00:00Je vous interromps, Anthony, puisque Bruno Retailleau, Benoît Payan, le maire de la ville, et Martine Vassal, la présidente de la métropole, vont s'exprimer.
00:10J'ai souhaité venir sur le terrain. Je suis accompagné des deux maires qui sont concernés, le maire de Marseille, Benoît Payan, le maire aussi des peines Mirabeau,
00:21Michel Amiel qui est derrière, et la présidente de la métropole, mais en l'occurrence présidente du département, Martine Vassal. Déjà deux messages.
00:31Le premier, c'est pour rendre hommage à nos courageux sapeurs-pompiers, marins-pompiers de Marseille. Ils ont été mobilisés plus de 800.
00:41Ils avaient un feu qui était particulièrement véloce, qui était extrêmement impressionnant, extrêmement impressionnant. Au moment où je vous parle, il y a eu peu de blessés.
00:51Ils sont légers. Il y a 9 sapeurs-pompiers, pompiers-marins qui ont été légèrement blessés. Il y a des policiers municipaux aussi qui ont été, je crois, au nombre de 8 blessés légèrement.
01:0214 policiers nationaux qui ont été aussi légèrement blessés, qui ont participé, là encore, au secours. Mais je veux leur dire que nous sommes admiratifs de leur travail.
01:15Ce travail va continuer. Il va continuer toute la nuit. Il y a eu des colonnes de renfort. Il y a eu beaucoup, beaucoup de moyens engagés.
01:21Si ces moyens n'avaient pas été massivement engagés en termes d'hommes, en termes de véhicules, mais aussi en termes de moyens aériens, une quinzaine de moyens aériens, tout confondus.
01:34C'était des Canadair, c'était des Dash, c'était des hélicoptères avec une parfaite coordination. On n'en serait pas là.
01:41Et il y avait un vrai danger parce que le feu était non seulement très rapide, mais il évoluait sur notamment des zones avec des maisons.
01:51Il y a eu plus de 60 maisons qui ont été concernées, une dizaine qui ont été brûlées. Donc c'était une affaire extrêmement sérieuse.
01:59Et on doit vraiment au courage des marins-pompiers. Je salue l'amiral qui est à côté de moi, des sapeurs-pompiers,
02:06qu'ils soient civils ou volontaires, qu'ils soient bien sûr militaires ou professionnels.
02:13Je salue aussi le directeur du SDIS qui est placé sous l'autorité notamment de la présidente du département,
02:21sous l'autorité aussi opérationnelle du préfet de région, du préfet de département, qui a eu aussi un rôle très très important, que je veux remercier.
02:29Mais ça, c'est le premier message. L'autre message, il concerne M. le maire les Marseillais.
02:33Et puis les habitants, cher Michel, de Peine-Mirabeau, qui ont respecté les consignes.
02:40Chapeau les Marseillais. Chapeau, je ne sais pas comment on appelle les Peignois, parce qu'on leur a demandé d'être confinés,
02:47non pas pour le plaisir de leur donner des instructions de confinement, simplement quand il y a des feux de forêt,
02:52c'est plus sûr de rester chez soi. Et surtout, c'est plus sûr pour soi.
02:56Mais surtout, on n'est pas sur les routes et on n'encombre pas justement les routes et ça permet au secours de pouvoir circuler.
03:07Donc je voudrais vraiment remercier notamment le 16e arrondissement sur Marseille, sur ces quartiers qui ont respecté vraiment à la lettre les consignes.
03:17Et vraiment, je voulais le dire, le souligner, parce que ce n'est pas toujours le cas.
03:21Donc bravo aux Peignois et bravo aussi aux Marseillais. Sur le reste, là encore, je voudrais donner un message qui est un message de précaution, de grande prudence.
03:33Vous vous rendez compte qu'aujourd'hui, on a eu sur les seules bouches du Rhône 7 feux. Il y a eu des petits départs de feu et on est au mois de juillet.
03:43Je ne parle même pas des autres départements. Je pense à l'Aude, près de Narbonne. Je pense aussi au Var.
03:50Donc on a une période qui est très précoce. On a déjà eu des feux qui sont très intenses avec d'énormes risques.
03:58Et là, il s'agissait avant tout de protéger des habitations et ceux qui les habitent. Il a dû falloir évacuer à peu près 400 personnes.
04:06Il y a eu un EHPAD qui a été évacué de 71 résidents. Ce sont des opérations qui sont toujours très, très lourdes.
04:14Simplement là, le feu a été causé par un véhicule qui s'est enflammé sur l'autoroute. Mais malheureusement, ailleurs, souvent, ce sont des mégots.
04:23Souvenez-vous, dans l'Aude, c'était une remorque qui supportait un brasero, un barbecue qui n'avait pas été éteint.
04:33L'individu, d'ailleurs, n'avait pas son permis de conduire. Et en plus, c'était alcoolisé. Il faut savoir que sur 10 feux, 9 feux sont d'origine humaine.
04:419 feux sont d'origine humaine. Et sur ces feux d'origine humaine, il y a à peu près la moitié qui viennent soit de malveillance ou soit de négligence.
04:51Donc vraiment, un feu, ça peut tuer. Un feu, ça peut être très destructeur, pas seulement sur la nature, mais ça peut enlever des vies.
05:00Il faut aussi penser aux sapeurs-pompiers, aux marins-pompiers, à tous ces courageux qui, en France, consacrent leur vie à pouvoir et à essayer d'en sauver d'autres.
05:12C'est la force, je le dis souvent, du don de soi plutôt que la tentation du chacun pour soi.
05:18Mais encore une fois, si on veut protéger des vies humaines, il ne faut pas le demander d'abord aux sapeurs-pompiers.
05:24Il faut avoir un comportement civique. Ça dépend de chacun d'entre nous.
05:30Les mégots sur le bord des autoroutes, sur le bord de la route, des feux, par exemple, dans des brasieraux, par exemple, sur des barbecues.
05:37Et je ne parle pas évidemment des malveillances.
05:41Voilà, je pense que c'était important pour nous de venir au contact des élus qui ont passé une journée extrêmement tendue,
05:48parce qu'il y avait là encore des gros enjeux, et venir sur le front des troupes pour leur dire que
05:53on est très fiers d'eux et que les Français les admirent, qu'ils les admirent à juste ce titre.
05:59Aujourd'hui, au moment où je vous parle, le feu n'est pas encore fixé.
06:04On espère que les conditions météorologiques, notamment avec le vent, la vitesse du vent permettra de fixer le feu au cours des prochaines heures.
06:12Mais il faut rester évidemment extrêmement prudent, parce qu'un feu peut redémarrer.
06:18Il y a encore un certain nombre de foyers.
06:20Et on a vu que ce feu avait fait des sautes jusqu'à 300 mètres, jusqu'à 300 mètres.
06:25Donc on est sur des phénomènes qui sont des phénomènes très, très dangereux.
06:31Monsieur Lillis, est-ce qu'on va vers un été à haut risque ?
06:34Oui. Il y a tout lieu de penser qu'on va vers un été à haut risque,
06:39puisque on est encore une fois début juillet, près de Narbonne et dans l'Aude.
06:44C'était tout début du mois juillet.
06:46Donc on a une saisonnalité des départs qui sont très précoces, qui sont très intenses,
06:51parce que l'état de la végétation avec la sécheresse fait que le feu dévore très vite
06:56et ça lui donne une force, une rapidité.
06:59On a du vent.
07:00Et donc, encore une fois, on peut maîtriser tout cela.
07:03Ce n'est pas des phénomènes qui tombent du ciel.
07:07C'est 9 fois sur 10, 90% des départs qui sont dus à la négligence,
07:13qui sont dus en fait à l'action humaine.
07:17Donc si les uns et les autres ont des comportements civiques,
07:21alors on pourrait éviter le pire.
07:22Sinon, sinon, on aura des catastrophes.
07:26Combien de personnes ont été évacuées ?
07:28Est-ce qu'il y a grand-d'autres évacuations dans les projets ?
07:30Pour l'instant, 400 personnes, je parle sous le contrôle, des maires qui ont été évacuées.
07:35Il y a un EHPAD avec 71 résidents.
07:38Je disais que c'était des opérations lourdes parce que la moyenne d'âge approche souvent des 90 ans
07:43et pas des 20 ans, évidemment, en EHPAD.
07:45Il y a 63 maisons qui ont été concernées, qui ont été touchées.
07:51Une dizaine qui ont été brûlées, quasiment détruites, je pense, amirales.
07:57Voilà.
07:57Combien de personnes ont été hospitalisées à cause des fumées ?
08:01Il y a 110 personnes qui ont été légèrement blessées.
08:05Au moment où je vous parle, je dis bien au moment où je vous parle, il n'y a pas de mort.
08:10C'est exceptionnel compte tenu de la force, de la puissance de l'incendie.
08:16Au moment où je vous parle, il n'y a pas de mort.
08:17Mais c'est dû à l'engagement très massif de nos forces, de tous nos moyens, moyens humains, courage, professionnalisme des sapeurs-pompiers, des marins-pompiers.
08:30C'est dû aussi à une attaque du feu très massive par des moyens aériens.
08:36La coordination des moyens aériens qui a été assurée cet après-midi, c'est un tour de force.
08:42Je tiens à le dire parce que ça n'est rien d'évident.
08:44Et je veux saluer celles et ceux qui en sont à l'origine.
08:49— Est-ce qu'il y a des moyens aériens ? Est-ce qu'il y a des moyens aériens ? Est-ce qu'il y a des canadaires qui arrivent en fin de potentiel ?
08:58— Non, non. Les canadaires sont... En fait, ce sont des appareils extrêmement robustes.
09:03Pour peu qu'ils soient correctement entretenus.
09:06Quand il y a des moteurs qui vont pas bien, on les change.
09:09Il y en a 11. Il y en a 11 cette année.
09:11On a à côté des dashes.
09:14Le Canadair, c'est environ 6 tonnes d'eau à peu près.
09:19Là, il a été déversé, par exemple, toute aéronef compris, 400 tonnes.
09:24400 tonnes qui se sont d'eau, qui se sont abattues sur le feu.
09:28On a des dashes. Là, c'est pratiquement 10 tonnes.
09:31On a des beachcraft. Et on a aussi une capacité de location.
09:36Et il faut qu'on garde cette capacité de location avec 6 aéronefs.
09:40Aéronefs, avions. Et une dizaine d'hélicoptères lourds, bombardiers d'eau.
09:47On a, il y a 2 ans, commandé 2 nouveaux canadaires.
09:51Et je souhaite qu'on puisse en commander 2 nouveaux.
09:55Ce que je veux dire aussi, c'est que notre modèle de sécurité repose sur des moyens qui sont locaux, départementaux.
10:02Alors, à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône, il y a une particularité un peu comme à Paris,
10:06puisque pour la ville, on a les marais-pompiers, donc des marins comme des militaires.
10:12J'ai à côté de moi un amiral.
10:14Et on a, pour les moyens du département, ce qu'on a partout en France ailleurs,
10:18des sapeurs-pompiers qui sont professionnels ou qui sont volontaires.
10:21Donc on a un premier niveau qui est territorial, qui est local.
10:25On peut, on y ajoute un autre niveau.
10:27Là, par exemple, avec le niveau zonal, où on a 7 ou 8 colonnes de renfort de feu qui sont venues.
10:36On en a beaucoup d'autres.
10:37On peut en mobiliser, notamment pour les hommes, 2 500 à 3 000 hommes.
10:42Ça fait à peu près 700 véhicules sur l'ensemble de la France.
10:45Et on a le troisième niveau d'un mécanisme de solidarité européen.
10:50La France, tous les étés, concourt d'ailleurs en apportant des moyens.
10:53On les a apportés à la Grèce.
10:55Vous vous souvenez quand il y a eu les méga-feux en Grèce.
10:57Mais on peut, nous aussi, recevoir des moyens.
10:59Donc ces trois niveaux-là permettent d'articuler une bonne défense,
11:03le local, le national et le niveau européen.
11:05Une petite question sur le respect de la loi pour le débroussaillement.
11:10Si, si. J'en parlais avec Michel Amiel qui est derrière moi.
11:14Il y a une obligation légale de débroussaillement.
11:17Et les marais pompiers, les sapeurs pompiers me disaient que
11:20lorsqu'ils défendaient les maisons, c'était très clair.
11:24Entre les maisons qui étaient tout autour débroussaillées
11:27et celles qui ne l'étaient pas.
11:29On parlait aussi avec Michel il y a quelques instants
11:32du feu qui avait été beaucoup plus puissant encore de 2016.
11:35Où les maisons qui avaient été brûlées, on voyait bien la différence
11:38entre celles qui avaient bénéficié d'un débroussaillage
11:41et celles qui n'en avaient pas bénéficié.
11:45Les communes font beaucoup, beaucoup d'efforts
11:47pour mobiliser les citoyens, les habitants,
11:50pour leur rappeler les consignes,
11:52les obligations légales de débroussaillement.
11:55Mais moi je souhaite qu'à l'avenir,
11:58notamment les polices municipales puissent verbaliser.
12:01Parce que le civisme, ça passe par de la prévention.
12:06Mais lorsque, au bout d'une fois, deux fois, trois fois,
12:10vous rappelez à la même personne
12:12qu'elle a une obligation de débroussaillage,
12:15que cette même personne ne respecte pas cette obligation,
12:19alors il faut verbaliser.
12:20Parce qu'encore une fois, tout ça c'est de la nourriture pour le feu
12:23et un feu c'est dangereux.
12:25Est-ce qu'il faut revoir aussi l'aménagement urbain ?
12:28On sait qu'autour de Marseille,
12:30il y a des terres agricoles qui disparaissent,
12:32il y a un étalement urbain,
12:33des maisons qui se construisent, là où il ne faut pas.
12:36Est-ce qu'il ne faut pas repenser aussi à ce niveau-là,
12:38en termes d'aménagement ?
12:40La prévention c'est important, les moyens aussi,
12:43mais l'aménagement urbain,
12:46est-ce qu'il faut voir ça ?
12:48En sachant qu'aussi, Marseille,
12:51ça se rapproche de plus en plus
12:53au fil des années, des décennies ?
12:55Quel regard vous avez par rapport à ça ?
12:57Il y a bien sûr un aménagement urbain,
12:59mais je vous citais tout à l'heure
13:01le cas de ce feu qui a fait des sautes jusqu'à 300 m.
13:05Vous vous rendez compte ?
13:06Le bon que ça peut représenter.
13:08Donc bien sûr, il faut que les aménagements urbains,
13:11l'urbanisme, c'est pareil d'ailleurs
13:14en matière d'inondation auprès de la mer.
13:16On construisait jadis des maisons les pieds dans l'eau
13:19et avec les risques de submersion marine,
13:21aujourd'hui, on a des pépéries,
13:23on a un nouvel urbanisme.
13:25C'est la même chose aussi.
13:27Mais là encore, je pense qu'on peut éviter
13:29énormément de choses avec des petits gestes
13:31de prudence et de civisme.
13:33Est-ce que pour les Canadiens,
13:34vous allez le sanctuariser dans le budget ?
13:37C'est ce que je souhaite,
13:38c'est qu'on puisse sanctuariser
13:40la commande de deux appareils
13:43dans les deux prochaines années.
13:45— M. Rotailleau, les habitants de la Pré-Nord,
13:47ils disent... — Pardon ?
13:48— Les habitants de la Pré-Nord,
13:50les maisons étaient touchés,
13:51ils dénoncent un retard des pompiers,
13:52ils disent ne pas avoir un lieu de pompier
13:54prépositionné à cet endroit-là,
13:56puisque les premières forces de l'entreprise
13:57sont deux, ce sont les policiers
13:58qui leur ont dit que...
14:00— Écoutez, moi, je suis pas au courant
14:02dans le détail, mais ce que je peux dire,
14:05c'est que les pompiers ont fait
14:06un énorme travail.
14:07Ils ont fait un travail collectif
14:09extraordinaire.
14:10Ils ont pas terminé.
14:12Je les ai vus.
14:13Pour beaucoup, les yeux étaient rougis
14:15de fatigue.
14:17Ils sont là depuis ce matin
14:18et ils vont passer la nuit entière.
14:21Il y a des policiers aussi
14:23qui ont été mobilisés
14:24pour pouvoir avertir les gens.
14:26C'est important.
14:27J'ai constaté d'ailleurs
14:28que le système FR Alert
14:30a bien fonctionné.
14:32C'est ce qui permet
14:33d'envoyer un signal aux habitants.
14:35Le téléphone, on l'entend très vite
14:38parce que c'est un signal
14:39qui est extrêmement désagréable.
14:41On peut pas le louper.
14:42Et il y a un message,
14:43notamment du préfet de région,
14:45qui s'affiche avec des consignes
14:47qui sont très, très claires.
14:48Non, je ne pense pas
14:49que les pompiers ou les marins-pompiers
14:51aient eu un retard au moment
14:55où ils se sont projetés
14:56très, très rapidement.
14:56Et encore une fois,
14:58ils sont totalement mobilisés.
15:00Merci.
15:01Merci à vous.
15:02Merci.
15:02Excusez-moi.
15:07Vous allez ?
15:08Merci.
15:08Merci.
15:08Merci.
15:09Merci.
15:09Merci.
15:10Merci.
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