00:00On traite une forme de criminalité qui est plus grave.
00:01Donc effectivement, il faut avoir des compétences qui sont liées à ce niveau de criminalité.
00:06Des compétences intellectuelles et des compétences et une motivation,
00:09ce qui me paraît absolument essentiel.
00:18C'est une plongée exceptionnelle que la Provence a pu réaliser
00:21au cœur de la plus grande section de recherche de France.
00:24Installée à Marseille, cette unité d'élite, composée de 107 gendarmes spécialisés,
00:29traque la criminalité organisée sous toutes ses formes en région PACA.
00:32À la tête de l'ASR, le colonel Christophe Berthelin, un officier chevronné,
00:37nous explique comment ces enquêteurs prennent en charge les dossiers les plus sensibles.
00:41Pour qu'on soit saisi d'un dossier, il y a quatre critères de compétences qui sont essentiels.
00:45C'est le critère de complexité de l'affaire, le critère de gravité de l'affaire,
00:50le critère éventuellement de sérialité, c'est-à-dire la répétition d'une infraction,
00:54ou le critère de sensibilité.
00:56C'est une infraction qui serait peut-être un peu moins grave,
00:58mais qui aurait un retentissement médiatique ou qui engagerait des personnalités
01:02et qui justifierait que la section de recherche s'engage.
01:04Ce sont les quatre critères d'intervention de l'unité.
01:06Nous ne travaillons jamais seuls.
01:07L'action de la section de recherche est forcément une action collective.
01:11Nous sommes co-saisis avec d'autres unités de la Gendarmerie nationale,
01:14avec d'autres services de l'État, avec les douanes, avec la police nationale,
01:18avec des offices centraux.
01:19Cette action collective est essentielle.
01:20La police judiciaire est trop complexe aujourd'hui pour qu'on puisse la mener seule.
01:23Juriste de formation, le colonel Christophe Berthelin a dirigé pendant quatre ans la section de recherche de Marseille.
01:29Avant de passer le relais cet été, il dresse pour la province un état des lieux des menaces
01:33auxquelles ses équipes ont été confrontées.
01:35Ces formes de criminalité organisée se caractérisent par l'absence totale de frontières.
01:38Pas de frontières numériques, pas de frontières financières, pas de frontières géographiques, pas de frontières juridiques.
01:43Alors que nous, on agit dans un cadre qui est particulièrement contraint.
01:46On a un cadre légal, on a un cadre budgétaire, on a un cadre militaire, nous sommes militaires.
01:53Et donc, c'est une espèce de contradiction assez fondamentale entre leur liberté d'action et nous, nos contraintes.
02:01Il y a aujourd'hui une évolution technologique extrêmement importante,
02:03qui profite aussi aux organisations criminelles.
02:05Donc, il faut qu'on s'y adapte en permanence, qu'on essaie de l'anticiper parfois,
02:11ou au moins qu'on essaie d'être raccord avec les outils dont il dispose.
02:17En partance pour de nouvelles fonctions dans le nord de la France,
02:20le commandant continue de s'appuyer sur l'excellence des enquêteurs qui l'entourent.
02:23S'agissant des enquêteurs, vous avez des profils qui sont assez différents.
02:26Vous avez le profil qui peut paraître évident, c'est des gens qui ont une dizaine d'années d'expérience
02:32en matière de police judiciaire, qui ont déjà mené des enquêtes dans des brigades de recherche,
02:37qui sont des unités déjà spécialisées.
02:39Et donc, naturellement, ils ont fait leur preuve et ils se portent candidats
02:42pour venir servir en section de recherche.
02:44Mais vous avez aussi des candidats, des choix jeunes, ce qu'on appelle des choix jeunes, nous,
02:47avec des gens qui ont un gros potentiel, qui se sont passés par les universités il n'y a pas très longtemps,
02:52ou alors qui manifestent une volonté, un attrait particulier pour l'exercice de la police judiciaire.
02:57Certains de ces choix jeunes ont aussi une expérience professionnelle passée,
03:01dans des domaines totalement différents.
03:04Nous avons le cas, par exemple, d'une avocate qui a exercé dans un barreau,
03:07qui est devenue gendarme, parce que c'est un choix de vie qu'elle a fait.
03:10Et donc, nous, sa compétence nous intéressait, donc on est allé la chercher.
03:12Le colonel Olivier Leblanc, actuellement à la tête de la section de recherche de Chambéry,
03:17succédera à Christophe Berthelin dans le courant de l'été.
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