00:00RTL Soir, Yves Calvi et Agnès Bonfillon.
00:03Il est 18h20, bonsoir Pascal Coton.
00:05Bonsoir.
00:06Vous êtes la négociatrice retraite de la CFTC au conclave des retraites.
00:10Je ne peux pas accepter qu'on se satisfasse d'échouer si près du but,
00:13expliquait François Bayrou ce matin.
00:14Vous avez répondu à l'invitation du Premier ministre à Matignon à midi.
00:18Êtes-vous prête à vous rasseoir autour de la table ?
00:20Alors certainement pas de se rasseoir autour de la table.
00:22Je pense qu'on s'y rassit suffisamment deux fois pendant cinq mois.
00:26Ne pas se rasseoir autour de la table ne veut pas dire négocier.
00:28Le Premier ministre ce matin a demandé aux organisations syndicales
00:32de faire la liste des points de blocage.
00:34Donc on va lui faire la liste des points de blocage.
00:37Il a posé le même impératif au MEDEF et ce soir le même impératif à la CPME.
00:41Et c'est lui qui débloquera les choses, il prendra un point par-ci, un point par-là.
00:45C'est lui qui prend ses responsabilités.
00:47En tous les cas, nous on ne veut plus avoir de journée de négociation, c'est terminé.
00:50Qui est responsable du blocage ?
00:52Le Premier ministre dans sa façon de mener en ce moment les débats ?
00:56Non, je ne pense pas.
00:57Moi je mets la responsabilité pleine et entière sur le patronat, sur la CPME et sur le MEDEF.
01:02C'est pour ça que le président Cyril Chabagné, président de votre syndicat,
01:06expliquait aujourd'hui que le patronat ne faisait aucun effort ?
01:08Aucun effort et il n'a fait aucun effort pendant cinq mois.
01:12Ils essayent de nous faire porter le chapeau
01:14que hier soir nous n'avons pas pu nous entendre sur les derniers points.
01:17Alors quand même il y a une question qui se posait.
01:18A-t-on été à un moment si près d'un accord, si près du but ?
01:22Ce sont les termes qu'emploie François Bayrou ou c'était de la méthode Coué de la part du Premier ministre ?
01:26Non, honnêtement hier soir j'ai dit à la presse que nous étions à deux doigts de réussir.
01:32Il suffisait juste que le MEDEF défasse le cordon de leur bourse
01:35et puisse participer à l'effort financier des retraites.
01:38Ce que veut le MEDEF, il veut bien qu'on touche aux retraites.
01:41Il n'y a aucun problème mais c'est aux salariés, aux retraités de payer.
01:45L'addition de payer la somme, eux ne veulent pas participer.
01:48Ils estiment par exemple que de valider dans le texte que les femmes puissent partir,
01:52avoir un meilleur calcul de retraite par exemple, qu'ils font des efforts.
01:56Mais d'où le MEDEF fait des efforts en permettant aux femmes d'avoir un meilleur calcul de retraite.
02:01Ce n'est pas eux qui payent.
02:02Donc ils se sont donné des efforts en leur nom qui est des efforts de la société
02:09et pas eux.
02:10Et eux financièrement, ils ne veulent participer à rien.
02:12Et pourtant Patrick Martin pour le MEDEF transmet à François Bayrou une liste de points de friction.
02:17Vous savez ce que ça veut dire ?
02:18Et de quoi il va y avoir, ce qu'il y aura dedans ?
02:20C'est les points sur lesquels on ne s'est pas entendus, comme l'âge de la décote.
02:24Il faut savoir que lorsque vous n'avez pas tout votre trimestre jusqu'à 67 ans,
02:27vous êtes obligé de travailler principalement des femmes.
02:30Nous la CFTC, on a demandé 66 ans.
02:32Le MEDEF est prêt à aller jusqu'à 66 ans et demi.
02:34Et pourquoi pas 66 ans, 75 ans.
02:36Et après 66 ans, 90 ans, au bout d'un moment, ça suffit.
02:40Ils ne veulent pas parler de la même pénibilité que nous.
02:43C'est-à-dire qu'ils ne veulent parler que de prévention, mais pas de réparation.
02:46Donc on va envoyer des salariés se casser au travail.
02:49Et ils seront cassés.
02:50Et on va leur dire, faites des formations.
02:52Mais on ne va pas leur réparer leur santé, avec les conséquences sur la retraite.
02:56Ils veulent aussi ne pas que la retraite progressive,
03:01le départ en retraite progressive,
03:02ils ne veulent pas que ce soit non-opposable.
03:04C'est-à-dire que le salarié qui veut partir en retraite progressive,
03:07nous, on souhaite que sa décision, c'est la sienne.
03:09Eh bien, ils ne souhaitent pas que ce soit non-imposable.
03:11Et puis, bien évidemment, ils ne veulent absolument pas parler du forfait social.
03:15Aujourd'hui, ils payent 20% de forfait social.
03:17Nous, on proposait 22%.
03:19Tout ce que vous venez de nous citer coûte combien ?
03:20Vous l'avez chiffré ?
03:21Alors, normalement, ça permet de remettre à l'équilibre,
03:27d'une part, les 6,5 milliards que nous a demandé le Premier ministre,
03:31et puis de remettre à l'équilibre ce qu'on vient de demander.
03:34Ce n'est pas une histoire de combien ça coûte,
03:36puisqu'on reprend à d'autres endroits.
03:38Par exemple, on fait participer les retraités.
03:41Les carrières longues, on diminue un petit peu à partir de 21 ans.
03:45Nous, les salariés, à 63%, nous ont dit qu'on préfère payer un peu plus de cotisations par mois
03:51et qu'on veut partir à l'âge que l'on veut, en tous les cas plus tôt.
03:55Il suffisait que les entreprises veuillent bien payer une cotisation supplémentaire
03:59et on avait zéro euro de déficit.
04:01Et on corrigeait les inégalités ou les injustices de la réforme borne.
04:05Alors, je précise qu'Emmanuel Macron, à la mi-journée,
04:07encourageait, lui, ardemment les partenaires sociaux
04:09à aller au-delà des désaccords
04:11et à trouver ensemble une solution qui soit bonne pour le pays.
04:13Que lui répondez-vous ce soir ?
04:15Que vous avez fait votre part ?
04:18On a fait notre part pendant 4 mois
04:21face au MEDEF
04:22qu'à chaque proposition, c'était non.
04:25Par rapport à la CPME, c'était non également.
04:27Donc, dès qu'on fait une proposition
04:29pour leur demander de faire, eux, un effort,
04:32c'est non. On ne peut pas aller plus loin que ça.
04:34On ne va pas aller faire un chèque
04:36au nom du MEDEF pour mettre dans la caisse retraite.
04:38On ne pouvait pas aller plus loin que ça.
04:40C'était un véritable blocage.
04:41Alors que le Président dise, il faut faire des efforts,
04:45on y allait quand même pour parler des 64 ans,
04:47aller faire baisser à 63, 62,
04:49on s'assoit dessus.
04:50Je pense que ça, c'est quand même un super effort.
04:52Ça n'est pas rien, oui.
04:53On voulait la retraite avant 67 ans
04:56pour ceux qui n'avaient pas tous les trimestres.
04:59On voulait 65, on remonte à 66.
05:02On est prêt à accepter à la limite 66,5.
05:04Au bout d'un moment, il faut que le MEDEF
05:06fasse des efforts aussi.
05:07Que demandez-vous ce soir à François Bayrou ?
05:10Très sincèrement, pensez-vous qu'il soit
05:12un partenaire, comment dirais-je,
05:16clair dans cette affaire ?
05:17Je pense qu'il aurait peut-être dû
05:20nous faire une commande peut-être un peu plus précise
05:23de façon à ce qu'on ait vraiment des bornes
05:26et de nous donner une date définitive.
05:29On était normalement pour fin mai.
05:30Et on a rallongé, et on a rallongé.
05:32Une négociation qui traîne comme ça
05:33parce qu'on sent que c'est jamais bon.
05:36Le MEDEF, au début, s'est dit
05:37si fin mai, ce n'est pas terminé,
05:39tant pis, sauf qu'à chaque fois,
05:40on a rajouté une séance.
05:42Et du coup, pratiquement trois semaines après,
05:44on arrive exactement au même résultat.
05:46Après, le Premier ministre,
05:47il a été désigné par le Président de la République.
05:50Il doit prendre toutes ses responsabilités.
05:52En tous les cas, nous, ce que l'on a fait,
05:53c'est améliorer la carrière des femmes.
05:55C'est faire en sorte que ceux qui sont
05:56en situation de pénibilité,
05:58avec des trois critères ergonomiques,
06:00puissent partir plutôt à la retraite.
06:01et c'est de ne pas pénaliser ceux
06:03qui ont une petite retraite.
06:04Ça veut dire quoi, prendre ces responsabilités ?
06:06Ça veut dire, aujourd'hui, je tranche
06:08et j'entends les salariés
06:09qui m'ont dit, dans la rue,
06:12avec des millions de manifestants,
06:15je souhaite partir plus tôt
06:16parce que dans mon travail, ça ne va pas.
06:18C'est peut-être de dire,
06:19écoutez, je ne peux pas changer sur les 64 ans,
06:21mais dès 67, ça sera 65.
06:24C'est de faire partir un maximum de gens
06:26qui sont en situation de pénibilité
06:28et de dire, voilà, les salariés font des efforts
06:30en payant plus de cotisations,
06:32les retraités également,
06:33les entreprises mettant,
06:34c'est à vous de participer.
06:35Il doit taper du poing sur la table,
06:37c'est chef de gouvernement
06:38ou ce n'est pas le chef du gouvernement.
06:40Et donc, ça veut dire,
06:41in fine quand même,
06:42proposer un texte
06:43et le faire passer à l'Assemblée ?
06:44Je pense que oui,
06:46et l'Assemblée se prononcera.
06:48Merci beaucoup, Pascal Coton,
06:49d'avoir pris la parole ce soir.
06:50Merci à vous.
06:50RTL, je rappelle que vous êtes vice-présidente
06:52de la CFTC
06:53et qu'on vous a senti extrêmement remonté ce soir.
06:56Dans un instant,
06:56le journal de 18h30,
06:58puis dans RTL Insight,
06:59nous irons à Fessenheim en Alsace.
07:00La centrale nucléaire peut-elle vraiment redémarrer ?
07:03Comme l'ont voté les députés
07:04Rassemblement National la semaine dernière,
07:06notre correspondant Yannick Holland
07:07a pu s'y rendre en exclusivité pour RTL.
07:10Yves Calvi et Agnès Bonfillon.
07:14RTL Soir.
Commentaires