- il y a 7 mois
MEDI1TV Afrique : Mahmoud El Moussaoui : étoile montante de la musique classique - 05/07/2025
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00It's a great pleasure to meet you on Median TV for this new escale culture in the heart of Africa.
00:16In a few moments, we will talk about cinema but also art with Baudouin Mouanda, photographer congolais,
00:22and we will share with you his universe.
00:30Today, we have an immense pleasure to receive a real genius, the piano méloman in Lannes.
00:44It's a promise of the classical music.
00:48Mahmoud Moussaoui is with us.
00:52Bonjour.
00:53Bonjour Amna.
00:54Merci de m'accueillir.
00:56Avec grand plaisir.
00:58Comme je le disais à l'instant, tu fais le buzz.
01:00Comme on dit, tu as ça dans le sang.
01:04On sait aussi qu'il y a une véritable discipline derrière.
01:09Pour arriver à ton niveau, il faut beaucoup de travail, beaucoup de volonté, beaucoup de sacrifices.
01:17Également, on reviendra dessus plus tard, mais on va un peu commencer par le début.
01:23Qu'est-ce qui t'a donné envie de faire du piano et surtout de persévérer jusqu'au niveau où tu en es aujourd'hui ?
01:31J'ai grandi dans un foyer où il y avait beaucoup de musique.
01:37Mon père était aussi, à l'époque, pianiste amateur.
01:41Il commençait à apprendre quelques cours de piano dans une école de musique à Kenitra.
01:47Et donc moi, par mimétisme, à chaque fois qu'il quittait le piano, je me mettais sur le tabouret pour essayer de reproduire ce qu'il faisait, parfois en utilisant justement juste un doigt.
01:57Et c'est là où mon père a compris que j'avais une réelle passion pour le piano et pour la musique classique en général, d'où la décision de m'inscrire plus tard au conservatoire.
02:07Vas-y, vas-y, je t'en prie.
02:13Oui. Après, de fil en aiguille, c'est beaucoup de travail.
02:17C'est limite athlétique comme domaine parce que vous travaillez sur un instrument sans compter.
02:23Et à partir d'un moment, le travail commence à porter ses fruits.
02:27On commence à donner des concerts qui sont assez qualitatifs.
02:30Et petit à petit, j'ai commencé à me reproduire à l'international.
02:33Et c'est vrai, beaucoup de prix à l'international, mais également au niveau national.
02:39Voilà, comme on dit, un diamant brut, une fierté pour les Marocains.
02:46Et c'est vrai que Mahmoud, le piano, la musique classique, tu es très jeune encore.
02:51Et c'est vrai qu'on n'imagine pas de nos jours un jeune de ton âge s'intéresser au piano.
02:59Et qu'est-ce qui te fait vibrer dans cet instrument, au point d'en faire cette vocation-là ?
03:09En fait, c'est un coup de cœur qui ne s'explique pas forcément.
03:14Mais en tout cas, pour parler de la musique classique en général, pas forcément du piano.
03:17Je trouve que c'est une musique qui a la capacité de transmettre une émotion en public à l'état pur.
03:22Et justement, c'est une joie absolue pour moi, en tant que jeune pianiste-coasterciste,
03:27de pouvoir donner le sourire à des gens quand ils viennent écouter un concert,
03:31après une longue journée de travail, après une longue semaine de travail.
03:34Et pour eux, justement, ce moment-là, ce concert-là est considéré comme une petite parenthèse positive de la semaine.
03:42Et en tout cas, c'est beaucoup de joie de faire ça et de partager la musique au plus grand nombre.
03:48Et beaucoup de pianistes, quand on leur parle, ou de violonistes, ont un rapport particulier avec leur instrument de musique.
04:00Et nous, on voit le virtuose, on voit un pianiste ou un violoniste d'exception.
04:05Mais eux ne voient pas un piano, mais parfois, en fait, une autre personne.
04:11Voilà, ils ne font plus qu'un, en fait, avec leur instrument.
04:15Et c'est pour ça qu'il y a autant de pianistes que de jeux, en fait, de manière de signature d'ADN.
04:21Puisque, finalement, le pianiste, il s'exprime à travers ce piano.
04:26Toi, quel rapport, justement, tu as avec ton instrument de musique, surtout après toute cette expérience ?
04:34Justement, comme tu l'as dit, en fait, petit à petit, ça devient vraiment le meilleur moyen que j'utilise, en tout cas, pour m'exprimer.
04:40Ça devient même, on va dire, la prolongation de mon corps.
04:43Et aujourd'hui, en tout cas, c'est justement, c'est grâce au piano que j'arrive à m'ouvrir émotionnellement
04:49et à, soi-disant, transmettre des émotions, des états d'âme à l'état pur au public.
04:55Mais tout ça, ça vient avec beaucoup de travail.
04:57Et c'est une symbiose qui ne se trouve pas du jour au lendemain.
05:00Et justement, c'est ça où je voulais en venir avec toi, Mahmoud.
05:05C'est beaucoup, beaucoup de travail.
05:08On n'imagine pas, parce qu'en général, on commence très jeune.
05:12Et c'est une, en fait, c'est une discipline vraiment limite militaire et beaucoup de sacrifices.
05:20Est-ce que tu peux nous raconter, toi ?
05:22C'est tout à fait ça.
05:23Qui t'ont le plus marqué ?
05:25Est-ce que, quand on est pianiste à ton niveau, est-ce que, voilà, on est une...
05:29Je ne dirais pas des tocs, mais c'est vrai qu'on est dans une sorte de bulle
05:34et les gens ont parfois du mal à nous comprendre.
05:37Je dirais qu'en fait, c'est un domaine qui est tellement preneur et qui est tellement énergivore
05:44qu'on est obligé de laisser de côté pas mal de choses pour réussir.
05:48Surtout que quand on est pianiste, en tout cas, quand on exerce en général tous les métiers de la scène, on fait face à une concurrence qui est internationale.
05:59Et en plus de ça, moi, j'ai vu aussi de l'ingénierie à l'IAV Hassando en parallèle et ensuite un master en management et administration des entreprises.
06:09Donc, ça m'a demandé justement beaucoup plus de persévérance et beaucoup plus d'organisation pour pouvoir mener tout ça en parallèle.
06:17Donc, bien sûr, je veux dire, ça prend dessus sur pas mal de choses sur la vie personnelle.
06:21Par exemple, j'avais très peu de temps à consacrer pour mes loisirs à côté.
06:26Donc, voilà, on va dire que c'est beaucoup de travail.
06:33Et malheureusement, je veux dire, quand on veut réussir dans un domaine qui est soumis à une telle concurrence, on est obligé de mettre de côté beaucoup de choses.
06:43Après, c'est en fonction de chaque personne, mais en tout cas, moi, j'ai dû me consacrer entièrement.
06:47Et c'est vrai que la musique classique, un peu comme l'opéra, est vue comme des arts élitistes.
07:00Qu'est-ce que tu dis en fait au public et peut-être pour leur donner envie de découvrir le monde de la musique classique ?
07:10Qu'est-ce que tu pourrais leur dire tout simplement ?
07:13J'ai envie de leur dire que tous les compositeurs étaient fauchés de d'autres manières.
07:15C'est pas du tout élitiste.
07:17Non, non, sur une note beaucoup plus sérieuse.
07:21En fait, la musique classique est une musique qui est dédiée à absolument tout le monde.
07:25C'est vrai que quand on va dans des salles de concert, qu'il y a des personnes qui viennent vraiment en costume cravate pour venir écouter un concert.
07:32Bon, on a l'impression que c'est vraiment dédié à une catégorie bien déterminée de personnes.
07:35Et financièrement, ça reste parfois inaccessible.
07:38Mais il y a souvent des concerts gratuits qui sont dédiés au grand public.
07:41Et encore une fois, en fait, ces musiques qui sont facilement abordables, il suffit de venir avec une grande ouverture d'esprit et ne pas avoir surtout peur de découvrir quelque chose de nouveau.
07:53Parce que je sais qu'au Maroc, ce n'est pas quelque chose qui est très démocratisé, même s'il y a pas mal d'institutions qui font beaucoup d'efforts pour que ça le soit.
08:00Pour que ça le devienne, en tout cas.
08:02Mais je pense que le public, en tout cas marocain, c'est un public qui a beaucoup de goût.
08:09Et il suffit juste qu'il soit, on va dire, assez ouvert au fait qu'il va s'initier à quelque chose de nouveau pour qu'il apprécie la musique classique.
08:18Il n'y a rien de sorcier.
08:19Et cette nouvelle génération de pianistes, en tout cas de musiciens hors pair auquel tu appartiens, quel est, selon toi, l'apport nouveau que vous pouvez amener à la musique classique ?
08:37Qu'est-ce que tu remarques, par exemple, chez cette nouvelle génération ?
08:42Moi, en particulier, ce que je fais pour, soi-disant, briser la barrière entre l'artiste classique qui paraît souvent inaccessible au public,
08:53c'est que je commence à parler, justement, au public en leur présentant les œuvres dans un langage totalement familier,
08:58pour, soi-disant, pour déjà qu'ils se sentent dans un cadre beaucoup plus convivial.
09:04Et, bon, c'est des petites habitudes que je commence petit à petit à mettre en place pour démocratiser la musique classique au plus grand nombre.
09:10Dans des concerts aussi, bon, après, ça dépend des contextes, mais parfois, je m'habille de façon assez décontracte.
09:17À la place d'avoir des chaussures noires cirées au millimètre près, au millimètre carré près, je mets, par exemple, des baskets.
09:24Enfin, c'est juste pour dire que, finalement, la musique classique reste, disons, une musique populaire, quelque part.
09:32Il n'y a pas de...
09:34Elle n'est pas du tout élitiste pour moi.
09:35Justement, je veux dire, même à l'époque où Mozart vivait, Beethoven, etc., la musique était jouée dans les marchés.
09:40Ce n'était pas forcément dédié à une catégorie de personnes bien déterminées.
09:44Et tu fais bien de le rappeler, de le dire.
09:49Et avant de nous quitter, Mahmoud, ton actualité, bien sûr, voilà, qu'est-ce qui nous attend venant de toi ?
09:57Et est-ce que tu ne penses pas, pourquoi pas, à la composition de musique, de films, à quelque chose qui t'appartienne ?
10:04Pour l'actualité, tout dernièrement, j'ai joué à Bakou suite à l'invitation de l'ambassade du Maroc en Azerbaïdjan pour la journée internationale du dialogue des civilisations.
10:16Là, je pars bientôt à Nîbes pour un concert en musique de chambre.
10:18Après, j'ai deux concerts à Athènes avec l'ambassade là-bas et la mairie.
10:22Donc là, ça bouge pas mal.
10:23Et par rapport à la composition, moi, je trouve que c'est un domaine qui est complètement différent de l'interprétation.
10:28Parce que moi, en gros, mon rôle, c'est justement d'être l'intermédiaire le plus fiable entre un compositeur et le public.
10:35La touche personnelle vient dans le fait que je trouve ma façon particulière pour transmettre la pièce.
10:41Mais la composition reste quand même une discipline qui est complètement différente.
10:45Et justement, c'est un truc qu'il faut commencer dès qu'on est petit.
10:48Ça n'a pas forcément un lien direct avec l'interprétation.
10:51En tout cas, merci à Maroc d'avoir été.
10:52Et pourquoi pas un jour, on verra.
10:54Pourquoi pas ?
10:55Puisque, comme tu le dis, être l'intermédiaire entre le public et une œuvre,
11:01c'est un peu revenir à être l'intermédiaire entre un réalisateur et son film, finalement.
11:07Sauf que c'est l'image que…
11:08C'est vrai que tu es tellement talentueux que je pense que ça pourrait très bien t'aller le cinéma.
11:14Merci.
11:15Merci, c'est gentil.
11:15Merci à toi.
11:17Merci à toi et bonne continuation.
11:20Merci beaucoup, Mahmoud.
11:22C'est gentil, Amna.
11:23Bonne journée.
11:23Merci, au revoir.
11:30Et tout de suite, nous parlons art avec Baudouin Mouanda, photographe angolais,
11:35membre du collectif Génération Elili et d'Afrique Invisu.
11:40Après quelques années passées, étudiait le droit à l'université de Brazzaville.
11:44Il débute sa carrière en 1993 en chroniquant la vie brazzavilloise pour les journaux
11:48et se fait surnommer Fautouin Baudouin Mouanda.
11:52Toujours été attaché profondément à l'histoire de son pays,
11:56au sujet qui interroge et aux séquelles des guerres et qui ont miné son pays natal.
12:00Il se détourne dès ses débuts du conformisme de la photo dite classique,
12:05comme la photo de famille ou la photo souvenir,
12:06pour s'attacher à l'histoire de son pays.
12:09Un premier travail sensible en noir et blanc, né de ses recherches,
12:13les séquelles de la guerre qui donnent déjà un petit aperçu de sa sensibilité de photographe.
12:18En rentrant à Brazzaville, je me suis rendu compte que beaucoup de gens parlaient des inondations.
12:26Certaines personnes croyaient même que les inondations, ce n'étaient pas des phénomènes naturels.
12:32Ils commençaient des fois à dire que c'était un problème politique ou autre.
12:37Moi, je trouvais ça anormal.
12:39Pourquoi ? Parce que je me disais que les inondations,
12:42tout ce qui est changement climatique, ce sont des phénomènes naturels.
12:45Et c'est par là que j'ai commencé à penser, à se dire,
12:50est-ce que je ne dois pas pouvoir réaliser un travail documentaire
12:53pour pouvoir essayer un peu de mobiliser, sensibiliser justement la population sur cette question.
13:00J'ai commencé à faire un travail qui était beaucoup plus documentaire,
13:04dans un quartier qui était bien inondé.
13:07Et finalement, je me suis aperçu que ce n'était pas vraiment très important
13:12parce que tout le monde pouvait avoir des mêmes sujets,
13:15des mêmes sujets, présenter des mêmes sujets.
13:17Il fallait trouver un côté beaucoup plus original.
13:20Alors, qu'est-ce qui m'est arrivé ?
13:22Je suis allé dans des quartiers auxquels ils étaient inondés.
13:24J'ai commencé à rencontrer des familles qui avaient subi des inondations.
13:30J'ai discuté avec eux en leur parlant du projet que j'avais en tête.
13:35C'est-à-dire, je rentrais, je photographais les limites d'eau dans leur maison
13:38et tous les décors qu'il y en avait.
13:40Donc, l'idéal, c'était quoi ?
13:41De refaire le même travail.
13:43Vu qu'il y a un projet qui me tient vraiment à cœur,
13:46qui est la construction d'un espace culturel.
13:50Dans l'espace culturel, il y a un sous-sol qui va abriter une galerie photo.
13:54Donc, au cours de cette période, j'ai passé beaucoup plus mon temps au chantier
14:00pour veiller à cette galerie, enfin au chantier justement, à tout ce qui se passait.
14:07Ce qui était le plus important, qui a attiré plus mon attention,
14:10c'est du fait que la galerie des 160 mètres carrés était inondée par des eaux de pluie.
14:16Le fait que ça soit inondé par des eaux de pluie,
14:17je commençais à me questionner en me disant,
14:19ben voilà, nous sommes en pleine période de confinement.
14:21Je pense qu'avec ces eaux-là, je peux trouver un sujet.
14:25Il faut que j'en fasse un sujet.
14:27Et finalement, c'est là qu'est venue l'idée à pouvoir m'engager à réaliser ce travail.
14:32D'où je suis très content parce que ce travail a quand même remporté trois prix en France,
14:39y compris dans d'autres villes européennes.
14:44Ça permet justement aussi à faire de sorte que les gens connaissent un peu ce problème.
14:49Celui qui se définit comme un photographe de la vie poursuit des séries empreintes de réalisme,
14:55de poésie et de questionnement après hip-hop et société.
14:59Le trottoir du savoir est congolaise Dreams,
15:02par lesquels il offre une vision très personnelle du mariage entre rêve et désenchantement.
15:07En 2017, il revint avec le fantôme de Corniche.
15:10Corniche, Baudouin Mouanda nous surprend constamment avec ces images du réel africain,
15:15de la vie au Congo et des ambiances de bras à ville.
15:18Sa série sur la sable, la société des ambianceurs et des personnes élégantes,
15:23a connu un succès quasi planétaire.
15:25D'ailleurs, la série sur le trottoir de savoir révèle des lycéens et étudiants
15:28qui viennent lire et travailler sous les réverbères publics, faute d'électricité chez eux.
15:33En tout cas, Baudouin Mouanda joue avec les émotions entre ombre et lumière dans son rapport à l'image.
15:39L'artiste cherche à montrer les réalités tout en s'appuyant sur la couleur,
15:43la mise en scène, le décor travaillé et un certain sens de l'humour.
15:48En tant que photographe, je me suis dit qu'il était quand même intéressant
15:51de pouvoir réaliser un travail photographique
15:54d'où auquel j'ai institué le travail « Les Ciels des 16 ans ».
15:57Dans cette série de photos, peut-être que je pourrais vous parler de quelques 2, 3, 4 photos.
16:02Ça pourrait être intéressant pour moi.
16:04La photo qui a attiré beaucoup plus mon attention,
16:07c'est la grande photo auxquelles on voit le monsieur Moukarata
16:10qui regarde juste au ciel avec deux enfants.
16:14Et c'est là vraiment qui a attiré plus mon attention.
16:17D'où même, j'ai intitulé le projet « Les Ciels des 16 ans »
16:20parce que lorsque j'ai rencontré ces populations, ces personnes,
16:23je leur ai posé la question de savoir
16:25lorsqu'il y a des inondations, surtout la nuit,
16:29quel est votre comportement ?
16:31Est-ce que vous restez dans la maison ?
16:32Vous êtes dehors ?
16:33Et tout le monde commençait à me répondre en me disant
16:36« Lorsqu'il y a des tempêtes et autres,
16:40personne ne reste à la maison.
16:42Tous, on est dehors, en train de regarder le ciel. »
16:45Et finalement, en me parlant de la sorte,
16:48je me suis dit qu'il fallait trouver un titre
16:50qui avait vraiment un lien avec cette question
16:54du changement climatique sur les inondations.
16:57Et là, j'ai pensé pouvoir titrer le projet « Les Ciels des 16 ans ».
17:02Et en réalisant ce travail « Les Ciels des 16 ans »,
17:05il y a des images que je m'a beaucoup plu.
17:07Il y a par exemple une dame que j'ai rencontrée
17:10dans le quartier auquel se trouvait le centre.
17:13Parce que l'idéal, c'était quoi ?
17:14Aller voir ces personnes, discuter avec eux, proposer-les.
17:18S'il était d'accord à participer à ces projets aussi importants que moi
17:24pour permettre de mieux communiquer avec d'autres personnes.
17:27D'autres personnes ont dit oui, certains ont dit non.
17:30Pour ceux qui ont dit oui, écoute, on a essayé de faire la route avec eux,
17:34tel qu'il y a une photo que j'ai eu à faire
17:36où on voit une jeune maîtresse qui est en train d'étudier,
17:39qui est en train d'encadrer les enfants dans l'eau.
17:43Et ça, c'est une scène que j'ai vue, des scènes réelles que j'avais vues,
17:47que j'ai reproduites dans cette cave.
17:49Et il y en a encore d'autres images, par exemple,
17:52d'une dame qui est derrière sa bibliothèque.
17:55C'est une photo que je suis allée voir.
17:57J'ai vu des limites d'eau et j'ai demandé à la dame,
18:00c'est vraiment ça, lorsqu'il pleut, votre bibliothèque est vraiment inondée.
18:05Elle me dit, mais bien sûr, puisque vous voyez bien les limites d'eau,
18:08vous pouvez comprendre que nous, ici, lorsqu'il pleut, nous souffrons.
18:11Et j'ai posé la dame, je lui ai demandé si elle pouvait déplacer sa bibliothèque,
18:17tout son salon dans mon site, afin que je reproduise les mêmes scènes qu'il subisse.
18:22Et voilà pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, j'ai pu réaliser ce projet.
18:25Je suis content de ce projet parce que ça fonctionne bien.
18:28Les gens ne se retrouvent parce qu'ils connaissent ce questionnement des inondations.
18:32D'ailleurs, Baudouin Mouande avait reçu il y a quelques années le prix Roger Pique,
18:37qui fêtait alors ses 30 ans pour cette série Ciel de saison,
18:42devenant ainsi le premier photographe africain à le recevoir pour cette série.
18:46Donc, Primer l'homme a travaillé sur le thème du changement climatique,
18:50réalisant pendant le premier confinement la suite d'inondations qui frappent régulièrement
18:54la capitale congolaise des orages, des éboulements, mais aussi des changements du rythme des saisons
19:00qui peuvent à chaque catastrophe bouleverser le quotidien de population.
19:04L'artiste, en tout cas, voulu témoigner de ses traumatismes.
19:07J'ai pris mon appareil photo, me souvenant de chaque détail des lieux visités,
19:11école, hôpitaux, pharmacie, commerce ou encore maison,
19:14et j'ai sollicité des témoignages pour reconstituer le spectacle de désolation.
19:17Le travail se fait dans le chantier inondé de sa future école de photographes à Brazzaville.
19:22Les gens viennent avec leur décor habituel.
19:24Ils posent tout ça, ils reconstituent les pieds dans l'eau, le réel de leur vie et de leur souffrance.
19:29Et c'est ça aussi le travail de Baudouin, être au plus près de la réalité,
19:32donner vie à la réalité à travers la photographie.
19:44Et tout de suite, on parle cinéma avec Jean-Pascal Zédi, acteur, réalisateur, césarisé.
19:51Il a imposé son style entre absurde et satire sociale dans la comédie française.
19:57Ici, nous sommes face à un personnage plongé dans une situation invraisemblable, radicalement étrangère à son contexte usuel.
20:03Son nouveau film ne déroge pas encore une fois la règle.
20:06Le grand déplacement, le détournement est bien sûr évident.
20:08Il raconte les aventures de la première mission spatiale africaine.
20:12Ici, l'invraisemblance est dans l'énoncé même des Africains dans l'espace.
20:16Le seul fait que cela suscite l'hilarité générale interroge justement.
20:20Pourquoi l'idée d'une équipe spatiale africaine semble si grotesque ?
20:24Le comique induit, vous l'aurez compris, le fait de cet inconscient raciste
20:29qui confie les Africains à une forme d'arriération primitive.
20:33C'est ce dont Jean-Pascal Zaddy se joue avec sa co-scénariste Hélène Barou-Zunza.
20:39On regarde tout de suite la bande-annonce.
20:48Voici Patrice Emery. Il a conçu le vaisseau Zay-163 qui vous transportera jusqu'à Marbelle.
20:53C'est très beau, mais est-ce que ça marche ?
20:55Il est où Patrice ?
21:00C'est moi alors.
21:02Non, non, mais plus sérieusement. Il est où Patrice ?
21:03Le Zay-163 n'a rien, mais il faut aller vérifier.
21:10J'y vais.
21:11Patrice, une sortie extravéhifilaire, c'est très physique.
21:13Tu as vu ton indice de masse corporelle ?
21:15Patrice, pourquoi vous vous décochez ?
21:19J'ai raté. J'ai raté.
21:24Je bords, là.
21:29Si ça peut te rassurer, tu n'as plus que 10 minutes d'oxygène.
21:31Ton calvaire est bientôt.
21:34Le grand déplacement Jean-Pascal Zaddy qui nous régale avec cette énième ridiculisation de personnages noirs.
21:42Mais il n'en est rien.
21:43Certes, personnages et situations typiques qui prêtent à la moquerie, voire à l'embarras.
21:49Mais une telle perception ne peut dicter nos faits et gestes.
21:51Nous ne pouvons ni ne devons nous montrer uniquement sous un jour digne et respectable revendiquer ce droit à l'imperfection.
21:58Là, l'acheter à la petitesse ou à la bizarrerie s'éclamer une humanité pleine et entière là où elle est sans cesse déniée.
22:05Voilà ce que dit le réalisateur.
22:06Ce déplacement auquel le film invite est aussi bien physique que mental.
22:10Le réalisateur ancre l'action à Bidjan dans un environnement tourné vers le futur et animé par les Africains porteurs de nouveaux horizons susceptibles de faire bénéficier l'ensemble de l'humanité.
22:21Tour de force rare que ce film.
22:23Donc grand public franco-belge dont l'intégralité des acteurs sont d'origine ou d'ascendance africaine.
22:29Le casting soigné porte justement la pluralité des entités africaines.
22:33Les femmes ont la part belle grâce bien sûr à une galerie de caractères bien trempées.
22:37Et c'est ça aussi la force de ce film.
22:39On parle d'individualité, de sensibilité propre à tout un.
22:43Chacun un film à regarder d'urgence.
22:54Et avant de nous quitter, bien sûr, place au rendez-vous à Contournable.
22:58Casablanca qui revient cette année et qui ne s'arrête pas au concert.
23:02En effet, cette année, le festival révolutionne l'expérience en lâchant dans les artères de la vie une fanfare menée par Glenn David Andrews,
23:09tromboniste et chanteur de la Nouvelle Orléans dont l'énergie solaire communicative est bien sûr légendaire.
23:14Alors six jours durant, depuis le 3, 4, 5, mais encore le 10, le 11 et le 12 juillet,
23:19cette joyeuse troupe va transformer trois parcours emblématiques de Casablanca,
23:23de la Cordiche de la Incre en passant par le centre-ville, en passant par Indieb,
23:28l'esprit de la Nouvelle Orléans s'invitant au Maroc mélangeant jazz, funk, gospel et cette énergie urbaine si particulière
23:35qui fait danser les passants malgré eux.
23:37Et c'est peut-être là que réside la plus belle réussite de cette édition,
23:40faire justement tomber les barrières entre l'art et la vie quotidienne,
23:45entre les artistes et les habitants qui découvrent soudain dans leur ville, dans leur quartier,
23:49que tout ça peut devenir un immense théâtre musical pour les retardataires.
23:53Le 11 juillet, donc, Enes Echli Haquantet fera vibrer le public avec un jazz marocain créatif,
23:59porté par une formation mêlant, donc instrument traditionnel et contemporain,
24:03dans une exploration plutôt raffinée des multiples visages de la culture musicale locale.
24:07Sinon, le 12 juin, Soukéinef Hasi clôtura cette série de concerts,
24:11avec sa voix chaude et intense et ses compositions puissantes,
24:14revisant les grands classiques marocains de Kharboucha à ses propres textes,
24:19dans une esthétique, on le sait, influencée largement par la musique latine,
24:23le jazz et les musiques africaines.
24:25Et on arrive à la fin de l'Afrique en culture.
24:29Merci d'avoir été avec nous et on se donne rendez-vous dès la semaine prochaine,
24:32sans faute, d'ici là, portez-vous bien.
24:33Sous-titrage Société Radio-Canada
24:42Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Commentaires