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  • il y a 7 mois
SR. Deux lettres majuscules. Mystérieuses, aussi, pour une bonne partie de la population. Pour peu qu'on s'intéresse d'assez près aux faits divers, la Section de recherches est, pourtant, un élément récurrent de cet univers. Mais derrière ce langage commun, il y a surtout un monde inconnu.
La Provence a eu le privilège d'y pénétrer, à Marseille, à la caserne Donadieu, où est basée la Section de recherches de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Son commandant, le colonel Christophe Berthelin a pris le temps de nous guider, distillant, au cours d'un long entretien, des explications précises et détaillées sur le fonctionnement général et l'état d'esprit propre à un enquêteur de la SR animé, tout à la fois, par une curiosité intellectuelle, le sens de la méthode et de la rigueur. Sans oublier une inaltérable pugnacité nécessaire au suivi de dossiers au long cours qui vont, parfois, se résoudre sur un infime détail.

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Transcription
00:00On traite une forme de criminalité qui est plus grave.
00:01Donc effectivement, il faut avoir des compétences qui sont liées à ce niveau de criminalité.
00:06Des compétences intellectuelles et des compétences et une motivation,
00:09ce qui me paraît absolument essentiel.
00:18C'est une plongée exceptionnelle que la Provence a pu réaliser
00:21au cœur de la plus grande section de recherche de France.
00:24Installée à Marseille, cette unité d'élite, composée de 107 gendarmes spécialisés,
00:29traque la criminalité organisée sous toutes ses formes en région PACA.
00:32À la tête de l'ASR, le colonel Christophe Berthelin, un officier chevronné,
00:37nous explique comment ces enquêteurs prennent en charge les dossiers les plus sensibles.
00:41Pour qu'on soit saisi d'un dossier, il y a quatre critères de compétences qui sont essentiels.
00:45C'est le critère de complexité de l'affaire, le critère de gravité de l'affaire,
00:50le critère éventuellement de sérialité, c'est-à-dire la répétition d'une infraction,
00:54ou le critère de sensibilité.
00:56C'est une infraction qui serait peut-être un peu moins grave,
00:58mais qui aurait un retentissement médiatique ou qui engagerait des personnalités
01:02et qui justifierait que la section de recherche s'engage.
01:04Ce sont les quatre critères d'intervention de l'unité.
01:06Nous ne travaillons jamais seuls.
01:07L'action de la section de recherche est forcément une action collective.
01:11Nous sommes co-saisis avec d'autres unités de la Gendarmerie nationale,
01:14avec d'autres services de l'État, avec les douanes, avec la police nationale,
01:18avec des offices centraux.
01:19Cette action collective est essentielle.
01:20La police judiciaire est trop complexe aujourd'hui pour qu'on puisse la mener seule.
01:23Juriste de formation, le colonel Christophe Berthelin a dirigé pendant quatre ans la section de recherche de Marseille.
01:29Avant de passer le relais cet été, il dresse pour la province un état des lieux des menaces
01:33auxquelles ses équipes ont été confrontées.
01:35Ces formes de criminalité organisée se caractérisent par l'absence totale de frontières.
01:38Pas de frontières numériques, pas de frontières financières, pas de frontières géographiques, pas de frontières juridiques.
01:43Alors que nous, on agit dans un cadre qui est particulièrement contraint.
01:46On a un cadre légal, on a un cadre budgétaire, on a un cadre militaire, nous sommes militaires.
01:53Et donc, c'est une espèce de contradiction assez fondamentale entre leur liberté d'action et nous, nos contraintes.
02:01Il y a aujourd'hui une évolution technologique extrêmement importante,
02:03qui profite aussi aux organisations criminelles.
02:05Donc, il faut qu'on s'y adapte en permanence, qu'on essaie de l'anticiper parfois,
02:11ou au moins qu'on essaie d'être raccord avec les outils dont il dispose.
02:17En partance pour de nouvelles fonctions dans le nord de la France,
02:20le commandant continue de s'appuyer sur l'excellence des enquêteurs qui l'entourent.
02:23S'agissant des enquêteurs, vous avez des profils qui sont assez différents.
02:26Vous avez le profil qui peut paraître évident, c'est des gens qui ont une dizaine d'années d'expérience
02:32en matière de police judiciaire, qui ont déjà mené des enquêtes dans des brigades de recherche,
02:37qui sont des unités déjà spécialisées.
02:39Et donc, naturellement, ils ont fait leur preuve et ils se portent candidats
02:42pour venir servir en section de recherche.
02:44Mais vous avez aussi des candidats, des choix jeunes, ce qu'on appelle des choix jeunes, nous,
02:47avec des gens qui ont un gros potentiel, qui se sont passés par les universités il n'y a pas très longtemps,
02:52ou alors qui manifestent une volonté, un attrait particulier pour l'exercice de la police judiciaire.
02:57Certains de ces choix jeunes ont aussi une expérience professionnelle passée,
03:01dans des domaines totalement différents.
03:04Nous avons le cas, par exemple, d'une avocate qui a exercé dans un barreau,
03:07qui est devenue gendarme, parce que c'est un choix de vie qu'elle a fait.
03:10Et donc, nous, sa compétence nous intéressait, donc on est allé la chercher.
03:12Le colonel Olivier Leblanc, actuellement à la tête de la section de recherche de Chambéry,
03:17succédera à Christophe Berthelin dans le courant de l'été.
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