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  • il y a 8 mois
Dans ses interviews, Sophie de Menthon, présidente du mouvement patronal Ethic, se met dans la peau des patrons...

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00:00Bonjour Guillaume Gibault, bienvenue à Patron en Question.
00:03Merci de me recevoir.
00:03Vous êtes l'inventeur, le créateur du slip français.
00:08Exactement.
00:08Et je crois que c'est à peu près le seul nom de marque de slip que je connaisse.
00:12Écoutez, c'est pas mal, je vous en remercie.
00:14Oui.
00:14Donc le slip français, c'est formidable parce que vous avez réussi à créer un produit attractif d'abord.
00:21Plutôt luxueux, non ?
00:22Plutôt haut de gamme, c'est un produit de qualité.
00:24Et puis, curieux d'avoir choisi le slip parce que c'est amusant, vous allez me dire pourquoi.
00:29Et enfin, ça a donné un goût d'acheter français.
00:34L'acheter un slip français, c'était très malin.
00:37Écoutez, c'est un nom qu'on retient et qui incarne à la fois le slip, ce mot générique, ce mot magique qui fait toujours sourire.
00:44Et en même temps, ce français qui est une notion complexe en économie.
00:48D'arriver à faire entrer un slip dans un modèle économique français, c'est pas si facile.
00:52Oui, mais en plus, alors là, on peut aller chercher ailleurs.
00:55Mais les Français qui sont supposés des séducteurs, etc.
00:59Le slip français, il y a aussi une petite touche.
01:02De panache, d'audace.
01:03De panache.
01:04Et une touche.
01:05Qui est le point de départ de la marque.
01:06C'est vraiment le pari de montrer que c'est possible de fabriquer en France.
01:09Je suis parti de ça il y a presque 15 ans.
01:10Et alors, comment ça vous est venu ?
01:12Parce que quand on sort, bon, vous avez fait quoi comme étude ?
01:14Évidemment, HEC.
01:15C'est bien.
01:16Vous sortez d'HEC.
01:18Clac, vous commencez par un boulot.
01:21J'ai travaillé chez Bio C'est Bon, les supermarchés bio.
01:23J'ai ouvert 5 magasins.
01:25Je suis passé de 4 à 10 magasins.
01:27Au moment de partir, c'était vraiment entrepreneurial.
01:29Oui, parce que Bio C'est Bon, ça y est, je vois ce que c'est.
01:33Mais c'est vous qui l'avez lancé, ça ?
01:34Non, j'ai rejoint l'aventure qui existait déjà.
01:36J'étais au tout début.
01:37Donc, j'ai ouvert les premiers magasins.
01:38Et j'ai compris que je voulais monter ma boîte.
01:39J'aimais le terrain.
01:40J'aimais le bon sens, le commerce.
01:42C'est étonnant.
01:43Tous les gens qui viennent là, en fait, ils ont ça.
01:46Ils ne peuvent pas faire autre chose que monter leur boîte.
01:48Bien sûr.
01:49Et ce n'est pas pour monter une boîte.
01:50C'est parce que quand ils ont une idée, ça devient tout de suite un projet entrepreneur.
01:53Oui, exactement.
01:54Et puis, je crois que c'est la liberté.
01:55En tout cas, l'idée d'une certaine liberté.
01:57C'est très français, évidemment.
01:58Et moi, bizarrement, j'ai mis ça dans le slip.
01:59Je cherchais à monter ma boîte.
02:01Et je me suis dit, la mode, j'ai toujours bien aimé.
02:02J'ai toujours bien aimé les marques françaises.
02:04Louis Vuitton, Hermès, Petit Bateau, Aigle.
02:06Voilà, toutes ces marques qui se raccrochent à un émotionnel français.
02:09Oui, enfin, nous, les femmes, on n'est pas gâtés.
02:11Ah, je ne sais pas.
02:13Ah, ça va peut-être venir.
02:14Oui, peut-être.
02:15Dans l'offre au produit chez nous, vous voulez dire ?
02:16Oui.
02:16Le slip français, non.
02:17On est surtout une marque pour hommes.
02:19Parce que c'est vrai que les hommes, surtout en matière de sous-vêtements,
02:22sont très fidèles à une marque.
02:23Globalement, s'ils sont bien dans leur slip, ça peut durer toute la vie.
02:25On a encore le droit de dire ça ?
02:26Oui, on a le droit.
02:27Vous n'êtes pas le slip transgenre, non ?
02:28Non, non, non, c'est une marque pour hommes.
02:31Et c'est important, d'ailleurs.
02:32On a une petite collection femmes, mais on revendique d'être une marque pour hommes.
02:36Oui, bien sûr.
02:37On essaie de faire un produit de qualité qui va durer dans le temps.
02:39Et je crois que c'est...
02:40Alors, vous avez...
02:41Moi, je trouve ça extraordinaire.
02:42J'ai regardé les noms de vos slips.
02:43Vous avez des noms de sous-marins.
02:46Les redécables.
02:46Exactement.
02:47On est partis exactement de sous-marins lanceurs d'engin.
02:51Terrible.
02:51Le conquérant, ça va très bien comme nom de slip.
02:53Exactement.
02:54Ça a bien fonctionné dès le départ.
02:56Et c'est toujours, évidemment, de jouer avec l'humour.
02:58En fait, c'est une marque de sous-vêtements décalée qui...
03:02Et quel est le profil type de l'homme qui va chez vous ?
03:04On a vraiment tout type d'hommes, tout type d'âge, hommes vieux.
03:09Vraiment, on est calqué à la démographie française.
03:12Et c'est les femmes qui achètent les slips pour leurs hommes ?
03:14Oui, c'est les hommes qui achètent des hommes pour leurs mecs
03:16ou les femmes qui achètent des hommes pour leurs mecs aussi.
03:18On n'achète pas forcément l'homme qui...
03:20Non, exactement.
03:21On a des hommes qui achètent pour eux,
03:22des hommes qui achètent pour les hommes autour d'eux,
03:24les mecs autour d'eux.
03:24Vraiment, c'est un objet aussi très cadeau, le sous-vêtement.
03:26Oui, absolument.
03:30Bon, le site français, qu'est-ce qu'ils ont de particulier ?
03:34C'est un produit de qualité et c'est un produit dont on est fier.
03:36Est-ce que de qualité, de qualité, tout le monde doit être de qualité ?
03:38Non, ce qu'il y a de particulier, c'est qu'on en est fier
03:39parce qu'il crée de l'emploi en France, il génère moins de carbone.
03:42Et pour un produit d'équipement, c'est ça tout notre sujet.
03:44C'est de faire vraiment, de montrer que c'est possible
03:46de fabriquer un produit avec du bon sens localement
03:48qui va créer de l'emploi.
03:49Ça, j'ai bien compris.
03:50Mais qu'est-ce qu'il a de plus, de séduisant ?
03:53De séduisant, en termes de style,
03:54on essaie d'avoir des jolies couleurs, des jolies matières,
03:57d'un produit qui prend le temps.
03:57Après, l'enjeu, justement, c'est pour ça qu'il est symbolique,
04:00c'est que ce produit, c'est un produit du quotidien,
04:02c'est un produit d'équipement.
04:03Un sous-vêtement, on ne va pas révolutionner la façon dont on porte un sous-vêtement.
04:05On fait des caleçons, bien sûr.
04:06On fait des caleçons.
04:07Mais ce qui est important, c'est de se dire...
04:08Mais ça s'appelle le slip, pourtant.
04:09Ça s'appelle le mot générique slip.
04:10Ce qui est important, c'est de se dire que chaque matin,
04:12l'homme, quand il va enfiler son sous-vêtement,
04:14il va se dire, je suis fier de le porter.
04:15Je suis fier de soutenir la boîte qu'il y a derrière,
04:17l'entreprise qu'il y a derrière.
04:18Je vous le dis, je vous garantis.
04:19Je vais réfléchir.
04:20Quand je mets mon soutien-gorge,
04:21je vais savoir si je suis fier de soutenir la marque qu'il y a derrière.
04:23Les hommes qui portent nos sous-vêtements se disent le matin,
04:25ils nous le disent, à 99%, ils disent, je suis fier de le porter.
04:28Et ça, je crois que...
04:29Bien !
04:29C'est une vraie réussite.
04:30C'est pour ça que cette entreprise est symbolique.
04:31C'est qu'on est une petite boîte,
04:32on fait 20 millions d'euros de chiffre d'affaires.
04:34On est la plus grande à fabriquer 100% en France,
04:36dans le textile en France.
04:37Mais on a une valeur symbolique très forte.
04:39Et moi, je suis très fier de ça,
04:40parce que dans un moment économique compliqué,
04:42entre Trump et les plateformes chinoises,
04:44quel est le sens qu'on donne à nos achats ?
04:47Acheter un slip français,
04:48c'est promouvoir l'achat local, l'emploi,
04:50l'économie de carbone.
04:51Vous êtes un bon vendeur.
04:52J'essaye, j'essaye.
04:54Et est-ce que vous exportez ?
04:58On exporte peu, ça fait 5-10% du chiffre d'affaires.
05:00Mais on vend surtout en France.
05:01Et aujourd'hui, pour nous, l'enjeu,
05:03c'est justement d'élargir notre cible de clients.
05:05On distribuait principalement en ligne
05:06dans des boutiques de centre-ville.
05:08Depuis 18 mois, on a transformé l'entreprise
05:09pour vraiment rendre le produit plus accessible,
05:13baisser les coûts, baisser les prix,
05:14industrialiser et vendre un sous-vêtement
05:16plutôt entre 15 et 20 euros.
05:17Ah oui, donc vous avez changé de positionnement ?
05:19On a vraiment transformé le modèle de l'entreprise.
05:21Il était à 40 euros, je crois.
05:22Il était à 40 euros, exactement.
05:24Parce qu'en fait, on fabriquait des petites séries.
05:25On était dans une démarche plutôt mode,
05:27avec plein de petites séries qui changeaient tout le temps.
05:28Et là, depuis 18 mois,
05:29on a transformé le modèle pour devenir une marque d'équipement
05:32et finalement, relever le défi que je me suis lancé
05:34il y a 15 ans, avec la grande distribution.
05:36On est rentré chez Carrefour,
05:38on est rentré chez Leclerc,
05:39on rentre chez Système U, chez Intermarché,
05:41pour rendre accessible à tous les Français.
05:43Et ça ne laisse pas l'attraction.
05:43Enfin moi, quand j'imagine que j'achète le slip français,
05:47ça m'embête d'aller les acheter chez Carrefour
05:49ou chez Leclerc.
05:51En fait, ce n'est pas les mêmes clients.
05:53Et encore une fois...
05:54Et ce n'est pas le même produit ?
05:55Je pense que la promesse, c'est justement
05:56de redéfinir qu'est-ce qui est haut de gamme aujourd'hui,
05:59Oui, Leclerc est super rue, tout ça, oui.
06:01En fait, pour moi, ce qui est premium,
06:02c'est ce combat depuis 14 ans
06:03de montrer que c'est possible de fabriquer en France.
06:05Est-ce qu'être premium,
06:06c'est fabriquer un produit au Bangladesh,
06:07d'embaucher un mannequin américain,
06:09si on prend Calvin Klein,
06:10et de faire des publicités partout dans le monde
06:11pour un produit fabriqué au Bangladesh
06:12dans des conditions qu'on n'a pas envie de voir,
06:14ou se battre depuis 14 ans avec conviction
06:16et avec clarté sur le fait de fabriquer en France ?
06:18Et pour nous, on a besoin industriellement de volume
06:21pour aller chercher de l'automatisation,
06:23avec des machines, embaucher.
06:25On a ouvert notre usine à Aubervilliers,
06:26on a bientôt 50 salariés qui fabriquent 15 000 slips par semaine
06:29et on est une petite boîte,
06:31mais on a une valeur symbolique forte,
06:32comme je vous le disais,
06:33et pour moi, c'est ça qui a vraiment fondamentalement de la valeur.
06:35Écoutez, c'est le mot de la fin,
06:36c'est la conclusion,
06:37ça vous tient au cœur.
06:38Exactement.
06:38Et si on veut changer de nom,
06:39il faut commencer par changer de slip.
06:41Exactement.
06:41Écoutez, tant mieux,
06:42en tout cas, ils porteront le slip français.
06:44Parfait, bravo.
06:44Merci à vous.
06:45Merci.
06:48Merci.
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