00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h-9h, Jean-Jacques Bourdin.
00:04Patrick Larose, bonjour.
00:06Oui, bonjour.
00:07Merci d'être avec nous.
00:09Vous présidez le tennis club de Pouilly, en Oxsois.
00:13Vous adorez le tennis ?
00:14Oui, c'est moi aussi, j'adore le tennis.
00:16Patrick Larose.
00:18Bien.
00:19Comment suivez-vous les matchs de la jeune fille
00:23que vous avez entraînée entre 8 et 12 ans
00:26et qui s'appelle Loïse Boisson ?
00:28C'est vraiment très difficile
00:32parce qu'il y a de l'émotion.
00:34On vibre, on est comme tout le monde.
00:36On veut qu'elle gagne et on est derrière elle.
00:40C'est vrai que c'était tellement une belle aventure
00:42qui lui arrive.
00:43Et puis en même temps, moi, c'est une espèce de récompense aussi.
00:47Je suis très fier d'avoir participé à sa formation.
00:51En fait, c'est entre 6 ans et 12 ans, en réalité.
00:54Et donc pendant 5 saisons.
00:55Donc forcément, on ne peut être que très fiers.
00:58Et puis je pense qu'elle va continuer encore son parcours
01:03qui paraît extraordinaire pour tout le monde.
01:06Mais dès le début, il ne faut pas croire,
01:07dès le début, quand je l'ai eu dans les tests,
01:09dans les salles de tennis, c'était une répéte.
01:10Vous dites 6-12 ans, Patrick Larose.
01:12Vous dites 6-12 ans.
01:13Oui.
01:13Alors, vous suivez ces matchs à la télévision, j'imagine ?
01:18Ah ben bien sûr.
01:19Ils m'ont invité d'ailleurs à France Télévisions cet après-midi.
01:21Je vais prendre mon train tout à l'heure pour Paris.
01:23Ah ben voilà.
01:24C'est bien, c'est bien, Patrick Larose.
01:26Comme ça, vous allez pouvoir l'assister.
01:29L'assister à 6 ans.
01:31Vous l'avez vu arriver.
01:32À 6 ans, elle n'avait jamais touché une raquette ?
01:36Non, elle n'avait jamais.
01:36C'est la première fois qu'elle venait au club.
01:38Elle venait s'inscrire.
01:39Et puis comme j'ai organisé des petits tests pour elle,
01:41c'était à la SPTT Dijon.
01:43Et donc, j'ai organisé des petits tests pour tous les enfants.
01:47Puis quand elle est passée, j'ai dit,
01:48par rapport aux petits tests de vitesse, de ramassage de vexar,
01:51j'ai dit, mais on a une pépite, là, il y a quelque chose.
01:53Je n'ai jamais vu ça.
01:54J'ai tout de suite décédé des qualités hors normes.
01:56Et j'ai aidé tout de suite voir ses parents.
01:58À la fin de la séance, j'ai dit, mais là, face à maman,
02:01je lui ai dit, il faut faire quelque chose.
02:02Votre fille, elle est vraiment faite pour le haut niveau.
02:05Si vous voulez, on peut mettre en place une structure
02:07que je dirige, que j'organiserai, que je suivrai.
02:12Et donc, je l'ai encadré quatre fois par semaine, une heure trente.
02:16Puis c'est parti comme ça, avec un environnement familial très favorable,
02:19parce que les parents étaient...
02:20Oui, sportifs.
02:21Mon père était basqueteur professionnel, sa mère aussi.
02:23Donc, il y avait un environnement familial pour l'aider.
02:25Tous les ingrédients étaient réunis pour qu'elle aille vers le haut niveau.
02:29Quatre fois une heure et demie par semaine, alors ?
02:31Ça a commencé comme ça.
02:32Alors que, oui, oui, il ne faut pas croire que c'est une heure trente
02:38très violente au niveau de l'intensité physique.
02:41Il y a des variations, il y a des pauses, il y a des discussions,
02:44il y a un travail physique, il y a sa ludique, etc.
02:46Mais elle a fait une progression extraordinaire, rapide,
02:50et puis avec une volonté que je n'avais jamais vue chez elle,
02:52une combattivité incroyable pour une petite fille de cet âge-là.
02:56Dès le début, elle était...
02:57Alors évidemment, dès le début, elle était souvent...
03:01Comme elle était très perfectionniste, avec un caractère, on va dire, bien trempé,
03:07donc une personnalité forte, c'est pour ça que j'ai individualisé
03:10la structure d'entraînement pour elle, pour que ça lui convienne vraiment.
03:15Et évidemment, ça allait amener des frustrations quand elle ne réussissait pas tout de suite.
03:21Et donc, de temps en temps, il y avait des jets de raquettes, etc.
03:23Elle avait donc du mal à gérer ses émotions.
03:25Des colères contre le monde.
03:26Des colères, exactement.
03:28Ce qui est un peu logique quand on veut réussir, ça fait partie des choses.
03:32C'est normal.
03:32Quand on est frustré, mais il ne faut pas...
03:35Il faut le prendre comme une qualité.
03:36D'ailleurs, quand on voit le contraste avec maintenant,
03:38où elle maîtrise ses émotions complètement,
03:41c'est qu'elle a fait un parcours dans la gestion des émotions qui est formidable.
03:45Qui est formidable.
03:46Patrick Larose, vous avez décelé tout de suite.
03:50Elle a pris goût au tennis tout de suite,
03:51dès la première fois qu'elle a eu une raquette entre les mains.
03:56Eh oui, parce qu'elle était plutôt destinée pour le basket.
03:58C'est pas vrai que c'est tort.
03:59Ils n'ont pas compris pourquoi elle a voulu faire du tennis.
04:02Mais c'est le tennis qu'elle a choisi.
04:04Mais elle était acharnée.
04:05Elle était motivée.
04:06Elle leur voulait tout de suite.
04:07Je devais la freiner.
04:08Elle voulait jouer, jouer, jouer, jouer.
04:10Elle ne pensait qu'à ça.
04:11Dès 8 ans, dans l'année qui suivait, déjà dans sa tête,
04:16elle avait dans la tête d'être une joueuse de tennis professionnelle.
04:19Ah bon ?
04:19Déjà.
04:20Déjà ?
04:20C'est extraordinaire.
04:21Et à 12 ans, lorsqu'elle est partie vers d'autres structures,
04:27à 12 ans, elle était à quel niveau déjà ?
04:30Elle était au niveau de seconde série.
04:33Seconde série à 12 ans ?
04:35Oui, c'était un niveau national.
04:38Mais elle est partie à Monaco parce qu'elle a suivi ses parents,
04:41son papa qui était manager pour l'équipe de basket de Monaco.
04:46Donc elle a dû partir, forcément.
04:48Sinon, elle serait sûrement restée à Dijon encore.
04:50Mais la première étape était franchie.
04:53J'avais mis en place, disons, les fondations.
04:55Et quand les fondations sont solides, après, on peut construire.
04:58Et c'est ce qui s'est passé.
04:59Les étapes suivantes se sont bien déroulées.
05:02Elle allait tomber sur des encadrements qui étaient très bien.
05:05Donc elle a continué sa progression.
05:07Et on en est arrivé.
05:08Malgré toutes ses péripéties physiques et ses problèmes physiques,
05:13elle a réussi quand même à passer et à continuer à faire une progression remarquable.
05:17Pour moi, je dirais que c'est une épopée.
05:19C'est vraiment une épopée.
05:21Mais quel bonheur pour vous de voir cette petite fille arriver à 6 ans
05:26et la retrouver là sur le central de Roland-Garros en demi-finale
05:30d'un tournoi du Grand-Chelème.
05:33C'est incroyable.
05:35C'est incroyable.
05:35C'est inimaginable.
05:36C'est inimaginable.
05:37En plus, tout le monde la découvre parce qu'effectivement,
05:40elle a été blessée, sérieusement blessée.
05:42Elle a dû s'arrêter.
05:44Elle est redescendue.
05:45Elle a 361e place dans le tennis mondial aujourd'hui.
05:50Oui, oui, oui.
05:51Non, elle a un jeu.
05:53Que dites-vous sur son jeu ?
05:55Moi, je pense que son jeu, il est d'abord adapté vraiment à la terre battue.
05:58Elle a un jeu très varié avec des points très forts comme son coup droit
06:02qui est avec un lift très, très, très important avec une balle qui gicle au sol
06:08et qui est difficile à contrôler et qui pose des problèmes à ses adversaires.
06:12Et elle a aussi un service qui est très, très, très remarquable avec des vitesses de balles qui sont énormes.
06:17Par rapport qu'on ne voit pas beaucoup sur le circuit.
06:19À part Sambalenka, il n'y en a pas vraiment qui tapent aussi fort
06:22et qui ont une seconde balle aussi qui est très, très, très bombée, très liftée.
06:25Et elle a un jeu varié.
06:27Ce que j'ai toujours essayé de mettre en place dès le plus jeune âge,
06:28un jeu varié avec des chopes, avec des hauteurs de balles différentes.
06:32Et puis, elle a sa combattivité de départ que j'ai essayé de développer pendant les cinq années.
06:37À chaque fois, elle court partout.
06:39Elle ramène toutes les balles.
06:40Elle ne veut pas perdre la balle.
06:42On voit que c'est assez remarquable.
06:43Elle se bat, elle se bat.
06:44Et ça, c'est déjà des qualités qu'elle avait au départ,
06:46que je retrouve là en elle.
06:49Je la retrouve là parce que j'ai revu des vidéos avec d'autres journalistes.
06:52Quand elle était petite, on a l'impression de voir la même,
06:55en plus petite, mais avec à peu près la même technique.
06:58C'est rigolo.
06:59Bon, Patrick LaRose, prenez tout le plaisir du monde aujourd'hui à Roland-Garros.
07:04C'est ce que je vais faire.
07:05Et nous allons la suivre, évidemment.
07:09Et je vais vous regarder à la télé, Patrick.
07:12Merci beaucoup.
07:12Oui, peut-être qu'on se verra.
07:14Bon, merci beaucoup.
07:167h20.
07:17Merci beaucoup.
07:19Formidable témoignage.
07:20Son premier entraîneur, vous vous rendez compte ?
07:23C'est émouvant, c'est émouvant.
07:23Quand elle est arrivée, elle a consulté le tennis.
07:26Et tout de suite, elle a accroché.
07:27Bien.
07:28Le rappel des titres de l'actualité, Laurie Leclerc.
07:312h20.
07:324h20.
07:324h20.
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