00:00Moi, j'ai nommé un Premier ministre. Un Premier ministre, il doit diriger son gouvernement.
00:07Et les ministres du gouvernement doivent s'occuper des politiques qu'ils conduisent.
00:11Chaque ministre. Parce que si on se met à avoir des ministres qui s'occupent de tout, ça ne rappelle plus un gouvernement.
00:17Et donc, il y aura le temps des débats, des programmes. Là, il y a le temps du gouvernement de la France.
00:23Et donc, je pense que chaque ministre doit s'occuper des affaires pour lesquelles il est nommé.
00:27Yves, on appelle ça un recadrage.
00:29Alors, c'est un recadrage, mais malheureusement, qui part dans le vide, si vous voulez.
00:33Parce que c'est vrai que le torchon brûle à l'intérieur du gouvernement.
00:36Alors, à l'occasion de la photo du gouvernement qui a été prise hier seulement, c'est-à-dire sept mois après, si on peut la voir,
00:42vous allez voir, tout le monde sourit sur cette photo.
00:44Mais derrière, il y a les couteaux qui sont tirés et on n'est pas loin de donner des coups de dague.
00:50Et alors, pourquoi ça se passe comme ça ? La voilà, la photo.
00:52Pourquoi ça se passe comme ça ?
00:54Mais parce que personne n'a d'autorité. Comment voulez-vous qu'ils aient de l'autorité ?
00:57C'est la fin du macronisme.
00:58Le président de la République ne peut pas se représenter.
01:01Donc, il compte pour du beurre.
01:02Et il n'est plus du tout, d'ailleurs, sur la scène nationale.
01:06Le Premier ministre, il n'a pas de majorité.
01:09Donc, le Premier ministre, il ne peut rien dire.
01:11Et quatrième chose, la plus importante, c'est qu'à l'intérieur même de son gouvernement,
01:15il a plusieurs candidats potentiels à l'élection présidentielle.
01:18On va les voir arriver.
01:20Sur la photo, il y a Bruno Retailleau, évidemment.
01:22Vous avez François Bayrou, qui est toujours candidat, plus ou moins.
01:26Vous avez Gérald de Dormanin, le ministre de la Justice.
01:30Et puis, vous avez Aurore Berger aussi, la ministre de la Famille, qui a dit
01:33« Moi, je pourrais aussi éventuellement être candidat. »
01:37Et vous ajoutez à ça, à l'intérieur du Bloc central,
01:39Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre, et Gabriel Attal, l'ancien Premier ministre.
01:43Ça fait du monde. Mais qu'est-ce qui les divise ?
01:44Vous dites « Plus personne ne s'entendent plus personne ».
01:45Plein de choses. Alors, la Nouvelle-Calédonie, l'immigration, la sécurité.
01:49Mais je vais prendre trois sujets.
01:50Le premier sujet, c'est les énergies renouvelables.
01:53C'est quand même important pour l'écologie de ce pays, les énergies renouvelables.
01:57Qu'est-ce que dit le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau ?
01:59Il dit « Mais non, ça ne sert à rien, ça coûte cher. »
02:02Et il faut arrêter les énergies renouvelables, le photovoltaïque, comme l'éolien.
02:07Et il faut se concentrer sur le nucléaire.
02:09Et évidemment, Mme Pannier-Runacher, qui fait partie du gouvernement,
02:12du même gouvernement, ministre de la Transition Écologique,
02:15le ministre de la Santé, Marc Ferracci, dit aussi…
02:19De l'industrie, de l'industrie, Ferracci.
02:21C'est un scandale, on ne peut pas dire ça.
02:23C'est du populisme, c'est du mauvais calcul.
02:26Et bien évidemment, ça se dispute et ça va aller.
02:29Et à mon avis, ce sujet-là pourrait aller très très loin.
02:33Emmanuel Macron lui-même dit que ce n'est pas une bonne idée.
02:36Deuxième sujet, évidemment, les impôts.
02:38Alors là, elle n'est pas au gouvernement,
02:40mais il y en a quelques-uns au gouvernement qui pensent comme elle.
02:41C'est Mme Yaël Braun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale,
02:44qui dit « Mais on ne doit pas exclure augmentation des impôts
02:47pour combler et pour trouver les 40 milliards qui manquent au budget. »
02:51Et évidemment, Retailleau dit « Mais attendez, si c'est ça, moi je m'en vais. »
02:56Et tous les ministres à l'air, les quelques ministres à l'air sont prêts à s'en aller.
03:00Troisième sujet de discorde, la proportionnelle.
03:03Alors là, c'est le sujet qui tient à cœur de François Bayrou qui dit
03:06« Moi, je veux faire la proportionnelle éventuellement d'ici à la fin de l'année.
03:10Proportionnelle pour les élections législatives, s'il y a des élections législatives.
03:13Comme ça, j'achète tous ceux qui sont favorables à ça pour le budget. »
03:17C'est-à-dire le Rassemblement national notamment ?
03:19Oui, le Rassemblement national, les socialistes et tout ça.
03:20Et évidemment, Bruno Retailleau dit « Si c'est comme ça, moi je m'en vais aussi. »
03:25Donc ça veut dire que seul le modem d'ailleurs est d'accord pour la proportionnelle.
03:30Donc on repart à la photo.
03:32Cette zizanie, est-ce qu'elle peut durer encore longtemps ?
03:35Alors qu'on le rappelle, la cote de confiance de François Bayrou est la plus basse
03:39de toute la Ve République pour un Premier ministre.
03:41Exactement.
03:42Eh bien, je vais vous dire une chose, je ne sais pas si ça va durer longtemps,
03:44mais il y a au moins trois motifs qui peuvent faire que ce gouvernement explose.
03:48Ce week-end, dès ce week-end, l'affaire Boilem Sansal,
03:52cet écrivain franco-algérien qui est retenu à Alger.
03:55Retailleau milite pour qu'il soit gracié parce que ça fait partie de sa politique.
04:00S'il n'est pas gracié, eh bien Retailleau peut très bien dire
04:02« Le Président de la République a été trop mou dans la négociation avec Alger,
04:06donc je m'en vais. »
04:07Deuxième motif, ce qu'a dit le Premier ministre sur ce plateau tout à l'heure,
04:10« Je vais présenter nos orientations budgétaires d'ici au 15 juillet. »
04:14Et si ça ne plaît pas, eh bien pareil,
04:16il y a une partie du gouvernement qui peut très bien s'en aller.
04:19Troisième, évidemment, c'est le budget, la discussion budgétaire,
04:21où là, ça va être terrible, ça peut, ça s'annonce très très mal.
04:25Moralité, s'il y a un départ du gouvernement,
04:29s'il y a une censure du gouvernement en plus,
04:32ça peut déboucher non plus sur une crise politique, là.
04:35Tenez-vous bien, Maxime, c'est sur une crise de régime.
04:39Et ça, on ne connaît pas la suite.
04:40Pour vous, c'est ce qui...
04:40Merci.
04:41Merci.
04:42Merci.
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