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  • il y a 9 mois
Le 8 juillet 2023, Émile Soleil, âgé de deux ans et demi, disparaît dans le hameau du Haut-Vernet, situé dans les Alpes-de-Haute-Provence.
Notre documentaire vidéo de 28 minutes, enrichi de témoignages exclusifs, d'archives et de reconstitutions précises, revient sur les principaux épisodes de cette affaire non résolue.

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Transcription
00:00Sous-titrage Société Radio-Canada
00:30On ne sait pas, on ne sait pas où est cet enfant.
00:35La zone était survolée par des drones et un hélicoptère doté de caméras thermiques, en vain.
00:4125 personnes qui se trouvaient sur le hameau ont été entendues.
00:46Ça permet de dérouler ce qui s'est passé au moment où il y a eu la disparition.
00:51À partir de la découverte des ossements, cette affaire prend une autre dimension.
00:55La promeneuse a découvert ces ossements sur un chemin qu'elle se souvient avoir repenté plus d'un mois avant.
01:05La conférence de presse est terminée.
01:06L'affaire Émile est une affaire qui frappe l'imaginaire et le collectif.
01:11C'est un enfant très jeune qui disparaît dans une zone rurale ou au sein de sa famille.
01:25Le 8 juillet 2023, Émile Soleil, deux ans et demi, échappe à la vigilance de ses grands-parents.
01:39Arrivé la veille, depuis la bouilladisse dans leur résidence secondaire du Haut-Vernay,
01:44le garçonné se réveille d'une longue sieste.
01:46Vers 17h15, deux témoins infirment l'avoir aperçu seul marchant sur la rue principale du Hameau.
01:52Puis, plus aucune trace.
01:56A 18h12, la gendarmerie est alertée.
02:00Les premières recherches débutent dans la soirée.
02:02Une centaine de personnes fouillent les alentours jusqu'à 3h du matin.
02:06L'information de sa disparition se propage sur les réseaux sociaux
02:09et déjà, la presse locale commence à s'emparer de l'affaire.
02:12Je suis sur la route pour me rendre à la rédaction, à l'agence de Manosque.
02:19Je reçois un message d'un membre de la rédaction, d'une journaliste,
02:24qui vient de voir sur les réseaux sociaux cet appel à témoins à la suite de la disparition d'un enfant.
02:31Je constate que l'enfant a disparu depuis la veille.
02:35Il a passé la nuit dehors.
02:38Il y a déjà un dispositif de recherche qui est en place.
02:41L'affaire a l'air importante.
02:46Dès le dimanche 9 juillet,
02:48près de 200 bénévoles venus de toute la région se mobilisent
02:51pour tenter de retrouver l'enfant disparu.
02:54Parmi eux, Solange, habitante de la Javie,
02:57une commune distante d'une quinzaine de kilomètres du Vernet,
03:00se rend sur place au petit matin pour apporter son aide.
03:03On a entendu ces infos et on a dit non, on ne peut pas rester comme ça.
03:09On était très touchés.
03:10On sait qu'un enfant peut faire beaucoup de chemin en très peu de temps, par expérience.
03:17On s'est dit ce n'est pas possible, on va le retrouver.
03:20On nous a regroupés et on nous a fait partir dans un champ.
03:26On se tenait presque tous les mains au départ,
03:30un peu comme si on cherchait dans la neige, dans une avalanche.
03:36On a marché, on appelait, on regardait à nos pas,
03:41on regardait les recoins,
03:44on soulevait ce qu'on pouvait soulever, les hautes herbes, etc.
03:48Ok, s'il vous plaît, on va reprendre un dispositif de ratissage serré sur la zone Charlie.
03:54Malgré d'importants moyens déployés par les autorités,
03:57Emile reste introuvable.
03:59Le temps joue contre les bénévoles et les gendarmes.
04:01Les premières 48 heures sont décisives pour espérer retrouver l'enfant en vie.
04:05Dès le dimanche soir, quand les recherches de cette journée,
04:12il y a une grosse journée de recherche,
04:14il y a plusieurs centaines d'hectares qui ont été balayés,
04:17les forces de l'ordre ont travaillé sur des cercles concentriques
04:20pour ratisser près de 5 km autour du lieu de disparition.
04:24Il y a vraiment énormément de monde qui mobilisait,
04:27près de 200 personnes ont effectué des battues.
04:30Fin de journée, l'enfant n'est toujours pas retrouvé.
04:32Forcément, qu'il s'agisse des bénévoles qui ont participé aux recherches
04:36comme des forces de l'ordre,
04:38les visages sont fermés et les mines sont inquiètes.
04:43Malgré toutes ces recherches,
04:46nous n'avons pas pu, à l'heure où je vous parle, localiser l'enfant.
04:50Au bout de 48 heures, et après plusieurs battues,
04:52le dispositif de recherche est redimensionné.
04:55Les nombreux bénévoles présents doivent quitter les lieux
04:57pour que les enquêteurs puissent enfin dégager une piste.
05:02L'enquête se poursuit désormais
05:10et nous nous apprêtons à entrer dans un second temps.
05:1525 personnes qui se trouvaient sur le hameau ont été entendues.
05:2112 véhicules ont été visités.
05:24Très vite, l'enquête des autorités vient troubler la quiétude des habitants du Haut-Vernay.
05:31Ce hameau, perché sur les hauteurs,
05:33ne compte qu'une dizaine d'habitants en hiver.
05:36A la belle saison, les résidences secondaires se remplissent,
05:38les rues s'animent,
05:39mais cet été-là, l'atmosphère est lourde.
05:41Dans ce climat de tension, certaines rumeurs commencent à circuler.
05:48Des habitants désignent un jeune agriculteur,
05:51décrit localement comme conduisant de manière imprudente,
05:54soupçonné d'avoir accidentellement percuté Émile avec son tracteur.
05:58Les gendarmes étudient cette piste,
06:00mais après vérification, ils l'écartent grâce au bornage téléphonique.
06:04Le jeune homme ne se trouvait pas sur les lieux au moment de la disparition.
06:07Il y a une ambiance complexe qui s'installe dans le village.
06:14Pourquoi ? Il n'y a pas de réponse aux questions.
06:18Des questions se posent sur qui faisait quoi,
06:23que fait la famille.
06:24Le village, la commune, c'est un groupe social.
06:27C'est des gens qui se connaissent, qui parlent entre eux.
06:29Il s'est passé une affaire importante, un enfant a disparu,
06:32il n'est pas retrouvé.
06:34Donc logiquement, les gens s'interrogent, réfléchissent,
06:37et c'est dehors d'explication.
06:42À la fin de l'été 2023, le mystère reste entier.
06:45Les habitants du village sont toujours sans réponse.
06:50C'est quelque chose de pesant de ne pas savoir ce qui s'est passé.
06:53Ça a un impact aussi sur le quotidien.
06:55Moi, personnellement, je ne me laisse plus sortir mes enfants
06:58de manière aussi sereine que j'ai pu le faire auparavant,
07:01puisque je ne sais pas ce qui s'est passé.
07:02L'idée qu'il puisse y avoir une intervention extérieure,
07:06c'est terrible, oui.
07:08Les actes d'enquête se poursuivent,
07:11mais les autorités communiquent peu.
07:13Pour beaucoup, les investigations piétinent,
07:16et cette impression d'impasse ne fait qu'alimenter
07:18les tensions entre les habitants.
07:20Le 28 mars 2024,
07:22les gendarmes organisent une reconstitution complète
07:25de la journée du 8 juillet 2023,
07:28en présence des témoins clés.
07:30Les médias s'emparent de l'événement.
07:33Gilles Taizan, l'un des rares habitants
07:35à s'exprimer sur l'affaire,
07:36est invité à Paris dans l'émission
07:38« Touche pas à mon poste »,
07:39animée par Cyril Hanouna.
07:41Une prise de parole qui ne fait pas l'unanimité dans le village.
07:44J'ai été invité à une émission à Paris
07:47le soir de la mise en situation.
07:49Et quand je suis rentré,
07:51deux jours après,
07:53j'ai posé mon sac pour
07:54prendre la clé dans ma poche.
07:57Et quand j'ai repris le sac,
07:58par terre, devant mes pieds,
08:00exactement devant la porte,
08:02il y a quelqu'un qui était passé
08:03et qui m'avait laissé
08:04souvenir.
08:08Une petite balle.
08:12Je ne sais pas si c'était pour me dire
08:13de me taire,
08:15si ça dérangeait quelqu'un
08:16que j'aille parler devant les médias.
08:19Il y a des gens qui ne veulent pas
08:20que l'on s'exprime
08:22sur cette affaire
08:24ou sur d'autres affaires
08:25qui ont eu au Verne.
08:28Mais ça a tellement été diffusé
08:32qu'on ne pourra pas empêcher
08:34les curieux de venir au Verne.
08:36Écarter les curieux du au Verne,
08:49c'est l'objectif des gendarmes
08:50pour que la mise en situation
08:52organisée huit mois après
08:53la disparition des milles
08:54se déroule de la meilleure
08:56manière possible.
08:58Pour cette reconstitution,
08:59l'objectif est clair,
09:01rejouer minute par minute
09:02les faits et gestes
09:04du jour de la disparition.
09:06Ce jour-là,
09:07seules les 17 personnes convoquées
09:08peuvent se rendre au hameau.
09:10Mais l'un de nos journalistes
09:11a réussi à percer le huis clos
09:13en observant à distance
09:15cette journée.
09:16On est partis très tôt le matin.
09:19Donc c'était l'aube.
09:20On est partis vers les 6h du matin.
09:22On arrive sur zone
09:22à 8h du matin.
09:24La mise en situation
09:24devait commencer de mémoire
09:26à 9h.
09:27Donc on a pu assister
09:29au réveil du hameau.
09:31Là, c'est une image
09:31assez impressionnante.
09:32L'hameau est enrobé
09:33d'un épais brouillard,
09:34d'une épaisse brume.
09:35Il pleut, drue,
09:37qui sont convoquées
09:38pour cette mise en situation.
09:4017 personnes.
09:41Elles étaient présentes
09:41le jour où le petit-témé
09:43a disparu,
09:44le 8 juillet 2023.
09:46Sur ces 17,
09:4710 personnes de la famille,
09:4810 membres de la famille,
09:49les grands-parents,
09:50plus 8 enfants.
09:51Et hors des 10 membres
09:53de la famille,
09:547 témoins.
09:54Chacun est appelé
09:55à intervenir
09:57à trop de rôle.
09:59Donc de mémoire,
09:59le seul grand-père
10:00qui était le premier
10:01à être sur la scène
10:03du hameau.
10:05Ensuite,
10:05certains membres de la famille
10:06et d'autres témoins
10:08qui sont venus
10:08s'ajouter
10:09à cette journée,
10:11à cette fameuse répétition.
10:12Peu d'éléments ont filtré
10:16de cette mise en situation,
10:18mais nous avons pu récolter
10:19l'un des rares témoignages
10:20d'une des personnes présentes
10:22au hameau le 8 juillet 2023.
10:24Marc effectuait des travaux
10:26de jardinage
10:27pour un ami habitant
10:28au Auvergnet.
10:29Convoqué pour la reconstitution,
10:31il a livré aux enquêteurs
10:31les détails de sa journée.
10:33La sphère,
10:36ce jour-là,
10:37elle était très spéciale.
10:38D'habitude,
10:39les volets sont ouverts,
10:40on se dit bonjour
10:41avec les habitants.
10:42Là,
10:43tout était fermé.
10:44On était comme isolé
10:45de tout, quoi.
10:46On était chacun
10:47mis dans un coin,
10:49il fallait attendre
10:49que l'audition précédente
10:50soit terminée
10:50avant d'être appelée,
10:51on passait un tour de rôle
10:52devant les enquêteurs.
10:54Tout était cadré, quoi.
10:55On m'a demandé
10:56où j'étais précisément
10:57ce jour-là
10:58et ce que je faisais au hameau.
10:59Une fois que les enquêteurs,
11:01ils ont eu la démonstration
11:01que de là où j'étais,
11:02je ne pouvais strictement
11:03rien voir ni rien faire,
11:05au bout de cinq minutes,
11:07ils m'ont laissé partir.
11:08Ça a été très rapide.
11:09À force,
11:10c'est vrai qu'on ne se rappelle pas de tout,
11:12encore moins du moins dans les détails.
11:13Ils nous posent des questions
11:14de telle manière
11:15à savoir si on est vraiment sûr
11:16et nous poussent dans nos retranchements.
11:18Mais bon,
11:19si on n'a rien à se reprocher,
11:21on répond le plus naturellement qu'il soit
11:22et ce n'est pas difficile
11:24de se rappeler les heures exactes
11:25où on était au hameau
11:26et ce qu'on y faisait.
11:27Il y a la mi-journée,
11:32donc on imagine que c'était une pause
11:34sous un chapiteau
11:35qui sert durant l'été
11:36d'endroit de réunion.
11:38Il y a un four-rapin,
11:39donc c'est un endroit
11:39qui à la base
11:40est assez convivial.
11:41Et là,
11:42toute cette mini-population
11:43se retrouve en groupé
11:44au même endroit,
11:45donc gendarmes,
11:46témoins,
11:47membres de la famille.
11:48Et là,
11:48il y a une scène
11:49qui nous a beaucoup marqués.
11:50J'ai vu le grand-père,
11:52Philippe Edovini,
11:53s'approcher de sa fille
11:54et l'enlacer,
11:56Marie.
11:57Donc une scène assez,
11:59je dirais,
11:59qui était assez particulière
12:00parce qu'on est dans un contexte pesant
12:02et lui vient la réconforter,
12:05peut-être à soutenir aussi
12:06parce que c'est vraiment une épreuve.
12:08Donc là,
12:09on est en train de répéter
12:10la journée
12:11qui a marqué toute une famille.
12:12Mais que sait-on vraiment
12:20de cette famille nombreuse ?
12:22Depuis la disparition d'Émile,
12:24à la Bouilladis
12:24comme au Auvergnet,
12:26nous avons tenté
12:26de répondre
12:27à cette question.
12:30La famille,
12:31c'est un beau mystère.
12:32La famille,
12:33elle est impénétrable.
12:35En plusieurs mois d'enquête,
12:37j'ai pu m'approcher
12:38de certains membres
12:39de la famille
12:39et à chaque fois,
12:40j'ai eu une fin
12:41de me recevoir.
12:42Je me suis présenté
12:42poliment,
12:44mais ils n'ont pas voulu
12:45répondre à mes questions.
12:48C'est une famille
12:49qui,
12:50d'un côté,
12:51on me dit
12:51qu'elle est plutôt intégrée,
12:54notamment à la commune
12:55de la Bouilladis.
12:55Il faut savoir
12:56que certains enfants
12:56de Philippe et Anne-Vedouini
12:58sont licenciés
12:59à un peuple de judo,
13:00par exemple.
13:01Ils ont une vie sociale.
13:03En même temps,
13:03c'est une famille
13:04qui est retirée,
13:05qui est recluse
13:05dans sa maison
13:06de cette commune,
13:08les Bouches-de-Rhône.
13:09Il faut savoir
13:10que les enfants
13:10sont scolarisés,
13:11dans la maison.
13:14Ils ne sont pas
13:15scolarisés
13:16dans le schéma
13:16habituel.
13:17C'est une famille
13:17qui est assez
13:18refermée sur elle-même.
13:20Mais en même temps,
13:22le grand-père
13:22a une vie sociale
13:24puisqu'il est
13:24ostéopathe,
13:25reconnu d'ailleurs
13:26dans la commune.
13:27il a une clientèle
13:28qui pourra parler
13:30avec certains patients.
13:32C'est quelqu'un
13:33de très affable,
13:34de très aimable,
13:34de très courtois.
13:36Il y a une double vision,
13:39double lecture
13:39de cette famille,
13:40à la fois très éloignée,
13:43très écartée,
13:44très recluse,
13:44mais en même temps,
13:46plus ou moins intégrée
13:47à la vie sociale,
13:48à la vie commune
13:49du village
13:50de la Bouilladis.
13:50La Bouilladis,
13:54le Vernet,
13:55mais un troisième lieu
13:56revient régulièrement
13:57dans l'affaire Émile,
13:58le hameau de Boulard.
14:00Situé sur la commune
14:01de Beaujeu,
14:02à une dizaine
14:03de kilomètres
14:04du Vernet,
14:05ce site isolé,
14:06accessible uniquement
14:07par des pistes rocailleuses,
14:09alimente
14:10de nombreuses spéculations.
14:12C'est dans les années 60
14:13que l'arrière-grand-père
14:14d'Émile
14:14et cinq de ses amis
14:16acquièrent ce hameau
14:17et y créent une SCI.
14:19Depuis la disparition
14:21du petit garçon,
14:22cet endroit intrigue.
14:24On y évoque
14:24une communauté religieuse
14:26fermée,
14:27un incendie criminel
14:28survenu en 2019
14:30ou encore des tensions
14:31avec la municipalité.
14:34L'un des amis
14:34de la famille,
14:35propriétaire d'une maison
14:36depuis près de 60 ans,
14:38a accepté
14:38de lever le voile
14:39sur ce mystérieux village.
14:41Le cofondateur
14:42de la SCI
14:43reconnaît
14:44que les propriétaires
14:45sont des catholiques
14:46non progressistes,
14:48mais réfutent
14:48l'idée d'un groupe
14:49structuré.
14:50Selon lui,
14:51chacun pratique sa foi
14:52comme bon lui semble.
14:54Concernant l'incendie
14:55de 2019,
14:56il précise
14:56que la maison
14:57du père
14:58de Philippe Védovini
14:59n'a pas été
15:00directement touchée,
15:01contrairement
15:02à ce qui a pu être dit
15:03dans d'autres médias.
15:03Les départs de feu
15:06ont été localisés
15:07dans des habitations
15:08voisines.
15:09A ce jour,
15:10l'origine de l'incendie
15:11reste inconnue.
15:15Ce microcosme
15:16où la foi
15:17est omniprésente
15:18conduira le jeune
15:19Philippe Védovini,
15:20le grand-père d'Émile,
15:22à rejoindre
15:22la communauté
15:23de Riaumont
15:24en tant qu'encadrant
15:24au début des années 90.
15:27Cet établissement
15:27a depuis été mis en cause
15:29par d'anciens pensionnaires
15:30qui dénoncent
15:31des violences
15:32commises par certains
15:33membres du personnel.
15:35Dans cette affaire,
15:36celui qu'on appelait
15:37à l'époque
15:37« frère Philippe »
15:38a été entendu
15:39par la police
15:39en 2018,
15:40comme témoin insisté.
15:42Bruno,
15:43ancien pensionnaire
15:44de Riaumont,
15:45raconte aujourd'hui
15:45le comportement
15:46du grand-père d'Émile
15:47durant son séjour.
15:49C'était l'un de celui
15:52qu'on ne voulait
15:52surtout pas croiser
15:53dans les couloirs.
15:54Soit c'était
15:55le coup de pied au cul,
15:56soit c'était
15:57la claque
15:58qui arrivait derrière.
15:58Donc ça,
15:59gratuitement.
16:00Sa spécialité,
16:00c'était le coup de pied
16:01de toute façon.
16:02Dès qu'on entendait
16:02la soutane se lever,
16:03on savait que ça allait
16:04tomber.
16:05C'était sûr et certain.
16:06Il s'en foutait
16:07que ce soit un enfant
16:07de 7 ans,
16:08que ce soit un gamin
16:08de 15 ans,
16:09parce qu'il y avait
16:09tous les âges.
16:10Il y avait des plus âgés
16:11que nous.
16:12Quand on était
16:13en cours avec lui,
16:15il ne fallait pas
16:16s'amuser à vouloir
16:18essayer d'être
16:19plus intelligent que lui
16:20ou de machin.
16:21C'était lui
16:22qui posait les questions.
16:23Il fallait répondre
16:23au moment où il les posait.
16:24Pas avant,
16:25pas après.
16:25Un comportement
16:26autoritaire
16:27dont a pâti
16:30à la chapelle
16:31traditionnaliste
16:32des pénitents gris
16:33à Aix-en-Provence,
16:34fréquentée
16:34par la famille Védovini.
16:38Peu après
16:39la disparition d'Émile
16:40que le père Giglio
16:41avait baptisé,
16:42Philippe Védovini
16:43lui reproche
16:43d'avoir transmis
16:44une photo familiale
16:46à un journaliste
16:47de Paris Match.
16:48Le fidèle
16:49pose alors
16:50un ultimatum.
16:51Sa famille
16:52ne reviendra plus
16:53à la chapelle
16:53tant que le prêtre
16:54y officiera.
16:56A l'automne 2023,
16:58Claude Giglio
16:58est écarté
16:59de ses fonctions
17:00plus d'un an
17:01et demi après,
17:02l'homme d'église
17:03se suicidera
17:04sans qu'aucun lien
17:05ne soit formellement
17:06établi
17:07avec son éviction.
17:09Nous avons donc
17:10essayé de comprendre
17:10ce qu'il se passe
17:11à l'intérieur
17:12de la communauté
17:13mais aucun fidèle
17:14n'a accepté
17:15de répondre
17:15à nos questions
17:16et pour cause
17:17les instructions
17:18sont claires.
17:19Peu après
17:20la disparition
17:20d'Émile,
17:21le recteur
17:22de la confrérie
17:22Bernard Terlet
17:24a envoyé
17:25un mail aux fidèles
17:26que nous nous sommes
17:26procurés.
17:27Il leur demande
17:28de rester muet
17:29car des journalistes
17:31cherchent à connaître
17:31la vie privée
17:32de la famille
17:33d'Émile.
17:35On a essayé
17:36à plusieurs reprises,
17:37à diverses reprises
17:38de s'approcher
17:39de certains membres.
17:41Certains nous ont
17:42accordé
17:42quelques réactions,
17:44notamment
17:44l'un qui nous a parlé
17:47de la famille
17:48de Vidovini,
17:48comment la communauté
17:49se mettait en place
17:50pour les protéger,
17:52justement pour leur
17:53venir en aide,
17:53pour les épauler.
17:55Et ça s'arrêtait à ça.
17:55Il y avait vraiment
17:56un mur qui s'est installé,
17:58un mur de protection,
17:59je dirais,
18:00de ces membres
18:01à l'égard de la famille
18:02Vidovini.
18:10Après des mois
18:11d'attente
18:11et d'analyse
18:12médico-légale,
18:13les proches
18:14d'Émile
18:14organisent enfin
18:15ces obsèques,
18:17un peu moins
18:17d'un an après
18:18la découverte
18:19de ces ossements.
18:20La cérémonie
18:21a lieu sous
18:21une pluie battante
18:22le 8 février 2025
18:24à Saint-Maximin
18:25à la Sainte-Bôme.
18:26Prévue dans l'intimité,
18:27elle est réservée
18:28aux proches
18:29et aux membres
18:30de la famille,
18:30mais l'un de nos journalistes
18:31a toutefois pu y assister.
18:35J'ai pu donc observer
18:36la famille
18:37durant l'heure et demie
18:39qui a duré
18:39cette cérémonie.
18:40D'un côté,
18:42à gauche,
18:42les grands-parents,
18:44de l'autre côté,
18:45à droite,
18:46les parents,
18:47Marie et Colomban.
18:48Il faut se rappeler
18:48qu'à cette époque-là,
18:49on supposait
18:50que Marie et Colomban
18:53avaient été plutôt
18:54en froid
18:55avec Philippe
18:55et Anne-Ovédovigny.
18:57Ils n'ont pas
18:57vraiment échangé
18:58ce jour-là,
18:59donc je n'ai pas eu
18:59le sentiment
19:00qu'ils s'étaient retrouvés.
19:03Donc voilà,
19:03une sensation
19:04de froideur
19:07entre les deux parties.
19:12Une cérémonie
19:13marquée par
19:14cette image glaçante.
19:16L'arrivée
19:16du cercueil
19:17de l'enfant
19:17à la basilique
19:19Sainte-Marie-Madeleine
19:20accueillie
19:20par ses parents,
19:22son parrain
19:22et sa marraine
19:23à l'entrée
19:24de l'édifice.
19:26Hormis
19:27cette arrivée
19:27du petit cercueil blanc
19:28qui, évidemment,
19:29est l'image marquante
19:30de ces obsèques,
19:31il y a aussi la sortie,
19:33la fin de la cérémonie
19:34où les membres
19:35de la famille
19:36se sont retirés
19:37de la basilique.
19:39Et le grand-père
19:41Philippe Nouni
19:41est passé juste devant moi.
19:43Il était en pleurs.
19:44Il était en sanglots.
19:45Une fois l'inhumation
19:49achevée
19:49au cimetière
19:50de la Bouilladis
19:50dans l'après-midi,
19:52un communiqué
19:52inattendu
19:53est adressé
19:54à notre journaliste.
19:55C'est l'avocat
19:56de Philippe Dovigny,
19:57maître Isabelle Colombani,
19:59qui envoie
20:00un communiqué
20:01où les grands-parents
20:02s'expriment.
20:03Ils disent vouloir
20:04enfin la vérité
20:05dans cette affaire.
20:06Cette affaire
20:07qui commence
20:07à trop durer.
20:08Ils veulent absolument
20:09en savoir davantage.
20:11Ils remercient
20:11en parallèle
20:12les gendarmes
20:14et les gestes d'instruction
20:17le procureur
20:18pour leur travail.
20:20Mais ils aimeraient
20:21maintenant
20:21en savoir davantage
20:22et assez rapidement
20:23parce que cette attente
20:25est devenue insupportable
20:26pour eux.
20:26En diffusant
20:27ce communiqué
20:27de presse aux médias,
20:29les grands-parents
20:29d'Émile
20:30ne s'imaginent
20:30sans doute pas
20:31que la suite
20:31de l'enquête
20:32va les mener
20:33eux et deux
20:34de leurs enfants
20:34en guerre.
20:42Stupeur.
20:42La nouvelle tome
20:43à 7h30 du matin
20:46le 25 mars.
20:47Là, c'est le chaos
20:48total à la Bouilladis.
20:50On apprend
20:50que Philippe
20:51et Anne-Voix-Dominie
20:52et deux de leurs enfants
20:53Marthe et Massimène
20:54Marthe 20 ans
20:55et Massimène 18 ans
20:56ont été mis
20:57en garde à vue
20:57pour homicide volontaire
20:59et recette de cadavre.
21:00Au moment où
21:01commencent les gardes à vue,
21:02les gendarmes
21:02poursuivent les perquisitions
21:04au domicile familial
21:05de la Bouilladis.
21:06Le véhicule du grand-père
21:07ainsi qu'une remorque
21:09à chevaux sont saisis
21:10et transférés
21:11au siège
21:11de la section de recherche
21:12de Marseille
21:12pour des analyses.
21:14Dans le même temps,
21:15les avocats de la famille
21:16s'organisent
21:16pour que chacun
21:17soit assisté
21:17par un conseil
21:18lors des auditions.
21:20Le dossier
21:21qui donne lieu
21:21à cette garde à vue
21:23est remarquable
21:25par son ampleur.
21:27Nous savons pertinemment
21:28que si une mesure
21:29de garde à vue
21:29a été ordonnée
21:30et qu'elle touche
21:31la grand-mère
21:32de la victime,
21:33cette garde à vue
21:34va être forcément longue.
21:36nous n'imaginons pas
21:37que l'on ait procédé
21:39d'une telle façon
21:40simplement
21:41pour l'entendre
21:42rapidement
21:43et que les choses
21:44en resteront là.
21:45Nous savons
21:45que c'est parti
21:46pour durer.
21:47Au cours de cette garde à vue,
21:49la grand-mère
21:49de l'enfant
21:50et son avocat
21:51font face
21:51à deux enquêteurs
21:52qui présentent
21:53des éléments inédits
21:54sur les circonstances
21:55de la mort d'Émile.
21:56Les gendarmes
21:57vont confronter
21:58le récit
21:58d'Anne Védovini
21:59à ces nouvelles données.
22:00Cette garde à vue
22:01qui va durer 48 heures
22:02va être très largement
22:03exploitée
22:04en temps d'audition.
22:06Il y aura très peu
22:06de phases de repos.
22:07Ma cliente n'estime pas
22:09plus qu'une autre
22:09devoir être crue
22:11sur sa simple parole.
22:12Ce n'est pas comme ça
22:13que fonctionne une enquête.
22:14Ma cliente, évidemment,
22:15attend aussi
22:16que sa parole
22:17soit éprouvée
22:17de façon à ce qu'on puisse
22:19en affirmer définitivement
22:21la sincérité
22:22et clore aussi définitivement
22:24cette piste
22:25concernant une mise en cause familiale.
22:28Au bout de la nuit,
22:29deux choix s'offrent aux enquêteurs.
22:31Mettre en examen
22:32les grands-parents
22:32ou les libérer.
22:34Et là, on apprend
22:35que la mise en garde à vue
22:38de l'Anne-Venovigny
22:38est levée
22:39et quelques heures plus tard,
22:41celle aussi
22:41de Philippe Dovigny,
22:43le couple repart libre
22:44de la gendarmerie
22:46qui regagne son domicile
22:47dans la nuit.
22:51Alors que ma cliente
22:52a été remise en liberté
22:53sans qu'aucune charge
22:54ne soit retenue contre elle,
22:55le fait que pour autant
22:56une piste intrafamiliale
22:59n'est pas écartée
23:00obéit là aussi
23:02à une parfaite logique.
23:04Les propos ont été recueillis
23:05des membres de la famille.
23:08Il reste encore une fois
23:09à passer à l'épreuve
23:10leurs propos
23:11de façon à ce que cette piste
23:12puisse être écartée.
23:13Leur seul propos,
23:14leur seule déclaration
23:15n'était pas de nature
23:17évidemment
23:17à fermer cette piste.
23:19Les gardes à vue
23:25se terminent donc
23:26un an
23:27après la découverte
23:28des ossements
23:29au Auvergnet.
23:30Mais depuis la disparition
23:31du petit garçon,
23:32les enquêteurs
23:33travaillent d'arrache-pied.
23:35En exclusivité,
23:36le colonel
23:37Christophe Bertelin,
23:38commandant
23:38de la section
23:39de recherche de Marseille,
23:41nous explique
23:41comment fonctionne
23:42la cellule émile.
23:44Les gens de la cellule émile
23:44ne font que ça.
23:46Pour le coup,
23:47ça c'est des gens
23:47qui se consacrent
23:48100% à cette mission.
23:49Aujourd'hui,
23:50vous avez en tout
23:51une quinzaine d'enquêteurs
23:52qui travaillent
23:53sur ce dossier-là
23:54avec des enquêteurs
23:55qui se consacrent
23:56à temps plein.
23:57Ils sont une douzaine
23:58et des enquêteurs
23:58d'appui,
23:59des analystes criminels
24:00notamment
24:01qui gèrent
24:04les masses de données
24:05considérables
24:06que nous avons
24:06sur ce dossier
24:08particulièrement sensible.
24:10C'est un engagement
24:11qui est lourd.
24:11C'est-à-dire que
24:11pour les enquêteurs
24:13de la section de recherche,
24:14ils sont projetés
24:14en permanence
24:15dans le département 04
24:16aujourd'hui.
24:18C'est des gens
24:18qui vivent une bonne partie
24:20de la semaine loin
24:20de leur famille
24:20et qui vont travailler
24:21jour et nuit
24:22si la situation l'exige.
24:23Moi, j'ai des enquêteurs
24:24qui sont vraiment expérimentés,
24:25qui sont qualifiés,
24:27qui ont résolu
24:27un grand nombre
24:28de dossiers auparavant
24:28et à qui on a confié
24:30ce dossier-là.
24:31Ça, c'est fondamental.
24:32Et puis,
24:32à côté d'eux,
24:33vous avez des techniciens
24:34parce qu'il y a aussi
24:35des outils techniques
24:36de recoupement,
24:37la formation de recoupement
24:39des indices et des traces.
24:40C'est l'alliance des deux,
24:41de l'expérience
24:41et de la technique
24:42qui nous permet d'avancer.
24:43Pour percer ce mystère,
24:44les enquêteurs
24:45s'appuient sur une somme
24:46d'analyses impressionnante.
24:48Plus de 3 000 signalements
24:50étudiés et vérifiés,
24:52près de 300 auditions menées
24:54et surtout,
24:5560 missions d'expertise
24:57réalisées depuis
24:57la découverte des ossements.
24:59C'est grâce à elle
25:00qu'un élément majeur
25:01a pu émerger.
25:03Comment on a su
25:04que ce corps
25:05avait été dépassé ?
25:06Pour la simple et bonne raison
25:07que le professeur
25:08Christian Doutre-Mepuich,
25:10le pape de l'ADN
25:12en France et ailleurs,
25:13qui officie
25:13au laboratoire privé
25:15d'hématologie
25:15et médico-légale
25:16à Bordeaux,
25:18ce laboratoire
25:19a analysé
25:20depuis le mois de juin
25:222004
25:23toutes les pièces
25:24qui avaient été rapportées
25:24des fouilles
25:25du vernet.
25:27Et donc,
25:28évidemment,
25:28les ossements
25:29des milles
25:30ont été analysés
25:31au peigne fin.
25:32Et là,
25:33avec une méthode
25:34qui s'appelle
25:34la pollinisation,
25:36on s'est aperçu
25:37qu'en fin de compte,
25:37il y avait des pollens
25:38qui se trouvaient
25:39sur les ossements
25:40et les vêtements des milles
25:41qui ne correspondaient pas
25:42aux pollens
25:43qui étaient
25:44sur la zone
25:45de la découverte
25:46des ossements.
25:47Donc,
25:47par déduction,
25:48ce corps a été déplacé
25:49à deux reprises.
25:55Les conclusions
25:56de ces expertises
25:57réalisées sur une dorée
25:58de plusieurs mois
25:59permettent de considérer
26:00l'hypothèse
26:01que le corps
26:02n'est pas demeuré
26:03au même endroit
26:03et dans le même biotope
26:05au cours du processus
26:07de décomposition
26:08et qu'il n'a pas été
26:09enfoui.
26:11Et enfin,
26:11de caractériser
26:12la présence
26:13sur le crâne découvert
26:14de stigmates anatomiques,
26:16évocateurs
26:17d'un traumatisme
26:17facial violent.
26:19Sur le dossier
26:20du petit Émile,
26:21fin d'Émile Soleil,
26:22on a plusieurs hypothèses
26:22de travail
26:23et chaque hypothèse
26:24est poussée à fond.
26:25On a des portes
26:25qu'on ferme,
26:26effectivement.
26:27Heureusement,
26:27on en a fermé
26:27un grand nombre.
26:28On a des hypothèses
26:29de travail
26:29sur lesquelles
26:29on continue de travailler
26:30et j'espère bien entendu
26:31que les enquêteurs
26:32aboutiront.
26:32Il y a plusieurs informations
26:34majeures qui ont émané
26:35dans la conférence de presse
26:37du procureur de la publique
26:38Jean-Luc Blachon.
26:39Première information majeure,
26:41la thèse familiale,
26:42donc la piste familiale
26:43n'est toujours pas écartée.
26:45Première piste.
26:46Ensuite,
26:47de quoi est mort,
26:48comment est mort
26:49Émile Soleil ?
26:50Là, il y a deux pistes
26:51majeures qui se dégagent,
26:53soit un accident,
26:55donc domestique ou autre,
26:57soit le crime,
26:59l'acte délibéré
27:00qui a conduit
27:01à la mort d'Émile Soleil.
27:02Deux ans se sont écoulés
27:04depuis la disparition
27:05du petit Émile.
27:07À ce jour,
27:08aucune hypothèse
27:09n'est écartée
27:10par les enquêteurs.
27:11S'agit-il
27:12d'un accident domestique
27:14survenu dans la maison familiale,
27:15camouflé en disparition,
27:18d'une collision
27:18avec un véhicule
27:19ou d'un acte criminel
27:20délibéré ?
27:22Quelque part,
27:23une personne
27:24détient forcément la vérité.
27:27Les parents du petit garçon
27:28attendent toujours des réponses.
27:30Une seule question
27:31continue de hanter
27:32tous les esprits
27:33qu'est-il arrivé
27:34à Émile.
27:35dans la maison.
27:36Sous-titrage
27:38...
28:07...
28:11...
28:15...
28:19...
28:23...
28:27...
28:31...
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