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  • il y a 9 mois

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Transcription
00:00Est-ce qu'il y a une corrélation directe avec la baisse des taux de crédit et la remontée du marché ?
00:05Oui, c'est mécanique.
00:07Donc, en fait, on est d'accord qu'il y a deux composantes, donc, finalement.
00:10Oui, il n'y a que deux composantes.
00:11La composante de prix, la composante de crédit.
00:12En fait, ce n'est pas vrai.
00:13Il y a deux composantes.
00:15Il n'y a plus que deux composantes parce qu'il y en a une qui a été capée par le gouvernement.
00:19Laquelle ?
00:19C'est le Haut Conseil à la stabilité financière.
00:21Ah oui, sur le taux d'effort des crédits immobiliers, 35% maximum.
00:29Exactement.
00:29Donc, ça, c'est l'axiome de base.
00:31C'est-à-dire, mettons, si vous avez 5 000 euros de revenus nets, votre foyer à 5 000 euros de venus,
00:39vous ne pourrez emprunter qu'à du concurrence de 35% de vos revenus nets.
00:45Donc, si vous faites le calcul, ça fait à peu près 1 750 euros par mois.
00:49Donc, ça, si vous voulez, c'est fixé.
00:51Donc, vous ne pourrez pas, la banque ne pourra pas vous financer un bien qui vous imposeraient d'avoir un remboursement supérieur à 35% de vos revenus.
00:59Mais à partir du moment où vous avez cette ligne de flottaison, vous avez un budget de 1 750 euros.
01:04C'est simple, ce que vous donnez aux vendeurs, vous ne pouvez pas le donner à la banque.
01:07Et inversement, ce que vous donnez à la banque, vous ne pouvez pas le donner aux vendeurs.
01:10C'est aussi simple que ça.
01:11Vous, vous avez 1 750 euros à consacrer à l'acquisition d'un logement.
01:16Si les taux sont à 3%, votre enveloppe d'acquisition va baisser.
01:20Si les taux sont à 1,5%, votre enveloppe va en vende à caissier.
01:23La seule chose qui ne bougera pas, c'est votre mensualité, parce qu'elle ne peut pas bouger, votre mensualité.
01:28Bien sûr.
01:28C'est pour ça qu'il ne reste que deux paramètres, si vous voulez.
01:30Vous avez raison, c'est très intéressant, parce que souvent on ne le prend pas de cette façon-là,
01:34mais finalement, celui qui donne le là, c'est l'État.
01:38Parce qu'il détermine votre capacité d'emprunt.
01:40Si demain l'État disait, c'est 45% ou c'est free, là du coup, est-ce que ça déclencherait quelque chose ?
01:51Alors moi, je suis farouchement contre ça.
01:54Et pourquoi ?
01:55Parce que vous prenez le contre-pied de pas mal de professionnels du secteur.
02:00Je prends surtout le contre-pied des courtiers en crédit, que ça arrangerait bien, que tout ça soit totalement débloqué.
02:08Évidemment, parce qu'il y aurait plus de dossiers de crédit qui passeraient, évidemment.
02:11Je vais vous expliquer, il y a deux raisons pour lesquelles je suis contre.
02:14La première, c'est qu'on ne peut pas jeter le bébé avec l'eau du bain.
02:18On ne peut pas considérer que cette mesure protractive a été excellente pendant des années.
02:22Elle nous a quand même permis de faire 1,2 million de ventes dans l'année 2021.
02:26C'était pour protéger les Français d'un taux d'endettement trop élevé.
02:29Et tout d'un coup, dire, finalement, cette mesure, elle ne nous arrange plus, on va la mettre à la poubelle.
02:33Voilà, ça, c'est le premier point.
02:36Deuxième point, quand on achète une résidence principale, c'est dans la joie et la bonne humeur.
02:41Ce n'est pas pour se mettre dans la difficulté.
02:43Donc, si vous achetez un bien que vous n'avez pas les moyens de payer, c'est pire que tout.
02:47Et même nous, les agents publiés, ce n'est pas notre vocation.
02:49Notre vocation, c'est d'installer des familles dans de bonnes conditions.
02:55Et malheureusement, si cette mesure disparaissait et qu'on puisse emprunter à volo,
03:01eh bien forcément, si vous voulez, que certains couples ou certains ménages iraient au-delà du raisonnable financièrement
03:07et se retrouveraient très vite, dès qu'il y aurait le moindre accident de la vie ou moins de grains de sable dans la vie,
03:12ils se retrouvaient en grande difficulté.
03:13Et ce n'est pas la vocation de l'acquisition d'un résidence principale.
03:16Et puis, il y a un troisième sujet qui est un problème purement financier.
03:21Si vous faites ça, vous allez augmenter la sinistralité, mécaniquement.
03:25C'est-à-dire le non-remboursement de crédits immobiliers.
03:27Évidemment.
03:28Et le non-remboursement va engendrer quoi ?
03:30Vous pensez que les banques, elles ne vont pas intégrer cette problématique dans leur quotité de financement ?
03:34Ah, mais c'est clair.
03:35Donc, elles vont avoir deux réactions.
03:36Ou elles vont couper les robinets en disant la sinistralité est trop élevée, donc je coupe les robinets.
03:41Ou alors, elles vont impacter la sinistralité dans le taux de base.
03:46Oui, qui sera plus élevée.
03:47Donc, elles vont vous prêter à trois ou à deux et demi.
03:49Elles vont vous reprêter à trois et demi plus chères.
03:51Parce qu'elles vont intégrer cette nouvelle sinistralité dans le taux qu'elle va vous accorder.
03:56D'accord.
03:57Donc, je n'y vois que des effets pervers.
03:59À la fois professionnels, psychologiques et économiques.
04:02Alors, je comprends bien que ça arrangerait nos amis courtiers qu'on puisse faire n'importe quoi.
04:06Moi, je considère que c'est une bonne mesure.
04:08C'est une mesure salvatrice qui a permis à la France de ne pas souffrir autant que nos confrères anglo-saxons et en particulier américains de la crise des subprimes.
04:17Que c'est la raison qui doit l'emporter.
04:18Et d'ailleurs, je félicite de ce point de vue-là le gouverneur de la Banque de France qui n'a pas cédé à la pression.
04:24Voilà.
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