00:00Europe 1 Soir, 19h21, Pierre de Villeneuve.
00:0519h30, toujours avec Gilles-William Goldnadel et avec Jules Torres pour évoquer l'actualité.
00:10Bernard-Henri Lévy était ce matin l'invité de Sonia Mabrouk sur CNews et sur Europe 1.
00:14Il ne comprend pas la stratégie de Donald Trump dans ce conflit entre Israël et l'Iran.
00:19Je lui ai dit merci il y a trois jours, aujourd'hui je lui dis de quoi je me mêle, franchement.
00:24Qui est-il pour ordonner à Israël et à l'Iran, à Israël, à cesser le feu ?
00:32Il y a quelque chose qui m'échappe, franchement.
00:35Il est venu, c'était bien, c'était audacieux, en renfort d'Israël pour frapper des positions qu'Israël était sans doute mal équipé pour frapper.
00:45Il n'a pas les informations, il n'a pas le droit de demander à cesser le feu.
00:52C'est au Premier ministre d'Israël et à son armée d'en juger.
00:57Pourquoi n'aurait-il pas le droit, Gilles William Goldberg-Nadel ?
01:00Ce que je veux dire, malheureusement, M. Trump, ce n'est pas un menu à la carte.
01:06M. Trump, il a dans ses mains le Premier ministre israélien, c'est lui qui lui fournit des armes,
01:14c'est lui qui a détruit, enfin qui a détruit, on l'espère, une grande partie du potentiel nucléaire.
01:22Et donc, on ne peut pas à la fois se réjouir de ce qu'il a fait, et ensuite ne pas comprendre ses éruptations.
01:33Malheureusement, M. Trump ne se caractérise pas par le bon goût et la fiabilité.
01:40On fait avec ce qu'on a.
01:43M. Trump n'a pas été élu par les Américains pour régler tous les conflits du Moyen et du Proche-Orient.
01:49C'est-à-dire qu'il a été élu sur une promesse, l'Amérique d'abord,
01:54et donc sa base lui demande, et on l'a assez commenté depuis plusieurs jours,
01:59elle lui demande de ne pas intervenir.
02:00Donc déjà, moi je trouve que ce qu'il a fait, il est allé au-delà de ce que sa base lui demandait.
02:04Et d'ailleurs, certains spécialistes des Etats-Unis vous disent qu'il y a des frictions qui sont très importantes en ce moment.
02:11Et ensuite, tout le monde a supplié Donald Trump d'agir, tout le monde a supplié Donald Trump de parler aux Iraniens.
02:17Donc oui, dans cette séquence, c'est Donald Trump qui contrôle les cartes, qui contrôle le jeu.
02:21On peut se dire peut-être que Benjamin Netanyahou s'est dit,
02:24maintenant qu'il est engagé, il va continuer et on va continuer ensemble main dans la main.
02:28Non ? Vous dites non, Gilles William ?
02:30Mais Benjamin Netanyahou, il connaît Trump de A à Z.
02:36Ah bon ? Moi je me mets au défi de quiconque de connaître Trump de A à Z, même Mélanien.
02:42Non mais il connaît Trump, et d'une certaine manière, son caractère irascible et changeant.
02:51Donc il a pris...
02:53Ça veut dire qu'il peut rechanger dans l'autre sens.
02:55Netanyahou était très content, Netanyahou était très content d'avoir le feu vert pour agir.
03:03Il agit formidablement bien sur le plan militaire,
03:07mais je suis certain qu'il savait que le mardi pouvait être différent du lundi.
03:13Moi je pense que, dans le sonore qu'on a entendu sur cette histoire de
03:19« bah non, il ne faut pas changer de régime parce que c'est irré au chaos »,
03:21il y a eu quand même cette phrase très Trumpienne de dire
03:24« il y a beaucoup d'hommes d'affaires iraniens, ils ont beaucoup de pétrole ».
03:29Bon, c'est...
03:29Ben non, mais c'est-à-dire que Trump, avant d'être président des Etats-Unis,
03:33il est homme d'affaires, donc il y a de l'argent qui est en jeu.
03:36Et bon, voilà, donc...
03:37Non, mais j'ai eu la raison d'une certaine manière aussi.
03:40D'une certaine manière, Trump a forcé sa nature et ses engagements
03:46en intervenant contre l'Iran.
03:50Il y avait une partie du Maga qui n'était pas totalement d'accord avec ça,
03:56qui sont pacifistes et surtout isolationnistes,
04:01et donc il était content d'une certaine manière, à un certain moment,
04:05de m'origéner M. Netanyahou pour expliquer qu'il n'était pas non plus
04:11dans les mains du Premier ministre israélien.
04:14Il faut comprendre ça.
04:15Je ne suis pas le premier à m'en réjouir,
04:18mais pardon, moi ce que je sais, je pense que le Premier ministre israélien le sait aussi.
04:21Et puis il ne faudrait pas se tromper d'objectif.
04:24L'objectif de Donald Trump, il n'est pas tout à fait le même que celui d'Israël
04:28ou que celui des Européens.
04:29L'ennemi principal de Donald Trump, ce n'est pas l'islamisme.
04:32L'islamisme n'a pas fauché autant de vies aux Etats-Unis qu'en Europe.
04:37Donc il ne faut pas penser que Trump a la même ligne idéologique que nous
04:41et a la même compréhension, vous l'avez dit.
04:43Je pense que Donald Trump, il n'en a rien à faire qu'il y ait une république islamique en Iran.
04:47Je pense que son sujet, c'est le sujet de la défense d'Israël,
04:50puisque c'est un allié.
04:52Or en l'occurrence, là, il a plutôt fait service minimum
04:54en envoyant des frappes limitées,
04:57mais parce qu'il y a des questions de droit international.
04:59Et ensuite, il y a des questions, vous avez raison, droit international,
05:02et des questions économiques.
05:04Les questions d'argent, son argent, son pétrole.
05:07Pardon, vraiment, je ne pense pas que ce soit des questions de droit international
05:11qui préoccupent particulièrement M. Trump.
05:15Ce qui peut préoccuper aussi M. Trump,
05:17c'est le regard, par exemple, des Émirats, de l'Arabie Saoudite,
05:21qui ne veulent peut-être pas aller trop loin,
05:23qui ne veulent pas que l'Iran désespéré casse la baraque.
05:27Et ça, je peux vous dire que ça peut entrer largement en ligne de compte.
05:31Le fameux risque d'embrasement, exactement.
05:33Et puis, les rapports avec l'Arabie Saoudite.
05:35Oui, embrasement dans tous les sens du terme.
05:37Il peut y avoir un embrasement nucléaire,
05:38et puis un embrasement des relations entre tous les pays du Golfe,
05:42où effectivement l'Iran est...
05:44Et puis au-delà de ça, il y a aussi une réalité dont on parle peut-être peu,
05:48parce qu'on a eu beaucoup de témoignages de franco-iraniens ou d'iraniens
05:51qui sont en France, et qui ne rêvent que d'une chose,
05:54c'est que le régime des Molas soit renversé.
05:56Mais il y a une réalité démographique en Iran.
05:59Il y a 92 millions de personnes.
06:01Alors peut-être que le régime est ultra contesté,
06:03que les gardiens de la Révolution ne sont que 200 000,
06:05mais a priori, le peuple iranien n'est pas prêt à être renversé,
06:10ou à se faire renverser.
06:11Elle est aussi là, la réalité.
06:12Il n'y a aucune dictature.
06:13On a très peu d'informations là-dessus.
06:15Justement, il n'y a aucune dictature.
06:17Il n'y a aucun régime autoritaire qui ne tient avec 200 000 personnes
06:20sur un peuple de 92 millions.
06:22Il n'y en a aucun.
06:22D'une part, il y a la force des baïonnettes du pouvoir,
06:28et d'autre part, il faut reconnaître aussi
06:30que l'ensemble du peuple iranien n'est pas non plus pour renverser.
06:37Vous savez, le petit paysan iranien,
06:40il n'est pas trop mécontent que sa femme, elle porte le voile.
06:43Ça ne l'empêche pas de dormir la nuit.
06:45Donc, c'est certain, mais Jules, je pense qu'il a raison,
06:48les villes, la bourgeoisie, le bazar, les intellectuels,
06:55les droits de l'homiste, oui, dans les campagnes,
06:58il faudrait faire les comptes.
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