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  • il y a 10 mois

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Transcription
00:00Jérôme Gage est l'invité de Sonia Mabrouk sur Europe 1.
00:03Bonjour Jérôme Gage.
00:04Bonjour Sonia Mabrouk.
00:05Bienvenue à la grande interview sur CNews et Europe 1.
00:08Vous êtes député socialiste de l'Essonne et secrétaire national à la laïcité au PS.
00:12Monsieur Gage, le président Emmanuel Macron a salué hier une étape importante
00:16en insistant sur le respect des sensibilités après l'adoption du texte
00:20sur l'aide active à mourir par l'Assemblée.
00:22Le texte sera examiné, je le précise, prochainement au Sénat.
00:24Vous faites partie des députés qui ont voté cette loi
00:27mais pas à n'importe quelle condition.
00:30Vous avez beaucoup hésité, vous avez beaucoup réfléchi,
00:33vous avez voté en conscience.
00:35Mais selon vous aujourd'hui, où sont les limites ?
00:37Où sont les garde-fous auxquelles vous teniez tant
00:39pour que demain l'exception ne devienne pas la règle ?
00:42Alors vous l'avez dit, moi j'ai abordé ce débat depuis plusieurs mois,
00:46dès l'année dernière, avec la gravité et l'humilité nécessaires.
00:50Sur le principe favorable à ce que cette liberté puisse être consacrée par le droit
00:55pour sortir de situations comme malheureusement on est beaucoup à avoir approché de près
01:02et conscient que ce questionnement intime devait avoir des réponses de la société
01:08et pas laisser chacun dans le désarroi.
01:12Mais vous l'avez dit, je n'aime pas le terme de garde-fous,
01:15je préfère celui de critères, de verrous parfois qui permettent de faire que cette nouvelle liberté
01:22ne dérive pas vers un changement de rapport à la mort dans notre système de soins.
01:31Je m'explique, la priorité, et c'est pour ça qu'on a voté à l'unanimité,
01:35on peut quand même le souligner, la loi renforçant les soins palliatifs.
01:39Fort heureusement.
01:40C'est une réalité absolument nécessaire parce que depuis des années, nous disons qu'il faut développer les soins palliatifs
01:45et je suis convaincu que par exemple la création des maisons de soins palliatifs et d'accompagnement,
01:50le développement des unités de soins palliatifs,
01:51Heureusement que c'est ce transpartisan qui va engager.
01:53Non mais va permettre peut-être de moins poser la question du recours à l'aide à mourir.
02:00Parce que c'est la mort dégueulasse qui donne parfois des arguments ou qui alimente la crainte
02:06et fait opter pour cette liberté.
02:10Mais alors pour reprendre votre mot, les verrous, où sont-ils ?
02:13Pour l'instant, ils sont dans la loi et c'est la raison pour laquelle je l'ai voté.
02:16Je l'avais indiqué pendant tous les débats.
02:18Si j'avais eu le sentiment, comme d'autres, que la loi ouvrait trop les champs de possibilités,
02:26alors probablement je n'aurais pas voté cette loi.
02:28Aujourd'hui, les critères ont été posés sur la définition de ce qu'est évidemment une maladie grave et incurable,
02:34de ce qu'est un pronostic vital et de ce qu'est une phase avancée et terminale.
02:39Mais aujourd'hui, il ne faut jamais oublier que nous sommes dans ce qui demeure le colloque singulier
02:45entre le patient et son soignant et tout l'enjeu sera la manière dont les soignants vont s'emparer
02:51de cette faculté qui leur est ouverte.
02:54Je pose la question directement.
02:56Si demain, il y a un nouveau pouvoir, qu'est-ce qui empêche que nous nous retrouvions dans les mêmes situations
03:00que le Canada et les Pays-Bas ?
03:02C'est le point sur lequel mon interrogation s'est cristallisée.
03:07Pour dire les choses clairement, moi, ma ligne rouge, et qui demeure pour moi aussi longtemps que je suis député
03:14et surtout pour mes successeurs, je l'espère, dans 10, 15, 20 ans à l'Assemblée nationale,
03:20il faut qu'à aucun moment cette nouvelle liberté puisse apparaître volontairement ou involontairement
03:26comme une invitation pour les plus fragiles, pour les plus vulnérables,
03:31à, comment dire, recourir à ça.
03:36Je vais dire les choses clairement.
03:37Si quelqu'un a une dépression profonde, comme au Pays-Bas ou au Canada,
03:42il peut être éligible un jour si la loi est libéralisée dans notre pays.
03:45Pour moi, ça c'est une ligne rouge.
03:47Les vieux, les fous, les personnes en situation de handicap ne doivent pas percevoir cette faculté,
03:54cette liberté, comme une sorte de pression de la société.
03:58Et en face, le droit à mourir dans la dignité, évidemment.
04:03Mais moi, je préférerais qu'on ait un droit à vivre dans la dignité,
04:06un droit à vieillir dans la dignité, un droit à vivre une fragilité, une vulnérabilité dans la dignité.
04:11Et donc, le grand défi pour l'ensemble du système de santé, et donc pour l'ensemble de la société,
04:16c'est l'accompagnement digne des plus vulnérables.
04:18Si on fait ça, alors ce sera là le véritable progrès.
04:21Ce terrible mot de dignité, monsieur le député, quand on connaît dans les faits comment ça se passe,
04:26est-ce qu'il est vraiment adapté à ce débat ?
04:27C'est la raison pour laquelle vous connaissez mon combat, on en a déjà parlé ici,
04:29sur l'accompagnement des personnes âgées, le grand âge, la perte d'autonomie.
04:34Cela, vous savez, une personne âgée, une personne en situation de handicap, une personne très vulnérable,
04:40elle peut aussi avoir une de ces maladies graves, incurables, avec un pronostic vital.
04:45Et évidemment, elle peut être éligible à l'aide à mourir, avec les critères très stricts qui ont été fixés hier,
04:51et qui seront ciselés dans la navette parlementaire.
04:53Mais il ne faut pas que les conditions d'accueil dans les EHPAD, dont on sait qu'elles ne sont pas satisfaisantes,
04:59soient une sorte de message subliminal qui dise, vous savez, vous avez la possibilité de vous effacer et de vous invisibiliser.
05:06Ce serait terrible si c'était le cas.
05:07Voilà, et donc moi, je transmets aux futurs législateurs et à l'ensemble de la société,
05:13et surtout aux médecins qui, et je leur fais confiance, aux soignants, dans leurs relations intimes avec les personnes qu'elles accompagnent,
05:20le soin de privilégier les soins palliatifs, l'accompagnement des plus vulnérables,
05:26et que ce soit un recours ultime.
05:28Mais je suis quand même très fier que cette liberté ait pu être consacrée.
05:31Pour répéter trois fois le mot liberté, monsieur Gage, aide à mourir, un suicide assisté, est une liberté, à vos yeux ?
05:37En tous les cas, la possibilité que la société l'encadre, fasse que les médecins, fasse que l'administration puisse être préparée,
05:46que la potion létale puisse être préparée, je pense que dans ces situations-là,
05:52encore une fois, qu'on a tous connu et qui sont effroyables, le fait qu'il puisse y avoir cet accompagnement,
05:58c'est une liberté que la société offre.
06:00Autre sujet, Jérôme Gage, tout autre sujet dans l'actualité, il est difficile de passer d'un tel sujet à un autre,
06:05mais c'est ainsi le Premier ministre qui demande des efforts à tous les Français, sans exception.
06:09François Bayrou rêve de vaincre l'Himalaya budgétaire, sans piste concrète d'ailleurs, hormis la TVA sociale.
06:15Vous avez déjà fermé la porte à cette piste.
06:17Est-ce que le courage politique pour vous, c'est de demander des efforts aux Français, ou c'est de demander des efforts à l'État ?
06:23Les deux. Mais le premier effort, c'est celui de la lucidité.
06:26Quand on a une situation de déficit, Bayrou est trop vieux politique, au sens d'ancienneté,
06:34pour ne pas se poser la question de comment on en arrive là.
06:37Comment on en arrive là ?
06:38Le gouvernement auquel il appartient soutient un président de la République qui est en place depuis 7 ans.
06:42Et donc moi, j'ai l'honnêteté, et c'est le premier effort, de regarder d'où vient le déficit.
06:49Un déficit, c'est quoi ? C'est des dépenses supérieures à des recettes.
06:53L'honnêteté intellectuelle consiste à dire que le gouvernement, depuis 7 ans, a organisé une baisse,
07:00et c'était méthodique, une baisse des recettes.
07:02Ça fait partie des... Et les baisses des recettes, c'est quoi ?
07:04C'est les baisses d'impôts, pour une certaine catégorie de la population, pas pour tous les Français,
07:09et des baisses de cotisations sociales, parce qu'on a multiplié des exonérations de cotisations sociales.
07:13Vous avez peut-être un regard lucide, mais vous ne regardez que d'un seul oeil, pardonnez-moi.
07:16Le FMI, il nous fait les gros yeux, les allertes.
07:18Attendez, je vous dis, moi je suis un pragmatique, et j'essaye d'être honnête intellectuellement.
07:23Donc, si tout le monde doit faire des efforts, alors on regarde les différents leviers.
07:27Il y a toujours moyen de faire des économies dans un budget.
07:30Moi, j'ai été président d'un département, et donc, chaque année, je regardais l'efficacité de la dépense publique.
07:37Et si on estime qu'elle n'est pas efficace, alors on a le droit d'y revenir.
07:40Mais on a en tête l'idée de ne pas pénaliser les plus fragiles.
07:43Donc, à l'hôpital, par exemple, dans la prescription de médicaments, dans l'industrie pharmaceutique,
07:48il y a des économies à faire, en tous les cas dans l'organisation,
07:51mais pas dans la qualité des soins qui sont offerts par les hôpitaux.
07:55Donc, moi, je suis inquiet de la petite musique qui s'installe,
07:59qui consiste à dire que c'est les mêmes qui vont faire des efforts.
08:02Et l'exemple que vous venez de mentionner, la TVA sociale, c'est une caricature hallucinante.
08:07C'est aussi une ligne rouge, une menace de censure ?
08:09Assurément, assurément.
08:11On s'est opposé à la TVA sociale de Nicolas Sarkozy.
08:14C'est quand même assez drôle.
08:15Je me rappelle que François Bayrou ne portait pas Nicolas Sarkozy dans son cœur.
08:19Et là, il se glisserait dans les habits de cette mesure.
08:22Pourquoi est-ce qu'elle est injuste ?
08:22Parce qu'on transfère des cotisations payées, notamment par les entreprises,
08:26sur l'impôt sur la consommation, qui frappe d'abord et avant tout les plus fragiles et les plus modestes.
08:32D'accord, mais vous avez une piste ce matin.
08:34Le FMI nous fait les gros yeux.
08:35Les alertes sur le déficit se suivent et se ressemblent.
08:37L'État-providence est obèse.
08:39La lutte contre le fraude reste symbolique.
08:41On continue comme ça ?
08:42Eh bien, moi, je vous redis par pragmatisme et honnêteté, on met tout sur la table.
08:48S'il y a des économies à faire, on les regarde avec l'objectif de préserver des services publics essentiels,
08:55le système de santé, la fraude.
08:58Mais moi, je n'ai aucun problème.
08:59Je suis un républicain.
09:00Je ne peux pas supporter le principe que des gens ne respectent pas la loi.
09:03Mais dans ce cas-là, on regarde tous les éléments de la fraude.
09:05C'est quoi le gros de la fraude ?
09:06C'est de la fraude aux cotisations, par exemple.
09:08C'est du travail dissimulé.
09:09Il faut, en effet, renforcer.
09:11Sur la santé, il y a de la fraude à la prescription.
09:14Il y a des professionnels de santé.
09:15Et puis, il y a de la fraude par les assurés sociaux, par les usagers.
09:19Pour remettre sur la table, c'est un grand débat.
09:22Et puis, le troisième volet, que sont les recettes.
09:25Et je vous prends juste ce chiffre qui est dans le rapport.
09:27Dans quelques minutes, tout à l'heure, je vais auditionner Pierre Moscovici,
09:30dans la suite du rapport qu'il a présenté hier.
09:33Et dans ce rapport, c'est un peu passé sous silence.
09:36Lui-même, il constate les exonérations de cotisations sociales.
09:40Elles ont été multipliées.
09:41Par quatre, entre 2014 et 2024.
09:45Elles ont doublé.
09:46C'était 37 milliards d'euros au début du quinquennat d'Emmanuel Macron.
09:50C'est 80 milliards d'euros aujourd'hui.
09:51Est-ce qu'on ne peut pas se dire que là, il y a un pognon de dingue ?
09:55Je ne suis pas contre les enjeux en termes d'emploi et de compétitivité.
09:59Mais il y a quelques milliards à aller chercher dans les exonérations de cotisations sociales.
10:03C'est là qu'il y a les pognons de dingue, compte tenu de l'état de nos entreprises,
10:06du niveau de chômage en entrepays ?
10:08Les entreprises elles-mêmes vous disent, et puis le consensus des économistes.
10:13Je vais vous prendre un exemple.
10:15Vous savez qu'un cadre supérieur dans une entreprise qui va toucher environ 4000 euros de salaire,
10:21son entreprise bénéficie d'exonérations de cotisations sociales.
10:25Ce n'est pas parce qu'il y a cette exonération que l'entreprise l'a recrutée.
10:28Ce n'est pas un problème de compétitivité par rapport à la scène internationale.
10:32Donc quand on doit regarder les efforts, on se pose la question,
10:36est-ce que ces 80 milliards d'euros sont efficaces à 100% ?
10:39La réponse est non.
10:41Et si on peut faire 5, 8, 10 milliards d'économies là-dessus,
10:45on en aura besoin pour préserver notre système de sécurité sociale.
10:48Jérôme Gage, autre front, le ministre de l'Intérieur,
10:50promet une lutte sans faille face aux frères musulmans et à la menace
10:52qu'il constitue de faire basculer, dit-il, la France sous le jour de la charia.
10:56Il dénonce, le ministre de l'Intérieur, un islamisme à bas bruit.
10:59D'abord, où est-ce que vous vous situez dans ce débat
11:01par rapport à ceux, par exemple, à l'extrême-gauche
11:04et la France insoumise ou les Verts,
11:06qui parlent de complot et nient l'existence d'une telle menace ?
11:11D'abord, là aussi, il faut avoir la lucidité.
11:13Mais l'honnêteté de ne pas tout confondre.
11:18Qui confond ?
11:20Dans la petite musique portée par Bruno Rotaillot et par quelques-uns,
11:24on a le sentiment que ce sujet est envahissant.
11:31Il existe, mais je vais vous dire.
11:32Soit il y a une menace existentielle et elle est dite par le rapport,
11:36soit vous la minimisez.
11:38Non, moi, je ne minimise pas, mais mon problème,
11:40c'est instrumentaliser une question,
11:44parfois empêche d'y répondre de manière efficace.
11:47Je vous pose vraiment la question très sincèrement.
11:50de l'efficacité qu'on doit avoir.
11:52Comment on doit l'aborder ?
11:54C'est-à-dire, de quelle manière aurait-il fallu l'aborder
11:57pour qu'il n'y ait pas ni de critique, ni de cri au complot ?
12:01C'est-à-dire, on lit un rapport, on dit que la menace est très importante,
12:04c'est ce qui est dit dans le rapport de manière très factuelle,
12:06il est à la disposition des Français,
12:08et donc on l'instrumentalise ?
12:09Moi, je n'ai pas la lecture de dire que la menace est existentielle.
12:13Elle est là, pour la nommer l'islamisme,
12:16c'est un adversaire de la République.
12:18Nous le combattons, nous en avons souffert,
12:20nous en avons payé le prix avec des attentats dans notre pays.
12:24Après tous les chocs que nous avons eus ?
12:26Mais simplement, on voit là, du coup,
12:29quand vous voyez le même jour, le même jour,
12:32Gabriel Attal, qui organise un plan de communication,
12:34et qui, du coup, distrait du débat essentiel,
12:38qui est quelle est l'efficacité de nos politiques publiques,
12:40nos politiques de renseignement,
12:42nos politiques de surveillance,
12:43nos politiques de déradicalisation,
12:45nos politiques, y compris de prévention,
12:48parce que l'islamisme prospère aussi
12:51sur les fameux territoires perdus de la République.
12:53Et si ces territoires sont perdus de la République,
12:55c'est parce qu'il y a l'école qui est moins présente,
12:59les questions de logement, les questions de santé.
13:00Vous dites qu'il y a une surenchère ?
13:01Je trouve qu'il y a une surenchère qui évite l'efficacité.
13:04Alors, expliquez-moi, quelle est la troisième voie
13:06entre la surenchère et le déni ?
13:08Quand je vous dis que le même jour,
13:09Gabriel Attal, dans son plan de communication,
13:11se dit, qu'est-ce que je vais mettre là
13:13pour exister dans le paysage politique ?
13:15Je vais dire, tiens, on va proposer l'interdiction
13:17du port du voile pour les mineurs de moins de 15 ans.
13:21Ce qui n'a pas de lien direct et qui jette,
13:24justement, et c'est là que moi j'ai ce problème,
13:26qui là, pour le coup, est existentiel.
13:29Si nous n'avons pas les Français de confession musulmane,
13:32qui sont nos alliés dans ce combat contre l'islamisme,
13:35parce que partout dans le monde,
13:36ce sont les musulmans qui sont d'abord
13:37les premières victimes de l'islamisme,
13:39si on les stigmatise, si on donne l'impression
13:43qu'ils sont complaisants avec l'islamisme,
13:45toutes et tous, alors ils ne seront pas nos alliés.
13:48Eh bien, je vous dis, cette concomitance,
13:50présenter un rapport sur les questions relatives
13:52à l'islamisme, à l'entrisme, aux frères musulmans,
13:55et le même jour présenter une proposition aberrante
13:58de piétiner la loi de 1905
14:00et de stigmatiser l'ensemble des musulmans,
14:02c'est inefficace.
14:03Attendez, Jérôme Guel,
14:04pour le député que vous êtes,
14:06derrière un voile, il n'y a jamais d'idéologie.
14:08Mais...
14:09Non, non, la question est assez claire.
14:11Mais évidemment qu'une partie de ceux qui le portent...
14:13Donc il y a un lien entre ce que vous venez de dénoncer...
14:15Mais je vais vous redire,
14:17dire, on va faire une interdiction générale et absolue,
14:19et donc envoyer le signal que la loi de 1905
14:22ne répond plus à son objectif initial,
14:24qui est de protéger celui qui croit
14:25et celui qui ne croit pas,
14:26et lui permettre de le faire sans aucune pression,
14:29ça va être jeter une partie de ceux-là
14:31dans les bras des islamistes.
14:32Je vais vous donner un exemple...
14:33Donc le féministe et laïque que vous êtes
14:35n'est pas pour l'interdiction du voile
14:37pour les jeunes filles de moins de 15 ans.
14:38Écoutez, je vais vous prendre un exemple.
14:39Pour le féministe et laïque que vous êtes.
14:40Je vais vous prendre un exemple.
14:42Je vais vous parler d'une féministe
14:43et d'une laïque que vous connaissez bien,
14:45Caroline Fourest.
14:46Sur un autre sujet,
14:47qui est aussi parfois dans l'ère du temps,
14:49qui est, vous savez,
14:50les mamans accompagnatrices des sorties scolaires,
14:53quand, à une époque,
14:54que certains proposaient,
14:55et encore aujourd'hui,
14:56je crois que même Bruno Retailleau,
14:57il avait défendu une proposition
14:58de cette nature au Sénat.
15:00Il disait, il faut interdire les accompagnatrices.
15:04Caroline Fourest,
15:05dans son petit livre,
15:06Génie de la laïcité,
15:08avait indiqué la raison pour laquelle,
15:10tout en étant féministe,
15:11tout en étant laïque,
15:12tout en étant universaliste,
15:13elle pensait que c'était une mauvaise mesure.
15:15Et elle disait, vous voulez quoi ?
15:16Vous voulez jeter dans les bras,
15:17justement, des islamistes dans les quartiers,
15:20ces mamans-là
15:20qui participent à l'accompagnement scolaire.
15:23Jérôme Gaulle.
15:23Vous allez les stigmatiser.
15:24Donc, à un moment,
15:25il y a un sujet d'efficacité.
15:27Je vous pose la question autrement.
15:28C'est la même chose,
15:29s'agissant des mineurs.
15:30Je réponds à votre question.
15:31Dans la rue,
15:32dans la rue, tout simplement.
15:33Donc, vous allez faire quoi ?
15:34Vous allez faire des contrôles d'identité
15:35en demandant aux jeunes filles
15:36est-ce qu'elles ont 14 ans et demi
15:38ou est-ce qu'elles ont 15 ans et demi ?
15:39Ce n'est pas ma question.
15:40C'est une proposition d'un ancien Premier ministre.
15:42Je ne vous pose pas la question
15:43sur la faisabilité.
15:44Je veux comprendre
15:44comment le féministe que vous êtes,
15:46le républicain que vous êtes,
15:48le laïc que vous êtes,
15:49perçoit aujourd'hui
15:50de manière tout à fait naturelle
15:52le voile dans la rue.
15:53Est-ce que, pour vous,
15:54à un moment, c'est une gêne
15:56ou est-ce que vous estimez,
15:57au contraire,
15:57que ça se fond dans le paysage,
15:59dans les mœurs françaises ?
15:59Alors, moi, je m'appuie sur deux principes.
16:00Celui de la liberté
16:02de manifestation de sa foi.
16:05Ça, c'est le droit.
16:07C'est la loi.
16:07Et puis, après,
16:08il y a le combat culturel.
16:09Il y a le combat éducatif.
16:10Je ne suis pas favorable
16:12à la présence forte des religions
16:14dans l'espace public.
16:15Je suis attaché à l'idée
16:17que la religion,
16:18elle est plutôt dans l'intime
16:19de la sphère privée.
16:21Et donc, je pense que
16:22ce sont les outils de la République,
16:23ce sont les outils de l'éducation,
16:25ce sont les outils de la pédagogie.
16:27Et que l'interdiction,
16:28je vais vous dire,
16:29ça va, sans jeu de mots,
16:31radicaliser des gens.
16:32Alors que je préfère
16:33qu'il y ait plus
16:34d'éducation populaire,
16:37il y ait plus de services publics,
16:38il y ait plus d'associations,
16:39il y ait plus d'explications
16:41de ce que ça signifie.
16:42Je suis attaché à l'égalité femmes-hommes.
16:44Et donc, je considère
16:45que le voilement
16:45est quelque chose
16:46qui est contraire
16:47à ce principe d'égalité.
16:49Mais, et vous voyez,
16:50c'est là la nuance,
16:51et j'essaye d'introduire
16:52cette nuance-là,
16:53le faire par la loi
16:53et par l'interdiction,
16:55ce n'est pas la bonne manière
16:56de le faire.
16:57Deux questions,
16:58il faut qu'on arrive rapidement
16:59au congrès du Parti Solis
17:00pour conclure.
17:00Mais je voudrais quand même
17:01vous faire réagir
17:02sur ce qui s'est passé
17:02à la mairie de Strasbourg
17:05avec la maire écologiste
17:06qui a choisi donc
17:07de jumeler sa ville
17:08avec le camp palestinien,
17:10avec un camp palestinien,
17:11avec une ville,
17:12et qui s'est fait offrir
17:13par la délégation palestinienne
17:14une carte,
17:15une carte clairement
17:16où on voyait
17:17les drapeaux palestiniens
17:18couvrir complètement Israël.
17:19En fait,
17:20une carte qui nie
17:20l'existence d'Israël.
17:23Je le dis pour nos auditeurs
17:25d'Europe 1,
17:25elle est vêtue d'un kéfier
17:26et on voit la carte
17:28et on voit clairement
17:28qu'elle met en cause
17:30l'existence d'Israël.
17:31Comment vous réagissez,
17:32M. Gage ?
17:33Dans la période,
17:34je viens d'utiliser
17:34le terme de nuance
17:35et la bonne position
17:37qui doit être celle
17:37de tous ceux
17:38qui sont attachés
17:39au chemin de la paix.
17:42C'est justement
17:43de ne pas invisibiliser
17:44une partie des acteurs.
17:46Aujourd'hui,
17:47il se passe un drame
17:48effroyable à Gaza
17:49et il faut qu'ils s'arrêtent
17:51pour protéger
17:52les civils palestiniens
17:54et que nous nous mobilisions tous
17:55est absolument indispensable.
17:57Il s'est passé
17:57un drame effroyable
17:59le 7 octobre
17:59avec les attaques terroristes
18:01du Hamas
18:01et la remise en cause
18:03à travers ces attaques
18:05ou ce que raconte
18:06le Hamas encore aujourd'hui
18:07de la disparition
18:08de l'État d'Israël.
18:09Moi,
18:10je suis pour la solution
18:10à deux États
18:11depuis toujours.
18:13Et donc,
18:13quand on est un responsable politique,
18:16eh bien,
18:16il faut qu'on ait
18:17ce point d'équilibre.
18:18Moi,
18:18je préférerais,
18:19je préférerais
18:20que les maires de France
18:22pour marquer
18:23leur responsabilité,
18:26ils mettent un drapeau israélien
18:27et un drapeau palestinien
18:28au fronton
18:29de leur mairie
18:30en disant
18:30on fait la paix.
18:31On a mis Nicolas Meilleur-Rossignol
18:32et il l'a fait à Rouen.
18:33Et donc,
18:34je n'aime pas une carte
18:36qui invisibilise
18:36parce que c'est le contraire.
18:38Oui,
18:38mais vous savez quoi ?
18:39Le point de départ,
18:40c'est qu'elle a gelé
18:41un jumelage
18:43avec la ville israélienne
18:44de Ramadgan
18:45et en même temps,
18:46fait un jumelage
18:47avec le camp de réfugiés
18:48de Haïda.
18:49Il faut faire les deux
18:50en même temps.
18:51Ce n'est pas l'un
18:51au détriment de l'autre
18:52parce que sinon,
18:52ça donne du crédit
18:53à ceux qui disent
18:54c'est la Palestine
18:55au détriment
18:56de l'existence d'Israël.
18:57Et de la même manière
18:57que je combats
18:58tous les excités
19:00d'extrême droite
19:00en Israël
19:01qui disent
19:02c'est Israël
19:03au détriment de la Palestine.
19:04Moi,
19:05je suis allé
19:05il y a 15 jours
19:06et en Cisjordanie,
19:07en Palestine,
19:08à Ramallah
19:08et à Hébron
19:09et en Israël,
19:10à Jérusalem
19:11et à Tel Aviv
19:11pour rencontrer
19:12des militants de la paix
19:14des deux côtés.
19:14Il en existe
19:15et ce n'est pas
19:15en faisant ça
19:16qu'on les soutient
19:16et qu'on les accompagne.
19:17Je sais que vous êtes
19:18passionné sur ce sujet.
19:20On doit conclure.
19:20On est tenu par le temps.
19:22Monsieur Gilles,
19:22je vous venais de citer
19:23Nicolas Maillère-Rossignol.
19:24On sait maintenant
19:25qu'il s'oppose.
19:26C'est en tous les cas
19:27le second tour
19:28face à Olivier Faure
19:29qui revendique
19:30la victoire
19:30d'une courte tête
19:31pour le Congrès du PS.
19:32C'est important.
19:33Dans quelques jours,
19:33on connaîtra
19:34le premier secrétaire.
19:35Il se joue quand même
19:36deux lignes.
19:37Celle que vous soutenez
19:38avec M. Maillère-Rossignol.
19:40C'est une rupture totale
19:41avec la France insoumise.
19:42Satine,
19:42il y a des chances
19:43de gagner ?
19:43Regardez les résultats.
19:45C'est les textes
19:46d'orientation.
19:47C'est-à-dire la ligne
19:47que les uns et les autres
19:48disent.
19:49Olivier Faure,
19:50il est premier secrétaire
19:51du parti.
19:52Il avait fait 49%
19:53au précédent congrès
19:54à Marseille.
19:54Aujourd'hui,
19:55il va être autour
19:55de 41%.
19:56Et Nicolas Maillère-Rossignol
19:57autour de 41%.
19:59Donc, ça veut dire
19:59dans un parti
20:00où il y a moins de militants,
20:02ce qui n'est quand même
20:03pas un très bon signe,
20:04il y a le premier secrétaire
20:07dont la ligne
20:07est contestée,
20:08la ligne et la stratégie
20:09est contestée
20:10par environ 60%
20:11des militants
20:12du Parti Socialiste.
20:13C'est un échec.
20:14Ce n'est pas un drame
20:15de le dire.
20:15On fait vie
20:15de la démocratie interne.
20:17Et donc, aujourd'hui,
20:18nous, on appelle
20:18avec Nicolas Maillère-Rossignol
20:20un nouveau collectif
20:21de direction
20:22parce que Boris Vallaud
20:23a fait 18%.
20:25Lui-même,
20:26dans le précédent congrès,
20:26comme moi,
20:27il soutenait Olivier Faure
20:28et simplement au regard
20:29de la pratique,
20:30du fonctionnement
20:30d'un parti
20:31qui peut-être
20:31ne travaille pas assez
20:32et puis aussi
20:33d'ambiguïté
20:34sur la ligne stratégique
20:35et pour moi,
20:36les choses sont claires.
20:37Plus aucun lien
20:38avec la France insoumise
20:39ni aux élections municipales
20:40ni aux élections
20:42présidentielles
20:44ou législatives.
20:45Il faut affirmer
20:45une autonomie
20:46et une identité socialiste
20:48et c'est un des enjeux
20:50du deuxième vote
20:51qui aura lieu
20:52la semaine prochaine.
20:54Merci à vous.
20:54Merci, Jérôme Guel.
20:55C'était votre grande interview.
20:56A bientôt.
20:57A bientôt.
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