Lors de son interview sur BFMTV RMC, François Bayrou a souhaité que les partenaires sociaux "puissent s'emparer" de la question de la "TVA sociale". Votée en 2012 et abrogée ensuite par l'ex-président François Hollande, cette mesure consiste à compenser des baisses de cotisations pesant sur le travail par une augmentation de la TVA.
00:00Non. La TVA sociale, c'est l'impôt le plus injuste. La TVA, c'est l'impôt le plus injuste, donc forcément, ça ne nous va pas. La Sécurité sociale, elle repose sur la cotisation au départ. C'est le modèle qui a été construit à la création de la Sécurité sociale il y a près de 80 ans.
00:15Aujourd'hui, c'est un modèle auquel on tient. Il a déjà été beaucoup secoué, on va dire, et remis en cause. Aujourd'hui, il est financé plus qu'à 49% par la cotisation sociale.
00:25Donc on ne peut pas dire qu'à chaque fois que c'est le coût du travail et qu'il faut toucher à ça, la Sécurité sociale est déjà financée plus qu'à 49% par les cotisations sociales.
00:34Mais justement, ce qu'il dit, le Premier ministre, c'est qu'éventuellement, on pourrait même augmenter les salaires nets des Français, donc pas toucher au salaire, voire augmenter les salaires, et augmenter un petit peu la TVA.
00:44Ça, ça ne vous plaît pas ? Vous ne pensez pas que les Français seraient contents de voir leur salaire augmenter un petit peu ?
00:48Les Français, ils veulent une protection sociale, et ils ne veulent pas qu'on la touche. Je pense qu'ils sont très attachés à la Sécurité sociale.
00:54Et là, c'est fléché, les cotisations sociales, c'est fléché sur la Sécurité sociale. La TVA sociale, demain, qui nous dit que ce sera fléché sur la Sécurité sociale ?
01:02Donc on ne dira pas à un moment, c'est un impôt, en fait, on en fait ce qu'on veut. Donc nous, on est opposés, on est opposés à tout ce qui est injuste.
01:08On est pour l'impôt progressif, la TVA sociale est tout sauf un impôt progressif.
01:12Et vous proposez quoi, justement, pour faire ces économies ? Il l'a dit, il a dressé un tableau assez catastrophique des finances publiques.
01:18Qu'est-ce que vous proposez ?
01:19Nous, on propose un retour à la Sécurité sociale d'avant 1995, avec une gestion paritaire, avec pas un projet de loi de finances qui l'encadre,
01:27pas un nom d'âme qui encercle les dépenses et qui n'a eu aucun résultat.
01:32On voit bien, les déficits n'ont jamais été aussi élevés. On demande juste qu'on redonne la main aux partenaires sociaux, aux organisations syndicales et patronales,
01:39qu'on leur donne suffisamment de temps pour qu'elles trouvent les solutions à ce pilotage paritaire,
01:44et qu'on ne les fasse pas, par contre, démarrer en leur disant, vous devez d'abord combler la dette,
01:49parce que la dette, ce n'est pas leur responsabilité, c'est la responsabilité de l'État,
01:52avec l'ensemble des exonérations de cotisations sociales et d'allégements fiscaux qu'ils ont faites depuis des années,
01:57à hauteur de 200 milliards d'euros. Donc nous, on n'est pas contre les aides aux entreprises,
02:02on veut leur conditionnalité. Et si on cherche de l'argent, la conditionnalité, ça me paraît,
02:06et ça nous paraît, nous, à notre organisation syndicale, Force Ouvrière, une très bonne idée et la meilleure manière d'avancer.
Écris le tout premier commentaire