, on a...
00:06:25Donc c'est vrai que pour les Français, ce que l'on peut voir très concrètement,
00:06:29c'est que ça suscite plutôt de l'inquiétude, parce qu'il y a un indicateur, par exemple,
00:06:34qui progresse en France, c'est le taux d'épargne.
00:06:36On est à quasiment 19%.
00:06:38Donc en fait, à force de se dire, on va souffrir, on va avoir des efforts à faire,
00:06:41on va avoir probablement des hausses d'impôts, même si on a entendu,
00:06:44donc il n'y aura pas de hausses d'impôts, ou en tout cas, nous, on n'en veut pas, machin.
00:06:48Les Français, ils se disent, en fait, le budget, ça va être difficile,
00:06:51donc on va mettre l'argent de côté.
00:06:5319% de taux d'épargne, c'est plus élevé que ce qu'on a eu pendant le Covid,
00:06:57alors que les Français ne pouvaient pas consommer, puisqu'ils étaient confinés chez eux.
00:07:00Il y a aussi certains groupes qui font des propositions, justement, sur cette épargne.
00:07:03René Cazineuf, vous, vous soutenez le Premier ministre.
00:07:06Il vous a prévenu, il doit vous avoir dit quand même quelques grandes lignes,
00:07:08ou alors mardi, comme tous les Français, vous allez découvrir ce qu'il propose.
00:07:12– Votre journaliste a fait une description assez juste de ce qui allait se passer.
00:07:18On aura quand même un certain nombre d'informations précises,
00:07:20parce qu'il y a, mi-juillet aussi, les lettres plafonds,
00:07:24les lettres plafonds qui donnent, par ministère, par mission,
00:07:26enfin, soyons simple, par ministère, qui donnent le budget 2026.
00:07:30– C'est ce que Bercy envoie, voilà, à chaque ministère,
00:07:32en disant, voilà votre argent pour l'année prochaine.
00:07:34– Et au Parlement, et donc on aura la visibilité sur, probablement,
00:07:37des baisses sur un certain nombre de ministères, des hausses, vous l'avez dit,
00:07:40on veut préserver les dépenses de l'armée, elles vont même augmenter.
00:07:45Et comme on a dit que, globalement, les dépenses de l'État ne devaient pas augmenter en valeur,
00:07:50ça veut dire que si on a un peu plus de dépenses militaires,
00:07:53si on a un peu plus de dépenses dans le domaine de l'éducation,
00:07:56si on a une charge de la dette, hélas, qui augmente,
00:07:59il faut qu'il y ait des budgets qui baissent.
00:08:01Et donc, c'est quand même une information qu'on aura le 15, la semaine prochaine.
00:08:06– Philippe Brun, vous, les socialistes et les différents groupes d'opposition,
00:08:09vous avez été reçus à Bercy, est-ce qu'on vous a quand même répondu
00:08:12à certaines de vos questions ?
00:08:13Est-ce que vous, vous avez pu donner vos lignes rouges ?
00:08:15Mais est-ce que vous avez obtenu des réponses, des informations sur ce budget ?
00:08:18– Non, pour une raison simple, c'est que les arbitrages n'ont pas été pris
00:08:20par le Premier ministre pour l'instant,
00:08:22les ministères font des propositions, Bercy a fait, bien sûr, des propositions,
00:08:26ce qui a été décrit par le journaliste juste avant à Évray,
00:08:28donc la fameuse année blanche, un certain nombre de réductions de crédits
00:08:32pour les ministères, pour les opérateurs, les agences,
00:08:365 milliards demandés aux collectivités locales,
00:08:39des coupes aussi dans les budgets des hôpitaux,
00:08:40enfin bon, on a des choses qui sont déjà sorties dans la presse,
00:08:43d'excellents journalistes économiques qui en ont parlé jusqu'ici,
00:08:46on n'a pas davantage d'informations, nous les socialistes, on s'est préparés,
00:08:50on a fait aujourd'hui un séminaire pour préparer nos propositions budgétaires
00:08:54qu'on révélera après le discours du Premier ministre ce mardi.
00:08:56– Pour réagir très vite, on imagine.
00:08:58François Giroffle, on entend énormément parler de ce chiffre, 40 milliards d'euros,
00:09:02est-ce qu'il y a déjà un accord sur ce chiffre ?
00:09:04C'est ce qu'il faut économiser pour atteindre l'objectif de 4,6% en 2026,
00:09:09et donc la trajectoire 3% en 2029 ?
00:09:12– Oui, c'est l'objectif qui est en tout cas affiché par le gouvernement,
00:09:15compatible avec nos engagements européens,
00:09:18et il faut se rappeler que c'est 40 milliards cette année,
00:09:20mais en réalité on va faire un effort similaire,
00:09:23c'est ça qui est prévu, dans les 5 années qui viennent.
00:09:26Donc en fait, l'effort auquel on s'attend,
00:09:29en tout cas la loi de programmation pluriannuelle,
00:09:31annonce un effort budgétaire de l'ordre de 100 milliards à 150 milliards d'euros,
00:09:36ou plutôt de 140 milliards.
00:09:37– C'est-à-dire qu'on ne peut même pas dire,
00:09:38ça va être douloureux l'année prochaine et ça ira après,
00:09:41c'est sur plusieurs années.
00:09:42– Et moi c'est ça qui m'inquiète un petit peu, pour être honnête,
00:09:44je me demande si on ne fixe pas des objectifs quand même un petit peu ambitieux.
00:09:47Alors on va voir ce qui ressort effectivement le 15 juillet,
00:09:50moi je m'attends à ce que ce soit, pour être honnête,
00:09:52un petit peu en dessous de 40 milliards,
00:09:55parce que 40 milliards c'est très difficile à économiser,
00:09:58on a rappelé qu'il y a des budgets qui sont en hausse,
00:10:01il y a un certain nombre de lignes rouges qui ont déjà été fixées
00:10:03par un certain nombre de partis politiques,
00:10:04les retraites par exemple,
00:10:06or c'est les lignes rouges sur les grandes masses par définition,
00:10:08donc si on reste sur les petites masses et qu'il faut faire des économies
00:10:12sur des petites masses de l'ordre de 40 milliards d'euros,
00:10:14c'est extrêmement difficile à faire.
00:10:15– Fanny Guinochet, on dit peut-être un petit peu moins,
00:10:18mais peut-être aussi un peu plus,
00:10:19puisqu'après pour se donner des marges de manœuvre,
00:10:22on sait comment ça fonctionne, c'est des compromis,
00:10:24on va donner un milliard à quelqu'un, un milliard à un autre groupe,
00:10:27il pourrait annoncer 45 milliards d'euros d'économies ?
00:10:29– Surtout qu'on attend avec impatience le discours d'Emmanuel Macron dimanche soir,
00:10:33qui, on a peu d'informations là aussi,
00:10:36mais on a visiblement une piste qui se dessine,
00:10:40c'est qu'en prenant sa casquette de chef des armées,
00:10:43Emmanuel Macron va demander à ce que le budget de la défense,
00:10:48qui est déjà sanctuarisé en quelque sorte,
00:10:51parce que vu la menace dans laquelle on se trouve,
00:10:54je crois qu'il y a un consensus sur le fait de ne pas y toucher,
00:10:56mais le président de la République demanderait,
00:10:59aujourd'hui c'est au conditionnel,
00:11:00mais c'est un conditionnel quand même qui va certainement se confirmer.
00:11:04– De l'indicatif, très important.
00:11:06– Voilà, qu'on fasse un effort supplémentaire pour les armées,
00:11:10donc forcément si on fait un effort supplémentaire,
00:11:12et bien ce n'est pas un petit effort,
00:11:14parce que là on parle de milliards d'euros,
00:11:17la loi de programmation militaire,
00:11:19elle serait, on a déjà prévu de faire 3 milliards d'euros de plus l'année prochaine,
00:11:23on doublerait l'effort,
00:11:24donc il faut les trouver quelque part ces milliards d'euros,
00:11:27donc c'est forcément en prenant ailleurs,
00:11:31en taillant dans la dépense,
00:11:32ou alors en augmentant les impôts,
00:11:33mais ça semble être une ligne rouge du côté de la majorité.
00:11:35– Vous en parliez Jean-René Caseneuve de cette loi de programmation militaire,
00:11:38on sait déjà, vous avez l'information,
00:11:41comme quoi Emmanuel Macron va annoncer quelques milliards supplémentaires,
00:11:44et que par voie de cause à effet,
00:11:45il va falloir trouver quelques milliards de plus.
00:11:47– On a cette information,
00:11:48je suis évidemment incapable de dire de combien,
00:11:50et c'est lui qui le dira.
00:11:52Peut-être préciser, pour que ce soit clair pour nous,
00:11:55on parle de 40 milliards d'économies
00:11:57par rapport à un budget qui augmente,
00:12:00donc c'est une moindre augmentation,
00:12:01il faut toujours le rappeler,
00:12:02parce qu'il y a l'impression que ça va baisser de 40 milliards,
00:12:04non, c'est par rapport à une tendance si on ne faisait rien,
00:12:06donc globalement, si on ne fait rien,
00:12:08on va faire plus de 60 milliards,
00:12:10on va retirer 40 milliards,
00:12:12donc on va faire plus de 20 milliards,
00:12:13donc les dépenses publiques vont augmenter,
00:12:16comme elle a fortement augmenté l'année dernière et les années précédentes.
00:12:19– François Giroff, est-ce que l'économiste est d'accord,
00:12:22et est-ce que quand on parle de 40 milliards d'euros…
00:12:24– C'est ce que 25 milliards qu'il faut faire comme effort ?
00:12:26– Et est-ce que ça veut dire que c'est un budget austéritaire,
00:12:28quand il y a 40 milliards d'euros d'économies,
00:12:29ou comme m'explique Jean-Romé Cazeneuve,
00:12:31comme c'est une moindre hausse,
00:12:33on ne peut pas parler d'austérité ?
00:12:35– Si on prolonge vraiment cet effort pendant 5 ans,
00:12:37oui, on va pouvoir commencer à parler d'austérité,
00:12:39je veux dire 125 milliards,
00:12:41enfin 25 milliards même sur 5 ans,
00:12:43c'est absolument considérable,
00:12:44on ne l'a jamais fait.
00:12:46Donc oui, ce serait un budget austéritaire,
00:12:48et voilà, la question aussi,
00:12:50je pense qu'il faudrait poser,
00:12:51est-ce que c'est ce qu'on a envie de faire dans les 5 prochaines années ?
00:12:53– Alors justement, Philippe Brun,
00:12:55j'ai le sentiment que ce n'est pas forcément ce que les socialistes veulent faire.
00:12:58Déjà sur ce constat de 40 milliards d'euros,
00:12:59vous vous dites que la marche est trop haute,
00:13:01et je rajoute qu'il y a en plus une condition,
00:13:03ces 40 milliards, sans hausse de fiscalité.
00:13:06– Oui, en fait c'est une marche qui n'est pas atteignable en vérité.
00:13:09– Elle ne sera pas atteinte quoi qu'il arrive.
00:13:11– L'année blanche, là dont on parle,
00:13:12on en parle beaucoup sur les plateaux,
00:13:13on a invité à m'en parler,
00:13:14c'est maximum 6 milliards ce que ça rapporte.
00:13:16Donc vous vous rendez compte qu'il y a une différence entre 6 et 40.
00:13:19Et même si on enlève un peu des choses de collectivité pour 5 milliards,
00:13:23on arrive péniblement à 11.
00:13:24Pour arriver à 40, ce sera très difficile.
00:13:26Et la vérité, c'est comment vous arrivez à 40 ?
00:13:28C'est des choses qui font mal,
00:13:29parce que vous ne faites pas des grosses économies la première année.
00:13:32La première année, vous tapez dans ce que vous avez à disposition,
00:13:36vous sabrez des budgets d'investissement.
00:13:38– C'est-à-dire qu'on ne peut pas faire des réformes de structure
00:13:40qui vont rapporter de l'argent à long terme.
00:13:41– Parce qu'il y a facilement, ça verra.
00:13:42Vous supprimez le fonds vert, vous supprimez la prime rénov',
00:13:45vous limitez les retraites, vous faites des franchises médicales,
00:13:49vous déremboursez des médicaments.
00:13:51Bref, ça c'est ce qui permet de faire 40 milliards en une année.
00:13:53Donc ça va faire très très mal aux Français.
00:13:55Nous ce que nous disons, c'est que ça risque de porter atteinte à la croissance.
00:13:59Pourquoi ? Parce qu'on a un problème de consommation,
00:14:01la consommation est très faible dans notre pays,
00:14:02on a une croissance qui est à peu près à 0,6, peut-être même 0,5.
00:14:04– Et on épargne beaucoup, disait Fanny Dinochet.
00:14:06– Et donc il faut qu'aujourd'hui, on relance la consommation.
00:14:09Moi je n'ai pas l'éditeur du supermarché dans ma circonscription,
00:14:11ils me disent qu'il y a un phénomène de déconsommation,
00:14:13c'est-à-dire que les gens, ils achètent moins,
00:14:16ils passent de la marque distributeur au premier prix
00:14:19et de la marque à la marque distributeur.
00:14:21Donc aujourd'hui, il faut qu'on relance la consommation.
00:14:23Nous on pense qu'il faut allonger la durée,
00:14:25on dirait des études très intéressantes qui ont été faites.
00:14:27Et pour revenir sur l'année blanche, je vais citer une étude…
00:14:29– Alors, ne revenez pas sur l'année blanche parce qu'on en parlera après,
00:14:31mais sur ce risque récessif, on en entend beaucoup parler,
00:14:34c'est aussi ce que pointe le président de la commission des finances, Éric Coquerel.
00:14:39Épargne beaucoup déjà, donc on dit effectivement l'État vit au-dessus de ses moyens,
00:14:43c'est vrai, mais la France au global ne vit pas au-dessus de ses moyens,
00:14:46c'est-à-dire les ménages français, en fait qu'on pense presque exactement
00:14:49à travers leur épargne, il y a trois points de PIB de plus d'épargne
00:14:52par rapport à 2017, en fait l'équivalent du déficit public presque.
00:14:57Donc si vous voulez, il y a eu une politique, je pense,
00:15:00qui a été assumée de baisse des impôts sur les catégories moyennes
00:15:07et moyennes supérieures, voire les plus riches,
00:15:10qui forcément, ces gens-là, ils épargnent beaucoup.
00:15:13Moi, je trouve qu'on s'inquiète peut-être un petit peu trop
00:15:16d'un déficit public très élevé dans un contexte où l'épargne privée
00:15:21est quand même très importante et il n'y a personne pour le rappeler.
00:15:23– Et justement, sur cette question, avant de parler de la piste de l'année blanche,
00:15:26Fanny Guinochet, on le disait, François Bayrou,
00:15:27il veut prendre l'opinion à témoin, il veut essayer d'embarquer un peu les Français,
00:15:31parce qu'il sait qu'il ne peut pas compter forcément sur une majorité ici,
00:15:33et en même temps, on est quand même dans un contexte très anxiogène,
00:15:36c'est-à-dire qu'on répète à longueur de temps que ça va être difficile, etc.
00:15:39– Oui, et puis là, un autre point de son discours,
00:15:42c'est de dire que tout le monde fera des efforts.
00:15:44Et dans le pays dans lequel nous sommes,
00:15:45qui est extrêmement soucieux de la justice sociale et fiscale,
00:15:50vous pouvez être sûr que ce que vont pointer les Français,
00:15:54qui ne sont pas contre toutes les réformes,
00:15:56ils ont bien conscience que dans le monde dans lequel on vit,
00:15:59effectivement, il y a une menace géopolitique qui est très forte,
00:16:02qui est anxiogène aussi,
00:16:04mais c'est vrai que la difficulté pour François Bayrou
00:16:06et tous les groupes politiques d'ailleurs,
00:16:09ça va être de dire, écoutez, on fait tous des efforts,
00:16:12et vous ne pouvez pas demander des efforts de la même façon
00:16:15aux plus aisés, aux entreprises,
00:16:18donc ça va être compliqué de voir un peu la composition,
00:16:21parce que les Français vont dire,
00:16:22ok, moi je veux bien me prendre une petite hausse d'impôts,
00:16:25ou qui peut passer par des niches fiscales,
00:16:28qui peut passer par une hausse de mutuelle,
00:16:29ça aussi c'est des hausses de prélèvements,
00:16:31mais de l'autre côté, si les entreprises,
00:16:34elles ne font pas leur part,
00:16:36si les politiques ne font pas leur part,
00:16:37si les collectivités ne font pas leur part,
00:16:39ça risque d'être compliqué.
00:16:39– Et justement, c'est le risque, Jean-Henri Cazenave,
00:16:41on a le sentiment que cette piste de l'année blanche,
00:16:44celle qui la pousse beaucoup chez vous,
00:16:46et vous nous direz si pour vous c'est une option,
00:16:48c'est une manière de dire,
00:16:49allez mais en gros on gèle un peu pour tout le monde,
00:16:51vous vous la défendez cette piste de l'année blanche,
00:16:53je rappelle, c'est on gèle les budgets,
00:16:55on gèle pas de réindexation du barème de l'impôt sur le revenu,
00:16:57pas de revalorisation des retraites,
00:16:59pas de revalorisation des prestations sociales,
00:17:01après on verra dans le détail qu'on peut bouger certains curseurs,
00:17:03est-ce que pour vous c'est, voilà, un petit effort pour tout le monde ?
00:17:06– Je la défends,
00:17:07alors c'est pas la plus intelligente quand on va comme ça,
00:17:10on préférerait effectivement jouer sur tel ou tel levier,
00:17:13et je suis aussi d'accord sur le fait
00:17:14qu'il y a toujours un risque récessif,
00:17:16mais je voudrais aussi, avant de revenir sur l'année blanche,
00:17:19dire qu'on ne peut pas continuer
00:17:22à creuser un déficit indéfiniment.
00:17:24Donc, François Bayrou, il ne dit pas
00:17:26on va faire 40 milliards d'économies pour faire le malin,
00:17:28pour se différencier des hommes politiques
00:17:30qui depuis des dizaines d'années font le contraire.
00:17:32Non, c'est parce qu'on est maintenant dos au mur.
00:17:3560 milliards d'intérêts de la dette, ça veut dire quoi ?
00:17:36Ça veut dire que le 1er janvier, vous faites un chèque,
00:17:38vous allez faire un chèque de 60 milliards.
00:17:4060 milliards, c'est terrible.
00:17:43Donc, je crois qu'il faut absolument refroidir
00:17:46l'augmentation des dépenses publiques.
00:17:48L'intérêt de l'année blanche, vous l'avez dit,
00:17:50c'est qu'elle concerne tout le monde.
00:17:51On voit bien sur les pistes qui sont lancées,
00:17:53à chaque fois, ceux qui sont visés disent
00:17:55il n'est pas question que moi je fasse des efforts,
00:17:57mes voisins doivent aussi en faire,
00:17:59ou ce n'est pas juste que ce soit moi.
00:18:00L'intérêt de l'année blanche, de ce point de vue-là,
00:18:02c'est que, évidemment, chacun fait des efforts.
00:18:04Il faut que ces efforts soient justes.
00:18:06Est-ce que c'est à proportion aussi pour chacun ?
00:18:08Il faut, oui.
00:18:09Quand on gèle, si c'est retenu,
00:18:12je n'ai pas de scoop là-dessus,
00:18:13si on gèle le barème de l'impôt sur le revenu,
00:18:15c'est par définition les Français et les plus aisés
00:18:17qui vont être touchés par cette mesure,
00:18:19c'est-à-dire à peu près 43, 45, 44 % des Français,
00:18:22les plus riches qui vont être touchés.
00:18:23Donc, oui, il faut absolument que dans cette année blanche,
00:18:27il y ait un effort proportionné
00:18:29et que ça touche aussi les plus aisés de nos concitoyens.
00:18:32– Philippe Brun, est-ce que vous avez parlé
00:18:33de l'année blanche lors de vos séminaires ?
00:18:35Est-ce que les socialistes, pour vous,
00:18:36c'est une ligne rouge ?
00:18:37Ou est-ce qu'elle peut exister si on enlève, par exemple,
00:18:41je ne sais pas, les retraites, par exemple,
00:18:43ou voilà, certaines conditions ?
00:18:45– Donc, il y a une très bonne étude de l'OSCE,
00:18:46je voulais citer,
00:18:47ce n'est pas François Gérald qui l'a faite,
00:18:48c'est M. Madek, Pierre Madek,
00:18:51dans lequel il explique les effets sociaux de l'année blanche.
00:18:55Et il montre que l'effort est 2,7 fois plus violent
00:18:58pour les 10 % les plus pauvres
00:19:01que pour les 10 % les plus riches.
00:19:02C'est-à-dire que l'année blanche,
00:19:03c'est avant tout un impôt sur les pauvres.
00:19:04– Est-ce qu'on peut la corriger, justement, un petit peu ?
00:19:07– Nous, on sait qu'il y a un problème,
00:19:08de toute façon, aujourd'hui,
00:19:10on est favorable à une désindexation,
00:19:11mais pas des petites retraites,
00:19:13pas des moyennes retraites.
00:19:14Et donc, on est prêt à discuter…
00:19:16– Sur un certain seuil, par exemple ?
00:19:17– Sur un certain seuil qu'on n'a pas fixé aujourd'hui,
00:19:19mais qui permet d'éviter l'effet sur la consommation
00:19:22et surtout d'éviter l'injustice du système.
00:19:24Quand vous êtes à la mutualité sociale agricole,
00:19:26avec une retraite à 700 euros,
00:19:28ne pas redexer sur l'inflation,
00:19:29c'est très cruel et très difficile de survivre.
00:19:31Et ça a fait baisser la consommation.
00:19:33Après, les retraités à 5 000 euros,
00:19:34qu'on ne les réindexe pas,
00:19:35je pense qu'ils s'en sortiront.
00:19:37– Et pour le barème de l'impôt sur le revenu, par exemple ?
00:19:39Parce que ça, ça concerne un ménage sur deux
00:19:40qui paye l'impôt.
00:19:41– Il faut faire attention aux entrées dans le barème.
00:19:43C'est-à-dire qu'il y a des gens
00:19:43qui ne payaient pas d'impôt sur le revenu,
00:19:45qui vont se mettre à en payer.
00:19:47Donc, il faut qu'on…
00:19:47– Mais donc, vous regardez dans le détail,
00:19:48on a le sentiment chez les socialistes.
00:19:50Ce n'est pas non-d'office.
00:19:51– Notre ligne directrice,
00:19:52je me permets de le dire un peu en avance,
00:19:53parce qu'on va en parler mardi,
00:19:55mais c'est de dire,
00:19:56on ne veut rien qui fasse du mal
00:19:58aux classes populaires et aux classes moyennes.
00:19:59On veut exonérer d'efforts,
00:20:00les classes populaires et les classes moyennes,
00:20:02et mieux répartir l'effort.
00:20:03On a un certain nombre de propositions fiscales aussi,
00:20:05car faire aucun impôt
00:20:06au moment où on demande des efforts à tout le monde,
00:20:09ce n'est pas acceptable.
00:20:10– On peut discuter sur cette année blanche,
00:20:12Jean-René Cazeneuve,
00:20:12ou l'année blanche,
00:20:13si on commence à trop la négocier,
00:20:14elle ne rapporte plus rien à la fin ?
00:20:15– Je pense que c'est notre intérêt,
00:20:18l'intérêt du gouvernement,
00:20:19l'intérêt de notre pays,
00:20:20et je crois donc l'intérêt du Parti socialiste
00:20:22que de discuter.
00:20:23Et donc, je crois que les socialistes
00:20:24sont face à ce choix, effectivement.
00:20:27Soit ils font le choix de la raison
00:20:29et ils rentrent dans cette phase de négociation,
00:20:30soit ils font le choix de l'alignement
00:20:32sur la France insoumise,
00:20:33ce qui ne me paraît pas une bonne idée.
00:20:34– Fanny Guinochet,
00:20:35est-ce que les Français peuvent entendre
00:20:37cette histoire d'année blanche
00:20:39en disant, en gros, on gèle tout,
00:20:40puisque de toute façon,
00:20:41personne ne sera d'accord
00:20:42sur où il faut faire les économies,
00:20:44mais on les fait un peu partout.
00:20:45– Ils peuvent l'entendre,
00:20:46c'est un coup de rabot aveugle,
00:20:47en fait, une année blanche,
00:20:49mais c'est vrai que d'augmenter
00:20:53les prélèvements,
00:20:54ou en tout cas,
00:20:55de baisser les prestations sociales
00:20:56pour ceux qui vivent à l'europrès
00:20:59à la fin du mois,
00:21:00c'est extrêmement compliqué.
00:21:01Et je parle sous votre contrôle,
00:21:02mais je crois qu'on ne l'a jamais fait.
00:21:04Quand vous vivez avec le RSA,
00:21:07une année blanche,
00:21:09une non-indexation,
00:21:12ça se ressent tout de suite.
00:21:14La difficulté aussi,
00:21:15on voit dans ce budget,
00:21:16et c'est intéressant de vous entendre,
00:21:17c'est qu'il y a un gros sujet aussi
00:21:19qui va se poser sur les retraites.
00:21:20C'est quand même un de nos premiers
00:21:21postes de dépense.
00:21:22Les retraités,
00:21:23alors je sais que quand je dis ça...
00:21:25Ce n'est pas très populaire.
00:21:26Ce n'est pas du tout populaire,
00:21:27mais il y a encore eu l'INSEE,
00:21:29il y a deux jours,
00:21:30qui a sorti une étude
00:21:31qui montre que le niveau de pauvreté
00:21:33est plus élevé,
00:21:35en moyenne française,
00:21:37et notamment,
00:21:38il est très élevé,
00:21:39par exemple,
00:21:39chez les familles monoparentales,
00:21:42que chez les retraités.
00:21:43aujourd'hui,
00:21:44on peut regarder que notre pays
00:21:47a fait le choix politique,
00:21:49social,
00:21:50ces dernières années,
00:21:51de maintenir le pouvoir d'achat
00:21:53des retraités.
00:21:53L'électorale aussi, peut-être.
00:21:54Donc ça,
00:21:55ça va être un vrai sujet
00:21:56sur l'indexation ou pas
00:21:57des retraités,
00:21:58des retraités aisés,
00:21:59à partir de quel niveau ?
00:22:01Ça risque d'être
00:22:01des vrais sujets de polémique.
00:22:02Et sur cette question,
00:22:03François Girolf,
00:22:04de l'année blanche,
00:22:05déjà,
00:22:05combien ça rapporte ?
00:22:07Est-ce que vraiment,
00:22:07ça rapporte quelque chose ?
00:22:09Est-ce qu'en gros,
00:22:10on ne peut le faire qu'une année
00:22:11et on ne peut pas le faire partout ?
00:22:13Et pardon, je rajoute,
00:22:13mais on dit beaucoup
00:22:14que comme l'inflation
00:22:15n'est pas très élevée en ce moment,
00:22:17voilà, c'est peut-être
00:22:17le moment de le faire
00:22:18puisqu'elle ne sera pas
00:22:20complètement indolore.
00:22:21Mais en tout cas,
00:22:21avec une inflation autour de 1%,
00:22:23ça reste raisonnable.
00:22:24Oui, ça reste raisonnable.
00:22:25D'un autre côté,
00:22:25ça ne va pas rapporter beaucoup,
00:22:28comme l'a rappelé Philippe.
00:22:29Si on gèle tout.
00:22:29C'est plutôt de l'ordre
00:22:30de 5-6 milliards d'euros
00:22:31que de l'ordre
00:22:31de 40 milliards d'euros.
00:22:33Donc il faudrait le faire
00:22:336 ou 7 fois
00:22:34pour obtenir 40 milliards.
00:22:35On est très loin du compte.
00:22:37Et puis, comme vous l'avez dit,
00:22:39il y a certaines prestations,
00:22:40je pense,
00:22:40qui vont être impossibles
00:22:41de geler.
00:22:43Les gens, effectivement,
00:22:44qui ne peuvent pas s'en sortir.
00:22:45Il faut rappeler que l'INSEE
00:22:46vient de sortir
00:22:47le taux de pauvreté
00:22:48qui a augmenté,
00:22:48qui a un niveau historique
00:22:49depuis 1996.
00:22:51En gros, depuis que l'INSEE
00:22:52mesure cet indicateur.
00:22:53Donc on est déjà
00:22:54dans une situation
00:22:55très difficile
00:22:56du point de vue
00:22:56du pouvoir d'achat
00:22:57pour énormément de familles.
00:23:00Et il y a aussi
00:23:00un affichage,
00:23:01je voudrais mettre en garde
00:23:02parce qu'il y a quand même
00:23:03un débat
00:23:03peut-être un petit peu trop fort
00:23:05sur est-ce qu'on va
00:23:06augmenter les impôts,
00:23:07est-ce qu'on va baisser
00:23:07les dépenses ?
00:23:08En fait,
00:23:09quand on met des franchises
00:23:10médicales, par exemple,
00:23:12ça ressemble beaucoup
00:23:12à une hausse d'impôts.
00:23:14De même,
00:23:14quand on choisit
00:23:15de ne pas indexer
00:23:16les pensions
00:23:16ou choisir de mettre
00:23:18une CSG
00:23:18sur les retraités
00:23:19plus importante,
00:23:20c'est la même chose
00:23:21du point de vue
00:23:21du pouvoir d'achat.
00:23:22Donc il y a un affichage
00:23:23quand même politique
00:23:25de dire
00:23:25on ne va pas augmenter
00:23:26les impôts,
00:23:26on ne va faire que
00:23:27sur les dépenses.
00:23:28Encore une fois,
00:23:28quand on choisit
00:23:29de dérembourser
00:23:30des médicaments,
00:23:31ça fait moins
00:23:32de pouvoir d'achat
00:23:32pour les assurer.
00:23:33Jean-René Cazeneuve,
00:23:34vous n'êtes pas d'accord,
00:23:35mais si on prend
00:23:36un Français lambda,
00:23:38si on ne lui augmente
00:23:39pas ses impôts,
00:23:40très bien,
00:23:40mais si à la fin,
00:23:41quand il est malade
00:23:42un jour,
00:23:42il n'a pas de jour
00:23:43de carence
00:23:44ses indemnités journalières,
00:23:46si quand il a
00:23:47un employé à domicile,
00:23:48il n'a pas le crédit d'impôt,
00:23:49il a une baisse
00:23:49de crédit d'impôt,
00:23:51à la fin,
00:23:52si je paye un peu plus
00:23:52en impôts
00:23:53ou si j'ai un peu moins,
00:23:55ça revient à peu près
00:23:55au même,
00:23:56ça fait une baisse
00:23:56de pouvoir d'achat obligé.
00:23:57Si on dit,
00:23:58effectivement,
00:23:59tout ce qui est
00:24:01du domaine médical,
00:24:02c'est gratuit,
00:24:03que dès que je mets
00:24:04un euro,
00:24:04c'est un impôt,
00:24:05si, c'est ce que vous dites,
00:24:07la franchise médicale,
00:24:08ça consiste à dire
00:24:08qu'on paye un tout petit peu
00:24:10de ce qu'on coûte,
00:24:10un tout petit peu,
00:24:12un tout petit peu,
00:24:12c'est pas un impôt,
00:24:14c'est un prélèvement,
00:24:15c'est les impôts,
00:24:16les cotisations,
00:24:17je vais vous prendre
00:24:18un autre exemple,
00:24:19quand même,
00:24:20si, sur les indemnités
00:24:21journalières,
00:24:22est-ce qu'aujourd'hui,
00:24:23on considère normal
00:24:24que l'absentisme,
00:24:26est augmenté
00:24:27dans notre pays
00:24:28de 7%
00:24:30depuis le début de l'année,
00:24:30est-ce qu'on considère
00:24:31normal que dans
00:24:32les collectivités territoriales,
00:24:33on ne travaille pas
00:24:34sans 35 heures ?
00:24:35Non, ça n'est pas normal,
00:24:36donc il faut aussi
00:24:37prendre des mesures
00:24:37pour lutter contre ça.
00:24:39Non, en tout cas,
00:24:40quelque chose
00:24:40qui est intéressant,
00:24:41c'est qu'on se focalise
00:24:41sur le budget de l'État,
00:24:42donc effectivement,
00:24:43il va y avoir
00:24:43chaque ministère
00:24:44qui va recevoir sa lettre,
00:24:45qui va lui dire
00:24:46qu'il faut faire
00:24:46tel et tel niveau d'économie,
00:24:48mais le gros,
00:24:49le gros de la dépense,
00:24:50et là,
00:24:50ça va être le point
00:24:53le plus dur,
00:24:54c'est du côté
00:24:56le projet de loi
00:24:58de la sécurité sociale.
00:24:59Voilà, parce qu'on rappelle,
00:25:00il y a deux budgets
00:25:01discutés différemment,
00:25:02le projet de loi de finances
00:25:03et le projet de loi
00:25:04de financement
00:25:04de la sécurité sociale.
00:25:05Voilà, et c'est dans
00:25:06cette partie-là
00:25:07que ça va être
00:25:07le plus difficile,
00:25:08c'est là où il y a
00:25:08effectivement une augmentation
00:25:10de la dépense
00:25:11qui est extrêmement importante,
00:25:12que ce soit sur les arrêts maladie,
00:25:13mais pour plein de raisons,
00:25:14pour des organisations du travail,
00:25:16pour une histoire
00:25:17de conditions de travail,
00:25:17mais aussi de vieillissement
00:25:18de la population,
00:25:19c'est là où on a
00:25:20le bloc retraite,
00:25:21vous voyez,
00:25:21c'est dans les dépenses sociales
00:25:22que c'est finalement
00:25:24notre modèle social
00:25:25que l'on va questionner aussi
00:25:26à travers ce budget.
00:25:27Qu'est-ce que vous en dites,
00:25:28vous, sur ces dépenses sociales,
00:25:29les socialistes ?
00:25:30Est-ce que vous êtes prêt
00:25:31à regarder la question
00:25:31des arrêts maladie,
00:25:32la question des médicaments,
00:25:34du remboursement
00:25:34de certains médicaments,
00:25:35ou est-ce que pour vous,
00:25:36ce sont des lignes rouges ?
00:25:37Bon, sur le remboursement
00:25:38des médicaments,
00:25:38il y a un problème,
00:25:39c'est-à-dire qu'on ne peut pas
00:25:39demander aux gens
00:25:41de payer des cotisations
00:25:42sociales importantes,
00:25:43des mutuelles importantes,
00:25:45et puis des rembourser ensuite.
00:25:47En revanche, nous,
00:25:48ce que nous disons,
00:25:49c'est qu'il y a un travail
00:25:49énorme affaire
00:25:50sur la fraude,
00:25:50notamment des professionnels
00:25:52de santé.
00:25:52Vous avez un rapport
00:25:53du Haut Conseil
00:25:53au financement
00:25:54de la protection sociale.
00:25:54Il y a un consensus
00:25:55sur ce plateau.
00:25:56On a 13 milliards aujourd'hui
00:25:57parce qu'il y a une fraude massive.
00:25:59Vous savez qu'il y a un réseau
00:26:00de chirurgiens dentistes
00:26:01qui a été suspendu
00:26:02la semaine dernière
00:26:03parce qu'ils facturaient
00:26:04des fausses prothèses.
00:26:06Et vous vous rendez compte
00:26:06qu'il y a 13 milliards
00:26:07chaque année,
00:26:07donc les gens payent
00:26:08comme cotisation.
00:26:09Et ça, il peut y avoir
00:26:10un consensus politique
00:26:11sur cette fraude-là.
00:26:11Il y a un article
00:26:12qu'on avait fait adopter
00:26:13dans le projet de financement
00:26:13de la sécurité sociale
00:26:19pour éviter la fraude.
00:26:20Ça a été censuré
00:26:21pour des raisons de procédure.
00:26:23Et nous, on souhaite vraiment
00:26:24qu'il soit adopté
00:26:24parce que là,
00:26:25il y a une source
00:26:26d'économie gigantesque.
00:26:27Pourquoi les dépenses
00:26:28de santé, elles explosent ?
00:26:29On n'en parle jamais.
00:26:30Ce n'est pas parce que les gens
00:26:31ont un peu plus arrêt maladie.
00:26:32Mais pourquoi elles explosent ?
00:26:34Parce qu'on a une financiarisation
00:26:35incroyable de ce secteur aujourd'hui.
00:26:37Il y a quatre aujourd'hui
00:26:38groupes de biologie médicale.
00:26:40Quand on était gamin
00:26:40et qu'on faisait nos prises de sang,
00:26:41on avait le biologiste
00:26:42en bas de chez soi avant.
00:26:43Il y a aujourd'hui,
00:26:45pareil pour les radiologues,
00:26:46pareil pour les cliniques privées.
00:26:48Et cette financiarisation
00:26:49amène des méthodes
00:26:50prescrites par les fonds
00:26:52de pension américains
00:26:53avec des agents
00:26:54qui sont là pour
00:26:54sur-optimiser les résultats
00:26:56et avec une fraude
00:26:57qui est aujourd'hui gigantesque
00:26:58de la Sécurité sociale
00:26:59ce qui explique en partie
00:27:00l'explosion des dépenses.
00:27:01François Giroff,
00:27:02c'est vrai que c'est sur le budget
00:27:03de la Sécurité sociale
00:27:04qu'on va devoir concentrer les efforts.
00:27:05C'est là où, selon vous,
00:27:06il y a les dérapages
00:27:07les plus importants
00:27:08et les économies à faire ?
00:27:09Il ne s'agit pas de dire
00:27:10qu'il n'y a pas de dérapage
00:27:11et qu'il ne faut faire aucun effort.
00:27:12Il faut la bonne gestion.
00:27:13Je pense que tout le monde
00:27:14est d'accord avec le fait
00:27:15qu'il faut bien gérer l'État
00:27:16et qu'il faut faire très attention
00:27:17à l'argent.
00:27:18Mais je suis assez d'accord.
00:27:19C'est vrai qu'il y a
00:27:20peut-être un problème
00:27:21avec le fait de mélanger
00:27:23un système presque gratuit
00:27:24pour les usagers
00:27:25et une financiarisation
00:27:27avec des acteurs
00:27:27qui essayent de faire du profit
00:27:28donc qui surprescrivent,
00:27:30effectivement,
00:27:30qui font des bilans
00:27:31peut-être à des gens
00:27:33pour qui ce ne serait pas nécessaire,
00:27:35etc.
00:27:36Et peut-être qu'on a du mal
00:27:36à trouver l'équilibre
00:27:37entre les deux,
00:27:38effectivement,
00:27:39avec un système quasi gratuit
00:27:40et qui est en train
00:27:41de se privatiser.
00:27:41Donc là, je pense
00:27:42qu'il y a effectivement
00:27:43un sujet à regarder
00:27:44mais je pense que la CNAM
00:27:45essaie de le faire,
00:27:47fait son travail
00:27:48le plus possible.
00:27:49Ce n'est pas facile aussi
00:27:49de contrôler
00:27:50parce qu'il n'y a pas
00:27:51beaucoup de contrôleurs.
00:27:52Mais je pense qu'on est
00:27:53tous d'accord avec ça.
00:27:54Il y a un autre sujet
00:27:55dont je vous ai parlé,
00:27:56c'est par exemple
00:27:56la rénovation énergétique
00:28:01des logements.
00:28:01Le gouvernement vient de prendre
00:28:02à mon avis
00:28:02une bonne décision
00:28:03en choisissant
00:28:04de faire descendre
00:28:06le coefficient d'énergie primaire,
00:28:08donc c'est un petit peu technique,
00:28:09de 2,3, 1,9
00:28:10qui fait que l'électricité
00:28:11va être moins défavorisée.
00:28:13Ce sont les fameux DPE.
00:28:14Voilà, les DPE.
00:28:15Je pense que tous ceux
00:28:16pour acheter un appartement
00:28:17on le connaît bien.
00:28:19On sera tous d'accord
00:28:20autour de la table
00:28:20pour dire que c'est
00:28:21une bonne mesure.
00:28:21Ça va dans le sens
00:28:22à la fois de la transition écologique
00:28:24et de moins d'argent dépensé.
00:28:25Donc ça va dans le sens
00:28:26de l'efficacité
00:28:27de la dépense publique
00:28:28et je pense qu'il faut aller
00:28:29dans ce sens-là
00:28:29le plus possible.
00:28:30Fanny Guinochet,
00:28:31sur cette question,
00:28:32il y a aussi la question
00:28:33des niches fiscales.
00:28:33On en a beaucoup entendu parler
00:28:35ou raboter.
00:28:36Crédit d'impôt, par exemple,
00:28:37c'est une manne financière.
00:28:39Est-ce que le gouvernement
00:28:40pourrait limiter,
00:28:42par exemple,
00:28:42certains crédits d'impôt
00:28:43pour, alors,
00:28:44pas garde d'enfants,
00:28:44pas maintien à domicile
00:28:45des personnes âgées,
00:28:46a priori ?
00:28:47Oui, mais par exemple,
00:28:47sur le ménage
00:28:48ou sur d'autres prestations,
00:28:49c'est le cas.
00:28:50C'est une niche fiscale
00:28:52qui est très importante
00:28:52mais qui touche
00:28:53le quotidien des Français.
00:28:55Et effectivement,
00:28:55c'est une piste
00:28:56qui a été mise sur la table
00:28:57par Amélie de Montjalin,
00:28:58la ministre des Comptes publics,
00:28:59en disant,
00:29:00écoutez,
00:29:01il faut peut-être
00:29:01faire un effort
00:29:02de ce côté-là
00:29:02donc on concentre.
00:29:04La difficulté,
00:29:05vous voyez typiquement,
00:29:07c'est que les classes moyennes
00:29:09qui utilisent
00:29:09cette niche fiscale
00:29:11pour faire quelques heures
00:29:13de ménage, etc.,
00:29:14vont râler.
00:29:16On peut se dire
00:29:17qu'elles ont les moyens
00:29:17de financer
00:29:19et de ne pas avoir d'aide
00:29:20pour financer
00:29:22des prestations de ménage
00:29:23mais la difficulté,
00:29:24ce qui guette,
00:29:24c'est le travail au noir.
00:29:26On a pu le voir
00:29:27dans les années précédentes.
00:29:29Qu'est-ce qui va se passer ?
00:29:29C'est que finalement,
00:29:30il va quand même y avoir
00:29:31la prestation
00:29:32mais au travail au gris,
00:29:34c'est-à-dire
00:29:34on va déclarer
00:29:36tant d'heures
00:29:36et puis il y en a
00:29:37tant d'heures
00:29:37qui...
00:29:3810 heures
00:29:39et puis, je ne sais pas,
00:29:404 heures
00:29:40qui ne seront pas déclarées
00:29:41et finalement,
00:29:42ça sera de la prestation sociale
00:29:43qui ne rentrera pas
00:29:44et du travail au noir,
00:29:46ça veut dire
00:29:46des prestations aussi
00:29:47de retraite
00:29:48pour les agents
00:29:49qui font l'entretien.
00:29:51Souvent,
00:29:51ce sont des femmes.
00:29:52Donc, vous voyez,
00:29:53c'est jamais facile
00:29:54de s'attaquer aux niches.
00:29:55Et par ailleurs,
00:29:56il y a cette niche fiscale
00:29:57mais quid du crédit
00:29:59impôt recherche
00:30:00qui est quand même...
00:30:01Alors là, en plus,
00:30:03il n'y a pas longtemps,
00:30:03cette semaine,
00:30:04on a eu un rapport
00:30:05sur les aides aux entreprises.
00:30:06Vous avez vu
00:30:07ce qu'il en est ressenti.
00:30:07Alors, c'était un rapport
00:30:08sénatorial
00:30:09mais finalement,
00:30:10on ne sait pas exactement.
00:30:12Ce qui revient...
00:30:12Justement, peut-être
00:30:12que les téléspectateurs
00:30:14d'LCP sont très assidus
00:30:15au travail parlementaire
00:30:16mais qu'est-ce qu'ils disent
00:30:17ce rapport ?
00:30:17Qu'il y a une opacité
00:30:18incroyable
00:30:19sur une manne financière
00:30:20qui est...
00:30:21Alors, ce sont des aides
00:30:22dont mélange les choux
00:30:23et les carottes
00:30:23mais n'empêche que
00:30:24c'est plus de 200 milliards d'euros.
00:30:25Le chiffre, il vous donne...
00:30:27Voilà, vous êtes à la renverse.
00:30:28Que souvent,
00:30:29il n'y a pas de contrepartie
00:30:30et surtout,
00:30:30moi, ce qui m'a frappée
00:30:31en tant que journaliste économique,
00:30:33c'est l'opacité.
00:30:34Sauf que ça,
00:30:34Jean-René Cazeneuve,
00:30:35on a le sentiment
00:30:36que vous ne voulez pas
00:30:37y toucher.
00:30:38On ne regarde pas
00:30:39les aides aux entreprises.
00:30:41Pour vous,
00:30:41c'est une ligne rouge.
00:30:42Il ne faut pas les raboter.
00:30:44Si quelqu'un considère ici
00:30:46que la croissance du PIB
00:30:48est satisfaisante,
00:30:50qu'il faut serrer un petit peu
00:30:50la vie des entreprises,
00:30:52qu'ils me le disent.
00:30:53Bon, si quelqu'un ici
00:30:54considère que le coût du travail
00:30:55en France n'est pas plus élevé
00:30:57qu'à l'étranger,
00:30:58qu'ils me le disent.
00:30:59Non, je crois qu'il faut
00:31:00essayer de préserver
00:31:01autant se faire que peu...
00:31:03Mais ça ne fait pas
00:31:04un peu d'effort
00:31:04pour tout le monde,
00:31:05Jean-René Cazeneuve,
00:31:06on est toujours sur ce débat.
00:31:08Écoutez, moi,
00:31:08je suis le premier
00:31:09à avoir proposé
00:31:10des modifications
00:31:11pour lutter contre
00:31:12un certain nombre
00:31:13de tricheries
00:31:13qu'il y a sur le crédit
00:31:14impôt recherche.
00:31:15Bon, maintenant,
00:31:16c'est aussi quelque chose
00:31:17qui assure la compétitivité
00:31:18de notre pays,
00:31:19qui permet à un certain
00:31:20nombre de chercheurs
00:31:21de venir dans notre pays.
00:31:22Sur les niches fiscales,
00:31:23moi, je veux bien,
00:31:24le rapport sénateur,
00:31:25il y a des choux et des carottes.
00:31:26Il y a une TVA aujourd'hui
00:31:27réduite sur la restauration.
00:31:30C'est la plus grosse niche.
00:31:31Pratiquement la plus grosse niche.
00:31:32Bon.
00:31:33Est-ce que quelqu'un,
00:31:34aujourd'hui,
00:31:34est-ce que les socialistes,
00:31:36est-ce que les insoumis,
00:31:37est-ce que le Rassemblement national
00:31:38dit qu'il faut augmenter
00:31:39la TVA sur la restauration
00:31:40du jour au lendemain ?
00:31:41Moi, je ne suis pas certain.
00:31:42Avec la paille...
00:31:42Alors, je vais vous donner
00:31:43la parole, Philippe Brin,
00:31:44avant, parce que les socialistes
00:31:45surveillent évidemment le budget,
00:31:47mais il y a aussi
00:31:47le Rassemblement national
00:31:48qui surveille,
00:31:49qui donne ces lignes rouges.
00:31:51Stéphanie Despierre
00:31:52et Juliette Prenier
00:31:52ont demandé au député
00:31:53Jean-Philippe Tanguy
00:31:54dans quel cas le RN
00:31:56serait prêt à appuyer
00:31:57sur le bouton de la censure.
00:31:58On écoute.
00:31:59Aucune augmentation d'impôts,
00:32:01direct ou indirect,
00:32:02sur les classes moyennes
00:32:04et populaires
00:32:04et les entreprises,
00:32:05et aucun effort injuste
00:32:08demandé alors qu'il y a
00:32:09tant de réductions
00:32:10de dépenses à faire
00:32:11sur les grands tabous
00:32:12de la France,
00:32:13l'immigration,
00:32:14la contribution de la France
00:32:15à l'Union européenne,
00:32:16la bureaucratie,
00:32:17le miffle territorial.
00:32:18Il faut s'attaquer
00:32:19aux grands tabous
00:32:20et ne pas faire payer
00:32:21les Français.
00:32:22On va reparler
00:32:22de la censure.
00:32:23Philippe Brin,
00:32:24vous aviez été
00:32:24de ceux qui avaient négocié
00:32:25un pacte de non-censure
00:32:26avec François Bayrou.
00:32:28On rappelle,
00:32:28pour que le gouvernement tombe,
00:32:29il faut les voix
00:32:30de la gauche
00:32:30et du Rassemblement national.
00:32:32Est-ce que c'est
00:32:33ce qui va arriver
00:32:34à François Bayrou
00:32:34à l'automne ?
00:32:35Est-ce que ça vous semble
00:32:35inévitable
00:32:36ou il y a moyen
00:32:37d'éviter cette censure ?
00:32:38Écoutez, en tout cas,
00:32:39il ne tient qu'à lui
00:32:40d'ouvrir très largement
00:32:41le débat
00:32:42et d'ouvrir beaucoup
00:32:43plus largement
00:32:44que ce que cela a été
00:32:45fait jusqu'ici.
00:32:46Mais vos demandes,
00:32:46elles sont contradictoires
00:32:47entre celles de la gauche
00:32:48et celles du Rassemblement national.
00:32:50Ça va être compliqué
00:32:50de contenter tout le monde.
00:32:51Si je le dis aussi
00:32:51que le Rassemblement national,
00:32:52ce n'est évidemment
00:32:53pas compatible
00:32:53puisqu'on ne propose
00:32:54pas la même chose.
00:32:55Donc ce ne sera pas
00:32:55la même chose.
00:32:56S'il choisit de faire
00:32:57comme la dernière fois,
00:32:57c'est-à-dire de se tourner
00:32:58vers la gauche
00:32:59pour obtenir un compromis,
00:33:01eh bien, je le dis,
00:33:02on aura des exigences importantes.
00:33:03En matière de fiscalité,
00:33:04on n'en a pas parlé.
00:33:05On est favorables
00:33:05à une fiscalité
00:33:06sur les hauts patrimoines.
00:33:08Ça, pour vous,
00:33:09c'est la ligne rouge ?
00:33:10Elle serait qu'il n'y ait rien
00:33:12sur la fiscalité
00:33:12des grandes entreprises
00:33:13ou des grandes fortunes ?
00:33:15C'est insupportable
00:33:15pour les gens de dire
00:33:16qu'on va avoir un budget
00:33:17extrêmement dur pour eux
00:33:17et que dans le même temps,
00:33:19vont être exonérés d'efforts
00:33:20les très grandes fortunes
00:33:21de ce pays
00:33:22qui ont bénéficié
00:33:23des cadeaux fiscaux gigantesques
00:33:24depuis 2017.
00:33:24Nous pensons qu'il faut appliquer
00:33:27la fameuse taxe Zuckman
00:33:28ou en tout cas,
00:33:29une taxe sur les hauts patrimoines
00:33:31et qui soit différentielle
00:33:33et qui permette de lutter
00:33:33contre cette optimisation.
00:33:35Est-ce que vous,
00:33:35dans le bloc central,
00:33:36on a entendu,
00:33:37Laurent Wauquiez,
00:33:37lui, c'est 0, 0, 0,
00:33:38hausse d'impôt,
00:33:39il l'a répété.
00:33:40Est-ce que vous,
00:33:40vous dites,
00:33:41oui, il faut de toute façon
00:33:42négocier,
00:33:43négocions avec la gauche,
00:33:44ça doit passer
00:33:45par la fiscalité
00:33:46des plus privilégiés ?
00:33:47Bien sûr qu'il faut négocier
00:33:49avec la gauche
00:33:50et franchement,
00:33:51ce petit calcul politicien
00:33:52des uns et des autres
00:33:53qui donnent des lignes rouges,
00:33:55quand je vois
00:33:55le contexte international
00:33:57d'un point de vue sécurité,
00:33:59d'un point de vue
00:33:59finance publique,
00:34:01les tensions
00:34:02avec les Américains,
00:34:03les tensions avec la Chine,
00:34:04si vous voulez,
00:34:05aujourd'hui,
00:34:05ce petit jeu politicien
00:34:07n'est pas à la hauteur
00:34:08du défi
00:34:09qui touche la France.
00:34:11Donc, vraiment,
00:34:12les partis politiques
00:34:13vont avoir cette responsabilité
00:34:14s'ils censurent.
00:34:16Pour quelle alternative ?
00:34:17Pour quel programme ?
00:34:18Je n'en vois pas.
00:34:19Je n'en vois pas.
00:34:20Le mot de la fin,
00:34:20Fanny Gognosier.
00:34:21Est-ce que François Bayrou
00:34:21pourrait dire
00:34:22c'est apprendre ou aller
00:34:23c'est sinon je m'en vais ?
00:34:24Je n'en sais rien
00:34:24mais ce que je peux vous dire
00:34:25c'est que cette instabilité politique
00:34:27elle pèse économiquement.
00:34:29C'est aussi ce qui fait
00:34:30économiquement
00:34:31que les Français
00:34:32ne sont pas rassurés
00:34:33et se disent
00:34:33oh là là,
00:34:34si on a une motion de censure,
00:34:37si on a encore
00:34:37un changement de gouvernement,
00:34:39si on a une nouvelle dissolution,
00:34:40on va mettre un peu de côté.
00:34:42Donc, c'est un coût économique
00:34:44cette instabilité politique.
00:34:46Je ne sais pas
00:34:46si on les a rassurés ce soir.
00:34:48Ça va durer encore
00:34:48quelques mois
00:34:49jusqu'à l'automne.
00:34:50On vous réinvitera
00:34:51pour reparler du budget.
00:34:52Évidemment,
00:34:52on suivra ça
00:34:53mais c'est été-automne.
00:34:54Maintenant,
00:34:54c'est toutes les saisons,
00:34:56les quatre saisons du budget.
00:34:57Merci beaucoup
00:34:58à tous les quatre.
00:34:59On va à présent
00:35:00traverser la Manche
00:35:01pour s'intéresser
00:35:02aux couples franco-britanniques.
00:35:04Bonsoir,
00:35:04Philippe Teurl.
00:35:05Vous êtes journaliste
00:35:06britannique,
00:35:07évidemment,
00:35:08correspondant international
00:35:09pour France 24
00:35:09et on va faire le point
00:35:11ensemble
00:35:11sur la visite d'État
00:35:12du président Macron.
00:35:13Retour en image
00:35:15avec Maïté Frémont.
00:35:16Si on vous invite,
00:35:18Philippe Teurl,
00:35:19vous,
00:35:19journaliste britannique,
00:35:20c'est pour nous parler
00:35:21de cette visite historique
00:35:23d'Emmanuel Macron
00:35:24outre-Manche.
00:35:26Une visite de trois jours
00:35:27qui a commencé
00:35:28par la forteresse
00:35:29de Windsor,
00:35:30le président français
00:35:32reçu en grande pompe,
00:35:34le nec plus ultra,
00:35:36Philippe Teurl,
00:35:37pour un couple présidentiel
00:35:38choyé par le roi
00:35:40Charles III
00:35:41et Camilla.
00:35:43C'est une entente
00:35:45non seulement ancienne
00:35:47mais aussi actuelle
00:35:48et pour l'avenir
00:35:49pas seulement cordiale,
00:35:51désormais,
00:35:52elle est amicale.
00:35:53Dix-sept ans
00:35:54qu'un chef d'État français
00:35:55n'avait reçu
00:35:56l'invitation ultime,
00:35:58Emmanuel Macron
00:35:58doublant même
00:35:59Donald Trump
00:36:00attendu, lui,
00:36:01en septembre.
00:36:03Alors,
00:36:03il y a Philippe Teurl,
00:36:04le faste de la royauté
00:36:06et puis des séquences politiques
00:36:08très denses.
00:36:10Emmanuel Macron
00:36:11à Donning Street
00:36:11ce matin,
00:36:12première visite
00:36:13d'un dirigeant européen
00:36:14depuis le Brexit,
00:36:16signe de la volonté
00:36:18du gouvernement
00:36:18de Keir Starmer
00:36:19de rétablir
00:36:20des relations fortes
00:36:22avec l'Union européenne.
00:36:24Avec d'abord
00:36:25cet accord
00:36:25pour lutter
00:36:26contre l'immigration
00:36:27illégale.
00:36:28J'ai le plaisir
00:36:30d'annoncer aujourd'hui
00:36:31notre accord
00:36:31sur un projet pilote inédit.
00:36:33Pour la première fois,
00:36:34les migrants arrivant
00:36:35par petits bateaux
00:36:36seront arrêtés
00:36:36puis renvoyés en France
00:36:38dans les plus brefs délais.
00:36:39En échange
00:36:40de chaque retour,
00:36:41un individu différent
00:36:42pourra venir
00:36:43via un itinéraire
00:36:44contrôlé et légal.
00:36:46Et puis,
00:36:46l'autre annonce,
00:36:47ce renforcement inédit
00:36:48de notre alliance militaire.
00:36:51Nous faisons passer
00:36:52cette force conjointe
00:36:53du niveau
00:36:54d'une brigade
00:36:54à celle
00:36:55d'un corps d'armée,
00:36:56c'est-à-dire
00:36:56pouvant aller jusqu'à
00:36:5750 000 hommes,
00:36:59capables d'être employés
00:37:00dans un engagement majeur,
00:37:02ce qui représenterait
00:37:03une multiplication
00:37:03par cinq
00:37:04avec la France
00:37:06et le Royaume-Uni
00:37:06en noyaux durs,
00:37:07capables d'agréger
00:37:08d'autres partenaires européens
00:37:09et d'être mis
00:37:11à la disposition
00:37:12de l'alliance.
00:37:13Un signal fort
00:37:14à Moscou.
00:37:15Alors,
00:37:16l'Europe serait-elle
00:37:16prête à défier Poutine ?
00:37:19Philippe Terl,
00:37:20à vous la parole.
00:37:22Bonsoir,
00:37:22Philippe Terl.
00:37:23Bonsoir,
00:37:23aise-en.
00:37:24On revient sur cette visite
00:37:25d'État,
00:37:26c'était vraiment
00:37:26welcome,
00:37:27Mr Macron.
00:37:28Il y avait le Roy,
00:37:29il y avait Katie William,
00:37:30la calèche.
00:37:31Londres n'a vraiment pas
00:37:32lésiné sur les moyens
00:37:32pour accueillir
00:37:33le président français.
00:37:34Vous savez,
00:37:35c'est de mise
00:37:36souvent
00:37:36qu'il n'y a rien de mieux
00:37:39pour un chef d'État
00:37:40qu'être reçu
00:37:41par les Britanniques
00:37:42en visite d'État
00:37:43parce que c'est un peu
00:37:44la série sur le gâteau
00:37:45d'une carrière politique
00:37:46d'être reçu
00:37:47avec cette faste,
00:37:48avec cette pompe,
00:37:49avec cette circonstance
00:37:50en Grande-Bretagne,
00:37:51d'être reçu par le roi,
00:37:53par le prince William,
00:37:54par Kate,
00:37:54par tout le gâteau
00:37:55de la famille royale.
00:37:57C'est vrai que
00:37:58c'est très impressionnant.
00:38:00Mais ce n'est pas seulement
00:38:01la pompe et circonstance,
00:38:02il y a le débat politique
00:38:03qui pour le relais
00:38:04tout de suite derrière.
00:38:05Et c'était une volonté
00:38:06de rapprochement
00:38:07des deux pays,
00:38:08de tourner cette page
00:38:09d'années de tensions.
00:38:11C'est vraiment le signe
00:38:12d'un réchauffement.
00:38:13Absolument.
00:38:14Je pense que
00:38:15les mauvaises années
00:38:17du Brexit,
00:38:18les mauvaises années
00:38:19d'incompréhension
00:38:19avec le parti conservateur
00:38:21sont derrière nous
00:38:24aujourd'hui.
00:38:25Il y a toujours
00:38:26beaucoup de choses
00:38:27qu'il faut régler.
00:38:28Mais du côté
00:38:29britannique,
00:38:30de ce qui est
00:38:31Storm,
00:38:31le premier ministre,
00:38:33et du côté français
00:38:34d'Emmanuel Macron,
00:38:36il y avait
00:38:36une vraie envie
00:38:38de reconstruire,
00:38:39de redémarrer
00:38:40un nouveau partenariat
00:38:42entre la Grande-Bretagne
00:38:43et la France.
00:38:43C'est exactement ça.
00:38:44Le président parle
00:38:45d'un reset bilatéral,
00:38:47une réinitialisation,
00:38:48un redémarrage.
00:38:50Et Cocorico,
00:38:51c'est avant Donald Trump.
00:38:52Ça, c'est important
00:38:54pour les Français.
00:38:55Ça compte.
00:38:55C'est le timing
00:38:59qui a voulu cela.
00:39:02Je ne pense pas,
00:39:03je n'ai pas la confirmation,
00:39:04mais je ne pense pas
00:39:04que c'était fait exprès
00:39:05pour nuire Donald Trump
00:39:07parce qu'il faut quand même
00:39:08un an de travail
00:39:09pour préparer
00:39:10une visite d'État.
00:39:11C'est pas quelque chose
00:39:12qu'on fait en cinq minutes.
00:39:13Et il y a un an
00:39:14quand les préparatifs
00:39:15ont été,
00:39:16qui ont commencé
00:39:17pour Emmanuel Macron,
00:39:18Donald Trump
00:39:18n'était pas de retour
00:39:19à la Maison Blanche.
00:39:20Donc, il ne faut pas y voir
00:39:21forcément un signe de prévention.
00:39:22Mais je pense au fond,
00:39:24ni ce qui est Stormer,
00:39:26ni Emmanuel Macron
00:39:27ne sont trop déçus
00:39:28que la visite
00:39:30de la France
00:39:31d'Emmanuel Macron
00:39:33en Grande-Bretagne
00:39:33précède la visite
00:39:34de Donald Trump
00:39:35qui aura lieu
00:39:36probablement en septembre.
00:39:37Alors, on va parler
00:39:38de l'Ukraine.
00:39:38On a vu un couple
00:39:39franco-britannique
00:39:40très à l'offensive,
00:39:41tous les deux à la tête
00:39:42de cette coalition
00:39:43des volontaires.
00:39:45Ils disent,
00:39:45en cas de cesser le feu,
00:39:47on est prêts,
00:39:48les forces
00:39:49à la fois britanniques,
00:39:50françaises
00:39:50sont prêtes
00:39:51à être sur le terrain
00:39:52pour garantir
00:39:53ce cessez-le-feu
00:39:54en Ukraine.
00:39:54Alors, sur le fond,
00:39:56cette idée
00:39:56a été
00:39:58jamais sur le fait
00:40:01qu'il y a
00:40:02une grande inquiétude
00:40:03en Europe,
00:40:04de plus en plus grande
00:40:04d'ailleurs,
00:40:06sur les États-Unis
00:40:08et le rôle futur
00:40:09des États-Unis
00:40:10comme un pays
00:40:12qui pourrait protéger
00:40:13l'Europe
00:40:13en cas d'attaque russe
00:40:15et pour aider l'Ukraine.
00:40:17Et je pense que
00:40:18c'est une idée
00:40:19qui vient conjointement
00:40:21de la France
00:40:22et de la Grande-Bretagne
00:40:23pour avoir une alternative
00:40:24pour dire
00:40:25nous ne pouvons pas
00:40:25toujours dépendre
00:40:27des États-Unis
00:40:28parce qu'on a le chaud,
00:40:29le froid
00:40:29de Donald Trump.
00:40:30Il est tout à fait capable
00:40:31un jour de dire
00:40:32je quitte l'OTAN
00:40:34et donc les Européens
00:40:35se trouvent tout seuls.
00:40:36Donc, il faut qu'on ait
00:40:37quelque chose d'autre
00:40:38pour remplacer l'OTAN
00:40:39et remplacer
00:40:40les États-Unis
00:40:41s'il faut.
00:40:41Et donc, l'idée à Germain
00:40:43est venue
00:40:43de créer
00:40:44cette coalition
00:40:45des volontaires.
00:40:46Il y a une trentaine
00:40:47de pays
00:40:47qui sont intéressés
00:40:49d'y partenir
00:40:50pas seulement en Europe
00:40:52mais en Australie
00:40:53on a peut-être aussi
00:40:54un jour
00:40:54le Japon
00:40:55avec
00:40:56en but
00:40:59la protection
00:41:00future
00:41:01de l'Ukraine
00:41:02et seulement
00:41:03après
00:41:03la signature
00:41:05d'un accord de paix.
00:41:06Voilà,
00:41:06ce n'est pas des soldats
00:41:07qui iraient faire la guerre
00:41:07mais c'est des soldats
00:41:08pour maintenir la paix.
00:41:09Emmanuel Macron l'a dit
00:41:10les mobilitaires sont mobilisés
00:41:12l'état-major est bâti
00:41:14est-ce que c'est un avertissement
00:41:16à Moscou
00:41:17ou est-ce que c'est une manière
00:41:18de convaincre Moscou
00:41:20en disant
00:41:21on peut assurer aussi
00:41:22la sécurité de l'Ukraine ?
00:41:24C'est un avertissement
00:41:24ou c'est une conviction ?
00:41:26Je pense honnêtement
00:41:27pour le moment
00:41:27Moscou s'en manque un peu
00:41:28parce qu'ils savent
00:41:30que c'est uniquement
00:41:32après la signature
00:41:33d'un accord de paix
00:41:34on est loin encore
00:41:35et que tout ce qui est proposé
00:41:38est une ligne rouge
00:41:39pour Moscou.
00:41:40Vraiment l'idée
00:41:42d'envoyer des troupes
00:41:43seules en Ukraine
00:41:44juste pour jouer un rôle
00:41:47de protection
00:41:49mais pas de confronter les Russes
00:41:51c'est déjà une ligne rouge
00:41:53pour Vladimir Putin
00:41:54comme l'appartenance de l'Ukraine
00:41:56à l'Union Européenne
00:41:57ou de l'OTAN.
00:41:58Donc nous n'y sommes pas encore
00:42:00mais je pense que c'est un projet européen
00:42:02qui verra peut-être le jour
00:42:03un jour
00:42:04quand il y aura un cessez-le-feu
00:42:06et un processus de paix.
00:42:07Ils disent aussi vouloir accroître
00:42:09la pression sur le président russe.
00:42:13Vous disiez sur cette question
00:42:14de coalition des volontaires
00:42:15ça n'inquiète pas forcément
00:42:17Vladimir Poutine.
00:42:19Est-ce que cette pression
00:42:20que veut exercer à la fois
00:42:21Emmanuel Macron et Kier Starmer
00:42:22est-ce que ça peut inquiéter
00:42:24Vladimir Poutine ?
00:42:25Je pense que s'il y a deux personnes
00:42:26en Europe qui pourraient éventuellement
00:42:27pas inquiéter
00:42:28mais faillent réfléchir
00:42:30Vladimir Poutine
00:42:30c'est Kier Starmer
00:42:31et le président français
00:42:35aussi parce que...
00:42:36Donc qu'ils le fassent conjointement
00:42:37ça compte ?
00:42:38Oui parce qu'on est quand même
00:42:39tous les deux membres permanents
00:42:41du Conseil de sécurité
00:42:41des Nations Unies
00:42:42comme la Russie d'ailleurs.
00:42:44On est les deux pays nucléaires
00:42:46de l'Europe
00:42:47comme la Russie aussi.
00:42:49Donc ce ne sont pas des petits pays
00:42:50qui n'ont rien à proposer.
00:42:53et le problème c'est que sur le fond
00:42:57la personne qui a le plus de poids
00:42:59dans cette histoire
00:42:59ce n'est pas ni Kier Starmer
00:43:01ni Emmanuel Macron
00:43:02c'est Donald Trump
00:43:03et on ne sait pas
00:43:03comment Donald Trump va réagir
00:43:05si Donald Trump va un peu
00:43:06donner des sanctions
00:43:07mettre la pression
00:43:08il semble que pour le moment
00:43:08il commence à remettre la pression
00:43:10sur Vladimir Poutine
00:43:11c'est sûrement dans ce cas-là
00:43:12que nous verrons
00:43:14je pense les Russes
00:43:16aller plus vers une négociation
00:43:19pas nécessairement un processus de paie
00:43:21mais pour le moment
00:43:21je pense que Vladimir Poutine
00:43:22croit toujours qu'il a plus à gagner
00:43:24sur le terrain
00:43:25que de venir à la table
00:43:26des négociations
00:43:26Et justement vous le disiez
00:43:27la France et le Royaume-Uni
00:43:28sont deux puissances nucléaires
00:43:30là on parle de coordination
00:43:32alors on reste indépendant
00:43:33mais il y a une coordination
00:43:34tout adversaire
00:43:35menaçant les intérêts vitaux
00:43:36du Royaume-Uni
00:43:37ou de la France
00:43:38pourrait être confronté
00:43:39à la puissance des forces nucléaires
00:43:40des deux nations
00:43:41c'est une déclaration symbolique
00:43:43ou ça compte vraiment
00:43:44c'est important cette coordination ?
00:43:45Non c'est important
00:43:46et c'est quelque chose
00:43:47de tout nouveau
00:43:48Il y a des nuances
00:43:50quand même
00:43:51parce que la dissuasion nucléaire
00:43:53française est indépendante
00:43:54la France est toujours
00:43:55un petit peu
00:43:55secrète
00:43:56sur exactement
00:43:57ce qu'il possède
00:43:58comme système nucléaire
00:44:02alors que le système britannique
00:44:04dépend de l'OTAN
00:44:05et dépend donc
00:44:06des Etats-Unis
00:44:07qui est le moteur de l'OTAN
00:44:08pour la dissuasion nucléaire militaire
00:44:11donc là
00:44:12ce qu'on a vu aujourd'hui
00:44:13c'est cette déclaration
00:44:14Northwood Declaration
00:44:16on l'appelle en anglais
00:44:17par Emmanuel Macron
00:44:18et ce qui est Stormer
00:44:20pour annoncer
00:44:21cette union
00:44:23des forces nucléaires
00:44:24pour dire deux choses
00:44:27premièrement
00:44:27on est plus forts ensemble
00:44:29s'il y a une attaque
00:44:31contre un quelconque pays
00:44:33de l'Union Européenne
00:44:34il y aura un retour
00:44:35conjointement
00:44:36et de la France
00:44:37et de la Grande-Bretagne
00:44:38et c'est aussi
00:44:40une façon de dire
00:44:41que les Britanniques
00:44:43ont un rôle
00:44:44à jouer
00:44:45indépendamment
00:44:46des Etats-Unis
00:44:46et indépendamment
00:44:47de l'OTAN
00:44:48si jamais
00:44:49l'occasion arrive
00:44:51Est-ce qu'ils y sont prêts
00:44:52à tourner le dos
00:44:52aux Etats-Unis ?
00:44:53On voit le Royaume-Uni
00:44:54a encore acheté
00:44:55des F-35 américains
00:44:57dépend encore
00:44:57beaucoup des Etats-Unis
00:44:58il est un peu
00:45:00entre les deux
00:45:00il ne sait pas
00:45:01s'il choisit
00:45:02les Etats-Unis
00:45:02ou l'Union Européenne ?
00:45:04Alors je pense
00:45:05que pour les Britanniques
00:45:06il y a tellement
00:45:08de doutes
00:45:09actuellement
00:45:10sur Donald Trump
00:45:12sur le rôle
00:45:12futur des Etats-Unis
00:45:14c'est plutôt
00:45:15un réveil
00:45:18pour dire aux gens
00:45:20faites attention
00:45:21parce que si jamais
00:45:22on est attaqué
00:45:24pas nécessairement
00:45:25les Britanniques
00:45:26mais un autre pays
00:45:27dans l'Union Européenne
00:45:29un autre pays de l'OTAN
00:45:31il faut que nous
00:45:31on soit prêts
00:45:32pour contrer cette attaque
00:45:34et il faut aussi
00:45:35prêts à aider l'Ukraine
00:45:36à se reconstruire
00:45:37à retrouver
00:45:39sa souveraineté
00:45:40si jamais
00:45:41on a un processus
00:45:42de paix avec les Russes
00:45:43On va parler
00:45:44maintenant de l'immigration
00:45:45c'est un dossier
00:45:46qui fâche
00:45:46entre les deux pays
00:45:47on a la proposition
00:45:48d'un projet pilote
00:45:49un pour un
00:45:50expliquez-nous
00:45:51Alors pour le moment
00:45:53depuis des années
00:45:54il y a toujours
00:45:56des bateaux
00:45:56qui arrivent
00:45:57comme ça
00:45:58tous les jours
00:45:58qui traversent
00:45:59la Manche
00:46:00depuis la France
00:46:00jusqu'à la Grande-Bretagne
00:46:02Le Royaume-Uni
00:46:03accuse la France
00:46:04de ne pas les intercepter
00:46:05et la France dit
00:46:06au Royaume-Uni
00:46:06vous êtes trop attractif
00:46:08et vous ne lutez pas
00:46:09à essayer
00:46:09qu'on peut travailler
00:46:10Aujourd'hui
00:46:10Emmanuel Macron
00:46:12est allé plus loin
00:46:13en disant
00:46:13c'est à cause du Brexit
00:46:15c'est vous
00:46:16qui sont les fautifs
00:46:17c'est vous
00:46:17avec le Brexit
00:46:18qui a coupé les ponts
00:46:19avec l'Union Européenne
00:46:20pour toute politique
00:46:21migratoire
00:46:22vous êtes indépendant
00:46:23donc vous êtes tiré
00:46:24un ballon de pied
00:46:25en quelque sorte
00:46:25et donc maintenant
00:46:26on essaie
00:46:27de trouver une solution
00:46:28Alors le 1 pour 1
00:46:291 pour 1
00:46:29c'est-à-dire que
00:46:30pour les migrants
00:46:32qui viennent d'une façon
00:46:33illégale dans ces bateaux
00:46:34en Grande-Bretagne
00:46:35il y en aura un
00:46:36qui sera renvoyé
00:46:37en France
00:46:38et un migrant
00:46:40qui n'a pas essayé
00:46:41de traverser la Manche
00:46:42avec un bateau
00:46:43peut éventuellement
00:46:44être accueilli
00:46:45en Grande-Bretagne
00:46:46pour remplir un poste
00:46:47Notamment s'il a de la famille
00:46:48aussi
00:46:49déjà là-bas
00:46:50et pour remplir un poste
00:46:51où on ne trouve personne
00:46:53et où on est demandeur
00:46:54de quelqu'un
00:46:55Sauf que là
00:46:56on dit au Royaume-Uni
00:46:57à cause du Brexit
00:46:58vous ne pouvez pas avoir
00:46:59un accord européen
00:47:00de lutte contre l'immigration
00:47:01mais nous on négocie
00:47:02en direct
00:47:03avec le Royaume-Uni
00:47:04sur un accord
00:47:05est-ce que les autres pays
00:47:07de l'Union Européenne
00:47:07ne vont pas nous en vouloir
00:47:08d'avoir négocié directement
00:47:10cette capacité de retour
00:47:11dans les pays ?
00:47:13Sur le fond
00:47:13il y a des différences
00:47:15entre Emmanuel Macron
00:47:16et qui est-à-dire
00:47:17les Britanniques
00:47:19parce que
00:47:20les Britanniques
00:47:21accusent la France
00:47:22éliminément
00:47:22de ne pas faire assez
00:47:23la France répond
00:47:25nous ne pouvons pas
00:47:26intervenir
00:47:26pour arrêter les bateaux
00:47:27nous pouvons intervenir
00:47:28uniquement
00:47:29si un bateau
00:47:30est en détresse
00:47:30ou risque de couler
00:47:31donc une fois
00:47:32qu'un bateau
00:47:33est parti de la France
00:47:34il faut la laisser
00:47:34aller jusqu'au bout
00:47:35Cette politique
00:47:36pourrait changer
00:47:36Et donc là
00:47:37la politique pourrait changer
00:47:39ce que les Britanniques
00:47:41veulent
00:47:41c'est que les Français
00:47:43interviennent
00:47:43pour arrêter les bateaux
00:47:45ce qui est une fin
00:47:46de ne recevoir
00:47:47de la part de la France
00:47:47Donc là
00:47:48on a trouvé
00:47:48une nouvelle solution
00:47:49le problème est
00:47:50que ça concerne
00:47:52qu'un migrant
00:47:53sur 17
00:47:53si on fait
00:47:55un schéma
00:47:56sur la totalité
00:47:57des migrants
00:47:57qui traversent la Manche
00:47:58on a une forte augmentation
00:47:59du nombre de migrants
00:48:00qui ont traversé la Manche
00:48:01depuis le Brexit
00:48:02il y a 4 fois plus
00:48:04de migrants
00:48:04aujourd'hui
00:48:05qu'au moment
00:48:06du référendum
00:48:06en 2016
00:48:07donc le Brexit
00:48:08n'a rien fait
00:48:09pour changer la situation
00:48:10Et justement
00:48:11sur ce Brexit
00:48:12quand on en voit
00:48:13les conséquences
00:48:13aujourd'hui
00:48:14est-ce que les Britanniques
00:48:15regrettent ?
00:48:16Ils seraient 55%
00:48:18et notamment les jeunes
00:48:19Je dirais qu'il y a encore plus
00:48:20de Britanniques
00:48:20qui regrettent aujourd'hui
00:48:21même plus que 55%
00:48:23qui trouvent
00:48:24que c'était
00:48:24une mauvaise idée
00:48:26qu'ils étaient lésés
00:48:27sur la marchandise
00:48:28et que la Grande-Bretagne
00:48:28est plus pauvre
00:48:29aujourd'hui
00:48:30que le pays
00:48:31était avant le Brexit
00:48:33et qu'il aimerait bien
00:48:33que nous rejoignions
00:48:35l'Union Européenne
00:48:36Le problème là
00:48:37il y a un autre problème
00:48:38c'est que
00:48:38Keir Storm
00:48:39le Premier ministre britannique
00:48:40n'est pas prêt
00:48:41à lancer
00:48:43des négociations
00:48:44pour revenir
00:48:45dans l'Union Européenne
00:48:46parce qu'une bonne partie
00:48:48de ses électeurs
00:48:49ont voté pour partir
00:48:50et ils ne comprennent pas
00:48:51aujourd'hui
00:48:51l'idée que le gouvernement
00:48:53fait marche arrière
00:48:54pour dire
00:48:55finalement
00:48:55on s'est planté
00:48:56on va retourner
00:48:57dans l'Union Européenne
00:48:58donc il va perdre du soutien
00:48:59en faveur de réforme
00:49:01la partie de Nigel Farage
00:49:02d'extrême droite
00:49:04qui est plus haut
00:49:04dans les sondages
00:49:05et donc qui risque
00:49:07de gagner
00:49:07les prochaines élections
00:49:08et c'est Nigel Farage
00:49:10le fer de lance de Brexit
00:49:11qui sera le prochain Premier ministre
00:49:12Merci beaucoup
00:49:14Thank you
00:49:14en version originale
00:49:15Philippe Terl
00:49:16Merci
00:49:16Dernière partie
00:49:18dans cette émission
00:49:19avec la question qui fâche
00:49:20Et cette question
00:49:32elle oppose ce soir
00:49:33Gerlove Yokota
00:49:34Bonjour
00:49:35Vous êtes directeur
00:49:36de police municipale
00:49:38à Saint-Gracien
00:49:38dans le Val-d'Oise
00:49:39et en uniforme
00:49:41Face à vous
00:49:42en visioconférence
00:49:43Adrien Clouet
00:49:44député de la France Insoumise
00:49:45de Haute-Garonne
00:49:46et présentement
00:49:48en Haute-Garonne
00:49:48Alors vous l'avez compris
00:49:49j'imagine on va s'intéresser
00:49:51ce soir aux armes
00:49:52dans la police municipale
00:49:53sont-elles indispensables ?
00:49:55C'est la question qui fâche
00:49:56elle est posée ce soir
00:49:56par Hélène Bonduel
00:49:57La question qui fâche ce soir
00:50:01concerne les 28 000
00:50:02policiers municipaux
00:50:03déployés sur tout le territoire
00:50:05Le ministre chargé
00:50:06de la sécurité du quotidien
00:50:08François-Noël Buffet
00:50:09veut renforcer leur pouvoir
00:50:11Il présentera un projet de loi
00:50:13en ce sens en septembre
00:50:14Il faut étendre
00:50:15leurs prérogatives
00:50:16administratives et judiciaires
00:50:18et mettre à disposition
00:50:19des maires
00:50:20une boîte à outils
00:50:21qu'ils auront le choix
00:50:22d'utiliser ou pas
00:50:23Ils pourraient par exemple
00:50:25inspecter les véhicules
00:50:26fouiller les bagages
00:50:27ou saisir des objets dangereux
00:50:29Pour cela
00:50:30les policiers municipaux
00:50:31doivent-ils être armés ?
00:50:3380% le sont aujourd'hui
00:50:34C'est à chaque municipalité
00:50:36de le décider
00:50:37et ce depuis 1986
00:50:39Dimanche
00:50:41La chef de file des Insoumis
00:50:43à l'Assemblée
00:50:43Mathilde Panot
00:50:44a tiré à bout
00:50:45les rouges
00:50:45sur les propositions
00:50:47Les municipales
00:50:48sont dans moins d'un an
00:50:49Est-ce que ça veut dire
00:50:49que dans toutes les communes
00:50:51où demain
00:50:51un maire de la France insoumise
00:50:52serait élu ?
00:50:54La police municipale
00:50:55ne sera soit pas armée
00:50:57si elle ne l'est pas
00:50:57soit désarmée
00:50:58si elle l'est jusqu'à maintenant
00:50:59Oui, ça fait partie
00:51:00de notre programme
00:51:01De quoi faire bondir
00:51:03le garde des Sceaux
00:51:03Gérald Darmanin
00:51:05Avec cette gauche
00:51:06vous n'aurez plus le droit
00:51:07à la sécurité
00:51:07la gauche sans le peuple
00:51:09Sauf qu'à gauche justement
00:51:11à moins d'un an
00:51:12des élections municipales
00:51:13le patron des socialistes
00:51:14fustige lui aussi
00:51:16la position de LFI
00:51:17Jamais en fait
00:51:19je n'accepterais
00:51:20sur une liste
00:51:21des gens
00:51:21je ne mettrais pas derrière
00:51:23un maire insoumis
00:51:24qui annoncerait
00:51:26qu'il va supprimer
00:51:27la vidéoprotection
00:51:28ou qu'il va supprimer
00:51:30l'armement des policiers
00:51:32ça n'a aucun sens
00:51:32Comment peut-on même
00:51:35l'imaginer ?
00:51:36D'autant que
00:51:37plusieurs villes de gauche
00:51:38comme Bordeaux
00:51:39écologistes
00:51:40ou Saint-Denis
00:51:40socialistes
00:51:41ont fait le choix
00:51:42d'armer leur police municipale
00:51:44Selon un sondage d'aujourd'hui
00:51:4667% des français
00:51:48seraient d'ailleurs favorables
00:51:49à une police municipale armée
00:51:51Alors la question
00:51:52qu'on vous pose ce soir
00:51:53elle est simple
00:51:54Faut-il désarmer
00:51:55la police municipale ?
00:51:58Guerlov Yokota
00:52:00Vous êtes donc vous
00:52:01policier municipal
00:52:02pourquoi considérez-vous
00:52:03que vous devez être armé ?
00:52:05D'ailleurs vous l'êtes
00:52:06est-ce que ça vous sert ?
00:52:07Pourquoi il faut être armé ?
00:52:08Dans un premier temps
00:52:09j'aimerais dire
00:52:09que je suis
00:52:10je représente également
00:52:11le syndicat national
00:52:12des policiers municipaux
00:52:13puisque vous avez invité
00:52:14Frédéric Biadac
00:52:15qui n'a pas pu venir
00:52:16sur votre plateau
00:52:16Aujourd'hui
00:52:18l'insécurité
00:52:20on ne peut plus le nier
00:52:20est endémique
00:52:21c'est limite
00:52:23une caractéristique
00:52:24structurelle
00:52:25dans le territoire
00:52:26ne désarmer
00:52:27les policiers municipaux
00:52:28ça sera accroître
00:52:29l'insécurité
00:52:30parce que l'arme
00:52:30prouve son utilité
00:52:32dissuasive
00:52:33dans un premier temps
00:52:34c'est priver les agents
00:52:35d'une protection supplémentaire
00:52:37parce qu'on a beau penser
00:52:38que face à un couteau
00:52:39un pistolet à impulsion électrique
00:52:40peut suffire
00:52:40ce n'est pas du tout le cas
00:52:42Voilà parce que vous avez
00:52:43des armes
00:52:43qu'on appelle
00:52:44les armes intermédiaires
00:52:45vous avez des bâtons
00:52:45vous avez les pistolets
00:52:46à impulsion électrique
00:52:48ça ne suffit pas
00:52:49d'après vous ?
00:52:49c'est bien là
00:52:51il faut bien
00:52:51prendre la nuance
00:52:53les armes intermédiaires
00:52:54ce ne sont pas
00:52:54des armes à forte létalité
00:52:55je pourrais vous donner
00:52:57des exemples
00:52:57de policiers nationaux
00:52:58je suis en enceinte
00:52:58de la police nationale
00:52:59et j'ai eu un collègue
00:53:00qui a dû faire usage
00:53:01de son PIE
00:53:01qui n'a pas fonctionné
00:53:02heureusement que le collègue
00:53:03derrière avait son âme
00:53:04à forte létalité
00:53:04pour neutraliser la personne
00:53:06et ça il faut vraiment
00:53:07le conceptualiser
00:53:07le penser
00:53:08Alors Adrien Clouet
00:53:09Guerlove Yokota
00:53:10dit on est obligé
00:53:12vu l'insécurité
00:53:13aujourd'hui
00:53:13d'avoir l'arme
00:53:14arme dissuasive
00:53:15et puis en cas
00:53:17de légitime défense
00:53:18en cas vraiment d'insécurité
00:53:19de s'en servir
00:53:20Bon c'est une approche
00:53:23que je ne partage pas
00:53:24personnellement
00:53:25mais il faut qu'on ait
00:53:26un débat démocratique
00:53:27en France
00:53:27et c'est une bonne chose
00:53:28qu'on ait une discussion
00:53:29sur la sûreté publique
00:53:30à mon sens
00:53:31il y a deux questions
00:53:31d'abord
00:53:32concrètement
00:53:33y a-t-il une différence
00:53:34en matière de délinquance
00:53:35et d'insécurité
00:53:36entre les villes
00:53:37où il y a un armement
00:53:38de la police municipale
00:53:38et les villes où il n'y en a pas
00:53:40je ne crois pas
00:53:41qu'il y ait une différence
00:53:42d'ailleurs
00:53:42on ne le constate
00:53:43nulle part sur le terrain
00:53:44et c'est le cas non plus
00:53:45à l'étranger
00:53:45des villes comme Londres
00:53:47ou des grandes métropoles
00:53:48comme celle en Allemagne
00:53:49n'arment pas
00:53:50la plupart des agents
00:53:51et réservent les armes
00:53:52aux agents
00:53:53qui sont destinés
00:53:54à l'intervention
00:53:54pour la criminalité dangereuse
00:53:56etc.
00:53:57et deuxièmement
00:53:57est-ce que c'est une bonne chose
00:53:59que de risquer
00:54:01de mélanger
00:54:01les tâches
00:54:02de la police municipale
00:54:03et de la police nationale
00:54:04d'autant que votre invité
00:54:05connaît très bien
00:54:06c'est votre parcours
00:54:07vous avez vous-même exercé
00:54:08dans les deux corps
00:54:09et la police municipale
00:54:11elle a des fonctions
00:54:11de prévention
00:54:12surveillance
00:54:13tranquillité
00:54:13sécurité
00:54:14célébrité publique
00:54:15est-ce qu'on pense
00:54:16que ces compétences-là
00:54:17ces tâches
00:54:18requièrent une arme à feu
00:54:19moi je ne pense pas
00:54:20parce que du coup
00:54:21ça revient très souvent
00:54:22à sous-traiter
00:54:23une tâche de police nationale
00:54:24à la police municipale
00:54:25alors on va vous poser
00:54:26cette question
00:54:26sur est-ce que dans les villes
00:54:28où vraiment la police
00:54:28est armée ça va mieux
00:54:29dans certaines grandes capitales
00:54:31la police n'est pas armée
00:54:32et puis également
00:54:33sur cette question
00:54:34de police de proximité
00:54:36et cette question
00:54:36de différenciation
00:54:37la police nationale est armée
00:54:39il faudrait que la police
00:54:39municipale ne le soit pas
00:54:41alors pour reprendre
00:54:41votre exemple
00:54:42sur les bobis
00:54:43sur les policiers anglais
00:54:44moi je suis président
00:54:45de l'association nationale
00:54:46des 4 territoires
00:54:47de la sécurité
00:54:48en France
00:54:48je suis donc en contact
00:54:49avec mes collègues anglais
00:54:51c'est une des premières demandes
00:54:52qu'il faut aujourd'hui
00:54:53à être armé
00:54:53une revendication
00:54:54parce que les attaques
00:54:55au couteau sont comme en France
00:54:56elles sont légions
00:54:57et ils sont obligés
00:54:59d'attendre les personnes armées
00:54:59avant d'intervenir
00:55:00et donc il y a des blessés
00:55:01supplémentaires
00:55:01voire des morts
00:55:02je ne pense pas que c'est
00:55:03ce que monsieur le député
00:55:04qui est en face de moi
00:55:05désire
00:55:06ça c'est la première chose
00:55:07deuxièmement
00:55:09il n'y a pas d'observatoire
00:55:10des polices municipales
00:55:11en France
00:55:12on ne peut pas quantifier
00:55:14l'action
00:55:15mais une chose est sûre
00:55:16si vous enlevez demain
00:55:17l'armement des polices municipales
00:55:19là on aura
00:55:19une réaction
00:55:20de la part
00:55:21des personnes
00:55:22qui ne respectent pas
00:55:22les lois de la République
00:55:23qui se sentiront encore plus
00:55:25en impunité
00:55:26sur le domaine public
00:55:27et agiront encore plus
00:55:27et là on aura des chiffres
00:55:28bien négatifs
00:55:29il faut prendre le problème
00:55:30à l'envers
00:55:31et pas dans le sens
00:55:31que dit monsieur le député
00:55:32Alors Adrien Clouet
00:55:33on voit 67% des français
00:55:35sont favorables
00:55:36à l'armement
00:55:36de la police municipale
00:55:37en se disant quand même
00:55:38s'il arrive quelque chose
00:55:40je serais mieux protégé
00:55:41si le policier municipal
00:55:43peut intervenir
00:55:43D'accord
00:55:46moi je ne suis pas d'accord
00:55:46avec ça
00:55:47je suis dirigeant politique
00:55:49et pas sondeur
00:55:49mais ce que disait
00:55:51monsieur en face
00:55:52c'est vraiment intéressant
00:55:52parce qu'on a un point d'accord
00:55:53c'est qu'il y a des données
00:55:55qui existent en France
00:55:56au ministère de l'Intérieur
00:55:57sur le lien
00:55:58entre les équipements
00:55:59de police
00:56:00national ou municipal
00:56:00et les progressions
00:56:02des formes de délinquance
00:56:02ces chiffres
00:56:03ces données
00:56:04ne sont pas publics
00:56:05ni publiés
00:56:05c'est un problème
00:56:06parce que par ailleurs
00:56:07on pourrait se fonder
00:56:08sur des choses
00:56:09d'autant plus robustes
00:56:10si on avait ces chiffres
00:56:10qui étaient publiés
00:56:11j'ai tendance à penser
00:56:12que s'ils allaient dans le sens
00:56:13de ce que veut le gouvernement
00:56:14ils seraient publiés
00:56:15mais enfin
00:56:16ça c'est une supposition
00:56:17maintenant on se pose la question
00:56:18de savoir
00:56:19ce qui à mon sens
00:56:20marche en matière
00:56:21de sûreté publique
00:56:22je pense que ce qui fonctionne
00:56:23c'est d'abord une police
00:56:23de proximité
00:56:25et peut-être qu'on sera d'accord
00:56:25là-dessus aussi
00:56:26typiquement
00:56:27que le commerçant du coin
00:56:29est le numéro de téléphone portable
00:56:31en fait
00:56:31des agents
00:56:32ou de l'agent responsable
00:56:33de son secteur
00:56:33pour le faire intervenir
00:56:34très rapidement
00:56:35ou lui faire remonter
00:56:35l'information
00:56:36deuxièmement
00:56:37ce qui marche aussi
00:56:38c'est les patrouilles
00:56:38notamment les patrouilles
00:56:39à pied
00:56:40en matière de sécurité publique
00:56:41pour opérer la prévention
00:56:43là-dessus
00:56:43donc peut-être qu'on sera d'accord
00:56:44qu'il est mieux
00:56:44est-ce qu'on peut faire
00:56:46de la prévention
00:56:46de la police de proximité
00:56:47en ayant un revolver
00:56:49une arme à feu à la ceinture
00:56:50du temps où c'était
00:56:51la police nationale
00:56:52qui faisait la police de proximité
00:56:53ça ne les gênait pas
00:56:54d'avoir une arme à feu
00:56:54pourquoi les policiers municipaux
00:56:56seraient moins bien lotis
00:56:57c'est la première chose
00:56:58d'autre part la proximité
00:56:58on y croit beaucoup
00:56:59on croit même
00:57:00à l'hyper proximité
00:57:01mais vous faites
00:57:03une patrouille
00:57:03au niveau des commerces
00:57:04vous êtes témoin
00:57:06d'un acte
00:57:06qui nécessite
00:57:07un moyen de défense
00:57:07adapté
00:57:08et là vous dites quoi
00:57:09aux commerçants
00:57:10je ne suis pas remé
00:57:10vous appelez la police
00:57:11ça va mettre 15 minutes
00:57:12pendant ce temps-là
00:57:13le méfait aura été accompli
00:57:15on ne peut pas avoir
00:57:16cette réponse-là
00:57:16à nos administrés
00:57:17qui attendent beaucoup
00:57:17beaucoup de nous
00:57:18et Adrien Clouet
00:57:19un mot
00:57:19vous vous voulez distinguer
00:57:21toujours la police municipale
00:57:22de la police nationale
00:57:23ou vous voulez réintégrer
00:57:24la police municipale
00:57:26dans la police nationale
00:57:27parce que si les policiers
00:57:28municipaux réintègrent
00:57:29la police nationale
00:57:29ils seront armés
00:57:30ils pourront l'être
00:57:32bien sûr
00:57:33nous on est favorable
00:57:34à maintenir une séparation
00:57:35entre les deux corps
00:57:36parce que
00:57:36ce ne sont pas les mêmes missions
00:57:37et c'est normal
00:57:38que ce ne soit pas les mêmes missions
00:57:39en revanche
00:57:40on ne peut pas demander
00:57:40aux agents
00:57:41aux policiers municipaux
00:57:43qui sont moins bien payés
00:57:44que leurs collègues
00:57:44dans la nationale
00:57:45d'aller opérer des missions
00:57:47qui seraient les mêmes
00:57:48qui seraient comparables
00:57:48moi je pense que
00:57:49c'est sous-traiter
00:57:50une tâche de police nationale
00:57:51ce qui n'empêche rien
00:57:52par ailleurs
00:57:53au fait qu'il faut revaloriser
00:57:54les salaires
00:57:54les traitements
00:57:55et payer les heures sur
00:57:56parce que là-dessus aussi
00:57:57on pourrait être d'accord
00:57:57je pense sur le traitement
00:57:58assez désastreux
00:58:00de ce que dit Adrien Clouet
00:58:02est-ce que vous avez l'impression
00:58:03qu'on vous en demande
00:58:03de plus en plus
00:58:04vous policiers municipaux
00:58:05est-ce que c'est une bonne chose
00:58:06pour vous d'avoir plus de missions
00:58:08ou est-ce que vous voulez
00:58:10quand même garder
00:58:10un rôle spécifique ?
00:58:12On aura toujours
00:58:13un rôle spécifique
00:58:13tant qu'on sera
00:58:14sous les instructions
00:58:14d'un maire
00:58:15qui est proche de ses habitants
00:58:16comme c'est le cas
00:58:16d'ailleurs à Saint-Gracien
00:58:17un maire qui se préoccupe
00:58:19réellement de la sécurité
00:58:19de ses citoyens
00:58:20voilà on sera toujours là
00:58:21en ce qui concerne les missions
00:58:23il y a ce qu'on appelle
00:58:23un continuum de sécurité
00:58:24en France
00:58:25chacun du simple citoyen
00:58:26jusqu'à force d'intervention
00:58:27on est ciblé
00:58:29on sait exactement
00:58:30ce qu'on doit faire
00:58:31donc on ne déborde pas
00:58:32les missions
00:58:32et ce qu'il ne faut surtout pas
00:58:33c'est encore une fois
00:58:34opposer proximité
00:58:35et armement
00:58:36ça c'est un faux débat
00:58:37Ce sera le débat
00:58:38des municipales
00:58:40Adrien Clouet
00:58:41on a bien vu
00:58:41que la déclaration
00:58:42de Matipano
00:58:42a fait coller
00:58:43beaucoup d'entres
00:58:44dans le débat
00:58:44des municipales
00:58:45la question de l'armement
00:58:46de la police municipale
00:58:47sera une question importante ?
00:58:50Ce sera un débat
00:58:51mais ça l'a toujours été
00:58:51d'ailleurs je rappelle
00:58:53qu'on fait toute une polémique
00:58:53aujourd'hui
00:58:54mais enfin en 2012
00:58:55c'est le parti socialiste
00:58:56qui défendait
00:58:57le fait de retirer
00:58:58absolument partout
00:58:58les armes
00:58:59à la police municipale
00:59:00donc apparemment
00:59:01certains découvrent
00:59:01leur propre programme
00:59:02il y a 10 ans
00:59:02mais je mets ça de côté
00:59:03Merci
00:59:04Je finirai juste
00:59:05un mot
00:59:06ça s'appelle
00:59:07l'évolution de l'insécurité
00:59:08je vous rappelle
00:59:09qu'il y a eu des attentats
00:59:09en 2015
00:59:10et qu'on est toujours
00:59:11en vigipérate
00:59:11urgence attentat
00:59:12ça il ne faut pas l'oublier
00:59:13Merci à tous les deux
00:59:14Merci
00:59:15Adrien Clouet
00:59:16les attentats
00:59:17qui ont eu lieu à Nice
00:59:17pardon
00:59:18Non je disais
00:59:20les attentats
00:59:21qui ont eu lieu à Nice
00:59:21ont eu lieu dans une des villes
00:59:22avec le plus d'armement policier
00:59:24et le plus de vidéosurillance
00:59:25Avec des armes adaptées
00:59:26avec des armes adaptées
00:59:28à l'époque
00:59:28c'est pour ça
00:59:28qu'on est passé
00:59:29au 9 mm monsieur
00:59:30Merci beaucoup
00:59:31Adrien Clouet
00:59:32Merci
00:59:33Guerlove Yocota
00:59:34Merci beaucoup
00:59:35de nous avoir suivis
00:59:36cette émission
00:59:36est à retrouver
00:59:37sur la chaîne YouTube
00:59:38de la chaîne parlementaire
00:59:39évidemment
00:59:40demain
00:59:41dernière émission de la saison
00:59:42avec Clément Méric
00:59:43évidemment
00:59:43bonne soirée à tous
00:59:44Sous-titrage Société Radio-Canada
00:59:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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