Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 mois
Détenu depuis février dans la prison ultrasécurisée de Condé-sur-Sarthe, dans l'Orne, Mohamed Amra en a été extrait ce mercredi 11 juin pour être interrogé par des juges d'instruction de la Juridiction nationale de lutte contre le crime organisé, au tribunal de Paris.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Ces trajets-là sont pointés du doigt par les agents pénitentiaires après ce qui s'est passé avec Mohamed Amra.
00:06Ils aimeraient, comme d'ailleurs le préconise la loi narcotrafic, que tout ça se fasse en visioconférence,
00:11qu'on n'ait pas besoin d'extraire les détenus de leurs cellules.
00:15La procureure de Paris, en l'occurrence, a répondu sur ce cas précis de Mohamed Amra.
00:21Elle a justifié la décision des juges parce qu'ils veulent, je cite, désormais que le dossier avance vite.
00:25Vous n'imaginez évidemment pas trois magistrats instructeurs se déplacer avec l'intégralité des scellés.
00:30Et puis il faut aussi des conditions d'audition sur un interrogatoire qui va durer longtemps.
00:34En gros, elle dit, il y a certains cas de figure où non, on ne peut pas faire de visio.
00:38Ah mais je suis totalement d'accord avec elle.
00:39Moi, je pense que la visioconférence, alors là, elle exprime des considérations qui sont pratico-pratiques et auxquelles je souscris totalement.
00:46Mais au-delà de ça, au-delà de ces considérations, il faut les sceller, il faut un certain nombre d'éléments.
00:50Moi, philosophiquement, j'ai envie de dire, je pense que lorsqu'on juge et lorsqu'on entend un homme,
00:54il faut l'avoir en face de soi.
00:55En visioconférence, il y a un moment, on connaît les limites de ça.
00:58On l'a tous testé dans une sphère professionnelle ou une sphère privée.
01:00Ça change quoi, pardon ?
01:02Ça change quelque chose.
01:03Ça veut dire que lorsqu'on est jugé, moi, je pense qu'un individu a le droit d'être jugé par des individus qui lui font face.
01:08Sinon, si vous voulez, on ouvre une boîte de pandore.
01:10Là, ils lui font face.
01:11Non, ils ne lui font pas face.
01:13En fait, si jamais on commence à admettre la visioconférence, je pense qu'on ouvre une boîte de pandore
01:16où demain matin, on dira, mais à quoi ça sert de toute façon de se voir ?
01:18Il peut aussi répondre par écrit.
01:19Et puis, de toute façon, à quoi ça sert de répondre par écrit ?
01:22Finalement, ils pourraient aussi appuyer sur un bouton pour répondre oui, non.
01:25Mais donc, à vous entendre, c'est la symbolique, finalement, qui vous importe, le face-à-face entre le juge et le détenu.
01:28Ah bah oui, mais la symbolique, c'est important.
01:30Si vous voulez, surtout dans le monde de la justice où il y a quand même beaucoup de symboles.
01:32Si vous voulez, le président rentre, on se lève.
01:33C'est du symbole.
01:34Tout est symbole, en vérité.
01:35Si vous voulez, on retire son chapeau et son couvre-chef quand on rentre dans une salle.
01:38C'est du symbole.
01:38Mais si on commence à lâcher les symboles, on lâche tout.
01:40C'est la civilisation, les symboles.
01:42Donc, je pense qu'effectivement, c'est important qu'on maintienne de l'humanité,
01:45parce que c'est aussi une barre d'humanité, y compris pour des personnes à qui on reproche des choses très graves.
01:48Oui, c'est du symbole.
01:50Mais moi, je le revendique.
01:51Et je pense que si on lâche les symboles, on lâche tout, en vérité.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations