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  • il y a 8 mois
Pour son interview d’actualité, Télématin reçoit Clémentine Portier-Kaltenbach, auteure d' "Un mot, un destin : dans l'intimité des femmes célèbres".

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Transcription
00:00Un petit coucou à Olivia de Lambertori qui s'est installée ainsi que Christelle Balestrero qu'on retrouve dans quelques minutes.
00:05Bonjour les amis.
00:05Bonjour. Elle a décidé de raconter des pans de la vie de femmes célèbres à travers un mot, un seul mot, parfois évident, parfois énigmatique, c'est original.
00:14Et on y apprend plein de choses. Bonjour Clémentine Portier-Caldenbach.
00:17Bonjour à tous.
00:18Bienvenue, vous êtes historienne et vous venez de publier un mot à destin, tome 2, aux éditions Litos Histoire.
00:24On rappelle évidemment que le tome 1 est toujours disponible en librairie.
00:27Et on va rentrer directement dans le vif du sujet avec un mot.
00:31Franchement, on ne peut pas deviner ce que ça veut dire.
00:34Pepto-bismol, ça concerne Jackie Kennedy.
00:37Je donne juste la date pour situer.
00:39On est le 22 novembre 1963 à Dallas, le jour de l'assassinat de son mari JFK.
00:43Pepto-bismol, c'est quoi ?
00:44Oui, alors là, évidemment, ça, personne ne peut le connaître parce que le pepto-bismol, c'est un médicament pour les problèmes gastriques.
00:50Mais pourquoi est-ce que j'ai associé Jackie Kennedy à le pepto-bismol ?
00:53Parce que la grande question, il y a deux questions concernant Jackie Kennedy.
00:57dit à cette date, en novembre 1962, c'est d'une part...
01:0063.
01:0063, pardon.
01:02Quelle est la couleur de son tailleur ?
01:04Le fameux tailleur Chanel.
01:06Et est-ce que c'était un vrai Chanel ?
01:07Or, ce tailleur, il n'était pas rose, il n'était pas pastèque, il n'était pas rose framboise, il était rose.
01:14Pepto-bismol, demandez à un Américain, c'est ce qu'il vous répondra.
01:17C'est donc la couleur de ce médicament.
01:19Et la deuxième question, bien sûr, c'est est-ce que c'était un Chanel ?
01:22Et oui, tout était Chanel, mais il avait été assemblé aux Etats-Unis, parce que les Américains trouvaient qu'elle s'habillait trop,
01:28elle faisait trop appel à des couturiers français, et l'opinion américaine était choquée par ça.
01:32Alors on lui a collé un couturier, Oleg Cassini, qui était tout à fait français, mais naturalisé,
01:38qui lui a fait 300 robes, dont ce fameux tailleur.
01:41Et ce tailleur, il est la propriété de sa fille unique, et on ne pourra plus le voir avant 2103.
01:46Il est aux archives nationales américaines.
01:48Autrement dit, 2103, nous ne le verrons pas.
01:50Nous ne le verrons pas, c'est sûr.
01:51Vous pouvez le voir dans la série américaine, il a été reproduit par Armani pour la série Les Kennedys.
01:56Mais sinon, le vrai, il faudra attendre encore un siècle, j'en ai peur.
02:00Autre femme célèbre, Clémentine Portiquel-Tunbach, c'est Edith Piaf.
02:04Vous vous êtes arrêtée sur le mot sarapo.
02:07Donc un mot de tous les jours, sauf qu'il est devenu un nom propre dans le cadre d'Edith Piaf.
02:12Pour Edith Piaf, j'aurais pu choisir aussi, elle avait des rhumatismes polyarthrites-rhumatoïdes.
02:21Donc ça aurait pu être un mot qui n'est quand même pas très sexy.
02:23Mais là, c'est tout de l'amour.
02:24C'est le nom de son mari, ce jeune homme qui avait 20 ans de moins qu'elle,
02:28et dont elle était folle, que l'on voit ici.
02:30Théophanis Lamboukas.
02:31Exactement, c'était une famille d'origine grecque qui est arrivée en France dans les années 20.
02:36Elle l'a épousée, elle l'a fait chanter à l'Olympia.
02:39Et sarapo, c'était son pseudo de chanteur, en fait.
02:42Théo Sarapo, c'était le seul mot qu'Edith connaissait en grec.
02:45Et qu'est-ce que ça veut dire, sarapo, en grec ?
02:48Ça veut dire « je t'aime ».
02:49Vous voyez, parfois, vous connaissez le nom de Théo Sarapo,
02:53mais que ça veut dire « je t'aime », que ça a été choisi par Edith Piaf,
02:57et ça a été son dernier grand amour, ça en le sait moins.
02:59Si je m'engraisse cet été, si je dis sarapo,
03:01vous avez une chance d'être compris.
03:04Oui, tout à fait.
03:05Je le note, Clémentine, je le note.
03:06Je ne sais pas si bien qui en dit ça.
03:08Pour Ursula Andres, cette fois, c'est le mot bikini.
03:11Alors ça, tout le monde sait que vous avez choisi.
03:14C'est un clin d'œil à quoi, là ?
03:15C'est un petit peu banal, si vous voulez,
03:16parce que l'histoire du bikini, on la connaît par cœur.
03:18Mais moi, ce qui m'a amusée dans cette histoire de bikini,
03:21qui a quand même été vendue 50 000 euros en 2022
03:24pour les 60 ans du film James Bond contre Dr. No,
03:27c'est quand on la voit, regardez, cette sublime créature.
03:30En fait, elle est couverte de fond de teint,
03:32parce qu'elle était beaucoup trop blanche.
03:34On la voit là, voluptueuse,
03:35voluptueuse, celle de la Vénus de Beoticelli.
03:38En réalité, c'est une plage de corail.
03:40Donc à chaque fois qu'elle marchait,
03:42elle avait mal aux pieds.
03:43Et en plus, elle a été intégralement doublée
03:46parce qu'elle avait un accent suisse.
03:47Donc vous voyez, je trouve ça rigolo,
03:49un peu démonter la légende,
03:51parce que ça n'a pas dû être si sexy que ça,
03:53même s'il y avait, évidemment,
03:54une connerie.
03:55C'était la récompense de tant de souffrance.
03:57Bien sûr.
03:58Autre pays, autre ambiance,
04:00avec Svetlana Alliluyeva.
04:03Bravo.
04:04Et vous avez choisi le mot polyandrie.
04:05Ben oui, parce qu'en fait,
04:07Alliluyeva, ça ne vous dit rien non plus.
04:09Si je vous dis Lana Peters,
04:11ça vous dira encore moins.
04:12Mais en fait, Svetlana Alliluyeva,
04:15qui était le nom de sa mère,
04:16c'était Svetlana Staline,
04:18le petit moineau,
04:19la petite princesse de Moscovite,
04:23qui était la fille à son pépère.
04:25Ils l'adoraient.
04:27Mais ils étaient dans des relations
04:28assez conflictuelles.
04:29J'aurais pu intituler la chronique
04:31« Quatre mariages et un enterrement ».
04:33Mais le mot est en fait polyandrie.
04:35Vous savez, quand on parle de polygamie,
04:36c'est le fait pour un homme d'avoir plusieurs femmes.
04:39Polyandrie, c'est naturellement le fait pour une femme d'avoir plusieurs maris.
04:42Alors, elle a eu quatre maris.
04:44Elle en aurait volontiers eu cinq.
04:45Et le cinquième, en fait, est mort.
04:48C'est ça, quatre mariages et un enterrement.
04:50C'est qu'elle était amoureuse d'un Indien
04:52qui était en Union soviétique.
04:53Il y meurt.
04:54Elle prend le prétexte d'aller disperser ses cendres en Inde.
04:57Et du coup, elle peut quitter l'Union soviétique.
04:59Elle file à l'ambassade américaine
05:01et elle quitte l'Union soviétique comme ça.
05:04Elle est morte sous le nom de Lana Peters.
05:06Personne ne savait qu'il était cette petite dame de 85 ans.
05:08Elle est morte en 2011.
05:09Et oui, il n'y a pas si longtemps.
05:11Et sa fille, qui est donc une petite fille de Staline,
05:13elle, elle est bouddhiste
05:14et elle vend des œuvres d'art asiatiques dans l'Oregon.
05:17La petite fille, la petite fille de Staline.
05:18Voilà, c'est la petite fille de Staline.
05:21Est-ce qu'on peut se dire rapidement
05:23un petit mot de Frida Kahlo, peintre mexicaine ?
05:26Oui, alors voilà.
05:26Écoutez, il y a un truc, Frida Kahlo,
05:28que vous connaissez toutes, mesdames.
05:29C'est son mono-sourcil.
05:31Le mono-sourcil, ça s'appelle une taroupe.
05:34Ah ouais ?
05:34Donc, voilà, chez Frida Kahlo,
05:36ce qui écrase tout,
05:37c'est cette image de cette femme hyper féminine
05:39avec des fleurs pleins, les cheveux,
05:41des robes de toutes les couleurs
05:42et ce mono-sourcil qu'elle chiadait beaucoup
05:44parce qu'elle prenait des produits
05:46pour le faire repousser.
05:48Elle le marquait au tri.
05:50Elle y tenait énormément.
05:51Mais pourquoi ?
05:52Parce que vous voyez,
05:53elle a fait un autoportrait d'elle en 40
05:55qui s'appelle la femme au colibri.
05:57Le colibri, dans la tradition mexicaine,
05:59c'est un symbole d'espoir.
06:00C'est un colibri mort, vous voyez ?
06:02C'est un colibri mort.
06:03C'est un des ailes d'un oiseau.
06:05Il y avait même un peu de moustache.
06:06Oui, mais qu'elle chouchoutait aussi
06:08parce qu'elle aimait bien ce côté androgyne.
06:12C'est à la fois viril et plein de fleurs.
06:14C'est le paradoxe.
06:14D'ailleurs, elle était aussi bisexuelle.
06:16Donc, elle exprimait tout ça en même temps
06:18dans ce mono-sourcil.
06:19Retenez ça, ça s'appelle la taroupe
06:21et la partie, la glabre,
06:24sans poils entre nos deux yeux,
06:25ça s'appelle la glabelle,
06:27de glabellus sans poils en latin.
06:29Et ça a donné glabre, voilà.
06:31Tout est logique, en fait.
06:32On vous l'avait dit, c'est passionnant.
06:34Voici, donc, on vous a parlé de cinq portraits de femmes
06:36parmi une centaine, je pense.
06:38Là, il y en a une centaine dans le tome 1,
06:40une centaine aussi.
06:41C'est édité chez Litos Histoire.
06:43Merci Clémentine.
06:44Restez encore quelques minutes avec nous.
06:45On va parler ici.
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