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  • il y a 7 mois
À la Section de recherches de Marseille-Paca, une « Cellule Emile » est composée d’une quinzaine d’enquêteurs mobilisés à plein temps et repose sur une méthodologie d’une extrême précision pour tenter d’élucider « une affaire très complexe ». Le colonel Christophe Berthelin, commandant de la SR, nous présente ce dispositif.

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Transcription
00:00Sur le dossier du petit Emile, d'Emile Soleil, on continue de travailler aujourd'hui
00:04et j'espère bien entendu que les enquêteurs aboutiront.
00:13Le 8 juillet 2023, Emile Soleil disparaît dans un hameau des Alpes de Haute-Provence, le Haut-Vernay.
00:21Aucune trace de l'enfant ne sera retrouvée jusqu'à la découverte de ses ossements le 30 mars 2024
00:25et les analyses révéleront le caractère criminel de son décès.
00:28En exclusivité, la Provence a eu le privilège d'entendre le chef de la section de recherche de Marseille s'exprimer sur cette affaire.
00:35Le colonel Berthelin chapeaute la cellule Emile, un groupe d'enquêteurs d'élite, travaillant sans relâche sur ce dossier hors normes.
00:42Aujourd'hui, vous avez en tout une quinzaine d'enquêteurs qui travaillent sur ce dossier-là,
00:47avec des enquêteurs qui s'y consacrent à temps plein, qui sont une douzaine,
00:50et des enquêteurs d'appui, des analystes criminels.
00:53L'affaire est trop sensible, trop importante.
00:55Il y a un volume de données qui est trop important pour qu'ils puissent traiter plusieurs dossiers en même temps.
01:00Pour les enquêteurs de la section de recherche, ils sont projetés en permanence dans le département 04.
01:04Aujourd'hui, c'est des gens qui vivent une bonne partie de la semaine loin de leur famille
01:08et qui vont travailler jour et nuit si la situation l'exige.
01:11Que ce soit les chiffres de traitement de la donnée téléphonique, des auditions,
01:15de la police technique qui est scientifique,
01:18tous ces chiffres-là sont colossaux, mais il faut bien comprendre que dans ces dossiers-là,
01:21les enquêteurs ne laissent rien au hasard.
01:23Donc ils ont un travail, vous en parliez tout à l'heure, qui est extrêmement minutieux,
01:28de vérification, de contre-vérification, en sollicitant des expertises, des contre-expertises.
01:34Moi j'ai des enquêteurs qui sont vraiment expérimentés, qui sont qualifiés,
01:37qui ont résolu un grand nombre de dossiers auparavant,
01:39et à qui on a confié ce dossier-là.
01:42Ça c'est fondamental.
01:43Et puis à côté d'eux, vous avez des techniciens,
01:45parce qu'il y a aussi des outils techniques de recoupement,
01:48l'information de recoupement des indices et des traces.
01:50C'est l'alliance des deux, d'expérience et de la technique, qui nous permet d'avancer.
01:53Et à côté d'eux, les unités territoriales et les groupements de gendarmerie
01:57vont détacher des militaires qui connaissent le terrain,
02:01qui connaissent les gens, qui connaissent les populations, qui connaissent les territoires.
02:04Alors on a plusieurs hypothèses de travail parallèles,
02:07et chaque hypothèse est poussée à fond.
02:09Et on ne la fermera que si on a été exhaustif dans un dossier comme celui-là.
02:14Donc là vous mesurez la minutie que ça peut impliquer sur un plan opérationnel.
02:19On a des portes qu'on ferme, effectivement, heureusement on en a fermé un grand nombre,
02:24et on a des hypothèses de travail sur lesquelles on continue de travailler,
02:27et il y en reste quelques-unes.
02:28On a sur les autres dossiers en matière d'homicide,
02:31depuis 4 ans, 100% de taux de réussite, de taux de résolution.
02:36Voilà, donc sur tous les dossiers d'atteinte aux personnes, on aboutit.
02:39Le 25 mars 2025, les grands-parents du petit Émile et deux de leurs enfants
02:43ont été entendus par les enquêteurs au cours de plusieurs gardes à vue de 48 heures,
02:46à l'issue desquelles tous sortiront libres.
02:49Sans trahir le secret de l'instruction,
02:51le commandant de la section de recherche nous explique le but de cet acte d'enquête.
02:55La garde à vue, souvent, elle arrive plutôt à la fin d'un dossier,
02:58une fois qu'on a réuni les éléments matériels,
03:00où là on va aller chercher effectivement les auteurs,
03:02quel que soit leur niveau, pour les confronter à ces éléments matériels,
03:05et puis les laisser s'expliquer ou pas,
03:09pour qu'ils puissent, puisque notre objectif reste la manifestation de la vérité.
03:13Le vrai objectif de la police judiciaire, c'est celui-ci.
03:16Et donc la garde à vue, c'est ce moment particulier,
03:18donc la rencontre entre l'enquêteur et puis le mis en cause,
03:22le suspect, qui peut très bien,
03:24dont la responsabilité peut être écartée à l'issue de la garde à vue,
03:27mais qui devra s'exprimer sur le dossier qu'on vient de présenter.
03:30Moi, ça me paraît être l'acte naturel de l'enquête.
03:33C'est-à-dire que vous pensez que quelqu'un peut être responsable d'une infraction grave,
03:38quand la section de recherche est saisie,
03:41donc vous allez lui poser la question.
03:42Alors bien entendu, aujourd'hui, le cadre de cet entretien est régulé par la loi,
03:48de manière extrêmement, avec la présence d'un avocat,
03:51avec un cadre juridique qui est extrêmement formaliste
03:53et qui est extrêmement lourd pour les enquêteurs.
03:55Cette affaire peut rappeler celle du petit Grégory,
03:57un enfant tué dans les années 80
03:59et dont le coupable n'a jamais été clairement identifié.
04:02Mais pour le commandant Bertelin, au niveau de l'enquête,
04:05le dossier Grégory s'éloigne de celui d'Emile.
04:07Il n'y a pas de parallélisme possible.
04:10L'affaire Grégory, c'est une affaire d'une autre époque.
04:12C'est une affaire où on ne disposait pas du tout des mêmes moyens,
04:14ni techniques, ni la même...
04:17On n'avait pas la même conscience de l'investigation et de ce qu'elle impliquait,
04:21de sa complexité, de sa technicité.
04:23L'affaire Grégory, je pense qu'aujourd'hui,
04:25c'est une affaire qui serait résolue beaucoup plus rapidement
04:27parce que les éléments techniques et les éléments d'enquête étaient là.
04:34Là, aujourd'hui, on n'est pas du tout dans le même cadre.
04:41Là, on déploie tous les moyens,
04:43on travaille de manière extrêmement minutieuse,
04:45on envisage toutes les pistes.
04:47Il n'y a pour moi pas du tout d'échec dans l'investigation,
04:51ce qui a été le cas dans l'affaire Grégory.
04:52Donc, on est vraiment sur deux registres qui sont très différents.
04:55On fait le parallélisme parce qu'il s'agit d'enfants, bien entendu,
04:58mais je crois que ça s'arrête là.
05:00En tout cas, l'affaire Emile est une affaire qui frappe l'imaginaire et le collectif.
05:04C'est un enfant très jeune qui disparaît dans une zone rurale,
05:08au sein de sa famille.
05:10Donc, chaque Français se sont concernés,
05:11et nous tout particulièrement, bien entendu,
05:14parce qu'on connaît cet environnement-là,
05:16on connaît les gens, on connaît la famille.
05:18Des dossiers qui impliquent des enfants
05:20restent des affaires qui sont particulièrement marquantes.
05:22J'en ai connu d'autres que je conserve,
05:24effectivement, bien entendu, en mémoire,
05:26puisque ça vous touche profondément.
05:29Je suis moi-même père de famille,
05:30et donc on se projette inévitablement.
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