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  • il y a 8 mois
Le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, fait le point ce 1er juin au lendemain des festivités et des débordements en marge du sacre du PSG en Ligue des Champions.

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Transcription
00:00J'ai été mis à rude épreuve toute la nuit. Je voudrais saluer aussi le directeur général de la police nationale, Louis Logier,
00:09et puis le directeur général adjoint de la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, pour faire simple, les sapeurs-pompiers.
00:21Pour faire simple, parce qu'il y a aussi, dépendant de lui, du directeur général adjoint, toutes les associations qui contribuent,
00:27et évidemment à la sécurisation des grands événements, comme celui-ci, j'ai pu m'en rendre compte il y a quelques instants, place de l'étoile.
00:35Écoutez, avant d'aborder le sujet et de vous dire quelle est notre analyse sur les événements d'hier soir, j'ai trois messages.
00:45Et je voudrais d'abord, évidemment, le premier message, qui est un message de joie, de fierté, féliciter cette grande équipe et ces joueurs
00:54qui ont rapporté cette belle coupe aux grandes oreilles à notre pays. Ils ont rapporté une éclatante victoire qui fait le bonheur de beaucoup de Français
01:04et qui est, je crois, aussi notre fierté. Mais je m'empresse de dire qu'à côté de ce bonheur, de cette joie, de cette fierté,
01:12je voudrais avoir une pensée. Une pensée pour les familles, pour les proches, pour les amis de deux victimes,
01:20sans qu'on sache bien, attention, si ces deux morts sont liées aux événements festifs.
01:26Le procureur, d'ailleurs, à Dax, a indiqué il y a quelques heures qu'il n'y avait sans doute pas de lien entre le jeune
01:35qui a reçu un coup de poignard qui lui était fatal. Un jeune de 17 ans à Dax. Pas de lien, donc, entre ce meurtre
01:42et puis les événements festifs. Et puis l'autre jeune homme d'une vingtaine d'années, qui était fauché par une voiture.
01:51Mais vraiment, j'ai une pensée pour eux et notamment pour leur famille et ainsi que les familles, les proches, les amis, des blessés.
01:59Le troisième message, il est vraiment pour nos forces de l'ordre, les forces de sécurité intérieure,
02:06qu'ils soient gendarmes, qu'ils soient policiers de la DGPN, qu'ils soient policiers de la préfecture de police,
02:11qu'ils soient aussi sa porte-pompiers. Parce qu'hier soir, ils ont été mis à rude contribution.
02:16Ils ont fait preuve d'un courage admirable. Je voudrais vraiment les saluer dans des conditions qui ont été excessivement violentes,
02:24très, très difficiles. Ils en ont payé le prix, puisque au moment où je vous parle,
02:28il y a une trentaine de gendarmes, de policiers, qui ont été blessés, parfois grièvement.
02:34Je pense à ce policier à Coutances, dans la Manche, qui était plongé dans le coma.
02:41Il a reçu un pétard hier soir, sans compte sage d'ailleurs, si ce tir de pétard était vraiment dirigé contre lui.
02:50J'ai une pensée particulière aussi pour les six sapeurs-pompiers, six sapeurs-pompiers qui ont été blessés,
02:57pas seulement ici, sur Paris, mais sur toute la France. Et je crois que les Français doivent être conscients de leur courage.
03:06Ils doivent être conscients de leur engagement. Cet engagement, ils en ont fait preuve hier et dans la nuit passée.
03:14Ils vont encore en faire preuve, bien sûr, dans les heures à venir. Je voudrais vraiment leur exprimer notre grande reconnaissance.
03:21Hier et cette nuit, ce que je veux dire, c'est que la fermeté de la réponse sécuritaire a été au rendez-vous.
03:29Elle a été à la hauteur. Quelques chiffres que j'ai agrégés, pas seulement de la préfecture de police de Paris,
03:34mais de l'ensemble du territoire national. Attention, parce que ces chiffres nous remontent progressivement.
03:40Et chaque chiffre que je donne peut être modifié dans les heures à venir, bien évidemment.
03:45Mais pour vous montrer le niveau de cette fermeté de la réponse sécuritaire, quelques chiffres.
03:50D'abord, il y a eu 563 interpellations, 307 gardes à vue.
03:56On a vu d'ailleurs dans un magasin que 30 individus ont pu être interpellés dans un magasin qui vend des chaussures de sport.
04:04D'autres l'ont été aussi, qui se baladaient là aussi dans la rue en emportant un certain nombre de paires de chaussures de sport.
04:12Donc il y a eu cette réponse, cette réponse policière.
04:17Et je crois qu'on ne peut pas s'en contenter.
04:19On ne peut pas se contenter de chiffres.
04:22Et je suis en colère aujourd'hui, comme beaucoup de Français,
04:25qui ne s'habituent pas, pas plus que je ne m'habitue, à ce déchaînement de violences.
04:30On ne peut plus avoir, finalement, de grandes fêtes sportives sans qu'il y ait, et malgré cela,
04:37une mobilisation massive de forces de sécurité intérieures.
04:42Ça donne à s'interroger.
04:44Je pense que la France, comme je l'appelle des honnêtes gens, ne s'habitue pas non plus.
04:49C'est insupportable quand des parents sont pris de panique parce que leur enfant est parti pour fêter une grande victoire sportive.
04:56Ça, c'est insupportable.
04:57Et ça ne devrait pas avoir lieu.
05:00Ceux qui, hier soir, je le dis, sans mâcher mes mots, ont gâché cette belle fête sportive.
05:08Ce sont des barbares.
05:10Oui, ce sont des barbares.
05:12La barbarie, vous voyez, c'est quand tout devient prétexte à la violence.
05:17La barbarie, c'est quand tout devient prétexte au plaisir, au désir désinhibé de la destruction et du pillage.
05:26Oui, c'est cela, la barbarie.
05:27Comme le dit le dictionnaire, c'est quand on est décivilisé.
05:30C'est un manque de civilisation.
05:32Et cette fabrique de barbares, malheureusement, qu'on a vu déferler hier sur Paris, mais aussi malheureusement,
05:39malheureusement, sur tout le territoire français, je pense à des villes, à des villes aussi moyennes,
05:43cette fabrique de barbares a été engendrée par une société qui, pendant des décennies, a déconstruit tous les cadres communs
05:50qui permettent à une société de tenir debout tous les piliers qui sont les piliers porteurs d'une civilisation.
05:56Je pense notamment à la notion d'autorité qui a été déconstruite.
05:59Je pense à la notion même de respect entre des êtres humains.
06:03Je pense aussi à la notion de hiérarchie pour que chacun puisse garder sa place et respecter l'autre.
06:11Ce sont ces cadres qui ont été ébranlés.
06:13Ce sont ces piliers qui ont été, les uns après les autres, déconstruits.
06:17Et tout cela débouche sur cette hyperviolence et sur cette barbarie.
06:23Ce que je veux dire clairement, c'est que la réponse ne peut pas être uniquement policière, sécuritaire.
06:29Ce serait se tromper que de le penser, puisqu'on ne mettra jamais un cordon de CRS devant chaque vitrine de commerce.
06:38On ne mettra jamais un escadron de gendarmes mobiles dans chaque rue, ni à chaque carrefour de Paris ou même des villes de France.
06:49Et ceux qui pensent que la réponse, c'est simplement une doctrine du mode d'emploi, justement, des forces de l'ordre,
06:55ceux qui pensent qu'il ne s'agit que d'une défaillance de l'aspect sécuritaire, de la réponse sécuritaire,
07:02se trompent, comme le Rassemblement national, comme ils trompent, je pense, les Français.
07:06Ils trompent les Français dans la mesure où l'origine, les causes même, en réalité, de ces violences,
07:13sont allées, bien entendu, chercher dans un cadre plus général, comme je vous l'ai indiqué.
07:19Et la réponse, elle n'est pas seulement une réponse policière, il la faut, bien sûr, avec la plus grande fermeté.
07:24Et du reste, nous observerons avec soin les suites judiciaires qui seront données à toutes ces gardes à vue,
07:31à toutes ces interpellations, parce que sans suite judiciaire qui soit puissante, qui soit forte,
07:36il ne peut pas y avoir, il ne peut pas y avoir de dissuasion.
07:39On peut mettre ponctuellement des milliers de gendarmes, des milliers de policiers, des sauveteurs,
07:46si ceux et celles qui sont interpellés, gardés à vue, ne sont pas lourdement, massivement sanctionnés,
07:52alors la réponse sera toujours vaine.
07:55Donc la réponse, c'est bien entendu, là encore, une réponse pénale qui soit massive et efficace,
08:01pour redonner du sens à la sanction, je l'ai souvent dit d'ailleurs, au niveau des plus jeunes.
08:06On le voit bien d'ailleurs dans ces rassemblements, que la violence des mineurs, elle est, elle, majeure.
08:12Et il faut, encore une fois, changer de pied pour qu'on puisse adapter la réponse pénale
08:16à ce que sont devenus aujourd'hui des mineurs qui sont désocialisés, ou en tout cas qui se sont ensauvagés.
08:24La réponse aussi, elle vient des familles. Je disais parfois, où sont les pères ?
08:28Il faut responsabiliser les familles. Je rappelle que dans notre code pénal,
08:33il y a un article 227-17 qui permet déjà, lorsqu'il y a une défaillance flagrante en matière éducative
08:41pour une famille qui ne s'occupe pas de ses enfants, que font des enfants très mineurs
08:45à se balader dans la voie publique tard le soir ou tôt le matin.
08:50Ça, c'est insupportable. Tant que les familles ne seront pas responsabilisées,
08:54alors il y aura un certain nombre de voix qui permettront à la violence des mineurs de se déchaîner.
09:02Et puis, là encore, il y a l'école, ce rôle de l'école.
09:05Évidemment, jamais l'école ne pourra rattraper les échecs des familles,
09:11mais l'école doit être le lieu du respect, le lieu où on apprend aussi la notion d'hierarchie
09:17entre le maître et l'élève, la notion aussi d'autorité.
09:22Les parents n'ont pas non plus, pour leurs enfants, à l'école, intérêt à contester sans cesse,
09:29parfois, la hiérarchie et notamment l'autorité des maîtres.
09:34Voilà, je pense qu'il faudra, dans cette réponse qui est beaucoup plus profonde,
09:37beaucoup plus systémique, aller directement aux causes
09:41et non pas uniquement traiter les effets sur le plan sécuritaire.
09:45Il faudra donc tourner le dos au laxisme.
09:49Ce sera le grand débat qui va venir d'ailleurs dans les prochaines années,
09:51c'est-à-dire refaire des repères, assumer des repères et aussi rétablir des limites
09:56parce que tout être humain, toute société a besoin de limites qui soient claires
10:01parce que quand ces limites sont franchies, c'est alors que la barbarie, la violence se déchaîne.
10:07Voilà ce que je voulais vous dire très rapidement
10:09en félicitant une fois de plus nos forces de l'ordre qui ont été là encore très très courageuses.
10:16Merci.
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