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00:00On va parler maintenant de toute autre chose et d'une idée de Jean-Luc Mélenchon.
00:05Comment lutter contre la dette ?
00:07Eh bien, en l'effaçant.
00:09Alors, ça semble assez simple quand je vous le dis comme ceci.
00:11Évidemment, sans doute assez peu réalisable.
00:14En tout cas, Jean-Luc Mélenchon a émis cette idée dans une vidéo datée du 24 juin dernier.
00:20Il estime qu'on pourrait totalement mettre la dette au frigo, comme il le dit,
00:24ou une partie de la dette et qu'il n'y aurait pas de conséquences.
00:27Est-ce que c'est véritablement réaliste ?
00:29Les explications de François Tiskevitch.
00:34Effacé d'un coup de baguette magique près d'un cinquième de la dette française,
00:37et sans aucune conséquence, voilà la solution que propose Jean-Luc Mélenchon.
00:41Les 18% sont dans la Banque de France, donc il suffit d'y aller, de les prendre et les
00:46foutre au feu, il n'y en a plus.
00:47Et personne ne s'apercevra jamais que ça a disparu.
00:51Sur les plus de 3 000 milliards de dettes détenues par la France,
00:54le leader de la France Insoumise souhaite ainsi annuler près de 600 milliards d'euros.
00:59Mais est-ce vraiment réalisable ?
01:01Pas vraiment, car derrière ces chiffres, il y a des investisseurs
01:04qui ont acheté des promesses de remboursement de cette dette.
01:07Ça veut dire que les investisseurs n'auraient plus aucune garantie
01:12que dans le cadre d'une deuxième opération, on n'annule pas leur dette.
01:16Autre conséquence, une inflation démesurée.
01:19Mais cette décision aurait comme conséquence une envolée des taux d'intérêt à des niveaux inimaginables.
01:25Donc évidemment que ce n'est pas sérieux de dire qu'on effacerait 600 milliards d'euros d'un coup
01:32de baguette magique.
01:34Un autre obstacle et non des moindres se dresse sur la route de Jean-Luc Mélenchon, le droit européen.
01:39L'article 123 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne
01:43interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales nationales
01:47d'accorder directement des crédits aux Etats ou d'acheter directement leurs titres de dette.
01:52Une telle décision supposerait un bouleversement des règles de la zone euro
01:55et l'accord des autres banques centrales.
01:59Voilà l'idée de Jean-Luc Mélenchon.
02:02Gabriel Attal, candidat également à l'élection présidentielle pour le parti Renaissance,
02:06était en déplacement du côté de la Grande Mode.
02:09CNews l'a interrogé.
02:10Qu'est-ce qu'il pense de cette idée ?
02:12Écoutez Gabriel Attal.
02:15On savait déjà que Jean-Luc Mélenchon voulait bordéliser la France.
02:19Maintenant il nous confirme qu'il veut aussi la ruiner.
02:21C'est quand même délirant ce qu'il raconte.
02:25La France est endettée, c'est un fait.
02:26Et endettée notamment parce qu'on a un modèle qui nous coûte très cher.
02:29Et ce qu'il dit c'est qu'on va dire à nos créanciers,
02:31en fait on ne rembourse pas.
02:32Je crois qu'il dit on va mettre au feu, foutre au feu les titres de dette.
02:37Enfin personne ne peut imaginer une seule seconde que c'est possible.
02:40Les Français qui ont eux-mêmes des crédits,
02:42les chefs d'entreprise qui ont dû emprunter,
02:43ils savent que c'est totalement impossible.
02:45Ça nous condamnerait à la plus grave crise que la France a jamais connue.
02:49Ça nous condamnerait à ne plus pouvoir nous financer sur les marchés
02:52et donc ne plus pouvoir financer nos services publics et notre modèle social.
02:56Donc voilà, c'est cohérent avec la ligne de Jean-Luc Mélenchon.
03:01Il veut bordeliser, il veut ruiner aussi le pays.
03:03On va en parler avec Laurent Capelletti, économiste et professeur au CNAM.
03:08Bonsoir et merci d'être avec nous sur CNews et sur Europe 1.
03:12Alors on a entendu cette idée de Jean-Luc Mélenchon.
03:16Finalement c'est vrai que le meilleur moyen de ne plus avoir de problème avec la dette,
03:19c'est de l'effacer. On sait bien que dans les faits, c'est évidemment totalement irréalisable.
03:26Oui, bonsoir à vous et aux spectateurs.
03:29Oui, bon d'une part il y a quand même un mérite.
03:32C'est que si Jean-Luc Mélenchon dit ça, c'est qu'il reconnaît qu'il y a un gros
03:35gros problème.
03:37Voilà. Alors ensuite sur la solution.
03:39Alors en effet sa solution est inapplicable, il relève de la fable, de la magie on va dire,
03:45pour deux raisons principales. La première c'est qu'il parle des dettes qui sont détenues par la France.
03:50C'est-à-dire sur notre endettement, il y a 15% environ qui sont détenues par la Banque de
03:54France.
03:55Et donc ça ferait un trou de 600 milliards au niveau de la Banque de France.
03:59Voilà, si on annulait en fait cette dette.
04:01Trou qu'il faudrait combler.
04:03Vous voyez ? Donc en plus ça ne servira à rien, premièrement.
04:07Deuxièmement, comme ça a été souligné, la Banque de France est insérée dans le système monétaire européen
04:14et l'UE interdit en fait de financer de cette façon-là les déficits.
04:20Alors on pourrait passer outre, mais du coup on se révirait.
04:24Je rappelle quand même que grâce à l'Union Européenne,
04:28comparé à l'Angleterre par exemple qui en est sortie,
04:32nous avons une dette qui est de 60, à des intérêts de la dette qui sont de 60 milliards,
04:38alors que la Grande-Bretagne c'est 100 milliards.
04:41C'est-à-dire que le fait d'être dans l'Union Européenne
04:42nous permet encore de nous endetter à des taux qui seraient bien plus élevés si nous n'y étions pas.
04:49Donc effectivement, ça relève de la fable.
04:51Il faudrait que Jean-Luc Mélenchon et les autres candidats
04:55présentent en fait les propositions sérieuses et crédibles
04:57pour réduire notre dette et notre déficit.
05:00Justement sur les autres candidats, et vous venez de le dire,
05:03on voit bien que faire une campagne présidentielle
05:06à un moment où les caisses sont vides,
05:09où la dette n'est pas le sujet sans doute le plus sexy pour faire campagne,
05:12ne les aide pas.
05:13Et on se dit aussi que certains en viennent peut-être
05:15à avoir des solutions aussi simplistes qu'ils savent parfaitement et réalisables
05:20parce qu'en réalité, un certain nombre de candidats n'arrivent pas encore
05:23à s'emparer de ce sujet et à faire des vraies propositions.
05:26Pour l'instant, la campagne ne fait que débuter.
05:29– Oui, je pense que vous avez raison.
05:31Bon, déjà, le fait qu'ils en parlent montre qu'il y a la reconnaissance d'un gros problème.
05:35C'est déjà une avancée.
05:37Ensuite, sur les solutions, on les connaît d'un point de vue économique.
05:41Alors après, il faut s'en saisir d'un point de vue politique.
05:43Il y a deux grands axes, en fait, pour réduire notre dette et notre déficit.
05:48Parce que le problème de notre dette, c'est qu'elle sert à financer des déficits.
05:51Si on était endetté mais sans déficit, ça ne poserait pas de problème.
05:55Les deux grands axes, et ensuite c'est aux politiques de s'en emparer,
05:59il y a un axe qui est d'amélioration du contrôle de gestion,
06:01c'est-à-dire en fait mieux gérer les dépenses, mieux gérer les recettes,
06:06et notamment donc s'attaquer aussi aux fuites.
06:10On a des fuites en fraude sociale de plusieurs milliards par an.
06:14On a des fuites en fraude fiscale.
06:16Et puis le deuxième grand axe, c'est de créer plus de richesse par le travail,
06:20quantité et qualité du travail.
06:22Donc les deux grands, j'allais dire, piliers pour réduire notre déficit et donc notre dette
06:29et pouvoir utiliser de l'argent non pas à rembourser notre dette mais à investir,
06:34c'est ça l'enjeu, on les connaît, et bien il reste à s'en saisir.
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