00:00Tu es tout bleu aujourd'hui ?
00:01Je suis tout bleu.
00:02Oui, même la veste.
00:04Tu le mets sur toutes tes vestes ?
00:05Oui, ça fait partie de l'uniforme,
00:08ainsi que ma tête de mort que je n'arrête pas de toucher.
00:11Et vous ne voyez pas tout.
00:15Hahnemann, l'inventeur de l'homéopathie.
00:17Est-ce que vous avez besoin de deviner qui repose ici ?
00:21On a la famille Patate.
00:23La passion des cimetières, je l'ai eue quand je suis arrivé à Paris.
00:26Mais le déclic, après, pour faire le job, entre guillemets,
00:31ça s'est passé en Égypte.
00:33On tombe sur des guides qui sont très compétents.
00:36Mais quand on vous réveille à 5h du matin,
00:38et que 2-3h après, on vous parle de dynastie, de dieu,
00:42à un moment, ça lâche.
00:43Jusqu'au jour, je suis tombé sur un guide, il s'appelait Youssef.
00:46Alors lui, il avait compris que,
00:48bon, bien sûr qu'il avait affaire à des touristes,
00:51mais pas à des égyptologues, quoi.
00:53Et là, j'ai eu le déclic.
00:54C'est raconter la vie des défunts,
00:57mais au travers des histoires,
00:59d'une manière ludique.
01:00Et c'est ce que je fais depuis maintenant 25 ans.
01:05Alors nous voici devant une pyramide.
01:09Elle est vide.
01:09Le propriétaire est toujours vivant.
01:12Toutes les fresques de la pyramide,
01:15et qui sont aussi dans la chambre,
01:17c'est lui qui les a exécutées.
01:19L'escalier descend, hop,
01:22on arrive ici,
01:25et après, on a la chambre qui est là,
01:27et sur la droite, il y a le sarcophage,
01:29qui est stocké dans,
01:31comme dans un chantier, quoi,
01:32les pots de peinture.
01:33On est promulgués qui se baladent,
01:35et qui, tout d'un coup,
01:36voient une porte s'ouvrir,
01:38et un type qui sort.
01:40Croyez-moi que ça a flirté la crise cardiaque.
01:42Je suis un peu étonné
01:51que des Italiens ne demandent pas
01:54Modigliani, il est là.
01:57On a aussi Bellini, il était là.
02:00Rossini, il était là.
02:01Je suis content de voir ces touristes
02:02qui viennent découvrir le cimetière,
02:04mais qui demandent toujours
02:06le fameux Jim Morrison.
02:09J'essaye de conjuguer
02:10ce que le public attend,
02:12Pierre, Jim Morrison,
02:14mais ma passion,
02:15qui est l'art funéraire.
02:17C'est-à-dire que moi,
02:17montrer des tombales
02:19toutes plates,
02:20où il n'y a rien à voir,
02:21ça ne m'intéresse pas.
02:23Michel fait partie
02:24des dernières entrées.
02:26Bon, là, on est dans une situation
02:27qui est tout à fait normale,
02:28c'est-à-dire la date de béton
02:29qui est posée le jour de l'enterrement,
02:32et les monuments sont posés
02:34par la famille
02:34quand ils le veulent.
02:36Combien de fois j'entends
02:38des visiteurs,
02:40on regarde,
02:41il n'y a rien,
02:42ils ont du fric,
02:44c'est-à-dire,
02:45on se calme.
02:48Et au niveau du prix ?
02:49Ah !
02:50La 10 ans est à 1 000 euros,
02:53la 50 ans dans les 4 700,
02:56et la perpétuelle
02:57est passée à 16 000 euros.
02:59Tu trouves ça cher, toi, ou pas ?
03:01Ce n'est pas le cimetière
03:02le plus cher d'Europe.
03:03En Italie,
03:04les places sont encore plus chères.
03:06Et toi,
03:06tu aimerais être enterré ?
03:07Pour avoir une concession
03:09dans le cimetière parisien,
03:11il faut mourir.
03:12J'aurais tellement aimé
03:13montrer aux visiteurs
03:16que ma future demeure
03:18pour l'éternité,
03:20mais aujourd'hui,
03:21ce n'est plus possible.
03:22Donc,
03:23ce ne sont pas les idées
03:24qui me manquent,
03:25mais on en parlera tout à l'heure.
03:27Là, il y a une épitaphe
03:29qui est intéressante
03:30et qui m'a toujours intrigué.
03:32victime de la libération de Paris.
03:35Je n'arrivais pas à comprendre
03:36comment on pourrait être victime
03:38d'un moment de liesse.
03:40Le 20 août 1944,
03:43elle est toute seule à la maison.
03:45Mais elle entend des pas,
03:46elle entend des bruits chenillés,
03:49et dans sa tête,
03:50ça fait tilt.
03:51Ça y est,
03:52le libérateur est là.
03:53Sauf que le 20 août 1944,
03:56le libérateur n'est pas dans Paris,
03:59il est toujours dans le sud.
04:00Paris ne va pas être libérée
04:02en un jour.
04:03Et là,
04:03c'est une brigade allemande
04:04qui passe.
04:06Et donc,
04:06elle sera tuée
04:07sur son balcon,
04:08le drapeau à la main.
04:10Regardez,
04:11si vous êtes discrètes,
04:12on va voir un jet.
04:13Ils sont en train de s'amuser.
04:17Ah, ils sont trois.
04:20Depuis maintenant plusieurs années,
04:22c'est zéro phyto.
04:23Ça a permis surtout
04:24à la nature de revenir.
04:26Et les renards, alors,
04:27ce n'est pas un mythe.
04:28Il n'y en a vraiment...
04:29Non, non, ce n'est pas un mythe.
04:29On est rendu
04:30à la quatrième génération.
04:32Alors, moi,
04:33je ne les ai jamais vus
04:34de mes yeux
04:35parce que ce sont
04:35des animaux nocturnes.
04:36Ils sortent
04:37dès que les portes
04:38du cimetière se ferment.
04:40Ça me fait rire beaucoup,
04:41mes amis,
04:42mon entourage.
04:43C'est que mon objectif
04:45de voyage,
04:46c'est le cimetière.
04:47Je me souviens de Gênes,
04:49en Italie,
04:49où il y a le fameux
04:50cimetière de Staglienno.
04:52Et j'ai passé
04:52trois journées entières
04:53dans le cimetière.
04:55et je suis même
04:56très colère
04:57parce que je n'ai pas
04:57tout vu.
04:58Alors,
05:00je vous ai promis
05:00une petite note sucrée.
05:02Hop,
05:03hop,
05:04hop.
05:05Ça vous dit ?
05:06C'est mes préférés.
05:07Pas qu'on en dise.
05:09Oui, je sais,
05:09il y a des détracteurs.
05:11Moi,
05:12c'est la durée.
05:14Et si possible,
05:15pistache.
05:16Mais ça serait bien
05:17de lancer un petit SOS,
05:19parce que
05:21le vitre est magnifique.
05:23Ça mériterait
05:24un petit coup.
05:25Ben voilà,
05:25je pense à
05:26nos amis
05:28de Tom Care.
05:29Franchement,
05:30vous faites un boulot remarquable.
05:32Et ben voilà,
05:33vous pourriez venir
05:34discrètement
05:35nettoyer.
05:36Il le mérite.
05:37Il fait tellement
05:38le bonheur
05:39de millions,
05:40on va dire,
05:41de millions de gens.
05:45Alors,
05:45l'idée,
05:46bon,
05:46bien sûr,
05:47malheureusement,
05:47je ne peux pas la réaliser.
05:49de mon vivant.
05:50Il doit falloir
05:51que je laisse
05:51des consignes
05:53à mes ayants droit.
05:54Puis des sous aussi.
05:57Donc moi,
05:57je ne suis pas très mégalo.
05:59Un peu comme là-bas,
06:00vous voyez,
06:00très 19e,
06:02mais il y a
06:02la double stèle arrondie.
06:04Moi,
06:04une seule,
06:04ça me suffit.
06:05J'aimerais bien
06:06qu'on grave
06:06passeur de mémoire,
06:09puisque c'est un peu
06:10l'esprit
06:10de ce que je fais.
06:12Et puis,
06:13sous la dalle,
06:14une esquisse
06:14du plan du cimetière
06:15dans les grandes lits,
06:17avec un point.
06:18Vous êtes ici.
06:20Et en épitaphe,
06:22important,
06:23à tout de suite.
06:23et en épitaphe,
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